Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 12:44

Origène considère que le Logos divin n’a pas attendu son incarnation pour être le révélateur du Père. C’est lui, le Logos, qui s’est manifesté aux Patriarches : les théophanies de l’Ancien Testament sont son œuvre et c’est le même Logos qui a parlé par les Prophètes.

  

Origène ne connaît pas d’autres Logos que celui dont l’Evangéliste a dit : « Au commencement était le Logos, et le Logos était auprès de Dieu, et le Logos était Dieu » (Jn 1. 1). La Parole de Dieu entendue par les prophètes, transmise par eux et enseignée dans l’Ecriture n’est pas autre chose que celle du Christ. Le Logos n’était pas encore venu dans la chair, et pourtant, sa Parole avait déjà revêtu le vêtement de la lettre des Ecritures.

  

« A l’un et à l’autre – le Christ et l’Ecriture – le même titre ne convient-il pas : la Parole de Dieu, la Révélation ? Il ne sont pas deux Logoï différents, mais un unique Logos : c’est toujours le Logos divin qui parle par l’Ecriture. »

Origène, Com. Jn 5. 5-6

« Ce n’est pas une fois seulement que mon Seigneur Jésus est venu sur terre : il est venu également à Isaïe, il est venu à Moïse ; au peuple aussi et à chacun des prophètes il est venu ; toi non plus ne craint point : même si tu l’as déjà reçu, il reviendra à toi. Mais si tu veux t’assurer qu’il est déjà venu avant son Incarnation, prends-le lui-même à témoin, car il se trahit en ces mots : « Jérusalem, qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, que de fois ai-je voulu rassembler tes enfants » (Lc 13. 34). « Que de fois ! » : il ne ment pas. »

Origène, Homélie sur Is. 1. 5.

Source : Joseph-Marie VERLINDE, "Initiation à la Lectio Divina", Parole & Silence, 2002, Chapitre "Dieu présent dans les Ecritures", p. 19 et s.

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Réflexions & Méditations
commenter cet article
15 novembre 2006 3 15 /11 /novembre /2006 11:45

Par l’ensemble des Ecritures s’accomplit la venue du Verbe dans le monde. Les lettres, les vocables prononcés, sont comme le « corps », les moyens, les signes efficaces et pour ainsi dire le sacrement de cette venue nouvelle, incessante du Verbe dans les âmes. C’est cette même Parole-Logos qui s’est incorporée dans l’Ecriture, qui s’est incarné en Jésus-Christ. Comme le résume le Cardinal de Lubac, il s’agit du même « Logos-Parole qui jaillit du Père, qui se répand dans l’Ecriture et qui se fait chair en Jésus. »

 

Certes, il ne s’agit que d’une comparaison entre la lettre de l’Ecriture dans laquelle s’incarne le Verbe, et la chair de la Vierge dont il reçoit le corps ; « néanmoins, il y est vraiment incorporé, il y habite lui-même et non pas seulement quelque idée sur lui ; et c’est ce qui autorise à parler déjà de sa venue, de sa présence cachée. Venue et présence auprès des Saints de l’Ancien Testament ; venue et présence qui se perpétuent au milieu de nous par la conservation de l’Ecriture au sein de l’Eglise ; venue et présence qui s’actualisent à nouveau chaque fois que cette Ecriture nous illumine. » (H. de Lubac, « Histoire et Esprit ; l’intelligence de l’Ecriture d’après Origène », Aubier, coll. Théologie, n° 16, Paris, 1950, p. 336.) 

 

Ainsi donc, incorporée dans l’Ecriture ou incarnée dans le Christ, c’est toujours la même Parole éternelle du Père, le même Logos qu’il faut atteindre au-delà du voile de la lettre et de la chair : 

 

« Aux derniers jours, la Parole est venue en ce monde issue de Marie et revêtue de chair, et autre était ce que les yeux voyaient de sa personne, autre ce que l’Esprit pouvait comprendre. Tous pouvaient apercevoir sa figure charnelle, mais bien peu, les élus seulement, recevaient la grâce de reconnaître en lui la divinité. De même que dans le Nouveau Testament, la Parole était couverte du voile de la chair, l’Ancien Testament la couvre du voile de la lettre. Ici on voit la lettre, comme là on voit la chair, mais dans les deux cas, on reconnaît que la réalité profonde, cachée sous ces apparences, c’est la divinité. Bienheureux les yeux qui voient l’Esprit divin caché sous le voile de la lettre ! »

Origène, Homélie sur le Lévitique, I, 1.

 

 

Source : Joseph-Marie VERLINDE, "Initiation à la Lectio Divina", Parole & Silence, 2002, Chapitre "Dieu présent dans les Ecritures", p. 19 et s.

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Réflexions & Méditations
commenter cet article
12 novembre 2006 7 12 /11 /novembre /2006 19:26

Cher Pasteur,

Je souhaiterais revenir sur votre dernier article concernant la Sola Scriptura, et faire évoluer notre disputatio sur la question de l’Eglise, je pense que vous en serez d’accord.

Pour nos frères qui arriveraient en cours de route, qu’ils ne s’effraient pas du ton un peu vif (voire polémique) qui anime nos débats, cela fait partie du « jeu » et met un peu de piment à nos échanges. Mais cette franche discussion se fait dans un climat tout à fait fraternel et amical, et je suis vraiment honoré d’avoir trouvé dans le Pasteur Eric Georges un contradicteur intelligent, mesuré, honnête, et… sans concession. Un grand merci à vous, Eric.

« En préambule, je note (…) que cette disputatio a commencé avec une question "quel fondement biblique à l'infaillibilité pontificale ?" et que je n'ai toujours pas eu de réponse. Ce n'est pas une critique, mais c'est très révélateur sur le fait que, pour Matthieu, les dogmes de son Eglise n'ont pas besoin de s'appuyer sur les textes... » Que voilà un coup bas, cher Pasteur ! Mais je ne vous en veux pas, ceci est de « bonne guerre »… Mon absence de réponse est surtout révélateur du temps qui me manque pour répondre à toutes les questions qui me sont posées, par vous-même ou d’autres lecteurs. J’avoue n’avoir pas votre talent pour écrire des articles aussi denses que les vôtres en aussi peu de temps (là où il vous faut 24 heures pour me répondre, il me faut 15 jours pour rédiger un article tel que celui-ci…). Je n’ai en outre pas votre formation théologique ; pour vous répondre, je dois donc investir beaucoup de temps pour la réflexion, l’étude, l’écriture,… et la prière. Je ne suis ni Pasteur réformé, ni prêtre de l’Eglise catholique, mais un simple laïc engagé dans une intense vie professionnelle et divers engagements chrétiens qui ne me laissent guère le loisir de passer le temps que je souhaiterais sur ce Blog. Tant mieux d’ailleurs ! car s’il ne tenait qu’à moi, j’y serais 24 heures sur 24, ce qui ne serait certainement pas un bien pour mon équilibre personnel ! Il y a un temps pour tout, et l’activité « bloggistique » ne constitue pas (loin s’en faut, et Dieu merci !) le tout de la vie chrétienne.

« Tout d’abord, un reproche, Matthieu, non pas sur la rugosité de votre langage (…) mais sur votre refus de prendre en compte ce que je vous dis. Vous maintenez vos arguments contre la sola Scriptura non pas sur la base de ma définition mais sur celle de Jean Sébastien (…). Je maintiens donc mon explication du Sola Scriptura qui ne signifie pas la Bible comme seule autorité mais la Bible comme seule autorité que nous reconnaissons parmi les trois autorités catholiques romaines. » : Je prends acte de la nuance, cher Pasteur, et vous demande pardon d’avoir mal interprété votre pensée. Mais outre que je n’arrive pas à me débarrasser de cet indécrottable sentiment que la conception de Jean-Sébastien rejoint celle de la majorité des protestants, je maintiens ce que j’ai dit précédemment, à savoir que la Sola Scriptura (version Jean-Sébastien ou version Pasteur Eric Georges) ne repose sur aucun fondement biblique, ainsi que vous en avez vous-même d’ailleurs convenu.

Je note à ce sujet que vous avez l’esprit de contradiction : vous reprochez à l’Eglise catholique de fonder des affirmations théologiques catégoriques sur des silences de la Bible (en jugeant même cela « dangereux »…), mais vous affirmez tranquillement que la Sola Scriptura n’a pas besoin, elle, de fondement biblique : « La Bible ne dit nulle part que la terre est ronde, écriviez-vous, cela ne signifie pas qu’elle soit plate… » ou encore « la Bible ne dit pas que Jésus n’avait que deux yeux, cela ne me pousse pas à croire qu’il en aie eu trois… » Comprenne qui pourra !

En fait, l’erreur que vous me paraissez commettre est de croire que la Tradition catholique, elle, ne s'appuie sur aucun fondement biblique. Je suis désolé de revenir sur 2 Thessaloniciens 2. 15, mais ce texte me paraît vraiment le meilleur vaccin anti-Sola Scriptura ! J’en rappelle le contenu pour mes lecteurs : « Ainsi donc, frères, tenez bon, et gardez fermement les traditions que nous vous avons enseignées, de vive voix ou par lettre. »

De ce texte, je retiens :

1°) que l’Evangile est annoncé au moyen de traditions transmises « de vive voix » ou « par lettre », et non exclusivement par lettre ;

2°) que Paul nous demande de les « garder fermement », et de « tenir bon » : ce qui semble exclure l’hypothèse de normes subalternes applicables seulement à quelques communautés locales, seul ce qui concerne la « vérité de l’Evangile » (Ga 2. 14) méritant devoir être gardé fermement ;

3°) que Paul met ces traditions orales au même niveau que les traditions écrites : qu’il n’y a donc pas de hiérarchie entre elles, ni de subordination des premières aux secondes.

Il ne peut être question ici des traditions « théologiques, disciplinaires, liturgiques ou dévotionnelles nées au cours du temps dans les Églises locales » puisque Paul ne pouvait par définition les connaître ; il ne peut s’agir davantage de traditions humaines au sens de Colossiens 2. 8, celles-ci ne pouvant prétendre à la même autorité doctrinale que les Ecritures.

Ces traditions écrites ou orales dont parle Paul en 2 Thessaloniciens 2. 15 apparaissent donc bien comme étant les deux modes de proclamation de l’Evangile, ainsi que le contexte le suggère : ainsi le verset 14 qui précède immédiatement notre verset 15 (« c’est à cela que Dieu vous a appelés par notre proclamation de l’Evangile, pour que vous entriez en possession de la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi donc, etc. »), et l’ensemble du chapitre 2 qui évoque la question du retour du Seigneur et de la manière évangélique de se comporter dans cette attente.

Vous avez bien raison d’évoquer également 2 Thessaloniciens 3. 6, où l’on voit bien Paul englober ces traditions écrites (cf. verset 14) ou orales dans une unique expression, « tradition » au singulier, qui semble bien désigner la manière de vivre selon l’Evangile dans l’attente du Jour du Seigneur (ce que St Paul appelle « marcher droit selon la vérité de l’Evangile » en Galates 2. 14).

Vous m’objectez que les Apôtres enseignaient des traditions différentes, et qu’il est difficile dans ces conditions de renvoyer à une tradition apostolique unanime, mais à cela je répondrais :

1°) qu’à ce stade, là n’est pas la question ; la question est de savoir si selon l’Ecriture, il existe d’autres sources d’autorité que l’Ecriture elle-même : on voit bien ici que la réponse est indiscutablement positive ;

2°) que dans le passage auquel vous renvoyez de Galates 2. 1 à 15, l’attitude (ou « la comédie » selon Saint Paul…) de Pierre est en réalité dictée par l’appréhension et la peur, et non l’objet de sa prédication ou d’un quelconque enseignement de sa part (sur la véritable position doctrinale de Pierre au sujet de l’intégration des païens dans la Communauté chrétienne, voir Actes 10 et 15) ;

3°) que les divergences qui ont pu opposer les premiers chrétiens (et non les Apôtres…) sur la question de la circoncision des païens ont été tranchées… par un premier concile tenu à Jérusalem, ainsi qu’en atteste le Chapitre 15 du livre des Actes ; qu’il me paraît dès lors pour le moins hasardeux de prétendre que les conciles de l’Eglise n’auraient pas autorité sur le Peuple de Dieu.

Si ces divers fondements bibliques vous paraissaient insuffisants, je vous renverrais alors au mystère de la Pentecôte en Actes 2, ou au chapitre 16 de l’Evangile de Jean (Jn 16. 12-15), où Jésus livre à ses disciples ces importantes paroles : « J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant, vous n’avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité toute entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu’il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui est au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître ». Jésus évoque donc bien des développements ultérieurs de la Révélation, un dévoilement progressif de la Vérité évangélique sous la conduite de l’Esprit Saint. La Tradition catholique est précisément le lieu de ce déploiement du donné de la Révélation dans la vie de l’Eglise, et de son cheminement « vers la Vérité toute entière » à travers l’épaisseur des siècles et cela jusqu’à nous, sous la conduite de l’Esprit Saint, selon la parole même du Maître.

Je note à ce sujet que vos considérations sur « les deux sources d’autorité attestées dans l’Écriture » que sont « l'Écriture et l’Esprit Saint », ne s’opposent nullement à la Tradition au sens catholique du terme. Vous voyez en effet l’Ecriture et l’Esprit Saint comme deux sources d’autorité distinctes, quoique étroitement liées. « L’Esprit Saint nous permet de reconnaître à travers la Bible, la parole de Dieu. Et la Bible nous facilite le discernement quant à ce qui vient de l’Esprit Saint et ce qui se réclame mensongèrement de lui. » J’entends là l’écho de ce que nous enseigne le Catéchisme de l’Eglise Catholique au sujet de la Tradition au § 78 : « [La] transmission vivante [de l’Evangile], accomplie dans l’Esprit Saint, est appelée la Tradition en tant que distincte de la Sainte Écriture, quoique étroitement liée à elle. Par elle, l’Église perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte et elle transmet à chaque génération tout ce qu’elle est elle-même, tout ce qu’elle croit. »

Vous évoquez l’effort des Réformateurs pour faire revenir l’Eglise à ses « sources ». Les églises réformées seraient ainsi plus authentiques que l’Eglise Catholique, plus proches de la primitive Eglise. « Les premiers chrétiens tels que nous les présentent les Écritures et l’histoire n’étaient pas fédérés derrière un pape ou des conciles qui détenaient une autorité infaillible. Ils n’avaient pas de ministères de prêtres ordonnés au sens de « sacrificateurs ». Ils ne vénéraient pas une foule de saints. Ils se réunissaient en des assemblées locales très différentes les unes des autres (plus encore que les protestants actuels). Ils ne liaient pas le vœu de célibat à un ministère… » Mais ce qui importe, me semble-t-il, ne sont pas tant les sources historiques de l’Eglise, que sa source « ontologique » dirais-je, qui est l’Esprit Saint en Personne ! En retournant 15 siècles en arrière, les protestants ont pris le risque de jeter par-dessus bord les fruits de l’oeuvre patiente de l’Esprit dans l’Histoire de l’Eglise, telle que Jésus l’avait lui-même annoncé. La parole du Seigneur évoquée ci-dessus montre bien pourtant que l’Esprit Saint n’est pas moins présent à l’Eglise en notre XXIe siècle qu’il ne le fut aux premiers temps apostoliques. Voilà pourquoi l’Eglise catholique est plus soucieuse en vérité de demeurer à l’écoute de « ce que l’Esprit dit aux Eglises », que de chercher à renouer avec un passé glorieux, une espèce d’âge d’or du christianisme dont elle entretiendrait le souvenir nostalgique. A vous lire, j’ai comme l’impression que vous considérez la Révélation comme un donné primordial dont l’intégrité originelle aurait été progressivement altérée à la suite de trahisons successives au fil des siècles (selon une régression du « plus » au « moins »), alors que notre foi nous enseigne l’exact contraire : à savoir que la Révélation chemine dans l'Histoire vers le plein éclat de sa splendeur (selon une progression du « moins » au « plus »), sous l’action de l’Esprit Saint qui désenveloppe progressivement le code génétique de la Vérité évangélique, comme se désenveloppe le code génétique d'un enfant au fil de sa croissance.

Pour résumer et pour conclure sur la Sola Scriptura et la Tradition : Si l’Ecriture Sainte n’est pas notre unique autorité ; si les traditions orales des Apôtres ont même autorité que les Ecritures (selon la Bible elle-même !), pourquoi les traditions orales de leur successeur n’auraient-elles pas pareillement autorité sur le peuple chrétien lorsqu’elles concernent la « vérité de l’Evangile », compte tenu de ce que le Seigneur disait à ses Apôtres en Jn 16. 12-15 ?

(à suivre…)

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Questions sur la foi
commenter cet article
10 novembre 2006 5 10 /11 /novembre /2006 18:44

Extrait de l'homélie prononcée par le Pape Benoît XVI lors de fête des Apôtres Pierre et Paul, le dimanche 29 juin 2005.

 

L'Eglise n'est pas sainte par elle-même ; elle est en effet constituée de pécheurs - nous le savons et nous le voyons tous. Mais elle est plutôt toujours à nouveau sanctifiée par le Saint de Dieu, par l'amour purificateur du Christ.

 

Lire le texte intégral de l'homélie pour la fête des apôtres Pierre et Paul, le 29 juin 2005

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
commenter cet article
9 novembre 2006 4 09 /11 /novembre /2006 18:51

 

Extrait de l'homélie prononcée par le Pape Benoît XVI lors de fête des Apôtres Pierre et Paul, le dimanche 29 juin 2005.

 

L'Eglise est apostolique. Qu'est-ce que cela signifie? Le Seigneur a institué douze Apôtres, de même que les fils de Jacob étaient douze, en les désignant ainsi comme les chefs de file du peuple de Dieu qui, désormais devenu universel, comprend dès lors tous les peuples. Saint Marc nous dit que Jésus appela les Apôtres pour "être ses compagnons et pour les envoyer prêcher" (Mc 3, 14). (...)

 

L'Eglise est apostolique, car elle confesse la foi des Apôtres et cherche à la vivre. Il y a une unicité qui caractérise les Douze appelés par le Seigneur, mais il existe dans le même temps une continuité dans la mission apostolique. Saint Pierre, dans sa première Lettre, s'est qualifié de "co-presbytre" comme les presbytres auxquels il écrit (5, 1). Il a ainsi exprimé le principe de la succession apostolique :  le même ministère qu'il avait reçu du Seigneur continue à présent dans l'Eglise, grâce à l'ordination sacerdotale. La Parole de Dieu n'est pas seulement écrite mais, grâce aux témoins que le Seigneur, à travers le sacrement, a insérés dans le ministère apostolique, elle reste parole vivante. (...)

 

Le pallium est l'expression de notre mission apostolique. Il est l'expression de notre communion, qui possède sa garantie visible dans le ministère pétrinien. A l'unité, ainsi qu'à l'apostolicité, est lié le service pétrinien, qui réunit de façon visible l'Eglise de tous les lieux et de toutes les époques, empêchant ainsi chacun de nous de glisser vers de fausses autonomies, qui se transforment trop facilement en particularismes de l'Eglise et peuvent ainsi compromettre son indépendance. Avec cela nous ne voulons pas oublier que le sens de toutes les fonctions et de tous les ministères est, au fond, que "nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu'un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et constituer cet Homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ", pour que le corps du Christ croisse "se construisant lui-même dans la charité" (Ep 4, 13.16).

 

(...) Même si nous ne trouvons pas encore un accord sur la question de l'interprétation et de la portée du ministère pétrinien [avec l'Eglise orthodoxe], nous sommes cependant ensemble dans la succession apostolique, nous sommes profondément unis les uns aux autres pour le ministère épiscopal et pour le sacrement du sacerdoce et nous confessons ensemble la foi des Apôtres, telle qu'elle nous est donnée dans l'Ecriture et telle qu'elle est interprétée par les grands Conciles. En cette heure du monde, pleine de scepticisme et de doutes, mais également riche du désir de Dieu, nous reconnaissons à nouveau notre mission commune de témoigner ensemble du Christ Seigneur et, sur la base de cette unité qui nous est déjà donnée, d'aider le monde afin qu'il croie. Et nous supplions le Seigneur de tout notre coeur pour qu'il nous guide à la pleine unité, de façon à ce que la splendeur de la vérité, qui elle seule peut créer l'unité, devienne à nouveau visible dans le monde.

 

Lire le texte intégral de l'homélie pour la fête des apôtres Pierre et Paul, le 29 juin 2005

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
commenter cet article
8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 21:24

Extrait de l'homélie prononcée par le Pape Benoît XVI lors de fête des Apôtres Pierre et Paul, le dimanche 29 juin 2005.

 

Le signe de la Pentecôte - la nouvelle communauté qui parle dans toutes les langues et qui unit tous les peuples en un unique peuple, en une famille de Dieu - ce signe est devenu réalité.

 

Notre assemblée liturgique, au sein de laquelle sont réunis des Evêques provenant de toutes les parties du monde, des personnes de multiples cultures et nations, est une image de la famille de l'Eglise présente sur toute la terre. Des étrangers sont devenus des amis ; au-delà de toutes les frontières, nous nous reconnaissons comme des frères. Ainsi est menée à bien la mission de saint Paul, qui savait "être un officiant du Christ Jésus auprès des païens, ministre de l'Evangile de Dieu , afin que les païens deviennent une offrande agréable, sanctifiée dans l'Esprit Saint" (Rm 15, 16).

 

Le but de la mission est une humanité devenue elle-même une glorification vivante de Dieu, le culte véritable que Dieu attend :  tel est le sens le plus profond de la catholicité - une catholicité qui nous a déjà été donnée et vers laquelle nous devons toutefois toujours nous acheminer.

 

La Catholicité n'exprime pas qu'une dimension horizontale, le rassemblement de nombreuses personnes dans l'unité ; elle exprime également une dimension verticale :  ce n'est qu'en tournant le regard vers Dieu, seulement en s'ouvrant à Lui que nous pouvons devenir vraiment une seule chose. (...)

 

Catholicité signifie universalité - multiplicité qui devient unité ; unité qui demeure toutefois multiplicité. A partir de la parole de Paul sur l'universalité de l'Eglise, nous avons déjà vu que la capacité des peuples à se dépasser eux-mêmes, pour regarder vers l'unique Dieu, fait partie de cette unité.

 

Le fondateur de la théologie catholique, saint Irénée de Lyon au II siècle, a exprimé d'une très belle façon ce lien entre catholicité et unité, et je le cite. Il dit:  "C'est cette doctrine et cette foi que l'Eglise, disséminée dans le monde entier, conserve avec diligence, formant presque une unique famille :  la même foi avec une seule âme et un seul coeur, la même prédication, enseignement, tradition comme si elle ne possédait qu'une seule bouche. Les langues sont différentes selon les régions, mais la force de la tradition est unique et la même. Les Eglises d'Allemagne n'ont pas une foi ou une tradition différente, ni même celles d'Espagne, de Gaule, d'Egypte, de Lybie, de l'Orient, du centre de la terre ; comme le soleil, créature de Dieu, est un seul et identique dans le monde entier, ainsi la lumière de la vraie prédication resplendit partout et éclaire tous les hommes qui veulent venir à la connaissance de la vérité" (Adv. haer., I 10, 2).

 

L'unité des hommes dans leur multiplicité est devenue possible car Dieu, cet unique Dieu du ciel et de la terre, s'est montré à nous ; parce que la vérité essentielle sur notre vie, sur notre "d'où?" et "vers où?", est devenue visible quand Il s'est montré à nous et, en Jésus Christ, nous a fait voir son visage, lui-même. Cette vérité sur l'essence de notre être, sur notre vie et sur notre mort, vérité qui a été rendue visible par Dieu, nous unit et nous fait devenir frères. Catholicité et unité vont de pair. Et l'unité a un contenu :  la foi que les Apôtres nous ont transmise de la part du Christ.

 

Lire le texte intégral de l'homélie pour la fête des apôtres Pierre et Paul, le 29 juin 2005

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
commenter cet article
6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 08:31

Première Partie : LA CREATION

 

 

LE MONDE ANIMAL ET VEGETAL

  

  

Si l’on ouvre simplement les yeux autour de soi, entre les infiniments grands et les infiniments petits s’étale sur la scène de la Terre une variété incalculable de prodiges. Le règne végétal et le règne animal nous laissent vraiment dans l’étonnement quand nous voulons bien nous donner la peine de pénétrer leurs secrets.

Regardez les abeilles, les fourmis, les papillons, les oiseaux…

L’animal est différent de nous. Inférieur sur bien des points, il nous est nettement supérieur sur un certain nombre d’autres. Ses sens notamment sont bien plus développés que les nôtres.

Ainsi, l’odorat de certains animaux est remarquable. Les chiens par exemple parviennent à déceler l’odeur de leur maître dans la trace de ses pas sur une route, même plusieurs heures après son passage !

Bien des animaux n’ont pas besoin de nos instruments de mesure ou de contrôle. Ainsi, la jeune abeille qui sort pour la première fois de sa ruche procède à un vol de repérage : elle s’élance vers le ciel, puis revient vers la ruche en tournoyant, comme si elle repérait la situation de la colonie à laquelle elle appartient. Elle peut ensuite butiner les fleurs ; elle retrouve toujours la ruche d’où elle est partie.

La puce peut sauter 300 fois sa hauteur (faites-en autant…). Les chauves-souris perçoivent les fréquences jusqu’à 210.000 hertz (contre 20.000 hertz pour les hommes). Malgré son poids, le rhinocéros court aussi vite que la girafe. Le pigeon est capable de voler à 100 km/h, et l’oie peut atteindre une hauteur de 9.000 mètres !!!

L’acuité visuelle des rapaces est de 50 à 100 fois supérieure à celle de l’homme. L’aigle doré décèle un lièvre à 3 km d’altitude. Le faucon pèlerin peut voir un pigeon à plus de 8 km d’altitude. Il fond alors sur sa proie… à plus de 300 km/h !

La vie revêt sur notre planète des formes variées et complexes. On connaît plus de 300.000 espèces végétales depuis les bactéries, les mousses et les fougères, jusqu’aux gigantesques arbres tropicaux.

On dénombre plus de 1.250.000 espèces animales –dont un bon million pour les insectes. Il existe plus de 100.000 espèces de papillons…

Quelle profusion dans ce monde ! La multiplicité des formes que prend la vie est surprenante…

Ami, l’univers n’est-il pas pour toi un immense point d’interrogation ?

Bibliographie des parties consacrées à l'infiniment petit et au monde végétal et animal :

- Dominique MORIN, « Dieu existe-t-il ? », Les Carnets de Fête et saisons, Carnet n° 6, 1993

- Jacques LACOURT, « Croire en Dieu : est-ce possible aujourd’hui ? », Droguet & Ardant, 1991

- Michaël DENTON, « L’évolution a-t-elle un sens ? » Fayard 1997

- André VALENTA, « Le scientisme, ou l’incroyable séduction d’une doctrine erronée », Mélodie 1995

- Igor et Grichka BOGDANOV et Jean Guitton, « Dieu et la science », Grasset 1991

- Trinh Xuan THUAN, « La mélodie secrète », Fayard 1988

Et quelques liens intéressants sur internet :

http://villemin.gerard.free.fr/Science/Atome.htm

http://jcboulay.free.fr/astro/sommaire/astronomie/univers/matiere/page_matiere.htm

http://education.france5.fr/rdv_science/dossier1_infini/index.htm

http://www.diffusion.ens.fr/vip/tableindex.html

http://www.ac-grenoble.fr/webcurie/pedagogie/physique/td/infini/Puissances_de_10/powers10/powersof10.html

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Dieu existe-t-il
commenter cet article
5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 11:35

[Chers amis lecteurs, en ce dimanche où le Seigneur rappelle à son Eglise le double commandement de l'amour, je vous propose une très belle méditation du Pape Benoît XVI, extraite de son Encyclique "Deux Caritas Est", sur la question : "L'amour peut-il se commander?" (§ 16 à 18)] 

 

L’amour peut-il se commander ?

 

Au double commandement de l’amour, on peut répliquer par une (…) objection (…) : l’amour ne peut pas se commander ; c’est en définitive un sentiment qui peut être ou ne pas être, mais qui ne peut pas être créé par la volonté (...).

 

Dieu nous a aimés le premier, dit la Lettre de Jean (cf. 4, 10) et cet amour de Dieu s’est manifesté parmi nous, il s’est rendu visible car Il « a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui » (1 Jn 4, 9). Dieu s’est rendu visible: en Jésus nous pouvons voir le Père (cf. Jn 14, 9). En fait, Dieu se rend visible de multiples manières. Dans l’histoire d’amour que la Bible nous raconte, Il vient à notre rencontre, Il cherche à nous conquérir – jusqu’à la dernière Cène, jusqu’au Cœur transpercé sur la croix, jusqu’aux apparitions du Ressuscité et aux grandes œuvres par lesquelles, à travers l’action des Apôtres, Il a guidé le chemin de l’Église naissante. Et de même, par la suite, dans l’histoire de l’Église, le Seigneur n’a jamais été absent : il vient toujours de nouveau à notre rencontre – par des hommes à travers lesquels il transparaît, ainsi que par sa Parole, dans les Sacrements, spécialement dans l’Eucharistie. Dans la liturgie de l’Église, dans sa prière, dans la communauté vivante des croyants, nous faisons l’expérience de l’amour de Dieu, nous percevons sa présence et nous apprenons aussi de cette façon à la reconnaître dans notre vie quotidienne. Le premier, il nous a aimés et il continue à nous aimer le premier; c’est pourquoi, nous aussi, nous pouvons répondre par l’amour. Dieu ne nous prescrit pas un sentiment que nous ne pouvons pas susciter en nous-mêmes. Il nous aime, il nous fait voir son amour et nous pouvons l’éprouver, et à partir de cet « amour premier de Dieu », en réponse, l’amour peut aussi jaillir en nous.

 

Dans le développement de cette rencontre, il apparaît clairement que l’amour n’est pas seulement un sentiment. Les sentiments vont et viennent. Le sentiment peut être une merveilleuse étincelle initiale, mais il n’est pas la totalité de l’amour (…).

 

C’est le propre de la maturité de l’amour d’impliquer toutes les potentialités de l’homme, et d’inclure, pour ainsi dire, l’homme dans son intégralité. La rencontre des manifestations visibles de l’amour de Dieu peut susciter en nous un sentiment de joie, qui naît de l’expérience d’être aimé. Mais cette rencontre requiert aussi notre volonté et notre intelligence.

 

La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement : l’amour n’est jamais « achevé » ni complet ; il se transforme au cours de l’existence, il mûrit et c’est justement pour cela qu’il demeure fidèle à lui-même.

 

Idem velle atque idem nollevouloir la même chose et ne pas vouloir la même chose ; voilà ce que les anciens ont reconnu comme l’authentique contenu de l’amour : devenir l’un semblable à l’autre, ce qui conduit à une communauté de volonté et de pensée. L’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste justement dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus : la volonté de Dieu n’est plus pour moi une volonté étrangère, que les commandements m’imposent de l’extérieur, mais elle est ma propre volonté, sur la base de l’expérience que, de fait, Dieu est plus intime à moi-même que je ne le suis à moi-même. C’est alors que grandit l’abandon en Dieu et que Dieu devient notre joie (cf. Ps 72 [73], 23-28).

 

L’amour du prochain se révèle ainsi possible au sens défini par la Bible, par Jésus. Il consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu’à toucher le sentiment. J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ. Son ami est mon ami (…). Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires : je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin.

 

Ici apparaît l’interaction nécessaire entre amour de Dieu et amour du prochain, sur laquelle insiste tant la Première Lettre de Jean. Si le contact avec Dieu me fait complètement défaut dans ma vie, je ne peux jamais voir en l’autre que l’autre, et je ne réussis pas à reconnaître en lui l’image divine. Si par contre dans ma vie je néglige complètement l’attention à l’autre, désirant seulement être « pieux » et accomplir mes « devoirs religieux », alors même ma relation à Dieu se dessèche. Alors, cette relation est seulement « correcte », mais sans amour. Seule ma disponibilité à aller à la rencontre du prochain, à lui témoigner de l’amour, me rend aussi sensible devant Dieu. Seul le service du prochain ouvre mes yeux sur ce que Dieu fait pour moi et sur sa manière à Lui de m’aimer (…).

 

Amour de Dieu et amour du prochain sont inséparables, c’est un unique commandement. Tous les deux cependant vivent de l’amour prévenant de Dieu qui nous a aimés le premier. Ainsi, il n’est plus question d’un « commandement » qui nous prescrit l’impossible de l’extérieur, mais au contraire d’une expérience de l’amour, donnée de l’intérieur, un amour qui, de par sa nature, doit par la suite être partagé avec d’autres.

 

L’amour grandit par l’amour. L’amour est « divin » parce qu’il vient de Dieu et qu’il nous unit à Dieu, et, à travers ce processus d’unification, il nous transforme en un Nous, qui surpasse nos divisions et qui nous fait devenir un, jusqu’à ce que, à la fin, Dieu soit «tout en tous» (1 Co 15, 28).

  

 

Lire le texte intégral de l'Encyclique

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
commenter cet article
2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 17:41

 

[Chers amis lecteurs, je vous invite aujourd'hui à méditer la très belle homélie du Père Walter Covens prononcée le jour de la Toussaint, et relative au mystère de l'Eglise sur lequel nous méditons depuis quelques semaines. En voici quelques morceaux choisis.]

  

La foi n'est jamais une chose évidente. Elle est une épreuve. Ce que nous serons ne paraît pas encore clairement, nous dit S. Jean. C'est là justement que la foi intervient. La sainte Église n'est pas une Église sans pécheurs. Je ne suis pas venu pour les bien portants ni pour les justes, mais pour les malades et les pécheurs, dit Jésus. Nous venons de le reconnaître au début de la messe : nous sommes tous pécheurs. S'il fallait être un saint avant de devenir chrétien, cela n'aurait aucun sens. On est chrétien pour le devenir.

 

Le Concile de Trente dira : ceux qui disent qu'un chrétien en état de péché mortel ne fait plus partie de l'Église, qu'ils soient anathèmes!! Seulement, si j'ai la foi, je ne dirai pas que j'ai eu raison de commettre ce péché que j'ai fait.

 

S. Paul sait bien qu'il y a des pécheurs dans l'Église. Aux Corinthiens il reproche des choses très graves. Et pourtant il dit que l'Église est sainte. Elle est sans péché, mais elle n'est pas sans pécheurs.

 

Dans tous les membres de l'Église, tant qu'ils n'ont pas apostasié, tant qu'ils ont encore la foi, il y a de la sainteté. Cette foi ne sera pas suffisante pour les sanctifier, mais ils font toujours partie de l'Église. L'Église n'abandonne pas les pécheurs. Elle est comme une maman dont l'enfant est gravement malade: tant qu'il est encore en vie, elle ne l'abandonne pas. Au moment où il est mort, elle ne va plus le garder dans ses bras.

 

Mais il faut que l'enfant veuille rester près de sa maman. Pèguy, dans un très beau passage, dit ceci : Qu'est-ce qu'un chrétien? Un chrétien c'est un pauvre pécheur, mais qui prend la main. Et les saints, ceux que nous fêtons aujourd'hui, ce sont qui? Les saints, ce sont ceux qui donnent la main. Péguy dit : si vous prenez la main  qui vous est tendue, vous êtes chrétien. Si vous ne prenez pas la main qui vous est tendue, vous n'êtes pas chrétien. Cela veut dire que notre sanctification ne vient pas d'un effort que nous pourrions faire, aussi admirable soit-il. Notre sanctification vient d'une mendicité. Pour devenir un saint, il faut mendier. Tous les saints ont été des mendiants. Et plus ils ont mendié, plus ils ont reçu. Plus ils ont reçu, plus ils se sont sentis dépendants à l'égard de la miséricorde de Dieu.

 

Alors ne jugeons pas l'Église sur ce qu'elle n'est pas. C'est ce que nous dit Jacques Maritain :

 

"Les catholiques ne sont pas le catholicisme. Les fautes, les lourdeurs, les carences et les sommeils des catholiques n'engagent pas le catholicisme. Le catholicisme n'est pas chargé de fournir un alibi aux manquements des catholiques. La meilleure apologétique ne consiste pas à justifier les catholiques quand ils ont tort, mais au contraire à marquer ces torts, et qu'ils ne touchent pas à la substance du catholicisme et qu'ils ne mettent que mieux en lumière la vertu d'une religion toujours vivante en dépit d'eux. L'Église est un mystère. Elle a sa tête cachée dans le ciel, sa visibilité ne la manifeste pas adéquatement. Si vous cherchez ce qui la représente sans la trahir, regardez le pape et l'épiscopat enseignant la foi et les moeurs, regardez les saints au ciel et sur la terre ; ne nous regardez pas nous autres, pécheurs, ou plutôt regardez comment l'Église panse nos plaies et nous conduit clopin-clopant à la vie éternelle. La grande gloire de l'Église, c'est d'être sainte avec des membres pécheurs."  

 

 

Lire la version intégrale de l'homélie

 

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Réflexions & Méditations
commenter cet article
1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 19:03

[Chers amis lecteurs, en cette fête de la Toussaint, je vous propose un magnifique poème du Père Robert Lebel, trouvé sur le site du groupe de prière "Marie, Reine de la Paix", Chère Gospa.]   

Ils sont nombreux les bienheureux

Qui n'ont jamais fait parler d'eux

Et qui n'ont pas laissé d'image

Tous ceux qui ont depuis des âges

Aimé sans cesse et de leur mieux

Autant leurs frères que leur Dieu !

Ceux dont on ne dit pas un mot

Ces bienheureux de l'humble classe

Ceux qui n'ont pas fait de miracle

Ceux qui n'ont jamais eu d'extase

Et qui n'ont laissé d'autre trace

Qu'un coin de terre ou un berceau.

Ils sont nombreux ces gens de rien

Ces bienheureux du quotidien

Qui n'entreront pas dans l'histoire

Ceux qui ont travaillé sans gloire

Et qui se sont usé les mains

A pétrir, à gagner le pain.

Ils ont leur nom sur tant de pierres

Et quelquefois dans nos prières

Mais ils sont dans le coeur de Dieu !

Et quand l'un d'eux quitte la terre

Pour gagner la maison du Père

Une étoile naît dans les cieux.

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Réflexions & Méditations
commenter cet article