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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 12:33


Et voici l'hymne officielle de ces Journées Mondiales de la Jeunesse!logo-jmj-sydney-2008-australie.jpg
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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 19:42

Extrait de l’Audience Générale du 21 février 2007 du Pape Benoît XVI.

Mort au péché dans le Christ, le baptisé renaît lui aussi à la vie nouvelle, rétabli gratuitement dans la dignité de fils de Dieu. C'est pourquoi, dans la première communauté chrétienne, le Baptême était considéré comme la "première résurrection" (cf. Ap 20, 5; Rm 6, 1-11; Jn 5, 25-28). (…) Nous sommes déjà baptisés, mais le Baptême n'est souvent pas très efficace dans notre vie quotidienne. C'est pourquoi, [chaque année, le Carême nous offre la possibilité de vivre] un "catéchuménat" renouvelé, dans lequel nous allons à nouveau à la rencontre de notre Baptême pour le redécouvrir et le revivre en profondeur, pour devenir à nouveau réellement chrétiens. Le Carême est (…) une occasion de "redevenir" chrétiens, à travers un processus constant de transformation intérieure, et de progrès dans la connaissance et dans l'amour du Christ.

La conversion n'est jamais faite une fois pour toutes, mais c'est un processus, un chemin intérieur de toute notre vie. Cet itinéraire de conversion évangélique ne peut se limiter à une période particulière de l'année : elle est un chemin quotidien, qui doit embrasser tout le cours de l'existence, chaque jour de notre vie.
Dans cette optique, pour chaque chrétien et pour toutes les communautés ecclésiales, le Carême est le temps spirituel favorable pour s'entraîner avec une plus grande ténacité à rechercher Dieu, en ouvrant son cœur au Christ.

Saint Augustin a dit un jour que notre vie est un unique exercice du désir de nous approcher de Dieu, de devenir capables de laisser entrer Dieu dans notre être. "La vie tout entière du fervent chrétien - dit-il - est un saint désir". S'il en est ainsi, (…) nous sommes encouragés encore plus à arracher "de nos désirs les racines de la vanité" pour éduquer le cœur à désirer, c'est-à-dire à aimer Dieu. "Dieu : - dit encore saint Augustin - cette syllabe exprime le tout de ce que nous désirons" (cf. Tract. in Iohn., 4). Souhaitons que nous commencions réellement à désirer Dieu et ainsi, à désirer la vie véritable, l'amour lui-même et la vérité.

L'exhortation de Jésus rapportée par l'évangéliste Marc retentit alors de manière ô combien opportune : "Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle" (cf. Mc 1, 15). Le désir sincère de Dieu nous conduit à rejeter le mal et à accomplir le bien. Cette conversion du cœur est tout d'abord un don gratuit de Dieu, qui nous a créés pour lui et qui nous a rachetés en Jésus Christ : notre véritable bonheur consiste à demeurer en Lui (cf. Jn 15, 3). C'est pour cette raison qu'il prévient lui-même, par sa grâce, notre désir et qu'il accompagne nos efforts de conversion.

Que signifie, en réalité, se convertir? Se convertir signifie chercher Dieu, aller avec Dieu, suivre docilement les enseignements de son Fils, de Jésus Christ ; se convertir n'est pas un effort pour s'auto-réaliser, car l'être humain n'est pas l'architecte de son propre destin éternel. Ce n'est pas nous qui avons créé nos propres personnes. C'est pourquoi l'autoréalisation est une contradiction et elle est également trop peu pour nous. Nous avons une destination plus élevée. Nous pourrions dire que la conversion consiste précisément à ne pas se considérer les "créateurs" de soi-même et ainsi découvrir la vérité, car nous ne sommes pas les auteurs de nous-mêmes. La conversion consiste à accepter librement et avec amour de dépendre en tout de Dieu, notre véritable Créateur, de dépendre de l'amour. Ce n'est pas une dépendance mais la liberté. Se convertir signifie alors ne pas rechercher son propre succès personnel – qui est quelque chose qui passe – mais, en abandonnant toute certitude humaine, se placer avec simplicité et confiance à la suite du Seigneur pour que Jésus devienne pour chacun, comme aimait à le répéter la bienheureuse Teresa de Calcutta, "mon tout en tout". Celui qui se laisse conquérir par Lui ne craint pas de perdre sa propre vie, car sur la Croix Il nous a aimée et s'est donné lui-même pour nous. Et précisément en perdant notre vie par amour nous la retrouvons.

(…) Oui, chers frères et sœurs, la Croix est la révélation définitive de l'amour et de la miséricorde divine également pour nous, les hommes et les femmes de notre époque, trop souvent distraits par des préoccupations et des intérêts terrestres et passagers. Dieu est amour, et son amour est le secret de notre bonheur. Cependant, pour entrer dans ce mystère d'amour il n'y a pas d'autre voie que celle de nous perdre, de nous donner, la voie de la Croix. "Si quelqu'un veut marcher derrière moi - dit le Seigneur -, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive" (Mc 8, 34). Voilà pourquoi la Liturgie quadragésimale, alors qu'elle nous invite à réfléchir et à prier, nous incite à valoriser davantage la pénitence et le sacrifice, pour rejeter le péché et le mal et vaincre l'égoïsme et l'indifférence. La prière, le jeûne et la pénitence, les œuvres de charité envers nos frères deviennent ainsi les sentiers spirituels à parcourir pour retourner à Dieu, en réponse aux appels répétés à la conversion contenus également dans la liturgie d'aujourd'hui (cf. Jl 2, 12-13; Mt 6, 16-18).



Lire le texte intégral de l'Audience Générale du Pape Benoît XVI 

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 22:59

Extrait de l’Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis du Pape Benoît XVI, donnée à Rome en la fête de la Chaire de Saint Pierre Apôtre, le 22 février 2007.


De manière significative, les Pères synodaux ont affirmé que « les fidèles chrétiens ont besoin d'une compréhension plus profonde des relations entre l'Eucharistie et la vie quotidienne. La spiritualité eucharistique n'est pas seulement participation à la Messe et dévotion au Saint-Sacrement. Elle englobe la vie entière ». Cette insistance revêt pour nous tous aujourd'hui un sens particulier. Il faut reconnaître que l'un des effets les plus graves de la sécularisation, qui vient d'être mentionné, consiste dans le fait d'avoir relégué la foi chrétienne aux marges de l'existence, comme si elle était inutile pour ce qui concerne le déroulement concret de la vie des hommes. L'échec de la manière de vivre « comme si Dieu n'existait pas » est maintenant devant les yeux de tous. Aujourd'hui, il est nécessaire de redécouvrir que Jésus Christ n'est pas une simple conviction privée ou une doctrine abstraite, mais une personne réelle, dont l'insertion dans l'histoire est capable de renouveler la vie de tous. C'est pourquoi l'Eucharistie, comme source et sommet de la vie et de la mission de l'Église, doit se traduire en spiritualité, en vie « selon l'Esprit » (Rm 8, 4s ; cf. Ga 5, 16.25). Il est significatif que saint Paul, dans le passage de la Lettre aux Romains où il invite à vivre le nouveau culte spirituel, rappelle en même temps la nécessité du changement dans la manière de vivre et de penser : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait » (12, 2). De cette façon, l'Apôtre des Nations souligne le lien entre le vrai culte spirituel et la nécessité d'une nouvelle manière de percevoir l'existence et de conduire sa vie. Renouveler sa façon de penser fait partie intégrante de la forme eucharistique de la vie chrétienne, « alors nous ne serons plus comme des enfants, nous laissant secouer et mener à la dérive par tous les courants d'idées » (Ep 4, 14).

Découvrant la beauté de la forme eucharistique de l'existence chrétienne, nous sommes amenés (…) à réfléchir sur les énergies morales qui sont mises en œuvre par cette forme comme soutien de l'authentique liberté des enfants de Dieu (…). Le Pape Jean-Paul II avait affirmé que la vie morale « a une valeur de “culte spirituel” (Rm 12, 1 ; cf. Ph 3, 3), puisé et nourri à la source inépuisable de sainteté et de glorification de Dieu que sont les sacrements, en particulier l'Eucharistie : en effet, participant au Sacrifice de la croix, le chrétien communie à l'amour d'offrande du Christ, et il est habilité et engagé à vivre cette même charité dans tous les actes et tous les comportements de sa vie ». En définitive, «dans le “culte” lui-même, dans la communion eucharistique, sont contenus le fait d'être aimé et celui d'aimer les autres à son tour. Une Eucharistie qui ne se traduit pas en une pratique concrète de l'amour est en elle-même tronquée.

Ce rappel de la valeur morale du culte spirituel ne doit pas être interprété de façon moralisante. Il s'agit avant tout de la découverte joyeuse du dynamisme de l'amour dans un cœur qui accueille le don du Seigneur, qui s'abandonne à lui et qui trouve la vraie liberté. La transformation morale, impliquée dans le nouveau culte institué par le Christ, est une tension et un désir profond de vouloir correspondre à l'amour du Seigneur de tout son être, tout en étant conscient de sa fragilité. Ce dont nous parlons se reflète bien dans le récit évangélique concernant Zachée (cf. Lc 19, 1-10). Après avoir accueilli Jésus dans sa maison, le publicain se retrouve complètement transformé : il décide de donner la moitié de ses biens aux pauvres et de rendre le quadruple à ceux qu'il avait volés. La tension morale qui naît de l'accueil de Jésus dans notre vie découle de la gratitude provenant de l'expérience de la proximité du Seigneur, sans aucun mérite de notre part.

Il est important de relever ce que les Pères synodaux ont appelé cohérence eucharistique, à laquelle notre existence est objectivement appelée. En effet, le culte agréable à Dieu n'est jamais un acte purement privé, sans conséquence sur nos relations sociales : il requiert un témoignage public de notre foi. Évidemment, cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables. Par conséquent, les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par les valeurs fondées sur la nature humaine. Cela a, entre autres, un lien objectif avec l'Eucharistie (cf. 1 Co 11, 27-29). Les Évêques sont tenus de rappeler constamment ces valeurs; cela fait partie de leur responsabilité à l'égard du troupeau qui leur est confié.



Lire le texte intégral de l'Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis du Pape Benoît XVI 

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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 22:30

Extrait de l’Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis du Pape Benoît XVI, donnée à Rome en la fête de la Chaire de Saint Pierre Apôtre, le 22 février 2007.


Le nouveau culte chrétien englobe tous les aspects de l'existence, en la transfigurant : « Tout ce que vous faites: manger, boire, ou n'importe quoi d'autre, faites-le pour la gloire de Dieu » (1 Co 10, 31). En tout acte de la vie, le chrétien est appelé à exprimer le vrai culte rendu à Dieu. C'est ici que prend forme la nature intrinsèquement eucharistique de la vie chrétienne.
Puisqu'elle implique la réalité humaine du croyant dans le concret du quotidien, l'Eucharistie rend possible, jour après jour, la transfiguration progressive de l'homme, appelé par grâce à être à l'image du Fils de Dieu (cf. Rm 8, 29s). Il n'y a rien d'authentiquement humain – pensées et sentiments, paroles et actes – qui ne trouve dans le sacrement de l'Eucharistie la forme appropriée pour être vécu en plénitude. Ici apparaît toute la valeur anthropologique de la nouveauté radicale apportée par le Christ dans l'Eucharistie : le culte rendu à Dieu dans l'existence humaine ne peut pas être cantonné à un moment particulier et privé, mais il tend de par sa nature à envahir chaque aspect de la réalité de la personne. Le culte agréable à Dieu devient ainsi une nouvelle façon de vivre toutes les circonstances de l'existence où toute particularité est exaltée en tant qu'elle est vécue dans la relation avec le Christ et offerte à Dieu (…).

La nouveauté radicale que l'Eucharistie introduit dans la vie de l'homme s'est révélée à la conscience chrétienne dès les origines. Les fidèles ont immédiatement perçu l'influence profonde que la célébration eucharistique exerçait sur leur style de vie. Saint Ignace d'Antioche exprimait cette vérité en qualifiant ainsi les chrétiens : ceux qui « sont venus à la nouvelle espérance » ; il les présentait comme ceux qui vivent « selon le dimanche » (iuxta dominicam viventes). Cette formule du grand martyr d'Antioche met clairement en lumière le lien entre la réalité eucharistique et l'existence chrétienne dans son caractère quotidien. L'habitude caractéristique des chrétiens de se réunir le premier jour après le sabbat pour célébrer la résurrection du Christ – selon le récit de saint Justin martyr – est également l'élément qui définit la forme de l'existence renouvelée par la rencontre avec le Christ. La formule de saint Ignace – « Vivre selon le dimanche » – souligne aussi la valeur paradigmatique que possède ce jour saint par rapport à tout autre jour de la semaine. En effet, il ne se distingue pas par la simple suspension des activités habituelles, comme une sorte de parenthèse dans le rythme normal des jours. Les chrétiens ont toujours ressenti ce jour comme le premier de la semaine, parce qu'en lui on fait mémoire de la nouveauté radicale apportée par le Christ. Le dimanche est donc le jour où le chrétien retrouve la forme eucharistique de son existence, selon laquelle il est appelé à vivre constamment. « Vivre selon le dimanche » signifie vivre dans la conscience de la libération apportée par le Christ et accomplir son existence comme l'offrande de soi à Dieu, pour que sa victoire se manifeste pleinement à tous les hommes à travers une conduite intimement renouvelée.

Conscients de ce nouveau principe de vie que l'Eucharistie apporte au chrétien, les Pères synodaux ont rappelé l'importance pour tous les fidèles du précepte dominical comme source de liberté authentique, pour pouvoir vivre tous les autres jours selon ce qu'ils ont célébré le « Jour du Seigneur ». En effet, la vie de foi est en danger quand on ne ressent plus le désir de participer à la célébration eucharistique où l'on fait mémoire de la victoire pascale. Participer à l'assemblée liturgique dominicale, avec tous nos frères et sœurs qui forment un unique corps dans le Christ Jésus, est requis par la conscience chrétienne et, en même temps, forme la conscience chrétienne. Perdre le sens du dimanche comme Jour du Seigneur à sanctifier est le symptôme d'une perte du sens authentique de la liberté chrétienne, la liberté des fils de Dieu. À ce sujet, les observations concernant les différentes dimensions du dimanche pour les chrétiens faites par mon prédécesseur Jean-Paul II, dans la Lettre apostolique Dies Domini, (207) restent précieuses: le dimanche est Dies Domini, en référence à l'œuvre de la création ; il est Dies Christi en tant que jour de la nouvelle création et du don que le Seigneur Ressuscité fait de l'Esprit Saint ; il est Dies Ecclesiae comme jour où la communauté chrétienne se retrouve pour la célébration ; il est Dies hominis comme jour de joie, de repos et de charité fraternelle. Un tel jour se manifeste donc comme la fête primordiale, où tout fidèle peut se faire, dans le milieu où il vit, annonciateur et gardien du sens du temps. De ce jour, en effet, naît le sens chrétien de l'existence et une nouvelle manière de vivre le temps, les relations, le travail, la vie et la mort. Il est donc bon que, le Jour du Seigneur, les réalités ecclésiales organisent, autour de la célébration eucharistique dominicale, des manifestations propres à la communauté chrétienne : rencontres amicales, initiatives pour la formation chrétienne des enfants, des jeunes et des adultes, pèlerinages, œuvres de charité et différentes rencontres de prière. En raison de ces valeurs si importantes – bien que le samedi soir, à partir des premières Vêpres, appartienne déjà au dimanche et qu'il soit donc permis d'y accomplir le précepte dominical –, il est nécessaire de rappeler que c'est le dimanche en lui-même qui mérite d'être sanctifié, afin qu'il ne finisse pas par devenir un jour « vide de Dieu ».

Enfin, il est particulièrement urgent, à notre époque, de rappeler que le Jour du Seigneur est aussi le jour du repos par rapport au travail. Nous souhaitons vivement que cela soit aussi reconnu comme tel par la société civile, de sorte qu'il soit possible d'être libre des activités du travail sans être pour autant pénalisé. En effet, les chrétiens, en relation avec la signification du sabbat dans la tradition juive, ont toujours vu également dans le Jour du Seigneur le jour du repos du labeur quotidien. Cela a un sens précis, constituant une relativisation du travail, qui est ordonné à l'homme : le travail est pour l'homme et non l'homme pour le travail.
Il est facile de saisir la protection qui en découle pour l'homme lui-même, qui est ainsi émancipé d'une possible forme d'esclavage. Comme j'ai eu l'occasion de l'affirmer, le travail est de première importance pour la réalisation de l'homme et pour le développement de la société, et c'est pourquoi il convient qu'il soit toujours organisé et accompli dans le plein respect de la dignité humaine et au service du bien commun. En même temps, il est indispensable que l'homme ne se laisse pas asservir par le travail, qu'il n'en fasse pas une idole, prétendant trouver en lui le sens ultime et définitif de la vie. C'est dans le jour consacré à Dieu que l'homme comprend le sens de son existence ainsi que de son travail.



Lire le texte intégral de l'Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis du Pape Benoît XVI
 

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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 15:10

Extrait du très bel ouvrage du Père Marie-Dominique Molinié intitulé "Adoration ou désespoir", paru aux Editions CLD en 1980. Un ouvrage très spirituel qui sollicite également les ressources de notre intelligence, ainsi qu'en témoigne le passage ci-dessous.

Je voudrais vous proposer des certitudes qui ne s’écrouleront pas facilement, même si vous abandonnez la foi… et qui vous aideront à la retrouver (…).

La plupart des hommes croient à l’existence de Dieu.
Cette croyance, ou plutôt cette perception, est en effet naturelle, et c’est un grand aveuglement de l’avoir perdue : cet aveuglement est cependant la règle en Occident aujourd’hui. Chez les chrétiens, la foi peut y suppléer, mais elle ne dispense pas de chercher à la retrouver : au contraire, elle devrait les y pousser sous la houlette de l’Eglise (…).

La démonstration de l’existence de Dieu est suspendue à l’émerveillement devant la splendeur du monde : non seulement la splendeur poétique, mais la splendeur intellectuelle de cette œuvre géniale qui défie notre intelligence. La démonstration devient alors tellement claire qu’elle apparaît à peine comme une démonstration : pourtant, c’en est une, car nous n’avons pas l’évidence directe de l’existence de Dieu. Nous avons l’évidence de son œuvre, et nous remontons de l’œuvre à l’Auteur de cette œuvre.

Il n’y a rien à opposer à une telle démonstration, et on ne lui a jamais rien opposé : ce qu’on attaque, c’est la base – à savoir que l’œuvre est si belle, si profonde et si mystérieuse, qu’elle suppose un Auteur digne d’elle.

On objectera par exemple que l’univers peut être le fruit du hasard. Si c’est le fruit du hasard, l’univers n’est pas génial en soi, il est génial pour nous : autrement dit, c’est nous qui y mettons du génie et sans nous, le monde ne serait pas merveilleux. Allons plus loin. Nous-mêmes qui parlons de génie, nous n’avons pas de génie : cette notion n’a aucune valeur objective, ni pour le monde, ni pour nous. Eh bien, si au bout d’un pareil aveuglement on ne se suicide pas, c’est évidemment par accident, en vertu d’un instinct de conservation qui doit lui-même tout au hasard et n’a strictement aucun sens.

En fait, pour éviter la ruine que je viens d’évoquer, il faut et il suffit d’éviter l’orgueil, spécialement l’orgueil des intellectuels (…).

Il y a plusieurs sortes de démonstration : celle dont je parle est aussi rigoureuse qu’une démonstration mathématique, mais elle fait appel à une autre rigueur, plus profonde et plus difficile que celle des mathématiques. Pour comprendre la rigueur des mathématiques, il n’y a pas besoin d’un cœur pur ; pour comprendre celle de la métaphysique, il faut un esprit candide, lavé des préjugés et de la suspicion par un enseignement correct – mais aussi par la prière. La foi peut suppléer à l’évidence de cette rigueur, mais ce n’est pas normal et ce n’est pas sain (…).

Si vous vous endormez un soir avec, dans votre hangar, en vrac, les pièces détachées d’une voiture, et que le lendemain matin, vous vous réveillez devant une voiture en état de marche, vous aurez un choc : pas une pièce de plus que la veille, et pourtant vous aurez un choc. Or, c’est ce choc qui, justement, est simpliste : il n’y a pas besoin de faire des études pour le recevoir. Si un ami découvre la même chose que vous et n’éprouve pas ce choc, s’il prend un air supérieur : « Quoi ! Qu’est-ce qui t’étonne là-dedans ?... », vous le soupçonnerez, ou de vous cacher une explication secrète (le « truc » des illusionnistes), ou d’être complètement stupide. Devant une situation pareille, l’intelligence cherche une explication : plus l’intelligence est grande, plus l’étonnement est grand aussi.

Dans le cas que je viens d’évoquer, l’explication la plus vraisemblable est qu’on a voulu vous faire une surprise. Mais peu importe l’explication ; ce qui compte, c’est qu’il en faut une, et alors je généralise : l’homme intelligent est celui qui cherche des explications, l’insensé (au sens biblique), celui qui n’en cherche plus. Prenons par exemple la vie. Si vous n’êtes pas trop exigeant, on vous donnera des tonnes d’explications sur le fonctionnement de la vie ; ces explications ne sont pas fausses, mais je dis qu’elles n’expliquent rien parce qu’elles ne vont pas jusqu’au bout : c’est évident pour celui qui réfléchit vraiment. Seulement les chances d’avoir affaire à quelqu’un qui réfléchit vraiment deviennent de plus en plus faibles, et on ne peut toujours espérer s’en tirer avec des explications qui n’en sont pas : si vous avez le mauvais goût d’insister parce que vous réclamez une explication ultime, alors pour avoir la paix on vous servira le « hasard », ce qui est exactement la vertu dormitive de l’opium… en tout cas bien dormitive pour votre intelligence, qu’on espère tranquilliser avec ce mot.

Pour reprendre l’exemple caricatural de la voiture au hangar, c’est comme si, à votre demande d’explication, on répondait en décrivant le fonctionnement d’une voiture.
Ne vous laissez pas endormir, dites obstinément « il y a eu quelqu’un, je veux savoir qui… », tel le policier avisé qui ne s’en laisse pas compter avant d’avoir trouvé le coupable : voilà ce que j’appelle savoir ce qu’on veut. L’intérêt du coupable étant au contraire de vous endormir avec des explications qui n’en sont pas, et de vous étourdir avec des mots.

Allons plus loin, et raffinons un peu notre exemple. L’inventeur de la première automobile ne peut pas être n’importe qui : il doit avoir une intelligence particulièrement douée, particulièrement tenace, et cette espèce de passion qui fait les inventeurs. C’est vrai dans tous les domaines, et nous venons de découvrir trois grandes évidences dont la portée métaphysique est incalculable :

1. Il faut savoir s’étonner de ce qui est étonnant, et chercher une explication digne de ce nom ;
2. Dans le cas de l’automobile au hangar, cette explication ne peut-être qu’une intention intelligente ;
3. Dans le cas de l’invention d’une automobile, l’intelligence de l’inventeur doit être géniale.

Si vous essayez de ne pas perdre ces trois évidences en contemplant l’univers, vous arriverez tout de suite à l’idée de Dieu. Et vous y arriverez encore plus à partir de la science : « Peu de science nous éloigne de Dieu, beaucoup y ramène ». Les découvertes modernes nous dévoilent que la complexité de l’univers est un abîme vertigineux, en comparaison de laquelle les ordinateurs font figure de brouette. Alors concluez…

Non seulement le hasard ne peut pas expliquer l’apparition de cette complexité, mais l’intelligence humaine serait tout aussi incapable de la concevoir que l’idiot du village de fabriquer un avion.
La plus humble cellule vivante défie encore l’investigation des savants. On dira qu’elle ne la défiera pas toujours, mais qu’est-ce que cela prouve ? Si après des années d’efforts, on arrive à comprendre une invention, le beau mérite puisqu’on l’a sous les yeux ! Même la cellule, l’homme n’arrive pas encore à la comprendre (…).

Le choc que j’éprouve devant la profondeur intelligente de ces choses, je sais que je ne le perdrais pas du jour au lendemain, même si je perdais la foi (…). Je pourrais perdre la foi d’un instant à l’autre, si je n’étais pas fidèle à une certaine attitude. Mais ces évidences-là, je ne pourrais pas les perdre tout de suite : il faudrait du temps pour que je retombe dans la décomposition de l’intelligence.

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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 11:11

Le Père Guy Pagès nous emmène maintenant au coeur du mystère de Dieu Trinité, tel que l'Eglise catholique l'a compris après des siècles de prière et de méditation sous l'influence de l'Esprit Saint, envoyé par le Seigneur Jésus pour nous conduire à la plénitude de la vérité (cf. Jn 16. 13).




Revoir les précédentes vidéos
:

1.
La Trinité, au coeur de tous les mystères de la Foi
2.
Les chrétiens sont-ils polythéistes?
3. Le dogme de la Sainte Trinité est-il biblique?

Relire également
:

1. Le mystère de la Très Sainte Trinité

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 12:03

Extrait de l’Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis du Pape Benoît XVI, donnée à Rome en la fête de la Chaire de Saint Pierre Apôtre, le 22 février 2007.


Le
Concile Vatican II avait opportunément voulu un développement particulier de la participation active, pleine et fructueuse du peuple de Dieu tout entier à la célébration eucharistique. Le renouveau mis en œuvre au cours de ces années a bien certainement favorisé des progrès notables dans la direction souhaitée par les Pères conciliaires. Nous ne devons pas cependant nous cacher qu'une certaine incompréhension, précisément sur le sens de cette participation, s'est parfois manifestée. Il convient par conséquent de dire clairement que, par ce mot, on n'entend pas faire référence à une simple attitude extérieure durant la célébration. En réalité, la participation active souhaitée par le Concile doit être comprise en termes plus substantiels, à partir d'une plus grande conscience du mystère qui est célébré et de sa relation avec l'existence quotidienne. Demeure encore totalement valable la recommandation de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium qui exhortait les fidèles à ne pas assister à la liturgie eucharistique « comme des spectateurs étrangers et muets », mais à participer « de façon consciente, pieuse et active à l'action sacrée ». Développant la réflexion, le Concile poursuivait : que les fidèles « se laissent instruire par la Parole de Dieu, refassent leurs forces à la table du Corps du Seigneur, rendent grâces à Dieu, et qu'offrant la victime sans tache non seulement par les mains du prêtre, mais aussi en union avec lui, ils apprennent ainsi à s'offrir eux-mêmes et soient conduits de jour en jour, par le Christ Médiateur, à la perfection de l'unité avec Dieu et de l'unité entre eux » (...).

Considérant le thème de l'actuosa participatio des fidèles au rite sacré, les Pères synodaux ont mis aussi en relief les conditions personnelles dans lesquelles doit se trouver tout fidèle pour une participation fructueuse. L'une d'elles est assurément l'esprit de constante conversion qui doit caractériser la vie de tous les fidèles. On ne peut attendre une participation active à la liturgie eucharistique si l'on s'en approche de manière superficielle, sans s'interroger auparavant sur sa propre vie. Le recueillement et le silence, au moins quelques minutes avant le début de la liturgie, le jeûne et, lorsque cela est nécessaire, la Confession sacramentelle, favorisent, par exemple, cette disposition intérieure. Un cœur réconcilié avec Dieu permet la vraie participation. Il convient en particulier de rappeler aux fidèles le fait qu'une actuosa participatio aux saints Mystères ne peut pas se réaliser si l'on ne cherche pas en même temps à prendre une part active à la vie ecclésiale dans son intégralité, qui comprend aussi l'engagement missionnaire de porter l'amour du Christ dans la société.

Sans aucun doute, la pleine participation à l'Eucharistie se réalise quand on s'approche aussi personnellement de l'autel pour recevoir la Communion. Toutefois, on doit veiller à ce que cette juste affirmation n'introduise pas parmi les fidèles un certain automatisme, comme si par le seul fait de se trouver dans une église durant la liturgie on avait le droit ou peut-être même le devoir de s'approcher de la Table eucharistique. Quand il n'est pas possible de s'approcher de la communion sacramentelle, la participation à la Messe demeure cependant nécessaire, valable, significative et fructueuse. Dans ces circonstances, il est bon de cultiver le désir de la pleine union avec le Christ, par exemple par la pratique de la communion spirituelle, rappelée par Jean-Paul II et recommandée par de Saints maîtres de vie spirituelle.

Avec le thème de la participation, nous avons inévitablement à traiter la question des chrétiens appartenant à des Églises ou à des Communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec l'Église catholique. À ce sujet, on doit dire que, d'une part, le lien intrinsèque existant entre l'Eucharistie et l'unité de l'Église nous fait désirer ardemment le jour où nous pourrons célébrer la divine Eucharistie avec tous ceux qui croient au Christ et exprimer ainsi visiblement la plénitude de l'unité que le Christ a voulue pour ses disciples (cf. Jn 17, 21). D'autre part, le respect que nous devons au sacrement du Corps et du Sang du Christ nous empêche d'en faire un simple « moyen » à utiliser sans discrimination pour atteindre cette unité elle-même. L'Eucharistie, en effet, ne manifeste pas seulement notre communion personnelle avec Jésus Christ, mais elle implique aussi la pleine communio avec l'Église. C'est donc là le motif pour lequel nous demandons, avec souffrance, mais non sans espérance, aux chrétiens non catholiques de comprendre et de respecter notre conviction qui se réfère à la Bible et à la Tradition. Nous considérons que la Communion eucharistique et la communion ecclésiale sont si intimement liées que cela rend généralement impossible, pour les chrétiens non catholiques, d'accéder à l'une sans jouir de l'autre. Une concélébration véritable avec les ministres d'Églises ou de Communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec l'Église catholique serait plus encore privée de sens.


Lire le texte intégral de l'Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis du Pape Benoît XVI 

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 15:00

Dernier volet de la Prêtres Academy! Michel et Christophe témoignent de leur vocation au célibat et de leur joie d'être prêtre. Frank, lui, est ordonné par son Evêque. Un grand merci à eux et au Service des Vocations du diocèse de Besançon pour ce projet très ambitieux et cette réalisation très réussie! Puisses-tu maintenant Seigneur toucher le coeur des nombreux jeunes qui verront ces clips, et leur insuffler le désir de te suivre sur le chemin de l'amour de leurs frères et du don d'eux-mêmes. Nous avons tant besoin d'eux et de leur OUI enthousiaste à ton appel!
 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Vocations
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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 11:57

Extrait de l’Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis du Pape Benoît XVI, donnée à Rome en la fête de la Chaire de Saint Pierre Apôtre, le 22 février 2007.


Au cours des travaux du Synode, on a recommandé à de nombreuses reprises la nécessité de dépasser toute séparation possible entre l'ars celebrandi, à savoir l'art de bien célébrer, et la participation pleine, active et fructueuse de tous les fidèles. En effet, le premier moyen de favoriser la participation du peuple de Dieu au Rite sacré est la célébration appropriée du Rite lui-même. L'ars celebrandi est la meilleure condition pour une actuosa participatio. L'ars celebrandi découle de l'obéissance fidèle aux normes liturgiques dans leur totalité, puisque c'est justement cette façon de célébrer qui a assuré, depuis 2000 ans, la vie de foi de tous les croyants, qui sont appelés à vivre la célébration en tant que peuple de Dieu, sacerdoce royal, nation sainte (cf. 1 P2, 4-5.9).

(…) En soulignant l'importance de l'ars celebrandi, on met par conséquent en lumière la valeur des normes liturgiques. L'ars celebrandi doit favoriser le sens du sacré et l'utilisation des formes extérieures qui éduquent à un tel sens, comme par exemple l'harmonie du rite, des vêtements liturgiques, de l'ameublement et du lieu sacré. Là où les prêtres et les responsables de la pastorale liturgique s'emploient à faire connaître les livres liturgiques et les normes liturgiques en vigueur, mettant en évidence les grandes richesses de la Présentation générale du Missel romain et de la Présentation des Lectures de la Messe, la célébration eucharistique en tire profit. Dans les communautés ecclésiales, on croit peut-être déjà les connaître et pouvoir porter un jugement éclairé sur elles, mais, souvent, il n'en est pas ainsi. En réalité, ces textes contiennent des richesses qui conservent et qui expriment la foi et le chemin du peuple de Dieu au long des deux millénaires de son histoire. Pour un ars celebrandi correct, il est tout aussi important d'être attentif à toutes les formes de langage prévues par la liturgie : parole et chant, gestes et silences, mouvements du corps, couleurs liturgiques des vêtements. En effet, la liturgie possède de par sa nature une variété de registres de communication qui lui permettent de parvenir à intégrer tout l'être humain. La simplicité des gestes et la sobriété des signes, effectués dans l'ordre et dans les moments prévus, communiquent et impliquent plus que le caractère artificiel d'ajouts inopportuns. L'attention et l'obéissance à la structure propre du rite, tout en exprimant la reconnaissance du caractère de don de l'Eucharistie, manifestent la volonté du ministre d'accueillir, avec une docile gratitude, ce don ineffable.

Le lien profond entre la beauté et la liturgie doit nous rendre attentifs à toutes les expressions artistiques mises au service de la célébration. Un aspect important de l'art sacré est certainement l'architecture des églises, dans lesquelles doit ressortir l'unité entre les éléments constitutifs du chœur: autel, crucifix, tabernacle, ambon, siège. À ce propos, on doit garder présent à l'esprit que l'architecture sacrée a pour but d'offrir à l'Église qui célèbre les mystères de la foi, en particulier l'Eucharistie, l'espace le plus adapté au déroulement approprié de son action liturgique. En effet, la nature du temple chrétien est définie par l'action liturgique elle-même, qui implique le rassemblement des fidèles (ecclesia), qui sont les pierres vivantes du temple (cf. 1 P2, 5).

(…) En définitive, il est nécessaire qu'en tout ce qui concerne l'Eucharistie, on ait le goût de la beauté. On devra donc respecter et soigner aussi les vêtements liturgiques, le mobilier, les vases sacrés, afin que, reliés entre eux de façon organique et ordonnée, ils entretiennent la vénération pour le mystère de Dieu, qu'ils manifestent l'unité de la foi et qu'ils renforcent la dévotion.

La relation entre le mystère auquel on croit et le mystère que l'on célèbre se manifeste d'une façon particulière dans la valeur théologique et liturgique de la beauté. En effet, la liturgie, comme du reste la Révélation chrétienne, a un lien intrinsèque avec la beauté : elle est veritatis splendor. Dans la liturgie resplendit le Mystère pascal par lequel le Christ lui-même nous attire à lui et nous appelle à la communion. En Jésus, comme saint Bonaventure aimait à le dire, nous contemplons la beauté et la splendeur des origines. L'attribut auquel nous faisons référence n'est pas pur esthétisme, mais modalité par laquelle la vérité de l'amour de Dieu, manifesté dans le Christ, nous rejoint, nous fascine et nous emporte, nous faisant sortir de nous-mêmes et nous attirant ainsi vers notre vocation véritable : l'amour. Déjà dans la Création, Dieu se laisse entrevoir dans la beauté et dans l'harmonie du cosmos (cf. Sg 13, 5 ; Rm 1, 19-20). Dans l'Ancien Testament, nous trouvons aussi des signes remarquables de la splendeur de la puissance de Dieu, qui se manifeste par sa gloire à travers les prodiges réalisés au milieu du peuple élu (cf. Ex 14; 16, 10; 24, 12- 18; Nb 14, 20-23). Dans le Nouveau Testament, cette épiphanie de beauté s'accomplit de manière définitive dans la révélation de Dieu en Jésus Christ : il est la pleine manifestation de la gloire divine. Dans la glorification du Fils, la gloire du Père resplendit et elle se communique (cf. Jn 1, 14; 8, 54 ; 12, 28; 17, 1). Toutefois, cette beauté n'est pas une simple harmonie de formes ; celui qui est « beau, comme aucun des enfants des hommes » (Ps 45 [44], 3) est aussi mystérieusement celui qui « n'était ni beau ni brillant pour attirer nos regards » (Is 53, 2). Jésus Christ nous montre que la vérité de l'amour sait transfigurer aussi le mystère obscur de la mort dans la lumière rayonnante de la résurrection. Ici, la splendeur de la gloire de Dieu dépasse toute beauté présente dans le monde. La beauté véritable est l'amour de Dieu, qui s'est définitivement révélé à nous dans le mystère pascal.

La beauté de la liturgie fait partie de ce mystère ; elle est expression très haute de la gloire de Dieu et elle constitue, en un sens, le Ciel qui vient sur la terre. Le mémorial du sacrifice rédempteur porte en lui-même les traits de la beauté de Jésus dont Pierre, Jacques et Jean ont donné témoignage quand le Maître, en marche vers Jérusalem, voulut être transfiguré devant eux (cf. Mc 9, 2). Par conséquent, la beauté n'est pas un facteur décoratif de l'action liturgique ; elle en est plutôt un élément constitutif, en tant qu'elle est un attribut de Dieu lui-même et de sa révélation. Tout cela doit nous rendre conscients de l'attention que nous devons avoir afin que l'action liturgique resplendisse selon sa nature propre.


Lire le texte intégral de l'Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis du Pape Benoît XVI 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 11:53

Extrait de l’Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis du Pape Benoît XVI, donnée à Rome en la fête de la Chaire de Saint Pierre Apôtre, le 22 février 2007.


L'Eucharistie, sacrement de la charité, fait apparaître un rapport particulier avec l'amour entre l'homme et la femme, unis par le mariage.
Approfondir ce lien est une nécessité propre à notre temps. Le Pape Jean-Paul II a eu plusieurs fois l'occasion d'affirmer le caractère sponsal de l'Eucharistie et son rapport particulier avec le Sacrement du Mariage : « L'Eucharistie est le sacrement de notre rédemption. C'est le sacrement de l'Époux, de l'Épouse ». Du reste, toute la vie chrétienne porte le signe de l'amour sponsal du Christ et de l'Église. Déjà le Baptême, qui fait entrer dans le peuple de Dieu, est un mystère nuptial : c'est pour ainsi dire le bain de noces qui précède le banquet des noces, l'Eucharistie. L'Eucharistie fortifie d'une manière inépuisable l'unité et l'amour indissoluble de tout mariage chrétien. En lui, en vertu du sacrement, le lien conjugal est intrinsèquement relié à l'unité eucharistique entre le Christ époux et l'Église épouse (cf. Ep5, 31-32).

Le consentement mutuel que mari et femme échangent dans le Christ, et qui fait d'eux une communauté de vie et d'amour, a lui aussi une dimension eucharistique.
En effet, dans la théologie paulinienne, l'amour sponsal est le signe sacramentel de l'amour du Christ pour son Église, un amour qui a son point culminant dans la croix, expression de ses « noces » avec l'humanité et, en même temps, origine et centre de l'Eucharistie. Voilà pourquoi l'Église manifeste une proximité spirituelle particulière à tous ceux qui ont fondé leur famille sur le sacrement de Mariage. La famille – Église domestique – est une cellule primordiale de la vie de l'Église, en particulier pour son rôle décisif concernant l'éducation chrétienne des enfants. Dans ce contexte, le Synode a recommandé aussi de reconnaître la mission particulière de la femme dans la famille et dans la société, une mission qui doit être défendue, sauvegardée et promue. Son identité d'épouse et de mère constitue une réalité imprescriptible qui ne doit jamais être dévaluée.

C'est précisément à la lumière de cette relation intrinsèque entre mariage, famille et Eucharistie qu'il est possible de considérer certains problèmes pastoraux. Le lien fidèle, indissoluble et exclusif qui unit le Christ et l'Église, et qui trouve son expression sacramentelle dans l'Eucharistie, est en relation avec le donné anthropologique originel par lequel l'homme doit être uni de manière définitive à une seule femme et réciproquement (cf. Gn 2, 24 ; Mt 19, 5).

(…) Si l'Eucharistie exprime le caractère irréversible de l'amour de Dieu pour son Église dans le Christ, on comprend pourquoi elle implique, en relation au sacrement de Mariage, l'indissolubilité à laquelle tout véritable amour ne peut qu'aspirer.
L'attention pastorale que le Synode a réservée aux situations douloureuses dans lesquelles se trouvent de nombreux fidèles qui, après avoir célébré le sacrement de Mariage, ont divorcé et contracté une nouvelle union, est donc plus que justifiée. Il s'agit d'un problème pastoral épineux et complexe, une vraie plaie du contexte social actuel, qui touche de manière croissante les milieux catholiques eux-mêmes. Par amour de la vérité, les Pasteurs sont obligés de bien discerner les diverses situations, pour aider spirituellement de la façon la plus appropriée les fidèles concernés. Le Synode des Évêques a confirmé la pratique de l'Église, fondée sur la Sainte Écriture (cf. Mc10, 2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l'union d'amour entre le Christ et l'Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l'Eucharistie. Toutefois, les divorcés remariés, malgré leur situation, continuent d'appartenir à l'Église, qui les suit avec une attention spéciale, désirant qu'ils développent, autant que possible, un style de vie chrétien, par la participation à la Messe, mais sans recevoir la Communion, par l'écoute de la Parole de Dieu, par l'adoration eucharistique et la prière, par la participation à la vie de la communauté, par le dialogue confiant avec un prêtre ou un guide spirituel, par le dévouement à la charité vécue et les œuvres de pénitence, par l'engagement dans l'éducation de leurs enfants.

Là où surgissent des doutes légitimes sur la validité du Mariage sacramentel qui a été contracté, il convient d'entreprendre ce qui est nécessaire pour en vérifier le bien-fondé. Il faut aussi s'assurer, dans le plein respect du droit canonique, de la présence sur le territoire de tribunaux ecclésiastiques, de leur caractère pastoral, de leur fonctionnement correct et rapide. Il importe qu'il y ait, dans chaque diocèse, un nombre suffisant de personnes préparées pour le bon fonctionnement des tribunaux ecclésiastiques. Je rappelle que c'est une obligation grave que le travail institutionnel de l'Église réalisé dans les tribunaux soit rendu toujours plus proche des fidèles. Il est cependant nécessaire d'éviter de comprendre la préoccupation pastorale comme si elle était en opposition avec le droit. On doit plutôt partir du présupposé que le point fondamental de rencontre entre le droit et la pastorale est l'amour de la vérité: cette dernière en effet n'est jamais abstraite, mais elle s'intègre dans l'itinéraire humain et chrétien de tout fidèle. Enfin, là où la nullité du lien matrimonial n'est pas reconnue et où des conditions objectives rendent de fait la vie commune irréversible, l'Église encourage ces fidèles à s'engager à vivre leur relation selon les exigences de la Loi de Dieu, comme amis, comme frère et sœur ; ils pourront ainsi s'approcher de la table eucharistique, avec les attentions prévues par la pratique éprouvée de l'Église. Un tel chemin, pour qu'il soit possible et qu'il porte du fruit, doit être soutenu par l'aide des pasteurs et par des initiatives ecclésiales appropriées, en évitant, dans tous les cas, de bénir ces relations, pour que ne surgissent pas chez les fidèles des confusions autour de la valeur du Mariage.

Vu la complexité du contexte culturel dans lequel vit l'Église dans beaucoup de pays, le Synode a aussi recommandé d'avoir le plus grand soin pastoral pour la formation des fiancés et pour la vérification attentive de leurs convictions concernant les engagements prescrits pour la validité du sacrement de Mariage. Un sérieux discernement à ce sujet pourra éviter que des élans émotifs ou des raisons superficielles conduisent les deux jeunes à assumer des responsabilités qu'ils ne sauront ensuite honorer. Le bien que l'Église et la société tout entière attendent du mariage et de la famille fondée sur lui est trop grand pour qu'on ne s'engage pas totalement dans ce domaine pastoral spécifique. Mariage et famille sont des institutions qui doivent être promues et garanties de toute équivoque possible quant à leur vérité, parce que tout dommage qui leur est causé constitue de fait une blessure pour la convivialité humaine comme telle.


Lire le texte intégral de l'Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis du Pape Benoît XVI  

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