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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 17:11

 

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5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 11:29

Dans cette remarquable vidéo, Arnaud Dumouch nous explique pourquoi la dénonciation des 19 "intellectuels" catholiques est sans fondement. Une réponse profondément évangélique.

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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 10:07

Je voudrais revenir sur les réflexions de notre lecteur athée.

Selon lui, la position raisonnable consiste à ne rien affirmer au-delà de la science ; à ne pas tenter de faire de la métaphysique ; à nier les raisons de croire en Dieu ; à nier Dieu ; et à accepter la mort.

Or, il me semble que c’est tout le contraire.

Si je suis un homme vraiment raisonnable, je vais aller jusqu’au bout de la raison. Or, qu’y a-t-il au bout de la raison ? Il y a la conviction qu’il existe des réalités qui dépassent la raison. Ce qui m’interdit d’affirmer péremptoirement tout ce que proclame notre lecteur. Comme l’écrivait Pascal : « La dernière démarche de la Raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent : elle n’est que faible si elle ne va pas jusqu’à connaître cela ».

Ne rien affirmer au-delà de la science ? Les scientifiques eux-mêmes reconnaissent que c’est absurde. Parce que la science connaît désormais ses limites. Elle sait qu’elle ne pourra jamais être le dernier mot de l’explication du monde ; qu’une partie du réel lui échappe. Pour comprendre le monde en ce qu’il nous échappe sur le plan scientifique, il faut donc aller au-delà de la physique. Or, au-delà de la physique, il y a la métaphysique.

Renoncer à tenter de faire de la métaphysique ? Mais pour quel sombre motif, puisque la raison même nous y invite ? Si la science a des limites, notre raison sans doute aussi. Mais pour les connaître, encore faut-il s’essayer à la discipline et voir ce qu’elle produit. Ce n’est qu’à la fin que je pourrai dire ce que la métaphysique m’aura appris de plus que la physique ; et que j’en connaîtrai vraiment les limites – comme c’est l’exploration scientifique menée jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à l’infiniment petit, qui me conduit aux frontières de la connaissance scientifique. On ne peut connaître les limites d’une discipline de pensée qu’en allant jusqu’au bout de ses possibilités. Ce n’est donc pas en renonçant à la métaphysique qu’on connaîtra les limites de la raison ; c’est au contraire en allant au bout de la métaphysique qu’on parviendra à la frontière ultime de la connaissance métaphysique – donc, de la connaissance rationnelle. Il n’existe aucune raison a priori de rejeter la métaphysique. Si celle-ci est menée de façon rigoureuse, c’est-à-dire : en appliquant la raison logique au réel scientifiquement exploré, sans préjugé ni paralogisme, alors elle donnera des résultats aussi satisfaisants, aussi convaincants, aussi probants que les sciences positives dans leur domaine.

Nier les raisons de croire en Dieu ? Mais pour quelle bonne… raison, puisque la métaphysique m’en fournit de nombreuses et de puissantes ? – c’est sans doute pour cela du reste que les athées la rejettent, puisqu’elle les réfute magistralement. Mais un homme raisonnable n’écarte pas une discipline rationnelle au seul motif qu’elle ne produit pas les résultats qu’il veut. En face du réel, il faut être humble et consentir à ce qu’il nous dépasse et ne se plie pas nécessairement à nos désirs.

Nier Dieu ? Mais pourquoi vouloir aussi péremptoirement clore le dossier, quand la science montre ses limites, légitime le travail métaphysique, lequel conduit irrésistiblement à Dieu – ou à tout le moins : à la forte probabilité de son existence ? Pourquoi vouloir rejeter Dieu absolument, alors que la raison ne peut se débarrasser de Lui sans rendre l’univers absurde et incompréhensible ? Peut être que l’absurdité est la loi véritable qui est à l’origine de ce monde et qui en préside aux destinées. Peut-être… Mais cela, la raison ne peut l’admettre – car si elle l’admettait, elle se détruirait elle-même, puisqu’elle est elle-même toute entière bâtie sur le principe d’identité (ou de non-contradiction) qui n’est autre que le refus de l’absurde.

L’homme raisonnable ne peut donc nier Dieu, ni détourner pudiquement la tête devant les raisons métaphysiques de croire en Lui. A l’absurde, il préférera le mystère. Mais puisque le mystère porte sur un Être qu’il perçoit comme créateur de l’intelligence et du langage, il aura l’espoir, parvenu aux frontières de la raison humaine, d’aller plus loin dans la connaissance de cet Être extraordinaire et unique si Celui-ci consent à se manifester à lui. Ce qu’il ne peut connaître de Dieu par lui-même, Dieu peut le lui faire connaître s’Il fait un pas vers lui. Et pourquoi ne le ferait-il pas ? C’est ainsi que nous sommes conduits aux religions.

L’homme raisonnable ne rejette pas avec dédain la religion. L’homme raisonnable, qui pense l’univers, est conduit par l’activité scientifique à reconnaître la pertinence de la métaphysique ; puis par la métaphysique, la légitimité des religions – comme un nouveau lieu d’exploration rationnelle, à la recherche du Dieu Créateur que sa raison lui a manifesté et que rien n’interdit de penser a priori qu’Il se soit révélé directement aux hommes pour entrer en dialogue avec eux et leur dévoiler le secret de Son projet pour l’humanité qu’Il a créée.

Accepter la mort ? Pourquoi pas après tout ? Ce n’est pas parce que Dieu existe que nous ne sommes pas voués au néant éternel. Mais Dieu nous a-t-il fait pour le néant éternel ? Est-il raisonnable de le penser ? Qui est-Il donc pour nous donner ce trésor qui est la vie, et pour nous le reprendre ensuite ? Qu’est-ce que cela voudrait dire ?

On peut certes utiliser ces questions comme un moyen de dire : « Vous voyez, tous vos raisonnements sur Dieu conduisent à une impasse. La seule chose dont nous sommes sûrs est qu’à la fin, nous allons tous mourir. Acceptons donc cette issue fatale – la dimension tragique de nos existences – et vivons comme nous le pouvons l’instant présent. » Mais l’homme raisonnable qui a découvert l’existence de Dieu doit-il se résigner à ce constat désenchanté ? N’est-il pas conduit au contraire à interroger Dieu Lui-même sur le sens de son existence ? Là, non seulement la religion se présente comme un chemin possible de connaissance, mais elle devient un chemin nécessaire. Car la physique et la métaphysique le laisseront seul avec ses questions existentielles. Ce que le savoir humain ignore, Dieu le sait. C’est donc Lui qu’il faut interroger. Et pourquoi ne le pourrions-nous pas ? Pourquoi ne répondrait-Il pas ? Il me paraît légitime de se poser ces questions et de rechercher dans l’histoire des religions s’il existe quelque trace quelque part d’une réponse divine aux grandes interrogations existentielles de l’homme.

Or, parmi toutes les religions de la terre, une seule affirme qu’un homme, assassiné publiquement dans des conditions atroces, mort et enseveli, est revenu à la vie – dans une condition similaire, mais autre en même temps : une condition nouvelle, inaccessible à la mort. Un homme à la prétention folle – unique dans l’histoire des religions : celle d’être Dieu. « Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga (…) Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers. » (Ap 1.8) Et il affirme posséder le pouvoir de communiquer aux hommes la vie éternelle : « La volonté de Celui qui m’a envoyé est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. » (Jn 6. 39) Il déclare ainsi détenir les clefs qui ouvrent aux hommes les portes de l’éternité : « Ne crains pas. Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant : j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles ; je détiens les clés de la mort et du séjour des morts. » (Ap 1. 17-18)

Cet homme aux prétentions exorbitantes, c’est Jésus, un israélite ayant vécu à dans une petite bourgade de Galilée, Nazareth, il y a plus de 2000 ans, et qui s’est présenté comme envoyé de Dieu et comme Dieu Lui-même. Il a ainsi levé le voile sur une part du mystère de l’Être de Dieu – un mystère d’amour que les théologiens chrétiens ont qualifié de « trinitaire ». Il a ouvert aussi une brèche dans notre finitude humaine en surmontant lui-même la mort - « Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus de pouvoir. » (Rm 6. 9). Et il nous assure que la volonté de Dieu est que nous vivions éternellement : « Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn 6. 40).

Si la raison humaine nous conduit de la science à la métaphysique ; puis de la métaphysique aux religions ; et si parmi les religions, il en est une qui m’informe que la mort a trouvé son Maître et qu’elle ne sera pas le dernier mot de ma vie ; qu’il existe une vie éternelle qui concerne tout mon être – mon corps tout autant que mon âme – ; une vie de communion d’amour avec Dieu Lui-même et avec tous nos frères humains régénérés par la grâce (« Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux » Ap. 21. 3) ; une vie débarrassée de toutes souffrance et de tous ces maux qui nous faisaient douter ici-bas de l’existence même Dieu (« Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car le monde ancien aura disparu. » Ap 21. 4) ; pourquoi refuserais-je a priori d’y croire ? Puisque nous sommes tous condamnés à mourir, et à voir mourir un à un tous ceux que nous aimons, n’est-il pas utile, nécessaire, urgent même de rechercher si la mort est l’issue finale de nos existences ? Va-t-on reprocher à un homme qui se noie de chercher l’oxygène ? Va-t-on lui objecter que sa recherche de l’oxygène n’est pas légitime parce qu’elle répond à un désir de vivre dont il est douteux qu’il doive être satisfait - parce qu'il est douteux que ce qui est "trop beau" soit vrai? Cet instinct de survie qui habite au-dedans de nous ne nous révèle-t-il pas au contraire ce pour quoi nous sommes faits? ne nous oriente-t-il pas vers un Oxygène réel, céleste, qui nous attire tel un aimant - et qui représenterait une issue véritable à cette impasse mortelle qui nous attend ?

Je ne dis pas que le christianisme est vrai au seul motif qu’il nous propose une vie éternelle complète (corps et âme) qui seule nous satisfasse entièrement. Je disais plus haut que l’homme raisonnable doit être humble devant la réalité et consentir à ce que celle-ci ne se plie pas à ses volontés. Mais je dis que là où il y a de la lumière, il est légitime d’aller – et d’aller d’abord. Car il est légitime d’espérer vivre éternellement s’il existe le moindre espoir. Or le christianisme nous offre cet espoir. Et en vérité, il est le seul. Car le judaïsme est nébuleux ; l’islam effrayant avec son Dieu intransigeant et irascible ; l’hindouisme et le bouddhisme dissolvants – puisque notre être actuel cessera d’exister pour devenir un autre tout différent (nous-même, avec notre corps, notre conscience personnelle, ne serons plus).

Alors, peut-être que le néant éternel nous attend tous au bout de l’aventure humaine – ou quelque autre issue décevante préconisée par d’autres religions. Mais peut-être pas. S’il existe un espoir quelconque d’un salut personnel, corps et âme, et d’une transfiguration du monde actuel en un monde plus beau où tout ne sera qu’amour, vie, joie et communion avec ceux que nous aimons, il me paraît raisonnable de chercher à l’explorer en allant jusqu’au bout de l’expérience. Peut-être qu’on se heurtera à une impasse. Mais peut-être pas. On ne pourra le savoir qu’en s’engageant soi-même sur la route pour voir où elle mène. Il me paraît bien peu raisonnable en tous les cas de traverser cette existence sans explorer ce chemin – le seul en vérité – qui puisse combler nos espérances les plus folles. Imaginez que cela soit vrai et que notre refus de croire nous ferme la porte à cette vie bienheureuse à laquelle nous aspirons (que nous nous l’avouions ou non) ? Comme il serait dommage de passer à côté de notre vie éternelle. D’autant plus dommage si l’alternative n’est pas le néant éternel mais l’enfer éternel dont parle Jésus et son Eglise. Notre éternité est en jeu et nous ne réfléchirions pas sérieusement à tout cela ? Fort bien – mais comment pourrions-nous alors nous prétendre des hommes raisonnables ?

Dans notre quête de vérité sur la route de l’Evangile – si d'aventure nous consentions nous y engager –, nous ne serons pas seuls. Nous découvrirons des frères en chemin comme nous. Certains qui vivent des expériences fortes de Dieu – et qui en témoigneront ; d’autres qui seront habités par des interrogations et le doute mais qui nous ferons profondément réfléchir. Nous découvrirons la parole de Dieu et sa force de pénétration incomparable ; les sacrements de l’Eglise et leur puissance de transformation de l’âme humaine (le baptême, la confession, l’eucharistie, la confirmation…) ; des prêtres de lumière aussi, des religieux et des religieuses qui nous édifieront par leurs enseignements et leur manière d’être – leur vie donnée ; nous rencontrerons des lieux où la grâce surnaturelle s’est manifestée de manière extraordinaire dans l’histoire (par des apparitions ou des miracles) et qui continuent de répandre aujourd'hui la lumière d’en-haut ; nous découvrirons des penseurs de grande qualité, qui nourriront nos intelligences – comme jamais personne d’autre dans le monde ; et nous cheminerons aussi avec nos frères et sœurs les saints qui sont au ciel, dont l’exemple de vie et l'invisible mais perceptible présence à nos côtés nous fera pressentir l’absolue vérité de l’Evangile. La vie prendra alors une toute autre saveur pour nous. Une saveur d’amour, de vérité joyeuse, d’éternité. Et nous pourrons croire vraiment – parce que nous en aurons vérifié intimement la vérité – dans cette merveille, cette Bonne Nouvelle que Jésus est venue annoncer aux hommes et que l’Eglise proclame à sa suite depuis plus de 20 siècles : Dieu existe ; Dieu nous aime ; Dieu nous a fait pour la vie – et la vie éternelle ; cette vie est en son Fils, Jésus-Christ, mort et ressuscité pour notre salut. Quiconque écoute sa parole et croit en lui obtient la vie éternelle « et il échappe au jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie. » (Jn 5. 24)

Voulez-vous vivre éternellement et échapper au jugement de Dieu sur le péché du monde ? Dieu nous en donne le moyen. Ce moyen, c’est son Fils : Jésus-Christ. Il est notre sauveur et notre Dieu. Il est la porte du Ciel : « Moi, je suis la porte, dit Jésus. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. » (Jn 10. 9)

A tous ceux qui refusent de croire et préfèrent "accepter la mort" comme notre lecteur athée, Dieu redit ce qu'il disait jadis à son peuple : « Pourquoi vouloir mourir, maison d’Israël ? Je ne prends plaisir à la mort de personne, – oracle du Seigneur Dieu – : convertissez-vous, et vous vivrez. » (Ez 18. 31-32)

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23 avril 2019 2 23 /04 /avril /2019 12:16

 "Je te bénis pour m’avoir jugé digne de ce jour et de cette heure, digne d’être compté au nombre de tes martyrs ... Tu as gardé ta promesse, Dieu de la fidélité et de la vérité. Pour cette grâce et pour toute chose, je te loue, je te bénis, je te glorifie par l’éternel et céleste Grand Prêtre, Jésus-Christ, ton enfant bien-aimé. Par lui, qui est avec Toi et l’Esprit, gloire te soit rendue, maintenant et dans les siècles à venir. Amen"
Saint Polycarpe

Le 19 avril 2019, Vendredi saint, quelques jours avant le massacre du jour de Pâques au Sri Lanka (320 morts, dont au moins 45 enfants et adolescents, et environ 500 blessés), une statue de Notre-Dame s'est mise à pleurer à l'église Saint-Philippe-Neri de Katukurunda (Kalutara, Sri Lanka).

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort.

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22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 17:40

Extrait de l'homélie prononcée par le père Ludovic Frère, recteur du sanctuaire Notre Dame du Laus, le dimanche de Pâques 21 avril 2019

Que leur est-il donc arrivé ? Voici quelques heures à peine, les disciples de Jésus étaient encore tous cachés. Ils craignaient pour leur peau. Leur chef avait même renié son maître : « je ne connais pas cet homme ». Mais maintenant, lui et tous les autres proclament qu’il est ressuscité et bientôt ils le payeront de leur vie.

Oui, mais pour quels fruits ! Partie d’un petit groupe d’hommes comme les autres, la nouvelle de la résurrection du Christ se répandra sur tous les continents. Et si nous sommes facilement enclins à regarder du côté des chiffres qui baissent, reconnaissons comme il est formidable qu’une nouvelle, partie de 11 hommes hésitants, ait pu gagner la terre entière, jusqu’au bout du monde et dans chacun de nos villages.

La Bonne Nouvelle de la résurrection du Christ est venue habiter nos cœurs, nos amours et nos fêtes. Elle a fait sortir de terre des cathédrales monumentales, comme notre chère basilique Notre-Dame de Paris. Dans nos villes et nos campagnes, cette Bonne Nouvelle a aussi planté des églises et des chapelles, des monastères… et des sanctuaires ! Elle a façonné notre droit et nos institutions. Elle a révolutionné les relations au niveau mondial. Elle a bouleversé la spiritualité et promu la dignité humaine comme jamais auparavant.

Alors, la question se pose : qu’est-il arrivé à cette poignée de Galiléens ?

Serait-ce un coup de génie pour transformer la défaite en succès ? La plus grande des fake news de l’histoire aurait été inventée par des pêcheurs de Galilée… on peine à le croire, vous ne trouvez pas ? Leur déception les aurait conduits à élaborer rapidement une histoire mettant en cohérence - et accomplissant absolument - toute la Parole de Dieu déployée sur plus de 15 siècles… Ils cachaient bien leur jeu, ces savants déguisés en pêcheurs ! Eux, dont on ignorait aussi les compétences de psychologues et de philosophes, auraient réussi à concevoir en moins de 48 heures un système de pensée répondant à toutes les aspirations du cœur humain. Alors là, chapeau !

Ces hommes méritent le Prix Nobel pour leur intelligence, un César pour leur jeu d’acteurs et la légion d’honneur pour avoir inventé une religion qui sortira tant d’hommes et de femmes de la misère ! Quel génie de la part de quelques hommes dont les évangiles ne cachent pas qu’ils étaient souvent bien lents à comprendre !

Et puis, rappelez-vous : voici peu de temps encore, ils se comparaient les uns les autres pour savoir lequel d’entre eux était le plus grand, le meilleur, le préféré. Aujourd’hui, les voilà transformés en serviteurs de la plus grande Bonne Nouvelle de l’histoire de l’humanité ! Leur petite personne n’importe plus, leurs projets, leur carrière, leur vie affective… tout est désormais subordonné à cette grande nouvelle.

Alors, que leur est-il arrivé ?

Si Pâques est une supercherie, c’est la plus extraordinaire qu’on n’ait jamais inventée. Mais un minimum de bon sens et d’honnêteté intellectuelle devrait nous faire reconnaître qu’il n’était pas possible à ces Galiléens d’inventer un système que 2000 ans de pensée humaine n’ont pas réussi à démonter. Bien au contraire : tout le génie mis en œuvre par la pensée, par l’art, par la charité aussi, n’ont fait que constater la cohérence de cette Bonne Nouvelle, sa sublime beauté ! Sa divine beauté !

Alors, que leur est-il arrivé, à ces pêcheurs de Galilée… sinon une rencontre, LA rencontre. La grande rencontre avec la Vie plus forte que la mort. LA grande rencontre avec Jésus ressuscité ! La rencontre avec Celui qui nous prend dans son mouvement de résurrection pour nous libérer éternellement. Entendons-le bien : la mort n’existe plus désormais. « Nous sommes ressuscités avec le Christ », nous a dit saint Paul dans la 2e lecture. « Nous sommes ressuscités » !

Ce jour de Pâques ne peut donc rester pour nous de l’ordre de la théorie, de l’événement extérieur, de la simple tradition. Nous ne sommes pas rassemblés ici pour partager une hypothèse et nous en convaincre davantage. Nous sommes ici pour célébrer et raviver notre rencontre avec le Ressuscité qui nous ressuscite !

(...) Venez donc à sa rencontre, acceptez de creuser en vous le désir de Le rencontrer. Dites-le Lui maintenant : « Christ ressuscité, je veux te rencontrer ». Dites-le Lui et laissez-Le faire. Il a traversé la porte du tombeau, il saura traverser vos éventuels réticences et manques de foi. Laissez seulement la puissance de sa résurrection habiter vos cœurs et renouveler vos intelligences ! Laissez-là irradier vos corps et restaurer vos relations avec les autres. Laissez la force du Ressuscité vous faire lâcher ce que vous tenez dans vos mains crispées : vos richesses et vos projets, vos inquiétudes et mêmes vos souffrances. Que tout soit maintenant visité par le Christ Ressuscité !

Frères et sœurs, cette Bonne Nouvelle, qui a totalement renversé les apôtres, ne peut pas nous effleurer seulement. Cette Bonne Nouvelle ne peut être étouffée par les bruits du monde et nos bruits intérieurs. Il faut la crier, la crier en nous, la crier à tous, la crier sans cesse : dans nos moments de joies comme dans nos épreuves, dans nos deuils comme dans nos succès. La proclamer à tout instant, dans la prière et dans le travail, dans les amours et dans la détente. En grandissant, en vieillissant, en souffrant. La proclamer sans cesse : « Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! »

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 06:00

 

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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 11:38

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 14:00

 

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 10:58

Homélie prononcée par Mgr Michel Aupetit lors de la Messe Chrismale célébrée en l'église Saint Sulpice, le 17 avril 2019

Notre chère cathédrale est à genoux. Nous savons bien qu’elle est bien autre chose qu’un tas de pierres. Toutes les réactions du monde entier le montrent. Car quelle est la différence entre un tas de pierres et une cathédrale ? C’est la même différence qu’entre un amas de cellules et une personne humaine. Un tas de pierres et un amas de cellules ne sont qu’un amoncellement informe. Dans une cathédrale ou une personne humaine, il y a un principe d’organisation, un principe d’unité, une intelligence créatrice. L’autre chose qui unit la cathédrale et la personne humaine, c’est l’onction qu’elles peuvent recevoir pour manifester une transcendance, une présence divine qui leur confère un caractère sacré.

Notre cathédrale Notre-Dame de Paris a reçu l’onction. En effet lors de son édification, l’autel a été chrismé, enduit de saint chrême. L’autel est le signe de la présence mystérieuse de Dieu, comme celui que Jacob construisit après sa vision des anges qui montent et descendent des cieux. Il appela ce lieu Béthel, qui signifie la maison de Dieu. L’autel, en effet, représente la présence de Dieu. La chrismation que nous faisons sur l’autel signifie la présence du Christ. Voilà pourquoi les prêtres le vénèrent en l’embrassant car c’est sur lui que se réalise le Saint Sacrifice rendu présent à chaque messe et qui sauve les hommes par le don d’amour que le Christ a fait une fois pour toutes sur la croix. C’est ce chemin de Pâques que nous célébrons à chaque Eucharistie : la mort et la Résurrection du Seigneur Jésus.

Les croix de ses murs ont été elles aussi enduites de cette huile sacrée, de cette huile que nous allons maintenant consacrer. Cette cathédrale est habitée par un peuple. Mais elle n’est pas seulement habitée par ceux qui prient ou qui la visitent. Elle est le vaisseau d’une présence. Elle est la maison de Dieu et c’est pourquoi elle est la maison de tous.

Mais nous savons surtout que notre Eglise, ce sont les pierres vivantes qui ont reçu l’onction. Ce peuple de fidèles qui, eux aussi, savent qu’ils sont le vaisseau d’une présence. Saint Paul le rappelle quand il dit aux chrétiens : « C’est vous le Temple de Dieu ».

Nous allons rebâtir la cathédrale. L’émotion mondiale, l’extraordinaire élan de générosité qu’a suscité l’incendie qui l’a en partie détruite, va nous permettre d’envisager son relèvement, nous pourrions parler en ces temps de Pâques de résurrection certaine. Mais il nous faut aussi relever l’Église. Que tous les baptisés qui ont reçu l’onction du Christ, prêtre, prophète et roi, retrouvent la ferveur de leur commencement, revivent de l’extraordinaire grâce qu’ils ont reçue un jour en devenant enfants de Dieu. Il faut aussi que l’onction qu’ils ont reçue à la Confirmation manifeste ce don plénier de l’Esprit-Saint qui est l’expression même de l’amour de Dieu. Elle doit les remplir de joie afin qu’ils construisent autour d’eux la civilisation de l’amour.

Que les prêtres, dont les mains qui touchent le corps et le sang du Seigneur ont été marquées par une onction sacrée, retrouvent le sens profond de cette suite du Christ auquel ils ont donné leur vie pour, comme lui, servir et non pas être servis. Que le seul pouvoir qu’ils possèdent jamais soit celui-là même du Christ qui donne sa vie pour ceux qu’il aime. Je sais, mes frères prêtres, que c’est ce que vous vivez déjà et que c’est cela qui fait votre joie. Et vous, frères diacres, rappelez-nous toujours par votre vie et le don de vous-mêmes dans ce service que nous sommes tous d’humbles serviteurs, en particulier ceux qui ont pour mission de nous guider en étant configurés au Christ Bon Pasteur, c’est-à-dire nous les évêques. Et vous, chers consacrés, soyez les prophètes du monde à venir.

Ensemble, frères et sœurs, avec le don de l’Esprit-Saint qui nous vient du Père par le Fils, nous rebâtirons notre Église. Confions-nous aussi à Notre Dame qui est toujours debout, même au pied de la Croix, où son fils nous l’a confiée et nous a confiés à elle, la Sainte Vierge Marie, la toute belle : Oui, Notre-Dame de Paris, priez pour nous.

Mgr Michel Aupetit,
archevêque de Paris

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 11:21

Après le terrible incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris ce lundi soir, le père Guillaume de Menthière, qui prêchait cette année les conférences de carême dans la cathédrale, nous fait part de sa réaction dans un texte magnifique.

Cette nuit n’était pas faite pour dormir. A la vue de Notre-Dame en flammes, l’émotion était trop forte, la tristesse trop intense, la prière trop nécessaire. Et dire que j’étais encore la veille prêchant sous ces voûtes millénaires où je fus ordonné il y a bientôt trente ans ! Je ne puis vous exprimer la peine qui me gagne à la pensée de cet écrin de tant de nos souvenirs heureux disparu en fumée…

Vous avouerais-je pourtant qu’à la consternation a très vite fait place en moi une sorte de reconnaissance subjuguée ? Des propos que j’avais toujours désiré entendre ont semblé jaillir comme par miracle de ce funeste événement. Au cours de ces heures angoissées, il m’a semblé, en effet, sentir le vieux coq Gaulois se réveiller de sa torpeur.

Que de magnifiques paroles unanimes les médias n’ont-ils pas relayées de manière persistante et ininterrompue ! De la part de touristes, de badauds, de journalistes, d’hommes politiques, d’ecclésiastiques, d’esthètes, de pompiers,… Des gens de tous âges, de toutes conditions, de toutes origines et de toutes croyances… Une mystérieuse communion semblait régner enfin sur ce peuple de France dont les mois écoulés avaient si tristement montré au monde le morcellement et les fractures. Cette unité qu’un message présidentiel, prévu le même soir, n’aurait probablement pas réussi à renouer, Notre-Dame, la Vierge Sainte, l’accomplissait sous nos yeux éberlués. Et si c’était encore une fois l’intervention surnaturelle de la Mère de Dieu qui redonnait à notre cher et vieux pays l’élan de l’espérance ?

Bien sûr restent l’infinie douleur de voir ces ruines désolées, l’irréparable perte de tant d’œuvres d’art, et l’abattement devant la tache colossale de la reconstruction. Pourtant en cette Semaine Sainte qui débouche sur la victoire de Pâques, les chrétiens aiment à se redire que de tout mal, Dieu peut faire sortir un bien. De quel relèvement ce désastre est-il la promesse et l’amorce ? Ces pierres dont le Seigneur nous disaient hier encore qu’elles crieraient, ne les entendons-nous pas, encore fumantes, appeler au sursaut et à la foi ?

Père Guillaume de Menthière +

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