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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 10:07

Je voudrais revenir sur les réflexions de notre lecteur athée.

Selon lui, la position raisonnable consiste à ne rien affirmer au-delà de la science ; à ne pas tenter de faire de la métaphysique ; à nier les raisons de croire en Dieu ; à nier Dieu ; et à accepter la mort.

Or, il me semble que c’est tout le contraire.

Si je suis un homme vraiment raisonnable, je vais aller jusqu’au bout de la raison. Or, qu’y a-t-il au bout de la raison ? Il y a la conviction qu’il existe des réalités qui dépassent la raison. Ce qui m’interdit d’affirmer péremptoirement tout ce que proclame notre lecteur. Comme l’écrivait Pascal : « La dernière démarche de la Raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent : elle n’est que faible si elle ne va pas jusqu’à connaître cela ».

Ne rien affirmer au-delà de la science ? Les scientifiques eux-mêmes reconnaissent que c’est absurde. Parce que la science connaît désormais ses limites. Elle sait qu’elle ne pourra jamais être le dernier mot de l’explication du monde ; qu’une partie du réel lui échappe. Pour comprendre le monde en ce qu’il nous échappe sur le plan scientifique, il faut donc aller au-delà de la physique. Or, au-delà de la physique, il y a la métaphysique.

Renoncer à tenter de faire de la métaphysique ? Mais pour quel sombre motif, puisque la raison même nous y invite ? Si la science a des limites, notre raison sans doute aussi. Mais pour les connaître, encore faut-il s’essayer à la discipline et voir ce qu’elle produit. Ce n’est qu’à la fin que je pourrai dire ce que la métaphysique m’aura appris de plus que la physique ; et que j’en connaîtrai vraiment les limites – comme c’est l’exploration scientifique menée jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à l’infiniment petit, qui me conduit aux frontières de la connaissance scientifique. On ne peut connaître les limites d’une discipline de pensée qu’en allant jusqu’au bout de ses possibilités. Ce n’est donc pas en renonçant à la métaphysique qu’on connaîtra les limites de la raison ; c’est au contraire en allant au bout de la métaphysique qu’on parviendra à la frontière ultime de la connaissance métaphysique – donc, de la connaissance rationnelle. Il n’existe aucune raison a priori de rejeter la métaphysique. Si celle-ci est menée de façon rigoureuse, c’est-à-dire : en appliquant la raison logique au réel scientifiquement exploré, sans préjugé ni paralogisme, alors elle donnera des résultats aussi satisfaisants, aussi convaincants, aussi probants que les sciences positives dans leur domaine.

Nier les raisons de croire en Dieu ? Mais pour quelle bonne… raison, puisque la métaphysique m’en fournit de nombreuses et de puissantes ? – c’est sans doute pour cela du reste que les athées la rejettent, puisqu’elle les réfute magistralement. Mais un homme raisonnable n’écarte pas une discipline rationnelle au seul motif qu’elle ne produit pas les résultats qu’il veut. En face du réel, il faut être humble et consentir à ce qu’il nous dépasse et ne se plie pas nécessairement à nos désirs.

Nier Dieu ? Mais pourquoi vouloir aussi péremptoirement clore le dossier, quand la science montre ses limites, légitime le travail métaphysique, lequel conduit irrésistiblement à Dieu – ou à tout le moins : à la forte probabilité de son existence ? Pourquoi vouloir rejeter Dieu absolument, alors que la raison ne peut se débarrasser de Lui sans rendre l’univers absurde et incompréhensible ? Peut être que l’absurdité est la loi véritable qui est à l’origine de ce monde et qui en préside aux destinées. Peut-être… Mais cela, la raison ne peut l’admettre – car si elle l’admettait, elle se détruirait elle-même, puisqu’elle est elle-même toute entière bâtie sur le principe d’identité (ou de non-contradiction) qui n’est autre que le refus de l’absurde.

L’homme raisonnable ne peut donc nier Dieu, ni détourner pudiquement la tête devant les raisons métaphysiques de croire en Lui. A l’absurde, il préférera le mystère. Mais puisque le mystère porte sur un Être qu’il perçoit comme créateur de l’intelligence et du langage, il aura l’espoir, parvenu aux frontières de la raison humaine, d’aller plus loin dans la connaissance de cet Être extraordinaire et unique si Celui-ci consent à se manifester à lui. Ce qu’il ne peut connaître de Dieu par lui-même, Dieu peut le lui faire connaître s’Il fait un pas vers lui. Et pourquoi ne le ferait-il pas ? C’est ainsi que nous sommes conduits aux religions.

L’homme raisonnable ne rejette pas avec dédain la religion. L’homme raisonnable, qui pense l’univers, est conduit par l’activité scientifique à reconnaître la pertinence de la métaphysique ; puis par la métaphysique, la légitimité des religions – comme un nouveau lieu d’exploration rationnelle, à la recherche du Dieu Créateur que sa raison lui a manifesté et que rien n’interdit de penser a priori qu’Il se soit révélé directement aux hommes pour entrer en dialogue avec eux et leur dévoiler le secret de Son projet pour l’humanité qu’Il a créée.

Accepter la mort ? Pourquoi pas après tout ? Ce n’est pas parce que Dieu existe que nous ne sommes pas voués au néant éternel. Mais Dieu nous a-t-il fait pour le néant éternel ? Est-il raisonnable de le penser ? Qui est-Il donc pour nous donner ce trésor qui est la vie, et pour nous le reprendre ensuite ? Qu’est-ce que cela voudrait dire ?

On peut certes utiliser ces questions comme un moyen de dire : « Vous voyez, tous vos raisonnements sur Dieu conduisent à une impasse. La seule chose dont nous sommes sûrs est qu’à la fin, nous allons tous mourir. Acceptons donc cette issue fatale – la dimension tragique de nos existences – et vivons comme nous le pouvons l’instant présent. » Mais l’homme raisonnable qui a découvert l’existence de Dieu doit-il se résigner à ce constat désenchanté ? N’est-il pas conduit au contraire à interroger Dieu Lui-même sur le sens de son existence ? Là, non seulement la religion se présente comme un chemin possible de connaissance, mais elle devient un chemin nécessaire. Car la physique et la métaphysique le laisseront seul avec ses questions existentielles. Ce que le savoir humain ignore, Dieu le sait. C’est donc Lui qu’il faut interroger. Et pourquoi ne le pourrions-nous pas ? Pourquoi ne répondrait-Il pas ? Il me paraît légitime de se poser ces questions et de rechercher dans l’histoire des religions s’il existe quelque trace quelque part d’une réponse divine aux grandes interrogations existentielles de l’homme.

Or, parmi toutes les religions de la terre, une seule affirme qu’un homme, assassiné publiquement dans des conditions atroces, mort et enseveli, est revenu à la vie – dans une condition similaire, mais autre en même temps : une condition nouvelle, inaccessible à la mort. Un homme à la prétention folle – unique dans l’histoire des religions : celle d’être Dieu. « Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga (…) Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers. » (Ap 1.8) Et il affirme posséder le pouvoir de communiquer aux hommes la vie éternelle : « La volonté de Celui qui m’a envoyé est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. » (Jn 6. 39) Il déclare ainsi détenir les clefs qui ouvrent aux hommes les portes de l’éternité : « Ne crains pas. Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant : j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles ; je détiens les clés de la mort et du séjour des morts. » (Ap 1. 17-18)

Cet homme aux prétentions exorbitantes, c’est Jésus, un israélite ayant vécu à dans une petite bourgade de Galilée, Nazareth, il y a plus de 2000 ans, et qui s’est présenté comme envoyé de Dieu et comme Dieu Lui-même. Il a ainsi levé le voile sur une part du mystère de l’Être de Dieu – un mystère d’amour que les théologiens chrétiens ont qualifié de « trinitaire ». Il a ouvert aussi une brèche dans notre finitude humaine en surmontant lui-même la mort - « Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus de pouvoir. » (Rm 6. 9). Et il nous assure que la volonté de Dieu est que nous vivions éternellement : « Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn 6. 40).

Si la raison humaine nous conduit de la science à la métaphysique ; puis de la métaphysique aux religions ; et si parmi les religions, il en est une qui m’informe que la mort a trouvé son Maître et qu’elle ne sera pas le dernier mot de ma vie ; qu’il existe une vie éternelle qui concerne tout mon être – mon corps tout autant que mon âme – ; une vie de communion d’amour avec Dieu Lui-même et avec tous nos frères humains régénérés par la grâce (« Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux » Ap. 21. 3) ; une vie débarrassée de toutes souffrance et de tous ces maux qui nous faisaient douter ici-bas de l’existence même Dieu (« Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car le monde ancien aura disparu. » Ap 21. 4) ; pourquoi refuserais-je a priori d’y croire ? Puisque nous sommes tous condamnés à mourir, et à voir mourir un à un tous ceux que nous aimons, n’est-il pas utile, nécessaire, urgent même de rechercher si la mort est l’issue finale de nos existences ? Va-t-on reprocher à un homme qui se noie de chercher l’oxygène ? Va-t-on lui objecter que sa recherche de l’oxygène n’est pas légitime parce qu’elle répond à un désir de vivre dont il est douteux qu’il doive être satisfait - parce qu'il est douteux que ce qui est "trop beau" soit vrai? Cet instinct de survie qui habite au-dedans de nous ne nous révèle-t-il pas au contraire ce pour quoi nous sommes faits? ne nous oriente-t-il pas vers un Oxygène réel, céleste, qui nous attire tel un aimant - et qui représenterait une issue véritable à cette impasse mortelle qui nous attend ?

Je ne dis pas que le christianisme est vrai au seul motif qu’il nous propose une vie éternelle complète (corps et âme) qui seule nous satisfasse entièrement. Je disais plus haut que l’homme raisonnable doit être humble devant la réalité et consentir à ce que celle-ci ne se plie pas à ses volontés. Mais je dis que là où il y a de la lumière, il est légitime d’aller – et d’aller d’abord. Car il est légitime d’espérer vivre éternellement s’il existe le moindre espoir. Or le christianisme nous offre cet espoir. Et en vérité, il est le seul. Car le judaïsme est nébuleux ; l’islam effrayant avec son Dieu intransigeant et irascible ; l’hindouisme et le bouddhisme dissolvants – puisque notre être actuel cessera d’exister pour devenir un autre tout différent (nous-même, avec notre corps, notre conscience personnelle, ne serons plus).

Alors, peut-être que le néant éternel nous attend tous au bout de l’aventure humaine – ou quelque autre issue décevante préconisée par d’autres religions. Mais peut-être pas. S’il existe un espoir quelconque d’un salut personnel, corps et âme, et d’une transfiguration du monde actuel en un monde plus beau où tout ne sera qu’amour, vie, joie et communion avec ceux que nous aimons, il me paraît raisonnable de chercher à l’explorer en allant jusqu’au bout de l’expérience. Peut-être qu’on se heurtera à une impasse. Mais peut-être pas. On ne pourra le savoir qu’en s’engageant soi-même sur la route pour voir où elle mène. Il me paraît bien peu raisonnable en tous les cas de traverser cette existence sans explorer ce chemin – le seul en vérité – qui puisse combler nos espérances les plus folles. Imaginez que cela soit vrai et que notre refus de croire nous ferme la porte à cette vie bienheureuse à laquelle nous aspirons (que nous nous l’avouions ou non) ? Comme il serait dommage de passer à côté de notre vie éternelle. D’autant plus dommage si l’alternative n’est pas le néant éternel mais l’enfer éternel dont parle Jésus et son Eglise. Notre éternité est en jeu et nous ne réfléchirions pas sérieusement à tout cela ? Fort bien – mais comment pourrions-nous alors nous prétendre des hommes raisonnables ?

Dans notre quête de vérité sur la route de l’Evangile – si d'aventure nous consentions nous y engager –, nous ne serons pas seuls. Nous découvrirons des frères en chemin comme nous. Certains qui vivent des expériences fortes de Dieu – et qui en témoigneront ; d’autres qui seront habités par des interrogations et le doute mais qui nous ferons profondément réfléchir. Nous découvrirons la parole de Dieu et sa force de pénétration incomparable ; les sacrements de l’Eglise et leur puissance de transformation de l’âme humaine (le baptême, la confession, l’eucharistie, la confirmation…) ; des prêtres de lumière aussi, des religieux et des religieuses qui nous édifieront par leurs enseignements et leur manière d’être – leur vie donnée ; nous rencontrerons des lieux où la grâce surnaturelle s’est manifestée de manière extraordinaire dans l’histoire (par des apparitions ou des miracles) et qui continuent de répandre aujourd'hui la lumière d’en-haut ; nous découvrirons des penseurs de grande qualité, qui nourriront nos intelligences – comme jamais personne d’autre dans le monde ; et nous cheminerons aussi avec nos frères et sœurs les saints qui sont au ciel, dont l’exemple de vie et l'invisible mais perceptible présence à nos côtés nous fera pressentir l’absolue vérité de l’Evangile. La vie prendra alors une toute autre saveur pour nous. Une saveur d’amour, de vérité joyeuse, d’éternité. Et nous pourrons croire vraiment – parce que nous en aurons vérifié intimement la vérité – dans cette merveille, cette Bonne Nouvelle que Jésus est venue annoncer aux hommes et que l’Eglise proclame à sa suite depuis plus de 20 siècles : Dieu existe ; Dieu nous aime ; Dieu nous a fait pour la vie – et la vie éternelle ; cette vie est en son Fils, Jésus-Christ, mort et ressuscité pour notre salut. Quiconque écoute sa parole et croit en lui obtient la vie éternelle « et il échappe au jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie. » (Jn 5. 24)

Voulez-vous vivre éternellement et échapper au jugement de Dieu sur le péché du monde ? Dieu nous en donne le moyen. Ce moyen, c’est son Fils : Jésus-Christ. Il est notre sauveur et notre Dieu. Il est la porte du Ciel : « Moi, je suis la porte, dit Jésus. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. » (Jn 10. 9)

A tous ceux qui refusent de croire et préfèrent "accepter la mort" comme notre lecteur athée, Dieu redit ce qu'il disait jadis à son peuple : « Pourquoi vouloir mourir, maison d’Israël ? Je ne prends plaisir à la mort de personne, – oracle du Seigneur Dieu – : convertissez-vous, et vous vivrez. » (Ez 18. 31-32)

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