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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 12:33



Au matin du dimanche 28 mai 2006, le Pape Benoît XVI a rejoint le Parc de Blonie à Cracovie pour célébrer l’Eucharistie avec une large assemblée de plus d’un million de personnes dont beaucoup de jeunes restés depuis leur rencontre de la veille.

 



Au début de la deuxième année de mon pontificat, je suis venu en Pologne et à Cracovie poussé par un besoin du coeur, en tant que pèlerin sur les traces de mon Prédécesseur. Je voulais respirer l'air de sa patrie. Je voulais regarder la terre sur laquelle il naquit et où il grandit pour assumer l'inlassable service du Christ et de l'Eglise universelle. Je désirais tout d'abord rencontrer les hommes vivants, ses compatriotes, faire l’expérience de votre foi dont il a tiré sa sève vitale, et m'assurer que vous êtes solides en elle. Ici, je désire également prier Dieu de conserver en vous l'héritage de la foi, de l'espérance et de la charité que Jean-Paul II a laissé au monde, et tout particulièrement à vous (…).

 

Chers frères et soeurs, la devise de mon pèlerinage en terre polonaise, sur les traces de Jean-Paul II, est constituée par les paroles : "Demeurez fermes dans la foi!". L'exhortation contenue dans ces mots s'adresse à nous tous qui formons la communauté des disciples du Christ, elle s'adresse à chacun de nous.

 

La foi est un acte humain très personnel, qui se réalise en deux dimensions. Croire veut tout d'abord dire accepter comme vérité ce que notre esprit ne comprend pas entièrement. Il faut accepter ce que Dieu nous révèle sur lui-même, sur nous-mêmes et sur la réalité qui nous entoure, y compris la réalité invisible, ineffable, inimaginable. Cet acte d'acceptation de la vérité révélée, élargit l'horizon de notre connaissance et nous permet de parvenir au mystère dans lequel notre existence est plongée. Il n'est pas facile d'accepter que la raison possède cette limitation. Et c'est précisément là que la foi se manifeste dans sa deuxième dimension : celle de se confier à une personne – non pas à une personne ordinaire, mais au Christ. Ce en quoi nous croyons est important, mais encore plus important est Celui en qui nous croyons (…).

 

Croire signifie s'abandonner à Dieu, Lui confier notre destin. Croire signifie établir un lien très personnel avec notre Créateur et Rédempteur en vertu de l'Esprit Saint, et faire en sorte que ce lien soit le fondement de toute notre vie. 



Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 23:00




Le samedi 27 mai 2006, le Pape Benoît XVI a retrouvé quelque 600.000 jeunes réunis dans le Parc de Blonie à Cracovie.


 

Chers jeunes amis,

Je vous souhaite une cordiale bienvenue ! (…) Nous savons que lorsque "deux ou trois sont réunis au nom de Jésus, Il est là au milieu d'eux" (cf. Mt 18, 20). Mais vous êtes ici aujourd'hui bien plus nombreux! Je remercie chacun et chacune d'entre vous. Jésus est donc ici avec nous. Il est présent parmi les jeunes de la terre polonaise, pour leur parler d'une maison qui ne s'écroulera jamais, parce qu'elle est bâtie sur un roc. C'est la parole évangélique que nous venons d'écouter (cf. Mt 7, 24-27).

Chers amis, dans le coeur de chaque homme, il y a le désir d'une maison.
D'autant plus dans un coeur jeune, il y a une grande aspiration à posséder sa propre maison, qui soit solide, dans laquelle non seulement on puisse rentrer avec joie, mais où l'on puisse également recevoir avec joie tous ses invités. C'est la nostalgie d'une maison dans laquelle le pain quotidien soit l'amour, le pardon, le besoin de compréhension, dans laquelle la vérité soit la source d'où jaillit la paix du coeur. C'est la nostalgie d'une maison dont on puisse être fiers, dont on ne doive pas avoir honte et dont on ne doive jamais pleurer l'effondrement. Cette nostalgie n'est autre que le désir d'une vie pleine, heureuse, réussie. N'ayez pas peur de ce désir! Ne le fuyez pas! Ne vous découragez pas à la vue de maisons effondrées, de désirs évanouis, de nostalgies disparues. Le Dieu Créateur, qui place dans un jeune coeur l'immense désir du bonheur, ne l'abandonne pas ensuite dans la difficile construction de cette maison qui s'appelle la vie.

Mes amis, une question s'impose : "Comment construire cette maison?". C'est une question qui assurément a déjà résonné plusieurs fois dans votre coeur et qui y reviendra encore très souvent. C'est une question qu'il faut se poser à soi-même plus d'une fois. Chaque jour, elle doit être devant les yeux du cœur : comment construire cette maison qu'on appelle la vie? Jésus, dont nous venons d'entendre les paroles dans le texte de l'évangéliste Matthieu, nous exhorte à construire sur le roc. Ce n'est qu'ainsi, en effet, que la maison ne s'effondrera pas. Mais que veut dire construire sa maison sur le roc ?

Construire sur le roc veut dire avant tout : construire sur le Christ et avec le Christ. Jésus dit : "Ainsi quiconque écoute ces paroles que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme aisé qui a bâti sa maison sur le roc" (Mt 7, 24). Il ne s'agit pas de paroles vides de sens dites par le premier venu, mais des paroles de Jésus. Il ne s'agit pas d'écouter n'importe qui, mais d'écouter Jésus. Il ne s'agit pas d'accomplir une chose parmi tant d'autres, mais d'accomplir les paroles de Jésus.

Construire sur le Christ et avec le Christ signifie construire sur des fondations qui s'appellent l'amour crucifié.
Cela veut dire construire avec Quelqu'un qui, nous connaissant mieux que nous-mêmes, nous dit : "Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t'aime" (Is 43, 4). Cela veut dire construire avec Quelqu'un qui est toujours fidèle, même si nous manquons nous-mêmes de fidélité, parce qu'il ne peut pas se renier lui-même (cf. 2 Tm 2, 13). Cela veut dire construire avec Quelqu'un qui se penche constamment sur le coeur blessé de l'homme et dit : "Je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus" (cf. Jn 8, 11). Cela veut dire construire avec Quelqu'un qui, du haut de la croix, étend ses bras, pour répéter pour toute l'éternité : "Je donne ma vie pour toi, homme, parce que je t'aime". Construire sur le Christ veut dire, enfin, fonder sur sa volonté tous ses désirs, ses attentes, ses rêves, ses ambitions et tous ses projets. Cela signifie dire à soi-même, à sa propre famille, à ses amis et au monde entier mais surtout au Christ : "Seigneur, dans la vie je ne veux rien faire contre Toi, parce que tu sais ce qui est le mieux pour moi. Toi seul as les paroles de vie éternelle" (cf. Jn 6, 68). Mes amis, n'ayez pas peur de miser sur le Christ! Ayez la nostalgie du Christ, comme fondement de la vie ! Allumez en vous le désir de construire votre vie avec Lui et pour Lui ! Parce que celui qui mise tout sur l'amour crucifié du Verbe incarné ne peut pas perdre.

(…) Mes amis, que veut dire construire sur le roc? Construire sur le roc signifie également construire sur Quelqu'un qui a été rejeté. Saint Pierre parle à ses fidèles du Christ comme d'une "pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie, précieuse, auprès de Dieu" (1 P 2, 4). Le fait indéniable de l'élection de Jésus de la part de Dieu ne dissimule pas le mystère du mal, en raison duquel l'homme est capable de rejeter Celui qui l'a aimé jusqu'à la fin. Ce rejet de Jésus de la part des hommes, évoqué par saint Pierre, se prolonge dans l'histoire de l'humanité et arrive également jusqu'à nos jours. Il n'y a pas besoin d'un esprit très incisif pour s'apercevoir des multiples manifestations du rejet de Jésus, même là où Dieu nous a permis de grandir. Souvent Jésus est ignoré, il est tourné en ridicule, il est proclamé roi du passé, mais non d'aujourd'hui et encore moins de demain, il est remisé dans le placard des questions et des personnes dont on ne devrait pas parler à haute voix et en public. Si, dans la construction de la maison de votre vie, vous rencontrez ceux qui méprisent les fondations sur lesquelles vous êtes en train de construire, ne vous découragez pas ! Une foi forte doit traverser les épreuves ! Une foi vivante doit toujours croître. Notre foi en Jésus Christ, pour rester telle, doit souvent se mesurer à l'absence de foi des autres.


(…) Mes amis, permettez-moi d'insister : que veut dire construire sur le roc? Cela veut dire construire avec sagesse.
Ce n'est pas sans raison que Jésus compare ceux qui écoutent ses paroles et les mettent en pratique, à un homme sage qui a construit sa maison sur le roc. Il est stupide en effet de construire sur le sable, lorsqu'on peut le faire sur le roc, en ayant ainsi une maison en mesure de résister à toutes les tempêtes. Il est stupide de construire sa maison sur un terrain qui n'offre pas les garanties de résister dans les moments les plus difficiles. Qui sait ? peut-être est-il plus aisé de fonder sa vie sur les sables mouvants de sa propre vision du monde, de construire son avenir loin de la Parole de Jésus, et parfois même contre celle-ci. Il n'en demeure pas moins que celui qui construit de cette manière manque de prudence, parce qu'il veut se persuader lui-même et persuader les autres qu'aucune tempête ne se déchaînera dans sa vie, qu'aucune vague ne frappera sa maison. Etre sage signifie savoir que la solidité de la maison dépend des fondations. N'ayez pas peur d'être sages, c'est-à-dire n'ayez pas peur de construire sur le roc!

Mes amis, encore une fois : que veut dire construire sur le roc? Construire sur le roc veut dire également construire sur Pierre et avec Pierre.
Le Seigneur lui dit en effet : "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle" (Mt 16, 18). Si le Christ, le Roc, la pierre vivante et précieuse, appelle son apôtre une pierre, cela signifie qu'il veut que Pierre, et avec lui l'Eglise tout entière, soient le signe visible de l'unique Sauveur et Seigneur. Ici, à Cracovie, la ville bien-aimée de mon Prédécesseur Jean-Paul II, l'indication de construire sur Pierre et avec Pierre ne surprend certes personne. Aussi, je vous dis : n'ayez pas peur de construire votre vie dans l'Eglise et avec l'Eglise ! Soyez fiers de l'amour pour Pierre et pour l'Eglise qui lui est confiée. Ne vous laissez pas tromper par ceux qui veulent opposer le Christ et l'Eglise ! Il n'y a qu'un seul roc sur lequel il vaut la peine de construire sa maison. Ce roc est le Christ. Il n'y a qu'une seule pierre sur laquelle il vaut la peine de faire reposer toute chose. Cette pierre est celui à qui le Christ a dit : "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise" (Mt 16, 18). Vous, les jeunes, vous avez bien connu le Pierre de notre temps. C'est pourquoi n'oubliez pas que ni le Pierre qui nous observe à présent depuis la fenêtre de Dieu le Père, ni ce Pierre qui est maintenant devant vous, ni aucun des Pierre à venir ne sera jamais contre vous, ni contre la construction d'une maison durable sur le roc. Au contraire, il engagera son coeur et ses mains à vous aider à construire la vie sur le Christ et avec le Christ.

Chers amis, en méditant les paroles du Christ sur le roc comme fondation adéquate pour notre maison, nous ne pouvons manquer de relever que la dernière parole est une parole d'espérance. Jésus dit que, malgré le déchaînement des éléments, la maison ne s'est pas effondrée, parce qu'elle était fondée sur le roc. Dans cette parole il y a une extraordinaire confiance dans la force du fondement, la foi qui ne craint pas de démentis parce qu'elle est confirmée par la mort et la résurrection du Christ (…).

Soyez des témoins de l'espérance, de cette espérance qui ne craint pas de construire la maison de sa propre vie, parce qu'elle sait bien qu'elle peut compter sur le fondement qui ne s'effondrera jamais : Jésus Christ notre Seigneur.


 Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 16:46

Extrait du commentaire de l’Evangile du dimanche 7 octobre (Lc 17. 5-10), proposé par le père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale, et diffusé par l’Agence de Presse Zenith (sur zenith.org).


La foi a des significations nuancées. Je voudrais aujourd’hui considérer la foi dans son acception la plus commune et la plus élémentaire : croire ou ne pas croire en Dieu. Non pas la foi en fonction de laquelle on décide si l’on est catholique ou protestant, chrétien ou musulman, mais la foi en fonction de laquelle on décide si l’on est croyant, ou non croyant, croyant ou athée. Un texte de l’Ecriture dit : « Celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il se fait le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (He 11, 6). C’est le premier degré de la foi, sans lequel on ne peut en gravir d’autres.

Pour parler de la foi à un niveau aussi universel on ne peut pas se baser uniquement sur la Bible car cela n’aurait de valeur que pour nous chrétiens et, en partie pour les juifs, mais pas pour les autres. Heureusement, Dieu a écrit deux « livres » : l’un est la Bible et l’autre, la création. L’un est composé de lettres et de mots, l’autre de choses. Il n’est pas donné à tout le monde de connaître, ou de pouvoir lire le livre des Ecritures ; mais tous, où qu’ils vivent et quelle que soit leur culture, peuvent lire le livre de la création. La nuit, peut-être encore mieux que le jour. « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce… pour toute la terre en ressortent les lignes et les mots jusqu’aux limites du monde » (Ps 19, 5). Paul affirme : « Ce qu’il y a d’invisible depuis la création du monde se laisse voir à l’intelligence à travers ses œuvres » (Rm 1, 20).

Il est urgent de dissiper le malentendu très répandu selon lequel la science a désormais résolu le problème et expliqué le monde de manière exhaustive, sans qu’existe le besoin de recourir à l’idée d’un être extérieur, appelé Dieu. D’une certaine manière, la science nous rapproche aujourd’hui davantage de la foi en un créateur, que par le passé.
Prenons la fameuse théorie qui explique l’origine de l’univers par le Big Bang, ou la grande explosion initiale. En un milliardième de milliardième de seconde, on passe d’une situation où il n’y a encore rien, ni espace ni temps, à une situation où le temps a commencé, où l’espace existe, et dans une particule infinitésimale de matière, il y a déjà, en puissance, l’univers de milliards de galaxies tel que nous le connaissons aujourd’hui.

A qui affirme : « Cela n’a pas de sens de se poser la question de ce qu’il y avait avant cet instant, car il n’existe pas un ‘avant’ puisque le temps n’existait pas encore », je réponds : « Comment peut-on ne pas se poser cette question ? ». « Remonter dans l’histoire du cosmos, affirme-t-on encore, c’est comme feuilleter les pages d’un livre immense en commençant par la fin. Arrivé au début, on s’aperçoit que c’est comme s’il manquait la première page ». Je crois que c’est précisément sur cette première page manquante que la révélation biblique a quelque chose à dire. On ne peut pas demander à la science de se prononcer sur cet « avant » qui est en dehors du temps, mais celle-ci ne devrait pas non plus fermer le cercle en faisant croire que tout est résolu.

On ne prétend pas « démontrer » l’existence de Dieu, dans le sens que nous donnons communément à ce terme. Ici bas, nous voyons comme dans un miroir ou à travers une énigme, dit saint Paul. Lorsqu’un rayon de lumière entre dans une pièce, ce que l’on voit n’est pas la lumière elle-même, mais la danse de la poussière qui reçoit et révèle la lumière. C’est ce qui se passe avec Dieu : nous ne le voyons pas directement, mais nous voyons comme un reflet de Dieu dans la danse des choses. Ceci explique pourquoi seul le « saut » de la foi peut nous permettre d’atteindre Dieu.

© Innovative Media, Inc.

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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 11:46
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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 12:14


2. La seconde objection de Miky au sujet de la théologie naturelle est la suivante : quand bien même serait-elle débarrassée de tout préjugé concernant Dieu, de tout
a priori en faveur de son existence, ses conclusions ne sont pas convaincantes. Or, selon Miky : « Si Dieu existe et qu'il est tout-puissant, il peut, s'il veut que je crois en lui, faire en sorte que j'y crois. Puisque je ne crois pas en lui, c'est donc, ou bien qu'il ne souhaite pas particulièrement que je crois en lui, ou bien qu'il n'est pas tout-puissant. Le Dieu en lequel tu crois étant tout-puissant, alors s'il existe, il ne tient pas particulièrement à ce que je crois en lui. Tu vas me dire : "Oui mais Dieu respecte notre liberté". Cela n'a rien à voir. La vérité doit s'imposer à partir du moment où l'on applique la méthode adéquate pour la trouver et qu'elle est accessible. On n'a pas le choix d'y croire ou de ne pas y croire. Je n'ai pas le choix de croire que la Terre est plate, car cela s'impose à moi qu'elle est ronde. (…) [Si les arguments de la théologie naturelle] ne sont pas absolument convaincants et sont sujets à discussion, cela voudra dire que la démonstration en question n'en sera pas une. La vérité du théorème de Pythagore peut être démontrée. Cela veut dire qu'une fois vérifié que le raisonnement est correct, il n'y a plus matière à discussion. L'affaire est close. Connais-tu des religions en géométrie ? Non, bien sûr. Si les arguments de théologie naturelle sont encore discutés aujourd'hui, c'est que précisément, ils ne démontrent rien du tout... Vas-tu enfin l'admettre ? » (Cf. le fil de discussion de l'article "L'impuissance à accueillir la vérité est la maladie de la raison", commentaire n°11 et suivants).

Prenant pour exemple son cas personnel, Miky nous dit que « émotionnellement, je serais plutôt porté à croire, mais intellectuellement, aucun de tes arguments ne me satisfait. Donc j'en conclus qu'il n'y a pas de tels arguments objectifs et rationnels, et donc que Dieu, s'il existe, préserve à 100% ma liberté de croire. Mais cela veut dire aussi que la théologie naturelle est vaine. »

A ceci, je répondrais tout d’abord
que : OUI, Dieu nous laisse libre de croire en son existence ou pas.

Comme disait RV au sujet de la résurrection du Christ (mais le raisonnement peut tout à fait être transposé à l’existence de Dieu) : « Je pense qu'il est peut-être un peu maladroit de chercher absolument une preuve irréfutable de la résurrection de Jésus car Dieu travaille surtout dans la discrétion. Autrement dit, il laisse une place à ta liberté (de croire ou de ne pas croire). Si Dieu voulait absolument convaincre les hommes de la résurrection de son Fils, cela lui serait très simple. Il suffirait qu'il fasse entendre sa voix, du haut du ciel, et qu'il dise très fort : "C'est Dieu qui vous parle. Je voudrais dire à tous les hommes de tous les pays que Jésus est vraiment ressuscité. Le catholicisme n'est pas une supercherie". Il pourrait faire cela (puisqu'il peut tout). S'il ne le fait pas, c'est parce qu'il s'y prend autrement avec nous. Il laisse des signes suffisamment clairs pour que notre foi repose sur des bases solides, mais suffisamment discrets pour que personne ne puisse dire : "Je suis obligé (forcé, au sens négatif du terme) de croire. Il n'y a aucune place pour la réflexion et le cheminement personnel. La preuve s'impose à nous". Oui, voilà, je pense que c'est peut-être là l'explication : Dieu ne laisse pas de preuve qui s'impose (au sens négatif du terme) à l'homme. » (Le mystère Jésus, commentaire n°12).

Le Père François Varillon, grand théologien du siècle passé, n'écrivait pas autre chose :

"Dieu seul respecte absolument la liberté de l'homme. Il la crée : ce n'est pas pour la pétrifier ou la violer. C'est pourquoi jamais il ne crie ni n'impose. Il suggère, il propose, il invite. Il ne dit pas "Je veux", mais "Si tu veux..." Des expressions comme "commandements de Dieu", "volonté de Dieu" doivent être critiquées, comprises selon l'amour. Dieu ne reproche pas : il abandonne ce soin à notre conscience.
"Il est plus grand que notre coeur" (1 Jn 3. 20). Il reste caché pour n'être pas irrésistible ; son invisibilité est pudeur. Il ne veut pas que nous puissions le "prouver" de telle manière que notre raison soit contrainte. L'indiscrétion, incompatible avec la majesté, signifierait une extension de l'amour de soi : cela même que finalement nous discernons à la racine de nos impérialismes et de nos cléricalismes." (François Varillon, L'humilité de Dieu, Le Centurion 1974, page 91).

Tu ne vas pas t’en tirer comme ça ! me réplique alors Miky. Car « Je ne vois pas comment tu peux concilier les deux. A la fois dire que la métaphysique nous apporte des vraies certitudes quant à l'existence de Dieu, et en même temps affirmer que Dieu nous laisse libre de croire. C'est vouloir concilier la chèvre et le chou. Et que dire de la théologie naturelle ! Elle va contre les desseins de Dieu de préserver notre liberté de croire, puisque son but et de fournir des bonnes raisons de croire en Dieu... »

Sur la théologie naturelle, je renvoie à ce que j'écrivais la semaine dernière à ce sujet : à savoir que son but est de fournir des raisons de croire… aux croyants qui ont choisi librement, par la grâce de Dieu, de croire en Lui.

Sur la métaphysique, je dirais : OUI, elle nous apporte de vraies certitudes. Mais… il est vrai aussi que les vérités métaphysiques n'ont pas la même force contraignante que les vérités dans l'ordre physique.

D'où vient que les vérités métaphysiques n'aient pas la même force de persuasion que les vérités dans l'ordre physique?

Claude Tresmontant, un autre théologien du siècle passé, nous éclaire à ce sujet :

"L'humanité est travaillée par des passions si violentes qu'elle ne parvient pas à s'élever d'une manière unanime jusqu'à la considération du bien commun, et la soumission à ses exigences (...).

"Il est peut-être aisé de se mettre d'accord sur le fait que deux et deux font quatre, car cela nous est indifférent. Mais dès que les intérêts humains entrent en jeu, les passions se mêlent, comme on sait, à la recherche de la vérité.
Cela est vrai en science comme en politique et en philosophie.

"En science, les intérêts sont plus subtils. Mais l'histoire des sciences, l'histoire de la physique, de la biologie, de la médecine, montre que les passions jouent un rôle considérable dès lors qu'une découverte nouvelle, une théorie révolutionnaire, vient mettre en question un acquis, un enseignement reçu, des structures mentales habituelles, une vérité que l'on croyait inébranlable. Chaque découverte importante a provoqué, on le sait, une résistance violente de la part des docteurs de la Loi ancienne, aussi bien en physique qu'en astronomie, en chimie, en biologie, en médecine, en psychologie...

"En philosophie, les problèmes soulevés engagent tout l'homme. Les conclusions auxquelles on aboutira comportent des conséquences pratiques, concrètes. Elles seront susceptibles d'exiger des transformations dans la vie même du philosophe qui sera conduit à les reconnaître pour vraies.
Comment s'étonner dans ces conditions que les passions, les préférences secrètes, les hostilités inavouées, jouent un rôle dans la conduite du raisonnement, dans le choix des éclairages, dans l'appréciation des arguments?" (Claude Tresmontant, Comment se pose aujourd’hui le problème de l’existence de Dieu, Editions du Seuil, Livre de Vie, 1966, page 65).

Miky n’ayant pas jugé pertinente la référence à Claude Tresmontant, en raison de la sympathie suspecte que lui porte un Blogueur fantaisiste, je me permets de relever cette citation de Karl Jaspers, philosophe existentialiste allemand, qui reprend en substance la même idée :
« Que contrairement aux sciences, la philosophie sous toutes ses formes doive se passer du consensus unanime, voilà qui doit résider dans sa nature même. Ce que l’on cherche à conquérir en elle, ce n’est pas une certitude scientifique, la même pour tout entendement ; il s’agit d’un examen critique au succès duquel l’homme participe de tout son être. Les connaissances scientifiques concernent des objets particuliers et ne sont nullement nécessaires à chacun. En philosophie, il y va de la totalité de l’être, qui importe à l’homme comme tel ; il y va d’une vérité qui, là où elle brille, atteint l’homme plus profondément que n’importe quel savoir scientifique » (Karl Jaspers, Introduction à la philosophie, Librairie Plon, 10/18, 1981, page 6).

Ce caractère non contraignant de la démonstration n’est donc pas propre à la question de l’existence de Dieu. Elle s’étend en vérité à toutes les grandes questions de l’existence humaine.

Ainsi en est-il par exemple de l'Amour.

L'Amour existe-t-il? Oui, on le voit bien, on en fait soi-même l'expérience. Mais voilà : certains n'y croient pas... L'existence de l'Amour peut être démontrée de manière rationnelle à partir de la réalité objective (les mariages, les témoignages de ceux qui en vivent...), mais les arguments invoqués ne seront jamais absolument convaincants pour qui n’en aura pas fait soi-même l’expérience, et toujours sujets à discussion (à partir du chiffre des divorces, des témoignages contraires...).

Si on ne croit pas en l'amour, et que l’on rechigne de surcroît à en faire soi-même l'expérience, alors les choses se compliqueront quasi-irrémédiablement : on se donnera peu de chances de pouvoir un jour le rencontrer...

Eh bien, ainsi en est-il de l’existence de Dieu ! La démonstration reste objectivement convaincante, et suffit à donner de vraies certitudes (j'y renvoie mes lecteurs : http://totus-tuus.over-blog.com/article-7006879.html), mais elle n’est pas contraignante à la manière des vérités scientifiques rappelées par Miky
.

Ell
e est édifiante, mais non contraignante.

Comme pour l’Amour, elle emportera définitivement la conviction lorsqu’elle se trouvera confirmée par l’expérience personnelle.

« D'où je dois en déduire que la seule manière d'avoir la preuve de l'existence de Dieu est de le rencontrer soi-même. »
rétorque Miky.

Pas tout à fait : à moins d’une intervention divine fulgurante à la Saint Paul (toujours possible : Dieu est souverainement libre de se révéler aux hommes comme Il veut), ce sont bien plutôt en général les preuves de l’existence de Dieu qui vont nous conduire à tenter l’expérience de la foi, à rechercher la rencontre avec Dieu : pour tenter une expérience en effet, il faut avoir de bonnes raisons de la tenter. Mais c’est la seule expérience qui validera ces preuves en dernier ressort, et qui nous en révèlera toute la valeur ; c’est elle en définitive qui aura le dernier mot. Mais qu’y a-t-il d’étonnant à cela ? N’en est-il pas de même dans le domaine scientifique ?

En conclusion : Dieu, dans sa grande Sagesse nous donne les moyens de croire avec certitude en son existence, mais il ne nous y contraint pas ; là est son génie : de pouvoir nous communiquer une vraie certitude, sans que cette certitude nous écrase et ne s’impose à nous de l’extérieur avec la même force contraignante qu’une démonstration mathématique. Oui, c’est le génie de Dieu d’avoir permis qu’il en soit ainsi ; je dirais même plus : cela seul est digne de Lui.

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6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 08:53



Le samedi 27 mai 2006, le Pape Benoît XVI s’est rendu à Wadowice, ville natale du Pape Jean-Paul II. Le Saint Père y a rencontré, sur la place Rynek, les habitants de Wadowice. Il a alors prononcé un discours dont voici un très court extrait qu'il nous est bon de méditer, particulièrement en ce début du mois du Rosaire.

 




Jean-Paul II (…) rappela (…) lui-même à plusieurs reprises l'attachement profond des habitants de Wadowice à l'image locale de la Vierge du Perpétuel Secours, et l'usage de la prière quotidienne devant celle-ci des élèves du lycée, à l'époque.

Ce souvenir nous permet de connaître la source de la conviction que nourrissait Jean-Paul II : la conviction que Marie tient une place exceptionnelle dans l'histoire du salut et dans l’histoire de l'Eglise.

A cela était liée sa certitude que la Mère de Dieu tenait aussi une place exceptionnelle dans sa vie, ce qui s’est manifesté par un don total que résume sa devise "Totus Tuus". Il est resté fidèle à cette dévotion jusque dans les derniers instants de son pèlerinage terrestre.



Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI
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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 08:42

Le vendredi 26 mai 2006, le Pape Benoît XVI s’est rendu à la chapelle de Jasna Gora où l’attendaient les moines paulins, les Supérieur(e)s des Ordres religieux masculins et féminins et les représentants des séminaristes et des mouvements ecclésiaux.

En ce début du mois du Rosaire, comme il est bon d'entendre le Saint Père nous inviter tous à nous mettre à l'école de Marie.
 



Un grand nombre d'entre vous ici présents ont reconnu cet appel secret de l'Esprit Saint et ont répondu avec tout l'élan de leur coeur. L'amour pour Jésus, "répandu dans nos coeurs par le Saint Esprit qui nous fut donné" (cf. Rm 5, 5), vous a indiqué la voie de la vie consacrée. Ce n'est pas vous qui l'avez cherchée. C'est Jésus qui vous a appelé, vous invitant à une union plus profonde avec Lui.

Dans le sacrement du Saint Baptême, vous avez renoncé à Satan et à ses oeuvres et vous avez reçu les grâces nécessaires à la vie chrétienne et à la sainteté. A partir de ce moment est née en vous la grâce de la foi, qui vous a permis de vous unir à Dieu. Au moment de la profession religieuse ou de la promesse, la foi vous a conduits vers une adhésion totale au mystère du Coeur du Jésus, dont vous avez découvert les trésors. Vous avez alors renoncé à des choses agréables, à disposer librement de votre vie, à former une famille, à accumuler des biens, pour pouvoir être libres de vous donner sans réserve au Christ et à son Royaume. Vous rappelez-vous de votre enthousiasme lorsque vous avez entrepris le pèlerinage de la vie consacrée, en comptant sur l'aide de la grâce? Ayez soin de ne pas perdre votre élan originel, et laissez Marie vous conduire vers une adhésion toujours plus totale!

Chers religieux, chères religieuses, chères personnes consacrées! Quelle que soit la mission qui vous a été confiée, quel que soit le service monacal ou apostolique que vous accomplissez, conservez dans votre coeur le primat de votre vie consacrée. Que celle-ci ravive votre foi. La vie consacrée vécue dans la foi unit étroitement à Dieu, suscite les charismes et confère une fécondité extraordinaire à votre service.

Très chers candidats au sacerdoce! Quelle aide pouvez-vous tirer vous aussi de la réflexion sur la façon dont Marie apprenait de Jésus! Depuis son premier "fiat", à travers les années de la vie cachée, longues et ordinaires, tandis qu'elle éduquait Jésus, ou encore lorsque, à Cana en Galilée, elle sollicitait le premier signe ou enfin, lorsque, sur le Calvaire, au pied de la Croix, elle fixait Jésus, elle l'"apprenait" à chaque instant. D'abord dans la foi, puis dans son sein, elle avait accueilli le Corps de Jésus et lui avait donné le jour. Jour après jour, elle l'avait adoré, en extase, elle l'avait servi à travers un amour responsable, elle avait chanté dans son coeur le Magnificat.

Sur votre chemin et dans votre futur ministère sacerdotal, laissez-vous guider par Marie pour "apprendre" Jésus! Fixez votre regard sur Lui, laissez-Le vous former, pour être en mesure, un jour, au cours de votre ministère, de Le montrer à ceux qui s'approcheront de vous. Lorsque vous prendrez dans vos mains le Corps eucharistique de Jésus, pour en nourrir le Peuple de Dieu, et lorsque vous assumerez la responsabilité de cette part du Corps mystique qui vous sera confiée, rappelez-vous de l'attitude d'émerveillement et d'adoration qui caractérisa la foi de Marie. De même que, dans son amour responsable et maternel envers Jésus, elle conserva l'amour virginal empli d'émerveillement, ainsi, vous aussi, en vous agenouillant selon la liturgie au moment de la consécration, conservez dans votre âme la capacité d'émerveillement et d'adoration. Sachez reconnaître dans le Peuple de Dieu qui vous a été confié les signes de la présence du Christ. Soyez attentifs et sensibles aux signes de sainteté que Dieu vous fera voir parmi les fidèles. Ne craignez pas les devoirs et l'inconnu de l'avenir! Ne craignez pas que vous manquent les paroles ou de vous heurter à des refus! Le monde et l'Eglise ont besoin de prêtres, de prêtres saints.
 

Chers représentants des nouveaux Mouvements de l'Eglise! La vitalité de vos communautés est un signe de la présence active de l'Esprit Saint! C'est de la foi de l'Eglise et de la richesse des fruits de l'Esprit qu'est née votre mission. Mon souhait est que vous puissiez être toujours plus nombreux, pour servir la cause du Règne de Dieu dans le monde d'aujourd'hui. Croyez en la grâce de Dieu qui vous accompagne et apportez-la dans le tissu vivant de l'Eglise et de façon particulière là où ne peut arriver le prêtre, le religieux ou la religieuse. Les Mouvements auxquels vous appartenez sont multiples. Vous vous nourrissez de doctrines provenant des diverses écoles de spiritualité reconnues par l'Eglise. Vous profitez de la sagesse des saints, vous avez recours à l'héritage qu'ils ont laissé. Vous formez vos esprits et vos coeurs à partir des oeuvres des grands maîtres et des témoins de la foi, vous rappelant que les écoles de spiritualité ne peuvent pas être un trésor enfermé dans les bibliothèques des couvents. La sagesse évangélique, lue dans les oeuvres des grands saints et éprouvée dans sa propre vie, doit être apportée de façon mûre, non infantile et non agressive, dans le monde de la culture et du travail, dans le monde des médias et de la politique, dans le monde de la vie familiale et de la vie sociale. La preuve de l'authenticité de votre foi et de votre mission, qui n'attire pas l'attention sur soi, mais qui apporte réellement la foi et l'amour autour de soi, sera la comparaison avec la foi de Marie. Reflétez-vous dans son coeur. Demeurez à son école!

Lorsque les Apôtres, emplis de l'Esprit Saint, allèrent dans le monde entier annoncer l'Evangile, l'un d'entre eux, Jean, l'apôtre de l'amour, en particulier, "accueillit [Marie] chez lui" (cf. Jn 19, 27). Ce fut précisément grâce à son lien profond avec Jésus et Marie qu'il put insister de façon aussi efficace sur la vérité selon laquelle "Dieu est amour" (1 Jn 4, 8.16). J'ai voulu reprendre moi-même ces paroles au début de la première Encyclique de mon Pontificat : Deus caritas est! Cette vérité sur Dieu est la plus importante, la plus centrale. A tous ceux pour lesquels il est difficile de croire en Dieu, je répète aujourd'hui : "Dieu est amour". Chers amis, soyez vous-mêmes témoins de cette vérité. Vous le serez de façon efficace si vous vous mettez à l'école de Marie. Auprès d'elle, vous ferez vous-mêmes l'expérience que Dieu est amour, et vous transmettrez ce message au monde, avec la richesse et la variété que ce même Esprit saura susciter.

Loué sois Jésus-Christ.


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 08:53


Le vendredi 26 mai 2006, le Pape Benoît XVI s’est rendu à la chapelle de Jasna Gora où l’attendaient les moines paulins, les Supérieur(e)s des Ordres religieux masculins et féminins et les représentants des séminaristes et des mouvements ecclésiaux. Voici quelques extraits du discours prononcé par le Pape.

 

De même que les Apôtres avec Marie, "montèrent à la chambre haute" et là, "étaient assidus à la prière" (Ac 1, 12.14), ainsi, nous aussi, aujourd'hui, nous nous sommes réunis ici à Jasna Góra, qui est pour nous, en cette heure, la "chambre haute" où Marie, la Mère du Seigneur, se tient parmi nous. Aujourd'hui, c'est elle qui guide notre méditation; Elle nous enseigne à prier. C'est Elle qui nous indique comment ouvrir nos esprits et nos coeurs à la puissance de l'Esprit Saint, qui vient à nous pour que nous l'apportions au monde entier (…).

Très chers amis, nous avons besoin d'un moment de silence et de recueillement pour nous placer à son école, afin qu'Elle nous enseigne à vivre de la foi, à croître dans la foi, à rester en contact avec le mystère de Dieu dans les événements ordinaires, quotidiens de notre vie. Avec une délicatesse féminine et la "capacité d'harmoniser l'intuition pénétrante avec la parole de soutien et d'encouragement" (Jean-Paul II, Redemptoris Mater, n. 46), Marie a soutenu la foi de Pierre et des Apôtres au Cénacle et aujourd'hui, elle soutient ma foi et votre foi.

"En effet, la foi est un contact avec le mystère de Dieu"
, a dit le Saint-Père Jean-Paul II (Redemptoris Mater, n. 17), car croire "veut dire "se livrer" à la vérité même de la Parole de Dieu vivant, en sachant et en reconnaissant humblement "combien sont insondables ses décrets et incompréhensibles ses voies"" (Redemptoris Mater, n. 14). La foi est le don, qui nous a été donné à travers le baptême, qui permet notre rencontre avec Dieu. Dieu se cache dans le mystère : prétendre le comprendre signifierait vouloir le circonscrire dans nos concepts et dans notre savoir et le perdre ainsi de façon irrémédiable. Grâce à la foi, au contraire, nous pouvons ouvrir une brèche à travers les concepts, même théologiques, et nous pouvons "toucher" le Dieu vivant. Et Dieu, une fois touché, nous transmet immédiatement sa force. Lorsque nous nous abandonnons au Dieu vivant, lorsque dans l'humilité de l'esprit, nous avons recours à Lui, nous sommes envahis intérieurement comme par un torrent caché de vie divine. Combien il est important pour nous de croire dans la puissance de la foi, dans sa capacité d'établir un lien direct avec le Dieu vivant!

Nous devons prendre soin de la maturation de notre foi
, afin que celle-ci imprègne réellement tous nos comportements, nos pensées, nos actions et nos intentions. La foi a une place non seulement dans les états d'âme et dans les expériences religieuses, mais avant tout dans la pensée et dans l'action, dans le travail quotidien, dans la lutte contre soi-même, dans la vie communautaire et dans l'apostolat, car elle fait en sorte que notre vie soit imprégnée par la puissance de Dieu lui-même. La foi peut toujours nous ramener à Dieu, même quand notre péché nous en a éloigné.

Au Cénacle, les Apôtres ne savaient pas ce qui les attendait. Apeurés, ils étaient préoccupés par leur avenir. Ils étaient encore sous le coup de la stupéfaction provoquée par la mort et la résurrection de Jésus, et ils étaient angoissés d'être restés seuls après son ascension au ciel. Marie, "qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur" (cf. Lc 1, 45), assidue avec les Apôtres dans la prière, enseignait la persévérance dans la foi. Par son comportement tout entier, elle leur apportait la conviction que l'Esprit Saint, dans sa sagesse, connaissait bien le chemin sur lequel il les conduisait, et qu'on pouvait donc placer sa confiance en Dieu, Lui donnant sans réserve sa propre personne, ses talents, ses limites et son avenir.
 



Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 09:00
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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 08:51



Le vendredi 26 mai 2006, le Pape Benoît XVI a concélébré l’Eucharistie sur la Place Pilsudski à Varsovie avec les cardinaux, évêques, prêtres et 270.000 fidèles venus de Pologne et de nombreux pays. Voici quelques extraits de son homélie.

 


Je rends grâce au Seigneur qui m'a accordé de pouvoir venir aujourd'hui sur cette place historique. Ici, à la veille de la Pentecôte, Jean-Paul II prononça les paroles significatives de la prière : "Que descende ton Esprit. Et qu'il renouvelle la face de la terre!". Et il ajouta : "De cette terre!". En ce même lieu, fut donné le dernier salut, lors d'une cérémonie funèbre solennelle, au grand Primat de la Pologne, le Cardinal Stefan Wyszynski, dont nous rappelons en ces jours le XXVe anniversaire de la mort.

Dieu unit ces deux personnes non seulement à travers la même foi, la même espérance et le même amour, mais également à travers les mêmes événements humains, qui ont si profondément lié l'une et l'autre à l'histoire de ce peuple et de l'Eglise qui y vit. Au début de son Pontificat, Jean-Paul II écrivit au Cardinal Wyszynski : "Sur le Siège de Pierre, il n'y aurait pas ce Pape polonais qui aujourd'hui, rempli de la crainte de Dieu mais également de confiance, commence le nouveau pontificat, si n'avaient pas existé Ta foi, qui ne s'est pas pliée face à la prison et la souffrance, Ton espérance héroïque, Ta confiance entièrement donnée à la Mère de l'Eglise; s'il n'y avait pas eu Jasna Góra et toute cette période de l'histoire de l'Eglise dans notre patrie, liée à Ton service d'Evêque et de Primat" (Lettre de Jean-Paul II aux Polonais, 23 octobre 1978). Comment ne pas rendre grâce à Dieu pour ce qui a été réalisé dans votre patrie et dans le monde entier, au cours du Pontificat de Jean-Paul II ? Devant nos yeux ont eu lieu des changements de systèmes politiques, économiques et sociaux tout entiers. Dans plusieurs pays, les populations ont recouvré la liberté et le sens de la dignité. "N'oublions pas les exploits du Seigneur" (cf. Ps 78, 7).

(…) La foi, comme connaissance et profession de la vérité sur Dieu et sur l'homme, "naît de ce qu'on entend ; et ce qu'on entend, c'est l'annonce de la parole du Christ", dit saint Paul (Rm 10, 17). Au cours de l'histoire de l'Eglise, les Apôtres ont prêché la Parole du Christ en se préoccupant de la remettre intacte à leurs successeurs, qui à leur tour l'ont transmise aux générations successives, jusqu'à nos jours. Beaucoup de prédicateurs de l'Evangile ont donné leur vie précisément à cause de la fidélité à la vérité de la Parole du Christ. Et ainsi, de l'attention pour la vérité est née la Tradition de l'Eglise.

Tout comme dans les siècles passés, aujourd'hui aussi il existe des personnes ou des milieux qui, s'éloignant de cette Tradition, voudraient falsifier la Bonne Parole et rejeter de l'Évangile les vérités qui, selon eux, sont trop gênantes pour l'homme contemporain. Ils s'efforcent de créer l'impression que tout est relatif, que les vérités de la foi dépendent de la situation historique et du jugement humain. L'Église ne peut pourtant pas condamner au silence l'Esprit de vérité. Les successeurs des Apôtres, avec le Pape, sont responsables de la vérité de l'Évangile, et tous les chrétiens sont appelés à prendre sur eux une part de cette responsabilité en acceptant l'autorité de son enseignement. Chaque chrétien doit confronter ses propres idées avec les enseignements de l'Évangile et de la Tradition de l'Église pour respecter fidèlement la parole du Christ, même si elle est exigeante et humainement difficile à comprendre. Nous ne pouvons pas succomber à la tentation du relativisme ou de l'interprétation subjective et sélective des Saintes Écritures. Seule l'autorité de la vérité permet d'adhérer au Christ, qui est mort et ressuscité pour notre salut.

Le Christ dit en effet : "Si vous m'aimez...". La foi ne signifie pas seulement accepter un certain nombre de vérités abstraites à propos des mystères de Dieu, de l'homme, de la vie et de la mort, des réalités futures. La foi consiste en un rapport intime avec le Christ, un rapport fondé sur l'amour de Celui qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 11), jusqu'à l'offrande totale de lui-même.
"Or, la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs" (Rm 5, 8). Quelle autre réponse pouvons-nous donner à un amour aussi grand, sinon celle d'un coeur ouvert et prêt à aimer?

Mais que signifie aimer le Christ? Cela signifie avoir confiance en Lui également à l'heure de l'épreuve, Le suivre fidèlement également sur la Via Crucis, dans l'espérance que bientôt viendra le matin de la résurrection. En nous confiant au Christ, nous ne perdons rien, mais nous gagnons tout. Entre ses mains notre vie acquiert son sens véritable. L'amour pour le Christ s'exprime dans la volonté d'harmoniser sa propre vie avec les pensées et les sentiments de son Coeur. Cela se réalise à travers l'union intérieure fondée sur la grâce des Sacrements, renforcée par la prière, la louange, l'action de grâce et la pénitence incessantes. Sans oublier l'écoute attentive des inspirations qu'il nous transmet par sa Parole, par les personnes rencontrées et par les situations de la vie courante. L'aimer signifie mener avec lui un dialogue perpétuel, pour connaître sa volonté et l'accomplir avec ferveur.

Mais vivre sa propre foi comme un rapport d'amour avec le Christ signifie également être prêts à renoncer à tout ce qui constitue la négation de son amour. Voilà pourquoi Jésus a dit aux Apôtres : "Si vous m'aimez, vous observerez mes commandements". (…) Jésus nous a (…) montré avec une nouvelle clarté le centre unifiant des lois divines révélées sur le Sinaï, c'est-à-dire l'amour de Dieu et du prochain (…).

Chers Frères et Soeurs, la foi, l'adhésion au Christ, se révèle par l'amour qui décuple le bien que le Créateur a inscrit dans la nature de chacun et chacune de nous, dans la personnalité de chaque homme et dans tout ce qui existe au monde. Celui qui croit et qui aime devient ainsi le constructeur de la véritable "civilisation de l'amour" dont le Christ est le centre (…).

Restez forts dans la foi, transmettez-la à vos enfants, témoignez de la grâce, dont vous avez fait l'expérience de manière si abondante à travers l'Esprit Saint dans votre histoire.
 



Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

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