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18 février 2006 6 18 /02 /février /2006 17:00

[Nous poursuivons notre étude de l’Encyclique Deus Caritas Est du Pape Benoît XVI]

5. De ce regard rapide porté sur la conception de l’eros dans l’histoire et dans le temps présent, deux aspects apparaissent clairement, et avant tout qu’il existe une certaine relation entre l’amour et le Divin : l’amour promet l’infini, l’éternité – une réalité plus grande et totalement autre que le quotidien de notre existence.

Mais il est apparu en même temps que le chemin vers un tel but ne consiste pas simplement à se laisser dominer par l’instinct. Des purifications et des maturations sont nécessaires; elles passent aussi par la voie du renoncement. Ce n’est pas le refus de l’eros, ce n’est pas son «empoisonnement», mais sa guérison en vue de sa vraie grandeur.

[Beaucoup de nos contemporains s’érigent contre les interdits en matière sexuelle, et souhaiteraient pouvoir vivre une sexualité libérée de toute contrainte. L’interdit serait ainsi l’ennemi juré de la liberté. Mais c’est partir un peu vite du postulat, très rousseauiste, que la sexualité de l’homme serait naturellement harmonieuse et pacifique. Or, l’expérience prouve le contraire. Elle démontre que la sexualité recèle une force qui, livrée à elle-même, peut « emporter » l’être tout entier. L’homme doit donc s’efforcer de soumettre sa propre nature aux instances de sa volonté, selon le projet créateur de Dieu, afin d’humaniser cette nature sauvage et hostile, et en faire une offrande eucharistique au Seigneur.

« L'impureté vire si facilement à l'obsession! On finit par ne plus pouvoir penser à autre chose. (…) Le champ visuel de notre imagination tend à s'y réduire. Terrible rétrécissement de l'esprit! Ne va pas me dire que c'est sans retentissement dans la vie quotidienne (…). L'esprit est alors parasité par des images malsaines, telles des longueurs d'ondes brouillées par un émetteur pirate. Il est paralysé dans le déploiement de ses autres facultés. Le regard en prend un coup! Du visage au sexe, ton regard s'échappe, t'échappe : réflexe conditionné. Tu n'es même plus maître de tes yeux! Et tu ne t'en rends même plus compte (…)!

« Rien comme des actes sexuels ne marque autant la mémoire au fer rouge. Quantités d'événements de telle période de la vie peuvent être oubliés, mais eux, y sont rivés à jamais. Des décades plus tard, leurs images, lancinantes, te reviennent, avec une telle impétuosité, une telle fraîcheur, une telle vivacité; comme si c'était hier! Le passé s'y revit au présent. Là, tu touches du doigt à quel point la sexualité engage non seulement ton corps, mais ton être tout entier. En des profondeurs telles que rien ne peut venir l'en déraciner (…).

« Comprends-moi bien, il ne s’agit nullement de réprimer, de refouler, de sanctionner la sexualité. Mais bien au contraire de l’investir au maximum sur le point précis où elle peut être au service de l’amour et de la vie. Comme on canalise un torrent impétueux pour y construire une centrale électrique. Orienter, maîtriser l’énergie sexuelle pour en faire une source de feu et de lumière : d’amour et de joie. En évitant ses débordements destructeurs, tel un torrent à la fonte des neiges. »

(Père Daniel-Ange, « Ton corps fait pour l’amour », Le Sarment Fayard, 1988.)

« La chasteté comporte un apprentissage de la maîtrise de soi qui est une pédagogie de la liberté humaine. L’alternative est claire : où l’homme commande à ses passions et obtient la paix, ou il se laisse asservir par elles et devient malheureux (cf. Si 1, 22).

« La dignité de l'homme exige de lui qu'il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d'une contrainte extérieure.

« L'homme parvient à cette dignité lorsque, se délivrant de toute servitude des passions, par le choix libre du bien, il marche vers sa destinée et prend soin de s'en procurer réellement les moyens par son ingéniosité.»

(Catéchisme de l’Eglise catholique, § 2339)]

Cela dépend avant tout de la constitution de l’être humain, à la fois corps et âme.

L’homme devient vraiment lui-même, quand le corps et l’âme se trouvent dans une profonde unité ; le défi de l’eros est vraiment surmonté lorsque cette unification est réussie.

Si l’homme aspire à être seulement esprit et qu’il veut refuser la chair comme étant un héritage simplement animal, alors l’esprit et le corps perdent leur dignité. Et si, d’autre part, il renie l’esprit et considère donc la matière, le corps, comme la réalité exclusive, il perd également sa grandeur.

L’épicurien Gassendi s’adressait en plaisantant à Descartes par le salut: «Ô Âme !». Et Descartes répliquait en disant: «Ô Chair !».

Mais ce n’est pas seulement l’esprit ou le corps qui aime : c’est l’homme, la personne, qui aime comme créature unifiée, dont font partie le corps et l’âme. C’est seulement lorsque les deux se fondent véritablement en une unité que l’homme devient pleinement lui-même. C’est uniquement de cette façon que l’amour – l'eros – peut mûrir, jusqu’à parvenir à sa vraie grandeur.

Il n’est pas rare aujourd’hui de reprocher au christianisme du passé d’avoir été l’adversaire de la corporéité ; de fait, il y a toujours eu des tendances en ce sens. Mais la façon d'exalter le corps, à laquelle nous assistons aujourd’hui, est trompeuse. L’eros rabaissé simplement au «sexe» devient une marchandise, une simple «chose» que l’on peut acheter et vendre; plus encore, l'homme devient une marchandise. En réalité, cela n’est pas vraiment le grand oui de l’homme à son corps.

Au contraire, l’homme considère maintenant le corps et la sexualité comme la part seulement matérielle de lui-même, qu’il utilise et exploite de manière calculée. Une part, d’ailleurs, qu'il ne considère pas comme un espace de sa liberté, mais comme quelque chose que lui, à sa manière, tente de rendre à la fois plaisant et inoffensif.

En réalité, nous nous trouvons devant une dégradation du corps humain, qui n’est plus intégré dans le tout de la liberté de notre existence, qui n’est plus l’expression vivante de la totalité de notre être, mais qui se trouve comme cantonné au domaine purement biologique.

L’apparente exaltation du corps peut bien vite se transformer en haine envers la corporéité. À l'inverse, la foi chrétienne a toujours considéré l’homme comme un être un et duel, dans lequel esprit et matière s’interpénètrent l’un l’autre et font ainsi tous deux l’expérience d’une nouvelle noblesse.

Oui, l’eros veut nous élever «en extase» vers le Divin, nous conduire au-delà de nous-mêmes, mais c’est précisément pourquoi est requis un chemin de montée, de renoncements, de purifications et de guérisons

[La maîtrise de l’Eros n’est donc pas une atteinte à la liberté humaine, mais la condition même de son expression. En méditant sur ce 5e paragraphe de l’Encyclique du Pape, il me revient à l’esprit cette autre réflexion de Père Daniel-Ange, cité plus haut, au sujet de l’Eglise et de la sexualité : « Chaque avion reçoit un chenal de vol précis à l’intérieur duquel il peut naviguer librement, sans menace constante de collision. Eh bien ! La tour de contrôle qui t’aiguille et te donne les coordonnées de sécurité, c’est l’Eglise! »]

Pour de plus amples développements sur la question de la sexualité, voir le Site de l'Amour vrai. 

 

Texte intégral de l'Encyclique

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 09:42

«J'ai cherché Dieu, et je ne l'ai pas trouvé.

J'ai cherché mon âme, et je ne l'ai pas trouvée.

J'ai cherché le prochain, et j'ai trouvé Dieu, mon âme et le prochain.»

(Proverbe Chinois)

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15 février 2006 3 15 /02 /février /2006 22:14

La supplication n'est pas seulement une forme de prière parmi d'autres, à laquelle on pourrait ajouter la louange, la bénédiction, ou l'adoration, c'est la condition mêmeet la racine de toute relation de l'homme à Dieu.

Sans supplication, on peut prier vingt-quatre heures sur vingt-quatre, participer à l'Eucharistie, dire l'office, le chapelet ou la prière de Jésus, en fait, il n'y a pas de prière!

(...) C'est grave de se mettre à genoux : c'est plus extraordinaire que la résurrection d'un mort, dit saint Thomas, et c'est encore plus grave de refuser de prier. L'impossibilité de supplier nous condamne parce que c'est le fruit d'une attitude prise dans notre vie et qu'il y a en nous quelqu'un qui conteste et qui dit "non" à la supplication. Celui qui est à genoux espère et désire. Dans la vie spirituelle, il n'y a pas d'autre résolution pratique, et j'ai appris qu'il y a des situations où je suis incapable de donner d'autres conseils que la supplication.

Si quelqu'un me dit : "Je ne peux pas aimer, pardonner, et être chaste", je lui dis : "Suppliez". Et s'il me dit qu'il ne peux pas supplier, alors cette impossibilité le condamne.

(...) La résolution de supplier est beaucoup plus importante que le reste. Même à ceux qui font de la méditation contemplative ou de la concentration, le Christ peut dire à tout moment : "Tu n'as encore rien demandé en mon nom. Tu ne sais pas encore demander".

Il y a des gens qui font de belles méditations et ne supplient pas. Saint Alphonse de Liguori disait que dans l'oraison, la supplication (obsecratio) était la chose la plus importante. Passer de l'un à l'autre est beaucoup plus difficile qu'on ne le soupçonne. Il peut arriver qu'il y ait des religieux et des chrétiens qui n'aient jamais rien demandé, qui ne savent même pas ce que c'est et qui s'évertuent à dire "Merci" avant d'avoir dit "encore". Je l'ai maintes fois constaté dans les groupes de prière! C'est plus mystérieux et plus rare qu'on ne le pense.

Une fois, quelqu'un a entendu dans la prière la parole de Jésus : "Tu n'as encore rien demandé", et il a compris qu'il voulait obtenir par ses efforts ce qu'il ne voulait pas demander. Supplier, c'est attendre comme un mendiant qu'on veuille bien nous donner, sans aucun mérite de notre part.

(Jean Lafrance, "Le chapelet, un chemin vers la prière incessante", Mediaspaul, 1997, pages 52 à 56)

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14 février 2006 2 14 /02 /février /2006 21:23

[Nous poursuivons notre commentaire de l'Encyclique Deus Caritas Est.]

4. En est-il vraiment ainsi ? Le christianisme a-t-il véritablement détruit l’eros ?Regardons le monde pré-chrétien. Comme de manière analogue dans d’autres cultures, les Grecs ont vu dans l’eros avant tout l’ivresse, le dépassement de la raison provenant d'une «folie divine» qui arrache l’homme à la finitude de son existence et qui, dans cet être bouleversé par une puissance divine, lui permet de faire l’expérience de la plus haute béatitude.

Tous les autres pouvoirs entre le ciel et la terre apparaissent de ce fait d’une importance secondaire : «Omnia vincit amor», affirme Virgile dans les Bucoliques – l’amour vainc toutes choses – et il ajoute : «Et nos cedamus amori» – et nous cédons, nous aussi, à l’amour.

Dans les religions, cette attitude s’est traduite sous la forme de cultes de la fertilité, auxquels appartient la prostitution «sacrée», qui fleurissait dans beaucoup de temples. L’eros était donc célébré comme force divine, comme communion avec le Divin.

L’Ancien Testament s’est opposé avec la plus grande rigueur à cette forme de religion, qui est comme une tentation très puissante face à la foi au Dieu unique, la combattant comme perversion de la religiosité.

En cela cependant, il n’a en rien refusé l’eros comme tel, mais il a déclaré la guerre à sa déformation destructrice, puisque la fausse divinisation de l’eros, qui se produit ici, le prive de sa dignité, le déshumanise.

En fait, dans le temple, les prostituées, qui doivent donner l’ivresse du Divin, ne sont pas traitées comme êtres humains ni comme personnes, mais elles sont seulement des instruments pour susciter la «folie divine»: en réalité, ce ne sont pas des déesses, mais des personnes humaines dont on abuse.

C’est pourquoi l’eros ivre et indiscipliné n’est pas montée, «extase» vers le Divin, mais chute, dégradation de l’homme.

Il devient ainsi évident que l’eros a besoin de discipline, de purification, pour donner à l’homme non pas le plaisir d’un instant, mais un certain avant-goût du sommet de l’existence, de la béatitude vers laquelle tend tout notre être.

[Ce 4e paragraphe de l’Encyclique du Pape Benoît XVI est surprenant, car l’opposition de l’Ancien Testament aux cultes païens de la fertilité s’expliquerait, outre le motif usuellement invoqué de lutte contre toute idôlatrie susceptible de détourner le peuple de la « foi au Dieu unique », par le souci de la préservation de l’Eros ! Le Pape s’attaque ainsi à une conception déviée de l’Eros qui conduirait à une « perversion de la religiosité » ; il dénonce sa « déformation destructrice » et sa « fausse divinisation » qui conduirait à sa déshumanisation ! Ainsi, non seulement l’Eglise ne mépriserait pas l’amour humain dans cette acception d’Eros, mais elle s’en ferait le défenseur ! Combien d’idées reçues sur la position de l’Eglise en matière d’amour et de sexualité devraient tomber à la lecture de telles lignes !

Ce contre quoi le Pape s’élève dans ce document, ce n’est point l’Eros en tant que tel, mais un Eros « ivre et indiscipliné » qui conduit non à une montée (« extase ») vers le divin, mais à une « chute de l’homme ».

La pensée du Pape sur ce thème rejoint celle de Platon : « Dans les Lois, Platon fait l’éloge du plaisir, mais considère néanmoins comme faible et critiquable l’homme qui laisse le « tyran Eros » s’introniser dans son âme pour en gouverner, quotidiennement, tous les mouvements… » (J.-C. Guillebaud, « La tyrannie du plaisir », Editions du Seuil, 1998).

Et le Saint Père de citer le cas des prostituées « sacrées », qui ne sont en réalité que « des instruments pour susciter la folie divine » ; non des déesses, mais « des personnes humaines dont on abuse ».

Et voilà une seconde idée reçue qui s’effondre : celle de la prétendue misogynie de l’Eglise. A travers l’exemple anecdotique de ces prostituées, la Pape renvoie à l’attitude constante de l’Eglise vis-à-vis des femmes, que l’Eglise a dû défendre à certaines époques de l’histoire contre certaines mentalités issues des traditions humaines les mieux ancrées : que l’on songe ainsi, à titre d’exemple, au combat de l’Eglise contre la pratique du mariage « arrangé », au XIIe siècle, et à sa dénonciation de l'adultère... de l'homme : « Dans la société de l’époque, il n’est pas question pour un homme ou une femme de choisir son conjoint. Chez les nobles comme chez les paysans, et depuis des temps immémoriaux, ce sont les parents qui décident. En privilégiant le consentement individuel [en particulier de la femme, dont le libre consentement est placé au même niveau que celui de l'homme!] , l’Eglise fait œuvre subversive (…) La conception chrétienne du mariage apparaît comme d’autant plus subversive qu’elle se révèle, au sujet de certaines questions comme l’adultère, moins misogyne que le droit romain ou les coutumes germaniques. L’Eglise traite en effet les époux sur un pied d’égalité, et juge l’adultère du mari aussi répréhensible que celui de la femme. Dans l’optique laïque au contraire (et donc dans la société civile), c’est l’infidélité de la femme mariée qui seule compte : elle est jugée comme une menace contre l’équilibre de la famille, par l’intrusion possible d’enfants étrangers au sang de l’époux. » (J.-C. Guillebaud, « La tyrannie du plaisir », Editions du Seuil, 1998).

Une sexualité non réglée, non disciplinée, conduit donc nécessairement à une dégradation du corps, à une dévalorisation de la femme, conçue comme un simple « objet » sexuel (cf. la pornographie), à une « déshumanisation » de l’Eros, c’est-à-dire de l’amour naturel de l’homme et de la femme.

En prônant une juste conception de l’Eros, l’Eglise entend donc défendre l’honneur de la sexualité, l’honneur de l’amour humain entre l’homme et la femme, l’honneur du corps. Non seulement, on le voit, l’Eglise ne méprise pas le corps, mais elle en défend la grandeur et la dignité. Comment pourrait-elle d'ailleurs en faire autrement, lorsque son Seigneur Lui-même a pris chair de notre chair, conférant ainsi au corps humain une dignité nouvelle, une dignité toute… divine. C’est en cela certainement que le Pape se sépare de la pensée de Platon, pour qui dans le Giorgias, le corps est un « cachot pour l’âme ».]

 

Texte intégral de l'Encyclique

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12 février 2006 7 12 /02 /février /2006 15:40

 

Article revu et corrigé le 24 janvier 2019

Ainsi que je l’ai déjà écris, j’ai toujours cru en l’existence de Dieu.

Pour autant, je n’ai pas eu d’éducation religieuse par mes parents. Mon père était résolument athée, considérant toutes croyances comme autant de "superstitions". Ma mère était surtout soucieuse de mon éducation morale. Je lui dois beaucoup d’ailleurs ; sans elle, je serais certainement devenu un délinquant, à l’âge de l’adolescence en particulier où j’aurais vraiment pu basculer. Malgré cela : pas d’éducation spirituelle, pas d’éveil à la vie de prière, pas de discussions sur Dieu, sur la vie de Jésus ou sur l’Eglise, pas de pieuses lectures comme tant de familles chrétiennes où l’on se nourrit de la Parole de Dieu et de la vie des Saints.

Je n’en veux à personne, ni à mon défunt père à qui je dois d’avoir goûté la tendresse du Père des Cieux ; ni à ma chère mère qui a fortement contribué à ma construction humaine. Et d’autant moins que le Seigneur a finalement tout arrangé... :)

Je dois tout de même à mes parents de m’avoir inscrit dans une école privée catholique à Amiens où j’allais pour la première fois entendre parler de Jésus.

Les frères qui nous enseignaient étaient des gens tout à fait ordinaires. Habillés en civil, ils ne se distinguaient pas du reste du monde. Pour le petit garçon de 8 ans que j’étais, rien ne "détonnait" dans leur comportement. Je ne me suis même jamais posé la question de savoir pourquoi on les appelait "frères". Non, on les appelait comme ça, voilà tout. Certainement même que le mot "frère" était synonyme de "professeur". Certains étaient forts gentils avec moi, d’autres forts sévères. Tout comme les autres, qui n’étaient pas "frères". Bref, ce ne sont pas eux qui m’ont parlé de Jésus.

Les cours de catéchisme étaient vraiment formidables. C’était le seul moment où l’on pouvait chahuter dans la classe et s’envoyer des avions en papier sans se faire engueuler. Nous savions que la dame catéchiste "tendrait l’autre joue", et que la colère est un vilain péché. Pas de risque donc qu'elle s'emporte. Bref, ce n’est pas là que j’ai entendu parler de Jésus.

J’ai tellement peu entendu parler de Jésus dans cette école catholique que j’ai refusé de faire ma première communion quand l’occasion se présenta. J’étais alors très "idéaliste", et je voyais bien comment mes camarades vivaient la préparation de cet événement : les uns parlait avec des scintillements dans les yeux… de la jolie montre qui leur serait offerte, les autres du jeu électronique tant rêvé qui leur était promis ce jour-là. En mon for intérieur, j’étais révolté ; je ne me reconnaissais pas dans cette mascarade, je ne voulais pas y participer. Aussi, j’ai dit NON.

Parce que personne ne m’avait vraiment parlé de Jésus.

Personne… Sauf peut-être ce professeur de CM1, un jeune laïc de 35 ans, passionné de Jésus, qui nous en a parlé deux ou trois fois dans l’année, mais d’une manière telle que je l’ai jamais oublié.

Je me souviens en particulier d’un temps de réflexion sur le Saint Suaire de Turin, et d’un autre sur la crucifixion au cours duquel ce professeur nous expliquait la mort à petit feu et par asphyxie du condamné : "dans la position du crucifié, les muscles des épaules, pectoraux et intercostaux soutiennent le corps, et se fatiguent rapidement. Or, ces muscles sont ceux qui assurent la respiration. Pour les soulager, le condamné se soulève sur ses pieds encloués, créant une nouvelle douleur. Les muscles des jambes se fatiguent à leur tour et le corps retombe. Cette alternance entre blocage et détente respiratoire finit par créer des crampes conduisant à l'asphyxie. Pour accélérer la mort, les jambes du condamné sont brisées à la barre de fer (crurifragium). Le condamné ne peut plus alors se redresser et s'épuise rapidement." (Source : Wikipedia)

A une autre occasion (sans doute autour de Pâques), il nous projeta en salle audio-visuelle le film de Franco Zeffirelli : Jésus de Nazareth. De ce premier visionnage, j’ai été très marqué par la scène de la Croix sur laquelle Jésus, l’Innocent par excellence, meure ignominieusement dans la solitude et l’abandon. Déjà, la Croix de Jésus s’imprimait dans mon âme. Une grande affection naissait alors en moi pour cet homme qui avait tant souffert et tant aimé - jusqu’à ses bourreaux sur qui il implorait la Miséricorde du Père : "Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font"

(Je ne percevais pas à cette époque que Jésus il fût Dieu et j'ignorais qu’il fût ressuscité le troisième jour après sa mort – je devais penser à autre chose quand on m’en parla en cours de cathé... Pour moi, Jésus était un modèle, une référence, un "sommet de l’humanité" comme disait Gandhi. Mais il n’était qu’une grande figure de l’histoire, à l’image d’un Général de Gaulle, d’un Napoléon ou d’un Martin Luther King. C’est à l’âge de 25 ans que j’allais découvrir la vérité sur son identité et sur son œuvre – en une rencontre fulgurante avec lui, le Vivant.)

Ce jeune professeur laïc de CM1 ne saura sans doute jamais l’importance qu’il a eue dans ma vie de foi. Ce n’est même véritablement que maintenant que j’en prends moi-même conscience, rétrospectivement.

Un autre homme aura sans doute joué un rôle essentiel pour moi à cette époque : l’aumônier de l’Ecole. Là, c’était surprenant. Autant les "frères" étaient en fait des professeurs qui de français ou de latin, qui de mathématiques…, autant ce jeune abbé n’enseignait rien. Son seul travail, c’était de nous parler de belles choses. De l’amour, du respect que l’on doit aux autres, du pardon, de la paix, de la joie… Sa matière à lui, c’était la vie. C’était bien agréable de l’écouter. Il était d’une gentillesse exquise, d’une très grande douceur. Je ne me souviens pas l’avoir entendu parlé explicitement de Jésus (même s’il a dû le faire !), mais je me souviens d'avoir été impressionné par ce qu’il était, tout simplement : un homme chargé de parler de Dieu, de Jésus et des belles choses de la vie... à plein temps! J’allais apprendre quelques années plus tard qu’il s’agissait d’un prêtre. Oui (et là, je m’adresse aux prêtres qui peut-être me lisent), son témoignage au Père aumônier, le seul qui m’ait vraiment touché, ce n’est pas une parole de sa bouche, ce n’est pas un sermon enflammé, ce n’est pas même un beau geste qui m’aurait marqué : c’est le fait même qu’il soit prêtre. Ce faisant, il était pour moi le témoin de quelque chose de grand et de beau, de suffisamment grand et beau en tout cas pour qu’on lui consacre toute sa vie.

A la réflexion, j’ai sans doute refusé de faire ma première communion non parce qu’on ne m’avait pas parlé de Jésus, mais parce que j’avais de Jésus une si haute considération, grâce à l’enseignement de mon professeur de CM1 et l’exemple de ce Père aumônier, que je ne Le retrouvais pas dans les préoccupations trop matérielles de mes camarades de classe.

Je quittais mon Ecole catholique quelques années plus tard pour entrer au lycée. Je n’avais pas alors la foi, mais le Seigneur m’avait parlé à travers ces deux grands témoins. Le bon grain était semé.

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11 février 2006 6 11 /02 /février /2006 21:51

Cher ami lecteur,

L'une nos lectrices, Anne-Sophie, se posait la question de savoir "pourquoi Dieu ne nous aide pas" (Voir les commentaires de notre article "Je pense... donc Dieu EST!").

Derrière cette question, il y a celle de la souffrance de l'homme dans ce monde. Pourquoi Dieu nous laisse-t-il vivre dans la souffrance, pourquoi tolère-t-il l'existence du mal?

La question est considérable, et nous aurons bien sûr l'occasion de développer ce sujet sur ce Blog. Comme premier élément de réflexion, je vous propose d'écouter la réponse que fit à ce sujet le Père Hervé Soubias à un auditeur de Radio Notre Dame.

Je vous demande pardon par avance de la piètre qualité du son (en raison d'un fort fond sonore provenant d'un précédent enregistrement), mais compte tenu de la qualité de la réponse, je juge utile de vous la partager.

Chaque semaine, je vous proposerai ainsi d'écouter la réponse d'un prêtre à une question touchant à la foi ou à la vie chrétienne. Le son ne sera pas toujours mauvais, rassurez-vous. Pour l'essentiel, il s'agira d'extraits de l'émission "Un prêtre vous répond", diffusée sur Radio Notre Dame (100.7 FM sur Paris et RP) dans les années 98-2000.

 

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10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 00:29

[Nous poursuivons notre commentaire de l'Encyclique du Pape Benoît XVI]

«Eros» et «agapè» – différence et unité.

3. À l’amour entre homme et femme, qui ne naît pas de la pensée ou de la volonté mais qui, pour ainsi dire, s’impose à l’être humain, la Grèce antique avait donné le nom d’eros.

Disons déjà par avance que l'Ancien Testament grec utilise deux fois seulement le mot eros, tandis que le Nouveau Testament ne l'utilise jamais : des trois mots grecs relatifs à l’amour – eros, philia (amour d’amitié) et agapè – les écrits néotestamentaires privilégient le dernier, qui dans la langue grecque était plutôt marginal.

[Commentaire de Bernard Guy, pasteur protestant : Éros est certainement le plus populaire des quatre termes [désignant l’amour]. Éros était le nom du dieu grec de l'amour correspondant au dieu romain Cupidon. Ce terme signifie essentiellement : amour passionné. Il nous parle d'un vif et brûlant désir. Dans la littérature grecque, éros désigne parfois l'amour du patriote, c'est-à-dire les sentiments passionnés de celui qui cherche à défendre sa patrie (…). On retrouve aussi ce terme utilisé pour décrire la passion d'un homme épris de l'argent. Il y a des gens qui ont un désir démesuré pour l'argent, qui ne pensent qu'à cela. Ignace d'Antioche, un père de l'Église qui a vécu entre la fin du 1er siècle et le début du 2ème, écrit dans une lettre qu'il adresse aux Romains : "Mon éros a été crucifié et je n'ai plus de passion pour les choses matérielles. Mais il y a maintenant en moi une source vive qui me dit à l'intérieur: Viens au Père". La passion matérielle d'Ignace avait été crucifiée avec Christ.

[Bien que nous retrouvions éros, utilisé dans la littérature grecque pour décrire différents types de passion, c'est pour désigner la passion sexuelle qu'il était le plus souvent utilisé. Au départ, il était utilisé pour désigner une passion sexuelle dans l'amour, une passion légitime. Mais l'homme étant ce qu'il est, le terme en est venu très vite à désigner une passion sexuelle dégradée, hors mariage. C'est peut-être pour cela d'ailleurs que nous ne le retrouvons pas dans le Nouveau Testament. Il semble que le Saint-Esprit et les auteurs du Nouveau Testament n'aient pas jugé bon de l'utiliser pour décrire une chose aussi belle que l'amour sexuel dans la vie d'un couple. Matthieu utilisera plutôt les termes "connaître" et "s'attacher" pour décrire un tel amour (Matt 1.25; 19.5).

[Éros est une énergie qui vient de Dieu et n'est pas nécessairement à rejeter. Il y a plusieurs passions que la Bible nous encourage à vivre:

 1. La passion pour Dieu (Luc 10.27)

 2. La passion pour sa Parole (Jér 15.16)

 3. La passion pour les personnes perdues (1 Cor 9.19-22)

 4. La passion pour notre épouse (Prov 5.18-20)

Mais plusieurs formes de passion sont à fuir : passion pour l'argent, pour la femme d'un autre, passions de la jalousie, de la vengeance, etc. Quand il s'agit de passion, la Bible ne dit pas de résister, mais de fuir car les passions sont des désirs brûlants auxquels il est très difficile de résister. Souvenons-nous de l'expérience de Joseph avec la femme de Potiphar (Gen 39:7-20) et ne jouons pas les braves!]

En ce qui concerne l'amour d'amitié (philia), il est repris et approfondi dans l’Évangile de Jean pour exprimer le rapport entre Jésus et ses disciples.

[Commentaire de Bernard Guy, pasteur protestant : Philia figure sous formes d'adjectifs, de noms et de verbes une cinquantaine de fois dans le Nouveau Testament et agapé, plus de trois cents fois. Ceci nous indique au départ qu'agapé est le terme consacré par le Saint-Esprit et les auteurs du Nouveau Testament pour décrire l'amour de Dieu (…).

Philia: un attachement émotif - Je vais vers telle personne parce que mon coeur m'y entraîne. J'éprouve des sentiments favorables pour quelqu'un et cela m'amène à rechercher sa compagnie. L'amour philia est un amour qui provient essentiellement du coeur. C'est l'amour typique des fréquentations. Lorsque deux jeunes gens se fréquentent, ils sont comme magnétisés l'un par l'autre. Ils sont constamment ramenés l'un vers l'autre par le coeur. Même à distance, les amoureux vibrent l'un pour l'autre. Et quand ils s'entrevoient, leur coeur se met à battre et leurs yeux scintillent. Le philia est un amour fait de sentiments et d'émotions.

[Philia: un amour spontané - L'amour philia n'est pas un amour que l'on peut commander ou forcer. À cause de son caractère émotif, il est plutôt imprévisible. Il vient ou ne vient pas : c'est un amour spontané.

[Philia: un amour fluctuant - L'amour philia est un amour qui vient et qui va. Il est très instable. Il nous envahit soudainement et nous quitte sans avertir. C'est souvent le seul amour qui existe dans les couples à part l'éros. Telle personne éprouve une attirance pour telle autre personne ; les deux tombent amoureux et conviennent de cheminer ensemble. C'est pour un temps l'amour à son meilleur. Puis, peu à peu, la lune de miel fait place au train-train quotidien, la griserie du début, à l'ennui et voilà nos deux tourtereaux désemparés. Que se passe-t-il donc? Nous nous aimions tant?... On conclut rapidement qu'il n'y a rien à faire, on passe l'éponge et on repart en quête d'une nouvelle aventure. Mais tant que l'on mise tout sur le philia, l'amour sentimental, toutes nos aventures se soldent par un échec. L'amour philia est un amour fluctuant.

[Philia: un amour égocentrique - L'amour philia est une relation de plaisir et de satisfaction personnelle. Je me tiens avec telle personne parce que j'ai du plaisir en sa compagnie. Nous ne faisons pas d'efforts pour nous entendre; notre relation est harmonieuse et agréable. Cette personne a les mêmes goûts que moi, les mêmes idées, les mêmes façons de voir ou d'agir : c'est moi en peinture. En réalité, c'est moi que j'aime. J'aime l'autre dans la mesure où il me ressemble. Il est dit dans Jean 15:19 que le monde aime ce qui est à lui : ce qui lui ressemble.

[Philia: un amour sélectif - Nous n'éprouvons d'amour philia que pour quelques-uns et cela est tout à fait normal. Avant même de vraiment connaître les gens, nous sommes attirés par certains plutôt que par d'autres. Jésus avait ses préférés. Il éprouvait un amour particulier pour Marthe, Lazare et Marie. Nous savons qu'il allait souvent chez eux pour se reposer. Il vivait une relation facile et agréable avec eux. Lorsque Lazare meurt, nous voyons Jésus attristé qui pleure et les juifs qui disent: "Voyez comme il l'aimait" (Jean 11.35-36). De plus, il y avait parmi les douze un disciple, l'apôtre Jean, pour lequel Jésus éprouvait plus d'amour et de tendresse que pour les autres (Jean 13.23; 20.2; 21.7; 21.20). Nous ne pouvons pas éprouver d'amour philia pour tous: il s'agit d'un amour sélectif, fondé sur les affinités.

[Philia : un amour humain - L'amour philia est une forme d'amour grandement désirable et nécessaire à la vie. Toutefois, cet amour n'est pas suffisant. Il ne constitue pas une base solide sur laquelle nous puissions bâtir des relations profondes et durables avec les autres. Il s'agit d'un amour humain que croyants ou non-croyants expérimentent également.

Source : http://www.formationbiblique.com/amour.html

Auteur : http://www.formationbiblique.com/bernardguy.html]

La mise de côté du mot eros, ainsi que la nouvelle vision de l’amour qui s’exprime à travers le mot agapè, dénotent sans aucun doute quelque chose d’essentiel dans la nouveauté du christianisme concernant précisément la compréhension de l’amour.

Dans la critique du christianisme, qui s’est développée avec une radicalité grandissante à partir de la philosophie des Lumières, cette nouveauté a été considérée d’une manière absolument négative.

Selon Friedrich Nietzsche, le christianisme aurait donné du venin à boire à l’eros qui, si en vérité il n’en est pas mort, en serait venu à dégénérer en vice. Le philosophe allemand exprimait de la sorte une perception très répandue : l’Église, avec ses commandements et ses interdits, ne nous rend-elle pas amère la plus belle chose de la vie ? N’élève-t-elle pas des panneaux d’interdiction justement là où la joie prévue pour nous par le Créateur nous offre un bonheur qui nous fait goûter par avance quelque chose du Divin ?

 

Texte intégral de l'Encyclique

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7 février 2006 2 07 /02 /février /2006 21:11

Je suis la Lumière,

et vous ne me voyez pas.

Je suis Chemin,

Et vous ne me suivez pas.

Je suis la Vérité,

Et vous ne me croyez pas.

Je suis la Vie,

Et vous ne me cherchez pas.

Je suis le Seigneur,

Et vous ne m’obéissez pas.

Je suis votre Dieu,

Et vous ne me priez pas.

Si vous êtes malheureux,

Au moins, ne me le reprochez pas...

Anonyme, texte déchiffré sur un calvaire flamand de 1632

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5 février 2006 7 05 /02 /février /2006 23:31

PREMIÈRE PARTIE

L'UNITÉ DE L'AMOUR
DANS LA CRÉATION
ET DANS L'HISTOIRE DU SALUT

 

 

Un problème de langage

[Nous poursuivons notre commentaire de l’Encyclique du Pape Benoît XVI]

2. L'amour de Dieu pour nous est une question fondamentale pour la vie et pose des interrogations décisives sur qui est Dieu et sur qui nous sommes.

À ce sujet, nous rencontrons avant tout un problème de langage.

Le terme «amour» est devenu aujourd'hui un des mots les plus utilisés et aussi un des plus galvaudés, un mot auquel nous donnons des acceptions totalement différentes.

Même si le thème de cette encyclique se concentre sur le problème de la compréhension et de la pratique de l’amour dans la Sainte Écriture et dans la Tradition de l’Église, nous ne pouvons pas simplement faire abstraction du sens que possède ce mot dans les différentes cultures et dans le langage actuel.

Rappelons en premier lieu le vaste champ sémantique du mot «amour» : on parle d’amour de la patrie, d’amour pour son métier, d’amour entre amis, d’amour du travail, d’amour entre parents et enfants, entre frères et entre proches, d’amour pour le prochain et d’amour pour Dieu.

Cependant, dans toute cette diversité de sens, l’amour entre homme et femme, dans lequel le corps et l’âme concourent inséparablement et dans lequel s’épanouit pour l’être humain une promesse de bonheur qui semble irrésistible, apparaît comme l’archétype de l’amour par excellence, devant lequel s’estompent, à première vue, toutes les autres formes d’amour.

Surgit alors une question : toutes ces formes d’amour s'unifient-elles finalement et, malgré toute la diversité de ses manifestations, l’amour est-il en fin de compte unique, ou bien, au contraire, utilisons-nous simplement un même mot pour indiquer des réalités complètement différentes ?

 

Texte intégral de l'Encyclique

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4 février 2006 6 04 /02 /février /2006 18:58

Janvier 2006

Roger Bichelberger - La première en chemin (le mystère du 1er janvier) - Editions de Fontenelle, Abbaye Saint Wandrille, 2004

"Et [Marie] de (...) rappeler [à Joseph] comment, pensant à lui, elle avait objecté qu'elle était vierge et ne connaissait pas d'homme.

"L'Esprit Saint viendra sur toi, avait rétorqué le Visiteur, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre." Tout comme il planait au début sur la face des eaux, et le désert était devenu verger, et fleur et fruit.

"C'est pourquoi Celui qui va naître sera Saint, et il sera appelé Fils de Dieu" (page 32).

 

Jean Lafrance - Le Chapelet, un chemin vers la prière incessante - Médiaspaul, 1997

"Pour devenir un pécheur agréable au coeur de Dieu, il faut trouver refuge auprès de la Sainte Vierge (...)

"Si nous comprenions que Marie est le plus court chemin de conversion, nous ne dépenserions pas les neuf dixième de notre énergie à vouloir briser notre coeur par nous-même, et nous passerions par elle en disant : "Priez pour nous, pauvres pécheurs" (...)

"Certains pensent à tort que l'attachement à Marie enlève quelque chose à notre amour du Christ. Il n'en est rien et vaut mieux dire que l'on va à Marie par Jésus, qu'à Jésus par Marie." (pages 48 à 51)

 

Stan Rougier, Dieu était là et je ne le savais pas, Presses de la Renaissance, 1998 

"Si à la place d'un Dieu-Amour, nous présentons un Dieu répressif et moralisateur, nous privons des multitudes de leur raison de vivre (...).

"Ce soir-là, je me jurai : "Je sais maintenant ce que je veux faire de ma vie : faire connaître ce visage de Dieu! Les hommes meurent de ne pas se savoir aimés! Il faut rendre Dieu aux hommes..." (Pages 210 et 266). 

 

 

Bertrand Lemaire, Grignion de Montfort & Jean Paul II, Totus Tuus, Une fraternité d'âme, Pierre TEQUI Editeur.

"Une phrase du Père de Montfort avait guidé depuis [l'adolescence du jeune Karol Wojtyla] l'essentiel de sa vie spirituelle (...) : TOTUS TUUS EGO SUM : Je suis tout à toi et tout ce qui est à moi est à toi, je te reçois dans tout ce qui est à moi. Prête-moi ton coeur, Marie.

"Il s'agit du n° 233 du Traité de la Vraie dévotion à la Sainte Vierge du Père de Montfort. Les pères monfortains ont depuis fort longtemps illustré cette formule de consécration par la reproduction d'une croix, sous le bras gauche de laquelle se trouve un M en souvenir de Marie au pied de la Croix avec Saint Jean, lorsqu'elle devient notre Mère, selon la parole même du Christ. Ainsi furent aussitôt trouvés et le blason et la devise du tout nouveau Monseigneur Wojtyla." (page 64)

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