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28 janvier 2006 6 28 /01 /janvier /2006 12:37

Nous voudrions montrer comment l'intercession, ou mieux encore la supplication, est le sommet ou le coeur de la prière chrétienne (...).

 

On rencontre ainsi des gens qui multiplient les chapelets ou disent souvent la prière de Jésus, et qui ne sont pas des hommes de prière parce que leur coeur n'est pas habité par un désir lancinant et persévérant de supplication et d'intercession.

 

Ils prient mais ils ne crient pas, ils s'inclinent mais ne sont pas à genoux, ils font de l'oraison ou de la méditation, mais surtout ils ne supplient pas.

 

Pour eux, la porte de la prière reste définitivement fermée, et ils ne seront jamais initiés au secret de la supplication.

 

Par contre, il y en a d'autres qui prient un quart de seconde par heure, mais qui sont sans cesse en état de supplication au fond de leur coeur où ils en ont le désir lancinant : ce sont eux les véritables hommes de prière.

 

(Extrait de "Le chapelet, un chemin vers la prière incessante", de Jean Lafrance, Mediaspaul, 1997, pages 38 et 44)

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Published by Matthieu BOUCART - dans Réflexions & Méditations
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24 janvier 2006 2 24 /01 /janvier /2006 23:35

Il y a quelques semaines, j’ai eu une conversation avec une amie croyante qui refuse obstinément de croire dans le Dieu d’Israël, le Dieu de Jésus-Christ.

 

Pour elle en effet, Dieu est au-delà de tout, bien au-dessus de tous les hommes. Il est fondamentalement le Tout-Autre, l’Inaccessible. Que Dieu puisse faire Alliance avec un petit peuple comme celui d’Israël, à l’exclusion de tous les autres, cela lui paraît inconcevable. Dieu est le Dieu de tous les hommes, et non seulement le Dieu d’Israël ! Aucun peuple ne peut prétendre avoir le monopole de l’Alliance avec Dieu.

 

Que Dieu puisse se faire homme lui paraît également impensable. Que Dieu s’incarne en Jésus-Christ, cela signifierait qu’il n’y aurait pas d’autre choix pour l’humanité que d’opter en faveur de Jésus-Christ pour entrer en relation avec Dieu. Or, les chrétiens, pour aussi nombreux qu’ils soient, sont minoritaires dans le monde et dans l’histoire. Si Jésus-Christ est Dieu, cela signifierait que les milliards d’hommes dans le temps et dans l’espace qui ne l’ont pas reconnu comme tel sont exclus de la relation avec Dieu. Or, cela est impossible, car Dieu, s’Il est vraiment Dieu, est le Dieu de tous les hommes, et que le Dieu chrétien puisse exclure de ses vues des milliards d’hommes suffit à démontrer qu’Il n’est pas, selon elle, le vrai Dieu.

 

J’espère n’avoir pas dénaturé les propos de mon amie en les schématisant ainsi, mais le titre du présent article me paraît bien résumer globalement son point de vue : Dieu serait trop Grand pour se faire petit, pour se "compromettre" avec notre humanité au risque d’être ignoré, voire méprisé et rejeté par les hommes dont Il est le Père universel.

 

Il y aurait beaucoup à dire sur ces différents propos, et le présent article n’a pas la prétention d’épuiser le sujet. Je souhaiterais simplement revenir sur quelques textes de méditations du Pape Benoît XVI sur ce mystère d’un Dieu Tout-Puissant qui renonce à ses prérogatives divines pour venir à la rencontre de l’homme, dans la pauvreté de sa condition.

 

Car ce qui est finalement en cause, ce n’est pas tant la question de savoir si Dieu est ou non le Dieu de tous les hommes. Cela, la Bible l’énonce clairement : « Il n'y a qu'un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous. » (Ep. 4. 5)

 

Non, ce qui est véritablement en cause me semble-t-il, dans les affirmations de mon amie, c’est la méthode que Dieu adopte pour se faire connaître -et aimer- de tous les hommes. Pour se révéler à nous, Dieu va employer en effet des moyens pour le moins… déconcertants. Mais pourrait-il en être autrement ? Ce qui fait que Dieu est Dieu pour moi, ce n’est pas tant sa grandeur inaccessible que son… imprévisibilité. Si Dieu est Dieu, Il ne peut être que déroutant pour un esprit  humain : si Dieu était à notre portée, serait-il Dieu ? Si Dieu est Dieu, Il ne peut être immédiatement à la portée de nos intelligences, faute de quoi, il serait éminemment suspect... « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées » (Isaïe 55. 8-9).

 

Ainsi, affirmait le Pape Benoit XVI lors de la veillée avec les Jeunes à Marienfeld aux dernières JMJ, les mages d’Orient venus à Jérusalem rencontrer le Roi des Juifs « étaient (…), des personnes qui avaient les pieds sur terre et qui savaient que, pour changer le monde, il faut disposer du pouvoir. C’est pourquoi ils ne pouvaient chercher l’enfant de la promesse ailleurs que dans le palais du Roi.

 

« Maintenant, ils se prosternent cependant devant un enfant de pauvres gens, et ils en viennent rapidement à savoir que, fort de son pouvoir, Hérode – le Roi auprès duquel ils s’étaient rendus – avait l’intention de le poursuivre, en sorte qu’il ne resterait plus à la famille que la fuite et l’exil.

 

« Le nouveau Roi, devant lequel ils s’étaient prosternés, était très différent de ce qu’ils attendaient. Ainsi, ils devaient apprendre que Dieu est différent de la façon dont habituellement nous l’imaginons. C’est ici que commença leur cheminement intérieur. Il commença au moment même où ils se prosternèrent devant l’enfant et où ils le reconnurent comme le Roi promis.

 

« Mais la joie qu'ils manifestaient par leurs gestes devait s'intérioriser. Ils devaient changer leur idée sur le pouvoir, sur Dieu et sur l’homme, et, ce faisant, ils devaient aussi se changer eux-mêmes. Maintenant, ils le constataient : le pouvoir de Dieu est différent du pouvoir des puissants de ce monde. Le mode d’agir de Dieu est différent de ce que nous imaginons et de ce que nous voudrions lui imposer à lui aussi.

 

« Dans ce monde, Dieu n’entre pas en concurrence avec les formes terrestres du pouvoir. Il n’a pas de divisions à opposer à d’autres divisions. Dieu n’a pas envoyé à Jésus, au Jardin des Oliviers, douze légions d’anges pour l’aider (cf. Mt 26, 53). Au pouvoir tapageur et pompeux de ce monde, Il oppose le pouvoir sans défense de l’amour qui, sur la Croix – et ensuite continuellement au cours de l’histoire – succombe et qui cependant constitue la réalité nouvelle, divine, qui s’oppose ensuite à l’injustice et instaure le Règne de Dieu.

 

« Dieu est différent – c’est cela qu’ils reconnaissent maintenant. Et cela signifie que, désormais, eux-mêmes doivent devenir différents, ils doivent apprendre le style de Dieu. »

 

Or, le style de Dieu est tout de délicatesse, et de douceur, aussi léger que le doux murmure d’une brise légère (cf. 1 R 19. 12). C’est dans le silence et la nuit qu’Il descend sur la terre des hommes pour nous révéler son vrai visage, dans les traits d’un nouveau-né. « Dans cet Enfant, proclamait le Saint Père dans son homélie de Noël, Dieu oppose sa bonté à la violence de ce monde et il nous appelle à suivre l’Enfant. »

 

« L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu.

 

« Dieu est si grand qu’il peut se faire petit.

 

« Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer.

 

« Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouveret pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire (…).

 

« Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche: Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître. »

 

Cette « descente » vertigineuse du Dieu Saint et Tout-Puissant sur la paille de la crèche de Bethléem peut scandaliser à première vue le croyant qui se fait une haute idée de la Souveraineté de Dieu. Mais si l’on y regarde bien, « c'est précisément le fait de se cacher qui constitue la plus éloquente « manifestation » de Dieu : l'humilité, la pauvreté, l'ignominie même de la Passion nous font découvrir comment Dieu est réellement. Le visage du Fils révèle fidèlement celui du Père. » (Benoît XVI, homélie de l’Epiphanie, 6 janvier 2006).

 

Ainsi que l’écrivait le Père Varillon, théologien éminent du XXe siècle : « Il faut beaucoup plus de puissance pour s’effacer que pour dominer et s’imposer. Les chrétiens considèrent la Toute Puissance de Dieu comme une puissance d’expansion et de domination, alors que c’est une puissance d’effacement. Faites-en l’expérience. Il en faut de l’amour et un amour puissant pour s’effacer afin que l’autre soit. C’est cela la Création. » (Père Varillon, « Un chrétien devant les grandes religions », Bayard 1995, p. 117-118.)

 

"En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie, sa mère" (Mt 2, 11). « Rien d'extraordinaire à première vue,affirmait le Pape Jean-Paul II dans son dernier message pour les XXe Journées Mondiales de la Jeunesse. Et pourtant, cet Enfant est différent des autres : il est le Fils unique de Dieu qui s'est dépouillé de sa gloire (cf. Ph. 2, 7) et qui est venu sur la terre pour mourir sur la Croix. Il est descendu parmi nous et s'est fait pauvre pour nous révéler la gloire divine, que nous contemplerons pleinement au Ciel, notre patrie bienheureuse.

 

« Qui aurait pu inventer un signe d'amour plus grand ? Nous sommes en admiration devant le mystère d'un Dieu qui s'abaisse pour revêtir notre condition humaine jusqu'à s'immoler pour nous sur la Croix (cf. Ph. 2, 6-8). Dans sapauvreté, Celui qui - comme nous le rappelle saint Paul - "de riche qu'il était, s'est fait pauvre pour vous, afin de vous enrichir par sa pauvreté" (2 Co 8, 9), est venu offrir le salut aux pécheurs. Comment rendre grâce à Dieu pour tant de bonté manifestée ? »

 

Maintenant, cette « méthode » qu’emploie Dieu pour se révéler aux hommes a-t-elle pour effet pervers d’exclure les milliards d’hommes qui n’adhèrent pas au Christ, ou au Dieu d’Israël ?

 

L’Ecriture Sainte nous enseigne que « Dieu, notre Sauveur, (…) veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité. » (1 Tm 2. 3). Tous les hommes... Tel est le dessein bienveillant de Dieu, pour reprendre une expression de St Paul. Et comment va-t-Il s'y prendre? Le Pape Benoît XVI, dans son homélie de la messe de l’Epiphanie, emploie l’image des cercles concentriques pour nous faire comprendre l’articulation entre l’élection d’Israël et le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu en Jésus-Christ d’une part, et le projet divin de rassembler et unifier le monde entier (et donc chacun de nous personnellement) en un seul Corps.

 

« Dans le mystère de Noël, la lumière du Christ rayonne sur la terre, en se diffusant comme par cercles concentriques.

 

« Avant tout sur la sainte Famille de Nazareth : la Vierge Marie et Joseph sont illuminés par la présence divine de l'Enfant Jésus.

 

« La lumière du Rédempteur se manifeste ensuite aux bergers de Bethléem qui, avertis par l'ange, accourent immédiatement à la grotte et y trouvent le « signe » qui leur avait été annoncé : un enfant enveloppé de langes et couché dans une mangeoire (cf. Lc 2, 12). Les bergers, avec Marie et Joseph, représentent ce « reste d'Israël », les pauvres, les anawim, auxquels est annoncée la Bonne Nouvelle.

 

« L'éclat du Christ parvient enfin jusqu'aux Rois mages, qui constituent les prémices des peuples païens (…).

 

« Mais qu'est-ce que cette lumière ? Est-ce seulement une métaphore suggestive ou cette image correspond-elle à une réalité ? L'Apôtre Jean écrit dans sa Première Epître : « Dieu est Lumière, en lui point de ténèbres » (1 Jn 1, 5) ; puis il ajoute : « Dieu est amour ». Ces deux affirmations, mises ensemble, nous aident à mieux comprendre : la lumière, apparue à Noël, et qui se manifeste aujourd'hui aux nations, est l'amour de Dieu, révélé dans la Personne du Verbe incarné. Les Rois mages arrivent d'Orient, attirés par cette lumière.

 

« Dans le mystère de l'Epiphanie, par conséquent, en plus d'un mouvement de rayonnement vers l'extérieur, se manifeste un mouvement d'attraction vers le centre qui achève le mouvement déjà inscrit dans l'Ancienne Alliance. La source d'un tel dynamisme est Dieu, Un dans la substance et Trine dans les Personnes, qui attire tout et tous à lui.

 

« La Personne incarnée dans le Verbe se présente ainsi comme le principe de réconciliation et de récapitulation universelle (cf. Ep 1, 9-10). Il est le but ultime de l'histoire, le terme d'un « exode », d'un chemin providentiel de rédemption, qui culmine dans sa mort et sa résurrection. »

 

Le Pape Benoît XVI observe que « La fidélité de Dieu à Israël et sa manifestation aux nations pourraient apparaître comme des aspects divergents entre eux à un regard superficiel ; en réalité ce sont les deux faces d'une même médaille.

 

« En effet, selon les Ecritures, c'est précisément en restant fidèle au pacte d'amour avec le peuple d'Israël que Dieu révèle également sa gloire aux autres peuples.

 

« Grâce et fidélité » (cf. Ps 88, 2), « amour et vérité » (cf. Ps 84, 11) sont le contenu de la gloire de Dieu, son « nom », destiné à être connu et sanctifié par les hommes de toute langue et de toute nation. Mais ce « contenu » est inséparable de la « méthode » que Dieu a choisie pour se révéler, celle de la fidélité absolue à l'alliance, qui atteint son sommet en Jésus Christ.

 

« Le Seigneur Jésus est, dans le même temps et de manière inséparable, « lumière pour éclairer les nations païennes, etgloire d'Israël [son] peuple » (Lc 2, 32) (…). Les Rois mages ont adoré un simple Enfant dans les bras de sa Mère Marie car en Lui ils ont reconnu la source de la double lumière qui les avait guidés : la lumière de l'étoile et la lumière des Ecritures. Ils ont reconnu en Lui le Roi des Juifs, gloire d'Israël, mais aussi le Roi de toutes les nations. »

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Published by Matthieu BOUCART - dans Questions sur la foi
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23 janvier 2006 1 23 /01 /janvier /2006 13:21

«Celui qui ne croit plus en l'Être ne croit plus en sa propre existence

(Paul CLAUDEL)

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21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 15:55

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21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 15:40

C'est surtout dans le domaine de la prière -et cela va de soi- qu'on expérimente cette présence prééminente de Marie, au point que parfois, on se pose des questions -je ne dirai pas qu'on s'inquiète, car Marie donne toujours la paix- mais on se demande quand même s'il n'y a pas concurrence avec Dieu.

 

C'est alors que la réponse arrive en même temps que la question. Non seulement Marie n'est pas à la première place dans notre prière, mais elle s'efface totalement pour devenir pure transparence de Dieu. Elle est vraiment comme disent les Pères, "Miroir de la Sainteté", Miroir de la Justice et Miroir du Soleil de Dieu. Ce qui fait qu'en la regardant, elle reflète le visage inconnu de Dieu, celui qui ne ressemble à rien : l'Au-delà de tout, qu'on ne peut nommer mais seulement prier.

 

Peu importe qu'on regarde le soleil directement ou dans un miroir. La seule crainte à avoir est que ce soit un mirage : Marie nous offre-telle le soleil ou la lune? La réponse vient de la totale pureté : elle ne peut que refléter la gloire du Très Haut. Disons en passant (...) qu'en regardant notre visage dans le miroir très pur de la Vierge, nous y découvrirons tout ce qui fait obstacle en nous à la sainteté de Dieu.

 

(Extrait de "Le chapelet, un chemin vers la prière incessante", de Jean Lafrance, Mediaspaul, 1997, pages 24 et 25)

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 22:34

Cher ami lecteur,

 

C’est désormais officiel, l’encyclique tant attendue du Pape Benoît XVI sera publiée mercredi prochain 25 janvier, en la fête de la conversion de Saint Paul, au terme de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. C’est le Saint Père qui l’a lui-même annoncé hier à la fin de son audience générale.

 

Cette première encyclique aura pour titre « Deus Caritas Est », « Dieu est amour ». Ce titre nous réjouit beaucoup, car ainsi que nous l’écrivions ici-même dans notre tout premier article (« Parler de Dieu », 20 décembre 2005), « ce monde aujourd'hui a plus que jamais besoin qu'on lui parle de l'Amour de Dieu, Amour ô combien méconnu, dont notre coeur a si soif, et que le Christ est venu manifester au monde par sa mort et sa résurrection. C'est du Coeur de Jésus ressuscité que se répandent sur l'humanité les fleuves d'eaux vives de l'Amour miséricordieux de Dieu. »

 

La considération de la miséricorde infinie de notre Dieu pour chacun de nous est essentielle pour nous permettre d’entrer dans une démarche de conversion intérieure, ainsi que nous y invitaient le Saint Père et la Vierge Marie le 25 décembre dernier (cf. "2006, le temps des résolutions : se décider pour Jésus", 4 janvier 2006). Car si Dieu n’est pas Amour, l’aventure spirituelle ne vaut pas la chandelle. Que je croie en Dieu est une chose. Mais si Dieu ne m’aime pas, ne pense pas à moi, ne se soucie pas de moi, ne m’aide pas… Alors, il vaut mieux certainement s’en détourner, et profiter au mieux des quelques menus plaisirs que la vie peut m’offrir tant que je suis vivant. Cela est vrai aussi au plan humain : je peux ne pas douter de l’existence de mon propre père. Mais s’il ne s’occupe pas de moi, s’il ne me témoigne pas d’affection, ou pire… s’il me bat, bref, s’il ne m’aime pas, que cela peut-il me faire qu’il existe ou non ? Peut-être même vaudrait-il mieux qu’il n’existe pas... « Si Dieu existe, j’espère qu’Il a une bonne excuse » disait Woody Allen. En tout cas, autant aller chercher du réconfort ailleurs.

 

Parler de l’Amour de Dieu aujourd’hui aux hommes et aux femmes de ce temps est donc essentiel, et pour beaucoup, une question de vie ou de mort. Jésus lui-même le dit à Sainte Faustine : « L'humanité ne trouvera pas la paix tant qu'elle ne se tournera pas avec confiance vers ma miséricorde. » (Petit Journal n°300) « Proclame que la miséricorde est le plus grand attribut de Dieu. » (PJ n°301). Les révélations particulières que Jésus a pu faire à la petite sainte polonaise ont conduit cette dernière à comprendre avec émerveillement « que l'amour et la miséricorde sont le plus grand attribut de Dieu, car ils unissent la créature au Créateur » (PJ n°185)

 

"Si tu savais le don de Dieu", disait Jésus à la Samaritaine (Jn 4. 10). "Si tu connaissais celui qui te dis donne-moi à boire, c'est toi qui lui aurait demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive". Oui, si les pécheurs savaient de quel amour ils sont aimés : « Qu'aucun pécheur ne craigne de m'approcher, dit encore Jésus à Sainte Faustine. Les flammes de la miséricorde me brûlent, et je veux les répandre sur les âmes humaines »  (PJ n°50).

 

Il est donc important que l’Eglise proclame à temps et à contre temps la vérité sur Dieu, la vérité de l’Amour de Dieu, la vérité de l’Amour qu’est Dieu, afin que l’humanité puisse enfin se tourner, confiante et sans crainte, vers Celui qui est la source de toute vie, de toute vraie joie, et qui détient la clef de son bonheur et de son avenir.

 

« Cette révélation du vrai visage de Dieu est absolument capitale. Car je crois profondément que l'athéisme de beaucoup, ou la tiédeur spirituelle de certains, trouvent leur cause primordiale dans la peur de Dieu. Peur d'un Dieu justicier, vengeur, teigneux, d'un Dieu qui punit et empêche de vivre, d'un Dieu ennemi des plaisirs et de la liberté, d'un Dieu qui prendrait un malin plaisir à charger la conscience de l'homme du poids d'une culpabilité aussi insupportable qu'aliénante. » (« Le vrai visage de Dieu », 28 décembre 2005).

 

Comme l’écrit encore le Père Stan Rougier : « Les contrefaçons de Dieu portent en germe l’athéisme comme le nuage porte la pluie ».

 

Réjouissons-nous donc de cette prochaine encyclique qui nous parlera de l’essentiel de ce que nous devons savoir pour notre salut : que Dieu nous aime...

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17 janvier 2006 2 17 /01 /janvier /2006 12:46

Que penser de ces e-mails envoyés par de bons amis, qui énoncent un beau texte de méditation ou une prière, et qui vous invitent à faire un vœu avant de le renvoyer à un certain nombre d’autres bons amis de manière à ce que votre souhait se réalise ?

 

J’ai reçu un tel e-mail encore hier au bureau, dont voici le contenu :

 

« Bonjour, je vous ai choisi car je pense que vous aimez particulièrement la petite et si grande Thérèse de Liseux.

Pour information, Sainte Thérese est connue comme la sainte des petits chemins.
> Cela signifie qu'elle faisait les petits gestes de la vie avec attention et
> avec beaucoup d'amour. Elle faisait les choses ordinaires de façon
> extraordinaire. Elle est aussi reconnue comme Sainte Patronne des
> horticulteurs et fleuristes. Elle est représentée par les roses.
> Que chaque destinataire de ce message soit béni(e) La priere de Ste Thérese ne
> peut pas être supprimée. PENSEZ à faire un voeu avant de lire le poème.
> C'est tout ce qu'il y a à faire. Il n'y a pas de fichier joint.
> Envoyez simplement ce document à sept personnes et dites moi ce qui se passe
> le quatrieme jour. Ne l'interrompez pas, s'il vous plaît.
> La priere est un des meilleurs dons gratuits dont on bénéficie. Il n'y a pas
> de coût, mais une récompense certaine.
> Suggestion : faites "Copier/Coller" plutôt que "Transférer" pour protéger
> les adresses et éviter les virus.
>
> (Vous avez fait un voeu?) Si vous ne faites pas de voeux, il ne se réalisera pas.
> Derniere chance de faire un voeu !
> Prière de Sainte Thérese :
> Qu'aujourd'hui vous ayez la paix intérieure. Que vous puissiez faire confiance
> à votre puissance supérieure de vous avoir placé(e) exactement là où vous devez être.
> Que vous n'oubliez pas les possibilités sans limite qui naissent de la foi.
> Que vous exploitiez les dons que vous avez reçus, et fassiez suivre l'amour
> qui vous a été donné. Que vous soyez serein de savoir que vous êtes un enfant
> de Dieu... Laissez cette présence pénétrer vos os, et donne à votre âme la
> liberté de chanter, danser, adorer et aimer. Elle est la pour chacun et chacune d'entre vous.
> Maintenant, envoyer ceci a 7 personnes dans les cinq minutes qui suivent et votre voeu se réalisera.
> Et pensez à le retourner a l'expéditeur..
> Vous verrez pourquoi »

 

Suite à cela, j’ai fait parvenir à un prêtre de ma paroisse un petit e-mail afin de savoir comment réagir face à ce type d’envoi. Voici sa réponse :

 

"Cher Matthieu,

 

Il faut réagir, en précisant que l’on sait que la personne est de bonne foi, mais qu’il y a des choses à ne pas laisser passer : 

 

1- On n’a pas de vœu à faire, mais une demande de grâce, par l’intercession de la petite Thérèse. 

 

2- Il n’y a pas, dans le christianisme, de « puissance supérieure » anonyme. Il y a un Dieu qui se révèle comme Père, Fils et Saint Esprit. 

 

3- Ce texte ne peut pas être appelé « prière de sainte Thérèse », car elle a composé des prières, et ce texte n’en fait pas partie. 

 

4- Jamais il n’y a d’effet automatique à une prière, quelle qu’elle soit, et surtout pas à une pratique qui consiste à expédier sept messages ! 

 

5- On ne peut attribuer aucune efficacité à l’envoi d’une prière à quelqu’un, que ce soit 7 fois ou dix mille fois : cela ne fait que surcharger les boîtes postales électroniques ; ce n’est pas cela qui va indiquer la qualité de ma foi en Dieu. 

 

6- Cette « présence » dont parle le texte n’est pas nommée ; il y a là danger, car toute « présence » n’est pas bonne à accueillir. En outre qu’une présence envahisse vos os, voilà qui ne correspond pas à ce qu’on peut demander à Dieu. 

 

7- Les « possibilités sans limite qui naissent de la foi » : ce n’est pas vrai ! Dieu lui-même est limité par l’accueil qui est fait par chacun de sa grâce. Ce n’est pas la foi qui produit de grands effets, c’est Dieu, auquel la foi nous unit. 

 

Voici donc quelques remarques à faire et à envoyer pour éviter que ce genre de superstitions (au mieux) se propage."

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16 janvier 2006 1 16 /01 /janvier /2006 14:11

«Je n'hésite pas à dire que je suis plus persuadé de l'existence de Dieu que de notre propre existence en cet espace.»

(GANDHI)

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15 janvier 2006 7 15 /01 /janvier /2006 01:01

 

Cher ami lecteur,

 

J’ai toujours cru en Dieu. Je crois que je peux dire cela. J’ai toujours été, dès le plus jeune âge, saisi par le fait d’être, d’exister. Pouvoir respirer, voir, sentir, penser… Pouvoir dire « MOI », « JE »… Cela m’a toujours fasciné, je ne m’y suis jamais habitué. Mon existence a toujours été un sujet d’étonnement, de stupeur. Oui, aussi fou que cela puisse paraître, je suis, j’existe, je vis… MOI…

 

« Nous entrons dans la vie comme si elle nous était due, écrit le Père Stan Rougier, dans son autobiographie spirituelle,alors que tout est miracle ! Jamais je n’ai pu considérer mon existence comme naturelle (…). Ce que je ressens à la fois de plus étrange et de plus personnel en moi, c’est l’impossibilité où je suis de me familiariser avec mon existence. »

 

Cela m’a toujours impressionné, car il s’en serait fallu de peu –et c’est un euphémisme– pour que je n’existe pas... Songez… Quelle pouvait donc être, à l’aube des temps, la probabilité que je vienne un jour au monde, MOI, et pas un autre,… Pour que je naisse, il me fallait remporter un premier concours, contre des centaines de millions de concurrents. C’était bien sûr perdu d’avance… Qui voudrait tenter un concours administratif aujourd’hui en sachant que des centaines de millions de candidats postulent…  pour UN seul poste disponible ?

 

Et je prolongeais la réflexion : pour que mes « concurrents » existent, et que le « concours » puisse se dérouler, il fallait que mon père et ma mère viennent eux-mêmes au monde, et qu’ils remportent chacun leur propre couronne, contre des centaines de millions d’autres candidats, et ainsi de suite pour mes grands-parents, et jusqu’au bout de la chaîne… Et si mon père et ma mère ne s’étaient pas rencontrés ?...

 

Pour ne prendre que les deux derniers siècles, « il aura fallu pas moins de deux cent cinquante six (256 !) ancêtres pour que chacun de nous existe ! Enlève un seul de ces maillons, fais manquer le rendez-vous entre ton trisaïeul et sa compagne, et tu n’existes pas. Un autre existera, ça ne sera pas toi. » (Stan Rougier, op. cit., « Dieu était là, et je ne le savais pas », Presses de la Renaissance, 1998).

 

Tout cela me donnait le vertige. Dire qu’il suffisait d’un tout petit « grain de sable » pour que je ne vienne pas à l’existence. Par exemple, lorsque j’entends mon grand-père me narrer ses souvenirs de guerre en Indochine, je me dis qu’il aurait pu mourir quinze fois. Et je ne serais pas né... S’il avait été tué, comme tant de jeunes soldats français de son âge, ou bien s’il n’avait pas rencontré ma grand-mère au hasard d’une expédition, ou bien encore s’il n’y avait pas eu la guerre en Indochine,… Je ne serai pas né.

 

« Chacun de nous doit la vie à un nombre phénoménal d’individus qui se sont cramponnés à la planète contre vents et marées, glaces et bêtes sauvage, hordes voisines et virus… A détourner quiconque de toute pensée de suicide ! Notre vie a coûté trop cher à trop de monde ! » (Stan Rougier, op.cit).

 

Oui, c’est fou, je vis, je respire, j’existe. Et je ne m’y habitue pas. C’est tellement beau, tellement… improbable. Cela ne PEUT pas être le fruit du hasard. Tout petit déjà, j’en avais la conviction intime. Non pas de preuves, bien sûr, mais comme une intuition très profonde et indiscutable. J’étais habité par cette certitude que je devais mon existence à Quelqu’un, et que ma vie ne pouvait être purement accidentelle. Je ne pouvais imaginer être le fruit d’une succession ininterrompue d’« aléas » et de coïncidences décidément trop nombreuses et trop heureuses... Cela faisait trop de hasards…

 

L’existence de Dieu s’est donc toujours imposée pour moi comme une évidence… Et même si un peu plus grand, j’ai été confronté aux grandes questions de l’existence, même si ma « croyance » allait être bousculée parfois par les interrogations et le doute, rien y faisait : je croyais en Dieu, c’était profondément ancré en moi, c’était indéracinable. Je croyais en Dieu parce que je croyais en MOI, en ma propre existence, et que celle-ci attestait par elle-même l’existence même de Dieu. La meilleure preuve de l’existence de Dieu pour moi, c’était moi-même, ma vie, mon être… Dieu ne pouvait pas ne pas être, puisque moi-même, j’étais.

 

« Je n'hésite pas à dire, proclamait Gandhi, que je suis plus persuadé de l'existence de Dieu que de notre propre existence en cet espace. »

 

Mon existence était pour moi un fait tellement prodigieux, tellement « miraculeux », tellement « trop-beau-pour-être-vrai », qu’elle ne pouvait pas ne pas avoir été voulue. Le fait que je puisse exister, MOI, me faisait pressentir que j’avais été désiré, MOI, par Quelqu’un, un TU qui me préexistait et sans Qui je n’aurais pu voir le jour, puisque je ne me suis pas donné l’être moi-même. Mon existence elle-même me révélait donc un Amour, un Choix, une Election : « Nous sommes les élus d’un choix qui nous dépasse », écrit encore le Père Stan, et qui ne se limite pas à la seule décision de nos parents de nous concevoir.

 

« Nos parents ne nous ont pas inventés. Ils le savent mieux que personne. Ils ont transmis le patrimoine génétique d’une lignée d’ancêtres, c’est déjà un cadeau fabuleux, mais ils ne nous ont pas inventés. Ils ont choisi d’avoir un enfant, mais ils ne nous ont pas choisis, nous. Ils ne sont pas nos créateurs, mais nos procréateurs… C’est bien grâce à l’employé des postes qu’un message nous parvient, mais ce n’est pas lui qui a écrit le message. » (Stan Rougier, op.cit.)

 

J’existais, et ma vie attestait donc de l’existence d’un Être préexistant ; l’existence même de MON être me révélait un Amour, un Désir, une Volonté sur MOI, qui me posait dans l'existence, sans laquelle je n'aurais pu être, et qui donnait unsens à ma vie, même si je ne savais pas encore lequel.

 

(A suivre…)

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Published by Matthieu BOUCART - dans Témoignage
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14 janvier 2006 6 14 /01 /janvier /2006 13:05

Une des plus grandes grâces qu'un homme puisse recevoir ici-bas est d'avoir en permanence la présence de Marie.

 

"On ne peut pas demander à tout le monde la dévotion totale et le total abandon à Notre Dame", disait le Père Vayssière o.p., parce que c'est une grâce inspirée par le Saint Esprit. Et le Père ajoutait en baissant les yeux : "Moi, je ne sais pas ce qui m'est arrivé, mais je suis tout le temps avec elle".

 

Tous ceux qui prient réellement la Vierge pourraient souscrire à cette confidence du P. Vayssière, surtout s'ils ont fait l'expérience de la présence "visible" de Marie dans leur vie. Il ne s'agit pas de visions imaginaires ou même intellectuelles, il ne s'agit pas même pas de sentir affectivement la présence de Marie.

 

Une personne m'a un jour fait cette confidence ; elle avait connu une grande conversion avec l'expérience sensible de la présence agissante de Marie durant quelque temps, puis tout s'était estompé ; mais il demeurait au fond du coeur un attachement de foi à Marie, qu'elle traduisait par la récitation continuelle du chapelet. Je lui ai dit de ne pas s'inquiéter, car c'est la véritable dévotion à la Vierge.

 

A certains jours, on s'interroge vraiment pour savoir si on aime la Vierge, car il n'y a rien de sensible dans notre relation à elle, mais on la sent présente dans tout ce qu'on pense, dit ou fait. Comme dit le Père Vayssière, "on est avec elle", avec tout ce que cette préposition connote de force, d'amitié, voire d'intimité. Certains iront même jusqu'à dire qu'ils sont en elle : autant d'expressions qui essaient d'approcher ce mystère d'intimité, sans jamais l'épuiser.

 

(Extrait de "Le chapelet, un chemin vers la prière incessante", de Jean Lafrance, Mediaspaul, 1997, pages 20, 23 et 24)

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