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19 décembre 2006 2 19 /12 /décembre /2006 11:02

[Nous poursuivons, chers lecteurs, notre lecture continue du livre de Saint Alphonse de Liguori sur le Grand moyen de la Prière.]  

 

II. LA CONFIANCE AVEC LAQUELLE NOUS DEVONS PRIER

    

Le principal avis que nous donne l'Apôtre saint Jacques si nous voulons obtenir les grâces de Dieu par la prière, c'est que nous priions avec la confiance assurée d'être exaucés si nous prions, comme il se doit, sans hésiter : « Qu'il demande avec foi sans hésitation » (Jc 1, 6). Saint Thomas nous enseigne que si la prière doit à la charité le pouvoir de mériter, c'est de la foi et de la confiance qu'elle tient son efficacité : « La prière doit à la charité la vigueur de son mérite, à la foi et la confiance l'efficacité de sa demande ».

Saint Bernard dit de même : c'est la confiance seule qui nous obtient les miséricordes de Dieu : « Oui, seule l'espérance obtient auprès de toi un droit à la compassion ». Le Seigneur se réjouit infiniment de notre confiance en sa miséricorde, car nous honorons et exaltons ainsi la bonté infinie qu'il a voulu manifester au monde en nous créant. Ô mon Dieu, s'écriait le Prophète Roi, que tous ceux qui espèrent en vous se réjouissent, parce qu'ils seront éternellement heureux et que vous habiterez toujours en eux ! « Joie pour tous ceux que tu abrites, réjouissance à jamais » (Ps 5, 12). Dieu protège et sauve tous ceux qui ont confiance en lui : « Il est, lui, le bouclier de quiconque s'abrite en lui » (Ps 18 (17), 31). « Tu sauves ceux qui espèrent en toi » (Ps 17 ( 16), 7)... Oh ! quelles magnifiques promesses sont faites, dans les Saintes Ecritures, à ceux qui espèrent en Dieu ! Ils ne tomberont pas dans le péché. « Tous ceux qui espèrent en lui ne tomberont pas » (Ps 34 (33), 23). Oui, dit David, le Seigneur tient les yeux tournés vers tous ceux qui se confient en sa bonté, pour les délivrer par son secours de la mort du péché : « Voici, l'oeil de Yahvé sur ceux qui le craignent, sur ceux qui espèrent son amour, pour préserver leur âme de la mort » (Ps 33 (32), 18-19). Dieu dit ailleurs : « Puisqu'il s'attache à moi, je l'affranchis, je l'exalte...Je le délivre et je le glorifie » (Ps 91(90), 14-15). Notons le mot « puisque » : puisqu'il s'est confié à moi, je le protégerai, je le libérerai de ses ennemis et du danger de tomber, et finalement je lui donnerai la gloire éternelle. Isaïe parle de ceux qui mettent leur espérance en Dieu : « Ceux qui espèrent en Yahvé renouvellent leur force, ils déploient leurs ailes comme des aigles, ils courent sans s'épuiser, ils marchent sans se fatiguer » (Is 40, 31). Ils cesseront d'être faibles, ils acquerront en Dieu une grande force, ils ne failliront pas, ils n'éprouveront même pas de fatigue à marcher sur la voie du salut, ils courront et voleront comme des aigles : « Dans la conversion et le calme était votre salut » (Is 30,15). En somme, dit ce même prophète, notre force consiste à mettre toute notre confiance en Dieu et à rester tranquilles et sereins c'est-à-dire à nous reposer dans les bras de sa miséricorde, sans compter sur nos talents personnels ni sur les moyens humains.

Est-il jamais arrivé que quelqu'un ait mis sa confiance en Dieu et se soit ensuite perdu ? « Qui donc, confiant dans le Seigneur, a été confondu ? » (Si 2, 10). Cette confiance donnait à David la certitude qu'il ne se perdrait jamais : « J'ai espéré dans le Seigneur, je ne serai pas confondu » (Ps 31 (30),1). Est-ce que par hasard, demande saint Augustin, Dieu pourrait nous tromper alors qu'il s'offre à nous soutenir dans les dangers, si nous nous appuyons sur lui ? Voudrait-il se dérober à nous au moment même où nous recourons à lui ? « Dieu ne se joue pas de nous au point de s'offrir à nous aider et de se dérober ensuite à ceux qui s’appuient sur lui ». David appelle bienheureux ceux qui se confient dans le Seigneur : « Heureux, qui se fie à toi » (Ps 84 (83), 13). Et pourquoi ? Parce que, dit ce même prophète, celui qui se confie en Dieu se trouvera toujours entouré par la divine miséricorde : « Celui qui se confie en Yahvé est entouré de sa miséricorde » (Ps 32 (31),10). Il sera tellement entouré et gardé par Dieu de tous côtés qu'il restera à l'abri des ennemis et préservé du danger de se perdre.

C'est pourquoi l'Apôtre nous recommande tant de garder la confiance en Dieu. Celle-ci, nous assure-t-il, nous obtient de lui grande récompense : « Ne perdez donc pas votre assurance ; elle a une grande et juste récompense » (He 10, 35). Telle sera notre confiance, telles aussi les grâces que nous recevrons de Dieu ; si notre confiance est grande, grandes seront aussi les grâces : « Une grande foi mérite de hautes récompenses ». Selon saint Bernard, la divine miséricorde est une fontaine immense : plus ample en fait de confiance est le vase que l'on y porte, plus grande est l'abondance des biens que l'on rapporte : « L'huile de la miséricorde, tu ne la déposes que dans le vase de la confiance ». Le Prophète l'exprimait déjà : « Sur nous soit ton amour, Yahvé, comme notre espoir est en toi » (Ps 33 (32), 22). Le centurion en est témoin, lui dont le Rédempteur a loué la confiance : « Va ! Qu'il t'advienne selon ta foi » (Mt 8,13). Et le Seigneur révéla à sainte Gertrude : celui qui le prie avec confiance lui fait en quelque sorte tant de violence qu'il ne peut pas ne pas l'exaucer en tout ce qu'il demande. « La prière, dit saint Jean Climaque, fait une pieuse violence à Dieu ». Oui, la prière fait violence à Dieu mais une violence qui lui est chère et agréable. « Avançons-nous donc avec assurance vers le trône de la grâce afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce pour une aide opportune » (He 4, 16). Le trône de la grâce c'est Jésus Christ qui siège à présent à la droite du Père : non pas sur un trône de justice mais de grâce, pour nous obtenir le pardon, si nous sommes en état de péché, et le secours pour persévérer, si nous jouissons de son amitié. A ce trône, il nous faut recourir toujours avec confiance, c'est-à-dire avec la confiance que nous inspire la foi en la bonté et la fidélité de Dieu. N'a-t-il pas promis d'exaucer ceux qui le prient avec une confiance ferme et vraie ? Ceux qui, au contraire, le font en hésitant et en doutant, dit saint Jacques, doivent bien penser qu'ils ne recevront rien : « Celui qui hésite ressemble au flot de la mer que le vent soulève et agite. Qu'il ne s'imagine pas, cet homme-là, recevoir quoi que ce soit du Seigneur » (Jc 1, 6-7). Il ne recevra rien parce que sa méfiance injustifiée empêchera la divine miséricorde de l'exaucer : « Tu n'as pas demandé comme il faut, dit saint Basile, parce que tu as demandé en doutant ». Tu n'as pas reçu la grâce parce que tu l'as demandée sans confiance. Notre confiance en Dieu, dit David, doit être solide comme une montagne qui ne se déplace pas au moindre coup de vent : « Qui s'appuie sur Yahvé ressemble au mont Sion ; rien ne l'ébranle, il est stable pour toujours » (Ps 125 (124), 1). Le Rédempteur nous en prévient, si nous voulons obtenir les grâces que nous sollicitons : « Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l'avez déjà reçu et cela vous sera accordé » (Mc 11, 24). Quelle que soit la grâce que vous demandez, croyez ferme que vous l'aurez et vous l'obtiendrez sûrement !

Mais, dira quelqu'un, je ne suis qu'un misérable. Sur quoi vais je donc fonder ma confiance d'être exaucé ? Sur la promesse de Jésus Christ : « Demandez et vous recevrez » (Jn 16, 24). Demandez et vous obtiendrez. « Qui voudrait être trompé, lorsque c'est la vérité qui promet ? » dit saint Augustin. Comment pouvons-nous douter d'être exaucés, alors que c'est Dieu, la Vérité même, qui promet de nous écouter et de nous exaucer ? « Il ne nous pousserait pas à demander, dit ce saint Docteur, s'il ne voulait pas nous exaucer ? ». Le Seigneur ne nous engagerait certainement pas à lui demander ses grâces s'il n'était pas décidé à nous les accorder. Or il ne cesse de nous y exhorter maintes et maintes fois dans les Saintes Ecritures : Priez, demandez, cherchez, etc. et vous obtiendrez tout ce que vous désirez : « Demandez ce que vous voudrez et vous l'aurez » (Jn 15,7).

Pour nous inculquer cette confiance, le Seigneur nous a appris, dans le Pater Noster, à appeler Dieu, lorsque nous recourons à lui pour lui demander ses grâces, et elles sont toutes contenues déjà dans l'oraison dominicale, non pas Seigneur mais Père : Notre Père ! Il veut, en effet, que nous recourions à Dieu avec la confiance même d'un enfant pauvre ou malade qui sollicite de son propre père des moyens de subsistance ou quelque remède. Si un enfant est sur le point de mourir de faim, il suffit qu'il paraisse devant son père et celui-ci aussitôt lui fournira de la nourriture. Si l'enfant vient à être mordu par un serpent venimeux, il suffira qu'il montre sa blessure à son père et celui-ci y appliquera aussitôt le remède voulu.

Prenant donc appui sur les promesses divines, prions toujours avec une confiance, non pas vacillante mais solide et ferme, comme dit l'Apôtre Paul : « Gardons indéfectible la confession de l'espérance, car celui qui a promis est fidèle » (He 10, 23). Aussi certain que Dieu est fidèle en ses promesses, aussi certaine doit être notre confiance qu'il nous exaucera. Peut-être nous trouverons-nous parfois dans un état d'aridité spirituelle ou serons-nous troublés par quelque faute, et ne ressentirons-nous pas dans la prière la confiance sensible que nous souhaiterions ? Efforçons-nous cependant de prier, parce que Dieu ne manquera pas de nous exaucer, et même d'autant mieux que nous prierons alors en nous défiant davantage de nous-mêmes et en nous appuyant uniquement sur la bonté et la fidélité de Dieu, qui a promis d'exaucer qui le prie. Oh ! comme le Seigneur se réjouit de nous voir dans nos moments de tribulations, de craintes, de tentations, espérer contre toute espérance, c'est-à-dire réagir contre le sentiment de défiance qui provoque en nous notre désolation intérieure. L'Apôtre Paul loue à ce sujet le Patriarche Abraham dont il est dit : « Espérant contre toute espérance, il crut » (Rm 4,18). Selon saint Jean, qui met en Dieu une ferme confiance se sanctifie certainement : « Quiconque a cette espérance en lui se rend saint comme lui-même (Jésus) est saint » (1 Jn 3, 3), parce que Dieu fait abonder les grâces en tous ceux qui ont confiance en lui. C'est par cette confiance que tant de martyrs, de jeunes filles et d'enfants, ont pu, malgré la frayeur que leur inspiraient les tortures préparées par les tyrans, supporter ces souffrances et braver les bourreaux. Quelquefois, dis-je, nous prions mais il nous semble que Dieu ne veuille pas nous écouter : continuons alors à prier et à espérer ! Disons comme Job : « Il peut me tuer, je n'ai d'autre espoir » (Jb 13, 15). Mon Dieu, alors même que vous me chasseriez loin de vous, je ne cesserai pas de vous prier et d'espérer en votre miséricorde.

Agissons de même et nous obtiendrons du Seigneur tout ce que nous souhaitons. C'est bien ce que fit la Cananéenne, et Jésus exauça tous ses désirs. Cette femme, dont la fille était possédée du démon, priait le Rédempteur de l'en délivrer : « Aie pitié de moi... Ma fille est cruellement tourmentée par le démon » (Mt 15, 22-29). Je ne suis pas envoyé pour les étrangers, lui répondit Jésus, mais uniquement pour les Juifs. Mais elle ne se découragea pas et continua à prier avec confiance : Seigneur, vous pouvez me consoler, vous devez me consoler : « Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens ». « Mais, mon Seigneur, ajouta-t-elle, oh justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leur maîtres ! » Jésus loua cette femme de sa confiance et lui accorda la faveur qu'elle demandait : « Ô femme, grande est ta foi ! Qu'il advienne selon ton désir ! ». Qui a jamais appelé Dieu à son secours, dit Ben Sirac le Sage, et s'est vu méprisé de lui et pas secouru ? « Qui l'a imploré sans avoir été écouté ? » (Si 2, 10). Pour saint Augustin, la prière est une clé qui ouvre le ciel en notre faveur ; à l'instant même où notre prière monte vers Dieu, la grâce que nous demandons descend vers nous : « La prière du juste est la clé du ciel ; monte la prière et descend la compassion de Dieu ». Le Prophète Roi a écrit : nos demandes vont de pair avec la miséricorde de Dieu : « Béni soit Dieu qui n'a pas écarté ma prière ni son amour loin de moi » (Ps 66 (65), 20). Saint Augustin ajoute : Quand nous prions le Seigneur, nous devons être sûrs que déjà il nous exauce : « Tu n'as pas éloigné de toi la prière ? Sois sûr qu'alors sa miséricorde ne s'est pas non plus éloignée de toi ». Vraiment, jamais je ne me sens plus tranquille et confiant pour mon salut que lorsque je suis occupé à prier Dieu et à me recommander à lui. Tous les autres fidèles éprouvent sans doute le même sentiment. Les autres signes de notre salut sont incertains et trompeurs. Ce qui est certain et infaillible, c'est que Dieu exauce ceux qui le prient avec confiance, tout comme il est absolument certain que Dieu ne peut manquer à ses promesses. Quand nous nous sentons faibles et incapables de surmonter quelque passion ou quelque grande difficulté ou pour accomplir ce que le Seigneur nous demande, disons courageusement avec l'Apôtre : « Je puis tout en celui qui me rend fort » (Ph 4, 13). Ne disons pas comme certains : Ce n'est pas possible, je n'ai pas confiance. Bien sûr, par nos propres forces nous ne pouvons rien mais, avec le secours de Dieu, nous pouvons tout. Supposons que Dieu dise à quelqu'un : Prends cette montagne sur tes épaules je vais t'aider à la porter. Celui qui répondrait : Non, je n'en ai pas la force, ne serait-il pas un sot ou un infidèle ? De même, quand nous nous reconnaissons misérables et faibles et que les tentations nous assaillent plus violemment, ne nous décourageons pas, levons les yeux vers le Seigneur et disons comme David : « Yahvé est pour moi, plus de crainte, que me fait l'homme à moi ? » (Ps 118 (117), 6). Avec l'aide de mon Seigneur, je vaincrai et mépriserai tous les assauts de mes ennemis. Quand nous sommes en danger d'offenser Dieu ou dans quelque situation grave et que, dans notre trouble, nous ne savons que faire, recommandons-nous à Dieu : « Yahvé est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? » (Ps 27 (26), 1). Soyons sûrs qu'alors Dieu nous donnera sa lumière et nous préservera de tout mal.

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