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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 17:27

Vendredi 26 juin 1981.

Le groupe des six enfants (Ivanka, Mirjana, Vicka, Ivan Dragicevic, Marija et Jacov) retourne sur le lieu de la première apparition. Marinko, qui habite entre Vicka et Marija, les accompagne.

Soudain, les enfants disparaissent dans les fourrés. Ils sont attirés deux à trois cent mètres plus à droite, un peu plus haut. Marinko, lui, ne voit rien.

Lorsqu’ils arrivent, 1.000 personnes les y ont précédé. La rumeur a-t-elle suffi à rassembler tant de monde ? Non, une lumière a jailli par trois fois. On l’a vue au-delà du village.

Vicka s’est munie d’une bouteille d’eau bénite, sur le conseil de sa maman.

- Si ce n’est pas bon, l’eau bénite la chassera ! disait la mère.

La voilà donc qui asperge vigoureusement l’apparition, comme autrefois Bernadette, en adjurant :

- Si tu es la Gospa, reste avec nous ; sinon, laisse-nous !

La Gospa sourit. Elle semble heureuse de ce rite, et répond en souriant :

- N’ayez pas peur, c’est moi !

Ivanka demande pourquoi elle est venue ici et ce qu’elle désire d’eux. Notre-Dame répond :

- Je suis venue parce qu’il y a ici beaucoup de vrais croyants. Je désire être avec vous pour convertir et réconcilier le monde entier.

Ivanka demande si sa maman a dit quelque chose pour elle :

- Obéis à la grand-mère et aide-la, parce qu’elle est âgée !

Mirjana demande des nouvelles de son grand-père décédé récemment :

- Il est bien.

Les voyants à la demande de la foule réclament un signe pour prouver la réalité des apparitions :

- Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui croient !

Mirjana demande : « Qui es-tu ? »

- Je suis la Bienheureuse Vierge Marie.

Autres questions des enfants :

- Pourquoi nous apparais-tu à nous ? Nous ne sommes pas meilleurs que les autres ?

- Je ne choisis pas forcément les meilleurs.

Reviendras-tu ?

- Oui, au même endroit qu’hier.

C’est ce jour-là qu’ils ont entendu les premiers mots, les mots clefs, du message, qui reviendront aux apparitions suivantes :

- Paix, Paix, Paix ! Réconciliez-vous !

Puis ces mots d’adieu :

- Allez dans la paix de Dieu.

« En descendant, raconte Vicka, Marija, qui marchait toujours vite, nous avait devancés. Elle était seule, et tout d’un coup, elle s’est trouvée à côté du chemin, comme si elle avait été poussée par quelqu’un… du côté gauche. Alors la Sainte Vierge lui est apparue, à elle seule, avec une grande croix. Elle était triste et parlait en pleurant :

- Paix, paix, paix, réconciliez-vous ! Seulement la paix ! Faites la paix avec Dieu et entre vous. Pour cela, il vous faut croire, prier, jeûner et vous confesser.

Marija sort de là, bouleversée : la croix et les larmes de Marie ont pénétré profondément dans son cœur…

Une épreuve commence, qui va durer pour les voyants :

- La foule nous assiégeait. Tout le monde voulait savoir ce qui s’était passé, jusque tard dans la nuit.

Les évènements de ce vendredi 26 juin 1981 sont relatés dans les deux ouvrages suivants:

- Père René Laurentin, "La Vierge apparaît-elle à Medjugorje?", Editions François-Xavier de Guibert.

- Cyrille Auboyneau,  "Paroles du Ciel", Editions des Béatitudes.

 

 

(Cf. La position de l'Eglise sur Medjugorje + Bibliographie février 2006).

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25 juin 2006 7 25 /06 /juin /2006 11:36

Lu dans l'Echo de Marie Reine de la Paix, n° 187 (mai-juin 2006), page 6, sous la plume de Don Nicolino Mori :

Le 25 juin 2006 marque les 25 ans d’apparitions de la Sainte Vierge à Medjugorje. Un fait extraordinaire sous de nombreux aspects, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre, et ce fleuve, selon toute probabilité, deviendra encore plus grand par tout ce qu’on déclarera et écrira encore.

Mais la Sainte Vierge ne vient pas pour faire écrire des livres ou pour faire discuter les prêtres. Notre-Dame a au cœur le salut du monde, ou mieux, de chaque fils de Dieu, qui vient sur la terre dans cette génération.

Pour moi, cette échéance de 25 ans renvoie à une autre échéance, celle du Jubilé qui tombe aussi tous les 25 ans et qui est appelé « année de grâce » depuis l’Ancien Testament. Et la référence biblique qu’elle me suggère est le passage du prophète Isaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi… parce qu’il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, panser les plaies des cœurs brisés, proclamer la liberté aux prisonniers, promulguer l’année de grâce du Seigneur » (Is. 61. 1 ss).

En relisant ces lignes, on trouve tout Medjugorje. Qui, plus que Marie a reçu en cadeau l’Esprit du Seigneur ? Elle en est l’épouse ; a conçu par son œuvre ; elle a été couverte de son ombre et, pour que ceci n’apparaisse pas un cas singulier, elle a partagé le don de l’Esprit avec les Apôtres à la Pentecôte, c’est-à-dire avec l’Eglise naissante. Comme [« membre suréminent et absolument unique de l'Eglise, modèle et exemplaire admirables pour celle-ci dans la foi et dans la charité », ainsi que la] définit le Concile Vatican II (LG 53), Marie possède toutes les caractéristiques et les fonctions que Jésus, chef du Corps Mystique, a transmis à tout le peuple de Dieu : la fonction prophétique, sacerdotale et royale.

Il n’y a pas de prophète qui ne soit mandaté, et Marie a dit à de nombreuses reprises que ces apparitions ne sont pas de sa propre initiative, mais c’est Dieu qui l’envoie, quand et où Il veut. A ce propos, peu de sens ont les commentaires un peu ironiques de certains auxquels il semble que la Sainte Vierge parle un peu trop. Le prophète envoyé par Dieu est une sentinelle et ne peut se taire face au péril, sinon il se couvrirait d’une énorme responsabilité (…).

Mais comme tous les prophètes, Marie n’est pas écoutée, même pas dans sa patrie, dans l’Eglise. Dans ce temps il y a sûrement l’œuvre de Satan dont tant de fois Notre-Dame nous a mis en garde ; mais si le Seigneur permet cela, c’est sûrement en vue d’un plus grand bien.

Permettons que ce mystère de grâce se déploie dans le temps, tant que le Seigneur voudra et comme il le désire ; à nous, dont la Sainte Vierge a touché le cœur, d’obtenir dans cette année jubilaire une fidélité toujours plus grande à ses messages, le don de la prière et la paix profonde du cœur.

***

25 juin 1981, vers 18 h 15. Ivanka, Mirjana et Vicka reprennent le chemin Sous-la-colline (Podbro).

- Si c’est la Gospa, peut-être qu’elle reviendra !

A peine arrivées, les trois jeunes filles voient la silhouette lumineuse au même endroit qu’hier, vers le sommet de la colline. Cette fois, elle n’a pas d’enfant dans ses bras.

Vicka court prévenir Marija (la sœur de Milka, la bergère) :

- Elle est là !

Marija la suit, accompagnée du petit Jacov (10 ans). Selon les témoins, ils volent littéralement sur le sol, et en un instant se trouvent au sommet face à l’apparition, au lieu aujourd’hui marqué par de nombreuses croix.

Là-haut, la jeune fille lumineuse leur fait signe d’approcher. Cette fois, les enfants n’hésitent pas…

La femme de lumière est là, douce et souriante, les pieds dans le petit nuage qui lui sert de piédestal, à 30 cm au-dessus du sol. Sa robe est d’un gris lumineux, argenté, indéfinissable. Un voile blanc couvre sa tête ; il laisse voir les cheveux noirs et tombe très bas, en dessous du petit nuage. Tout ce concentre dans le regard des yeux bleus de la Dame. Les voyants sont tout près, à pouvoir la toucher…

Ce 25 juin 1981, la Dame leur parla pour la première fois. Quelles furent ses premières paroles ? Elle dit aux voyants, et à travers eux au monde entier :

- Loué soit Jésus.

C’est le grand message de la Sainte Vierge, la première parole et aussi la plus importante. A chaque apparition sans exception, la Mère de Dieu saluera ainsi : « Loué soit Jésus ». Selon l’exégèse biblique ancienne, toute chose est contenue dans son propre commencement. Il en est de même pour Medjugorje : tout Medjugorje se trouve contenu dans ces premiers moments et ces premières paroles.

Ivanka demande ensuite des nouvelles de sa maman décédée deux mois plus tôt :

- Elle est heureuse. Elle est avec moi.

Les voyants demandent à Notre-Dame si elle reviendra le lendemain. Notre-Dame répond affirmativement par un signe de la tête.

Au bout d’un moment indéfinissable, elle leur dit :

- Au revoir, mes anges.

Puis elle disparaît à leurs yeux. Sa lumière s’éteint après elle. Les voyants se retrouvent là, émus, au bord des larmes.

Il y avait ce jour-là sur la colline 13 autres garçons et filles, montés là-haut par un autre chemin. Un seul vit l’apparition : Ivan Dragicevic, qui s’était enfui hier.

Sur le chemin du retour, Ivanka pleurait de bonheur, témoigne Marinko Invakovic, leur voisin. Il guette le retour des voyants au village. Voilà Ivanka. Elle se jette au cou de sa grand-mère :

- Maman va bien ! Elle est au Paradis ! C’est la Gospa qui me l’a dit !

Impressionné, Marinko se rend à la paroisse pour rapporter l’évènement. Le curé étant absent, le vicaire écoute froidement la nouvelle :

- Qui a le don de voir, à lui de voir, répond-il sentencieusement.

Le ton affiche un total désintérêt. Marinko en est tout interloqué.

Les évènements de ce jeudi 25 juin 1981 sont admirablement relatés dans les deux ouvrages suivants:

- Père René Laurentin, "La Vierge apparaît-elle à Medjugorje?", Editions François-Xavier de Guibert.

- Cyrille Auboyneau,  "Paroles du Ciel", Editions des Béatitudes.

 

 

(Cf. La position de l'Eglise sur Medjugorje + Bibliographie février 2006).

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24 juin 2006 6 24 /06 /juin /2006 10:49

Chers amis lecteurs,

Ce jour est un jour de grande grâce pour l’Eglise.

Ce samedi suivant la Solennité du Sacré-Cœur de Jésus est en effet le jour où nous célébrons habituellement la fête du Cœur immaculé de la Vierge Marie.

Rappelons à cet égard le dialogue entre la Sainte Vierge et la petite Lucie, le 13 juin 1917 à Fatima :

- Je voudrais vous demander de nous emmener au Ciel, dit la petite fille.

- Oui, Jacinthe et François je les emmènerai bientôt, mais toi, tu resteras ici pendant un certain temps. Jésus veut se servir de toi afin de me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. À qui embrassera cette dévotion, je promets le salut ; ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par Moi pour orner Son trône.

Que l’anniversaire de la première apparition de Medjugorje, ce 24 juin 1981, tombe providentiellement le jour de la fête du Cœur immaculé de Marie (même si la célébration du Jubilé aura lieu officiellement demain, dimanche 25 juin), cela me paraît prophétique… La Sainte Vierge n’a-t-elle pas encore parlé à Medjugorje de la dévotion à son Coeur immaculé, le 25 octobre 1988 :

« Chers enfants, mon invitation à vivre les messages que je donne est un appel de tous les jours. C'est surtout, petits enfants, que je veux vous rapprocher du Cœur de Jésus ! Petits enfants, voilà pourquoi je vous invite aujourd'hui à la prière de consécration à Jésus, mon Fils bien-aimé. Ainsi chacun de vos cœurs lui appartiendra. Ensuite, je vous invite à la consécration à mon Cœur Immaculé. Je souhaite que vous vous consacriez personnellement, mais aussi en tant que familles et que paroisses. Ainsi tout appartiendra à Dieu par mes mains. Mais priez, petits enfants, pour saisir la grandeur du message que je vous donne là ! Je ne veux rien pour moi, mais tout pour le salut de vos âmes. Satan est puissant, c'est pourquoi, petits enfants, par la prière persévérante, blottissez-vous contre mon cœur de Mère. Merci d'avoir répondu à mon appel. »

Ce 24 juin est également la fête de St Jean-Baptiste, le Précurseur. Et c’est en ce jour aussi que sont ordonnés, au moment où j’écris ces lignes, huit nouveaux jeunes prêtres pour le diocèse de Paris. « Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! » a-t-on envie de s'écrier. Quelle merveille pour ces prêtres de recevoir ainsi l’onction sacerdotale en ce jour si beau et si important  pour l’Eglise universelle ! Et quelle joie toute spéciale en ce jour pour tous les enfants de Marie, spécialement consacrés à son Cœur tendre et immaculé !

***

Mais que s’est-il donc passé en ce mercredi 24 juin 1981 à Medjugorje ?

Je ne saurai que trop vous recommander à cet égard la lecture du magistral ouvrage du Père René Laurentin, "La Vierge apparaît-elle à Medjugorje?" (aux Editions François-Xavier de Guibert). Le Père Laurentin y relate en effet les évènements de ce 24 juin 1981, minute par minute pourrait-on dire, avec une foultitude de détails.

Vers 15 heures ce jour-là, deux adolescentes, Ivanka (15 ans) et Mirjana (16 ans) vont se promener. Que vont-elles faire ? L’histoire nous le révèlera bien plus tard… et pour cause ! Elles s’en allaient… fumer en cachette ! C’est dans un grand sourire qu’Ivanka déclara le 25 juin 1986 : « Eh bien oui, nous allions fumer. Nous avions acheté un paquet de cigarettes en ville ! ». On voit que la Sainte Vierge ne choisit pas les "meilleurs", ainsi qu'elle le dira elle-même un peu plus tard…

Sur le chemin du retour, à 50 pas des premières maisons du village, au carrefour d’un petit chemin qui s’enfonce dans les terres, vers l’Eglise, Ivanka voit soudain une forme insolite, là-haut sur la colline : une forme lumineuse. C’est une femme, lointaine, indistincte, là-haut, à 200 mètres peut-être.

- C’est la Gospa ! (Notre-Dame), murmure-t-elle.

- Ca ne peut pas être la Gospa ! réplique vivement Mirjana.

Malgré l’attrait incompréhensible qu’elles ressentent toutes les deux, la crainte l’emporte. Elles rebroussent chemin en hâte, et rentrent au village. Elles rencontrent Milka (12 ans), une voisine qui va chercher ses brebis, à 300 mètres sur le chemin, et partent avec elle.

Au pied de l’autre colline, vers Silici et Krizevac, Ivanka voit à nouveau l’apparition. Elle la voit plus nettement que la première fois : toujours là-haut, sur sa droite, lumineuse, élevée sur un petit nuage qui lui sert de piédestal. Elle semble porter un enfant sur son bras, et d’une invitation de la main, semble leur dire : « Approchez »…

Arrive Vicka (16 ans), une autre voisine d’Ivanka et Mirjana. Les trois filles, tournées vers la colline, lui crient :

- Regarde la Gospa !

Mais qu’est-ce qu’elles ont ? Qu’est-ce qu’elles regardent ? Vicka est irritée : « Quelle Gospa ? Est-ce une farce, ou bien un serpent qu’elles auraient vu ?... J’ai retiré mes chaussures, et pieds nus, je me suis enfuie, en courant comme une folle ».

Arrivée au village, elle s’arrête, et éclate en sanglots. L’exclamation des deux autres : « Regarde la Gospa » lui a déchiré le cœur...

Vicka se sent mystérieusement attirée vers ce lieu qu’elle vient de fuir. Deux garçons passent alors : Ivan Ivankovic (20 ans), et Ivan Dragicevic (16 ans). Rassurée par la présence des deux jeunes hommes, elle retourne au lieu de l’apparition. Celle-ci se manifeste à nouveau. Ivan Dragicevic voit, lui aussi, mais saisis de frayeur, les deux garçons s’enfuient tous deux en courant…

Vicka reste là, fascinée : « C’était la silhouette d’une merveilleuse jeune fille. Elle tenait dans ses bras un enfant. Elle s’occupait de lui, elle le couvrait, puis le découvrait. A plusieurs reprises, elle nous a fait signe de la main : Approchez ! » Mais Vicka n’osera pas… Et l’apparition ne dira rien ce jour-là.

Vicka reste campée là 5 à 6 minutes. Puis la crainte finit par l’emporter : « Je me suis de nouveau enfuie… Où ? Chez moi, bien sûr ! J’étais heureuse et, en même temps, effrayée. J’avais peur, mais j’étais contente. Je me suis jetée sur le divan, et je n’arrêtais pas de pleurer, pleurer… »

L’aventure n’est pas prise au sérieux par l'entourage des enfants :

- Mais vous rêvez mes enfants !

- Vous voyez des soucoupes volantes !

- Ca ne va pas dans vos petites têtes !

***

Deux choses me paraissent remarquables dans ce récit :

- L’apparition de Jésus lui-même, dont on parle peu, dans les bras de Marie ;

- et le fait que Ivan Ivankovic et Milka, qui ont tous deux assistés à cette première apparition, ne la verront plus par la suite. Chaque « voyant » aura en effet une histoire particulière avec l’apparition, et c’est aussi ce qui fait la spécificité, me semble-t-il, des évènements de Medjugorje.

Voilà donc ce qui s’est passé, ce mercredi 24 juin 1981, à Medjugorje. Il y a tout juste 25 ans…

(Cf. La position de l'Eglise sur Medjugorje + Bibliographie février 2006).

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21 juin 2006 3 21 /06 /juin /2006 18:04

Alors que tous les "enfants de Medjugorje" s'apprêtent à fêter dans la joie le 25e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie dans ce petit village de Bosnie-Herzégovine, ce samedi 24 juin 2006 (qui tombe providentiellement cette année le jour où l'on célèbre habituellement... le Coeur immaculé de Marie!), je vous propose un petit témoignage personnel rédigé au pied levé à la demande d'une amie étudiante.

 

Je suis allé à Medjugorje la première fois en pélerinage-retraite en 2002. Pourquoi avoir choisi Medjugorje comme destination ? J’en avais certes beaucoup entendu parler, notamment dans la presse catholique, mais plutôt en mal, il faut bien le dire. C’est l’enthousiasme de deux grands témoins qui m’ont finalement décidé à m’y rendre : un prêtre et un évêque, le Père Daniel Ange et Mgr André-Mutien Léonard, évêque de Namur.

 

A cette époque de ma vie, je sentais que le Seigneur voulait m’apprendre à connaître sa Mère. Depuis ma conversion, j’ai toujours eu beaucoup de difficulté à prier Marie, à vivre avec Marie. Je n’ai pas de dévotion « naturelle » envers Marie. Mais à Medjugorje, j’ai réalisé l’importance de la Sainte Vierge dans le projet de Dieu, ainsi que dans ma propre vie de foi. « Tu es venu ici, à Medjugorje, pour rencontrer la Femme », m’a murmuré un jour le Seigneur.

 

Quelque chose du mystère de Dieu m’était ainsi révélé en Marie. Car comment mieux entrer dans la connaissance du Tout-Autre qu’est Dieu, sinon en apprenant à connaître l’Autre, qu’est la Femme.

 

Beaucoup craignent que la dévotion à Marie ne détourne les âmes du Christ. Quelle erreur ! La dernière parole de Jésus sur la Croix, avant de rendre l’esprit, fut adressée à Jean, et à travers lui, à toute l’Eglise : « Voici ta Mère »Comment prétendre être fidèle au Christ si l’on n’écoute pas sa parole, et si l’on ne prend pas Marie chez soi, comme lui-même nous le demande. En vérité, qui n’a pas Marie pour Mère n’a pas Jésus pour Maître et pour Seigneur.

 

Beaucoup trouvent que Marie parle beaucoup à Medjugorje, et que cela contraste singulièrement avec la figure de Marie dans les Evangiles, femme d’oraison, de contemplation et de silence, gardant toutes choses dans son cœur. Mais « quiconque s’abaisse sera élevé », annonçait prophétiquement le Seigneur Jésus. Après l’abaissement de Marie au temps de sa vie terrestre, n’assistons-nous pas au temps de son élévation, de sa glorification ?

 

Beaucoup de pélerins reçoivent de nombreuses grâces sensibles à l’occasion de leur pèlerinage, et j’en ai moi-même reçu beaucoup à Medjugorje, spécialement au cours de mon premier voyage. Mais au-delà de tout cela, il y a la présence de Marie que tout le monde peut expérimenter d’une manière ou d’une autre. A Medjugorje, nous ne voyons pas Marie, nous ne l’entendons pas à la manière des voyants. Elle reste invisible à nos yeux. Mais nous pouvons tous faire l’expérience d’une rencontre avec celle qui nous conduit à son Fils Jésus.

 

A Medjugorje, Marie nous révèle à nous même. La mission d’animation liturgique que j’accomplis dans l’Eglise aujourd’hui, je l’ai reçu là-bas. Je venais comme beaucoup à Medjugorje avec mes blessures, mes peines, mes souffrances ; j’y attendais la guérison, la délivrance, une lumière spéciale sur ma vie. Je n’ai rien reçu de cela, mais je suis reparti avec une Mission pour l’Eglise, Mission que je continue d’accomplir aujourd’hui au service de mes frères. Non, décidément, les chemins du Seigneur ne sont pas nos chemins…

 

 

(Cf. La position de l'Eglise sur Medjugorje + Bibliographie février 2006).

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15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 10:39

Chers amis lecteurs,

Voici un article du Père Joseph-Marie VERLINDE, publié sur le site Final Age, écrit en réponse à un texte du psychiatre américain Scott Peck, sur la croyance en Dieu.

« Lorsque nous les scientifiques regardons, depuis la supériorité de notre scepticisme, le phénomène de la croyance en Dieu, il ne nous impressionne pas.

« Nous voyons le dogmatisme et ce qui en découle : les guerres, l’Inquisition et les persécutions.

« Nous voyons l’hypocrisie de gens qui prônent la fraternité et tuent leur prochain au nom de leur foi, s’emplissent les poches au détriment des autres, agissent avec brutalité et cruauté.

« Nous voyons la multiplication anarchique des rituels et des images, sans consensus : tel dieu est une femme à six bras ; tel autre est un homme assis sur un trône ; tel autre est un éléphant ; tel autre encore, l’essence du néant ; nous voyons des panthéons, des dieux pour chaque famille, des trinités, des unités…

« Nous voyons l’ignorance, la superstition, la rigidité.

« Le bilan n’est pas fameux.

« Il est tentant de penser que l’humanité serait en meilleure posture sans sa croyance en Dieu, que Dieu n’est pas seulement un cadeau promis qui n’arrive jamais mais, s’il arrive, un cadeau empoisonné.

« Il serait même raisonnable de conclure que Dieu n’est qu’une illusion destructrice de l’esprit humain, et que la croyance en Dieu constitue une forme très répandue de psychopathologie qu’il faut absolument guérir.

« Alors on peut se poser la question suivante : la croyance en Dieu est-elle une maladie ?

« Est-ce la manifestation d’un transfert, une idée de nos parents provenant du microcosme et incorrectement transférée dans le macrocosme ?

« Ou, autrement dit, une telle croyance, est-elle une forme de pensée infantile ou primitive dont nous devons nous débarrasser en cherchant de plus hauts niveaux de conscience et de maturité ? »

Scott Peck, Le chemin le moins fréquenté

Cette longue citation donne le ton du discours religieux du Nouvel Age, dont le célèbre psychiatre américain Scott Peck est un des principaux porte-paroles.

Nous avons bien compris qu’il ne s’agit pas de devenir ni a-religieux ni a-thée : mais de passer de la croyance « traditionnelle » en un Dieu transcendant, à celle d’un divin immanent qui s’identifierait ultimement aux profondeurs de notre propre intériorité psychique.

Mais pour en arriver là, il faut au préalable opérer la déconstruction de la religion.

Pour ce faire, notre auteur suit une stratégie « classique » de dénigrement, qui se déploie en trois étapes.

1°) Il commence par traîner la religion devant le tribunal de l’histoire.

Toutes les horreurs – « guerres, l’Inquisition et les persécutions » - ne sont-elles pas dues au fanatisme religieux ? (La référence incontournable à l’Inquisition précise si besoin est, quelle religion est visée en premier.)

Aucune allusion à l’action pacificatrice des saints ni à leurs œuvres de charité qui ont marqué durablement notre culture : la religion est réduite à ses exactions, c’est-à-dire à ses parodies mensongères, fruits de la trahison de l’homme et non de la grâce divine.

Ce discours caricatural est hélas passé dans les axiomes - c’est-à-dire les propositions que l’on ne remet plus en question - du nouveau paradigme, comme en témoigne entre autres, le succès du Da Vinci Code.

2°) Suit la dénonciation de l’hypocrisie, de la cupidité, et de la violence des hommes religieux.

L’argument est d’autant plus fragile, qu’il est évident que ces comportements ne sont pas l’apanage des croyants, loin s’en faut.

Ils ne découlent donc pas de l’orientation religieuse de leur vie, mais tout au contraire du « vieil homme », c’est-à-dire de la part non convertie de leur humanité.

Ils ne sont pas une conséquence de la religion, mais du péché qui nous oppose à Dieu et aux autres au lieu de nous y « relier ».

3°) La thèse suivante est particulièrement pauvre et à vrai dire surprenante sous la plume d’un auteur aussi cultivé - ou du moins sensé l’être. Comment pouvez-vous, Mr Scott Peck, faire fi de toute la pensée symbolique, et identifier les croyances à leurs représentations extérieures ?

Soit vous avouez votre complète ignorance en la matière – auquel cas il vaudrait mieux ne pas aborder le sujet – soit vous profitez de votre autorité intellectuelle pour diffuser délibérément une vision réductrice, bien plus : un véritable pastiche de la pensée religieuse, dans l’intention de la discréditer aux yeux de vos lecteurs.

« L’ignorance » que vous dénoncez, ne fleurit pas là où vous prétendez la dévoiler, et c’est en mettant comme vous le faites le mensonge au service d’a prioris réducteurs, que l’on construit les « dogmatismes » les plus « rigides ».

Au terme de cette caricature de procès, je comprends que « le bilan ne soit pas fameux ».

En fait, vous avouez vos prémisses dans ce que vous faites apparaître comme une conclusion : « L’humanité serait en meilleure posture sans sa croyance en un Dieu qui n’est pas seulement un cadeau promis qui n’arrive jamais mais, s’il arrive, un cadeau empoisonné ».

Telle est sans doute l’image de Dieu à laquelle votre histoire personnelle vous a conduite ; mais une étude tant soit peu approfondie de la question aurait dû vous faire découvrir que la relation établie par la majorité des hommes avec l’Etre divin qu’ils invoquent, ne se réduit pas à cette caricature.

Il est effectivement « raisonnable de conclure » que le dieu que vous décrivez « n’est qu’une illusion destructrice de l’esprit humain, et que la croyance » en cette idole « constitue une forme très répandue de psychopathologie qu’il faut absolument guérir ».

Mais cette critique, et le travail de purification qui en découle, n’effleurent même pas la foi authentique ; car celle-ci est essentiellement une relation d’amour, une communion libératrice, avec le Dieu vivant et vrai, qui se révèle en Jésus-Christ, et se donne à connaître dans l’Esprit.

Nous arrivons ainsi à la question - ou plutôt à la conclusion sous forme interrogative - à laquelle vous vouliez aboutir : « On peut se poser la question suivante : la croyance en Dieu est-elle une maladie ? Est-ce la manifestation d’un transfert, une idée de nos parents provenant du microcosme et incorrectement transférée dans le macrocosme ? Ou, autrement dit, une telle croyance, est-elle une forme de pensée infantile ou primitive dont nous devons nous débarrasser en cherchant de plus hauts niveaux de conscience et de maturité ? »

Sans hésitation je réponds : assurément, la relation à Dieu que vous décrivez relève de la pathologie et doit faire l’objet de soins appropriés. Mais comment pouvez-vous réduire tout le phénomène religieux à une telle pathologie collective ? Comme votre prédécesseur Freud, vous jetez allègrement l’enfant avec l’eau du bain et identifiez purement et simplement la religion à ses déviances pathologiques.

Qu’il y ait des formes de religiosité qui relèvent de la névrose obsessionnelle, c’est hélas évident ; tout comme il est évident qu’un certain nombre de croyants sont restés à l’étape infantile de leur relation à Dieu. Mais affirmer comme vous le faites que toutes les croyances religieuses ne sont que des pathologies ou des stagnations dans l’évolution spirituelle de l’individu, est tout simplement malhonnête.

En fait ce soi-disant « raisonnement » n’est qu’une captatio benevolentia ayant pour but de conduire le lecteur à renoncer à ses croyances pour s’engager dans la quête de « niveaux de conscience » supérieurs.

Nous retrouvons le thème central du Nouvel Age : le chemin de la vraie religion consisterait pour chacun à découvrir sa propre divinité immanente en expérimentant les états modifiés de sa conscience, auxquels des techniques appropriées peuvent lui donner accès.

Scott Peck est séduisant ; son discours se veut profondément humain, spirituel même : ne va-t-il pas jusqu’à affirmer que « Dieu a toujours été avec nous et le sera toujours » ? Mais il ajoute : « La jonction entre Dieu et l’homme est en partie la jonction entre le conscient et l’inconscient. Pour être plus direct, notre inconscient est Dieu. Dieu qui est en nous. Nous avons toujours fait partie de Dieu. De mon point de vue, l’inconscient collectif est Dieu, le conscient est l’homme en tant qu’individu, et l’inconscient personnel est la jonction entre les deux. »

Inutile de préciser que la croyance en un divin impersonnel, qui s’identifie à l’énergie psychique collective d’où émaneraient nos consciences individuelles, est franchement incompatible avec la foi chrétienne.

Nous constatons [d’ailleurs] que la déconstruction de la religion « traditionnelle » n’a d’autre but que de lui substituer une religion de remplacement exaltant la divinité de l’inconscient collectif...

 

 

 

Voir aussi les dernières vidéos du Père Joseph-Marie Verlinde :

Dieu au delà de tout

Une stratégie tristement célèbre

 

 

Réécouter l'interview audio du Père J.M. VERLINDE sur la question de la vérité et de la pluralité des religions

Réécouter l'interview audio du Père J.M. VERLINDE sur le Da Vinci Code

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14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 00:00
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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 13:43

[Le présent article est une nouvelle contribution au passionnant débat engagé sur ce Blog au sujet de la délicate question de la virginité perpétuelle de Marie, et constitue la suite de l'article consacré aux "frères et soeurs" de Jésus, ainsi qu'à ma réponse au Commentaire n° 14 du Pasteur Eric Georges].

 

Pourquoi les Evangélistes n’ont-ils pas été plus explicites au sujet de la virginité perpétuelle de la Vierge Marie ? Je me permets de vous livrer ici, cher Pasteur, le fruit de ma réflexion à ce sujet.

 

1°) Tout d’abord parce que les Evangiles ont été écrits pour faire connaître au monde le nom de Jésus, « en dehors duquel il n’y a pas de salut » (Actes 4. 12). La Bonne Nouvelle du Salut, ce n’est pas d’abord un message ou un évènement, ce ne sont pas des prodiges ou des miracles éclatants, c’est d’abord une personne vivante, c’est Jésus-Christ lui-même ! C’est Lui et Lui seul qui est l’objet de la prédication évangélique, car c’est Lui et Lui seul qui est notre Salut. C’est en Lui que nous trouvons la vie, c’est par Lui que nous allons au Père, et c’est de Lui que vient tout don parfait, y compris celui de la virginité perpétuelle de Marie ! A ce dernier titre, ainsi que l’écrivait Roger Bichelberger : « c'est la foi au Christ et elle seule qui fonde (…) notre vénération pour [la Mère de Dieu]. »

 

Les miracles, les signes et les prodiges, dont celui de la virginité perpétuelle de Marie, ne sont donc jamais premiers dans la prédication évangélique. Ceux-là ne valent d’ailleurs qu’en tant qu’ils signifient la présence du Ressuscité au milieu de nous, et manifestent sa puissance salvifique. Beaucoup ne sont sans doute pas relatés, selon l’aveu même de Saint Jean : « Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait rapporter chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait ainsi. » (Jn 21. 25)

 

2°) Comme vous le dites si bien : les Evangiles « ne se veulent pas des récits biographiques (…). En revanche, ils relatent ce qui sort de l’ordinaire. »

 

La vie continente de Marie après la naissance de Jésus sortait-elle vraiment de l’ordinaire ?

 

Sans doute moins que le mystère même de la conception et de la naissance virginales de Jésus, sur lequel les Evangélistes insistent tant  : le grand mystère de l’Incarnation, la venue de Dieu dans notre condition humaine !

 

Rappelons en outre qu’à l’époque de Jésus, la virginité consacrée n’était pas totalement inconnue. Nombreux étaient en effet ceux et celles qui – tout en vivant chez eux – embrassait cet état de vie, à l’intérieur d’un mouvement lié au « monachisme » de Qumran (les Esséniens).

 

La virginité vécue dans le cadre des fiançailles constituait, il est vrai, une nouveauté radicale et... « détonante » dans le judaïsme contemporain. Mais était-elle finalement si… étonnante pour les Evangélistes, au regard de la Radicale Nouveauté manifestée en Jésus-Christ, dont ils ont eue eux-mêmes à témoigner dans leurs écrits ?

 

Même à supposer que cette virginité perpétuelle de Marie ait pu leur paraître chose extraordinaire, dans le nombre si considérable de faits merveilleux ayant parsemé la vie du Fils de Dieu en notre monde, celui-là n’était peut-être pas le plus éclatant…

 

En tout cas, plus grand-chose ne devait les étonner au sujet du Christ et de tout ce qui le concernait de près ou de loin, et surtout pas la vie chaste et pure de sa mère à laquelle ils étaient tous appelés, eux aussi, tous mariés que certains d’entre eux aient pu être !

 

La continence sexuelle pour le Royaume à laquelle fait allusion Jésus en Mt. 19.11-12, n’était pas condamnation de la sexualité ou du mariage, mais elle s'est très vite imposée comme une évidence aux disciples du Christ désireux de vivre, à l'imitation de leur Maître, un amour sans partage à l'égard de tous, et sans réserve à l'égard de l'Unique. L’extraordinaire n’aurait-il donc pas été pour les Apôtres et Evangélistes que la Mère du Sauveur, première des disciples du Christ, après l'avoir enfanté dans la virginité, ne vécût pas elle-même cette continence pour le Royaume ?

 

3°) Enfin, et peut-être même surtout, les Evangélistes n’ont sans doute pas pris immédiatement la pleine mesure du don que Jésus fit sur la Croix au disciple qu’il aimait.

 

Il a fallu en effet des siècles de contemplation du mystère du Christ et de l’Eglise, pour que le peuple de Dieu entre progressivement dans l’intelligence de cet évènement fondateur, et saisisse la portée véritable du rôle maternel de la Vierge Marie à l’égard de l’Eglise toute entière, Corps mystique du Christ.

 

Comme l’écrivait St Louis Marie Grignion de Montfort : « Dieu le Fils veut se former et, pour ainsi dire, s'incarner tous les jours, par sa chère Mère, dans ses membres (…) Si Jésus-Christ, le chef des hommes, est né en elle, les (…) membres de ce chef, doivent aussi naître en elle par une suite nécessaire. Une même mère ne met pas au monde la tête ou le chef sans les membres, ni les membres sans la tête : autrement ce serait un monstre de nature. De même, dans l'ordre de la grâce » (Traité de la Vraie Dévotion, § 31 et 32)

 

Cette prise de conscience "tardive" du rôle de Marie dans l'économie du Salut est sans doute providentielle ! Car de même qu’il fallut que le Fils de l’Homme meure et ressuscite pour que sa messianité puisse être ouvertement proclamée au peuple d’Israël, sans risque de mésentente quant à la véritable signification de cette messianité (je vous renvoie ici à la question du « secret messianique » dans les Evangiles), de même sans doute fallait-il que Marie montât au Ciel, et que le dernier Apôtre disparaisse, pour que la Gloire de la Mère de Dieu (prémisse de notre propre glorification) éclatât et soit pleinement manifestée au monde, et pour que le mystère de sa maternité ecclésiale soit pleinement dévoilée.

 

Une prise de conscience prématurée du rôle de Marie dans l’Eglise aurait pu en effet ouvrir la brèche à d’innombrables dérives, et prêter le flan à de nombreuses hérésies, ou à tout le moins à des dévotions mal placées.

 

C’est ce que suggère du reste encore St Louis Marie Grignion de Montfort : « Marie n'a presque point paru dans le premier avènement de Jésus-Christ, afin que les hommes encore peu instruits et éclairés sur la personne de son Fils, ne s'éloignassent de la vérité, en s'attachant trop fortement et trop grossièrement à elle, ce qui apparemment serait arrivé si elle avait été connue, à cause des charmes admirables que le Très-Haut avait mis même en son extérieur. Ceci est si vrai que saint Denys l'Aréopagite nous a laissé par écrit que, quand il la vit, il l'aurait prise pour une divinité, à cause de ses charmes secrets et de sa beauté incomparable, si la foi, dans laquelle il était bien confirmé, ne lui avait appris le contraire. Mais dans le second avènement de Jésus-Christ, Marie doit être connue et révélée par le Saint-Esprit afin de faire par elle connaître, aimer et servir Jésus-Christ, les raisons qui ont porté le Saint-Esprit à cacher son Épouse pendant sa vie, et à ne la  révéler que bien peu depuis la prédication de l'Évangile, ne subsistant plus. »(Traité de la Vraie Dévotion, § 48)

 

Ainsi donc, de même qu’il a fallu des siècles et des siècles de préparation du peuple hébreu avant que le Seigneur n’envoie son Fils et ne se révèle au monde dans la vérité de son identité trinitaire, de même aussi a-t-il fallu des siècles d’une lente pédagogie divine, et d’une patiente maturation du peuple de Dieu sous la motion de l’Esprit Saint, pour qu’apparaisse peu à peu l’admirable figure de Marie, dans toute sa splendeur et majesté, sans risque de confusion avec le rôle unique et central du Christ dans le plan divin de Salut de l’humanité.

 

Nous avons d’ailleurs trace dans l’Evangile de cette délicatesse du Seigneur envers les disciples, au sujet des vérités qu’ils ne sont pas encore prêts à porter, et qui ne seront dévoilées qu’après un temps de croissance dans l’Esprit Saint : « J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître » (Jn 16. 12-13).

 

La foi en la virginité perpétuelle de Marie possède donc de solides fondements scripturaires, attestés par l’Histoire, et développés par la tradition catholique sous la conduite de l’Esprit de Pentecôte.

 

Outre ceux que j’ai eu l’occasion d’exposer dans le commentaire auquel vous avez réagi, cher Pasteur, les Pères de l’Eglise se plaisent à citer un autre texte, tiré cette fois de l’Ancien Testament.

 

Il est ainsi écrit dans Ézéchiel 44.2 : "Cette porte sera fermée ; elle ne s'ouvrira point ; et l'homme n'y passera pas parce que le Seigneur Dieu d'Israël est entré par elle."

 

Saint Augustin commente ainsi ce texte : "Que signifie cette porte fermée dans la maison du Seigneur, sinon que Marie sera toujours intacte ? Et que "l'homme n'y passera pas" sinon que Joseph ne la connaîtra pas ? Que signifie : "Seul le Seigneur entre et sort par elle", sinon que le Saint-Esprit la fécondera et que le Seigneur des anges naîtra d'elle ? Et "elle sera fermée pour toujours", sinon que Marie est vierge avant l'enfantement, vierge dans l'enfantement et vierge après l'enfantement ?" 

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10 juin 2006 6 10 /06 /juin /2006 13:04

 

Chers amis lecteurs,

 

Nous poursuivons avec le Père Daniel-Ange, auteur du livre "Touche pas à ma Mère", notre réflexion sur la maternité virginale de Jésus.

 

Après avoir énuméré les présupposés idéologiques sous-jacents à la négation de ce mystère, le Père Daniel-Ange nous convie à une promenade dans le Nouveau Testament, et tout d'abord... dans les Evangiles eux-mêmes.

 

Le premier contradicteur de Jacques Duquesne en effet, ce sont les Evangiles, dans lesquels rien n'est affirmé avec plus de netteté que la naissance virginale de Jésus. C'est une évidence qui ressort de tous les Evangiles.

 

1°) L'Evangile de Matthieu :

 

Il y a tout d'abord la généalogie du Christ. Jésus est présenté comme fils d'Abraham et fils de David... par l'intermédiaire de Joseph, qui est présenté par Matthieu, en rupture avec tout ce qui précède, comme "l'époux de Marie de laquelle fut engendré Jésus".

 

Cette rupture dans la généalogie est tellement spectaculaire que Matthieu se sent obligé d'expliquer ce qui s'est passé. Et c'est la suite de son texte : l'annonce à Joseph. Littéralement, l'Ange dit à Joseph : "Ton épouse fut trouvée ayant en son ventre de par l'Esprit Saint". Ce qui signifie clairement que quelqu'un d'autre que lui est intervenu dans cette mystérieuse conception de Jésus, quelqu'un que l'Ange désigne comme... "l'Esprit Saint".

 

Matthieu cite ensuite la prophétie d'Isaïe, en 7.14 : "Voici que la vierge concevra..." Là dessus, de nombreux exégètes font remarquer que le terme hébreu employé pour désigner la "vierge" signifie en réalité "la jeune fille", et qu'il est donc abusif d'invoquer ce texte pour affirmer que le Messie devait naître d'une vierge. Mais la traduction grecque de laquelle s'inspire Matthieu retient, elle, la référence à la "vierge", par fidélité à la prophétie même d'Isaïe qui évoque indiscutablement une "vierge"! Car autrement, où serait le signe pour Achaz? Qu'y aurait-il d'extraordinaire en effet dans le fait qu'une "jeune fille" enfante? Pour frapper le Roi Achaz, il fallait un grand signe, un signe extraordinaire : ce signe ne pouvait donc résider que dans l'enfantement d'une vierge, car là précisément est l'extraordinaire! Si la "jeune fille" évoquée par Isaïe n'était pas "vierge", toute l'argumentation du prophète tomberait à l'eau...

 

Joseph troublé, devant la grandeur du mystère, souhaite se retirer. Mais l'ange insiste : c'est lui (et non Marie) qui donnera son nom à Jésus, et qui l'inscrira ainsi dans la généalogie davidique. Il est remarquable à cet égard de relever que ni Matthieu, ni Luc n'ont voulu fait de Marie la fille de David, généalogiquement parlant : ils ont ainsi préféré prendre le risque que l'on doute de la filiation davidique de Jésus, plutôt que de sa filiation divine!

 

Il est remarquable aussi de noter que Joseph n'est mentionné dans les Evangiles que dans les passages où il est précisément affirmé que Jésus n'est pas le fruit de sa propre chair!

 

2°) L'Evangile de Luc

 

Dans le récit de l'Annonciation, l'ange Gabriel salue Marie en prononçant les mots "Réjouis-toi". Référence explicite au "réjouis-toi" à la fille de Sion. Or, dans tous les prophètes, la fille de Sion est vierge...

 

Vient ensuite la double annonce : Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils. Il sera Fils du Très Haut et Fils de David. Il y a donc ici conjonction entre la généalogie divine de Jésus, et sa naissance humaine en Marie.

 

Réaction de Marie à cette annonce : "Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge" Réponse de l'Ange : "L'Esprit Saint viendra sur toi". Et voici qu'un signe est donné à Marie : "voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'". Comme pour Isaïe 7.14, où serait le signe ici si Elisabeth n'était pas une miraculée? Elle reçoit un enfant alors qu'elle est stérile : là est le signe! L'Ange dit d'ailleurs à Marie : "Rien n'est impossible à Dieu". Sur quoi peut donc bien porter l'impossibilité ici, sinon précisément dans le fait qu'une femme stérile puisse enfanter, comme Sarah. Ce qui est donc clairement sous entendu ici, c'est que si une femme stérile et âgée peut enfanter, pourquoi une vierge ne le pourrait-elle pas? Le signe répond en outre directement à la question de Marie : "Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge? Dois-je m'unir à Joseph?"

 

Lorsque Jésus a 12 ans, et que Marie et Joseph le retrouvent après trois jours de recherche dans le Temple de Jérusalem, Marie dit à Jésus : "Vois comme ton père et moi avons souffert en te cherchant". "Ton père et moi"... Réponse Jésus : " Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être". "Chez mon Père"... A 12 ans, Jésus est donc parfaitement conscient de son identité.

 

En Luc 3. 23 : "Jésus avait environ trente ans ; il était, croyait-on, fils de Joseph". "Croyait-on"...

 

Malgré que Joseph ne soit pas le père naturel de Jésus, sa présence est essentielle dans le Plan de Dieu. Il est tout d'abord pour Jésus le signe visible et sensible de son Père du Ciel. Il est aussi le premier père adoptif : le premier de tous les parents adoptifs qui vont aimer un enfant de tout leur coeur, alors qu'il n'est pas de leur propre chair. Il est un père dans la foi, car il lui est demandé de consentir au mystère, de dire "oui" au "oui" de Marie. Il est enfin le premier des pères spirituels qui engendre spirituellement un enfant qui n'est pas de sa chair. Il est ainsi le "staretz"... de Dieu!

 

3°) L'Evangile de Marc

 

En 6.3, Jésus est étrangement désigné comme étant le fils de Marie, et non celui de Joseph, alors que le contexte se prêterait pourtant à une telle dénomination : "N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?"

 

Sur les "frères et soeurs" de Jésus, voir : Jésus a-t-il eu des frères et des soeurs?

4°) L'Evangile de Jean

 

Dans le prologue, Jean nous dit que Jésus n'est engendré "ni du sang, ni d'un désir d'homme, mais de Dieu".

 

En 8.48, les pharisiens lui lancent : "Nous, nous ne sommes pas nés de la prostitution!" Jésus leur dira : "C'est de Dieu que je suis sorti".

 

5°) En Saint Paul

 

Dans l'Epître au Galate, en 4.4, Saint Paul écrit : "Dieu a envoyé son Fils ; il est né d'une femme". "Né d'une femme" : dans la culture hébraïque, voilà une expression bien étrange...

 

Au ras des Evangiles et du Nouveau Testament, il s'impose donc une évidence : c'est que le fait a précédé l'interprétation. Il y a eu un fait incontournable, qui a beaucoup gêné les Evangélistes, mais que ceux-ci n'ont pu taire, un fait dont il a bien fallu ensuite expliquer le sens. La vérité est ici proclamée au risque de ses conséquences, car elle est scandale impossible à expliquer aux hommes : elle est de l'ordre d'une intervention gratuite de Dieu.

4e étoile : au ras des Evangiles

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8 juin 2006 4 08 /06 /juin /2006 10:09

Quelques jours après avoir été convié à s'exprimer sur le film Da Vinci Code à l'occasion de sa sortie mondiale, le Père Joseph-Marie VERLINDE était à nouveau le « Grand Témoin » de la station chrétienne Radio Notre Dame pour la fête de l'Ascension, jeudi 25 mai 2006.

 

Le Père Joseph-Marie est prieur de la fraternité monastique de la Famille Saint Joseph. Docteur en philosophie et en chimie nucléaire, professeur de philosophie de la nature et de théologie au séminaire de Bellay-Ars, le Père Joseph-Marie est l'un des grands spécialistes français des questions touchant à l’ésotérisme, l’occultisme et les nouvelles religiosités. Il vient tout récemment de publier aux Presses de la Renaissance un important ouvrage consacré aux Impostures anti-chrétiennes, qui s'impose d'ores et déjà comme l'un des grands titres de l'année.

 

Dans la première partie de son intervention, le Père VERLINDE aborde les questions :

 - du christianisme face aux naturalismes, tendances spontanées de l'homme à diviniser la nature ;

 - de la recherche de l'unique vérité,

 - et de la pluralité des religions.

 

Interview du Père Verlinde (partie 1) : 


Dans la seconde partie de son intervention, le Père Joseph-Marie VERLINDE s'exprime sur les questions :

 - de l'activité du démon dans notre monde (eh oui...) ;

 - de la raison et du rationnalisme ;

 - de l'Eglise et de la modernité ;

 - du retour du religieux dans la post-modernité.

 

 

Interview du Père Verlinde (partie 2) : 

 

 

Voir aussi sur cet important sujet de la Vérité l'animation vidéo : Les chrétiens possèdent-ils la vérité?

 

Réécouter l'interview du Père J.M. VERLINDE sur le Da Vinci Code

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7 juin 2006 3 07 /06 /juin /2006 11:44

Chers amis lecteur,

Je vous livre ce petit témoignage en forme d’appel d’Isabelle de SOUSA, ma filleule de confirmation, pour la Conférence Saint Vincent de Paul de Paris. 

 

NE FERME PAS TON CŒUR A L’« APPEL »  

 

Il est toujours délicat de faire part de son expérience personnelle !

Mais, persuadée qu’on a tous besoin de lumière pour s’éclairer les uns les autres dans la pénombre de nos vies, je me lance finalement.

Voici un peu plus de six mois, en allant prendre le métro pour recevoir le sacrement de confirmation, j’ai fait le choc de « la » rencontre.

Cela faisait déjà quelque temps que j’avais « repéré » ces deux jeunes sans abris à côté du Métro Vaugirard.

Ce jour-là, j’ai eu envie d’aller à leur rencontre.

Au fur et à mesure, nous avons commencé à tisser des liens : ils ont commencé à me montrer les photos qu’ils avaient faites avec les gens du quartier qui les entouraient de leur bienveillance.

Bref, de petites choses ordinaires, d’apparence anodine, qui assemblées les unes les autres prennent tout leur sens, comme une respiration d’amour régulière, ressourçante et regenérante.

Le plus déconcertant, c’est que dans les grandes épreuves de ma vie, ils m’ont bien souvent remonté le moral !

J’étais devenue plus proche d’eux, et de leur côté, ils m’ont aidé à croire à nouveau en moi et à refaire confiance à la vie.

Donc, puise en toi le courage de répondre à « ton » appel à toi, ne laisse pas l’esprit d’audace s’éteindre en toi, enrichis-toi par la pauvreté de l’autre.

Ne pense pas que ton action est insignifiante et vaine, il n’y a que le premier pas qui coûte !  

 

Isabelle de SOUSA

Conférence saint Vincent de Paul – Saint Jean-Baptiste de la Salle

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