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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 12:39

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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 12:37

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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 12:33

Extraits de diverses interventions du Pape Benoît XVI sur le thème de la Conversion :

Se décider pour Jésus
Le bonheur a un visage
La vraie révolution
Le vin véritable que le Créateur attend
Se confesser avec régularité
Vers la plénitude de la maturité
Choisir la vie
Croire est un acte catholique
Le OUI chrétien : un grand OUI à la vie
Le sacrement du Créateur de l'univers
L'adhésion au Christ se révèle par l'amour
Croître dans la foi
La barque de Pierre devient la chaire de Jésus
La raison de la foi
Là où le Christ est écouté se multiplient les îlots de paix
Retrouver le goût de Dieu
Les Saints ne tombent pas du ciel!
Les conditions requises pour une fructueuse participation à l'Eucharistie
Le culte spirituel de la vie morale
Que signifie se convertir?
Ne gaspillez pas votre vie!
Jeunes de l'Eglise, vous êtes le présent de l'Eglise!
La confession, notre chemin de Damas
L'homme est grandeur et misère 
La miséricorde de Dieu ne supprime pas les exigences de la foi et de la morale
Contempler dans l'Histoire les signes de l'Amour de Dieu
La foi édifie la véritable philosophie
La foi naît et se fortifie grâce aux sacrements
Non seulement parler de Dieu, mais porter Dieu en soi
La force qui change le monde, c'est la foi ; et l'expression de la foi, c'est la prière
La catéchèse est inséparable du témoignage de la vie
Nous avons besoin d'une conversion permanente
L'humanité attend Dieu 
Connaître le Christ pour comprendre l'homme et le monde
La Croix, le nouveau trône de Dieu
Le Carême : une grande retraite spirituelle de 40 jours
La charité couvre une multitude de péchés
Trouver le Christ qui est le Visage de Dieu

Les trois conversions de Saint Augustin

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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 12:27

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1 août 2006 2 01 /08 /août /2006 23:02
 

[Chers amis lecteurs, nous achevons aujourd'hui la lecture du premier chapitre du Grand Moyen de la Prière de Saint Alphonse de Liguori, avec une conclusion percutante!].

 

Terminons ce premier point par une brève conclusion de tout ce que nous avons dit : celui qui prie se sauve certainement ; celui qui ne prie pas se damne certainement.

Tous les élus du ciel, en dehors des enfants, se sont sauvés par la prière.

Tous les damnés se sont perdus pour n'avoir pas prié. S'ils avaient prié, ils ne se seraient pas perdus. C'est et ce sera toujours leur plus grand désespoir dans l'enfer : avoir pu se sauver avec tant de facilité en demandant à Dieu ses grâces et n'être plus à même, les pauvres malheureux, de le faire maintenant !

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1 août 2006 2 01 /08 /août /2006 06:41

[Chers amis lecteurs, en ce 1er août 2006, où nous fêtons... la Saint Alphonse de Liguori ! nous poursuivons notre lecture du premier chapitre de son Grand moyen de la Prière, consacrée aujourd'hui à l'intercession de la Reine du Ciel : la Très Sainte Vierge Marie.

 

Seigneur qui ne cesse d'éveiller dans ton Eglise de nouveaux modèles de vertu, fais-nous suivre les exemples de Saint Alphonse de Liguori, remplis-nous d'ardeur pour le salut de nos frères, et nous obtiendrons comme lui le bonheur du Ciel. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen].

 

S'il en est ainsi des saints, à plus forte raison doit-il en être ainsi de l'intercession de la Divine Mère, dont les prières valent certainement auprès de Dieu plus que celles de tout le Paradis.

 

Selon saint Thomas, les saints peuvent sauver beaucoup d'âmes en proportion des mérites avec lesquels ils se sont acquis la grâce, mais Jésus Christ ainsi que sa mère ont mérité une si grande grâce qu'ils peuvent sauver tous les hommes : « Si un saint a une telle abondance de grâce qu'elle peut suffire au salut de beaucoup, c'est déjà une grande chose. S'il avait une telle abondance de grâce qu'elle suffise au salut de tous, ce serait le maximum : tel est le cas de Jésus Christ et de la Bienheureuse Vierge ». Saint Bernard a dit de Marie : « Que par toi nous ayons accès auprès du Fils, ô bénie qui nous apportes la grâce, qui enfantes la vie, qui es mère du salut : que par toi, il nous accueille Celui qui par toi nous a été donné (Is 9, 5) ». Ce qui revient à dire : de même que nous n'avons accès au Père que par le Fils, médiateur de justice, de même nous n'avons accès au Fils que par sa Mère, Médiatrice de grâce, qui nous obtient par son intercession les biens que Jésus Christ nous a mérités.

Le même saint Bernard en conclut, dans un autre passage, que Marie a reçu de Dieu deux plénitudes de grâce : la première, l'Incarnation du Verbe éternel fait homme dans son chaste sein ; la seconde, la plénitude des grâces que nous recevons de Dieu par l'intermédiaire de cette divine Mère. Le saint ajoute : « Il a déposé en elle la plénitude de tout bien ; ainsi sommes-nous capables de comprendre que tout ce qu'il peut y avoir en nous, d'espérance, de grâce, de salut, émane de celle qui monte (Ct 8, 5), inondée de délices. C'est elle le jardin de délices que le divin aquilon, survenant soudain, n'a pas seulement effleuré de son souffle, mais traversé avec violence pour que se répandent partout les effluves de ses aromates (Ct 4, 12-16) - autrement dit les dons de la grâce ». Ainsi tous les bienfaits qui nous viennent du Seigneur nous les recevons tous par l'intercession de Marie. Et pourquoi cela ? Parce que, nous répond toujours saint Bernard, ainsi Dieu l'a voulu : « Telle est la volonté de Celui qui a voulu que nous ayons tout par Marie ».

Mais la raison la plus spécifique, nous la trouvons chez saint Augustin : Marie mérite à bon droit d'être appelée notre Mère parce qu'elle a coopéré par sa charité à nous faire naître, nous fidèles, à la vie de la grâce, comme membres de notre Chef Jésus Christ : « Mais elle l'est (Mère) de toute évidence de ses membres - et nous en sommes - car elle a coopéré par la charité, à la naissance dans l'Eglise, des fidèles qui sont les membres de ce Chef ». De même que Marie a coopéré par sa charité à la naissance spirituelle des fidèles, ainsi Dieu a voulu qu'elle coopère par son intercession à leur faire acquérir la vie de la grâce en ce monde et la vie de la gloire dans l'autre. C'est pourquoi la sainte Eglise la fait saluer en des termes exceptionnels et inouïs de Vie, Douceur et Espérance : « Notre Vie, notre Douceur et notre Espérance, Salut ! »

Saint Bernard nous exhorte donc à recourir sans cesse à cette divine Mère, parce que ses prières sont certainement exaucées par son Fils : « Recours à Marie... Je n'hésite pas à l'affirmer : elle aussi sera exaucée en raison de son humble et libre soumission. Oui, le Fils exaucera sa Mère... Petits enfants, voilà l'échelle des pécheurs, voilà ma plus grande assurance, voilà toute la raison de mon espérance ». Le saint l'appelle Echelle, parce que, dans une échelle, on n'arrive au troisième échelon qu'en mettant d'abord le pied sur le second, et on n'arrive au second qu'en mettant le pied sur le premier ; de même, on n'arrive à Dieu que par Jésus Christ, et on n'arrive à Jésus Christ que par Marie.

Il la nomme ensuite toute mon assurance et la raison de mon Espérance, parce que, affirme-t-il, Dieu veut que toutes ses grâces passent par les mains de Marie. Et de conclure : toutes les grâces que nous désirons, nous devons les demander par Marie ; elle nous obtient tout ce que nous voulons et ses prières ne peuvent pas être repoussées : « Recherchons la grâce et recherchons-la par Marie, car ce qu'elle cherche, elle le trouve (Mt 7, 7) et ne saurait en être privée ». Saint Ephrem parle dans le même sens : « Nous n'avons pas d'autre confiance que celle qui nous vient de toi, ô Vierge très fidèle ». Pareillement saint Ildephonse : « Tous les biens que la Suprême Majesté a fixé de leur accorder, elle a décidé de les remettre entre tes mains. A toi ont été confiés les trésors et splendeurs de la grâce ». Saint Germain : « Si tu nous abandonnes, ô Vie des chrétiens, que deviendrons-nous ? ». Saint Pierre Damien : « En tes mains sont tous les trésors des miséricordes de Dieu ». Saint Antonin : « Celui qui demande sans Marie essaie de voler sans ailes ». Saint Bernardin de Sienne : « Tu es la dispensatrice de toutes les grâces ; notre salut est dans ta main ». Il soutient ailleurs que non seulement toutes les grâces nous viennent de Marie, mais qu'à partir du moment où la Bienheureuse Vierge devint Mère de Dieu, elle acquit une certaine juridiction sur toutes les grâces que nous recevons. « Par la Vierge Marie, les grâces vitales partant de la tête qui est le Christ sont diffusées dans tout son corps mystique. A partir du moment où la Vierge Mère conçut le Verbe de Dieu, elle obtint pour ainsi dire une certaine juridiction sur toutes les interventions du Saint Esprit en ce monde : personne n'obtient de Dieu la moindre grâce qui ne soit distribuée par sa pieuse Mère ». Et il conclut : « Tous les dons, vertus et grâces, sont donc dispensés par ses mains, à qui elle veut, quand elle veut et comme elle veut ». Saint Bonaventure écrit de même : « Comme la nature divine tout entière était présente en Marie, je ne crains pas de dire que celle-ci a obtenu une certaine juridiction dans toutes les distributions de grâces, et de son sein coulent, comme d'un océan de la divinité, les fleuves de toutes les grâces ».

Beaucoup de théologiens, s'appuyant sur l'autorité de ces saints, ont donc défendu avec piété et à bon droit qu'aucune grâce ne nous est dispensée sinon par l'intercession de Marie. Telle est l'opinion de Vega, Mendoza, Paciucchelli, Segneri, Poiré, Crasset, et de beaucoup d'autres auteurs, ainsi que du savant Père Noël Alexandre qui a écrit : « Dieu veut que nous attendions de lui tous les biens par l'intercession très puissante de la Vierge Mère, quand nous l'invoquons comme il convient ». Et il avance à l'appui de son opinion le texte de saint Bernard cité plus haut : « Telle est la volonté de Celui qui a voulu que nous ayons tout par Marie ».

Le Père Contenson, commentant les paroles que Jésus adressa du haut de la Croix à saint Jean : « Voici ta Mère », a cette glose : « C'est comme s'il disait : Personne n'aura part à mon sang sinon par l'intercession de ma Mère. Mes plaies sont les sources des grâces, mais les ruisseaux n'en parviennent à personne sinon par le canal de Marie. Jean, mon disciple, dans la mesure où tu l'aimeras tu seras aimé de moi ».

S'il est agréable à Dieu que nous recourions aux saints, à plus forte raison lui est-il agréable que nous recourions à l'intercession de Marie, afin qu'elle supplée par son mérite à notre indignité, comme le dit saint Anselme : « Afin que la dignité de l'intercesseur compense notre pauvreté. Nous adresser à la Vierge, ce n'est donc pas nous défier de la miséricorde de Dieu, mais redouter notre propre indignité ». Cette dignité de Marie, saint Thomas la dit presqu'infinie : « La bienheureuse Vierge, selon qu'elle est Mère de Dieu, a en quelque sorte une dignité infinie ». On a donc raison de dire que les prières de Marie sont plus puissantes auprès de Dieu que les prières de tout le Paradis réuni.

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 12:21

[Nous poursuivons, chers lecteurs, notre lecture continue du livre de Saint Alphonse de Liguori sur le Grand moyen de la Prière.]

 

Un doute survient ici : Est-il nécessaire de recourir aussi à l'intercession des saints pour obtenir les grâces de Dieu ? 

Pour autant qu'on veuille dire qu'il soit permis et utile d'invoquer les saints comme intercesseurs pour nous obtenir, par les mérites de Jésus Christ, ce que nous ne sommes pas dignes d'obtenir à cause de nos démérites, telle est bien, comme l'a déclaré le Concile de Trente, la doctrine de l'Eglise : « Il est bon et utile [d’]invoquer humblement [les saints] et, pour obtenir des bienfaits de Dieu par son Fils Notre Seigneur Jésus Christ..., de recourir à leurs prières, à leur aide et à leur assistance ».

L'impie Calvin condamnait cette invocation des saints, mais de façon très arbitraire. Il est licite et profitable d'appeler à notre secours les saints vivants et de les supplier de nous assister de leurs prières. Ainsi faisait le prophète Baruch qui disait : « Priez aussi pour nous le Seigneur notre Dieu » (Ba 1, 13). Ainsi faisait aussi saint Paul : « Frères, priez, vous aussi, pour nous » (1 Th 5, 25). Dieu lui-même voulut que les amis de Job se recommandent aux prières de celui-ci afin que par ses mérites le Seigneur leur soit favorable : « Allez vers mon serviteur Job... Mon serviteur Job priera pour vous. J'aurai égard à lui et ne vous infligerai pas ma disgrâce » (Jb 42, 8).

Si donc il est permis de se recommander aux vivants, pourquoi ne le serait-il pas d'invoquer les saints qui, de plus près encore, jouissent de l'intimité de Dieu dans le ciel ? Ce n'est pas déroger à l'honneur que l'on doit à Dieu mais le redoubler, comme le fait d'honorer le roi non seulement dans sa personne mais aussi dans ses serviteurs. Aussi saint Thomas juge-t-il qu'il est bon de recourir à de nombreux saints : Parce qu'on obtient quelquefois par les prières de plusieurs ce que l'on n'obtient pas par la prière d'un seul.

Si quelqu'un objecte : Mais à quoi sert de recourir aux saints pour qu'ils prient pour nous, alors qu'ils le font déjà pour tous ceux qui en sont dignes ? Le même saint Docteur répond que tel ne serait pas déjà digne que les saints prient pour lui, « qui le devient du fait qu'il recourt à un saint avec dévotion ».

Autre sujet de controverse : Y a-t-il lieu de se recommander aux âmes du Purgatoire ? Certains répondent qu'elles ne peuvent pas prier pour nous. Ils s'appuient sur l'autorité de saint Thomas pour qui ces âmes, se purifiant au milieu des souffrances, nous sont inférieures et, de ce fait, elles ne sont point « intercesseurs, mais bien plutôt des gens pour qui l'on prie ». Cependant beaucoup d'autres docteurs, tels que Bellarmin, Sylvius, le Cardinal Gotti, etc... affirment le contraire comme très probable : on doit pieusement croire que Dieu leur fait connaître nos prières afin que ces saintes âmes prient pour nous, en sorte qu'il se fasse entre elles et nous un bel échange de charité : nous prions pour elles et elles prient pour nous.

Ce qu'a écrit le Docteur Angélique, à savoir qu'elles ne sont pas en situation de prier, n'est pas absolument contraire à cette dernière opinion, comme le font remarquer Sylvius et Gotti : autre chose, en effet, est de ne pas être à même de prier par situation et autre chose de ne pas pouvoir prier. Ces saintes âmes ne sont pas habilitées à prier de par leur situation, c'est vrai, parce que, comme dit saint Thomas, elles sont là en train de souffrir, elles sont inférieures à nous et elles ont besoin au plus vite de nos prières. Elles peuvent pourtant fort bien prier pour nous parce que ce sont des âmes amies de Dieu. Si un père qui aime tendrement son fils le tient enfermé pour le punir de quelque faute, ce fils n'est plus alors en situation de prier pour lui-même, mais pourquoi ne pourrait-il pas prier pour les autres et espérer obtenir ce qu'il demande en vertu de l'affection que lui porte son père ? De même les âmes du Purgatoire sont très aimées de Dieu et confirmées en grâce. Rien ne peut leur interdire de prier pour nous.

L'Église, c'est vrai, n'a pas coutume de les invoquer et d'implorer leur intercession, parce qu'ordinairement elles ne connaissent pas nos demandes. Mais l'on peut croire pieusement (comme on l'a dit) que le Seigneur leur fait connaître nos prières. Alors, elles qui sont remplies de charité, ne manquent certainement pas de prier pour nous. Quand sainte Catherine de Bologne désirait quelque grâce, elle recourait aux âmes du Purgatoire, et elle se voyait vite exaucée. Elle certifiait que beaucoup de grâces qu'elle n'avait pas obtenues par l'intercession des saints, elle les avait ensuite reçues par l'intercession des âmes du Purgatoire.

Que l'on me permette de faire une digression au bénéfice de ces saintes âmes. Si nous voulons obtenir le secours de leurs prières, il est bon que nous-mêmes nous nous efforcions de les secourir par nos prières et nos oeuvres. J'ai dit : il est bon, mais il faut ajouter que c'est là une obligation chrétienne : la charité nous demande, en effet, de secourir le prochain chaque fois qu' il a besoin d' être aidé et que nous pouvons le faire sans que cela nous pèse beaucoup. Or, il est certain que les âmes du Purgatoire sont aussi notre prochain. Bien qu'elles ne soient plus en ce monde, elles continuent pourtant de faire partie de la communion des Saints. « Car les âmes des justes à la mort, dit saint Augustin, ne sont pas séparées de l'Église ». Saint Thomas le déclare encore plus clairement : la charité qui est due aux défunts passés à l'autre vie en état de grâce est une extension de cette charité que nous devons à notre prochain d'ici-bas : « Le lien de la charité qui unit entre eux les membres de l'Eglise, n'embrasse pas seulement les vivants, mais aussi les morts qui ont quitté ce monde en état de charité ». Nous devons donc secourir, dans toute la mesure du possible, ces saintes âmes : elles sont aussi notre prochain, et même leurs besoins étant encore plus grands que ceux de notre prochain d'ici-bas, il semble donc que, sous ce rapport, soit encore plus grand notre devoir de leur venir en aide.

Or, en quelle nécessité se retrouvent ces saintes prisonnières ? Il est certain que leurs peines sont immenses. Le feu qui les consume, dit saint Augustin, est plus douloureux que toutes les souffrances qui nous puissent affliger en cette vie. « Plus douloureux est ce feu que tout ce que l'on peut avoir à souffrir en cette vie ». Saint Thomas est du même avis et il ajoute que ce feu est identique à celui de l'Enfer. « C'est par le même feu qu'est tourmenté le damné et purifié l'élu ». Ceci concerne la peine du sens, mais beaucoup plus grande encore est la peine du dam, c'est-à-dire la privation de la vue de Dieu pour ses saintes épouses. Non seulement l'amour naturel mais aussi l'amour surnaturel, dont elles brûlent pour Dieu, poussent ces âmes avec une grande force à vouloir s'unir à leur souverain bien. S'en voyant empêchées par leurs fautes, elles en éprouvent une douleur très amère. Si elles pouvaient mourir, elles en mourraient à chaque instant. Selon saint Jean Chrysostome, cette privation de Dieu les fait souffrir infiniment plus que la peine du sens : « Mille feux de l'enfer réunis ne feraient pas autant souffrir que la seule peine du dam ». Ces saintes épouses préféreraient donc endurer tout autre supplice plutôt que d'être privées, un seul instant, de cette union tant désirée avec Dieu. C'est pourquoi, dit le Docteur Angélique, la souffrance du Purgatoire surpasse toutes les douleurs de cette vie : « Il faut que la peine du Purgatoire excède toute peine de cette vie ».

Denis le Chartreux rapporte qu'un défunt, ressuscité par l'intercession de saint Jérôme, dit à saint Cyrille de Jérusalem que tous les tourments de cette terre ne sont que soulagement et délices à côté de la plus petite peine du Purgatoire : « Si l'on compare tous les tourments du monde à la plus petite peine du Purgatoire, ce sont des consolations ». Et il ajoute : « Si quelqu'un avait éprouvé ces souffrances, il préférerait endurer plutôt toutes les peines du monde, subies ou à subir par les hommes jusqu'au jugement dernier, que d'être soumis un seul jour à la plus petite des peines du Purgatoire ». Ce qui fait dire à saint Cyrille que ces peines sont les mêmes que celles de l'Enfer quant à leur intensité, la seule différence étant qu'elles ne sont pas éternelles. Les douleurs de ces âmes sont donc très grandes. D'autre part, elles ne peuvent pas se soulager elles-mêmes. Comme le dit Job : « Il les lie avec des chaînes, ils sont pris dans les liens de l'affliction » (Jb 36, 8).

Ces saintes Reines sont déjà destinées à entrer dans le Royaume mais leur prise de possession est différée jusqu'au terme de leur purification. Elles ne peuvent pas réussir par elles-mêmes (au moins pleinement, si l'on veut accorder crédit à certains docteurs, selon qui ces âmes peuvent tout de même par leurs prières obtenir quelque soulagement) à se libérer de leurs chaînes, tant qu'elles n'ont pas pleinement satisfait à la justice divine. Un moine cistercien dit un jour, depuis le Purgatoire, au sacristain de son monastère : « Aidez-moi par vos prières, je vous en supplie, parce que de moi-même je ne peux rien obtenir ». Cela est conforme au mot de saint Bonaventure : « Leur état de mendicité les empêche de se libérer », c'est-à-dire que ces âmes sont si pauvres qu'elles n'ont pas de quoi acquitter leurs dettes. Par contre, il est certain et même de foi que nous pouvons soulager ces saintes âmes par nos suffrages personnels et surtout par les prières recommandées dans l'Eglise. Je ne sais donc pas comment on peut excuser de péché celui qui néglige de les secourir tout au moins par ses prières. Si nous ne nous y décidons pas par devoir, que ce soit au moins à cause du plaisir que nous procurons à Jésus Christ : c'est avec joie qu'il nous voit nous appliquer à libérer ces chères âmes pour qu' il les ait avec lui en Paradis. Faisons-le aussi à cause des grands mérites que nous pouvons acquérir par notre acte de charité à leur égard ; en retour, elles nous sont très reconnaissantes et apprécient le grand bienfait que nous leur accordons, en les soulageant de leurs peines et en leur obtenant d'anticiper leur entrée dans la Gloire. Lorsqu'elles y seront parvenues, elles ne manqueront pas de prier pour nous.

Si le Seigneur promet sa miséricorde à ceux qui se montrent miséricordieux envers leur prochain : « Heureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7), ils ont bonne raison d'espérer leur salut ceux qui s'appliquent à aider ces saintes âmes si affligées et si chères à Dieu. Jonathan, après avoir sauvé les Hébreux par sa victoire sur les ennemis fut condamné à mort par son père Saül pour avoir goûté du miel malgré sa défense, le peuple se présenta devant le roi et cria : « Est-ce que Jonathan va mourir, lui qui a opéré cette grande victoire en Israël ? » (1 S 14, 45). Ainsi devons-nous justement espérer que, si l'un d'entre nous obtient par ses prières qu'une âme sorte du Purgatoire et entre au Paradis, cette âme dira à Dieu : Seigneur, ne permets pas que se perde celui qui m'a délivrée des tourments ! Et si Saül accorda la vie à Jonathan à cause des supplications du peuple, Dieu ne refusera pas le salut éternel à ce fidèle à cause des prières d'une âme, qui est son épouse. Bien plus, selon saint Augustin : Ceux qui auront, en cette vie, le plus secouru ces saintes âmes, Dieu fera en sorte, s'ils vont au Purgatoire, qu'ils soient davantage secourus par d'autres.

Observons ici qu'en pratique, c'est un puissant suffrage en faveur des âmes du Purgatoire que d'entendre la messe pour elles et de les y recommander à Dieu par les mérites de la passion de Jésus Christ : « Père éternel, je t’offre ce sacrifice du Corps et du Sang de Jésus-Christ, avec toutes les souffrances qu'il a endurées durant sa vie et à sa mort ; et par les mérites de sa Passion, je te recommande les âmes du Purgatoire, particulièrement etc... » Et c'est aussi un acte de grande charité que de recommander aussi en même temps les âmes de tous les agonisants.

La question que nous nous sommes posée à propos des âmes du Purgatoire - à savoir si elles peuvent ou non prier pour nous et donc s'il est avantageux ou non de faire appel à leurs prières – ne se pose certainement pas pour les saints. On ne peut douter, en effet, qu'il ne soit très utile de recourir à leur intercession quand il s'agit de saints canonisés et qui jouissent déjà de la vision de Dieu. Croire que l'Eglise peut se tromper dans la canonisation des saints ne peut être exempt de faute ou d'hérésie, d'après saint Bonaventure, Bellarmin et d'autres, ou tout au moins d'une erreur proche de l'hérésie, d'après Suarez, Azor, Gotti, etc. En effet, dans la canonisation des saints tout spécialement, ainsi que l'enseigne le Docteur Angélique, le Souverain Pontife est guidé par l'inspiration infaillible du Saint Esprit.

Mais revenons au doute formulé plus haut : est-il de surcroît obligatoire de recourir à l'intercession des saints ? Je ne veux pas entreprendre de trancher ce cas mais je ne peux omettre d'exposer l'opinion du Docteur Angélique. En plusieurs endroits cités plus haut et spécialement dans le Livre des Sentences, il tient pour certain que chacun est obligé de prier. En effet, affirme-t-il, on ne peut obtenir de Dieu les grâces nécessaires au salut autrement qu'en les demandant : « Chacun est tenu de prier par le fait même qu'il doit se procurer les biens spirituels, lesquels ne sont donnés que de source divine : on ne peut donc les obtenir autrement qu'en les demandant à Dieu ». Puis, dans un autre passage du même livre, le saint pose précisément la question : « Est-ce que nous devons prier les saints d'intercéder pour nous ? » Pour bien faire comprendre sa pensée, il nous faut citer le texte entier de sa réponse : « C'est une loi établie par Dieu, selon Denys, que les êtres les plus éloignés de Dieu soient ramenés à lui par les plus proches. Or, les saints du ciel sont toujours près de Dieu ; nous, au contraire, aussi longtemps que nous habitons dans ce corps, nous sommes loin du Seigneur ; ils doivent donc nous servir d'intermédiaires. Ils jouent ce rôle lorsque la divine bonté se répand sur nous par eux ; et notre réponse doit suivre le même chemin. Ainsi donc, de même que c'est par le suffrage des saints que les bienfaits de Dieu descendent sur nous, c'est par eux que nous devons remonter à Dieu pour en recevoir de nouveaux bienfaits. C'est pour cette raison que nous constituons les saints nos intercesseurs auprès de Dieu et comme nos médiateurs lorsque nous leur demandons de prier pour nous ».

Notons ces mots : « C'est une loi établie par Dieu » et aussi les derniers : « De même que c'est par le suffrage des saints que les bienfaits de Dieu descendent sur nous, c'est par eux que nous devons remonter à Dieu pour en recevoir de nouveaux bienfaits ». Ainsi donc, d'après saint Thomas, l'ordre de la loi divine exige que nous, mortels, nous fassions notre salut par l'intermédiaire des saints en recevant par eux les secours nécessaires.

A l'objection qu'il se fait : Ne semble-t-il pas superflu de recourir aux saints, vu que Dieu est infiniment plus qu'eux miséricordieux et porté à nous exaucer ?, le Docteur Angélique répond : Dieu l'a voulu ainsi, non par un défaut de sa clémence mais pour conserver l'ordre exact, universellement établi, d'agir par les causes secondes : « Ce n'est pas par un défaut de sa miséricorde, dit-il, mais pour que l'ordre établi soit respecté dans les choses ». S'appuyant sur l'autorité de saint Thomas, le Continuateur de Tournely écrit avec Sylvius : Bien que l'on ne doive prier que Dieu comme Auteur des grâces, nous sommes néanmoins tenus de recourir également à l'intercession des Saints, pour respecter l'ordre que le Seigneur a établi quant à notre salut, à savoir que les inférieurs fassent leur salut en implorant l'aide des supérieurs : « Nous sommes tenus par la loi naturelle d'observer cet ordre que Dieu a établi ; Dieu a fixé que les inférieurs parviendraient au salut en implorant l'aide des supérieurs »

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30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 09:18

Chers amis lecteurs,

Avant de prendre quelques jours de congés bien mérités (du 5 au 28 août, période durant laquelle mes posts seront extrêmement réduits, vous vous en doutez), je voulais vous apporter ma contribution au débat sur l'avortement.

Cette contribution se présente sous la forme d'une réponse du Père Jean-Pierre Batut à un auditeur de Radio-Notre Dame sur cette difficile question.

Je vous laisse en prendre connaissance, et me permets également de vous signaler deux remarquables Blogs sur le sujet :

- Le Blog pour la vie de Bartalin
- et le Blog de Ti'Hamo intitulé Projet Parental

Je vous signale également un fil sur le site de notre ami Miky, ainsi qu'une catégorie consacrée au sujet sur le site Chère Gospa.

Et je vous renvoie également à cette intervention de Sr Emmanuel (de la Communauté des Béatitudes) qui relate un évènement s'étant déroulé à Medjugorje il y a quelques années :
La Vierge Marie et l'avortement.

Bonne écoute à vous tous!


Question sur l'avortement (1/2)
envoyé par Maemray

Question sur l'avortement (2/2)
envoyé par Maemray

 

 

Précédentes questions traitées par le Père Hervé Soubias :  Si Dieu existe, pourquoi le mal? - Pourquoi ma prière n'est-elle pas exaucée? - La résurrection des corps (résurrection et réincarnation)

Sur Medjugorje : Lire les articles publiés dans la catégorie "Medjugorje"

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29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 08:44

«De même que le Seigneur a fixé

que nous nous procurions du pain en semant du blé,

et du vin en plantant des vignes,

ainsi a-t-Il voulu que nous recevions par le moyen de la prière

les grâces nécessaires au salut.»

(Saint Alphonse de LIGUORI)

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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 13:19

[Nous poursuivons, chers lecteurs, notre lecture continue du livre de Saint Alphonse de Liguori sur le Grand moyen de la Prière. Le passage d'aujourd'hui est remarquable, et peut nous être d'une grande consolation les jours où nous nous sentons comme submergés par notre médiocrité et notre péché. Oui, croyons que la prière est vraiment la clef de toutes nos difficultés d'homme sur cette terre. Comme le disait le Père Molinié, "On se demande que faire devant le monde moderne, on se pose beaucoup de questions. J'ai envie de répondre : il n'y a pas de solution - il y a le Sauveur".

 

Et un grand merci au Blog Chère Gospa pour son soutien et sa prière.]

 

La prière est (…) l'arme la plus nécessaire pour nous défendre contre nos ennemis ; celui qui n'y recourt pas, dit saint Thomas, est perdu.

Adam est tombé, assure le saint Docteur, parce qu'il ne s'est pas recommandé à Dieu au moment de la tentation : « Il a péché parce qu'il n'eut pas recours au secours divin ». Parlant des Anges rebelles, Gélase écrit de même : « Recevant la grâce de Dieu, c'est en vain qu'ils l'ont reçue, car ne priant pas ils ne purent tenir bon ».

Saint Charles Borromée observe dans une de ses Lettres Pastorales, qu'entre tous les moyens que Jésus Christ nous a recommandés dans l'Evangile, il a donné la première place à la prière ; en cela il a voulu que son Église et sa Religion se distinguent des Sectes ; il a voulu qu'on l'appelle spécialement « Maison de Prière » : « Ma maison sera appelée une maison de prière » (Mt 21, 13). Le saint évêque conclut dans sa Lettre : « Toutes les vertus trouvent dans la prière leur origine, leur croissance et leur couronnement ». Si bien que dans les ténèbres, les misères et les dangers dans lesquels nous nous trouvons, nous n'avons pas d'autre ressource pour fonder nos espérances, que de lever les yeux vers Dieu et, par nos prières, d'implorer de sa miséricorde notre salut. « Nous, nous ne savons que faire, disait le roi Josaphat, aussi est-ce sur toi que se portent nos regards » (2 Ch 20, 12). C'était aussi la façon d'agir du roi David : il ne voyait aucun autre moyen, pour ne pas être la proie de ses ennemis, que de prier sans cesse le Seigneur de le délivrer de leurs pièges : « Mes yeux sont fixés sur Yahvé car il tire mes pieds du lacet » (Ps 25, 15). Aussi ne faisait-il que prier en disant : « Tourne-toi vers moi, pitié pour moi, solitaire et malheureux que je suis » (Ps 25, 16). « Je t'appelle, sauve-moi afin que j'observe tes commandements » (Ps 119, 146).

Seigneur, tourne tes yeux vers moi, aie pitié de moi et sauve-moi : de moi-même je ne peux rien et je n'ai personne en-dehors de toi qui puisse m'aider ! Et, de fait, comment pourrions-nous jamais résister aux attaques de nos multiples ennemis et observer les commandements de Dieu, spécialement après le péché de notre premier père, Adam, qui nous a rendus si faibles et si infirmes, si nous n'avions pas la prière, grâce à laquelle nous pouvons demander au Seigneur la lumière et la force suffisantes pour les observer ?

Luther proféra un blasphème lorsqu'il dit qu'après le péché d'Adam, l'observation de la loi de Dieu est devenue absolument impossible aux hommes. Jansénius disait, de son côté, que l'accomplissement de certains préceptes était impossible même aux justes, eu égard à leurs forces actuelles. Sa proposition, aurait pu, à la rigueur, s'entendre dans un sens acceptable mais elle fut avec raison condamnée par l'Eglise compte tenu de ce qu'il ajoutait : « Il leur manque aussi la grâce qui rend possible de les accomplir ».

Il est vrai, dit saint Augustin, que l'homme, par suite de sa faiblesse, ne peut observer certains commandements avec ses forces présentes et avec la grâce ordinaire ou commune à tous, mais il peut fort bien obtenir par la prière le secours plus puissant nécessaire pour les observer. « Dieu, bien sûr, ne commande pas l'impossible, mais par ses commandements, il nous engage à faire notre possible et à le prier pour ce qui dépasse nos possibilités et il t'aide à pouvoir ». Ce texte du saint est célèbre ; il fut adopté par le Concile de Trente qui en fit un dogme de foi. Et le saint Docteur, pour répondre à la question : comment l'homme peut-il faire ce qu'il ne peut pas, ajoute aussitôt : « Voyons maintenant (pourquoi) grâce à un remède, il pourra accomplir ce dont un défaut de nature le rend incapable ». Il veut dire que nous trouvons dans la prière un remède à notre faiblesse : car lorsque nous prions, Dieu nous donne la force de faire ce que de nous-mêmes nous ne pourrions pas.

Il n'est pas croyable, continue saint Augustin, que le Seigneur ait voulu nous imposer d'observer la loi et qu'ensuite il nous ait imposé une loi impossible. Aussi, ajoute le saint, lorsque Dieu nous fait prendre conscience de notre impuissance à observer tous ces préceptes, il nous avertit de faire les choses faciles avec la grâce ordinaire qu'il nous donne, et puis les choses difficiles avec le secours plus puissant que nous pouvons obtenir par le moyen de la prière : « D'où cette croyance très solide que le Dieu juste et bon n'a pas pu nous prescrire des choses impossibles. Par là, on nous rappelle et ce que nous avons à faire dans les choses faciles et ce que nous avons à demander dans les choses difficiles ».

Mais, objectera quelqu'un, pourquoi Dieu nous a-t-il imposé des choses au-dessus de nos forces ? Précisément, répond le saint, pour que nous nous appliquions à obtenir par la prière le secours nécessaire pour faire ce que de nous-mêmes nous ne pouvons pas : « Mais justement, il nous ordonne des choses dont nous ne sommes pas capables, pour que nous sachions ce que nous devons lui demander ». Et ailleurs : « La loi nous a été donnée pour que nous demandions la grâce ; la grâce nous est donnée pour que nous observions la loi ».

La loi ne peut pas être observée sans la grâce et Dieu a donné la loi précisément pour que nous le suppliions sans cesse de nous accorder la grâce nécessaire. Il dit ailleurs : « La loi est bonne, si on l'utilise comme il faut. Mais qu'est-ce qu'utiliser la loi comme il faut ? ». Et il répond : « La loi fait connaître le mal et chercher le secours divin pour la guérison ». La loi doit donc nous servir, dit saint Augustin, mais à quoi ? A nous faire prendre conscience par son impossibilité même de notre impuissance à l'observer, afin que nous demandions alors par la prière le secours de Dieu qui remédie à notre faiblesse.

Saint Bernard écrit de même : « Mais qui sommes-nous et quelle est notre vaillance, pour pouvoir résister à de si multiples tentations ? C'est précisément à cette prise de conscience que Dieu cherchait à nous amener... pour que, en constatant notre déficience et en sachant qu'il n'est pour nous point d'autre secours, nous nous précipitions en toute humilité vers sa miséricorde ». Le Seigneur sait combien la nécessité de la prière nous est utile pour nous maintenir dans l'humilité et exercer notre confiance ; c'est pourquoi il permet que nous assaillent des ennemis que nous ne pouvons pas vaincre par nos propres forces, afin que, par la prière, nous obtenions de sa miséricorde le secours pour résister.

Notons tout particulièrement que personne ne peut maîtriser les tentations impures de la chair, s'il ne se recommande à Dieu, quand il est tenté. Cette ennemie-là est si terrible que, lorsqu'elle nous attaque, elle nous enlève presque toute lumière ; elle nous fait oublier toutes les méditations et les bonnes résolutions ; elle nous fait mépriser même les vérités de la foi et presque perdre toute crainte des châtiments divins. Il faut dire qu'elle s'allie au penchant naturel qui nous incline avec une extrême violence aux plaisirs des sens. Alors qui ne recourt pas à Dieu est perdu. La seule défense contre cette tentation, c'est la prière, dit saint Grégoire de Nysse : « La prière est la sauvegarde de la pureté ». Salomon l'avait déjà dit : « Comprenant que je ne pourrais devenir possesseur de la Sagesse (continence) que si Dieu me la donnait... Je m'adressai au Seigneur et le priai » (Sg 8, 21 ).

La chasteté est une vertu que nous n'avons pas la force de pratiquer, si Dieu ne nous l'accorde pas, et Dieu ne la donne qu'à ceux qui la lui demandent. Mais celui qui la demande l'obtiendra certainement. C'est pourquoi saint Thomas enseigne par avance contre Jansénius : nous ne devons pas dire que la vertu de chasteté ou tout autre commandement nous est impossible, car bien que nous ne puissions pas l'observer par nos propres forces, nous le pouvons cependant avec l'aide de Dieu : « Ce que nous pouvons avec l'aide de Dieu, ne nous est pas absolument impossible ». Ne dites pas, il semble déraisonnable de commander à un boiteux de marcher droit. Non, répond saint Augustin, ce n'est pas déraisonnable, à condition de lui donner le moyen de se procurer le remède qui va corriger son infirmité ; par conséquent, s'il continue à marcher de travers, c'est de sa faute : « Il a été prescrit à l' homme de marcher droit, afin que, lorsqu'il aura vu clairement son incapacité à le faire, il demande le remède, celui qui guérit la claudication du péché ». Bref, dit le même saint Docteur, il ne saura jamais bien vivre, celui qui ne saura pas bien prier : « Celui-là sait bien vivre, qui sait bien prier ».

Au contraire, saint François d'Assise disait qu'on ne peut jamais espérer voir aucun bon fruit d'une âme sans la prière. C'est donc à tort qu'ils cherchent des excuses, ces pécheurs qui disent : Nous n'avons pas la force de résister aux tentations. Mais réplique saint Jacques, si vous n'avez pas cette force, pourquoi ne la demandez-vous pas ? Vous ne l'avez pas parce que vous ne cherchez pas à l'avoir : « Vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas » (Jc 4, 2).

Il est bien certain que nous sommes trop faibles pour repousser les assauts de nos ennemis, mais il est également certain que Dieu est fidèle, comme dit l'Apôtre Paul, et il ne permet pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces : « Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces, mais avec la tentation, il vous donnera le moyen d'en sortir et la force de la supporter » ( 1 Co 10, 13). Primasius commente : « Par le secours de sa grâce Dieu vous rendra capables de résister à la tentation ». Nous sommes faibles, mais Dieu est fort. Quand nous lui demandons du secours il nous communique sa force. Alors, nous pourrons tout, comme le promettait très justement le même Apôtre Paul : « Je puis tout en celui qui me rend fort » (Ph 4, 13).

Celui qui tombe n'a donc pas d'excuse, dit saint Jean Chrysostome, parce qu'il néglige de prier ; s'il avait prié, il n'aurait pas été vaincu par ses ennemis : « Celui-là n'aura pas d'excuse qui n'aura pas voulu vaincre l'ennemi, puisqu'il a cessé de prier ».

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