28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 12:36

Cher Pasteur,

Je vous remercie tout d’abord de votre réponse. Je me réjouis que vous ayez bien voulu entrer dans le débat, dans un esprit d’ouverture et de dialogue. C’est la grande merveille des Blogs, je trouve, que de « ressusciter » la formule médiévale de la disputatio ordinaria que vous évoquiez dans votre dernier article. Pour les lecteurs peu avertis : il s’agissait de disputes universitaires, de controverses publiques où deux rhéteurs constituant une sorte d’équipe dialectique s’affrontaient en vue d’une meilleure compréhension des implications, des nuances et des conséquences d’une problème donné. Le but poursuivi était de mettre en dialogue des penseurs contemporains sur une question fondamentale, et d’offrir ainsi au grand public un débat de qualité qui lui était rarement proposé et auquel il n’avait pas toujours accès.

Concernant le discours de Ratisbonne, vous dites que le Pape aurait pu chercher une citation moins polémique, et « une absence de toute allusion à l’Islam ». Pour vous, il est évident que celle-ci n’a pas été « prise tout à fait par hasard ou maladresse »...

Sans doute, en effet.

Mais la question que vous souleviez dans votre premier article n’était pas là : vous reprochiez au Pape d’avoir en quelque sorte jeté l’anathème sur l’Islam, et mis ainsi volontairement de l’huile sur le feu au risque d’alimenter la haine et la division entre les hommes, au mépris de l’Evangile du Christ. D’où la « trahison »...

Mais si la question est : le Pape Benoît XVI a-t-il oui ou non condamné dans son discours de Ratisbonne l’Islam comme une religion intrinsèquement violente, la réponse est clairement : non. Cela ne ressort pas du texte. Cela a été réaffirmé par le Saint Père dans des discours ultérieurs. Cela a été compris ainsi par les Musulmans, selon les dernières informations dont je dispose. Et si les paroles du Pape ont pu blesser sincèrement tel ou tel fidèle musulman, le Pape en a humblement et... "évangéliquement" demandé pardon, car telle n’était pas son intention :

« Je suis vivement attristé par les réactions suscitées par un bref passage de mon discours à l'Université de Ratisbonne, considéré comme offensant pour la sensibilité des croyants musulmans, alors qu'il s'agissait d'une citation d'un texte médiéval, qui n'exprime en aucune manière ma pensée personnelle. Hier, Monsieur le Cardinal Secrétaire d'Etat a rendu publique, à ce sujet, une déclaration dans laquelle il a expliqué le sens authentique de mes paroles. J'espère que cela contribuera à apaiser les esprits et à clarifier le sens véritable de mon discours, qui, dans son ensemble, était et est une invitation au dialogue franc et sincère, avec un grand respect réciproque » (Angélus du 17 septembre 2006).

Si la question maintenant est : le Pape Benoît XVI a-t-il voulu interpeller l’Islam dans son discours : c’est certain. Lui-même le reconnaît d’ailleurs, puisqu’il inscrit ses propos dans une "invitation au dialogue franc et sincère, avec un grand respect réciproque". Mais au nom de quel principe évangélique aurait-il donc dû s’abstenir ? Ne trouvez-vous pas important d’encourager le dialogue entre les religions ? Et dans le cadre d’un tel dialogue, est-il vraiment anti-évangélique et irrespectueux envers nos interlocuteurs d’oser affirmer que « la violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme » ? Là aussi réside, me semble-t-il, la mission de l’Eglise, l’annonce de l'Evangile. Pourquoi voudriez-vous priver nos frères musulmans de la Bonne Nouvelle de l’Evangile ? Elle ne nous est pas réservée, que je sache…

Que l’Islam ait aujourd’hui un problème avec la violence, cela ne fait malheureusement aucun doute. Les musulmans eux-mêmes le savent, et beaucoup en souffrent. L’Eglise elle-même a connu cette difficulté dans le passé. Mais elle a su la surmonter grâce à la bonne volonté des hommes et au puissant secours de l'Esprit Saint. Son Histoire est là pour témoigner que la violence n’est nullement une fatalité, et que l'homme est capable d’adhérer à la Vérité au moyen de la raison. Voilà un message d'espérance que l'Islam peut recevoir, me semble-t-il, de la part de l'Eglise! Voilà aussi le devoir du Pape, en tant que chef de l'Eglise Catholique : annoncer au monde et témoigner de l'Evangile de la Paix. On est donc loin, on le voit, d'une quelconque "trahison". A moins que vous ne considériez toute entreprise d'évangélisation comme une "trahison"... En tout état de cause, il me semble que vous pourriez lui accorder le bénéfice du doute, au regard des explications données à nouveau lors de l'Audience générale du 20 septembre 2006 :

« Pour présenter à l'auditoire le caractère dramatique et actuel du thème, j'ai cité quelques paroles d'un dialogue chrétien-musulman du XIV siècle, avec lesquelles l'interlocuteur chrétien, l'empereur byzantin Manuel II Paléologue - d'une manière pour nous étonnamment abrupte - présenta à son interlocuteur musulman le problème du rapport entre la religion et la violence. Cette citation a malheureusement pu se prêter à un malentendu. Pour un lecteur attentif de mon texte, il apparaît cependant clairement que je ne voulais en aucune façon faire miennes les paroles négatives prononcées par l'empereur médiéval dans ce dialogue et que leur contenu polémique n'exprime pas ma conviction personnelle. Mon intention était bien différente : en partant de ce que Manuel II dit ensuite de manière positive, avec une très belle phrase, à propos de  la raison qui doit guider dans la transmission de la foi, je voulais expliquer que ce n'est pas la religion et la violence, mais la religion et la raison qui vont de pair.

« Le thème de ma conférence - répondant à la mission de l'Université - fut donc la relation entre la foi et la raison : je voulais inviter au dialogue de la foi chrétienne avec le monde moderne et au dialogue de toutes les cultures et religions.

« J'espère qu'en divers moments  de  ma visite - par exemple, lorsque j'ai souligné à Munich combien il est important de respecter ce qui est sacré pour les autres - est apparu clairement mon profond respect pour les grandes religions et, en particulier, pour les musulmans, qui "adorent le Dieu unique" et avec lesquels nous sommes engagés à "protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté" (Nostra Aetate, n. 3).

« Je suis donc certain que, après les réactions du premier moment, mes paroles à l'Université de Ratisbonne pourront constituer une impulsion et un encouragement à un dialogue positif, même autocritique, que ce soit entre les religions ou entre la raison moderne et la foi des chrétiens. »

Qu’il en soit ainsi !

 

  

Réécouter l'interview de Frédéric PONS sur Radio Notre Dame.

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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 08:44

Extrait de l'homélie prononcée par le Pape Benoît XVI à Bari pour la clôture du Congrès Eucharistique italien, le dimanche 29 mai 2005 (ce voyage était le premier déplacement du Saint Père en Italie).

On dirait que, au fond, les gens ne veulent pas que Dieu soit aussi proche, aussi accessible, aussi actif dans leurs vies. Les gens le veulent grand et, en définitive, nous aussi, souvent, nous le voulons plutôt un peu loin de nous. On soulève alors des questions qui veulent démontrer, en fin de compte, qu'une telle proximité serait impossible.  

 


Lire le texte intégral de l'homélie de clôture du Congrès Eucharistique italien, prononcée le 29 mai 2005

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 07:30

Cher Pasteur,

Je souhaiterais réagir à l’un de vos derniers articles paru sur votre Blog  le 23 septembre 2006, et intitulé : "Benoît XVI accablé par ses défenseurs".

Dans ce petit texte, vous vous livrez à une vigoureuse critique du Pape Benoît XVI, avec toute votre sensibilité de chrétien protestant – que je respecte absolument ; mais vous comprendrez qu’un fidèle catholique ait envie de vous répondre avec sa sensibilité particulière, dans un esprit de dialogue et avec beaucoup de respect tant envers votre personne qu’envers vos convictions personnelles.

Vous accusez ainsi le Pape de trahir l’Evangile : « Benoît XVI (…) affirme, écrivez-vous, que l'Eglise dont il est chef est la seule véritable Eglise, alors quand ses paroles entraînent la division, le jugement et la condamnation de l'autre, il trahit l'Evangile. »

Il trahit l’Evangile pourquoi ? Parce qu’il se prétend, si je vous comprends bien, l’unique représentant de « la seule véritable Eglise », et que ses paroles entraînent la division, le jugement et la condamnation de l’autre, toutes choses contraires à l’Evangile.

Mais de quel Evangile parlons-nous ?

Avec de tels raisonnements, on pourrait reprocher en effet… au Christ lui-même de trahir l’Evangile ! Lorsque Jésus se présente par exemple comme l’Unique Vérité (Jn 14. 6), ou lorsqu’il affirme que seront condamnés tous ceux qui refuseront de croire en Lui (Mc 16. 16), ses paroles suscitent inévitablement la division, et sont perçues par ceux qui ne croient pas en Lui comme une condamnation...

C’est précisément cet Evangile dont vous parlez qui prophétise au sujet de Jésus qu’« Il sera un signe de contradiction » (Lc 2. 34). Et le Maître Lui-même avait prévenu ses Apôtres : « Si le monde a de la haine pour vous, sachez qu'il m'a haï avant vous (...). Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ». (Jn 15. 18-20) A un autre moment, Jésus déclare à ses disciples : « Malheureux êtes-vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous, car c'est ainsi que leurs pères agissaient à l'égard des faux prophètes » (Luc 6. 26).

Il ne me paraît donc pas très sérieux de tirer argument des remous provoqués par le discours de Ratisbonne pour affirmer du Pape qu’il « trahit l’Evangile ».

Lorsque vous prêtez au Saint Père des paroles de jugement et de condamnation, de quelles paroles parlez-vous ? Avez-vous lu le texte du discours de Ratisbonne ? Si tel est le cas, où pouvez-vous y lire la moindre condamnation ? Je veux dire : quant aux personnes. Car si condamnation il y avait dans les propos du Pape, elle ne pourrait concerner en vérité que ceux qui croient pouvoir user de la violence pour des motifs religieux.

Je sais bien que les journalistes occidentaux ont savamment entretenus l’équivoque sur la pensée du Pape en lui attribuant indûment des propos tirés d’une citation de l’Empereur byzantin Manuel II Paléologue ; mais si équivoque il y avait, il me semble qu’elle a été levée par les propos ultérieurs du Saint Père.

Une analyse objective du texte permet de constater que l’intention du Pape était en réalité d’affirmer que « la violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme. »

Il est hautement regrettable que les médias aient occulté la seconde partie de la citation de l’Empereur byzantin, en tout point remarquable : « Dieu n'apprécie pas le sang, ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme, non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelqu'un à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace... Pour convaincre une âme raisonnable, il n'est pas besoin de disposer ni de son bras, ni d'instrument pour frapper, ni de quelqu'autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de mort... ».

Commentaire du Pape sur ce passage : « L'affirmation décisive dans cette argumentation contre la conversion au moyen de la violence est :  ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. » S’ensuit un long développement sur ce thème de la foi et de la raison.

Où voyez-vous cher Pasteur un quelconque jugement à l’égard de quiconque dans ce texte ? Qu’y a-t-il de contraire à l’Evangile dans ces paroles ? Qui peut donc se sentir offensé par ces propos ? Le Pape a-t-il le droit de dire que la violence n’est pas compatible avec la religion ? Ou bien le priez-vous poliment de se taire, afin ne pas froisser diplomatiquement certaines susceptibilités ? Mais dans ce dernier cas, n’est-ce pas alors qu’il y aurait trahison de l’Evangile…

Permettez-moi d’aller encore plus loin : même à supposer qu’il y ait eu dans les propos du Pape une quelconque condamnation à l’égard d’un groupe déterminé, elle ne serait pas en soi contraire à l’Evangile, si l’on englobe par ce terme toute l’économie de la Nouvelle Alliance, en ce compris les textes apostoliques. Souvenez-vous par exemple de l’exhortation de l’Apôtre Paul à Timothée dans sa deuxième Lettre : « Proclame la parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d'instruire. » (4. 2).

Votre analyse me paraît donc mal fondée. Ainsi que la conclusion sans appel que vous en tirez : « il me semble très dangereux, dites-vous, de se parer du titre de "vicaire du Christ". En effet, aucun chrétien ne peut se prétendre absolument fidèle à l'enseignement du Christ. Mais Benoît XVI a pris ce titre, bien plus, il affirme que l'Eglise dont il est chef est la seule véritable Eglise (…) ; le problème n'est pas dans la violence réelle ou non de l'Islam, il est dans ce que le pape représente et dans l'humilité du message évangélique... »

« Aucun chrétien, dites-vous, ne peut se prétendre absolument fidèle à l'enseignement du Christ » : c’est vrai. Mais c'est précisément pour cette raison qu'il fallait absolument que Dieu donnât ce charisme à son Eglise et à son Pape, pour que cet enseignement puisse demeurer dans son intégrité et être transmis sans altération à travers les siècles...

« Quant au charisme dont vous parlez, me répondez-vous, c'est précisément le point qui nous oppose.

« Premièrement je ne crois pas que l'Eglise se limite à l'Eglise catholique romaine et je ne lui reconnaît aucun pape » : ça, serais-je tenté de dire, c’est votre opinion,…

« Deuxièmement, la Bible et l'Esprit Saint me paraissent suffire amplement à ce que malgré les altérations et dérives (y compris pontificales…), la Bonne Nouvelle nous soit transmise : la preuve que cela ne suffit pas, c’est l’absence d’unité du monde protestant auquel vous appartenez, unité qui vous est pourtant si chère à vous lire, et que vous considérez (à juste titre) comme un critère d’authenticité évangélique… Sans vouloir vous offenser, j’observe chez nombre de mes amis protestants une fâcheuse propension à la division et à la condamnation de l’autre (« le Pape trahit l’Evangile ! » ; ou d’un autre blogueur protestant en commentaire sur ce Blog : « tu propages plein de mensonges »…)

« Troisièmement, je serais assez curieux de savoir comment vous appuyez bibliquement votre affirmation quant à l'autorité nécessaire du pape... : de cela, je suis tout à fait disposé à discuter avec vous, cher Pasteur. Mais sans vous désobliger, je serai curieux pour ce qui me concerne de savoir comment vous justifiez bibliquement la Sola Scriptura...

 

 

 

Lire également le fil au sujet de l'Eglise Catholique Romaine sur le Blog de Miky.

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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 08:53

Première Partie : LA CREATION

 

 

L'INFINIMENT PETIT (2e partie)

 

  

 

Le noyau de l’atome est fait d’une ou plusieurs particules élémentaires nommées protons, chargés d’électricité positive, et de neutrons dépourvus de charge électrique (donc neutres). Le noyau est 100.000 fois plus petit que l’atome… Autour de ce noyau gravite, à une vitesse de 297.000 km/secondes un certain nombre d’électrons chargés d’électricité négative (la charge électrique globale de l’atome est donc neutre).

Qu’est-ce donc que l’électron ?

L’électron est un objet minuscule dont le diamètre est de l’ordre d’un milliardième de milliardième de millimètres. 1 million de fois plus petit que ce que l’on peut distinguer dans le plus puissant des microscopes ! Son poids est infime : 1 milliard de milliards d’électrons pèsent un peu moins de 3 grammes.

Ces électrons gravitent autour du noyau de l’atome, et peuvent faire par seconde 500 trillions de tours, soit beaucoup plus de révolutions en une seconde qu’il ne s’est écoulé de secondes depuis le début de l’ère chrétienne ! En une seconde, l'électron fait l’équivalent d’un aller retour nord-sud France (2.000 km). Un moteur tournant à 6.000 tours par minute mettrait 2 millions d'années pour faire la quantité de tours que fait l'électron en une seconde…

Quelle extraordinaire merveille que cette matière ! Elle se révèle comme de l’énergie concentrée ! Quelle vie, quelle activité !

Si l'atome était un stade, le noyau serait une tête d'épingle au centre, et les électrons seraient les spectateurs. Le volume du noyau est un million de milliards de fois plus petit que celui de l'atome : le volume de l'atome est donc constitué d'au moins 99,9999999999999 % de vide! Cela paraît incroyable, mais la matière est essentiellement constituée de vide. La masse est essentiellement concentrée dans le noyau. Si on arrivait à concentrer tous les noyaux de tous les atomes de l'Univers (estimés à 1080), ils n'occuperaient pas plus que le volume d'un dé à coudre ! On dit que la matière a une structure lacunaire.

La dimension des atomes est de 10-10 à 10-9 mètres, soit de 1 à 10 angströms, soit de 1 à 10 millionièmes de millimètres. Cela veut dire aussi que la taille des atomes varie de 1 à 10, certains étant 10 fois plus grands que d’autres. La dimension de l’atome correspond à la place délimitée par l’orbite des électrons tournant autour du noyau. Dans cet espace infinitésimal où ils tournent à des vitesses voisines de celle de la lumière, ils sont pratiquement partout à la fois. On peut dire que la vitesse rend les électrons omniprésents. Ils ont à peine quitté un point qu’ils y reviennent et, de ce fait, la matière est consistante.

Tant que la science ne l’avait pas découvert, on ne pouvait pas soupçonner que les pierres les plus immobiles, les objets les plus inertes sont, eux-mêmes, animés par la ronde inouïe des électrons qui tournent formidablement et sans fin.

Les atomes s'assemblent pour former des molécules, le plus petit fragment indépendant d'une substance chimique, la plus petite quantité d’une substance pure comme l’eau ou le dioxyde de carbone.

Les atomes ne restent en effet que rarement seuls. En général, ils se prennent d'affection pour d'autres atomes, et leurs mettent littéralement un bras autour du cou : les nuages électroniques des atomes se mélangent un peu, et c'est ainsi que les atomes s'attachent entre eux. Ils sont alors liés par une liaison "covalente" et forment des molécules. Les molécules ne sont donc pas des paquets désorganisés d'atomes. Ce sont des atomes liés entre eux par des liaisons stables et permanentes.

Une molécule est formée de 2 atomes ou plus. Toute la matière, qu'elle soit solide, liquide ou gazeuse, se compose de molécules. Le nombre de molécules possibles paraît infini. Plus de 20 millions étaient recensées en 2003. Le nombre d'atomes lui, reste cependant limité à 92...

Ces 92 atomes sont les unités de base ou les briques élémentaires qui, en se combinant les unes aux autres en fonction des lois de la chimie, forment l’immense diversité –presque infinie – de substances et de matériaux que nous connaissons tous : granite, bois, plastique, agate, sel de cuisine, protéines, cheveux, pétrole, pénicilline, etc… La liaison et la combinaison des atomes donnent toutes sortes de molécules qui se mélangent elles-mêmes jusqu’à l’infini pour donner des formes, des couleurs, des odeurs et des propriétés.

Combien peut-il y avoir de molécules dans une goutte d’eau ? Prenons en 18 grammes. On sait qu’une molécule d’eau est composée de deux atomes d’hydrogènes et un d’oxygène. Combien y aura-t-il de molécules dans ces 18 grammes ? Le nombre défi l’imagination. Prenez une feuille et écrivez : 60.220.943, suivi de… 16 zéros ! Vous l’aurez compris : il y a autant de molécules dans une goutte d’eau… que de gouttes d’eau dans la Méditerranée !

L’infiniment petit nous plonge aujourd’hui dans un émerveillement qui dépasse de bien loin toute science-fiction. Si le champ immense des cieux me laisse rêveur, ce que révèlent les profondeurs de la matière me bouleverse…

Chers amis lecteurs, nous ne savons plus nous émerveiller... Comme disait Jacques Rivière, écrivain français qui revint à la foi en 1913 sous l’influence de Paul Claudel : « Il est des gens qui ne perçoivent que par leur sens. Ils vont et viennent, enfermés dans une sorte de cage de leurs sensations. Ils ne comprennent pas où ils sont, les merveilles où ils baignent ne les touchent pas. Leur esprit est scellé comme par une malédiction. Ils se lèvent, et ne savent pas ce que c’est que le matin. Ils sortent et ne savent pas ce que c’est que l’univers ; ils n’entendent pas voler tout près d’eux et se croiser en l’air les innombrables prodiges ».

(à suivre…)

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24 septembre 2006 7 24 /09 /septembre /2006 14:17

 

Extrait de l'homélie prononcée par le Pape Benoît XVI à Bari pour la clôture du Congrès Eucharistique italien, le dimanche 29 mai 2005 (ce voyage était le premier déplacement du Saint Père en Italie).

  

Ce Congrès eucharistique, qui arrive aujourd'hui à sa conclusion, a voulu présenter le dimanche comme la "Pâque hebdomadaire", expression de l'identité de la communauté chrétienne et centre de sa vie et de sa mission.

 

Le thème choisi - "Sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre" - nous ramène à l'an 304, lorsque l'empereur Dioclétien interdit aux chrétiens, sous peine de mort, de posséder les Ecritures, de se réunir le dimanche pour célébrer l'Eucharistie et de construire des lieux pour leurs assemblées.

 

A Abitène, une petite ville situé dans l'actuelle Tunisie, 49 chrétiens furent surpris un dimanche alors que, réunis dans la maison d'Octave Félix, ils célébraient l'Eucharistie, bravant ainsi les interdictions impériales. Arrêtés, ils furent conduits à Carthage pour être interrogés par le Proconsul Anulinus.

 

La réponse, parmi d'autres, qu'un certain Eméritus donna au Proconsul qui lui demandait pourquoi ils avaient transgressé l'ordre sévère de l'empereur, est significative. Il répondit :  "Sine dominico non possumus" :  sans nous réunir en assemblée le dimanche pour célébrer l'Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre. Les forces nous manqueraient pour affronter les difficultés quotidiennes et ne pas succomber.

 

Après d'atroces tortures, ces 49 martyrs d'Abitène furent  mis  à  mort. Ils confirmèrent ainsi leur foi, à travers l'effusion de leur sang. Ils moururent, mais ils vainquirent :  nous les rappelons à présent dans la gloire du Christ ressuscité.

 

Les martyrs d'Abitène représentent une expérience sur laquelle nous, chrétiens du XXI siècle, nous devons réfléchir.

 

Pour nous non plus, il n'est pas facile de vivre en chrétiens, même s'il n'y a pas ces interdictions de l'empereur. Mais, d'un point de vue spirituel, le monde dans lequel nous nous trouvons,  souvent marqué par une consommation effrénée, par l'indifférence religieuse, par un sécularisme fermé à la transcendance, peut apparaître comme un désert aussi aride que celui "grand et redoutable" (Dt 8, 15) dont nous a parlé [le] Livre du Deutéronome.

 

Dieu vint à l'aide du peuple hébreu en difficulté dans ce désert avec le don de la manne, pour lui faire comprendre que "l'homme ne vit pas seulement de pain, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de Yahvé" (Dt 8, 3).

 

Dans l'Evangile (...), Jésus nous a expliqué à quel pain Dieu, à travers le don de la manne, voulait préparer le peuple de la Nouvelle Alliance. Faisant allusion à l'Eucharistie, il a dit:  "Voici le Pain descendu du ciel ; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont morts ; qui mange ce pain vivra à jamais" (Jn 6, 58). Le Fils de Dieu s'étant fait chair pouvait devenir Pain, et être ainsi la nourriture de son peuple, de nous qui sommes en marche en ce monde vers la terre promise du Ciel.

 

Nous avons besoin de ce Pain pour affronter les difficultés et la fatigue du voyage. Le Dimanche, Jour du Seigneur, est l'occasion propice pour puiser notre force en Lui, qui est le Seigneur de la vie. Le précepte de fête n'est donc pas un devoir imposé de l'extérieur, un fardeau qui pèse sur nos épaules. Au contraire, participer à la Célébration dominicale, se nourrir du Pain eucharistique et faire l'expérience de la communion des frères et des soeurs dans le Christ, est un besoin  pour  le chrétien, et une joie ; ainsi, le chrétien peut trouver l'énergie nécessaire pour le chemin que nous devons parcourir chaque semaine.

 

Un chemin, par ailleurs, qui n'est pas arbitraire :  la route que Dieu nous indique dans sa Parole va dans la direction inscrite dans l'essence même de l'homme. La Parole de Dieu et la raison vont de pair. Suivre la Parole de Dieu, aller avec le Christ signifie pour l'homme se réaliser soi-même ; l'égarer équivaut à s'égarer soi-même.

 

Le Seigneur ne nous laisse pas seuls sur ce chemin. Il est avec nous ; Il désire même partager notre sort jusqu'à s'identifier avec nous.

 

 

Lire le texte intégral de l'homélie de clôture du Congrès Eucharistique italien, prononcée le 29 mai 2005

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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 09:53

Frédéric PONS, journaliste à Valeurs Actuelles, revient sur la controverse qui s’est déclenchée autour des déclarations du Pape Benoît XVI dans son fameux discours à l’Université de Ratisbonne. Il évoque en particulier la question de l’Islam, et aborde des sujets touchant à la politique française en matière d’immigration.

 

 

Frédéric PONS était le Grand Témoin de Radio Notre Dame, le jeudi 21 septembre 2006.

 

 

Ecouter l'interview de Frédéric Pons

 

Quelques bons articles - que je ne saurais trop vous recommander - ont également été publiés sur les Blogs à ce sujet :

 

1- Lire les articles du Blog de Patrice de Plunkett du 15 septembre 2006, du 18 septembre 2006, du 19 septembre 2006, du 20 septembre 2006, du 22 septembre 2006 et du 24 septembre 2006 ;

 

2- Lire les articles de Mickaël sur le Blog "Dieu seul" du  17 septembre 2006, du  19 septembre 2006 et du  23 septembre 2006. 

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22 septembre 2006 5 22 /09 /septembre /2006 21:55

Extraits de diverses interventions du Pape Benoît XVI sur le thème de la Croix, de la Passion de Jésus.


2005

L'élan de l'amour
La foi me rachète de la solitude
La question de la communion des fidèles divorcés remariés

Une force contre le mal dans le monde

2006

-
 Choisir la vie
La manière divine de vaincre le mal

Marie et l'Heure de Jésus

La beauté des familles

L'univers s'agenouille devant Jésus-Christ

2007

La fécondité de nos souffrances pour l'Eglise et le monde
Que signifie se convertir?

Renaître à la foi au contact des plaies du Christ
L'Agneau véritable qui a versé son sang pour nous tous

La Croix du Christ ouvre toutes grandes les portes de la mort
"Il est mort en priant..."

La confession, notre chemin de Damas

L'homme est grandeur et misère
L'Eglise est dépositaire du mystère du Christ
Le vrai trésor de notre vie est l'Amour du Seigneur
La souffrance est une part essentielle de notre maturité humaine
La Croix, le nouveau trône de Dieu

Dieu a voulu souffrir pour nous et avec nous

2008


Le Carême : une grande retraite spirituelle de 40 jours

Une exceptionnelle sensibilité spirituelle et mystique  

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22 septembre 2006 5 22 /09 /septembre /2006 08:46

Extrait de l'enseignement dispensé par le Pape Benoît XVI sur le Cantique de l'Apocalypse (15. 3-4), lors de l'audience générale du 11 mai 2005.

 

 

Dans le langage biblique (...) [la] "crainte" de Dieu n'est pas une peur, elle ne coïncide pas avec la peur ; mais la crainte de Dieu est une tout autre chose :  elle est la reconnaissance du mystère de la transcendance divine. Celle-ci se trouve donc à la base de la foi et se mélange à l'amour. Dans le Deutéromone, l'Ecriture Sainte dit :  "Le Seigneur ton Dieu te demande de le craindre et de l'aimer de tout ton coeur et de toute ton âme" (cf. Dt 10, 12). Et saint Hilaire, Evêque du IV siècle a dit :  "Toute notre crainte est dans l'amour".

 

C'est dans cette optique que, dans notre bref hymne tiré de l'Apocalypse, s'unissent la crainte et la glorification de Dieu. L'hymne dit:  "Qui ne craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom?" (15, 4). Grâce à la crainte du Seigneur, l'on n'a pas peur du mal qui envahit l'histoire et l'on reprend avec vigueur le chemin de la vie. Précisément grâce à la crainte de Dieu, nous n'avons pas peur du monde et de tous ses problèmes, nous n'avons pas peur des hommes parce que Dieu est plus fort.

 

Le Pape Jean XXIII a dit un jour :  "Celui qui croit n'a pas peur, parce qu'en craignant Dieu qui est bon, il n'a pas peur du monde et de l'avenir". Et ainsi disait le prophète Isaïe :  "Fortifiez les mains affaiblies, affermissez les genoux qui chancellent. Dites aux coeurs défaillants:  "Soyez forts, n'ayez pas peur"" (Is 35, 3-4).

 

 

Lire le texte intégral de l'audience générale du 11 mai 2005

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21 septembre 2006 4 21 /09 /septembre /2006 06:57

Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI dans la Basilique Saint-Jean de Latran, cathédrale de Rome, lors d'une rencontre avec les curés, le clergé et les diacres de son diocèse, le vendredi 13 mai 2005.

De nombreuses personnes nous manifestent la tentation de penser ainsi à l'égard des autres :  "Mais pourquoi ne les laissons-nous pas en paix? Ils ont leur authenticité, leur vérité. Nous avons la nôtre. Coexistons donc pacifiquement, laissant chacun comme il est, afin qu'il recherche de la meilleure façon possible son authenticité".

 

Mais comment la propre authenticité peut-elle être trouvée si, dans la profondeur de notre coeur, il y a l'attente de Jésus et que la véritable authenticité de chacun se trouve précisément dans la communion avec le Christ, et pas sans le Christ?

 

Autrement dit :  si nous avons trouvé le Seigneur et si, pour nous, Il est la lumière et la joie de la vie, sommes-nous sûrs qu'à une autre personne qui n'a pas trouvé le Christ ne manque pas une chose essentielle et que cela ne soit pas notre devoir de lui offrir cette réalité essentielle?

 

Laissons ensuite à la direction de l'Esprit Saint et à la liberté de chacun ce qui arrivera.

 

Mais si nous sommes convaincus et avons fait l'expérience du fait que, sans le Christ, la vie est incomplète, qu'une réalité manque, la réalité fondamentale, nous devons également être convaincus que nous ne faisons tort à personne si nous lui  montrons  le Christ et si nous lui offrons la possibilité de trouver ainsi sa véritable authenticité, la joie d'avoir trouvé la vie.

  

Lire le texte intégral du discours au Clergé de Rome

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Publié par Matthieu BOUCART -
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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 12:15

 

Don Stephano Gobbi, fondateur du Mouvement Sacerdotal Marial (M.S.M.) sera demain, jeudi 21 septembre, à l'église Saint Léon, 1 Place du Cardinal Amette à Paris (75015), de 15 h à 17 h 30, pour un Cénacle de prière

 

 

 

Découvrir le Mouvement Sacerdotal Marial (M.S.M.) : Le site officiel et la discussion sur ce fil

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