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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 18:25

Chers amis, en ce dernier jour de l’année 2010, je vous offre ce petit témoignage de vie (publié l’année dernière sur un autre blog) qui m’a valu l’insigne honneur d’une magnifique illustration sous forme de BD par Armelh – que vous pourrez retrouver en lien au bas de l’article. A toutes et à tous, je souhaite de tout coeur une très bonne et sainte année 2011 !

 

Hier matin, je prends le métro pour me rendre au travail.

 

Je m'assieds et plonge le nez dans mon bouquin du moment : "Les métaphysiques principales" de Claude Tresmontant.

 

Le livre est exigeant, je dois me concentrer pour en assimiler la pensée.

 

Entre une femme, style soixante-huitard attardée, avec sa guitare. Je la croise souvent le matin. Elle a un côté attachant et agaçant à la fois. Attachant, parce qu'elle est touchante de simplicité et de sincérité. Agaçante parce que ses chansons sont vraiment niaises et répétitives (du style : "je vais t'emmener à la campagne, au milieu des fleurs et des tournesols"...). Une vraie caricature de la militante écolo!

 

Elle est agaçante surtout parce qu'elle m'empêche de me concentrer sur mes lectures très sérieuses...

 

Perturbé de nouveau par sa voix nasillarde, je me retrouve donc à lire dix fois la même phrase sans en comprendre le sens - et je fulmine intérieurement...

 

Elle termine son premier "tour" de chant, et voilà que de manière tout-à-fait inattendue, elle annonce qu'elle va chanter maintenant le Gloria des "Anges dans nos campagnes"! Et elle invite les voyageurs à chanter avec elle!

 

Je suis scotché.

 

Elle se met à entonner le "Glo-o-o-o-o, o-o-o-o, o-o-o-o-ria, in excelsis deo"...

 

Bien sûr, tout le monde reste sérieux dans le wagon. Certains (comme moi) font semblant de ne pas entendre, d'autres sourient (on se sait si c'est de complicité ou de pitié...).

 

Et là, dans mon coeur, j'entends : "chante!"

 

Oh non Seigneur, pas ici! Avec tous ces gens! Avec cette femme pathétique. Je ne peux pas.

 

"Chante!"

 

Mais je lis Tresmontant! C'est sérieux, ça Tresmontant! Il faut que je me concentre!

 

"Chante! N'es-tu pas mon chantre animateur lors de mes eucharisties dominicales? Tu connais parfaitement ce chant. Chante!"

 

Et là, je me retrouve tout bête...

 

Si j'avais été un enfant, j'aurais chanté...

 

Si j'avais été avec un frère chrétien, j'aurais chanté...

 

Mais j'étais là, seul, dans mes pensées très sérieuses, et je n'ai pas chanté...

 

Je n'ai pas chanté la gloire de Dieu dans le métro quand l'occasion m'en était donnée.

 

Je n'ai pas saisi cette occasion en or d'annoncer aux hommes la venue du Sauveur.

 

Et la dame de '68 est sortie de la rame...

 

Le plus cocasse dans l'histoire, est que dans mon cheminement intérieur de consécration à la Sainte Trinité par Marie, je me consacre cette semaine à l'esprit d'enfance...

 

Qu'il est profondément enfoui en nous, notre esprit d'enfance... 

 

 

Voir l'illustration BD de cet article par Armelh

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 14:05

Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI aux enseignants et étudiants des universités catholiques romaines, le 19 novembre 2009.

 

Messieurs les cardinaux,

Vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,

Illustres recteurs, autorité académiques et professeurs,

Chers étudiants, frères et sœurs!

 

C'est avec joie que je vous accueille et que je vous remercie d'être venus ad Petri Sedem, pour être confirmés dans votre importante et exigeante tâche d'enseignement, d'étude et de recherche au service de l'Eglise et de la société tout entière (…).

 

Je suis heureux de (…) souligner encore une fois le rôle irremplaçable des facultés ecclésiastiques et des universités catholiques dans l'Eglise et dans la société. Le Concile Vatican II l'avait déjà bien souligné dans la Déclaration Gravissimum educationis, lorsqu'il exhortait les facultés ecclésiastiques à approfondir les divers secteurs des sciences sacrées, pour avoir une connaissance toujours plus approfondie de la Révélation, pour explorer le trésor de la sagesse chrétienne, favoriser le dialogue œcuménique et interreligieux, et pour répondre aux problèmes naissants dans le domaine culturel (cf. n. 11). Ce même document conciliaire recommandait de promouvoir les universités catholiques, en les répartissant dans les différentes régions du monde et, surtout, en soignant leur niveau qualitatif pour former des personnes qui se passionnent pour la connaissance, prêtes à témoigner de leur foi dans le monde et à exercer des rôles de responsabilité dans la société (cf. n. 10). L'invitation du Concile a trouvé un vaste écho dans l'Eglise. En effet, aujourd'hui, il y a plus de 1.300 universités catholiques et environ 400 facultés ecclésiastiques, présentes sur tous les continents, un grand nombre d'entre elles étant nées au cours des dernières décennies, témoignant d'une attention croissante des Eglises particulières pour la formation des ecclésiastiques et des laïcs à la culture et à la recherche.

 

La Constitution apostolique Sapientia christiana, dès ses premières lignes, relève l'urgence, encore actuelle, de surmonter le fossé existant entre foi et culture, en invitant à un plus grand engagement d'évangélisation, dans la ferme conviction que la Révélation chrétienne est une force transformatrice, destinée à imprégner les modes de penser, les critères de jugement, les règles d'action. Celle-ci est en mesure d'illuminer, de purifier et de renouveler les coutumes des hommes et leurs cultures et elle doit constituer le point central de l'enseignement et de la recherche, ainsi que l'horizon qui illumine la nature et la finalité de chaque faculté ecclésiastique. Dans cette perspective, alors qu'est souligné le devoir des chercheurs des disciplines sacrées de rejoindre, avec la recherche théologique, une connaissance plus profonde de la vérité révélée, sont encouragés, dans le même temps, les contacts dans les autres domaines du savoir, pour un dialogue fructueux, en particulier dans le but d'offrir une précieuse contribution à la mission que l'Eglise est appelée à exercer dans le monde. Après trente ans, les lignes de fond de la Constitution apostolique Sapientia christiana conservent encore toute leur actualité. Dans la société actuelle, où la connaissance devient toujours plus spécialisée et sectorielle, mais est profondément marquée par le relativisme, il apparaît même encore davantage nécessaire de s'ouvrir à la "sagesse" qui vient de l'Evangile. En effet, l'homme est incapable de se comprendre pleinement lui-même et de comprendre le monde sans Jésus Christ : Lui seul illumine sa véritable dignité, sa vocation, son destin ultime et ouvre le cœur à une espérance solide et durable.

 

Chers amis, votre engagement de servir la vérité que Dieu nous a révélée participe de la mission évangélisatrice que le Christ a confiée à l'Eglise : c'est donc un service ecclésial. Sapientia christiana cite, à cet égard, la conclusion de l'Evangile selon Matthieu : "Allez donc! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils, et du Saint Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés" (Mt 28, 19-20). Il est important pour tous, professeurs et étudiants, de ne jamais perdre de vue l'objectif à poursuivre, c'est-à-dire celui d'être un instrument de l'annonce évangélique. Les années des études ecclésiastiques supérieures peuvent être comparées à l'expérience que les Apôtres ont vécue avec Jésus : en étant avec Lui, ils ont appris la vérité, pour ensuite en devenir partout les annonciateurs. Dans le même temps, il est important de rappeler que l'étude des sciences sacrées ne doit jamais être séparée de la prière, de l'union avec Dieu, de la contemplation (…), autrement les réflexions sur les mystères divins risquent de devenir un vain exercice intellectuel. Chaque science sacrée, à la fin, renvoie à la "science des saints", à leur intuition des mystères du Dieu vivant, à la sagesse, qui est un don de l'Esprit Saint, et qui est l'âme de la "fides quaerens intellectum" (cf. Audience générale, 21 octobre 2009).

 

 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 18:32

 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 18:21

Le 27 décembre 2009, à l'occasion de la fête de la Sainte-Famille, le Pape Benoît XVI s'est rendu dans le quartier du Trastevere (Rome) à la cantine Via Dandolo, gérée par la Communauté de Sant'Egidio. Après avoir déjeuné au milieu de quelque 150 personnes sans-abri et démunies, dont de nombreux immigrés provenant du Nigeria, de Somalie et d'Afghanistan, le Pape a prononcé le discours suivant.

 

Chers amis,

 

C'est pour moi une expérience émouvante d'être avec vous, d'être ici dans la famille de la Communauté de Sant'Egidio, d'être avec les amis de Jésus, car Jésus aime en particulier les personnes qui souffrent, les personnes en difficulté et il veut les recevoir comme ses frères et ses sœurs. Merci pour cela ! Je suis très heureux et je remercie ceux qui, avec amour et compétence, ont préparé le repas – j'ai réellement apprécié cette cuisine, tous mes compliments !

 

[…] Au cours du repas, j'ai pu connaître un peu l'histoire de certains d'entre vous, comme reflet des situations humaines ici présentes ; j'ai écouté des histoires douloureuses et riches d'humanité, également des histoires d'un amour retrouvé ici, à Sant'Egidio : des expériences de personnes âgées, d'immigrés, de personnes sans domicile fixe, de gitans, de porteurs de handicap, de personnes avec des problèmes économiques ou d'autres difficultés, toutes, d'une façon ou d'une autre, éprouvées par la vie. Je suis ici parmi vous pour vous dire que je suis proche de vous, que je vous aime et que vos personnes et vos histoires ne sont pas loin de mes pensées, mais au centre et au cœur de la communauté des croyants et donc également de mon cœur.

 

À travers les gestes d'amour de ceux qui suivent Jésus, la vérité apparaît selon laquelle « (Dieu) le premier nous a aimés ; c'est pourquoi, nous aussi, nous pouvons répondre par l'amour » (Encycl. Deus caritas est , 17). Jésus dit : « car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi » (Mt 25, 35-36). Et il conclut : « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (v. 40). En écoutant ces paroles, comment ne pas se sentir vraiment les amis de ceux en qui le Seigneur se reconnaît ? Et pas seulement des amis, mais aussi des membres de leur famille. Je suis venu parmi vous précisément en la fête de la Sainte-Famille car, dans un certain sens, celle-ci vous ressemble. En effet, dès ses premiers pas, la famille de Jésus a elle aussi rencontré des difficultés : elle a vécu le problème de ne pas trouver l'hospitalité, elle fut obligée d'émigrer en Égypte en raison de la violence du roi Hérode. Vous savez bien ce que signifie la difficulté, mais vous trouvez ici quelqu'un qui vous aime et qui vous aide, et certains ont même trouvé ici leur famille, grâce au service plein d'attention de la Communauté de Sant'Egidio, qui offre un signe de l'amour de Dieu pour les pauvres.

 

Ici, se réalise aujourd'hui ce qui se passe à la maison : celui qui sert et qui aide se confond avec celui qui est aidé et servi, et à la première place se trouve celui qui en a davantage besoin. L'expression suivante du Psaume me revient à l'esprit : « Voyez ! Qu'il est bon, qu'il est doux d'habiter en frères tous ensemble ! » (Ps 133, 1). L'engagement pour que ceux qui sont seuls ou en difficulté se sentent en famille, mené à bien d'une manière digne d'éloges par la Communauté de Sant'Egidio, naît de l'écoute attentive de la Parole de Dieu et de la prière. Je désire encourager chacun à persévérer sur ce chemin de foi. Avec les paroles de saint Jean Chrysostome, je voudrais rappeler à chacun : « Pense que tu deviens prêtre du Christ, en donnant avec ta propre main non de la chair mais du pain, non du sang, mais un verre d'eau » (Homélies sur l'Évangile de Matthieu, 42, 3). Quelle richesse offre à la vie l'amour de Dieu, qui s'exprime dans le service concret envers nos frères qui sont dans le besoin ! À l'époque, lorsque les magistrats romains intimèrent à Saint Laurent, diacre de l'Église de Rome, de remettre les trésors de l'Église, il montra les pauvres de Rome comme le vrai trésor de l'Église. En rappelant le geste de Saint Laurent, nous pouvons bien dire que vous qui êtes pauvres êtes aussi le trésor précieux de l'Église.

 

Aimer, servir donne la joie du Seigneur qui dit : « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir » (Ac 20, 35). En cette époque de difficultés économiques particulières, que chacun soit signe d'espérance et témoin d'un monde nouveau pour celui qui, enfermé dans son propre égoïsme et ayant l'illusion de pouvoir être heureux tout seul, vit dans la tristesse ou dans une joie éphémère qui laisse le cœur vide.

 

Quelques jours se sont écoulés depuis le Saint Noël : Dieu s'est fait Enfant, il s'est fait proche de nous pour nous dire qu'il nous aime et qu'il a besoin de notre amour. Je souhaite à tous avec affection de bonnes fêtes et la joie de connaître toujours plus l'amour de Dieu. J'invoque la protection de la Vierge de la Visitation, celle qui nous enseigne à nous « hâter » de répondre aux besoins de nos frères et je vous bénis avec affection.

 

 

Avant de quitter le foyer de la Communauté de Sant'Egidio, le Pape Benoît XVI a adressé un salut à la foule qui s'était rassemblée à l'extérieur :

 

Chers Frères et Sœurs,

 

Après avoir participé au repas de fête du foyer de la Communauté de Sant'Egidio et avoir salué quelques étudiants de l'École de langues et de culture de la Communauté, j'adresse mes vœux les plus chaleureux à vous tous qui n'avez pas pu rentrer, mais qui avez pris part à cette rencontre de l'extérieur, depuis déjà une heure ou deux m'a-t-on dit. Merci !

 

De nombreuses personnes, provenant de divers pays, marquées par le besoin, se retrouvent ici pour chercher une parole, une aide, une lumière pour un avenir meilleur. Engagez-vous afin que personne ne soit seul, que personne ne soit exclu, que personne ne soit abandonné.

 

Il y a un langage qui, au-delà des différentes langues, unit tout : celui de l'amour. Comme le dit l'apôtre Paul : « J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante » (1 Co 13, 1). Tel est le langage, également dans cette école, que nous devons apprendre et pratiquer toujours plus. Cela nous est enseigné par l'Enfant Jésus, Dieu qui, par amour, s'est fait l'un de nous et nous parle tout d'abord à travers sa présence, à travers son humilité d'Enfant qui choisit d'être dépendant de notre amour. Ce langage rendra meilleurs notre ville et le monde.

 

Je vous bénis tous avec affection et avec reconnaissance pour ce que vous faites pour les pauvres, en vue de la construction de la civilisation de l'amour. Merci à vous tous. Bonnes fêtes et bonne année !

 

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 11:49

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 11:37

Extrait du discours du Pape Benoît XVI aux cardinaux et à la curie romaine, le 21 décembre 2009.

 

Pour terminer, je voudrais encore exprimer ma reconnaissance et ma joie pour mon voyage en République tchèque. Avant ce voyage, j'ai toujours eu conscience qu'il s'agissait d'un pays avec une majorité d'agnostiques et d'athées, où les chrétiens constituent désormais seulement une minorité. Ma surprise a été d'autant plus joyeuse en constatant que j'étais partout entouré d'une grande cordialité et amitié ; que de grandes liturgies étaient célébrées dans une atmosphère joyeuse de fête ; que dans le monde des universités et de la culture ma parole recevait une vive attention ; que les autorités de l'Etat ont fait preuve à mon égard d'une grande courtoisie et ont accompli tout leur possible pour contribuer au succès de la visite.

 

Je serais à présent tenté de dire quelque chose sur la beauté du pays et sur les magnifiques témoignages de la culture chrétienne, qui eux seuls rendent cette beauté parfaite. Mais je considère surtout important le fait que les personnes qui se considèrent agnostiques ou athées doivent également nous tenir à cœur en tant que croyants. Lorsque nous parlons d'une nouvelle évangélisation ces personnes sont peut-être effrayées. Elles ne veulent pas se voir comme faisant l'objet d'une mission, ni renoncer à leur liberté de pensée et de volonté. Mais la question de Dieu reste toutefois présente également pour elles, même si elles ne peuvent pas croire au caractère concret de son attention pour nous. A Paris, j'ai parlé de la recherche de Dieu comme du motif fondamental de la naissance du monachisme occidental et, avec celui-ci, de la culture occidentale. Comme premier pas de l'évangélisation, nous devons chercher à garder cette recherche vivante ; nous devons nous soucier que l'homme ne mette pas de côté la question de Dieu comme question essentielle de son existence. Nous devons nous soucier qu'il accepte cette question et la nostalgie qui se cache en elle. Il me vient à l'esprit une parole que Jésus reprend du prophète Isaïe, c'est-à-dire que le Temple devait être une maison de prière pour tous les peuples (cf. Is 56, 7 ; Mc11, 17). Il pensait à ce que l'on appelle la maison de prière pour toutes les nations, qu'il désencombra des activités extérieures pour qu'il y ait une place libre pour les païens qui voulaient prier là le Dieu unique, même s'ils ne pouvaient pas prendre part au mystère, auquel l'intérieur du Temple était réservé. Un espace de prière pour tous les peuples – on pensait avec cela à des personnes qui ne connaissent Dieu, pour ainsi dire, que de loin ; qui sont insatisfaites de leurs dieux, de leurs rites et de leurs mythes ; qui désirent le Saint et le Grand, même si Dieu reste pour eux le « Dieu inconnu » (cf. Ac 17, 23). Ils devaient pouvoir prier le Dieu inconnu, mais cependant être ainsi en relation avec le vrai Dieu, malgré des zones d'ombre de natures diverses. Je pense que l'Eglise devrait aujourd'hui aussi ouvrir une sorte de « parvis des Gentils », où les hommes puissent d'une certaine manière s'accrocher à Dieu, sans le connaître et avant d'avoir trouvé l'accès à son mystère, au service duquel se trouve la vie interne de l'Eglise. Au dialogue avec les religions doit aujourd'hui surtout s'ajouter le dialogue avec ceux pour qui la religion est une chose étrangère, pour qui Dieu est inconnu et qui, cependant, ne voudraient pas rester simplement sans Dieu, mais l'approcher au moins comme Inconnu.

 

En conclusion, encore une fois, quelques mots sur l'Année sacerdotale. En tant que prêtres, nous sommes à la disposition de tous : de ceux qui connaissent Dieu de près et de ceux pour qui Il est l'Inconnu. Nous devons tous le connaître toujours à nouveau et nous devons le chercher sans cesse pour devenir de véritables amis de Dieu. Comment pourrions-nous, en définitive, arriver à connaître Dieu, si ce n'est à travers les hommes qui sont les amis de Dieu? Le noyau le plus profond de notre ministère sacerdotal est d'être des amis du Christ (cf. Jn 15, 15), des amis de Dieu, par l'intermédiaire desquels d'autres personnes également peuvent trouver la proximité de Dieu. Ainsi, en même temps que mes profonds remerciements pour toute l'aide que vous m'avez apportée tout au long de l'année, voici mon vœu pour Noël : que nous devenions toujours plus des amis du Christ et donc des amis de Dieu et que, de cette manière, nous puissions être le sel de la terre et la lumière du monde.

 

Un Saint Noël et une bonne année nouvelle!

 

 

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 13:32

 

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 13:19

Extrait du discours du Pape Benoît XVI aux cardinaux et à la curie romaine, le 21 décembre 2009.

 

Comme je l'ai déjà dit, le thème dusynode désigne trois grandes paroles fondamentales de la responsabilité théologique et sociale : réconciliation — justice — paix. On pourrait dire que réconciliation et justice sont les deux présupposés essentiels de la paix et qu'ils définissent également dans une certaine mesure sa nature. Limitons-nous à la parole « réconciliation ». Un regard sur les souffrances et les difficultés de l'Histoire récente de l'Afrique, mais également dans de nombreuses autres régions de la terre, montre que les oppositions non résolues et profondément enracinées peuvent conduire, dans certaines situations, à des explosions de violence dans lesquelles tout sens d'humanité semble avoir disparu. La paix ne peut se réaliser que si elle conduit à une réconciliation intérieure. Nous pouvons considérer comme un exemple positif d'un processus de réconciliation en voie de réussite l'Histoire de l'Europe après la deuxième guerre mondiale. Le fait que depuis 1945, en Europe occidentale et centrale, il n'y a plus eu de guerre se fonde certainement de façon déterminante sur des structures politiques et économiques intelligentes et éthiquement encadrées, mais celles-ci n'ont pu se développer que parce qu'existaient des processus intérieurs de réconciliation qui ont rendu possible une nouvelle coexistence. Chaque société a besoin de réconciliation, afin qu'il puisse y avoir la paix. Les réconciliations sont nécessaires pour une bonne politique, mais ne peuvent être réalisées uniquement par celle-ci. Il s'agit de processus pré-politiques et ils doivent provenir d'autres sources.

 

Le synode a cherché à examiner en profondeur le concept de réconciliation comme devoir pour l'Eglise d'aujourd'hui, en attirant l'attention sur ses différentes dimensions. L'appel que Saint Paul a adressé aux Corinthiens possède véritablement aujourd'hui une nouvelle actualité. « Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20). Si l'homme n'est pas réconcilié avec Dieu, il est également en opposition avec la Création. Il n'est pas réconcilié avec lui-même, il voudrait être un autre que celui qu'il est et par conséquent il n'est pas non plus réconcilié avec son prochain. En outre, la capacité de reconnaître sa faute et de demander pardon — à Dieu et à l'autre — fait partie de la réconciliation. Et enfin, la disponibilité à la pénitence, la disponibilité à souffrir jusqu'au bout pour une faute et à se laisser transformer, appartient au processus de réconciliation. Et la gratuité, dont l'encyclique Caritas in veritate parle à plusieurs reprises, en fait partie : la disponibilité à aller au-delà du nécessaire, à ne pas faire de calculs, mais à aller au-delà de ce que demandent les simples obligations juridiques. Cette même générosité avec laquelle Dieu lui-même nous a donné l'exemple en fait partie. Pensons aux paroles de Jésus : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère à quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande » (Mt 5, 23sq). Dieu qui savait que nous ne sommes pas réconciliés, qui voyait que nous avons quelque chose contre Lui, s'est levé et est venu à notre rencontre, bien que Lui seul ait été du côté de la raison. Il est venu à notre rencontre jusqu'à la Croix, pour nous réconcilier. Telle est la gratuité : la disponibilité à faire le premier pas. Aller les premiers à la rencontre de l'autre, lui offrir la réconciliation, assumer la souffrance que comporte le renoncement à avoir raison. Ne pas céder dans la volonté de réconciliation : c'est de cela que Dieu nous a donné l'exemple et c'est la façon de devenir semblables à Lui, une attitude dont nous avons toujours à nouveau besoin dans le monde. Nous devons aujourd'hui être en mesure d'apprendre à nouveau à reconnaître la faute, nous devons nous ôter l'illusion d'être innocents. Nous devons être en mesure d'apprendre à faire pénitence, à nous laisser transformer ; à aller à la rencontre de l'autre et à nous faire donner par Dieu le courage et la force pour un tel renouvellement. Dans notre monde d'aujourd'hui, nous devons redécouvrir le sacrement de la pénitence et de la réconciliation. Le fait que celui-ci ait en grande partie disparu des habitudes existentielles des chrétiens est le symptôme d'une perte de véracité à l'égard de nous-mêmes et de Dieu ; une perte, qui met en danger notre humanité et qui réduit notre volonté de paix. Saint Bonaventure était de l'opinion que le sacrement de la pénitence était un sacrement de l'humanité en tant que tel, un sacrement que Dieu avait déjà institué dans son essence immédiatement après le péché originel avec la pénitence imposée à Adam, même s'il n'a pu obtenir sa forme complète que dans le Christ, qui est de manière personnelle la force réconciliatrice de Dieu et qui a pris sur lui notre pénitence. En effet, l'unité entre faute, pénitence et pardon est l'une des conditions fondamentales de la véritable humanité, des conditions qui atteignent leur forme complète dans le sacrement, mais qui, à partir de leur racine, font partie du fait d'être des personnes humaines comme telles. Le synode des évêques pour l'Afrique a donc à juste titre inclus dans ses réflexions également les rituels de réconciliation de la tradition africaine comme lieux d'apprentissage et de préparation pour la grande réconciliation que Dieu donne dans le sacrement de la pénitence. Mais cette réconciliation requiert le vaste « espace » de la reconnaissance de la faute et de l'humilité de la pénitence. La réconciliation est un concept pré-politique et une réalité pré-politique, qui précisément pour cette raison est de la plus grande importance pour la tâche de la politique elle-même. Si l'on ne crée pas dans les cœurs la force de la réconciliation, le présupposé intérieur manque à l'engagement politique pour la paix. Lors du synode, les pasteurs de l'Eglise se sont engagés en vue de cette purification intérieure de l'homme qui constitue la condition préliminaire essentielle à l'édification de la justice et de la paix. Mais cette purification et cette maturation intérieure vers une véritable humanité ne peuvent pas exister sans Dieu.

 

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 15:51

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 15:41

Extrait du discours du Pape Benoît XVI aux cardinaux et à la curie romaine, le 21 décembre 2009.

 

Messieurs les cardinaux,

vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,

chers frères et sœurs,

 

La solennité du Saint Noël […] est pour tous les chrétiens une occasion tout à fait particulière de rencontre et de communion. Cet Enfant que nous rencontrons à Bethléem nous invite à faire l'expérience de l'amour immense de Dieu, ce Dieu qui est descendu du ciel et s'est fait proche de chacun de nous pour faire de nous ses fils, membres de sa famille. Ce rendez-vous traditionnel de Noël du Successeur de Pierre avec ses plus proches collaborateurs constitue également une rencontre de famille, qui renforce les liens d'affection et de communion, pour former toujours plus ce « Cénacle permanent » consacré à la diffusion du Royaume de Dieu, comme cela vient d'être rappelé […].

 

Une autre année riche d'événements importants pour l'Eglise et pour le monde touche à son terme. Avec un regard rétrospectif empreint de gratitude, je voudrais en cette heure faire mémoire de quelques points-clés pour la vie ecclésiale. De l'Année de Saint Paul, nous sommes passés à l'Année sacerdotale. De la figure imposante de l'Apôtre des nations qui, frappé par la lumière du Christ ressuscité et par son appel, a apporté l'Evangile aux peuples du monde, nous sommes passés à la figure humble du curé d'Ars qui, pendant toute sa vie, est resté dans le petit village qui lui avait été confié et qui toutefois, précisément dans l'humilité de son service, a rendu largement visible dans le monde la bonté réconciliatrice de Dieu. A partir de ces deux figures se manifeste la vaste portée du ministère sacerdotal et il devient évident que c'est précisément ce qui est petit qui est grand et que, à travers le service apparemment petit d'un homme, Dieu peut accomplir de grandes choses, purifier et renouveler le monde de l'intérieur.

 

Pour l'Eglise, et pour moi personnellement, l'année qui se conclut a été placée en grande partie sous le signe de l'Afrique. Il y a eu avant tout le voyage au Cameroun et en Angola. Il a été émouvant pour moi de ressentir la grande cordialité avec laquelle le Successeur de Pierre, le Vicarius Christi, a été accueilli. La joie festive et l'affection cordiale de ceux qui sont venus à ma rencontre sur toutes les routes ne s'adressaient pas, justement, à un hôte quelconque. Dans la rencontre avec le Pape, on a pu percevoir l'Eglise universelle, la communauté qui embrasse le monde et qui est réunie par Dieu à travers le Christ — la communauté qui n'est pas fondée sur des intérêts humains, mais qui nous est offerte par l'attention bienveillante de Dieu pour nous. Tous ensemble, nous formons la famille de Dieu, frères et sœurs en vertu d'un unique Père : telle a été l'expérience vécue. Et on faisait l'expérience que l'attention pleine d'amour de Dieu dans le Christ pour nous n'appartient pas au passé et ne relève pas non plus de théories savantes, mais est une réalité tout à fait concrète ici et maintenant. C'est précisément Lui qui est au milieu de nous : c'est ce que nous avons perçu à travers le ministère du Successeur de Pierre. Ainsi, nous avons été élevés au-dessus du simple quotidien. Le ciel s'est ouvert, et c'est ce qui transforme un jour en une fête. Et c'est dans le même temps quelque chose de durable. Cela continue à être vrai, également dans la vie quotidienne, que le ciel n'est plus fermé ; que Dieu est proche ; que dans le Christ, nous appartenons tous les uns aux autres.

 

Le souvenir des célébrations liturgiques reste gravé de façon particulièrement profonde dans ma mémoire. Les célébrations de la Sainte Eucharistie ont été de véritables fêtes de la foi. Je voudrais mentionner deux éléments qui me semblent particulièrement importants. Il y avait avant tout une joie partagée, qui s'exprimait également à travers le corps, mais de façon disciplinée et guidée par la présence du Dieu vivant. Ceci indique déjà le deuxième élément : le sens du sacré, du mystère présent du Dieu vivant a façonné, pour ainsi dire, chaque geste. Le Seigneur est présent — le Créateur, Celui auquel tout appartient, dont nous provenons et vers lequel nous marchons. De façon spontanée me sont venues à l'esprit les paroles de Saint Cyprien qui, dans son commentaire au Notre Père, écrit : « Rappelons-nous que nous sommes sous le regard de Dieu posé sur nous. Nous devons plaire aux yeux de Dieu, tant par l'attitude de notre corps que par l'usage de notre voix » (De dom. or. 4 csel III 1, p. 269). Oui, cette conscience était présente : nous étions en présence de Dieu. De cela ne découle ni peur, ni inhibition, pas davantage une obéissance extérieure aux rubriques, et encore moins une façon de se mettre en évidence les uns devant les autres ou d'élever la voix de façon désordonnée. Il régnait plutôt ce que les Pères appellent « sobria ebrietas » :être remplis d'une joie qui demeure toutefois sobre et ordonnée, qui unit les personnes de l'intérieur, en les conduisant à la louange communautaire de Dieu, une louange qui suscite dans le même temps l'amour du prochain, la responsabilité réciproque.

 

Naturellement, la rencontre avec mes frères dans le ministère épiscopal et l'inauguration du synode pour l'Afrique à travers la remise de l'Instrumentum laboris,ont fait bien sûr partie du voyage en Afrique […]. A l'occasion de ma visite en Afrique, la force théologique et pastorale du primat pontifical comme point de convergence pour l'unité de la famille de Dieu a d'abord été rendu évidente. Au cours dusynode, est apparue encore plus fortement l'importance de la collégialité — de l'unité des évêques, qui reçoivent leur ministère précisément du fait qu'ils entrent dans la communauté des successeurs des Apôtres : chacun est évêque, successeur des Apôtres, uniquement dans la mesure où il appartient à la communauté de ceux dans lesquels se poursuit le Collegium Apostolorumdans l'unité avec Pierre et avec son successeur. Comme dans les liturgies en Afrique, puis de nouveau, à Saint-Pierre de Rome, le renouveau liturgique de Vatican II a pris forme de façon exemplaire, ainsi, dans la communion du synode, l'ecclésiologie du Concile a été vécue de façon très concrète. Les témoignages que nous avons pu écouter de la part des fidèles d'Afrique — des témoignages de souffrance et de réconciliation concrète dans les tragédies de l'histoire récente du continent — ont été également émouvants.

 

Le synode s'était proposé comme thème : l'Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. Il s'agit d'un thème théologique et surtout pastoral d'une actualité brûlante, mais qui pouvait également être pris à tort pour un thème politique. La tâche des évêques était de transformer la théologie en pastorale, c'est-à-dire en un ministère pastoral très concret, dans lequel les grandes visions de l'Ecriture Sainte et de la Tradition sont appliquées à l'œuvre des évêques et des prêtres à un moment et en un lieu déterminés. Mais il ne fallait pas pour cela céder à la tentation de prendre personnellement en main la politique et de pasteurs, se transformer en guides politiques. En effet, la question très concrète devant laquelle les pasteurs se trouvent continuellement, est précisément celle-ci : comment pouvons-nous être réalistes et pratiques, sans nous arroger une compétence politique qui ne nous revient pas? Nous pourrions également dire : il s'agissait de la question d'une laïcité positive, pratiquée et interprétée de façon juste. Il s'agit là également d'un thème fondamental de l'encyclique, publiée le jour de la fête des Saints Pierre et Paul, « Caritas in veritate », qui a de cette façon repris et développé plus avant la question qui concerne la place théologique et concrète de la doctrine sociale de l'Eglise.

 

 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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