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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 12:50

Extrait de la lettre aux prêtres du Pape Benoît XVI pour l’indiction de l’Année sacerdotale à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance du Saint Curé d’Ars, le 16 juin 2009.

 

Chers Frères dans le sacerdoce,

 

En la prochaine solennité du Sacré-Cœur de Jésus (…) – journée traditionnellement consacrée à la prière pour la sanctification des prêtres –, j’ai pensé ouvrir officiellement une « Année sacerdotale » à l’occasion du 150e anniversaire du dies natalis de Jean-Marie Vianney, le Saint patron de tous les curés du monde. Une telle année, qui veut contribuer à promouvoir un engagement de renouveau intérieur de tous les prêtres afin de rendre plus incisif et plus vigoureux leur témoignage évangélique dans le monde d’aujourd’hui, se conclura en la même solennité de l’année 2010. « Le Sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus », avait coutume de dire le Saint Curé d’Ars. Cette expression touchante nous permet avant tout d’évoquer avec tendresse et reconnaissance l’immense don que sont les prêtres non seulement pour l'Église, mais aussi pour l’humanité elle-même. Je pense à tous ces prêtres qui présentent aux fidèles chrétiens et au monde entier l’offrande humble et quotidienne des paroles et des gestes du Christ, s’efforçant de Lui donner leur adhésion par leurs pensées, leur volonté, leurs sentiments et le style de toute leur existence. Comment ne pas mettre en évidence leurs labeurs apostoliques, leur service inlassable et caché, leur charité ouverte à l’universel ? Et que dire de la courageuse fidélité de tant de prêtres qui, bien que confrontés à des difficultés et à des incompréhensions, restent fidèles à leur vocation : celle d’« amis du Christ », qui ont reçu de Lui un appel particulier, ont été choisis et envoyés ?

 

Je porte moi-même encore vivant dans mon cœur le souvenir du premier curé auprès de qui j’ai exercé mon ministère de jeune prêtre : il m’a laissé l’exemple d’un dévouement sans faille à son service pastoral, au point de trouver la mort alors qu’il allait porter le viatique à un malade grave. Me viennent encore à la mémoire les innombrables confrères que j’ai rencontrés et que je continue à rencontrer, même au cours de mes voyages pastoraux en divers pays ; tous généreusement engagés dans l’exercice quotidien de leur ministère sacerdotal. Mais l’expression utilisée par le Saint Curé évoque aussi le Cœur transpercé du Christ et la couronne d’épines qui l’entoure. Et notre pensée se tourne alors vers les innombrables situations de souffrance dans lesquelles sont plongés bien des prêtres, soit parce qu’ils participent à l’expérience humaine de la douleur dans ses multiples manifestations, soit parce qu’ils sont incompris par ceux qui bénéficient de leur ministère : comment ne pas nous souvenir de tant de prêtres bafoués dans leur dignité, empêchés d’accomplir leur mission, parfois même persécutés jusqu’au témoignage suprême du sang ?

 

Il existe aussi malheureusement des situations, jamais assez déplorées, où l'Église elle-même souffre de l’infidélité de certains de ses ministres. Et c’est pour le monde un motif de scandale et de refus. Ce qui, dans de tels cas peut être surtout profitable pour l'Église, ce n’est pas tant la pointilleuse révélation des faiblesses de ses ministres, mais plutôt une conscience renouvelée et joyeuse de la grandeur du don de Dieu, concrétisé dans les figures splendides de pasteurs généreux, de religieux brûlant d’amour pour Dieu et pour les âmes, de directeurs spirituels éclairés et patients. A cet égard, les enseignements et les exemples de Saint Jean-Marie Vianney peuvent offrir à tous un point de référence significatif : le Curé d’Ars était très humble, mais il avait conscience, comme prêtre, d’être un don immense pour son peuple : « Un bon pasteur, un pasteur selon le cœur de Dieu, c’est là le plus grand trésor que le bon Dieu puisse accorder à une paroisse, et un des plus précieux dons de la miséricorde divine ». Il parlait du sacerdoce comme s’il ne réussissait pas à se convaincre de la grandeur du don et de la tâche confiés à une créature humaine : « Oh ! que le prêtre est quelque chose de grand ! s’il se comprenait, il mourrait… Dieu lui obéit : il dit deux mots et Notre Seigneur descend du ciel à sa voix et se renferme dans une petite hostie… ». Et, pour expliquer à ses fidèles l’importance des sacrements, il disait : « Si nous n’avions pas le sacrement de l’Ordre, nous n’aurions pas Notre-Seigneur. Qui est-ce qui l’a mis là, dans le tabernacle ? Le prêtre. Qui est-ce qui a reçu notre âme à son entrée dans la vie ? Le prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage ? Le prêtre. Qui la préparera à paraître devant Dieu, en lavant cette âme pour la dernière fois dans le sang de Jésus-Christ ? Le prêtre, toujours le prêtre. Et si cette âme vient à mourir [à cause du péché], qui la ressuscitera, qui lui rendra le calme et la paix ? Encore le prêtre… Après Dieu, le prêtre c’est tout… Le prêtre ne se comprendra bien que dans le ciel ». Ces affirmations, jaillies du cœur sacerdotal du Saint curé, peuvent nous sembler excessives. Elles manifestent toutefois en quelle haute considération il tenait le sacrement du sacerdoce. Il semblait submergé par le sentiment d’une responsabilité sans bornes : « Si l’on comprenait bien le prêtre sur la terre, on mourrait non de frayeur, mais d’amour … Sans le prêtre, la mort et la passion de Notre-Seigneur ne serviraient de rien… C’est le prêtre qui continue l’œuvre de Rédemption, sur la terre… A quoi servirait une maison remplie d’or, si vous n’aviez personne pour ouvrir la porte ? Le prêtre a la clef des trésors célestes : c’est lui qui ouvre la porte ; il est l’économe du bon Dieu, l’administrateur de ses biens…. Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes… Le prêtre n’est pas prêtre pour lui… il est pour vous ».

 

 

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 15:13

Extrait du livre de Claude Tresmontant :  "Les métaphysiques principales". Un ouvrage indispensable pour enraciner solidement sa foi dans la raison - et répondre aux arguments de l'agnosticisme pour qui la raison humaine est incapable d'accéder avec certitude à de quelconques vérités métaphysiques. 

Métaphysiques principales

Il existe dans l’histoire de la pensée humaine quelques métaphysiques qui ne sont pas en nombre indéfini. Il existe quelques problèmes métaphysiques fondamentaux, et à ces problèmes il existe quelques solutions qui ne sont pas en nombre indéfini. Il existe aussi plusieurs méthodes en métaphysique, en tout petit nombre. Il est donc possible de constituer une typologie des métaphysiques principales (…).

 

Nous avons voulu montrer (…) qu’il existe dans la réalité historique quelques types de métaphysiques qui sont constants à travers les siècles, et que si l’on tente l’analyse logique des problèmes, il n’existe aussi que quelques types de solutions aux problèmes posés, en tout petit nombre (…). Nous avons montré comment, dans la suite des siècles, ces archétypes métaphysiques subsistent, en prenant quelques exemples particulièrement significatifs (…). Il s’agit (…) de caractériser  par quelques exemples quelques types ou modèles de métaphysiques qui sont constants à travers les siècles.

 

Cette analyse logique des métaphysiques principales permet de voir que si les solutions aux problèmes posés ne sont pas en nombre indéfini – loin de là ! – il est permis d’espérer d’en trouver la solution à la condition d’utiliser la bonne méthode, la seule méthode normale de la pensée, qui est la méthode expérimentale, la méthode scientifique.

 

Ainsi ces quelques esquisses simples et schématiques à dessein ont-elles finalement pour objet ou pour but de faire sortir, de tirer nos amis astrophysiciens, physiciens, biologistes, économistes, etc. de la morne conviction qui est la leur, conviction aujourd’hui majoritaire sur notre microscopique Planète, à savoir que l’analyse philosophique est impossible, que les questions métaphysiques sont dépourvues de signification, qu’il faut s’en tenir à la constatation du donné, etc. On a reconnu la sinistre rengaine : c’est le positivisme, le vieux et le nouveau toujours aussi vieux, qui dérive en fait du kantisme (…).

 

La méthode scientifique qui est la méthode expérimentale consiste à ne pas tenir compte des préférences subjectives de chacun dans l’analyse du donné. Mais justement, nous allons le voir, nombre de métaphysiciens à travers les siècles sacrifient volontiers le donné objectif à leurs préférences subjectives, à leurs amours et à leurs haines. C’est la raison pour laquelle la métaphysique s’est dévoyée. Et c’est la raison pour laquelle aussi nombre de philosophes – comme par exemple Nietszche, Heidegger, Sartre et bien d’autres à leur suite – ont en horreur la méthode scientifique qui est la méthode expérimentale, car elle implique, elle exige que l’on parte du donné et qu’on le respecte. Ils diraient volontiers en s’adressant au Réel donné dans l’expérience : "Eloigne-toi de nous ! Pourquoi es-tu venu nous tourmenter avant l’heure?"

 

L’abîme qui existe aujourd’hui entre la philosophie dominante telle qu’elle s’enseigne ou ne s’enseigne pas – et les sciences expérimentales, tient précisément à ce point : Tous les savants du monde sont d’accord sur le fait que le point de départ de la connaissance, c’est l’expérience objective ; que le critère de la vérité, c’est l’expérience ; qu’il faut partir du donné, l’écouter, l’ausculter, l’explorer, et que la méthode, si l’on peut dire, des déductions a priori ne vaut rien. Elle a toujours échoué et donné des résultats ridicules.

 

Les philosophes qui règnent aujourd’hui sur la Planète ne sont plus d’accord sur rien, même pas et surtout pas sur la question du point de départ de la connaissance philosophique. Il n’y a donc plus d’espoir de ce côté-là. Le seul espoir d’un renouvellement, d’une nouvelle jeunesse de la métaphysique, se présente du côté des chercheurs, des scientifiques, qui ont vu, qui ont compris l’existence et l’intérêt des problèmes métaphysiques, et qui aimeraient les traiter (…).

 

La métaphysique n’est pas quelque chose de mystique, ni de magique, ni d’irrationnel. La métaphysique est tout simplement l’analyse logique complète, intégrale, du donné de notre expérience. Il s’agit tout simplement de s’instruire en ce qui concerne ce qui est donné dans notre expérience, dans toute notre expérience, et de s’efforcer de raisonner correctement.

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 14:48

Extrait de l’homélie prononcée par le Pape Benoît XVI lors de la célébration des Vêpres avec les abbés et abbesses et la communauté des moines et moniales bénédictins en la Basilique du Mont-Cassin, le 24 mai 2009.

 

Chers frères et sœurs de la grande famille bénédictine!

 

En conclusion de ma visite, je suis particulièrement heureux de m'arrêter dans ce lieu sacré, dans cette abbaye, détruite et reconstruite quatre fois, la dernière fois après les bombardements de la deuxième guerre mondiale il y a 65 ans. "Succisa virescit" : la devise de son nouveau blason en montre bien l'histoire. L'abbaye du Mont-Cassin, comme un chêne séculaire planté par Saint Benoît, a été "élaguée" par la violence, mais elle a ressuscité plus vigoureuse. Plus d'une fois, j'ai eu moi aussi l'opportunité de profiter de l'hospitalité des moines, et dans cette abbaye, j'ai passé des moments inoubliables de sérénité et de prière (…).

 

Les moines ont su enseigner par la parole et par l'exemple l'art de la paix, en réalisant de manière concrète les trois "liens" que Benoît indique comme nécessaires pour conserver l'unité de l'Esprit entre les hommes : la Croix, qui est la loi même du Christ ; le livre, c'est-à-dire la culture ; et la charrue, qui indique le travail, la domination sur la matière et sur le temps. Grâce à l'activité des monastères, articulée selon le triple engagement quotidien de la prière, de l'étude et du travail, des peuples entiers du continent européen ont connu un authentique rachat et un développement moral, spirituel et culturel bénéfique, en s'éduquant au sens de la continuité avec le passé, à l'action concrète pour le bien commun, à l'ouverture vers Dieu et la dimension transcendante.

 

Prions afin que l'Europe sache toujours valoriser ce patrimoine de principes et d'idéaux chrétiens qui constitue une immense richesse culturelle et spirituelle.

 

 

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 11:15
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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 11:06

Audience Générale du Pape Benoît XVI sur Saint Théodore le Studite, le 27 mai 2009.

 

Chers frères et sœurs!

 

Le Saint que nous rencontrons aujourd'hui, saint Théodore le Studite, nous conduit en plein Moyen Age byzantin, à une période assez tourmentée du point de vue religieux et politique. Saint Théodore naquit en 759 dans une famille noble et pieuse : sa mère, Théoctiste, et un oncle, Platon, abbé du monastère de Saccoudion en Bithynie, sont vénérés comme des Saints. Ce fut précisément son oncle qui l'orienta vers la vie monastique, qu'il embrassa à l'âge de 22 ans. Il fut ordonné prêtre par le patriarche Tarasius, mais rompit ensuite la communion avec lui en raison de la faiblesse dont celui-ci fit preuve à l'occasion du mariage adultérin de l'empereur Constantin VI. La conséquence en fut l'exil de Théodore, en 796, à Thessalonique. La réconciliation avec l'autorité impériale advint l'année suivante sous l'impératrice Irène, dont la bienveillance conduisit Théodore et Platon à s'installer dans le monastère urbain de Stoudios, avec une grande partie de la communauté des moines de Saccoudion, pour éviter les incursions des sarrasins. C'est ainsi que débuta l'importante "réforme studite".

 

Toutefois, l'histoire personnelle de Théodore continua d'être mouvementée. Avec son énergie habituelle, il devint le chef de la résistance contre l'iconoclasme de Léon V l'Arménien, qui s'opposa de nouveau à l'existence d'images et d'icônes dans l'Eglise. La procession d'icônes organisée par les moines de Stoudios déchaîna la réaction de la police. Entre 815 et 821, Théodore fut flagellé, incarcéré et exilé en divers lieu de l'Asie Mineure. En fin de compte, il put rentrer à Constantinople, mais pas dans son monastère. Il s'installa alors avec ses moines de l'autre côté du Bosphore. Il mourut, semble-t-il, à Prinkipo, le 11 novembre 826, jour où il est célébré dans le calendrier byzantin.

 

Théodore se distingua dans l'Histoire de l'Eglise comme l'un des grands réformateurs de la vie monastique et également comme défenseur des images sacrées pendant la deuxième phase de l'iconoclasme, aux côtés du patriarche de Constantinople, saint Nicéphore. Théodore avait compris que la question de la vénération des icônes avait à voir avec la vérité même de l'Incarnation. Dans ses trois livres Antirretikoi (Réfutations), Théodore établit une comparaison entre les relations éternelles intratrinitaires, où l'existence de chaque Personne divine ne détruit pas l'unité, et les relations entre les deux natures en Christ, qui ne compromettent pas, en lui, l'unique Personne du Logos. Et il argumente : abolir la vénération de l'icône du Christ signifierait effacer son œuvre rédemptrice elle-même, du moment que, assumant la nature humaine, l'invisible Parole éternelle est apparue dans la chair visible humaine et de cette manière a sanctifié tout le cosmos visible. Les icônes, sanctifiées par la bénédiction liturgique et par les prières des fidèles, nous unissent avec la Personne du Christ, avec ses Saints et, par leur intermédiaire, avec le Père céleste et témoignent de l'entrée dans la réalité divine de notre cosmos visible et matériel.

 

Théodore et ses moines, témoins du courage au temps des persécutions iconoclastes, sont liés de façon inséparable à la réforme de la vie cénobitique dans le monde byzantin. Leur importance s'impose déjà en vertu d'une circonstance extérieure : le nombre. Tandis que les monastères de l'époque ne dépassaient pas trente ou quarante moines, nous apprenons de la vie de Théodore l'existence de plus d'un millier, au total, de moines studites. Théodore lui-même nous informe de la présence dans son monastère d'environ trois cents moines ; nous voyons donc l'enthousiasme de la foi qui est né autour de cet homme réellement informé et formé par la foi elle-même. Toutefois, plus que le nombre, c'est le nouvel esprit imprimé par le fondateur à la vie cénobitique qui se révéla influent. Dans ses écrits, il insiste sur l'urgence d'un retour conscient à l'enseignement des Pères, surtout à Saint Basile, premier législateur de la vie monastique et à Saint Dorothée de Gaza, célèbre père spirituel du désert palestinien. La contribution caractéristique de Théodore consiste à insister sur la nécessité de l'ordre et de la soumission de la part des moines. Au cours des persécutions, ceux-ci s'étaient dispersés, s'habituant à vivre chacun selon son propre jugement. A présent qu'il était possible de reconstituer la vie commune, il fallait s'engager pleinement pour faire du monastère une véritable communauté organisée, une véritable famille ou, comme il le dit, un véritable "Corps du Christ". Dans cette communauté se réalise de façon concrète la réalité de l'Eglise dans son ensemble.

 

Une autre conviction de fond de Théodore est la suivante : les moines, par rapport aux séculiers, prennent l'engagement d'observer les devoirs chrétiens avec une plus grande rigueur et intensité. Pour cela, ils prononcent une profession particulière, qui appartient aux hagiasmata (consécrations), et est presque un "nouveau baptême", dont la vêture représente le symbole. En revanche, par rapport aux séculiers, l'engagement à la pauvreté, à la chasteté et à l'obéissance est caractéristique des moines. S'adressant à ces derniers, Théodore parle de façon concrète, parfois presque pittoresque, de la pauvreté, mais celle-ci, dans la suite du Christ, est depuis le début un élément essentiel du monachisme et indique également un chemin pour nous tous. Le renoncement à la possession des choses matérielles, l'attitude de liberté vis-à-vis de celle-ci, ainsi que la sobriété et la simplicité valent de façon radicale uniquement pour les moines, mais l'esprit de ce renoncement est le même pour tous. En effet, nous ne devons pas dépendre de la propriété matérielle, nous devons au contraire apprendre le renoncement, la simplicité, l'austérité et la sobriété. Ce n'est qu'ainsi que peut croître une société solidaire et que peut être surmonté le grand problème de la pauvreté de ce monde. Donc, dans ce sens, le signe radical des moines pauvres indique en substance également une voie pour nous tous. Lorsqu'il expose ensuite les tentations contre la chasteté, Théodore ne cache pas ses expériences et montre le chemin de lutte intérieure pour trouver le contrôle de soi et ainsi, le respect de son corps et de celui de l'autre comme temple de Dieu.

 

Mais les renoncements principaux sont pour lui ceux exigés par l'obéissance, car chacun des moines a sa propre façon de vivre et l'insertion dans la grande communauté de trois cents moines implique réellement une nouvelle forme de vie, qu'il qualifie de "martyre de la soumission". Ici aussi, les moines donnent uniquement un exemple de combien celui-ci est nécessaire pour nous-mêmes, car, après le péché originel, la tendance de l'homme est de faire sa propre volonté, le principe premier est la vie du monde, tout le reste doit être soumis à sa propre volonté. Mais de cette façon, si chacun ne suit que lui-même, le tissu social ne peut fonctionner. Ce n'est qu'en apprenant à s'insérer dans la liberté commune, à la partager et à s'y soumettre, à apprendre la légalité, c'est-à-dire la soumission et l'obéissance aux règles du bien commun et de la vie commune, qu'une société peut être guérie, de même que le moi’ lui-même de l'orgueil peut cesser d'être le centre du monde. Ainsi, Saint Théodore aide ses moines et en définitive, nous aussi, à travers une délicate introspection, à comprendre la vraie vie, à résister à la tentation de placer notre volonté comme règle suprême de vie, et de conserver notre véritable identité personnelle – qui est toujours une identité avec les autres – et la paix du cœur.

 

Pour Théodore le Studite, une autre vertu, aussi importante que l'obéissance et que l'humilité, est laphilergia, c'est-à-dire l'amour du travail, dans lequel il voit un critère pour éprouver la qualité de la dévotion personnelle : celui qui est fervent dans les engagements matériels, qui travaille avec assiduité, soutient-il, l'est également dans les engagements spirituels. Il n'admet donc pas que, sous le prétexte de la prière et de la contemplation, le moine se dispense du travail, également du travail manuel, qui est en réalité, selon lui et selon toute la tradition monastique, le moyen pour trouver Dieu. Théodore ne craint pas de parler du travail comme du "sacrifice du moine", de sa "liturgie", et même d'une sorte de Messe à travers laquelle la vie monastique devient angélique. C'est précisément ainsi que le monde du travail doit être humanisé et que l'homme à travers le travail devient davantage lui-même, plus proche de Dieu. Une conséquence de cette vision singulière mérite d'être rappelée : précisément parce qu'étant le fruit d'une forme de "liturgie", les richesses tirées du travail commun ne doivent pas servir au confort des moines, mais être destinées à l'assistance des pauvres. Ici, nous pouvons tous saisir la nécessité que le fruit du travail soit un bien pour tous. Bien évidemment, le travail des "studites" n'était pas seulement manuel : ils eurent une grande importance dans le développement religieux et culturel de la civilisation byzantine comme calligraphes, peintres, poètes, éducateurs des jeunes, maîtres d'école, bibliothécaires.

 

(…) Il est peut-être utile de reprendre, pour conclure, certains des éléments principaux de la doctrine spirituelle de Théodore. Amour pour le Seigneur incarné et pour sa visibilité dans la Liturgie et dans les icônes. Fidélité au baptême et engagement à vivre dans la communion du Corps du Christ, entendue également comme communion des chrétiens entre eux. Esprit de pauvreté, de sobriété, de renoncement; chasteté, maîtrise de soi, humilité et obéissance contre le primat de sa propre volonté, qui détruit le tissu social et la paix des âmes. Amour pour le travail matériel et spirituel. Amitié spirituelle née de la purification de sa propre conscience, de son âme, de sa propre vie. Cherchons à suivre ces enseignements qui nous montrent réellement la voie de la vraie vie.

 

 

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 12:53

Audience Générale du Pape Benoît XVI sur Saint Jean Damascène, le 6 mai 2009.

 

Chers frères et sœurs,

 

Je voudrais parler aujourd'hui de Jean Damascène, un personnage de premier plan dans l'Histoire de la théologie byzantine, un grand docteur dans l'histoire de l'Eglise universelle. Il représente surtout un témoin oculaire du passage de la culture chrétienne grecque et syriaque, commune à la partie orientale de l'Empire byzantin, à la culture de l'islam, qui s'est imposée grâce à ses conquêtes militaires sur le territoire reconnu habituellement comme le Moyen ou le Proche Orient.

 

Jean, né dans une riche famille chrétienne, assuma encore jeune la charge – remplie déjà sans doute par son père – de responsable économique du califat. Mais très vite, insatisfait de la vie de la cour, il choisit la vie monastique, en entrant dans le monastère de Saint-Saba, près de Jérusalem. C'était aux environs de l'an 700. Ne s'éloignant jamais du monastère, il consacra toutes ses forces à l'ascèse et à l'activité littéraire, ne dédaignant pas une certaine activité pastorale, dont témoignent avant tout ses nombreuses Homélies. Sa mémoire liturgique est célébrée le 4 décembre. Le Pape Léon XIII le proclama docteur de l'Eglise universelle en 1890.

 

En Orient, on se souvient surtout de ses trois Discours pour légitimer la vénération des images sacrées, qui furent condamnés, après sa mort, par le Concile iconoclaste de Hiéria (754). Mais ces discours furent également le motif fondamental de sa réhabilitation et de sa canonisation de la part des Pères orthodoxes convoqués par le second Concile de Nicée (787), septième Concile œcuménique. Dans ces textes, il est possible de retrouver les premières tentatives théologiques importantes de légitimer la vénération des images sacrées, en les reliant au mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu dans le sein de la Vierge Marie.

 

Jean Damascène fut, en outre, parmi les premiers à distinguer, dans le culte public et privé des chrétiens, l'adoration (latreia) de la vénération (proskynesis) : la première ne peut être adressée qu'à Dieu, suprêmement spirituel, la deuxième au contraire peut utiliser une image pour s'adresser à celui qui est représenté dans l'image même. Bien sûr, le Saint ne peut en aucun cas être identifié avec la matière qui compose l'icône. Cette distinction se révéla immédiatement très importante pour répondre de façon chrétienne à ceux qui prétendaient universel et éternel l'observance de l'interdit sévère de l'Ancien Testament d'utiliser des images dans le culte. Tel était le grand débat également dans le monde islamique, qui accepte cette tradition juive de l'exclusion totale d'images dans le culte. Les chrétiens, en revanche, dans ce contexte, ont débattu du problème et trouvé la justification pour la vénération des images. Damascène écrit : « En d'autres temps, Dieu n'avait jamais été représenté en image, étant sans corps et sans visage. Mais à présent que Dieu a été vu dans sa chair et a vécu parmi les hommes, je représente ce qui est visible en Dieu. Je ne vénère pas la matière, mais le Créateur de la matière, qui s'est fait matière pour moi et a daigné habiter dans la matière et opérer mon Salut à travers la matière. Je ne cesserai donc pas de vénérer la matière à travers laquelle m'a été assuré le Salut. Mais je ne la vénère absolument pas comme Dieu ! Comment pourrait être Dieu ce qui a reçu l'existence à partir du non-être?... Mais je vénère et respecte également tout le reste de la matière qui m'a procuré le Salut, car pleine d'énergie et de grâces saintes. Le bois de la croix trois fois bénie n'est-il pas matière? L'encre et le très saint livre des Evangiles ne sont-ils pas matière? L'autel salvifique qui nous donne le pain de vie n'est-il pas matière?.... Et, avant tout autre chose, la chair et le sang de mon Seigneur ne sont-ils pas matière? Ou bien tu dois supprimer le caractère sacré de toutes ces choses, ou bien tu dois accorder à la Tradition de l'Eglise la vénération des images de Dieu et celle des amis de Dieu qui sont sanctifiés par le nom qu'ils portent, et qui, pour cette raison, sont habités par la grâce de l'Esprit Saint. N'offense donc pas la matière : celle-ci n'est pas méprisable; car rien de ce que Dieu a fait n'est méprisable » (Contra imaginum calumniatores, I, 16, ed ; Kotter, pp. 89-90). Nous voyons que, à cause de l'incarnation, la matière apparaît comme divinisée, elle est vue comme la demeure de Dieu. Il s'agit d'une nouvelle vision du monde et des réalités matérielles. Dieu s'est fait chair et la chair est devenue réellement demeure de Dieu, dont la gloire resplendit sur le visage humain du Christ. C'est pourquoi, les sollicitations du Docteur oriental sont aujourd'hui encore d'une très grande actualité, étant donnée la très grande dignité que la matière a reçue dans l'Incarnation, pouvant devenir, dans la foi, le signe et le sacrement efficace de la rencontre de l'homme avec Dieu. Jean Damascène reste donc un témoin privilégié du culte des icônes, qui deviendra l'un des aspects les plus caractéristiques de la théologie et de la spiritualité orientale jusqu'à aujourd'hui. Il s'agit toutefois d'une forme de culte qui appartient simplement à la foi chrétienne, à la foi dans ce Dieu qui s'est fait chair et s'est rendu visible. L'enseignement de saint Jean Damascène s'inscrit ainsi dans la tradition de l'Eglise universelle, dont la doctrine sacramentelle prévoit que les éléments matériels issus de la nature peuvent devenir un instrument de grâce en vertu de l'invocation (epiclesis) de l'Esprit Saint, accompagnée par la confession de la foi véritable.

 

Jean Damascène met également en relation avec ces idées de fond la vénération des reliques des Saints, sur la base de la conviction que les Saints chrétiens, ayant participé de la résurrection du Christ, ne peuvent pas être considérés simplement comme des "morts". En énumérant, par exemple, ceux dont les reliques ou les images sont dignes de vénération, Jean précise dans son troisième discours en défense des images : « Tout d'abord (nous vénérons) ceux parmi lesquels Dieu s'est reposé, lui le seul Saint qui se repose parmi les Saints (cf. Is 57, 15), comme la sainte Mère de Dieu et tous les Saints. Ce sont eux qui, autant que cela est possible, se sont rendus semblables à Dieu par leur volonté et, par l'inhabitation et l'aide de Dieu, sont dits réellement dieux (cf. Ps 82, 6), non par nature, mais par contingence, de même que le fer incandescent est appelé feu, non par nature mais par contingence et par participation du feu. Il dit en effet : ‘Vous serez saint parce que je suis saint’ (Lv 19, 2) » (III, 33, col. 1352 A). Après une série de références de ce type, Jean Damascène pouvait donc déduire avec sérénité : « Dieu, qui est bon et supérieur à toute bonté, ne se contenta pas de la contemplation de lui-même, mais il voulut qu'il y ait des êtres destinataires de ses bienfaits, qui puissent participer de sa bonté : c'est pourquoi il créa du néant toutes les choses, visibles et invisibles, y compris l'homme, réalité visible et invisible. Et il le créa en pensant et en le réalisant comme un être capable de pensée (ennoema ergon) enrichi par la parole (logo[i] sympleroumenon) et orienté vers l'esprit (pneumati teleioumenon) » (II, 2, PG, col. 865A). Et pour éclaircir ultérieurement sa pensée, il ajoute : « Il faut se laisser remplir d'étonnement (thaumazein) par toutes les œuvres de la Providence (tes pronoias erga), les louer toutes et les accepter toutes, en surmontant la tentation de trouver en celles-ci des aspects qui, a beaucoup de personnes, semblent injustes ou iniques (adika), et en admettant en revanche que le projet de Dieu (pronoia) va au-delà des capacités cognitives et de compréhension (agnoston kai akatalepton) de l'homme, alors qu'au contraire lui seul connaît nos pensées, nos actions et même notre avenir » (II, 29, PG, col. 964C). Du reste, Platon disait déjà que toute la philosophie commence avec l'émerveillement : notre foi aussi commence avec l'émerveillement de la Création, de la beauté de Dieu qui se fait visible.

 

L'optimisme de la contemplation naturelle (physikè theoria), de cette manière de voir dans la Création visible ce qui est bon, beau et vrai, cet optimisme chrétien n'est pas un optimisme naïf : il tient compte de la blessure infligée à la nature humaine par une liberté de choix voulue par Dieu et utilisée de manière impropre par l'homme, avec toutes les conséquences d'un manque d'harmonie diffus qui en ont dérivées. D'où l'exigence, clairement perçue par le théologien de Damas, que la nature dans laquelle se reflète la bonté et la beauté de Dieu, blessées par notre faute, « soit renforcée et renouvelée » par la descente du Fils de Dieu dans la chair, après que de nombreuses manières et en diverses occasions Dieu lui-même ait cherché à démontrer qu'il avait créé l'homme pour qu'il soit non seulement dans l'"être", mais dans le "bien-être" (cf. La foi orthodoxe, II, 1, PG 94, col. 981°). Avec un enthousiasme passionné, Jean explique : « Il était nécessaire que la nature soit renforcée et renouvelée et que soit indiquée et enseignée concrètement la voie de la vertu (didachthenai aretes hodòn), qui éloigne de la corruption et conduit à la vie éternelle... C'est ainsi qu'apparut à l'horizon de l'histoire la grande mer de l'amour de Dieu pour l'homme (philanthropias pelagos)... ». C'est une belle expression. Nous voyons, d'une part, la beauté de la Création et, de l'autre, la destruction accomplie par la faute humaine. Mais nous voyons dans le Fils de Dieu, qui descend pour renouveler la nature, la mer de l'amour de Dieu pour l'homme. Jean Damascène poursuit : « Lui-même, le Créateur et le Seigneur, lutta pour sa créature en lui transmettant à travers l'exemple son enseignement... Et ainsi, le Fils de Dieu, bien que subsistant dans la forme de Dieu, abaissa les cieux et descendit... auprès de ses serviteurs... en accomplissant la chose la plus nouvelle de toutes, l'unique chose vraiment nouvelle sous le soleil, à travers laquelle se manifesta de fait la puissance infinie de Dieu » (III, 1. PG 94, coll. 981C-984B).

 

Nous pouvons imaginer le réconfort et la joie que diffusaient dans le cœur des fidèles ces paroles riches d'images si fascinantes. Nous les écoutons nous aussi, aujourd'hui, en partageant les mêmes sentiments que les chrétiens de l'époque : Dieu veut reposer en nous, il veut renouveler la nature également par l'intermédiaire de notre conversion, il veut nous faire participer de sa divinité. Que le Seigneur nous aide à faire de ces mots la substance de notre vie.

 

 

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 16:09

Audience Générale du Pape Benoît XVI sur Germain de Constantinople, le 29 avril 2009.

 

Chers frères et sœurs,

 

Le patriarche Germain de Constantinople, dont je voudrais parler aujourd'hui, n'appartient pas aux figures les plus représentatives du monde chrétien oriental de langue grecque et toutefois son nom apparaît avec une certaine solennité dans la liste des grands défenseurs des images sacrées, dressée lors du Second Concile de Nicée, septième concile oecuménique (787). L'Eglise grecque célèbre sa fête dans la liturgie du 12 mai. Il eut un rôle significatif dans l'histoire complexe de la lutte pour les images, au cours de ce qu'on a appelé la « crise iconoclaste » : il sut vaillamment résister aux pressions d'un empereur iconoclaste, c'est-à-dire adversaire des icônes, comme le fut Léon III.

 

Au cours du patriarcat de Germain (715-730) la capitale de l'empire byzantin, Constantinople, subit un siège très dangereux de la part des Sarrasins. En cette occasion (717-718), une procession solennelle fut organisée en ville, avec l'ostension de l'image de la Mère de Dieu, la Theotokos, et de la relique de la Sainte Croix, pour invoquer du Très-Haut la défense de la ville. De fait, Constantinople fut libérée du siège. Les adversaires décidèrent d'abandonner pour toujours l'idée d'établir leur capitale dans la ville symbole de l'empire chrétien et la reconnaissance de l'aide divine fut extrêmement grande dans le peuple.

 

Après cet événement, le patriarche Germain fut convaincu que l'intervention de Dieu devait être considérée comme une approbation évidente de la piété exprimée par la population envers les saintes icônes. D'un avis entièrement différent fut en revanche Léon III, qui précisément à partir de cette année (717) s'installa comme empereur indiscuté dans la capitale, sur laquelle il régna jusqu'en 741. Après la libération de Constantinople et après une série d'autres victoires, l'empereur chrétien commença à manifester toujours plus ouvertement la conviction que la consolidation de l'empire devait précisément commencer par une réorganisation des manifestations de la foi, avec une référence particulière au risque d'idolâtrie auquel, à son avis, le peuple était exposé en raison du culte excessif des icônes.

 

Les appels du patriarche Germain à la Tradition de l'Eglise et à l'effective efficacité de certaines images, qui étaient unanimement reconnues comme "miraculeuses" ne servirent à rien. L'empereur devint toujours plus inébranlable dans l'application de son projet restaurateur, qui prévoyait l'élimination des icônes. Et lorsque, le 7 janvier 730, il prit ouvertement position lors d'une réunion publique contre le culte des images, Germain ne voulut en aucune façon se plier au désir de l'empereur sur des questions qu'il considérait déterminantes pour la foi orthodoxe, à laquelle selon lui appartenait précisément le culte, l'amour pour les images. C'est pourquoi, il se vit contraint de donner sa démission de patriarche, en s'auto-condamnant à l'exil dans un monastère où il mourut oublié de presque tout le monde. Son nom réapparut précisément à l'occasion du Second Concile de Nicée (787), lorsque les pères orthodoxes se proclamèrent en faveur des icônes, reconnaissant les mérites de Germain.

 

Le patriarche Germain apportait un grand soin aux célébrations liturgiques et, pendant un certain temps, il fut considéré également comme l'instaurateur de la fête de l'Akatistos. Comme on le sait, l'Akatistos est un hymne ancien et célèbre qui est né dans le milieu byzantin et qui est consacré à la Theotokos, la Mère de Dieu. Bien que du point de vue théologique, on ne puisse pas qualifier Germain de grand penseur, plusieurs de ses oeuvres eurent un certain retentissement notamment en raison de certaines intuitions sur la mariologie. En effet, de lui ont été conservées plusieurs homélies de thème marial et certaines d'entre elles ont profondément marqué la piété de générations entières de fidèles, aussi bien en Orient qu'en Occident. Ses splendides Homélies sur la Présentation de Marie au Temple sont des témoignages encore vivants des traditions non écrites des Eglises chrétiennes. Des générations de moines, de moniales et de membres de très nombreux instituts de vie consacrée, continuent encore aujourd'hui à retrouver dans ces textes des trésors très précieux de spiritualité.

 

Certains textes mariologiques de Germain, qui font partie des homélies prononcées In SS. Deiparae dormitionem, une festivité correspondant à notre fête de l'Assomption, suscitent encore l'émerveillement. Parmi ceux-ci, le Pape Pie XII en préleva un, qu'il enchâssa comme une perle dans la Constitution apostolique Munificentissimus Deus (1950), avec laquelle il déclara le dogme de foi de l'Assomption de Marie. Pie XII cita ce texte dans la Constitution susmentionnée, en le présentant comme l'un des arguments en faveur de la foi permanente de l'Eglise à propos de l'Assomption corporelle de Marie au ciel. Germain écrit : « Cela pouvait-il jamais arriver, Très Sainte Mère de Dieu, que le ciel et la terre se sentent honorés de ta présence, et que toi, avec ton départ, tu laisses les hommes privés de ta protection ? Non. Il est impossible de penser ces choses. En effet, de même que lorsque tu étais dans le monde tu ne te sentais pas étrangère aux réalités du ciel, ainsi, après que tu sois partie de ce monde, tu n'es pas du tout devenue étrangère à la possibilité de communiquer en esprit avec les hommes... Tu n'as pas du tout abandonné ceux auxquels tu as garanti le Salut... en effet, ton esprit vit pour l'éternité et ta chair ne subit pas la corruption du sépulcre. Toi, ô Mère, tu es proche de tous et tu protèges chacun et, bien que nos yeux ne puissent pas te voir, nous savons toutefois, ô Très Sainte Mère, que tu habites parmi nous et que tu es présente selon les manières les plus diverses... Toi (Marie) tu te révèles entièrement, comme il est écrit, dans ta beauté. Ton corps virginal est totalement saint, tout chaste, entièrement une maison de Dieu si bien que, également pour cette raison, il est absolument réfractaire à toute réduction en poussière Celui-ci est immuable, du moment que ce qui était humain en lui a été assumé dans l'incorruptibilité, restant vivant et absolument glorieux, intact et participant à la vie parfaite. En effet, il était impossible que soit gardée dans le sépulcre des morts celle qui était devenue vase de Dieu et temple vivant de la très sainte divinité du Fils unique. D'autre part, nous croyons de manière certaine que tu continues à marcher avec nous » (PG 98, coll. 344B-346B, passim).

 

Il a été dit que pour les Byzantins, la dignité de la forme rhétorique dans la prédication, et encore davantage dans les hymnes ou compositions poétiques qu'ils appellent tropaires, est tout aussi importante pour la célébration liturgique que la beauté de l'édifice sacré dans laquelle celle-ci se déroule. Le patriarche Germain a été reconnu, dans cette tradition, comme l'un de ceux qui ont particulièrement contribué à garder cette conviction vivante, c'est-à-dire que beauté de la parole, du langage et beauté de l'édifice et de la musique doivent coïncider.

 

Je cite pour conclure, les paroles inspirées avec lesquelles Germain qualifie l'Eglise au début de son petit chef-d'œuvre : « L'Eglise est temple de Dieu, espace sacré, maison de prière, convocation du peuple, corps du Christ... Elle est le ciel sur la terre, où Dieu transcendant habite comme chez lui et s'y promène, mais elle est également une empreinte (antitypos) de la crucifixion, de la tombe et de la résurrection... L'Eglise est la maison de Dieu dans laquelle on célèbre le sacrifice mystique vivifiant, à la fois la partie la plus intime du sanctuaire et la grotte sainte. Dans celle-ci, en effet, se trouvent le sépulcre et la table, nourritures pour l'âme et garantie de vie. Dans celle-ci, enfin, se trouvent les véritables perles précieuses que sont les dogmes divins de l'enseignement offert directement par le Seigneur à ses disciples » (PG 98, coll. 384B-385A).

 

A la fin, la question demeure : aujourd'hui, qu'est-ce que ce Saint peut nous dire, alors qu'il est chronologiquement mais aussi culturellement assez éloigné de nous. Je pense substantiellement trois choses. La première : il y a une certaine visibilité de Dieu dans le monde, dans l'Eglise que nous devons apprendre à percevoir. Dieu a créé l'homme à son image, mais cette image a été couverte par les nombreuses salissures du péché, en conséquence desquelles Dieu ne transparaissait presque plus. Ainsi, le Fils de Dieu s'est fait vrai homme, image parfaite de Dieu : dans le Christ, nous pouvons ainsi contempler également le visage de Dieu et apprendre à être nous-mêmes de vrais hommes, de vraies images de Dieu. Le Christ nous invite à l'imiter, à devenir semblables à Lui, de manière à ce qu'en chaque homme transparaisse le nouveau visage de Dieu, l'image de Dieu. En vérité, Dieu avait interdit dans le Décalogue de faire des images de Dieu, cela en raison de la tentation d'idolâtrie à laquelle le croyant pouvait être exposé dans un contexte païen. Mais quand Dieu s'est rendu visible en Christ à travers l'incarnation, il est devenu légitime de reproduire le visage du Christ. Les images saintes nous enseignent à voir Dieu dans la représentation du visage du Christ. Après l'incarnation du Fils de Dieu, il est donc devenu possible de voir Dieu dans les images du Christ et également dans le visage des Saints, dans le visage de tous les hommes en qui resplendit la sainteté de Dieu.

 

La deuxième chose est la beauté et la dignité de la liturgie. Célébrer la liturgie avec la conscience de la présence de Dieu, avec cette dignité et cette beauté qui en fasse voir un peu la splendeur, est l'engagement de chaque chrétien formé dans sa foi.

 

La troisième chose est aimer l'Eglise. Précisément à propos de l'Eglise, nous les hommes sommes enclins à voir surtout les péchés, ce qui est négatif ; mais avec l'aide de la foi, qui nous rend capables de voir de manière authentique, nous pouvons également, aujourd'hui et toujours, redécouvrir dans celle-ci la beauté divine. C'est dans l'Eglise que Dieu est présent, s'offre à nous dans la Sainte Eucharistie et reste présent pour l'adoration. Dans l'Eglise, Dieu parle avec nous, dans l'Eglise « Dieu se promène avec nous », comme le dit Saint Germain. Dans l'Eglise, nous recevons le pardon de Dieu et nous apprenons à pardonner.

 

Prions Dieu afin qu'il nous enseigne à voir dans l'Eglise sa présence, sa beauté, à voir sa présence dans le monde, et qu'il nous aide à être nous aussi transparents sous sa lumière.

 

 

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 16:26

Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI au séminaire pontifical français de Rome, le 6 juin 2009.

 

Messieurs les Cardinaux,

Chers frères dans l’Episcopat,

Monsieur le Recteur,

Chers prêtres et séminaristes,

 

C’est avec joie que je vous accueille à l’occasion des célébrations qui marquent ces jours-ci un moment important de l’histoire du Séminaire pontifical français de Rome. La Congrégation du Saint-Esprit qui, depuis sa fondation, en avait jusqu’alors assumé la tutelle la remet à présent, après un siècle et demi de fidèle service, à la Conférence des Évêques de France. Nous devons rendre grâce au Seigneur pour le labeur accompli dans cette institution où, depuis son ouverture, près de 5.000 séminaristes ou jeunes prêtres ont été préparé à leur future vocation (…).

 

La tâche de former des prêtres est une mission délicate. La formation proposée au séminaire est exigeante, car c’est une portion du peuple de Dieu qui sera confié à la sollicitude pastorale des futurs prêtres, ce peuple que le Christ a sauvé et pour lequel il a donné sa vie. Il est bon que les séminaristes se souviennent que si l’Église se montre exigeante avec eux, c’est parce qu’ils devront prendre soin de ceux que le Christ s’est si chèrement acquis. Les aptitudes demandées aux futurs prêtres sont nombreuses : la maturité humaine, les qualités spirituelles, le zèle apostolique, la rigueur intellectuelle ... Pour atteindre ces vertus, les candidats au sacerdoce doivent pouvoir non seulement en être les témoins chez leurs formateurs, mais plus encore ils doivent pouvoir être les premiers bénéficiaires de ces qualités vécues et dispensées par ceux qui ont la charge de les faire grandir. C’est une loi de notre humanité et de notre foi que nous ne soyons capables, le plus souvent, de donner que ce que nous avons au préalable reçu de Dieu à travers les médiations ecclésiales et humaines qu’il a instituées. Qui reçoit charge de discernement et de formation doit se rappeler que l’espérance qu’il a pour les autres, est en premier lieu un devoir pour lui-même.

 

Ce passage de témoin coïncide avec le début de l’année du Sacerdoce. C’est une grâce pour la nouvelle équipe de prêtres formateurs réunie par la Conférence des Évêques de France. Alors qu’elle reçoit sa mission, il lui est donné, comme à toute l’Église, la possibilité de scruter plus profondément l’identité du prêtre, mystère de grâce et de miséricorde. Il me plaît ici de citer l’éminente personnalité que fut le Cardinal Suhard, disant à propos des ministres du Christ : « Eternel paradoxe du prêtre. Il porte en lui les contraires. Il concilie, au prix de sa vie, la fidélité à Dieu et la fidélité à l’homme. Il a l’air pauvre et sans force… Il n’a en mains ni les moyens politiques, ni les ressources financières, ni la force des armes, dont d’autres se servent pour conquérir la terre. Sa force à lui, c’est d’être désarmé et de ‘pouvoir tout en Celui qui le fortifie’ » (Ecclesia n°141, p.21, Décembre 1960). Puissent ces paroles qui évoquent si bien la figure du Saint Curé d’Ars retentir comme un appel vocationnel pour de nombreux jeunes chrétiens de France qui désirent une vie utile et féconde pour servir l’amour de Dieu.

 

La particularité du Séminaire français est d’être situé dans la ville de Pierre ; pour reprendre le vœu de Paul VI (cf. Discours aux anciens du Séminaire français, 11 septembre 1968), je souhaite qu’au cours de leur séjour à Rome, les séminaristes puissent de façon privilégiée se familiariser avec l’Histoire de l’Église, découvrir l’ampleur de sa catholicité et sa vivante unité autour du successeur de Pierre et qu’ainsi soit à jamais fixé en leur cœur de pasteur l’amour de l’Église.

 

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 23:00

Extraits de diverses interventions du Pape Benoît XVI sur le thème de la prière.


2005

Le Seigneur se trouve toujours à portée de voix

Les reliques nous conduisent à Dieu

2006

Le prêtre, un homme de prière

Crier le nom de Jésus

Les véritables préférés de Dieu

Croyez à la puissance du sacerdoce!

La religion ne peut qu'être porteuse de Paix

Apôtres et amis de Jésus

Connaître Jésus en personne

Marie et l'Heure de Jésus

L'essence de la vocation spirituelle

La vertu fondamentale du théologien

Boire à la source pour devenir soi-même source pour les autres

La liturgie, comme expression du chemin de notre coeur

Les Eglises soeurs de Rome et de Constantinople

Retrouver le goût de Dieu

2007

La prière est une question de vie ou de mort

L'air très pur de la pleine communion

L'art de bien célébrer manifeste la splendeur de Dieu

Si nous cherchons le Seigneur, nous le rencontrerons

La compréhension des Ecritures demande l'intimité avec le Christ

Dieu notre Père ; l'Eglise notre mère

L'Evangélisation est le premier service que l'Eglise doit à l'humanité

Ora et Labora

La théologie à genoux

Regarder Jésus avec les yeux de Marie

"Ce qui n'a pas été assumé n'a pas été guéri"

Non seulement parler de Dieu, mais porter Dieu en soi

Que tout fidèle soit missionnaire là où il demeure

La force qui change le monde, c'est la foi ; et l'expression de la foi, c'est la prière

Les repères dans la vie du prêtre

Placer la Bible au centre de sa vie

La Bible nous montre le chemin du vrai humanisme

- Si personne ne m'écoute, Dieu m'écoute encore


2008

En Jésus-Christ notre unité

La prière a ouvert la route de l'oecuménisme

L'homme qui changea le visage de l'Europe

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 09:36

 

« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre »

 

Nous avons déjà réfléchi sur la notion de « commencement », puis sur Celui que l’auteur biblique appelle « Dieu ». Il nous revient maintenant de méditer sur le concept de « création ».

 

Dieu créé. « Elohim bara » en hébreu. C'est-à-dire qu’Il fait surgir dans l'existence de l’être qui n’est pas de la même substance que Lui : la Création n’est ni une procession, ni une émanation, mais un acte de la Toute Puissance divine qui fait advenir à l’être ce qui n’était pas.

 

Dieu fait exister ce qu’Il créé – tandis que Lui, Dieu, ne dépend de rien ni de personne pour exister, pour être ce qu’il est comme il est : Il est, tout simplement. Il est l’Être absolu (sans aucun lien de dépendance avec un quelconque autre être) ; l’Être éternel, incréé et suffisant. Il est l’Être nécessaire, qui ne peut pas ne pas être, l’Être premier (le néant absolu ne pouvant pas être premier – absolument pas –, car : si rien n’était à l’origine du monde, rien ne serait de toute éternité ; le néant est incapable par lui-même de produire de l'être).

 

Le mot hébreu « bara » que l'on traduit dans nos Bibles par « créer » signifie primitivement « tailler » : il n’implique donc pas, de soi, l’absence de toute matière pré-existante. Quand je taille un rosier, l’action de tailler ne fait pas exister le rosier : le rosier existait déjà avant que je le taille. Toutefois, dans la Bible, quand le verbe « bara » désigne une action sur une matière pré-existante, il prend une autre forme (pihel, béré) ; il a pour sujet dans ce cas un être humain et pour objet la matière sur laquelle s’exerce le travail (cf. Jos. 17. 15). Dans la forme employée ici, le verbe « bara » a toujours, dans la Bible, Dieu pour sujet et le résultat de l’action accomplie pour objet (cf. Is 43. 1) ; il est toujours réservé à l’action créatrice de Dieu ou à ses interventions éclatantes dans l’Histoire. 

 

L’hébreu a en outre d’autres expressions pour désigner l’action de Dieu sur une matière pré-existante : le verbe « asah », « faire » (cf. Gn 1. 7, 16, 26,…) ; le verbe « jatsar », « former » ou « modeler » (Gn 2. 7-8 et 19) ; le verbe « banah », « construire », « façonner » (cf. la création de Eve en Gn 2. 22) ; etc.

 

Mis en relation comme il l’est ici avec l’idée de commencement, le verbe « créer » ne peut que désigner le surgissement dans l’être de l’univers lui-même (visible et invisible) par la Toute Puissance divine ; autrement il faudrait admettre que l’univers supposé pré-existant à l'acte créateur de Dieu soit apparu de lui-même ou encore qu’il soit éternel, deux hypothèses qui seraient en contradiction avec l’intuition de tout le récit.

 

Quand Dieu créé le ciel et la terre, il fait exister le ciel et la terre. Sans Dieu, le ciel et la terre – et tout ce qu’ils contiennent – n’existeraient pas. Ils n’existent pas par eux-mêmes, indépendamment de l’acte créateur de Dieu ; ils reçoivent leur être même de Dieu. Voilà le sens profond de ce premier verset – si dense et si riche – du livre de la Genèse.

 

Avec la Création, se met à exister une deuxième sorte d’être : une sorte d’être qui n’est pas Dieu, dont les caractères ontologiques la distinguent radicalement de Dieu (puisque comportant un commencement, une croissance, des corruptions,…). L’Univers physique, la Nature, les hommes (les empereurs, les rois...) ne sont pas divins ; ils ne sont pas l’Être absolu et nécessaire, l’Être premier ; ils sont créés – ils sont seconds.

 

Il faut donc clairement distinguer l’Être de Dieu et l’être de l’univers (visible et invisible) – cela, contre les deux grandes traditions métaphysiques de l'Histoire de l’humanité que sont l’idéalisme (pour qui l’univers est une apparence, le seul Être existant étant l’Esprit – l’univers apparent étant une manifestation de l’Esprit) et le matérialisme (pour qui le seul Être existant est l’univers physique – l'esprit étant une manifestation de la matière).

 

Pour ces deux grandes traditions métaphysiques, il n’existe qu’une seule sorte d’être : l’Esprit pour les idéalistes (qui considèrent la matière comme de l’Esprit) ; l’Univers physique pour les matérialistes (qui considèrent l'esprit comme un phénomène de la matière). Ces traditions sont monistes, en tant qu’elles ne discernent l’existence que d’une seule sorte d’être, tandis que l’affirmation de foi qui ouvre notre Bible confesse l’existence de deux sortes d’êtres : l’Être même de Dieu, incréé, éternel, impérissable, absolu ; et l’être de l’univers (visible et invisible) qui est créé, fini, corruptible et contingent.

 

La première affirmation de la Bible est donc une affirmation métaphysique. « La première proposition qui ouvre la sainte Bibliothèque hébraïque est une proposition proprement métaphysique, Genèse 1,1 (…). Cette première proposition enseigne que l’Univers physique n’est pas l’Être pris absolument, ou l’Être absolu, ou la totalité de l’Être ; que l’Être absolu est distinct de l’Univers physique, et qu’il existe une certaine relation entre l’Être absolu et l’Univers physique. Cette relation, c’est le don de l’être ou de l’existence. » (Claude Tresmontant, in L’activité métaphysique de l’intelligence et la théologie).

 

***

 

Dieu créé, nous dit le texte biblique, « le ciel et la terre ». C'est-à-dire : la totalité de ce qui existe… en dehors de Lui : « Rien de ce qui est créé n’est Dieu : la terre a été pétrie puis stabilisée sur ses bases ; le ciel est une calotte qui fut martelée comme un cuivre et cloutée de jolies lumières qu’il serait faux de prendre pour des divinités. Cela, la Parole divine devra le répéter longtemps. St Augustin entendra les créatures lui murmurer qu’elles ne sont pas l’Absolu et qu’il doit monter plus haut pour trouver ce qu’il cherche. » (P. André Manaranche).

 

Le mot hébreu qui désigne le ciel est un pluriel : « schamaïm », « les cieux ». Dieu créé les cieux et la terre. Par cieux, il convient d’inclure, outre notre ciel terrestre, l’univers invisible – le monde angélique. Le pluriel fait allusion aux nombreux espaces célestes qui se superposent les uns aux autres (cf. « les cieux des cieux » en 1 R 8. 27 et le « troisième ciel » en 2 Co. 12. 2). « Le ‘ciel’ ou les ‘cieux’ peut désigner le firmament, mais aussi le « lieu » propre de Dieu : « notre Père aux cieux » (Mt 5. 16) et par conséquent aussi le « ciel » qui est la gloire eschatologique. Enfin, le mot ‘ciel’ indique le « lieu » des créatures spirituelles – les anges – qui entourent Dieu » (CEC, § 326).

 

La « terre » quant à elle désigne toute la réalité matérielle qui nous entoure (le Cosmos en grec) : notre Univers Physique pris en son ensemble et en toutes ses composantes, de l’infiniment petit à l’infiniment grand.

 

Sur la base de cette Révélation divine, le Symbole de Apôtres professe que Dieu est « le Créateur du ciel et de la terre » et le Symbole de Nicée-Constantinople explicite : « … de l’univers visible et invisible ».

 

La profession de foi du 4e Concile du Latran affirme pour sa part que Dieu « a tout ensemble, dès le commencement du temps, créé de rien l’une et l’autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde terrestre ; puis la créature humaine qui tient des deux, composée qu’elle est d’esprit et de corps. » (CEC § 325 et 327).

 

[Sur la création de Anges : se reporter au CEC (Catéchisme de l’Eglise catholique aux paragraphes 328 et suivants). Réécouter aussi l'enseignement d'Arnaud Dumouch sur les Anges.]

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