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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 10:35
John-Henry-Newman

 

  Regarder la vidéo Messe de béatification du cardinal Newman

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Published by Matthieu BOUCART - dans John Henry Newman
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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 11:28

... dans une interview sur France Info pleine de profondeur et de vérité. On se prend à avoir le coeur brûlant en l'écoutant... 

 

Lambert Wilson 08 09 2010 France Info Invité Culture
envoyé par FranceInfo

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Published by Matthieu BOUCART - dans Questions d'actualité
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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 16:32

Extrait de l’Audience Générale du Pape Benoît XVI sur Ambroise Autpert, le 22 avril 2009.

 

Chers frères et sœurs,

 

L'Eglise vit dans les personnes et celui qui veut connaître l'Eglise, comprendre son mystère, doit considérer les personnes qui ont vécu et vivent son message, son mystère. C'est pourquoi je parle depuis si longtemps dans les catéchèses du mercredi de personnes dont nous pouvons apprendre ce qu'est l'Eglise. Nous avons commencé avec les apôtres et les Pères de l'Eglise et nous sommes peu à peu arrivés jusqu'au VIIIe siècle, la période de Charlemagne. Aujourd'hui, je voudrais parler d'Ambroise Autpert, un auteur relativement inconnu : ses œuvres, en effet, avaient été attribuées en grande partie à d'autres personnages plus célèbres, de Saint Ambroise de Milan à Saint Ildefonse, sans parler de celles que les moines du Mont-Cassin ont pensé devoir attribuer à la plume d'un de leurs abbés homonyme, ayant vécu presque un siècle plus tard. En dehors de quelques brefs faits autobiographiques insérés dans son grand commentaire de l'Apocalypse, nous ne possédons que peu d'informations certaines sur sa vie. La lecture attentive des œuvres dont peu à peu la critique lui reconnaît la paternité permet cependant de découvrir dans son enseignement un trésor théologique et spirituel précieux également pour notre époque (…).

 

Ambroise Autpert fut moine et abbé à une époque marquée par de fortes tensions politiques, qui se répercutaient également sur la vie à l'intérieur des monastères. Nous en avons des échos fréquents et préoccupés dans ses écrits. Il dénonce, par exemple, la contradiction entre la splendide apparence extérieure des monastères et la tiédeur des moines : cette critique visait aussi certainement sa propre abbaye. Pour celle-ci, il écrivit la Vie des trois fondateurs avec la claire intention d'offrir à la nouvelle génération de moines un point de référence auquel se confronter. Un but semblable était également poursuivi par le petit traité d'ascèse Conflictus vitirum et virtutum ("Sur le conflit des vices et des vertus"), qui connut un grand succès au Moyen-âge et fut publié en 1473 à Utrecht sous le nom de Grégoire le Grand et un an plus tard à Strasbourg sous celui de Saint Augustin. Dans celui-ci, Ambroise Autpert entend enseigner aux moines de façon concrète la façon d'affronter le combat spirituel jour après jour. De manière significative, il applique l'affirmation de 2 Tm 3, 12 : "D'ailleurs tous ceux qui veulent vivre en hommes religieux dans le Christ Jésus subiront la persécution", non plus la persécution extérieure, mais l'assaut que le chrétien doit affronter en lui-même de la part des forces du mal. Dans une sorte d'affrontement, sont présentés 24 couples de combattants; chaque vice cherche à tenter l'âme par de subtiles raisonnements, alors que la vertu respective combat ces tentations en se servant le plus souvent de paroles de l'Ecriture.

 

Dans ce traité sur le conflit entre vices et vertus, Autpert oppose à la cupiditas (la cupidité), le contemptus mundi (le mépris du monde), qui devient une figure importante dans la spiritualité des moines. Ce mépris du monde n'est pas un mépris de la Création, de la beauté et de la bonté de la Création et du Créateur, mais un mépris de la fausse vision du monde qui nous est présentée et qui est insinuée en nous précisément par la cupidité. Celle-ci nous laisse croire qu'"avoir" serait la valeur suprême de notre être, de notre vie dans le monde en apparaissant comme importants. Et ainsi, elle falsifie la Création du monde et détruit le monde. Autpert observe ensuite que l'avidité au gain des riches et des puissants dans la société de son temps existe aussi au sein des âmes des moines, et il écrit donc un traité intitulé De cupiditate, où, avec l'apôtre Paul, il dénonce dès le début la cupidité comme la racine de tous les maux. Il écrit : "Du sol de la terre différentes épines acérées pointent de diverses racines ; dans le coeur de l'homme, en revanche, les piqûres de tous les vices proviennent d'une unique racine, la cupidité" (De cupiditate : 1 cccm 27b, p. 963). Une observation qui, à la lumière de la présente crise économique mondiale, révèle toute son actualité. Nous voyons que c'est précisément de cette racine de la cupidité que cette crise est née.

 

Ambroise imagine l'objection que les riches et les puissants pourraient soulever : mais nous ne sommes pas des moines, pour nous certaines exigences ascétiques ne sont pas valables. Et lui répond : "Ce que vous dites est vrai, mais pour vous également, selon la manière propre à votre milieu et dans la mesure de vos forces, celle qui est valable est la voie escarpée et étroite, car le Seigneur n'a proposé que deux portes et deux voies (c'est-à-dire la porte étroite et la porte large, la voie escarpée et la voie aisée); il n'a pas indiqué de troisième porte, ni de troisième voie" (op. cit., p. 978). Il voit clairement que les façons de vivre sont très diverses. Mais pour l'homme de ce monde également, pour le riche aussi vaut le devoir de combattre la cupidité, le désir de posséder, d'apparaître, contre le concept erroné de liberté comme faculté de disposer de tout selon le libre arbitre. Le riche aussi doit trouver l'authentique voie de la vérité, de l'amour et ainsi, de la juste voie. Alors Autpert, en pasteur d'âme prudent, sait ensuite dire, à la fin de sa prédication pénitentielle, une parole de réconfort : "J'ai parlé non pas contre les avides, mais contre l'avidité, non pas contre la nature, mais contre le vice" (op. cit., p. 981).

 

L'oeuvre la plus importante d'Ambroise Autpert est certainement son commentaire en dix livres de l'Apocalypse : il constitue, après des siècles, le premier long commentaire dans le monde latin du dernier livre de l'Ecriture Sainte (…). Dans sa lecture de l'Apocalypse, semblable à celle de Tyconius, Autpert ne s'intéresse pas tant à la deuxième venue du Christ à la fin des temps, qu'aux conséquences qui découlent pour l'Eglise du présent de sa première venue, l'incarnation dans le sein de la Vierge Marie. Et il nous dit une parole très importante : en réalité, le Christ "doit en nous, qui sommes son Corps, naître, mourir et ressusciter quotidiennement" (In Apoc, loc. cit. p. 205). Dans le contexte de la dimension mystique qui investit chaque chrétien, il considère Marie comme le modèle de l'Eglise, modèle pour nous tous, car en nous et entre nous aussi doit naître le Christ. A la suite des Pères qui voyaient dans la "Femme vêtue de lumière" de l'Ap 12, 1, l'image de l'Eglise, Autpert explique : "La bienheureuse et pieuse Vierge... engendre quotidiennement de nouveaux peuples, à partir desquels se forme le Corps général du Médiateur. Il n'est donc pas surprenant si celle-ci, dans le sein bienheureux duquel l'Eglise elle-même mérite d'être unie à son Chef, représente le type de l'Eglise". En ce sens, Autpert voit un rôle décisif de la Vierge Marie dans l'oeuvre de la rédemption (cf. également ses homélies dans In purificatione S. Mariae et In adsumptione S. Mariae). Sa grande vénération et son profond amour pour la Mère de Dieu lui inspirent parfois des formulations qui, d'une certaine façon, anticipent celles de Saint Bernard et de la mystique franciscaine, sans toutefois dévier vers des formes discutables de sentimentalisme, car il ne sépare jamais Marie du mystère de l'Eglise. C'est donc à juste titre qu'Ambroise Autpert est considéré comme le premier grand mariologue en Occident. A la piété qui, selon lui, doit libérer l'âme de l'attachement aux plaisirs terrestres transitoires, il considère que doit s'unir la profonde étude des sciences sacrées, en particulier la méditation des Saintes Ecritures, qu'il qualifie de "ciel profond, abîme insondable" (In Apoc. 9). Dans la belle prière par laquelle il conclut son commentaire de l'Apocalypse, en soulignant la priorité qui revient à l'amour dans toute recherche théologique de la vérité, il s'adresse à Dieu par ces paroles : "Lorsque nous te scrutons de façon intellectuelle, nous ne te découvrons jamais tel que tu es réellement; lorsque nous t'aimons, alors nous parvenons à toi".

 

Nous pouvons voir aujourd'hui chez Ambroise Autpert une personnalité qui vécut à une époque de profonde instrumentalisation politique de l'Eglise, dans laquelle nationalisme et tribalisme avaient défiguré le visage de l'Eglise. Mais lui, parmi toutes ces difficultés que nous connaissons nous aussi, sut redécouvrir le véritable visage de l'Eglise dans Marie et dans les Saints. Et il apprit ainsi à comprendre ce que signifie être catholique, être chrétien, vivre de la parole de Dieu, entrer dans cet abîme et vivre ainsi le mystère de la Mère de Dieu : donner de nouveau vie à la Parole de Dieu, offrir à la Parole de Dieu sa propre chair dans le temps présent. Et avec toute sa connaissance théologique et la profondeur de sa science, Autpert dut comprendre qu'avec la simple recherche théologique, Dieu ne peut être connu tel qu'il est réellement. Seul l'amour peut parvenir à lui. Ecoutons ce message et prions le Seigneur afin qu'il nous aide à vivre le mystère de l'Eglise aujourd'hui, en notre temps.

 

 

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 08:46

Citation du Pape Benoît XVI, extraite de l'homélie prononcée le 26 avril 2009.

 

L'adoration doit prévaloir sur toutes les œuvres de charité, car c'est de l'amour pour le Christ mort et ressuscité, réellement présent dans le Sacrement eucharistique, que naît cette charité évangélique qui nous pousse à considérer tous les hommes comme nos frères.

 

 

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 08:52

Texte de la Newsletter n°9 (publiée le 12 septembre 2010) du Groupe Facebook consacré à l'oeuvre de Claude Tresmontant, l'un des plus grands métaphysiciens du siècle passé – qui réfuta magistralement l'athéisme.

 

Les philosophes qui affirment que le monde qui nous entoure est une illusion – que la réalité authentique, c’est le Brahman, ou l’Un ou la Substance (selon le nom qu’on lui donne) – ces philosophes doivent affronter une difficulté majeure : il leur faut nous expliquer la cause d’être de cette illusion dans laquelle nous nous trouvons plongés. Pourquoi donc, si l’Être est UN, existe-t-il en apparence des êtres multiples qui n’ont pas conscience d’être l’UN ? Pourquoi le torturé ne sait-il pas qu’il forme avec son bourreau un seul et même être ? Pourquoi ce sentiment très vif dans l’esprit du torturé que sa torture n’est pas une illusion… Si l’Un est bien l’Unique, c’est en lui qu’il faut rechercher la cause de l’illusion. « Puisque seul l’Un existe, cette illusion est en réalité la sienne. L’illusion qui est la nôtre est l’illusion de l’Un. Le fait que nous soyons tombés ou déchus dans l’illusion, c’est le fait de l’Un. » (Claude Tresmontant, in Les Métaphysiques principales, Ed. François-Xavier de Guibert, p. 173).

 

Au commencement donc, il y a l’Un. L’Âme universelle. L’Être absolu, éternel, sans genèse et sans évolution. Dans la 4e Ennéade (8, 1 et s.), Plotin se demande comment l’Âme universelle a bien pu venir à l’intérieur de nos corps. Il voit deux explications possibles. La première, c’est celle d’une Chute de l’Un. L’Âme universelle est tombée dans le monde du multiple et de la matière ; elle s’est divisée, fragmentée, parcellisée. L’Âme depuis lors se trouve enchaînée ; elle est comme ensevelie. C’est la théorie de l’individuation par la matière. « L’Âme universelle qui est divine est unique. Mais elle est descendue ou tombée dans la matière ou la matérialité, qui est le principe du multiple. Et c’est ainsi que se sont constituées les âmes particulières, singulières, individuelles, selon les apparences du moins. » (op.cit., p. 174). La deuxième explication, c’est qu’après la Chute, l’Âme morcelée fait ce qui est mal...

 

Cette pensée qui nous vient de l’Inde ancienne était aussi celle des divers systèmes gnostiques qui proliféraient aux premiers siècles de notre ère. Elle a considérablement influencée la métaphysique d’Origène d’Alexandrie : « Origène expliquait que la première Création, la création originelle, était purement spirituelle. Les substances spirituelles pures et nues s’étaient séparées de l’Unité originelle, et ainsi s’était produite la chute qui a causé cet univers physique, divers et multiple. La matérialité de l’Univers physique est le résultat, la conséquence d’une chute. Les substances spirituelles pures et nues sont descendues dans des corps mauvais. L’individualisation des substances spirituelles et leur matérialité, leur incorporation, sont un unique et même processus, qui est une chute, une descente dans la matière » (op.cit., p. 176).

 

La conséquence de cette doctrine est double : d’une part, si nous sommes tous une parcelle de l’Âme universelle, si les âmes particulières résultent de l’individuation de Brahman, alors chacune de nos âmes est divine – l’âme individuelle est identique à l’Âme universelle. « Ce suprême Brahman, Atman universel, grande demeure de tout ce qui existe, plus subtil que le subtil, constant, il est toi en vérité, et toi en vérité tu es lui » (Kaivalyopanishad, 16). Notre âme existait donc avant la naissance de notre moi actuel, et elle existera encore après notre mort, pour l’éternité. Elle migre de corps en corps tant que dure sa captivité dans ce monde.

 

La deuxième conséquence, c’est le mépris des choses de la terre, de la chair, de la matière : « Ô Seigneur ! dans ce corps insubstantiel et puant, magma d’os, de peau, de muscles, de larmes, de chassie, d’excréments, d’urine, de bile et de phlegme, à quoi bon la satisfaction des désirs ? » (Maitry Upanishad, I, 3).

 

 

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 11:42

« Un peu de science éloigne de Dieu,

mais beaucoup y ramène. »

(Louis Pasteur, chimiste et physicien, 1822-1895)

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 10:43

Logo Terre SainteExtrait de l’entretien final du Pape Benoît XVI avec les journalistes qui ont couverts son pèlerinage en Terre Sainte, lors du vol retour de Tel Aviv à Rome, le 15 mai 2009.

 

Chers amis,

 

Merci de votre travail. J'imagine que cela a été difficile, étant donné les si nombreux problèmes qui l'ont accompagné, les si nombreux déplacements, etc. et je voudrais vous remercier pour avoir accepté toutes ces difficultés afin d'informer le monde sur ce pèlerinage, en invitant ainsi également d'autres personnes au pèlerinage dans ces lieux saints (…).

 

[De ce voyage,] je pourrais peut-être faire quelques brèves observations. Les impressions fondamentales sont au nombre de trois : la première est que j'ai trouvé partout, dans tous les milieux, musulmans, chrétiens, juifs, une ferme disponibilité au dialogue interreligieux, à la rencontre, à la collaboration entre les religions. Et il est important que tous voient cela, non seulement comme une action – disons – inspirée par des motifs politiques dans la situation donnée, mais comme le fruit du même noyau de la foi, parce que croire en un Dieu unique qui nous a tous créés, notre Père à tous, croire en ce Dieu qui a créé l'humanité comme une famille, croire que Dieu est amour et veut que l'amour soit la force dominante dans le monde, implique cette rencontre, cette nécessité de la rencontre, du dialogue, de la collaboration comme exigence de la foi elle-même.

 

Deuxième point : j'ai également trouvé un climat œcuménique très encourageant. Nous avons eu beaucoup de rencontres avec le monde orthodoxe dans une grande cordialité ; j'ai pu également parler avec un représentant de l'Eglise anglicane et deux représentants luthériens, et il semble bien que ce climat de la Terre Sainte encourage également l'œcuménisme.

 

Et troisième point : il y a de grandes difficultés – nous le savons, nous l'avons vu et ressenti. Mais j'ai vu également qu'il y a un profond désir de paix de la part de tous. Les difficultés sont plus visibles et nous ne devons pas les cacher ; elles existent, elles doivent être mises au clair. Mais le désir commun de la paix, de la fraternité n'est pas aussi visible, et il me semble que nous devons également parler de celui-ci, encourager chacun dans cette volonté de trouver des solutions, qui sont assurément loin d'être faciles, à ces difficultés.

 

Je suis venu en pèlerin de paix. Le pèlerinage est un élément essentiel de beaucoup de religions. Il l'est également de l'islam, de la religion juive, du christianisme. C'est aussi l'image de notre existence, qui marche en avant, vers Dieu et ainsi vers la communion de l'humanité.

 

Je suis venu en pèlerin et je souhaite que beaucoup de personnes suivent ces traces et encouragent ainsi l'unité des peuples dans cette Terre Sainte et deviennent à leur tour des messagers de paix. Merci!

 

 

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 18:54

 

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 18:39

 

Logo Terre SainteExtrait du discours du Pape Benoît XVI à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, à son départ de Terre Sainte, le vendredi 15 mai 2009, jour anniversaire de la création de l’Etat d’Israël.

 

Monsieur le Président,

Monsieur le Premier Ministre,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

TS - DépartAlors que je me prépare à regagner Rome, je voudrais partager avec vous quelques-unes des impressions les plus profondes que ce pèlerinage en Terre Sainte me laissent (…). Cette terre est véritablement un terrain fertile pour l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, et je prie pour que la riche diversité du témoignage religieux en cette région porte des fruits accrus de compréhension et de respect mutuels.

 

Monsieur le Président, vous et moi avons planté un olivier dans votre résidence le jour de mon arrivée en Israël. L’olivier, vous le savez, est une image que Saint Paul utilise pour décrire les relations très étroites qui unissent Chrétiens et Juifs. Dans sa Lettre aux Romains, Paul décrit comment l'Église des Gentils est comme un rameau d’olivier sauvage, greffé sur l’olivier franc qui est le Peuple de l’Alliance (cf. 11, 17-24). Nous sommes nourris par les mêmes racines spirituelles. Nous nous rencontrons comme des frères, des frères qui, parfois, au cours de notre Histoire, ont eu des relations tendues, mais qui sont maintenant fermement engagés à construire des ponts d’amitié durable.

 

La cérémonie au Palais présidentiel a été suivie par un des moments les plus solennels de mon séjour en Israël, ma visite au Mémorial de l’Holocauste à Yad Vashem, où j’ai présenté mes respects aux victimes de la Shoah. J’y ai aussi rencontré quelques-uns des survivants. Ces rencontres profondément émouvantes m’ont rappelé les moments de ma visite, il y a trois ans, au camp de la mort d’Auschwitz, où tant de Juifs – mères et pères, maris et épouses, fils et filles, frères et sœurs, amis – étaient brutalement exterminés par un régime sans Dieu qui propageait une idéologie d’antisémitisme et de haine. Ce chapitre épouvantable de l’Histoire ne doit jamais être oublié ni être nié. Bien au contraire, ces sombres souvenirs devraient renforcer notre détermination à nous rapprocher les uns des autres comme les branches d’un même olivier, nourris par les mêmes racines et unis dans un amour fraternel.

 

Monsieur le Président, je vous remercie de votre hospitalité cordiale qui a été hautement appréciée et je désire que l’on se souvienne que je suis venu visiter ce pays comme un ami des Israéliens, tout comme je suis un ami du Peuple Palestinien. Des amis ont plaisir à passer du temps ensemble et ils ont beaucoup de peine à voir la souffrance de l’autre. Aucun ami des Israéliens et des Palestiniens ne peut ne pas se sentir attristé par les tensions continuelles qui existent entre vos deux peuples. Aucun ami ne peut ne pas pleurer devant les souffrances et les pertes en vies humaines que les deux peuples endurent depuis six décennies. Permettez-moi de lancer cet appel à tous les peuples de ces lieux : Plus de sang versé ! Plus de combats ! Plus de terrorisme ! Plus de guerre ! Au contraire, engageons-nous à briser le cercle vicieux de la violence. Que règne une paix durable basée sur la justice, et que viennent une réconciliation authentique et une pacification ! Puisse être reconnu universellement que l’Etat d’Israël a le droit d’exister, de jouir de la paix et de la sécurité à l’intérieur de frontières reconnues internationalement ! De même puisse être reconnu le droit du Peuple Palestinien à une patrie souveraine et indépendante pour y vivre dans la dignité et se déplacer librement ! Puisse la solution des deux Etats devenir une réalité, et ne pas demeurer seulement un rêve ! Et puisse la paix se répandre au-delà de ces terres, qu’elles deviennent « lumière des Nations » (Is 42, 6), portant l’espérance aux autres régions, si nombreuses, affectées par des conflits !

 

L’une des visions les plus tristes de ma visite dans ces terres a été celle du mur. Tandis que je le longeais, je priais pour un avenir où les peuples de la Terre Sainte pourront vivre ensemble dans la paix et l’harmonie sans éprouver le besoin de tels instruments de sécurité et de séparation, mais plutôt en se respectant et en ayant confiance les uns envers les autres, en renonçant à toutes formes de violence et d’agression. Monsieur le Président, je sais combien il sera difficile d’atteindre ce but. Je sais combien difficile est votre tâche, ainsi que celle de l’Autorité Palestinienne. Mais je vous assure que mes prières et les prières des Catholiques du monde entier vous entourent tandis que vous continuez vos efforts pour construire une paix juste et durable dans cette région (…).

 

Je vous dis à tous : merci et que Dieu soit avec vous. Shalom !

 

 

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 23:00

Logo Terre SainteExtrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI dans la Basilique du Saint Sépulcre à Jérusalem, le 15 mai 2009.

 

Chers amis dans le Christ,

 

L’hymne de louange que nous venons de chanter nous unit aux anges et à l'Église de tous les temps et de tous les lieux – à « la glorieuse compagnie des Apôtres, à la noble assemblée des Prophètes et au cortège des Martyrs vêtus de la robe blanche » - rendant ainsi gloire à Dieu pour l’œuvre de notre rédemption, accomplie à travers la Passion, la mort et la résurrection de Jésus Christ. Devant ce Saint Sépulcre, où le Seigneur « a vaincu le pouvoir de la mort et ouvert aux croyants le Royaume des cieux », je vous salue tous, dans la joie de ce temps pascal (…).

 

L’Évangile de Saint Jean, nous a laissé un récit qui évoque la visite de Pierre et du disciple bien-aimé au tombeau vide, le matin de Pâques. Aujourd’hui, à près de vingt siècles de distance, le Successeur de Pierre, Évêque de Rome, se tient devant ce même tombeau vide et contemple le mystère de la Résurrection. Suivant les pas de l’Apôtre, je désire proclamer encore, aux hommes et aux femmes de notre temps, la foi inébranlable de l'Église : Jésus Christ « a été crucifié, est mort et a été enseveli », et « le troisième jour il est ressuscité des morts ». Exalté à la droite du Père, il nous a envoyé son Esprit pour le pardon des péchés. En dehors de lui, que Dieu a fait Seigneur et Christ, « il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous puissions être sauvés » (Ac 4, 12).

 

Devant ce lieu saint, et méditant cet événement prodigieux, comment ne pas « avoir le cœur transpercé » (Ac 2, 37), tout comme ceux qui les premiers entendirent la prédication de Pierre le jour de la Pentecôte ? Ici, le Christ est mort et est ressuscité pour ne plus jamais mourir. Ici, l’Histoire de l’humanité a été changée de manière décisive. Le long règne du péché et de la mort a été brisé en morceaux par le triomphe de l’obéissance et de la vie ; le bois de la Croix expose à nue la vérité concernant le bien et le mal ; le Jugement de Dieu a été rendu sur ce monde et la grâce de l’Esprit Saint s’est répandue sur l’humanité. Ici, le Christ, nouvel Adam, nous a montré que le mal n’a jamais le dernier mot, que l’amour est plus fort que la mort, que notre avenir, l’avenir de toute l’humanité, est entre les mains d’un Dieu fidèle et bon.

 

Le tombeau vide nous parle d’espérance, de l’espérance qui ne déçoit pas parce qu’elle est don de l’Esprit de vie (cf. Rm 5, 5). C’est là le message que je désire vous laisser aujourd’hui, à la fin de mon pèlerinage en Terre Sainte. Que l’espérance se lève, toujours nouvelle, par la grâce de Dieu, dans le cœur de toutes les personnes qui demeurent sur ces terres ! Puisse-t-elle prendre racine dans vos cœurs, être l’hôte de vos familles et de vos communautés, et inspirer chacun de vous pour rendre un témoignage toujours plus fidèle au Prince de la Paix ! L'Église en Terre Sainte, qui a si souvent fait l’expérience de l’obscur mystère du Golgotha, ne doit jamais cesser d’être l’intrépide héraut du lumineux message d’espérance que le tombeau vide proclame. L’Évangile nous enseigne que Dieu peut faire toutes choses nouvelles, que l’histoire ne se répète pas, que les mémoires peuvent être guéries, que les fruits amers de la récrimination et de l’hostilité peuvent être dépassés, et qu’un avenir de justice, de paix, de prospérité et de coopération peut se lever pour tout homme et pour toute femme, pour la famille humaine tout entière, et d’une manière particulière pour le peuple qui demeure sur cette terre si chère au cœur du Sauveur.

 

Cette antique église de l’Anástasis rend un témoignage muet aussi bien aux lourdeurs de notre passé, avec ses erreurs, ses incompréhensions et ses conflits, qu’à la promesse de gloire qui continue de rayonner du tombeau vide du Christ. Ce lieu saint, où la puissance de Dieu s’est manifestée dans la faiblesse, où les souffrances humaines ont été transfigurées en gloire divine, nous invite à tourner encore notre regard de foi vers la face du Seigneur crucifié et ressuscité. En contemplant sa chair glorifiée, complètement transfigurée par l’Esprit, nous parvenons à réaliser plus pleinement que même maintenant, par le Baptême, « nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps » (2 Co 4, 10-11). Même maintenant, la grâce de la résurrection est à l’œuvre en nous ! Puisse la contemplation de ce mystère stimuler nos efforts, au niveau personnel tout comme dans la communauté ecclésiale, en vue d’une croissance dans la vie selon l’Esprit par la conversion, la pénitence et la prière ! Puisse-t-elle nous aider à surmonter, par la puissance de ce même Esprit, les conflits et les tensions qui viennent de la chair et enlever les obstacles, aussi bien intérieurs qu’extérieurs, qui entravent notre progression dans le témoignage commun rendu au Christ et à la puissance de réconciliation de son amour.

 

Avec ces paroles d’encouragement, chers amis, s’achève mon pèlerinage sur les lieux saints de notre Rédemption et de notre renaissance dans le Christ. Je prie pour que l'Église en Terre Sainte tire toujours une nouvelle vigueur de sa contemplation du tombeau vide du Sauveur. Dans ce tombeau, elle est appelée à ensevelir toutes ses inquiétudes et ses craintes, afin de ressusciter chaque jour et de continuer son pèlerinage à travers les rues de Jérusalem, sur les route de Galilée et au-delà, proclamant le triomphe du pardon du Christ et de la promesse de la vie nouvelle. Comme chrétiens, nous savons que la paix à laquelle aspire cette terre déchirée a un nom : Jésus Christ. « Il est notre paix », lui qui nous a réconciliés avec Dieu en un seul corps, par la Croix, mettant fin à la haine (cf. Ep 2, 14). Déposons donc entre ses mains toute notre espérance pour l’avenir, tout comme, à l’heure des ténèbres, il remit son esprit entre les mains du Père.

 

Permettez-moi de conclure par un mot d’encouragement particulier pour mes frères les Évêques et les prêtres, ainsi que pour les personnes consacrées, hommes et femmes, qui servent l'Église bien-aimée en Terre Sainte. Ici, devant le tombeau vide, au cœur même de l'Église, je vous invite à rallumer l’enthousiasme de votre consécration au Christ et de votre engagement à servir avec amour son Corps mystique. A vous, revient l’immense privilège de rendre témoignage au Christ, dans la terre qu’il a sanctifiée par sa présence et son ministère. Par votre charité pastorale, permettez, à vos frères et sœurs, à tous les habitants de cette terre, de sentir la présence réconfortante et l’amour qui réconcilie du Ressuscité. Jésus demande à chacun de nous d’être des témoins d’unité et de paix auprès de tous ceux qui vivent dans cette Ville de la Paix. Nouvel Adam, le Christ est la source de l’unité à laquelle la famille humaine tout entière est appelée, unité dont l'Église est le signe et le sacrement. Agneau de Dieu, il est la source de la réconciliation qui est à la fois don de Dieu et tâche qui nous est confiée. Prince de la Paix, il est la source de cette paix qui transcende toute négociation, la paix de la Jérusalem nouvelle. Qu’il vous soutienne dans les épreuves, qu’il vous apporte réconfort dans les peines, et qu’il vous confirme dans vos efforts pour proclamer et faire grandir son Royaume !

 

St-Sepulcre.jpg

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