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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 17:34

Audience Générale du Pape Benoît XVI sur Rupert de Deutz, le 9 décembre 2009.

 

Chers frères et sœurs,

 

Nous faisons aujourd'hui la connaissance d'un autre moine bénédictin du XIIe siècle. Son nom est Rupert de Deutz, une ville près de Cologne, siège d'un célèbre monastère. Rupert lui-même parle de sa propre vie dans l'une de ses œuvres les plus importantes, intitulée « La gloire et l'honneur du Fils de l'homme », qui est un commentaire partiel de l'Evangile de Matthieu. Encore enfant, il fut accueilli comme « oblat » dans le monastère bénédictin de Saint-Laurent à Liège, selon l'usage de l'époque de confier l'un des enfants à l'éducation des moines, entendant en faire don à Dieu. Rupert aima toujours la vie monastique. Il apprit rapidement la langue latine pour étudier la Bible et pour jouir des célébrations liturgiques. Il se distingua par sa droiture morale très intègre et par son profond attachement au Siège de Saint-Pierre.

 

Son époque fut marquée par des oppositions entre la papauté et l'empire, à cause de ce qu'on appelle la « lutte des investitures », avec laquelle – comme je l'ai mentionné dans d'autres catéchèses – la papauté voulait empêcher que la nomination des évêques et l'exercice de leur juridiction ne dépende des autorités civiles, qui étaient guidées la plupart du temps par des motivations politiques et économiques, certainement pas pastorales. L'évêque de Liège, Othbert, résistait aux directives du Pape et envoya en exil Bérenger, abbé du monastère de Saint-Laurent, précisément à cause de sa fidélité au Pape. Dans ce monastère vivait Rupert, qui n'hésita pas à suivre l'abbé en exil ; il ne revint à Liège et n'accepta de devenir prêtre que quand l'évêque Othbert rentra en communion avec le Pape. Jusqu'à ce moment, en effet, il avait évité de recevoir l'ordination d'un évêque en désaccord avec le Pape. Rupert nous enseigne que lorsque naissent des controverses dans l'Eglise, la référence au ministère pétrinien garantit la fidélité à la saine doctrine et donne la sérénité et la liberté intérieure. Après la dispute avec Othbert, il dut encore abandonner son monastère à deux reprises. En 1116, ses adversaires voulurent même lui intenter un procès. Bien qu'ayant été lavé de toutes les accusations, Rupert préféra se rendre pendant une certaine période à Siegburg, mais les polémiques n'ayant pas encore cessé lorsqu'il revint au monastère de Liège, il décida de s'établir définitivement en Allemagne. Nommé abbé de Deutz en 1120, il y resta jusqu'en 1129, année de sa mort. Il ne s'en éloigna que pour un pèlerinage à Rome, en 1124.

 

Ecrivain fécond, Rupert a laissé de très nombreuses œuvres, aujourd'hui encore d'un grand intérêt, également parce qu'il fut actif dans plusieurs importantes discussions théologiques de l'époque. Par exemple, il intervint avec détermination dans la controverse eucharistique qui, en 1077, avait conduit à la condamnation de Bérenger de Tours. Celui-ci avait donné une interprétation réductrice de la présence du Christ dans le Sacrement de l'Eucharistie, la définissant seulement symbolique. Dans le langage de l'Eglise, le terme de « transsubstantiation » n'avait pas encore vu le jour, mais Rupert, utilisant parfois des expressions audacieuses, se fit le défenseur décidé du réalisme eucharistique et, surtout dans une œuvre intitulée De divinis officiis (Les offices divins), il affirma avec décision la continuité entre le Corps du Verbe incarné du Christ et celui présent sous les espèces eucharistiques du pain et du vin. Chers frères et sœurs, il me semble qu'à ce point nous devons également penser à notre époque ; aujourd'hui aussi existe le danger de redimensionner le réalisme eucharistique, c'est-à-dire de considérer l'Eucharistie presque seulement comme un rite de communion, de socialisation, en oubliant trop facilement que dans l'Eucharistie le Christ ressuscité est réellement présent – avec son corps ressuscité – qui se met entre nos mains pour nous faire sortir hors de nous-mêmes, nous incorporer dans son corps immortel et nous guider ainsi vers la vie nouvelle. Ce grand mystère, selon lequel le Seigneur est présent dans toute sa réalité sous les espèces eucharistiques, est un mystère à adorer et à aimer toujours à nouveau! Je voudrais citer ici les mots du Catéchisme de l'Eglise catholique qui contiennent en eux le fruit de la méditation de la foi et de la réflexion théologique de deux mille ans : « Le mode de présence du Christ sous les espèces eucharistiques est unique. Dans le très saint sacrement sont "contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l'âme et la divinité de notre Jésus Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier". "Cette présence, on la nomme 'réelle', non à titre exclusif, comme si les autres présences n'étaient pas 'réelles', mais par excellence parce qu'elle est substantielle, et que par elle le Christ, Dieu et homme, se rend présent tout entier" » (Catéchisme de l'Eglise catholique, n. 1374). Rupert a lui aussi contribué, avec ses réflexions, à cette formulation précise.

 

Une autre controverse, dans laquelle l'abbé de Deutz fut impliqué, concerne le problème de la conciliation de la bonté et de la toute-puissance de Dieu avec l'existence du mal. Si Dieu est tout-puissant et bon, comment s'explique la réalité du mal? En effet, Rupert réagit à la position prise par les maîtres de l'école théologique de Laon, qui, à travers une série de raisonnements philosophiques, distinguaient dans la volonté de Dieu le fait « d'approuver » et de « permettre », concluant que Dieu permet le mal sans l'approuver et donc, sans le vouloir. Rupert, au contraire, renonce au recours à la philosophie, qu'il considère inadéquate face à un si grand problème, et demeure simplement fidèle à la narration biblique. Il part de la bonté de Dieu, de la vérité selon laquelle Dieu est suprêmement bon et ne peut que vouloir le bien. Ainsi, il identifie l'origine du mal dans l'homme lui-même et dans l'usage erroné de la liberté humaine. Lorsque Rupert affronte ce thème, il écrit des pages empreintes de souffle religieux pour louer la miséricorde infinie du Père, la patience et la bienveillance de Dieu envers l'homme pécheur.

 

Comme d'autres théologiens du Moyen âge, Rupert lui aussi se demandait : pourquoi le Verbe de Dieu, le Fils de Dieu, s'est-il fait homme? Certains, et même de nombreuses personnes, répondaient en expliquant l'incarnation du Verbe à travers l'urgence de réparer le péché de l'homme. Rupert, en revanche, à travers une vision centrée sur le Christ de l'Histoire du Salut, élargit la perspective, et, dans l'une de ses œuvres intitulée « La glorification de la Trinité », soutient la position selon laquelle l'Incarnation, événement central de toute l'Histoire, avait été prévue dès l'éternité, même indépendamment du péché de l'homme, afin que toute la Création puisse rendre louange à Dieu le Père et l'aimer comme une unique famille rassemblée autour du Christ, le Fils de Dieu. Il voit alors dans la femme enceinte de l'Apocalypse toute l'Histoire de l'humanité, qui est orientée vers le Christ, de même que la conception est orientée vers l'accouchement, une perspective qui sera développée par d'autres penseurs et valorisée également par la théologie contemporaine, qui affirme que toute l'Histoire du monde et de l'humanité est une conception orientée vers l'enfantement du Christ. Le Christ est toujours au centre des explications exégétiques fournies par Rupert dans ses commentaires aux Livres de la Bible, auxquels il se consacra avec une grande attention et passion. Il retrouve ainsi une unité admirable dans tous les événements de l'Histoire du Salut, de la Création jusqu'à la consommation finale des temps : « Toute l'Ecriture », affirme-t-il, « est un seul livre, qui tend à la même fin [le Verbe divin] ; qui vient d'un seul Dieu et qui a été écrit par un seul Esprit ».

 

Dans l'interprétation de la Bible, Rupert ne se limite pas à répéter l'enseignement des Pères, mais révèle son originalité. Par exemple, il est le premier écrivain qui a identifié l'épouse du Cantique des Cantiques avec la Très Sainte Vierge Marie. Ainsi, son commentaire à ce livre de l'Ecriture se révèle une sorte de summa mariologique, dans laquelle sont présentés les privilèges et les vertus excellentes de Marie. Dans l'un des passages les plus inspirés de son commentaire, Rupert écrit : « O très aimée parmi les bien-aimées, Vierge des vierges, que loue en toi ton Fils bien-aimé, que le chœur tout entier des anges exalte? Il loue la simplicité, la pureté, l'innocence, la doctrine, la pudeur, l'humilité, l'intégrité de l'esprit et de la chair, c'est-à-dire la virginité non corrompue » (In Canticum Canticorum, 4, 1-6, CCL 26, pp. 69-70). L'interprétation mariale du Cantique de Rupert est un heureux exemple de l'harmonie entre liturgie et théologie. En effet, divers passages de ce Livre biblique étaient déjà utilisés dans les célébrations liturgiques des fêtes mariales.

 

Rupert, en outre, est attentif à inscrire sa doctrine mariologique dans la doctrine ecclésiologique. En d'autres termes, il voit en la Très Sainte Vierge Marie la part la plus sainte de l'Eglise tout entière. Voilà pourquoi mon vénéré prédécesseur, le Pape Paul VI, dans le discours de clôture de la troisième session du Concile Vatican II, en proclamant solennellement Marie Mère de l'Eglise, cita précisément une phrase tirée des œuvres de Rupert, qui définit Marie comme portio maxima, portio optima – la partie la plus excellente, la partie la meilleure de l'Eglise.

 

Chers amis, à partir de ces évocations rapides, nous nous rendons compte que Rupert a été un théologien plein de ferveur, doté d'une grande profondeur. Comme tous les représentants de la théologie monastique, il a su conjuguer l'étude rationnelle des mystères de la foi avec la prière et la contemplation, considérée comme le sommet de toute connaissance de Dieu. Lui-même parle quelquefois de ses expériences mystiques, comme lorsqu'il confie l'ineffable joie d'avoir perçu la présence du Seigneur : « Dans ce bref moment – affirme-t-il – j'ai ressenti combien ce qu'il nous dit est vrai : Apprenez de moi qui suis doux et humble de cœur ». Nous aussi nous pouvons, chacun à notre manière, rencontrer le Seigneur Jésus, qui accompagne sans cesse notre chemin, qui se fait présent dans le Pain eucharistique et dans sa Parole pour notre Salut.

 

 

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 18:39

Audience Générale du Pape Benoît XVI sur Guillaume de Saint-Thierry, le 2 décembre 2009.

 

Chers frères et sœurs,

 

Dans une catéchèse précédente, j'ai présenté la figure de Bernard de Clairvaux, le « Docteur de la douceur », grande figure du douzième siècle. Son biographe — qui éprouvait de l'amitié et de l'estime pour lui — fut Guillaume de Saint-Thierry, sur lequel je m'arrête dans la réflexion de ce matin.

 

Guillaume naquit à Liège entre 1075 et 1080. De famille noble, doté d'une intelligence vive et d'un amour inné pour l'étude, il fréquenta de célèbres écoles de l'époque, comme celle de sa ville natale et de Reims, en France. Il entra en contact personnel avec Abélard, le maître qui appliquait la philosophie à la théologie de manière si originale qu'il suscita de nombreuses perplexités et oppositions. Guillaume exprima également ses propres réserves, en sollicitant son ami Bernard pour qu'il prenne position à l'égard d'Abélard. Répondant à ce mystérieux et irrésistible appel de Dieu, qui est la vocation à la vie consacrée, Guillaume entra au monastère bénédictin de Saint-Nicaise à Reims en 1113 et, quelques années plus tard, il devint abbé du monastère de Saint-Thierry, dans le diocèse de Reims. Au cours de cette période, l'exigence de purifier et renouveler la vie monastique, pour la rendre authentiquement évangélique, était très répandue. Guillaume agit dans ce sens à l'intérieur de son propre monastère, et en général, dans l'Ordre bénédictin. Toutefois, il rencontra de nombreuses résistances face à ses tentatives de réforme, et ainsi, malgré le conseil contraire de son ami Bernard, il quitta l'abbaye bénédictine en 1135, laissa l'habit noir et revêtit l'habit blanc, pour s'unir aux cisterciens de Signy. A partir de ce moment jusqu'à sa mort, survenue en 1148, il se consacra à la contemplation priante des mystères de Dieu, depuis toujours objet de ses plus profonds désirs, et à la composition d'écrits de littérature spirituelle, importants dans l'histoire de la théologie monastique.

 

L'une de ses premières œuvres est intitulée De natura et dignitate amoris (La nature et la dignité de l'amour). On y trouve exprimée l'une des idées fondamentales de Guillaume, valable également pour nous. L'énergie principale qui anime l'âme humaine – dit-il – est l'amour. La nature humaine, dans son essence la plus profonde, consiste à aimer. En définitive, une seule tâche est confiée à chaque être humain : apprendre à aimer, sincèrement, authentiquement, gratuitement. Mais ce n'est qu'à l'école de Dieu que cette tâche est remplie et que l'homme peut atteindre l'objectif pour lequel il a été créé. Guillaume écrit en effet : « L'art des arts est l'art de l'amour... L'amour est suscité par le Créateur de la nature. L'amour est une force de l'âme, qui la conduit comme par un poids naturel vers le lieu et l'objectif qui lui est propre » (La nature et la dignité de l'amour 1, PL 184, 379). Apprendre à aimer demande un chemin long et exigeant, qui est articulé par Guillaume en quatre étapes, correspondant aux âges de l'homme : l'enfance, la jeunesse, la maturité et la vieillesse. Sur cet itinéraire, la personne doit s'imposer une ascèse efficace, un fort contrôle de soi pour éliminer toute affection désordonnée, toute tentation d'égoïsme, et unifier sa propre vie en Dieu, source, objectif et force de l'amour, jusqu'à parvenir au sommet de la vie spirituelle, que Guillaume définit comme « sagesse ». En conclusion de cet itinéraire ascétique, on fait l'expérience d'une grande sérénité et douceur. Toutes les facultés de l'homme – intelligence, volonté, sentiments d'affection – reposent en Dieu, connu et aimé dans le Christ.

 

Dans d'autres œuvres également, Guillaume parle de cette vocation radicale à l'amour pour Dieu, qui constitue le secret d'une vie réussie et heureuse, et qu'il décrit comme un désir incessant et croissant, inspiré par Dieu lui-même dans le cœur de l'homme. Dans une méditation, il dit que l'objet de cet amour est l'Amour avec un ‘A’ majuscule, c'est-à-dire Dieu. C'est lui qui se déverse dans le cœur de celui qui aime, et qui le rend capable de le recevoir. Il se donne à satiété et de manière telle, que le désir de cette satiété ne fait jamais défaut. Cet élan d'amour est l'accomplissement de l'homme. On est frappé par le fait que Guillaume, en parlant de l'amour pour Dieu, attribue une grande importance à la dimension affective. Au fond, chers amis, notre cœur est fait de chair, et lorsque nous aimons Dieu, qui est l'Amour lui-même, comment ne pas exprimer dans cette relation avec le Seigneur également nos sentiments très humains, comme la tendresse, la sensibilité, la délicatesse? Le Seigneur lui-même, en se faisant homme, a voulu nous aimer avec un cœur de chair!

 

Selon Guillaume, ensuite, l'amour a une autre propriété importante : il éclaire l'intelligence et permet de connaître mieux et de manière plus profonde Dieu, et en Dieu, les personnes et les événements. La connaissance qui procède des sens et de l'intelligence réduit, mais n'élimine pas, la distance entre le sujet et l'objet, entre toi et moi. L'amour produit en revanche une attraction et une communion, jusqu'à une transformation et une assimilation entre le sujet qui aime et l'objet aimé. Cette réciprocité d'affection et de sympathie permet alors une connaissance bien plus profonde que celle qui est l'œuvre de la seule raison. Ainsi s'explique une célèbre expression de Guillaume : « Amor ipse intellectus est – déjà en lui-même, l'amour est principe de connaissance ». Chers amis, nous posons la question : n'en est-il pas ainsi dans notre vie? N'est-il donc pas vrai que nous ne connaissons réellement que ceux et ce que nous aimons? Sans une certaine sympathie, on ne connaît rien ni personne! Et cela vaut avant tout dans la connaissance de Dieu et de ses mystères, qui dépassent la capacité de compréhension de notre intelligence : on connaît Dieu si on l'aime !

 

Une synthèse de la pensée de Guillaume de Saint-Thierry est contenue dans une longue lettre adressée aux chartreux de Mont-Dieu, auxquels il avait rendu visite et qu'il voulut encourager et réconforter. L'érudit bénédictin Jean Mabillon, dès 1690, donna à cette lettre un titre significatif : Epistola aurea (Lettre d'or). En effet, les enseignements sur la vie spirituelle qu'elle contient sont précieux pour tous ceux qui souhaitent grandir dans la communion avec Dieu, dans la sainteté. Dans ce traité, Guillaume propose un itinéraire en trois étapes. Il faut – dit-il – passer de l'homme « animal » à l'homme « rationnel », pour arriver à l'homme « spirituel ». Que veut dire notre auteur par ces trois expressions? Au début, une personne accepte la vision de la vie inspirée par la foi par un acte d'obéissance et de confiance. Puis à travers un processus d'intériorisation, dans lequel la raison et la volonté jouent un grand rôle, la foi dans le Christ est accueillie avec une conviction profonde et l'on fait l'expérience d'une correspondance harmonieuse entre ce que l'on croit et ce que l'on espère et les aspirations les plus secrètes de l'âme, notre raison, nos sentiments d'affection. On parvient ainsi à la perfection de la vie spirituelle, lorsque les réalités de la foi sont une source de joie intime et de communion réelle et satisfaisante avec Dieu. On ne vit que dans l'amour et par amour. Guillaume fonde cet itinéraire sur une solide vision de l'homme, inspirée par les antiques Pères grecs, surtout d'Origène, lesquels avaient enseigné avec un langage audacieux que la vocation de l'homme est de devenir comme Dieu, qui l'a créé à son image et ressemblance. L'image de Dieu présente dans l'homme le pousse vers la ressemblance, c'est-à-dire vers une identité toujours plus complète entre la volonté propre et la volonté divine. A cette perfection, que Guillaume appelle « unité d'esprit », on ne parvient pas par l'effort personnel, même sincère et généreux, parce qu'une autre chose est nécessaire. On atteint cette perfection par l'action de l'Esprit Saint, qui vient habiter l'âme et purifie, absorbe et transforme en charité tout élan et tout désir d'amour présent chez l'homme. « Il y a ensuite une autre ressemblance avec Dieu », lisons-nous dans l'Epistola aurea, « qui n'est plus appelée ressemblance, mais unité d'esprit, lorsque l'homme finit par faire un avec Dieu, un seul esprit, non seulement par l'unité d'une volonté identique, mais en n'étant plus en mesure de vouloir autre chose. De cette manière, l'homme mérite de devenir non pas Dieu, mais ce que Dieu est : l'homme devient par la grâce ce que Dieu est par nature » (Epistola aurea 262-263, SC 223, pp. 353-355).

 

Chers frères et sœurs, cet auteur, que nous pourrions définir comme le « Chantre de l'amour, de la charité », nous enseigne à faire dans notre vie le choix fondamental, qui donne un sens et une valeur à tous les autres choix : aimer Dieu et, par son amour, aimer notre prochain ; c'est uniquement ainsi que nous pourrons rencontrer la joie véritable, anticipation de la béatitude éternelle. Mettons-nous par conséquent à l'école des saints, pour apprendre à aimer de manière authentique et totale, pour nous engager sur cet itinéraire de notre être. Avec une jeune sainte, Docteur de l'Eglise, Thérèse de l'Enfant Jésus, nous disons nous aussi au Seigneur que nous voulons vivre d'amour. Et je conclus précisément avec une prière de cette sainte : « Je t'aime, et tu le sais, divin Jésus! L'Esprit d'amour me brûle de son feu. En t'aimant, j'attire le Père, que mon faible cœur abrite, sans échappatoire. O Trinité! Tu es prisonnière de mon amour. Vivre d'amour, ici-bas, est un don de soi démesuré, sans demander de salaire... quand on aime, on ne compte pas. J'ai donné tout au Cœur divin, qui déborde de tendresse! Et je cours avec légèreté. Je n'ai plus rien, et ma seule richesse est de vivre d'amour ».

 

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 18:23

Texte de la Newsletter n°12 (publiée le 30 janvier 2011) du Groupe Facebook consacré à l'oeuvre de Claude Tresmontant, l'un des plus grands métaphysiciens du siècle passé – qui réfuta magistralement l'athéisme. 

 

Les philosophies monistes qui affirment que l’être de l’univers n’existe pas, qu’il est une simple apparence – que le seul être existant est l’Esprit (ou le Brahman, ou l’Un) – sont amenés logiquement à confesser l’éternité de l’être, et par suite, de tous les êtres qui sont l’Être éternel pulvérisé en une multiplicité qui n’est qu’illusion dissimulant la réalité de l’unicité de l’être. Toutes les âmes humaines, selon cette conception, sont éternelles, et préexistaient à la naissance des personnes individuelles, comme elles survivront à leur propre mort. « L’âme était de condition divine, mais elle est tombée, dans un corps qui l’emprisonne et l’exile » (Claude Tresmontant).

 

« La doctrine de la divinité fondamentale de l’âme conduit à une anthropologie de type dualiste. C’est l’existence dans le corps qui est responsable de nos malheurs présents. L’ensomatose explique la multiplication, la dispersion de l’âme universelle unique, en une multitude d’êtres, qui se croient distincts les uns des autres, alors qu’en leur fond, ils sont un. Ils sont l’Un.

 

« Dans cette tradition théosophique, dont on peut suivre le cours jusque chez des philosophes du XIXe siècle comme Schelling, la naissance, à vrai dire, n’est pas un commencement d’être. C’est le moment de l’ensomatose, c’est-à-dire de la chute dans ce monde sensible. Mais en réalité, l’âme préexistait, au sein de la vie divine, avant sa chute dans le corps. De même, la mort n’est pas une annihilation, mais, dans le meilleur des cas, un retour à la condition divine, si l’âme s’est purifiée de la souillure que comporte l’existence corporelle, matérielle, ou bien, si l’âme n’a pas suffisamment pratiqué l’ascèse, elle est contrainte de s’incorporer de nouveau, soit dans un corps d’homme, soit dans un corps d’animal. C’est cela le ‘triste cycle lassant’ dont parle une tablette orphique, ce triste cycle imposé aux âmes insuffisamment purifiées.

 

« On voit comment, dans cette perspective, la matière – ici, le corps – est supposée responsable du mal que représente l’existence individuée, multiple, et responsable aussi du mal que l’âme peut faire dans sa condition corporelle. Le bien, c’est de se délivrer de la souillure du corps » (Claude Tresmontant, in Le problème de la Révélation, Seuil 1969, p.69-70).

 

« Le mythe de la divinité originelle, de la préexistence, de la chute des âmes dans ces corps supposés mauvais, – le mythe de la transmigration des âmes, ou métensomatose, et du retour à l’origine, – est (…) un mythe cyclique, puisque finalement les âmes retournent à leur point de départ. » (Claude Tresmontant, in Les Métaphysiques principales, François-Xavier de Guibert, 1995, p. 171-172).

 

Mais si l’Un est vraiment le seul être, comment expliquer ce drame de la « Chute » de l’Être absolu (qui ne dépend, par définition, d’aucun autre être) dans des corps multiples ; cette aliénation de l'Être divin dans la matière « gluante », cette « ignoble marmelade », cette « larve coulante », cette « saleté poisseuse » dont parlait Sartre dans la Nausée ? Par une tragédie à l'intérieur de l'Un. « Et donc, on passe du monisme de la Substance aux spéculations théosophiques selon lesquelles il y a bien en effet une tragédie au sein de l’Être qui est unique. On passe bien de Plotin et de Spinoza à Fichte, Schelling et Hegel. Il faut bien admettre qu’il y a une tragédie au sein de l’Être pour expliquer l’existence de cette illusion qu’est le monde de la multiplicité. Et donc, à la place de la métaphysique hébraïque de la Création, on a une métaphysique gnostique de la chute, chute au sein de l’Un bien entendu. C’est la doctrine du gnostique Valentin et de son école. » (Claude Tresmontant, in Les Métaphysiques principales, François-Xavier de Guibert, 1995, p. 179-180).

 

Reste à nous interroger sur l’origine de cette « science » de l’être ; à nous demander d’où le philosophe moniste tire sa connaissance de l’Être divin et toutes ses informations sur la vie intime de l’Un.

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 00:00

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Cette neuvaine se prie comme suit :

Chaque jour : une dizaine de chapelet et trois fois les invocations "Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous", "Sainte Bernadette, priez pour nous".

Lire ensuite la prière ci-dessous.

Messe et communion de préférence le 11 février, jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes.

 

Notre-Dame de Lourdes, Vierge toute belle
qui apparus un jour à Bernadette,
au creux du rocher de Massabielle,
avec humilité nous nous tournons vers toi.

Tu as demandé à Bernadette de creuser le sol
pour que coule la source, et de prier pour les pécheurs.
Daigne répandre sur nous la grâce de ta paix.
Ouvre nos coeurs à la Parole de ton Fils,
à son appel à nous hâter vers le pardon
et à nous convertir à
la Bonne Nouvelle.

Notre-Dame de Lourdes,
tu nous ouvres et nous révèles la clarté du Ciel.

Nous te prions pour les pécheurs et nous nous confions à toi.
Guide-nous sur le chemin de la paix et du pardon.

Notre-Dame de la réconciliation,
Notre-Dame des pécheurs,
Paix des malades et de ceux qui souffrent,
éveille en nous l'amour de ton Fils,
et rends nos coeurs accueillants au pardon.


Amen !



Site Internet des Sanctuaires de Notre-Dame de Lourdes : http://www.lourdes-france.org/index.php
 

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 00:00

« La bonté a converti plus de pécheurs que le zèle, l'éloquence, ou l'instruction,

et ces trois choses n'ont jamais converti sans que la bonté y ait été pour quelque chose. »
 

Père Frederick William Faber (1814-1863).

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 11:21

Extrait du discours du Pape Benoît XVI à la synagogue de Rome, le 17 janvier 2010.

 

Synagogue de Rome 2010

5. Nombreuses peuvent être les implications qui dérivent de l'héritage commun tiré de la Loi et des Prophètes. Je voudrais en rappeler certaines : tout d'abord, la solidarité qui lie l'Eglise et le peuple juif « au niveau même de leur identité » spirituelle et qui offre aux chrétiens l'opportunité de promouvoir « un respect renouvelé pour l'interprétation juive de l'Ancien Testament » (cf.Commission biblique pontificale, Le peuple juif et ses Saintes Ecritures dans la Bible chrétienne, 2001, pp. 12 et 55) ; la place centrale du Décalogue comme message éthique commun de valeur éternelle pour Israël, l'Eglise, les non-croyants et l'humanité tout entière ; l'engagement pour préparer ou réaliser le Royaume du Très-Haut dans le soin de la Création confiée par Dieu à l'homme pour la cultiver et la protéger de manière responsable (cf. Gn 2, 15).

 

6. En particulier, le Décalogue – les « Dix Paroles » ou Dix Commandements (cf. Ex 20, 1-17; Dt 5, 1-21) – qui provient de laTorah de Moïse, constitue le flambeau de l'éthique, de l'espérance et du dialogue, étoile polaire de la foi et de la morale du peuple de Dieu, et il éclaire et guide également le chemin des chrétiens. Il constitue un phare et une norme de vie dans la justice et dans l'amour, un « grand code » éthique pour toute l'humanité. Les « Dix Paroles » jettent une lumière sur le bien et le mal, sur le vrai et le faux, sur le juste et l'injuste, également selon les critères de la conscience juste de toute personne humaine. Jésus lui-même l'a répété plusieurs fois, en soulignant qu'un engagement actif sur le chemin des commandements est nécessaire : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements » (Mt 19, 17). Dans cette perspective, les domaines de collaboration et de témoignage sont divers. Je souhaiterais en rappeler trois particulièrement importants pour notre époque.

 

Les « Dix Paroles » demandent de reconnaître l'unique Seigneur, contre la tentation de se construire d'autres idoles, de se faire des veaux d'or. Dans notre monde, beaucoup ne connaissent pas Dieu ou estiment qu'il est superflu, sans importance pour la vie ; ainsi ont été fabriqués d'autres et de nouveaux dieux devant lesquels l'homme s'incline. Réveiller dans notre société l'ouverture à la dimension transcendante, témoigner de l'unique Dieu est un service précieux que les juifs et les chrétiens peuvent et doivent offrir ensemble.

 

Les « Dix Paroles » demandent le respect, la protection de la vie, contre toute injustice ou tout abus de pouvoir, en reconnaissant la valeur de toute personne humaine, créée à l'image et à la ressemblance de Dieu. Combien de fois, dans toutes les régions de la terre, proches ou lointaines, sont encore piétinés la dignité, la liberté, les droits de l'être humain! Témoigner ensemble de la valeur suprême de la vie contre tout égoïsme, c'est offrir une contribution importante à un monde où puissent régner la justice et la paix, le « shalom » appelé de leurs vœux par les législateurs, par les prophètes et par les sages d'Israël.

 

Les « Dix Paroles » exigent de sauvegarder et de promouvoir la sainteté de la famille, où le OUI personnel et réciproque, fidèle et définitif de l'homme et de la femme, ouvre l'espace pour l'avenir, pour l'authentique humanité de chacun, et s'ouvre, dans le même temps, au don d'une nouvelle vie. Témoigner que la famille continue d'être la cellule essentielle de la société et le contexte de base où l'on apprend et l'on exerce les vertus est un précieux service à offrir pour la construction d'un monde au visage plus humain.

 

7. Comme l'enseigne Moïse dans le Shemà (cf. Dt 6, 5 ; Lv 19, 34) – et le réaffirme Jésus dans l'Evangile (cf. Mc 12, 19-31), tous les commandements se résument dans l'amour de Dieu et dans la miséricorde envers le prochain. Cette Règle engage les juifs et les chrétiens à faire preuve, à notre époque, d'une générosité particulière envers les pauvres, les femmes, les enfants, les étrangers, les malades, les faibles, les personnes dans le besoin. Il existe dans la tradition juive un admirable dicton des Pères d'Israël : « Simon le Juste avait l'habitude de dire ‘le monde se fonde sur trois choses : la Torah, le culte et les actes de miséricorde’ » (Aboth 1, 2). A travers l'exercice de la justice et de la miséricorde, les juifs et les chrétiens sont appelés à annoncer et à témoigner du Royaume du Très-Haut qui vient, et pour lequel nous prions et nous œuvrons chaque jour dans l'espérance.

 

8. Nous pouvons accomplir des pas ensemble dans cette direction, conscients des différences qui existent entre nous, mais également du fait que si nous réussissons à unir nos cœurs et nos mains pour répondre à l'appel du Seigneur, sa lumière deviendra plus proche pour illuminer tous les peuples de la terre (…).

 

9. Les chrétiens et les juifs ont en commun une grande partie de leur patrimoine spirituel, ils prient le même Seigneur, ils ont les mêmes racines, mais ils demeurent souvent ignorants les uns des autres. C'est à nous qu'il revient, en réponse à l'appel de Dieu, de travailler afin que demeure toujours ouvert l'espace du dialogue, du respect réciproque, de la croissance dans l'amitié, du témoignage commun face aux défis de notre temps, qui nous invitent à collaborer pour le bien de l'humanité dans ce monde créé par Dieu, le Tout-Puissant et le Miséricordieux.

 

10. J'exprime enfin une pensée particulière pour notre Ville de Rome, où, depuis environ deux millénaires, cohabitent, comme le disait le Pape Jean-Paul II, la communauté catholique avec son évêque et la communauté juive avec son grand rabbin. Que cette coexistence puisse être animée par un amour fraternel grandissant, s'exprimant également dans une coopération toujours plus étroite pour offrir une contribution valable à la résolution des problèmes et des difficultés à affronter.

 

J'invoque du Seigneur le don précieux de la paix dans le monde entier, en particulier en Terre Sainte. Au cours de mon pèlerinage à Jérusalem au mois de mai dernier, au Mur du Temple, j'ai demandé à Celui qui peut tout : « Envoie ta paix sur cette Terre Sainte, sur le Moyen Orient, sur la famille humaine tout entière ; éveille le cœur de tous ceux qui invoquent ton nom, afin qu'ils marchent humblement sur le chemin de la justice et de la compassion » (Prière au Mur des Lamentations de Jérusalem, 12 mai 2009).

 

J'élève vers Lui, à nouveau, l'action de grâce et la louange pour notre rencontre, en lui demandant de renforcer notre fraternité et de rendre notre entente plus solide.

 

 

Source - Voir la vidéo de la visite du Pape

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 09:11

Dimanche 30 janvier 2011 – 4e dimanche du temps ordinaire (Année A)

 

Première lecture : Sophonie 2. 3 ; 3. 12-13

« Cherchez le Seigneur, vous tous, les humbles du pays »

 

Psaume 145

« Le Seigneur est ton Dieu pour toujours »

 

Deuxième lecture : 1 Corinthiens 1. 26-31

« Ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi »

 

Evangile : Matthieu 2. 1-12

« Heureux les pauvres de coeur, le Royaume des Cieux est à eux! »

 

***

Message audio du Pape : 2011

Angelus du Pape : 2008 – 2011

Homélie du Père Walter Covens : 2008 – 2011 

Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde : 2011 

Audio de Radio Vatican : 2011

Ce que l’Evangile nous dit et me demande

Le Royaume de Dieu, c'est la richesse qui ne passe pas (P. Raniero Cantalamessa)

Jésus et sa passion pour l'humanité (P. Pierre Desroches, de Montréal)

 

*** 

 

« Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5. 9) 

 

« 'Heureux les pauvres de coeur ; heureux les doux ; heureux ceux qui pleurent'... Imaginons les impressions, la confusion peut-être, même pour certains la déception que ces paroles du Seigneur ont causées en ceux qui l'écoutaient. Jésus formule un esprit nouveau, un état d'esprit qui constitue sans doute un changement complet des habituelles estimations humaines ; les pharisiens par exemple, voyaient dans le bonheur terrestre la bénédiction de Dieu, et dans le malheur un châtiment. En général, l'homme de l'Antiquité, même dans le peuple d'Israël, cherchait la richesse, le plaisir, l'estime, le pouvoir, en considérant tout cela comme la source de tout bonheur. Jésus propose un autre chemin, différent. Il exalte et béatifie la pauvreté, la douceur, la miséricorde, la pureté et l'humilité.

 

« Si nous méditons ces paroles du Seigneur, nous voyons bien que la même confusion existe aujourd'hui : la tribulation, l'épreuve mènent-elles, vraiment, à la béatitude et au bonheur? La pensée fondamentale que Jésus vouait inculquer à ses auditeurs était celle-ci : servir Dieu seul rend l'homme heureux. Au milieu de la pauvreté, de la douleur, de l'abandon, le serviteur de Dieu peut dire avec St Paul : "Je surabonde de joie dans toutes mes tribulations". Quelles que soient les circonstances passagères et toujours variables, nous sommes invités à vivre en plénitude la vie chrétienne. Sans vraies-fausses excuses, sans dire au Seigneur : 'attends un peu... que je trouve la solution à ce problème, que je me rétablisse de cette maladie, que je cesse d'être calomnié ou persécuté'... Ce serait une triste erreur que de ne pas profiter de ces dures circonstances pour s'unir davantage au Seigneur.

 

« Se servir de tous les moyens possibles et opportuns pour éviter, quand on le peut, la douleur, la maladie, la pauvreté, l'injustice, pour mieux servir Dieu et ses frères, ne déplaît certes pas à Dieu! Mais les béatitudes nous révèlent que les vrais succès de la vie se trouvent d'abord dans l'amour et dans l'accomplissement de la volonté de Dieu (...). Essayer à tout prix, comme s'il s'agissait du mal absolu, de rejeter le poids de la douleur et de la tribulation, chercher le succès humain comme le suprême but, sont des chemins que le Seigneur ne peut bénir, et qui d'ailleurs ne conduisent pas au bonheur... (...) De même qu'aucune chose sur la terre ne peut donner la plénitude du bonheur que tout homme cherche, de même rien ne peut non plus nous l'enlever si nous sommes unis à Dieu. » (François Carvajal, in "Parler avec Dieu - IV, Temps ordinaire (Semaines I-VI)", Le Laurier, 1993) 

 


 

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 16:10

Extrait du discours du Pape Benoît XVI à la synagogue de Rome, le 17 janvier 2010.

 

« Merveilles que fit pour eux le Seigneur! 

 Merveilles que fit pour nous le Seigneur, 

 nous étions dans la joie » (Ps 126)

 « Voyez! Qu'il est bon, qu'il est doux 

 d'habiter en frères tous ensemble! » (Ps 133)

 

Monsieur le grand rabbin de la communauté juive de Rome, 

 Monsieur le président de l'Union des communautés juives italiennes, 

 Monsieur le président de la communauté juive de Rome, 

 Messieurs les rabbins, 

 Eminentes autorités,

 Chers amis et frères,

 

1. Au début de la rencontre dans le Grand Temple des juifs de Rome, les psaumes que nous avons écoutés nous suggèrent l'attitude spirituelle la plus authentique pour vivre ce moment de grâce particulier et joyeux : la louange au Seigneur, qui a fait de grandes choses pour nous, nous a ici rassemblés avec son Hèsed, l'amour miséricordieux, et l'action de grâce pour nous avoir fait le don de nous retrouver ensemble pour rendre plus solides les liens qui nous unissent et continuer à parcourir la route de la réconciliation et de la fraternité (…).

 

En venant pour la première fois parmi vous en tant que chrétien et que Pape, mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II, il y a presque vingt-quatre ans, voulut apporter une contribution décisive au renforcement des bonnes relations entre nos communautés, pour surmonter toute incompréhension et préjugé. Ma visite s'inscrit dans le chemin tracé, pour le confirmer et le renforcer. C'est avec des sentiments de vive cordialité que je me trouve parmi vous pour vous manifester l'estime et l'affection que l'évêque de Rome et l'Eglise de Rome, ainsi que toute l'Eglise catholique, nourrissent à l'égard de votre communauté et des communautés juives présentes dans le monde.

 

2. La doctrine du Concile Vatican II a représenté pour les catholiques un point de référence vers lequel se tourner constamment dans l'attitude et dans les rapports avec le peuple juif, marquant une étape nouvelle et décisive. L'événement conciliaire a donné un élan décisif à l'engagement de parcourir un chemin irrévocable de dialogue, de fraternité et d'amitié, un chemin qui s'est approfondi et développé ces quarante dernières années avec des étapes et des gestes importants et significatifs, parmi lesquels je souhaite mentionner à nouveau la visite historique dans ce lieu de mon vénérable prédécesseur, le 13 avril 1986, les nombreuses rencontres qu'il a eues avec des représentants juifs, notamment au cours des voyages apostoliques internationaux, le pèlerinage jubilaire en Terre Sainte en l'an 2000, les documents du Saint-Siège qui, après la Déclaration Nostra aetate, ont offert de précieuses orientations pour un développement positif dans les rapports entre catholiques et juifs. Moi aussi, pendant ces années de pontificat, j'ai voulu montrer ma proximité et mon affection envers le peuple de l'Alliance. Je conserve bien vivant dans mon cœur tous les moments du pèlerinage que j'ai eu la joie d'accomplir en Terre Sainte, au mois de mai de l'année dernière, ainsi que les nombreuses rencontres avec des communautés et des organisations juives, en particulier dans les synagogues de Cologne et de New York.

 

En outre, l'Eglise n'a pas manqué de déplorer les fautes de ses fils et de ses filles, en demandant pardon pour tout ce qui a pu favoriser d'une manière ou d'une autre les plaies de l'antisémitisme et de l'antijudaïsme (cf. Commission pour les rapports religieux avec le judaïsme, Nous nous souvenons: une réflexion sur la Shoah, 16 mars 1998). Puissent ces plaies être guéries pour toujours! Il me revient à l'esprit la prière pleine de tristesse au Mur du Temple à Jérusalem du Pape Jean-Paul II, le 26 mars 2000, qui résonne avec vérité et sincérité au plus profond de notre cœur : « Dieu de nos pères, tu as choisi Abraham et sa descendance pour que ton Nom soit apporté aux peuples : nous sommes profondément attristés par le comportement de ceux qui, au cours de l'histoire, les ont fait souffrir, eux qui sont tes fils, et, en te demandant pardon, nous voulons nous engager à vivre une fraternité authentique avec le peuple de l'Alliance ».

 

3. Le temps qui s'est écoulé nous permet de reconnaître dans le XXe siècle une époque véritablement tragique pour l'humanité : des guerres sanglantes qui ont semé la destruction, la mort et la douleur comme jamais auparavant ; des idéologies terribles qui ont trouvé leur racine dans l'idolâtrie de l'homme, de la race, de l'Etat qui ont conduit une fois de plus un frère à tuer son frère. Le drame singulier et bouleversant de la Shoah représente en quelque sorte le sommet d'un chemin de haine qui naît lorsque l'homme oublie son Créateur et se met lui-même au centre de l'univers. Comme je l'ai dit lors de ma visite du 28 mai 2006 au camp de concentration d'Auschwitz, encore profondément inscrite dans ma mémoire, « les potentats du Troisième Reich voulaient écraser le peuple juif tout entier » et, au fond, « au moyen de l'anéantissement de ce peuple, entendaient tuer ce Dieu qui appela Abraham, et qui, parlant sur le Sinaï, établit les critères d'orientation de l'humanité, qui demeurent éternellement valables » (Discours au camp d'Auschwitz-Birkenau ; cf. ORLF n. 24 du 13 juin 2006).

 

Comment ne pas rappeler en ce lieu les juifs romains qui furent arrachés de ces maisons, devant ces murs, et dans un horrible massacre furent tués à Auschwitz? Comment est-il possible d'oublier leurs visages, leurs noms, les larmes, le désespoir des hommes, des femmes et des enfants? L'extermination du peuple de l'Alliance de Moïse, d'abord annoncée puis systématiquement programmée et mise en œuvre en Europe sous la domination nazie, atteint également Rome en ce jour tragique. Malheureusement, beaucoup demeurèrent indifférents, mais beaucoup, également parmi les catholiques italiens, soutenus par la foi et l'enseignement chrétien, réagirent avec courage, ouvrant les bras pour secourir les juifs traqués et en fuite, souvent au risque de leur propre vie, et méritant une gratitude éternelle. Le Siège apostolique également mena une action de secours, souvent cachée et discrète.

 

Le souvenir de ces événements doit nous pousser à renforcer les liens qui nous unissent pour que croissent toujours davantage la compréhension, le respect et l'accueil.

 

4. Notre proximité et notre fraternité spirituelles trouvent dans l'Ecriture Sainte – en hébreu Sifre Qodesh ou « Livres de Sainteté » – le fondement le plus solide et le plus durable, sur la base duquel nous sommes constamment mis devant nos racines communes, devant l'Histoire et le riche patrimoine spirituel que nous partageons. C'est en scrutant son propre mystère que l'Eglise, Peuple de Dieu de la Nouvelle Alliance, découvre son lien profond avec les juifs, choisis les premiers entre tous par le Seigneur pour accueillir sa parole (cf. Catéchisme de l'Eglise catholique, n. 839). « A la différence des autres religions non chrétiennes, la foi juive est déjà une réponse à la révélation de Dieu dans l'Ancienne Alliance. C'est au peuple juif qu'"appartiennent l'adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, lui de qui est né, selon la chair, le Christ" (Rm 9, 4-5) car "les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance" (Rm 11, 29) » (Ibid.).

 

Synagogue de Rome

      Source - Voir la vidéo de la visite du Pape

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 13:01

Les Exercices, ignatiens par leur esprit, restent pourtant un instrument universel de perfection. Un tel discernement s’opère plus facilement au cours d’une retraite ou sont réalisées les meilleures conditions de prière et d’attention à la grâce.

 

Connaître sa vocation par l’expérience des consolations et des désolations, de telle sorte qu’en avançant dans les méditations du Christ notre Seigneur, le retraitant regarde, quand il est dans la consolation, de quel côté Dieu le meut, et de meme, quand il est dans la désolation.

 

Suivez l’émission avec le P. Pierre Mouton

 

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 21:10

Audience Générale du Pape Benoît XVI sur Hugues et Richard de Saint-Victor, le 25 novembre 2009.

 

Chers frères et soeurs,

 

Au cours de ces audiences du mercredi, je présente certaines figures exemplaires de croyants, qui se sont engagés à montrer la concorde entre la raison et la foi et à témoigner à travers leur vie de l'annonce de l'Evangile. J'entends vous parler aujourd'hui de Hugues et de Richard de Saint-Victor. Tous deux sont au nombre de ces philosophes et théologiens connus sous le nom de Victorins, parce qu'ils vécurent et enseignèrent dans l'abbaye de Saint-Victor, à Paris, fondée au début du XIIe siècle par Guillaume de Champeaux. Guillaume lui-même fut un maître renommé, qui parvint à donner à son abbaye une solide identité culturelle. A Saint-Victor, en effet, fut inaugurée une école pour la formation des moines, ouverte également aux étudiants extérieurs, où fut réalisée une heureuse synthèse entre les deux manières de faire de la théologie, dont j'ai déjà parlé dans les précédentes catéchèses : à savoir la théologie monastique, orientée davantage à la contemplation des mystères de la foi dans l'Ecriture, et la théologie scolastique, qui utilisait la raison pour tenter de scruter ces mystères avec des méthodes innovantes, de créer un système théologique.

 

Sur la vie d'Hugues de Saint-Victor, nous avons peu d'informations. La date et le lieu de sa naissance sont incertains : peut-être en Saxe et dans les Flandres. On sait que, arrivé à Paris – la capitale européenne de la culture de l'époque –, il passe le reste de sa vie à l'abbaye de Saint-Victor, où il fut d'abord disciple, puis enseignant. Dès avant sa mort, advenue en 1141, il connut une grande notoriété et estime, au point d'être appelé un "second Saint Augustin" : comme Augustin, en effet, il médita longuement sur le rapport entre foi et raison, entre sciences profanes et théologie. Selon Hugues de Saint-Victor, toutes les sciences sont non seulement utiles pour la compréhension des Ecritures, mais elles ont une valeur en elles-mêmes et doivent être cultivées pour élargir le savoir de l'homme, ainsi que pour répondre à sa soif de connaître la vérité. Cette saine curiosité intellectuelle le conduisit à recommander à ses étudiants de ne jamais restreindre le désir d'apprendre et dans son traité de méthodologie du savoir et de pédagogie, intitulé de manière significative Didascalicon (De l'enseignement), il recommandait : "Apprends volontiers de tous ce que tu ne sais pas. Le plus savant de tous est celui qui aura voulu apprendre quelque chose de tous. Qui reçoit quelque chose de tous, finit par devenir le plus riche de tous".

 

La science dont s'occupent les philosophes et les théologiens dit Victorins est en particulier la théologie, qui exige avant tout l'étude pleine d'amour des Ecritures Saintes. Pour connaître Dieu, en effet, on ne peut que partir de ce que Dieu lui-même a voulu révéler de lui-même à travers les Ecritures. En ce sens, Hugues de Saint-Victor est un représentant typique de la théologie monastique, entièrement fondée sur l'exégèse biblique. Pour interpréter les Ecritures, il propose l'articulation traditionnelle patristique et médiévale, à savoir le sens historique et littéral, tout d'abord, puis les sens allégorique et anagogique, et enfin, le sens moral. Il s'agit des quatre dimensions du sens de l'Ecriture, qu'aujourd'hui encore, l'on redécouvre à nouveau, par lesquelles on voit que dans le texte et dans la narration offerte se cache une indication plus profonde : le fil de la foi, qui nous conduit vers le haut et nous guide sur cette terre, en nous enseignant comment vivre. Toutefois, tout en respectant ces quatre dimensions du sens de l'Ecriture, de manière originale par rapport à ses contemporains, il insiste – et cela est nouveau – sur l'importance du sens historique et littéral. En d'autres termes, avant de découvrir la valeur symbolique, les dimensions plus profondes du texte biblique, il faut connaître et approfondir la signification de l'Histoire racontée dans l'Ecriture : sinon – prévient-il en recourant à une comparaison efficace – on risque d'être comme des érudits de la grammaire qui ignorent l'alphabet. A qui connaît le sens de l'Histoire décrite dans la Bible, les événements humains apparaissent comme marqués par la Providence divine, selon son dessein bien ordonné. Ainsi, pour Hugues de Saint-Victor, l'Histoire n'est pas le résultat d'un destin aveugle ou d'un hasard absurde, comme il pourrait apparaître. Au contraire, dans l'Histoire humaine oeuvre l'Esprit Saint, qui suscite un dialogue merveilleux des hommes avec Dieu, leur ami. Cette vision théologique de l'Histoire met en évidence l'intervention surprenante et salvifique de Dieu, qui entre réellement et agit dans l'Histoire, prend presque part à notre Histoire, mais en sauvegardant et en respectant toujours la liberté et la responsabilité de l'homme.

 

Pour notre auteur, l'étude de l'Ecriture Sainte et de sa signification historique et littérale rend possible la véritable théologie, c'est-à-dire l'illustration systématique des vérités, connaître leur structure, l'illustration des dogmes de la foi, qu'il présente dans une solide synthèse dans le traité De Sacramentis christianae fidei (Les sacrements de la foi chrétienne), où se trouve, entre autres, une définition de "sacrement" qui, ultérieurement perfectionnée par d'autres théologiens, contient des idées encore aujourd'hui très intéressantes. "Le sacrement, écrit-il, est un élément corporel ou matériel proposé de manière extérieure et sensible, qui représente avec sa ressemblance une grâce invisible et spirituelle, qui la signifie, car il a été institué dans ce but, et la contient, car il est capable de sanctifier". D'une part, la visibilité dans le symbole, la "corporéité" du don de Dieu, dans lequel toutefois, d'autre part, se cache la grâce divine qui provient d'une Histoire : Jésus Christ lui-même a créé les symboles fondamentaux. Trois éléments concourent donc à définir un sacrement, selon Hugues de Saint-Victor : l'institution de la part du Christ, la communication de la grâce, et l'analogie entre l'élément visible, matériel, et l'élément invisible, qui sont les dons divins. Il s'agit d'une vision très proche de la sensibilité contemporaine, car les sacrements sont présentés avec un langage tissé de symboles et d'images capables de parler immédiatement au coeur des hommes. Il est important, également aujourd'hui, que les animateurs liturgiques, et en particulier les prêtres, valorisent avec sagesse pastorale les signes propres aux rites sacramentaux – cette visibilité et tangibilité de la Grâce – en en soignant attentivement la catéchèse, afin que chaque célébration des sacrements soit vécue par tous les fidèles avec dévotion, intensité et joie spirituelle.

 

Richard, originaire d'Ecosse, est un digne disciple d'Hugues de Saint-Victor. Il fut prieur de l'abbaye de Saint-Victor de 1162 à 1173, année de sa mort. Richard aussi, naturellement, accorde un rôle fondamental à l'étude de la Bible, mais, à la différence de son maître, il privilégie le sens allégorique, la signification symbolique de l'Ecriture avec laquelle, par exemple, il interprète la figure vétérotestamentaire de Benjamin, fils de Jacob, comme symbole de contemplation et sommet de la vie spirituelle. Richard traite ce thème dans deux textes, Benjamin mineur et Benjamin majeur, dans lesquels il propose aux fidèles un chemin spirituel qui invite tout d'abord à exercer les différentes vertus, en apprenant à discipliner et à ordonner avec la raison les sentiments et les mouvements intérieurs affectifs et émotifs. Ce n'est que lorsque l'homme a atteint l'équilibre et la maturation humaine dans ce domaine, qu'il est prêt à accéder à la contemplation, que Richard définit comme "un regard profond et pur de l'âme déversé sur les merveilles de la sagesse, associé à un sens extatique d'émerveillement et d'admiration".

 

La contemplation est donc le point d'arrivée, le résultat d'un chemin difficile, qui comporte le dialogue entre la foi et la raison, c'est-à-dire – encore une fois – un discours théologique. La théologie part des vérités qui sont l'objet de la foi, mais elle cherche à en approfondir la connaissance avec l'usage de la raison, en s'appropriant du don de la foi. Cette application du raisonnement à la compréhension de la foi est pratiquée de manière convaincante dans le chef-d'oeuvre de Richard, l'un des grands livres de l'Histoire, le De Trinitate (La Trinité). Dans les six livres qui le composent, il réfléchit avec profondeur sur le Mystère de Dieu un et trine. Selon notre auteur, puisque Dieu est amour, l'unique substance divine comporte communication, oblation et amour entre deux Personnes, le Père et le Fils, entre lesquels existe un échange éternel d'amour. Mais la perfection du bonheur et de la bonté n'admet pas d'exclusivité et de fermetures ; elle demande au contraire la présence éternelle d'une troisième Personne, l'Esprit Saint. L'amour trinitaire est participatif, concorde, et comporte une surabondance de délice, une jouissance de joie incessante. C'est-à-dire que Richard suppose que Dieu est amour, il analyse l'essence de l'amour, ce qui est impliqué dans la réalité 'amour', en arrivant ainsi à la Trinité des Personnes, qui est réellement l'expression logique du fait que Dieu est amour.

 

Richard est toutefois conscient que l'amour, bien qu'il nous révèle l'essence de Dieu, qu'il nous fasse "comprendre" le Mystère de la Trinité, est cependant toujours une analogie pour parler d'un Mystère qui dépasse l'esprit humain, et – en poète mystique qu'il est – il a recours également à d'autres images. Il compare par exemple la divinité à un fleuve, à une vague d'amour qui jaillit du Père, qui va et qui vient dans le Fils, pour être ensuite diffusée avec bonheur dans l'Esprit Saint.

 

Chers amis, des auteurs comme Hugues et Richard de Saint-Victor élèvent notre âme à la contemplation des réalités divines. Dans le même temps, l'immense joie que nous procurent la pensée, l'admiration et la louange de la Très Sainte Trinité, fonde et soutient l'engagement concret à nous inspirer de ce modèle parfait de communion dans l'amour pour construire nos relations humaines de chaque jour. La Trinité est vraiment communion parfaite! Comme le monde changerait si dans les familles, dans les paroisses et dans chaque autre communauté, les relations étaient vécues en suivant toujours l'exemple des trois Personnes divines, en qui chacune vit non seulement avec l'autre, mais pour l'autre et dans l'autre! Je le rappelais il y a quelques mois à l'Angelus"Seul l'amour nous rend heureux, car nous vivons en relation, et nous vivons pour aimer et être aimés". C'est l'amour qui accomplit ce miracle incessant : comme dans la vie de la Très Sainte Trinité, la pluralité se recompose en unité, où tout est complaisance et joie. Avec Saint Augustin, tenu en grand honneur par les Victorins, nous pouvons nous exclamer nous aussi : "Vides Trinitatem, si caritatem vides - tu contemples la Trinité, si tu vois la charité".

 

 

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