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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 09:22



 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Questions sur la morale
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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 23:00

J’anime une petite équipe liturgique dans une maison de retraite. La photocopieuse de la résidence étant tombée en panne, j’ai demandé à l’une des membres de l’équipe de photocopier la feuille de chant par ses propres moyens. Petit échange scripturaire par e-mail interposé…

 

- Fait en 45 exemplaires, cela devrait suffire ? J'envoie la facture à ton patron ou au Bon Dieu ?

- C'est le même! Oui, 45, c'est bien.

- Bonne réponse, j'aurais répondu la même chose : « Je n'ai qu'un patron ». Sais-tu si le Bon Dieu a un directeur financier ?

- Ben... Judas avait postulé pour le poste, mais ça n'a pas marché... 

- Toujours pour la facture, sais-tu si le Bon Dieu a un contrôleur de gestion ?

- Non, il n'en a pas. Nos factures sont immédiatement compensées avec notre dette de l'amour mutuel que nous n'aurons jamais fini de rembourser... (cf. Rm 13. 8). 

- Mais alors, il a forcément un Directeur Comptabilité ?

- Non, il a démissionné, car Dieu sans cesse efface les comptes... (cf. 2 Co 5. 19) 

- Dans ce contexte, Dieu a naturellement un Directeur des Opérations, non ?

- Ah oui, le Directeur des Opérations, il y en a un : c'est l'Esprit Saint! Si tu lui donnes ta facture, il te le rendra au centuple!! 

- Ah très bien. C'est donc plus rentable que jouer en Bourse alors ? Et finalement, l'organisation, dans cette Entreprise, me paraît paternaliste et la hiérarchie resserrée. Un Véritable Business Model !

- Disons que c'est plus une famille qu'une entreprise! 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Un peu de détente...
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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 17:36

Audience Générale du Pape Benoît XVI sur Jean Duns Scot, le 7 juillet 2010.

 

Chers frères et sœurs,

 

Ce matin — après plusieurs catéchèses sur de nombreux grands théologiens — je veux vous présenter une autre figure importante dans l'histoire de la théologie : il s'agit du Bienheureux Jean Duns Scot, qui vécut à la fin du XIIIe siècle. Une antique inscription sur sa tombe résume les points de référence géographiques de sa biographie : « L’Angleterre l'accueillit ; la France l'instruisit ; Cologne, en Allemagne, en conserve la dépouille ; c'est en Ecosse qu'il naquit ». Nous ne pouvons pas négliger ces informations, notamment parce que nous possédons très peu d'éléments sur la vie de Duns Scot. Il naquit probablement en 1266 dans un village qui s'appelait précisément Duns, non loin d’Edimbourg. Attiré par le charisme de Saint François d'Assise, il entra dans la Famille des Frères mineurs et, en 1291, il fut ordonné prêtre. Doué d'une intelligence brillante et porté à la spéculation — cette intelligence qui lui valut de la tradition le titre de Doctor subtilis, « Docteur subtil » — Duns Scot fut dirigé vers des études de philosophie et de théologie auprès des célèbres universités d'Oxford et de Paris. Après avoir conclu avec succès sa formation, il entreprit l'enseignement de la théologie dans les universités d'Oxford et de Cambridge, puis de Paris, en commençant à commenter, comme tous les Maîtres de ce temps, les Sentences de Pierre Lombard. Les principales œuvres de Duns Scot représentent précisément le fruit mûr de ces leçons, et prennent le titre des lieux où il les professa : Ordinatio (appélée dans le passé Opus Oxoniense — Oxford), Reportatio Cantabrigiensis (Cambridge), Reportata Parisiensia (Paris). A celles-ci il faut ajouter au moins les Quodlibeta (ou Quaestiones quodlibetales), œuvre très importante formée de 21 questions sur divers thèmes théologiques. Lorsqu’un grave conflit éclata entre le roi Philippe IV le Bel et le Pape Boniface VIII, Duns Scot s’éloigna de Paris et préféra l'exil volontaire, plutôt que de signer un document hostile au Souverain Pontife, ainsi que le roi l'avait imposé à tous les religieux. De cette manière — par amour pour le Siège de Pierre —, avec les Frères franciscains, il quitta le pays. Chers frères et sœurs, ce fait nous invite à rappeler combien de fois, dans l’Histoire de l'Eglise, les croyants ont rencontré l'hostilité et même subi des persécutions à cause de leur fidélité et de leur dévotion à l'égard du Christ, de l'Eglise et du Pape. Nous tous regardons avec admiration ces chrétiens qui nous enseignent à conserver comme un bien précieux la foi dans le Christ et la communion avec le Successeur de Pierre et, ainsi, avec l'Eglise universelle.

 

Toutefois, les rapports entre le roi de France et le successeur de Boniface VIII redevinrent rapidement des rapports d'amitié, et en 1305, Duns Scot put rentrer à Paris pour y enseigner la théologie sous le titre de Magister regens, nous dirions aujourd'hui professeur titulaire. Par la suite, ses supérieurs l'envoyèrent à Cologne comme professeur du Studium de théologie franciscain, mais il mourut le 8 novembre 1308, à 43 ans à peine, laissant toutefois un nombre d’œuvres important.

 

En raison de la renommée de sainteté dont il jouissait, son culte se diffusa rapidement dans l'Ordre franciscain et le vénérable Pape Jean-Paul II voulut le confirmer solennellement bienheureux le 20 mars 1993, en le définissant « Chantre du Verbe incarné et défenseur de l'Immaculée Conception ». Dans cette expression se trouve synthétisée la grande contribution que Duns Scot a offerte à l'histoire de la théologie.

 

Il a avant tout médité sur le Mystère de l'Incarnation et, à la différence de beaucoup de penseurs chrétiens de l'époque, il a soutenu que le Fils de Dieu se serait fait homme même si l'humanité n'avait pas péché. Il affirme dans la Reportata Parisiensa : « Penser que Dieu aurait renoncé à une telle œuvre si Adam n'avait pas péché ne serait absolument pas raisonnable! Je dis donc que la chute n'a pas été la cause de la prédestination du Christ et que — même si personne n'avait chuté, ni l'ange ni l'homme — dans cette hypothèse le Christ aurait été encore prédestiné de la même manière » (in III Sent., d. 7, 4). Cette pensée, peut-être un peu surprenante, naît parce que pour Duns Scot l'Incarnation du Fils de Dieu, projetée depuis l'éternité par Dieu le Père dans son plan d'amour, est l'accomplissement de la Création, et rend possible à toute créature, dans le Christ et par son intermédiaire, d'être comblée de grâce, et de rendre grâce et gloire à Dieu dans l'éternité. Même s'il est conscient qu’en réalité, à cause du péché originel, le Christ nous a rachetés à travers sa Passion, sa Mort et sa Résurrection, Duns Scot réaffirme que l'Incarnation est l’œuvre la plus grande et la plus belle de toute l'histoire du Salut, et qu'elle n'est conditionnée par aucun fait contingent, mais qu’elle est l'idée originelle de Dieu d'unir en fin de compte toute la Création à lui-même dans la personne et dans la chair du Fils.

 

Fidèle disciple de Saint François, Duns Scot aimait contempler et prêcher le Mystère de la Passion salvifique du Christ, expression de la volonté d'amour, qui communique avec une très grande générosité en dehors de lui les rayons de sa bonté et de son amour (cf. Tractatus de primo principio, c. 4). Et cet amour ne se révèle pas seulement sur le Calvaire, mais également dans la Très Sainte Eucharistie, pour laquelle Duns Scot avait une très grande dévotion et qu’il voyait comme le sacrement de la présence réelle de Jésus et comme le sacrement de l’unité et de la communion qui conduit à nous aimer les uns les autres et à aimer Dieu comme le Bien commun suprême (cf. Reportata Parisiensa, in IV Sent., d. 8, q. 1, n. 3). Et, — ainsi que je l'écrivais dans ma Lettre à l'occasion du Congrès international de Cologne pour le VIIème centenaire de la mort du bienheureux Duns Scot, rapportant la pensée de notre auteur — comme cet amour, cette charité, fut au commencement de tout, de même aussi dans l'amour et dans la charité seulement sera notre béatitude: « le vouloir ou la volonté d'amour est simplement la vie éternelle, bienheureuse et parfaite » (AAS 101 [2009], 5).

 

Chers frères et sœurs, cette vision théologique, fortement « christocentrique », nous ouvre à la contemplation, à l’émerveillement et à la gratitude : le Christ est le centre de l’Histoire et de l’univers, il est Celui qui donne un sens, une dignité et une valeur à notre vie! Comme le Pape Paul VI à Manille, je voudrais moi aussi aujourd’hui crier au monde : «[Le Christ] est celui qui nous a révélés le Dieu invisible, il est le premier né de toute créature, il est le fondement de toute chose ; Il est le Maître de l’humanité et le rédempteur ; Il est né, il est mort, il est ressuscité pour nous ; Il est le centre de l’Histoire et du monde ; Il est Celui qui nous connaît et qui nous aime ; Il est le compagnon et l’ami de notre vie... Je n’en finirais plus de parler de Lui » (Homélie, 29 novembre 1970; cf. ORLF n. 50 du 11 décembre 1970).

 

Non seulement le rôle du Christ dans l’histoire du Salut, mais également celui de Marie est l’objet de la réflexion du Doctor subtilis. A l’époque de Duns Scot, la majorité des théologiens opposait une objection, qui semblait insurmontable, à la doctrine selon laquelle la très Sainte Vierge Marie fut préservée du péché originel dès le premier instant de sa conception : en effet, l’universalité de la Rédemption opérée par le Christ, à première vue, pouvait apparaître compromise par une telle affirmation, comme si Marie n’avait pas eu besoin du Christ et de sa rédemption. C’est pourquoi les théologiens s’opposaient à cette thèse. Alors, Duns Scot, pour faire comprendre cette préservation du péché originel, développa un argument qui sera ensuite adopté également par le Pape Pie IX en 1854, lorsqu’il définit solennellement le dogme de l’Immaculée Conception de Marie. Et cet argument est celui de la « Rédemption préventive », selon laquelle l’Immaculée Conception représente le chef d’œuvre de la Rédemption opérée par le Christ, parce que précisément la puissance de son amour et de sa médiation a fait que sa Mère soit préservée du péché originel. Marie est donc totalement rachetée par le Christ, mais avant même sa conception. Les Franciscains, ses confrères, accueillirent et diffusèrent avec enthousiasme cette doctrine, et d’autres théologiens — souvent à travers un serment solennel — s’engagèrent à la défendre et à la perfectionner.

 

A cet égard, je voudrais mettre en évidence un fait qui me paraît très important. Des théologiens de grande valeur, comme Duns Scot en ce qui concerne la doctrine sur l’Immaculée Conception, ont enrichi de la contribution spécifique de leur pensée ce que le Peuple de Dieu croyait déjà spontanément sur la Bienheureuse Vierge, et manifestait dans les actes de piété, dans les expressions artistiques et, en général, dans le vécu chrétien. Ainsi, la foi tant dans l’Immaculée Conception que dans l’Assomption corporelle de la Vierge, était déjà présente chez le Peuple de Dieu, tandis que la théologie n’avait pas encore trouvé la clé pour l’interpréter dans la totalité de la doctrine de la foi. Le peuple de Dieu précède donc les théologiens, et tout cela grâce au sensus fidei surnaturel, c’est-à-dire à la capacité dispensée par l’Esprit Saint, qui permet d’embrasser la réalité de la foi, avec l’humilité du cœur et de l’esprit. Dans ce sens, le Peuple de Dieu est un « magistère qui précède », et qui doit être ensuite approfondi et accueilli intellectuellement par la théologie. Puissent les théologiens se placer toujours à l’écoute de cette source de la foi et conserver l’humilité et la simplicité des petits! Je l’avais rappelé il y a quelques mois en disant : « Il y a de grands sages, de grands spécialistes, de grands théologiens, des maîtres de la foi, qui nous ont enseigné de nombreuses choses. Ils ont pénétré dans les détails de l'Ecriture Sainte, [...] mais ils n'ont pas pu voir le mystère lui-même, le véritable noyau [...] L'essentiel est resté caché! [...] En revanche, il y a aussi à notre époque des petits qui ont connu ce mystère. Nous pensons à sainte Bernadette Soubirous ; à sainte Thérèse de Lisieux, avec sa nouvelle lecture de la Bible “non scientifique”, mais qui entre dans le cœur de l'Ecriture Sainte » (Homélie lors de la Messe avec les membres de la Commission théologique internationale, 1er décembre 2009; cf. ORLF n. 49 du 8 décembre 2009).

 

Enfin, Duns Scot a développé un point à l’égard duquel la modernité est très sensible. Il s’agit du thème de la liberté et de son rapport avec la volonté et avec l’intellect. Notre auteur souligne la liberté comme qualité fondamentale de la volonté, en commençant par un raisonnement qui valorise le plus la volonté. Malheureusement, chez des auteurs qui ont suivi le nôtre, cette ligne de pensée se développa dans un volontarisme en opposition avec ce qu’on appelle l’intellectualisme augustinien et thomiste. Pour Saint Thomas d’Aquin, qui suit Saint Augustin, la liberté ne peut pas être considérée comme une qualité innée de la volonté, mais comme le fruit de la collaboration de la volonté et de l’intellect. Une idée de la liberté innée et absolue — comme justement elle évolue après Duns Scot — située dans la volonté qui précède l’intellect, que ce soit en Dieu ou dans l’homme, risque en effet de conduire à l’idée d’un Dieu qui ne serait même pas lié à la vérité et au bien. Le désir de sauver la transcendance absolue et la différence de Dieu par une accentuation aussi radicale et impénétrable de sa volonté ne tient pas compte du fait que le Dieu qui s’est révélé en Christ est le Dieu Logos, qui a agi et qui agit rempli d’amour envers nous. Assurément, comme l’affirme Duns Scot dans le sillage de la théologie franciscaine, l’amour dépasse la connaissance et est toujours en mesure de percevoir davantage que la pensée, mais c’est toujours l’amour du Dieu Logos (cf. Benoît XVI, Discours à Ratisbonne, Insegnamenti di Benedetto XVI, II [2006], p. 261; cf. ORLF n. 38 du 19 septembre 2006). Dans l’homme aussi, l’idée de liberté absolue, située dans sa volonté, en oubliant le lien avec la vérité, ignore que la liberté elle-même doit être libérée des limites qui lui viennent du péché. De toute façon, la vision scotiste ne tombe pas dans ces extrêmes : pour Duns Scot un acte libre découle du concours d'un intellect et d'une volonté et s'il parle d'un « primat » de la volonté, il l'argumente exactement parce que la volonté suit toujours l'intellect.

 

En m’adressant aux séminaristes romains — l’année dernière — je rappelais que « la liberté, à toutes les époques, a été le grand rêve de l’humanité, mais en particulier à l’époque moderne » (Discours au séminaire pontifical romain, 20 février 2009). Mais c’est précisément l’Histoire moderne, outre notre expérience quotidienne, qui nous enseigne que la liberté n’est authentique et n’aide à la construction d’une civilisation vraiment humaine que lorsqu’elle est vraiment réconciliée avec la vérité. Si elle est détachée de la vérité, la liberté devient tragiquement un principe de destruction de l’harmonie intérieure de la personne humaine, source de la prévarication des plus forts et des violents, et cause de souffrance et de deuils. La liberté, comme toutes les facultés dont l’homme est doté, croît et se perfectionne, affirme Duns Scot, lorsque l’homme s’ouvre à Dieu, en valorisant la disposition à l’écoute de sa voix, qu’il appelle potentia oboedientialis : quand nous nous mettons à l’écoute de la Révélation divine, de la Parole de Dieu, pour l’accueillir, alors nous sommes atteints par un message qui remplit notre vie de lumière et d’espérance et nous sommes vraiment libres.

 

Chers frères et sœurs, le Bienheureux Duns Scot nous enseigne que dans notre vie l’essentiel est de croire que Dieu est proche de nous et nous aime en Jésus Christ, et donc de cultiver un profond amour pour lui et son Eglise. Nous sommes les témoins de cet amour sur cette terre. Que la Très Sainte Vierge Marie nous aide à recevoir cet amour infini de Dieu dont nous jouirons pleinement pour l’éternité dans le Ciel, lorsque finalement notre âme sera unie pour toujours à Dieu, dans la communion des saints.

 

 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 18:10

Discours du Pape Benoît XVI aux participants à la 24e assemblée plénière du Conseil pontifical pour les laïcs, le 21 mai 2010.

 

Messieurs les cardinaux,
Vénérés frères dans l'épiscopat
et dans le sacerdoce,
Chers frères et sœurs!

 

[…] La composition même de votre dicastère, où aux côtés des pasteurs, travaille une majorité de fidèles laïcs, provenant du monde entier et de situations et d'expériences les plus diverses, offre une image significative de la communauté organique qu'est l'Eglise, où le sacerdoce commun, propre aux fidèles baptisés, et le sacerdoce ordonné, plongent leurs racines dans l'unique sacerdoce du Christ, selon des modalités essentiellement différentes, mais ordonnées l'une à l'autre.

 

Parvenus désormais au terme de l'année sacerdotale, nous nous sentons encore davantage les témoins reconnaissants du don et du dévouement surprenants et généreux d'un si grand nombre d'hommes « conquis » par le Christ et configurés à Lui dans le sacerdoce ordonné. Jour après jour, ils accompagnent le chemin des christi fideles laici, en proclamant la Parole de Dieu, en apportant son pardon et la réconciliation avec Lui, en rappelant à la prière et en offrant comme nourriture le Corps et le Sang du Seigneur. C'est de ce mystère de communion que les fidèles laïcs tirent l'énergie profonde pour être des témoins du Christ dans toute la réalité concrète de leur vie, dans toutes leurs activités et les milieux où ils vivent.

 

Le thème de votre assemblée de cette année : « Témoins du Christ dans la communauté politique », revêt une importance particulière. Assurément, la formation technique des hommes politiques n'appartient pas à la mission de l'Eglise. Différentes institutions existent en effet dans ce but. Mais il appartient à sa mission de « porter un jugement moral, même en des matières qui touchent le domaine politique, quand les droits fondamentaux de la personne ou le Salut des âmes l'exigent, en utilisant tous les moyens, et ceux-là seulement, qui sont conformes à l'Evangile et en harmonie avec le bien de tous, selon la diversité des temps et des situations » (Gaudium et spes, n. 76). L'Eglise se concentre en particulier sur l'éducation des disciples du Christ, afin qu'ils soient toujours davantage des témoins de sa Présence, partout. Il revient aux fidèles laïcs de montrer concrètement dans la vie personnelle et familiale, dans la vie sociale, culturelle et politique, que la foi permet de lire de manière nouvelle et approfondie la réalité et la transformer ; que l'espérance chrétienne élargit l'horizon limité de l'homme et le projette vers l'élévation véritable de son être, vers Dieu ; que la charité dans la vérité est la force la plus efficace en mesure de changer le monde ; que l'Evangile est une garantie de liberté et un message de libération ; que les principes fondamentaux de la doctrine sociale de l'Eglise – tels que la dignité de la personne humaine, la subsidiarité et la solidarité – sont d'une grande actualité et d'une grande valeur pour la promotion de nouvelles voies de développement au service de tout l'homme et de tous les hommes. Il revient alors aux fidèles laïcs de participer activement à la vie politique, de manière toujours cohérente avec les enseignements de l'Eglise, en partageant les raisons bien fondées et les grands idéaux dans la dialectique démocratique et dans la recherche d'un large consensus avec tous ceux qui ont à cœur la défense de la vie et de la liberté, la protection de la vérité et du bien de la famille, la solidarité avec les plus indigents et la recherche nécessaire du bien commun. Les chrétiens ne cherchent pas l'hégémonie politique ou culturelle mais, partout où ils s'engagent, ils sont animés par la certitude que le Christ est la pierre angulaire de toute construction humaine (cf. Cong. pour la doctrine de la foi, Note doctrinale à propos de certaines questions sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, 24 nov. 2002).

 

Reprenant l'expression de mes prédécesseurs, je peux moi aussi affirmer que la politique est un domaine très important de l'exercice de la charité. Celle-ci rappelle les chrétiens à un puissant engagement au service de la citoyenneté en vue de l'édification d'une vie sereine dans les nations, ainsi qu'à une présence concrète dans les institutions et dans les programmes de la communauté internationale. Il y a besoin d'hommes politiques authentiquement chrétiens, mais plus encore de fidèles laïcs qui soient témoins du Christ et de l'Evangile dans la communauté civile et politique. Cette exigence doit être bien présente dans les parcours éducatifs des communautés ecclésiales et exige de nouvelles formes d'accompagnement et de soutien de la part des pasteurs. L'appartenance des chrétiens aux associations de fidèles, aux mouvements ecclésiaux et aux nouvelles communautés, peut être une bonne école pour ces disciples et témoins, soutenus par la richesse charismatique, communautaire, éducative et missionnaire propre à ces institutions.

 

Il s'agit d'un défi exigeant. Les temps que nous vivons nous placent devant des problèmes vastes et complexes, et la question sociale est devenue, dans le même temps, une question anthropologique. Les paradigmes idéologiques qui prétendaient, dans un passé récent, proposer une réponse « scientifique » à cette question se sont effondrés. La diffusion d'un relativisme culturel confus et d'un individualisme utilitariste et hédoniste affaiblit la démocratie et favorise la domination des pouvoirs forts. Il faut retrouver et raviver une authentique sagesse politique ; être exigeants en ce qui concerne sa propre compétence ; se servir de manière critique des recherches des sciences humaines ; affronter la réalité sous tous ses aspects, en allant au-delà de toute réduction idéologique ou prétention utopique ; être ouverts à tout dialogue et toute collaboration véritables, en ayant à l'esprit que la politique est aussi un art complexe d'équilibre entre des idéaux et des intérêts, mais sans jamais oublier que la contribution des chrétiens est décisive uniquement si l'intelligence de la foi devient intelligence de la réalité, clé de jugement et de transformation.

 

Une véritable « révolution de l'amour » est nécessaire. Les nouvelles générations se trouvent en face de grandes exigences et de grands défis dans leur vie personnelle et sociale. Votre dicastère les suit avec une attention particulière, surtout à travers les Journées mondiales de la jeunesse, qui, depuis 25 ans, produisent de riches fruits apostoliques chez les jeunes. Parmi ces derniers, il y a aussi celui de l'engagement social et politique, un engagement fondé non sur des idéologies ou des intérêts de parti, mais sur le choix de servir l'homme et le bien commun, à la lumière de l'Evangile.

 

 

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 14:48

Amy-Winehouse 

Amy Winehouse est morte.

 

Je l’avais connue à Hollywood lors d’un récent voyage. Elle était aussi belle qu’elle le paraissait à l’écran, avec un sourire très jeune et des cheveux qui nimbaient son visage comme une lumière.

 

Au retour j’avais montré sa photo à un ami :

 

- Dire qu’il y a une femme derrière cela, m’avait-il dit, en me montrant du doigt le maquillage exagéré.

 

Il y avait en effet une femme « derrière cela », une femme dont la vie était orageuse, dont l’âme n’était certes pas aussi claire que l’auréole des cheveux platinés.

 

Parmi les centaines de milliers de spectateurs qui l'ont admirée à l’écran, combien auront l’idée de prier pour elle ? Pour que les divines splendeurs de l’au-delà ne lui soient pas refusées, à elle qui possédait la beauté du corps.

 

Hollywood, malgré tous ses mirages, est une terre sans étoiles, où une humanité physiquement admirable oublie qu’elle a une âme.

 

Dans le calme d’une petite église de campagne, j’ai longuement prié pour Amy Winehouse que j’avais vue, il y a quelques mois, dans la gaieté factice des studios.

 

Il me semble que le Bon Dieu doit être très miséricordieux pour ces âmes d’enfants terribles. Une fleur, un bel animal, chantent les louanges du Seigneur par leur seule splendeur de créatures.

 

Amy Winehouse était, elle aussi, une louange du Créateur parce que toute beauté est un reflet lointain du Dieu qui l’a créée.

 

Sans doute serait-ce simplement charité chrétienne que ceux qui prennent plaisir aux jeux de l’écran, songent parfois devant Dieu à ces pauvres étoiles qui ne connaissent pas la vraie lumière.

 

 

Adaptation d'un texte de Guy de Larigaudie au sujet de Joan Harlow, une jeune artiste décédée à l'âge de 26 ans (un grand merci au Père Louis de Villoutreys, pour l'inspiration!). Source : Scoutwiki

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 13:00

Dimanche 24 juillet 2011 – 17e dimanche du temps ordinaire (Année A)

 

Première lecture : 1 R 3. 5. 7-12

« Seigneur, donne à ton serviteur un coeur qui écoute »

 

Psaume 118

« Déchiffrer ta parole illumine »

 

Deuxième lecture : Rm 8. 28-30

« Quand les hommes aiment Dieu, Lui-même fait tout contribuer à leur bien »

 

Evangile : Mt 13. 44-52

« Les anges viendront séparer les méchants des justes, et les jetteront dans la fournaise » 

 

***

Message audio du Pape : 2011

Angelus du Pape : 2011

Homélie du Père Walter Covens : 2008

Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde : 2011 

Audio de Radio Vatican : 2011

Ce que l’Evangile nous dit et me demande

Il y a un trésor gratuit qui vous attend (P. Raniero Cantalamessa)

La grande qualité d'un croyant est d'être un chercheur (P. Pierre Desroches, de Montréal)

Le vrai trésor (P. Nicolas)

 

*** 

 

« Le Royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ » (Mt 13. 44)

 

« Il y a des moments dans notre vie - il y en a eu dans votre vie - où nous pressentons le Royaume des Cieux. Imaginez un homme qui a vécu dans un pays merveilleux jusqu'à trois ou quatre ans, ne l'a jamais revu et qui, l'espace d'une seconde, respire un parfum qui lui rappelle ce pays - quelque chose de très fugitif, de très secret, mais de très fort quand même... C'est comme quand on s'approche de la mer : l'air n'est plus le même - c'est le vent du Ciel, le souffle du Saint-Esprit.

 

« Tous, nous l'avons senti passer un jour : il n'y a que cela qui puisse nous attirer vers Dieu. Ce n'est pas avec des coups de bâton qu'Il nous attire, ni avec des raisonnements : on ne devient pas chrétien parce qu'on est convaincu que c'est plus parfait, mais parce qu'on ne peut pas faire autrement.

 

« On peut comprendre alors pourquoi le combat spirituel est à la fois tellement simple et tellement compliqué. Le secret de l'Evangile, c'est quelque chose d'extrêmement simple parce que c'est la vie divine : nous n'avons pas à la fabriquer ni même à courir après, il suffit de la laisser grandir en nous, de la laisser faire - de se laisser faire par la puissance formidable qui la pousse à grandir [...] Ce n'est pas un idéal, c'est une réalité : c'est un fait que la Parole retentit dans notre coeur pour demander la "sortie", comme un poussin demande à sortir de la coquille lorsque son heure est venue. Et en même temps, la vie chrétienne sur la terre est quelque chose d'effroyablement compliqué, à cause précisément du vase de terre et du coeur de pierre dans lequel doit vivre la vie divine. On peut dire que la vie chrétienne, ce sont les mésaventures de la vie divine égarée dans le coeur de l'homme.  » (P. M.-D Molinié, Le courage d'avoir peur, Cerf 1994, p. 22)

        


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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 11:44



 

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 10:41

Discours du Pape Benoît XVI aux participants à l’Assemblée Générale des Œuvres Pontificales Missionnaires, le 21 mai 2010.

 

Monsieur le cardinal,

Vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,

Chers frères et sœurs!

 

[…] C'est une mission immense que celle de l'évangélisation, en particulier à notre époque, où l'humanité souffre d'une certaine absence de pensée axée sur la réflexion et la sagesse (cf. Caritas in veritate, nn. 19. 31) et où se diffuse un humanisme qui exclut Dieu (cf. ibid. n. 78). C'est pourquoi il est encore plus urgent et nécessaire d'éclairer les nouveaux problèmes qui apparaissent avec la lumière de l'Evangile qui ne change pas. Nous sommes en effet convaincus que le Seigneur Jésus Christ, témoin fidèle de l'amour du Père, « par sa mort et sa résurrection, est la force dynamique et essentielle du vrai développement de chaque personne et de l'humanité entière » (ibid. n. 1). Au début de mon ministère comme Successeur de l'Apôtre Pierre, j'ai affirmé avec force : « Nous existons pour montrer Dieu aux hommes. Seulement là où on voit Dieu commence véritablement la vie... Il n'y a rien de plus beau que de le connaître et de communiquer aux autres l'amitié avec lui » (Homélie au début du ministère pétrinien, 24 avril 2005; cf. ORLF n. 17 du 26 avril 2005). La prédication de l'Evangile est un service inestimable que l'Eglise peut offrir à toute l'humanité qui est en marche dans l'Histoire. Provenant de diocèses du monde entier, vous êtes un signe éloquent et vivant de la catholicité de l'Eglise, qui se concrétise dans le souffle universel de la mission apostolique « jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8), « jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 20), pour qu'aucun peuple ou milieu de vie ne soit privé de la lumière et de la grâce du Christ. Tel est le sens, la trajectoire historique, la mission et l'espérance de l'Eglise.

 

La mission d'annoncer l'Evangile à toutes les nations est un jugement critique sur les transformations planétaires qui sont en train de changer de manière substantielle la culture de l'humanité. L'Eglise, présente et agissante sur les frontières géographiques et anthropologiques, est porteuse d'un message qui s'insère dans l'Histoire, où elle proclame les valeurs inaliénables de la personne, avec l'annonce et le témoignage du plan salvifique de Dieu, rendu visible et actif dans le Christ. La prédication de l'Evangile est l'appel à la liberté des fils de Dieu, également pour la construction d'une société plus juste et solidaire et pour nous préparer à la vie éternelle. Celui qui participe à la mission du Christ doit inévitablement affronter des épreuves, des oppositions et des souffrances, car il se heurte aux résistances et aux pouvoirs de ce monde. Et nous, comme l'apôtre Paul, nous ne possédons comme armes que la parole du Christ et de sa Croix (cf. 1 Co 1, 22-25). La mission ad gentes demande à l'Eglise et aux missionnaires d'accepter les conséquences de leur ministère : la pauvreté évangélique qui leur confère la liberté de prêcher l'Evangile avec courage et franchise ; la non-violence, selon laquelle ils répondent au mal par le bien (cf. Mt 5, 38-42; Rm 12, 17-21); la disponibilité à donner sa propre vie au nom du Christ et par amour des hommes.

 

De même que l'Apôtre Paul démontrait l'authenticité de son apostolat à travers les persécutions, les blessures et les tourments subis (cf. 2 Co 6-7), la persécution est également la preuve de l'authenticité de notre mission apostolique. Mais il est important de rappeler que l'Evangile « prend corps dans les consciences et dans les cœurs humains et ne se diffuse dans l'Histoire que dans la puissance de l'Esprit Saint » (Jean-Paul II, Enc. Dominum et vivificantem, n. 64) et grâce à Lui l'Eglise et les missionnaires sont aptes à accomplir la mission qui leur est confiée (cf. ibid. n. 25). C'est l'Esprit Saint (cf. 1 Co 14) qui unit et préserve l'Eglise, en lui donnant la force de se diffuser, en comblant les disciples du Christ d'une richesse débordante de charismes. C'est de l'Esprit Saint que l'Eglise reçoit l'autorité de l'annonce et du ministère apostolique. C'est pourquoi, je désire réaffirmer avec force ce que j'ai déjà dit à propos du développement. (cf. Caritas in veritate, n. 79), à savoir que l'évangélisation a besoin de chrétiens qui ont les bras levés vers Dieu selon le geste de la prière, de chrétiens animés par la conscience que la conversion du monde au Christ n'est pas notre fait personnel, mais nous est donnée. En vérité, la célébration de l'Année sacerdotale nous a aidés à prendre davantage conscience que l'œuvre missionnaire demande une union toujours plus profonde avec Celui qui est l'Envoyé de Dieu le Père pour le Salut de tous ; elle demande le partage de ce « nouveau style de vie » qui a été inauguré par le Seigneur Jésus et qui a été repris par les Apôtres (cf. Discours aux participants à l'assemblée plénière de la Congrégation pour le clergé, 16 mars 2009; cf. ORLF n. 14 du 7 avril 2009).

 

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:45

Discours du Pape Benoît XVI lors de sa rencontre avec le jeunes dans la Cathédrale de Sulmona (Abruzzes), le 4 juillet 2010.

 

Chers jeunes!

 

Je désire avant tout vous dire que je suis très heureux de vous rencontrer! Je rends grâce à Dieu de cette possibilité qui me permet de passer un peu de temps avec vous, comme un père de famille, avec votre évêque et vos prêtres. Je vous remercie de l’affection que vous me manifestez avec tant de chaleur! Mais je vous remercie également pour ce que vous m’avez dit, à travers vos deux « porte-parole », Francesca et Cristian. Vous m’avez posé des questions, avec beaucoup de franchise, et, dans le même temps, vous avez démontré avoir des points de référence, des convictions. Et cela est très important. Vous êtes des jeunes garçons et des jeunes filles qui réfléchissent, qui s’interrogent, et qui possèdent également le sens de la vérité et du bien. C’est-à-dire que vous savez utiliser votre esprit et votre cœur, et cela n’est pas rien! Je dirais même que c’est la chose principale dans ce monde : apprendre à bien utiliser l’intelligence et la sagesse que Dieu nous a données! Par le passé, la population de votre terre n’avait pas beaucoup de moyens pour étudier, ni même pour s’affirmer dans la société, mais elle possédait ce qui rend vraiment riches un homme et une femme : la foi et les valeurs morales. Voilà ce qui construit les personnes et la coexistence civile!

 

De vos paroles ressortent deux aspects fondamentaux : l’un positif et l’autre négatif. L’aspect positif est donné par votre vision chrétienne de la vie, une éducation que vous avez évidemment reçue de vos parents, de vos grands-parents, des autres éducateurs : prêtres, enseignants, catéchistes. L’aspect négatif se trouve dans les ombres qui obscurcissent votre horizon : ce sont les problèmes concrets, qui rendent difficile d’envisager l’avenir avec sérénité et optimisme ; mais ce sont également les fausses valeurs et les modèles illusoires, qui vous sont proposés et qui promettent de combler la vie, alors qu’en revanche ils la vident. Que faire, alors, pour que ces ombres ne deviennent pas trop lourdes? Tout d’abord, je vois que vous êtes jeunes et que vous avez une bonne mémoire! Oui, j’ai été frappé par le fait que vous ayez rapporté des paroles que j’ai prononcées à Sydney, en Australie, au cours de la Journée mondiale de la Jeunesse de 2008. Et ensuite, vous avez rappelé que les JMJ sont nées il y a vingt-cinq ans. Mais vous avez surtout démontré que vous avez une mémoire historique liée à votre terre : vous m’avez parlé d’un personnage né il y a huit siècles, Saint Pietro Celestino V, et vous avez dit que vous le considérez encore très actuel! Voyez-vous, chers amis, de cette manière vous possédez, comme le dit l’expression, « une longueur d’avance ». Oui, avoir une mémoire historique, c’est avoir une « longueur d’avance » dans la vie car, sans mémoire, il n’y a pas d’avenir. On disait autrefois que l’histoire est maîtresse de vie! La culture consumériste actuelle tend en revanche à enfermer l’homme dans le présent, à lui faire perdre le sens du passé, de l’histoire ; mais en agissant ainsi, elle le prive également de la capacité de se comprendre lui-même, de percevoir les problèmes et de construire le lendemain. Chers jeunes, je veux donc vous dire cela : le chrétien est quelqu’un qui a une bonne mémoire, qui aime l’Histoire et qui cherche à la connaître.

 

C’est pourquoi je vous remercie car vous me parlez de Saint Pietro del Morrone, Célestin V, et vous êtes capables de valoriser son expérience aujourd’hui, dans un monde si différent, mais qui a précisément pour cela besoin de redécouvrir certaines choses qui sont toujours valables, qui sont éternelles, par exemple la capacité d’écouter Dieu dans le silence extérieur et surtout intérieur. Il y a quelques instants, vous m’avez demandé : comment peut-on reconnaître l’appel de Dieu? Eh bien, le secret de la vocation se trouve dans la capacité et dans la joie de reconnaître, d’écouter et de suivre sa voix. Mais pour ce faire, il est nécessaire d’habituer notre cœur à reconnaître le Seigneur, à le sentir comme une Personne qui est proche de moi et qui m’aime. Comme je l’ai dit ce matin, il est important d’apprendre à vivre des moments de silence intérieur au cours des journées pour être capables d’entendre la voix du Seigneur. Soyez certains que si quelqu’un apprend à écouter cette voix et à la suivre avec générosité, il n’a peur de rien, il sait et il sent que Dieu est avec lui, avec elle, qu’il est l’Ami, le Père et le Frère. En un mot : le secret de la vocation se trouve dans la relation avec Dieu, dans la prière qui grandit précisément dans le silence intérieur, dans la capacité de sentir que Dieu est proche. Et cela est vrai aussi bien avant le choix, c’est-à-dire au moment de décider et de partir, qu’après, si l’on veut être fidèles et persévérer sur le chemin. Saint Pietro Celestino a été avant tout cela : un homme d’écoute, de silence intérieur, un homme de prière, un homme de Dieu. Chers jeunes : trouvez toujours une place pour Dieu au cours de vos journées, pour l’écouter et lui parler!

 

Et ici je voudrais vous dire une deuxième chose : la véritable prière n’est pas du tout étrangère à la réalité. Si prier vous emprisonnait, vous éloignait de votre vie réelle, prenez garde : ce ne serait pas une véritable prière! Au contraire, le dialogue avec Dieu est une garantie de vérité, de vérité avec soi- même et avec les autres, et ainsi de liberté. Etre avec Dieu, écouter sa Parole, dans l’Evangile, dans la liturgie de l’Eglise, défend des éblouissements de l’orgueil et de la présomption, des modes et des conformismes, et donne la force d’être vraiment libres, également de certaines tentations masquée sous forme de bonnes choses. Vous m’avez demandé : comment pouvons-nous être dans le monde mais pas du monde? Je vous réponds, précisément grâce à la prière, au contact personnel avec Dieu. Il ne s’agit pas de multiplier les mots — Jésus le disait déjà —, mais d’être en présence de Dieu, en faisant siennes, dans l’esprit et dans le cœur, les expressions du « Notre Père », qui embrasse tous les problèmes de notre vie, ou bien en adorant l’Eucharistie, en méditant l’Evangile dans notre chambre, ou en participant avec recueillement à la liturgie. Tout cela ne distrait pas de la vie, mais aide en revanche à être vraiment soi-même dans chaque milieu, fidèles à la voix de Dieu qui parle à la conscience, libres des conditionnements du moment! Il en fut ainsi pour Saint Célestin V : il sut agir selon sa conscience, en obéissance à Dieu, et donc sans peur et avec un grand courage, même dans les moments difficiles, comme ceux liés à son bref pontificat, en ne craignant pas de perdre sa propre dignité, mais en sachant que celle-ci consiste à être dans la vérité. Et le garant de la vérité est Dieu. Celui qui le suit n’a pas même peur de renoncer à lui-même, à sa propre idée, car « il ne manque rien à celui qui a Dieu », comme le disait sainte Thérèse d’Avila.

 

Chers amis! La foi et la prière ne résolvent pas les problèmes, mais elles permettent de les affronter avec une lumière et une force nouvelle, d’une manière digne de l’homme, et également de manière plus sereine et efficace. Si nous regardons l’Histoire de l’Eglise, nous voyons qu’elle est riche de figures de saints et de bienheureux qui, précisément en partant d’un dialogue intense et constant avec Dieu, illuminés par la foi, ont su trouver des solutions créatives, toujours nouvelles, pour répondre aux besoins humains concrets au cours de tous les siècles : la santé, l’instruction, le travail, etc. Leur esprit d’entreprise était animé par l’Esprit Saint et par un amour fort et généreux pour leurs frères, en particulier pour les plus faibles et démunis. Chers jeunes, laissez-vous conquérir totalement par le Christ! Empruntez vous aussi, de manière décidée, la route de la sainteté, c’est-à-dire en demeurant en contact entre vous, conformément à Dieu — une route qui est ouverte à tous — car cela vous fera devenir également plus créatifs dans la recherche de solutions aux problèmes que vous rencontrez, et en recherchant ces solutions ensemble! Voilà un autre signe distinctif du chrétien : il n’est jamais individualiste. Peut-être me direz vous : mais si nous regardons par exemple Saint Pietro Celestino, dans son choix de vivre en ermite, n’y avait-il pas de l’individualisme, une fuite des responsabilités? Assurément, cette tentation existe. Mais dans les expériences approuvées par l’Eglise, la vie solitaire de prière et de pénitence est toujours au service de la communauté, elle ouvre aux autres, elle n’est jamais en opposition avec les besoins de la communauté. Les ermitages et les monastères sont des oasis et des sources de vie spirituelle où tous peuvent puiser. Le moine ne vit pas pour lui, mais pour les autres, et c’est pour le bien de l’Eglise et de la société qu’il cultive la vie contemplative, pour que l’Eglise et la société puissent toujours être irriguées par des énergies nouvelles, par l’action du Seigneur. Chers jeunes! Aimez vos communautés chrétiennes, n’ayez pas peur de vous engager à vivre ensemble l’expérience de foi! Aimez l’Eglise : elle vous a donné la foi, elle vous a fait connaître le Christ! Et aimez votre évêque, vos prêtres, avec toutes nos faiblesses, les prêtres sont des présences précieuses dans la vie!

 

Le jeune homme riche de l’Evangile, après que Jésus lui ait proposé de tout quitter et de le suivre — comme nous le savons — s’en alla attristé, car il était trop attaché à ses biens (cf. Mt 19, 22). En revanche, je lis la joie en vous! Et cela est également un signe que vous êtes chrétiens : que pour vous, Jésus vaut beaucoup, même si cela est exigeant de le suivre, il vaut plus que tout autre chose. Vous avez cru que Dieu est la perle précieuse qui donne de la valeur à tout le reste : à la famille, aux études, au travail, à l’amour humain... à la vie elle-même. Vous avez compris que Dieu ne vous enlève rien, mais qu’il vous donne le « centuple » et rend votre vie éternelle, car Dieu est Amour infini : l’unique qui rassasie notre cœur. J’ai plaisir à rappeler l’expérience de Saint Augustin, un jeune qui a cherché avec de grandes difficultés, longuement, en dehors de Dieu, quelque chose qui puisse rassasier sa soif de vérité et de bonheur. Mais à la fin de ce chemin de recherche, il a compris que notre cœur est sans paix tant qu’il ne trouve pas Dieu, tant qu’il ne repose pas en Lui (cf. Les confessions, 1, 1). Chers jeunes! Conservez votre enthousiasme, votre joie, celle qui naît de la rencontre avec le Seigneur et sachez la communiquer également à vos amis, aux jeunes de votre âge! A présent, je dois repartir et je dois vous dire que cela m’attriste de vous quitter! Avec vous, je sens que l’Eglise est jeune! Mais je repars content, comme un père qui est serein car il a vu que ses enfants grandissent et grandissent bien. Chers garçons et chères filles, marchez! Marchez sur le chemin de l’Evangile ; aimez l’Eglise, notre mère ; soyez simples et purs de cœur ; soyez doux et forts dans la vérité ; soyez humbles et généreux. Je vous confie tous à vos saints patrons, à Saint Pietro Celestino et surtout à la Vierge Marie et je vous bénis avec une grande affection. Amen. 

 

 

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 23:00

Dimanche 17 juillet 2011 – 16e dimanche du temps ordinaire (Année A)

 

Première lecture : Sg. 12. 13. 16-19

« Toi Seigneur, qui disposes de la force, tu juges avec indulgence »

 

Psaume 85

« Toi qui es bon et qui pardonnes, plein d'amour pour tous ceux qui t'appellent, écoute ma prière »

 

Deuxième lecture : Rm 8. 26-27

« L'Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons prier comme il faut »

 

Evangile : Mt 13. 13-35

« C'est en paraboles que je parlerai, je proclamerai des choses cachées depuis les origines » 

 

***

Message audio du Pape : 2011

Angelus du Pape : 2011

Homélie du Père Walter Covens : 2008

Homélie du Frère Dominique (Famille de St Joseph) : 2011 

Audio de Radio Vatican : 2011

Ce que l’Evangile nous dit et me demande

L'homme ne s'est jamais habitué à l'injustice, mais Dieu est juste (P. Raniero Cantalamessa)

Le Maître nous invite à attendre le temps du moissonneur (P. Pierre Desroches, de Montréal)

Faire grandir l'enfant du Royaume (P. Nicolas)

 

*** 

 

« Les justes replendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père » (Mt 13. 43)

 

« Nous vivons dans une société de plus en plus permissive, et d'ailleurs, d'un groupe social à l'autre, il y a des différences considérables au sujet des lois morales. Il faut alors poser une question extrêmement grave : y a-t-il quelque chose d'absolu dans ces lois morales? Si vous viviez au milieu de gens qui ne croient plus au bien et au mal, ou s'en font une idée complètement différente, continueriez-vous à penser qu'il y a des choses à ne pas faire, même s'ils le font tous?

 

« En partant du fait même que les lois morales sont bafouées, la doctrine chrétienne enseigne que nous sommes tous pécheurs. Montalembert disait : "Je ne sais pas ce qu'est la conscience d'un malfaiteur, mais je connais la conscience d'un honnête homme, et c'est horrible." Le premier combat (le plus dur et le plus décisif que la foi nous demande sur ce point), c'est de ne pas accepter que la notion de péché disparaisse de notre esprit, de reconnaître qu'une faute est une faute.

 

« [Comme disait le philosophe] Max Scheler : "Il y a au fond de nous-même une sorte de juge infini, bien plus terrible que ceux qui peuvent nous juger du dehors". L'illusion du jeune homme, l'illusion de Caïn, l'illusion que le serpent a introduite dans la conscience d'Eve, c'est que la loi morale nous juge du dehors et non pas du dedans : il suffirait alors de s'en affranchir pour être libre. Voilà le problème qu'il faut résoudre à tout prix : la loi morale vient-elle de la société, ou du plus profond de nous-même?

 

« La conscience morale ne se démontre pas. Il y a des actes qui nous construisent et des actes qui nous détruisent : mais on peut toujours dire - on est libre - que ce qui nous construit nous détruit, et que ce qui nous détruit nous construit. Dire cela, ce sont les ténèbres, et je n'ai aucun moyen de le démontrer. Vous écoutez le juge infini ou vous ne l'écoutez pas...

 

« Ceux qui écoutent le juge infini souffrent plus que les autres : mais ils connaissent la joie et la véritable intensité de la vie. Pour eux, les choses sont belles ou horribles, elles ne sont pas neutres : et les choses horribles elles-mêmes témoignent à leur façon de la beauté de la vie, de l'amitié, de l'amour. Cette perception intense n'est pas seulement un état subjectif, c'est une lumière et cette lumière est l'âme du sens moral : je dois respecter la vie humaine, cela résulte à l'évidence de la perception de sa splendeur. Ce devoir est un absolu parce que cette splendeur est un absolu. Ceux qui ne perçoivent pas la beauté d'une vie innocente, comment comprendraient-ils que l'avortement est un mal absolu? Nous sommes loin des interdits et d'un complexe de cupabilité. On ne peut pas percevoir une certaine beauté sans que cela entraîne une exigence parfois écrasante, mais qui n'a rien à voir avec des interdits.

 

« Aller au-delà du bien et du mal est donc une contradiction : ne plus avoir de sens moral est un sommeil mortel, que l'on peut animer de façon imaginative ou poétique pour se donner l'illusion d'aller plus loin que le bien et le mal - mais quelle illusion! Un enfant qui prend plaisir à tuer les oiseaux ne comprend rien à la beauté des oiseaux... ou alors il est déjà satanique : j'espère plutôt qu'il est aveugle - mais être aveugle n'est pas une supériorité. » (P. M.-D Molinié, Adoration ou désespoir, CLD 1983, p. 102 à 106)

        


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