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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 11:49

 

envoyé par martinewindal

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 11:37

Extrait du discours du Pape Benoît XVI aux cardinaux et à la curie romaine, le 21 décembre 2009.

 

Pour terminer, je voudrais encore exprimer ma reconnaissance et ma joie pour mon voyage en République tchèque. Avant ce voyage, j'ai toujours eu conscience qu'il s'agissait d'un pays avec une majorité d'agnostiques et d'athées, où les chrétiens constituent désormais seulement une minorité. Ma surprise a été d'autant plus joyeuse en constatant que j'étais partout entouré d'une grande cordialité et amitié ; que de grandes liturgies étaient célébrées dans une atmosphère joyeuse de fête ; que dans le monde des universités et de la culture ma parole recevait une vive attention ; que les autorités de l'Etat ont fait preuve à mon égard d'une grande courtoisie et ont accompli tout leur possible pour contribuer au succès de la visite.

 

Je serais à présent tenté de dire quelque chose sur la beauté du pays et sur les magnifiques témoignages de la culture chrétienne, qui eux seuls rendent cette beauté parfaite. Mais je considère surtout important le fait que les personnes qui se considèrent agnostiques ou athées doivent également nous tenir à cœur en tant que croyants. Lorsque nous parlons d'une nouvelle évangélisation ces personnes sont peut-être effrayées. Elles ne veulent pas se voir comme faisant l'objet d'une mission, ni renoncer à leur liberté de pensée et de volonté. Mais la question de Dieu reste toutefois présente également pour elles, même si elles ne peuvent pas croire au caractère concret de son attention pour nous. A Paris, j'ai parlé de la recherche de Dieu comme du motif fondamental de la naissance du monachisme occidental et, avec celui-ci, de la culture occidentale. Comme premier pas de l'évangélisation, nous devons chercher à garder cette recherche vivante ; nous devons nous soucier que l'homme ne mette pas de côté la question de Dieu comme question essentielle de son existence. Nous devons nous soucier qu'il accepte cette question et la nostalgie qui se cache en elle. Il me vient à l'esprit une parole que Jésus reprend du prophète Isaïe, c'est-à-dire que le Temple devait être une maison de prière pour tous les peuples (cf. Is 56, 7 ; Mc11, 17). Il pensait à ce que l'on appelle la maison de prière pour toutes les nations, qu'il désencombra des activités extérieures pour qu'il y ait une place libre pour les païens qui voulaient prier là le Dieu unique, même s'ils ne pouvaient pas prendre part au mystère, auquel l'intérieur du Temple était réservé. Un espace de prière pour tous les peuples – on pensait avec cela à des personnes qui ne connaissent Dieu, pour ainsi dire, que de loin ; qui sont insatisfaites de leurs dieux, de leurs rites et de leurs mythes ; qui désirent le Saint et le Grand, même si Dieu reste pour eux le « Dieu inconnu » (cf. Ac 17, 23). Ils devaient pouvoir prier le Dieu inconnu, mais cependant être ainsi en relation avec le vrai Dieu, malgré des zones d'ombre de natures diverses. Je pense que l'Eglise devrait aujourd'hui aussi ouvrir une sorte de « parvis des Gentils », où les hommes puissent d'une certaine manière s'accrocher à Dieu, sans le connaître et avant d'avoir trouvé l'accès à son mystère, au service duquel se trouve la vie interne de l'Eglise. Au dialogue avec les religions doit aujourd'hui surtout s'ajouter le dialogue avec ceux pour qui la religion est une chose étrangère, pour qui Dieu est inconnu et qui, cependant, ne voudraient pas rester simplement sans Dieu, mais l'approcher au moins comme Inconnu.

 

En conclusion, encore une fois, quelques mots sur l'Année sacerdotale. En tant que prêtres, nous sommes à la disposition de tous : de ceux qui connaissent Dieu de près et de ceux pour qui Il est l'Inconnu. Nous devons tous le connaître toujours à nouveau et nous devons le chercher sans cesse pour devenir de véritables amis de Dieu. Comment pourrions-nous, en définitive, arriver à connaître Dieu, si ce n'est à travers les hommes qui sont les amis de Dieu? Le noyau le plus profond de notre ministère sacerdotal est d'être des amis du Christ (cf. Jn 15, 15), des amis de Dieu, par l'intermédiaire desquels d'autres personnes également peuvent trouver la proximité de Dieu. Ainsi, en même temps que mes profonds remerciements pour toute l'aide que vous m'avez apportée tout au long de l'année, voici mon vœu pour Noël : que nous devenions toujours plus des amis du Christ et donc des amis de Dieu et que, de cette manière, nous puissions être le sel de la terre et la lumière du monde.

 

Un Saint Noël et une bonne année nouvelle!

 

 

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 13:32

 

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 13:19

Extrait du discours du Pape Benoît XVI aux cardinaux et à la curie romaine, le 21 décembre 2009.

 

Comme je l'ai déjà dit, le thème dusynode désigne trois grandes paroles fondamentales de la responsabilité théologique et sociale : réconciliation — justice — paix. On pourrait dire que réconciliation et justice sont les deux présupposés essentiels de la paix et qu'ils définissent également dans une certaine mesure sa nature. Limitons-nous à la parole « réconciliation ». Un regard sur les souffrances et les difficultés de l'Histoire récente de l'Afrique, mais également dans de nombreuses autres régions de la terre, montre que les oppositions non résolues et profondément enracinées peuvent conduire, dans certaines situations, à des explosions de violence dans lesquelles tout sens d'humanité semble avoir disparu. La paix ne peut se réaliser que si elle conduit à une réconciliation intérieure. Nous pouvons considérer comme un exemple positif d'un processus de réconciliation en voie de réussite l'Histoire de l'Europe après la deuxième guerre mondiale. Le fait que depuis 1945, en Europe occidentale et centrale, il n'y a plus eu de guerre se fonde certainement de façon déterminante sur des structures politiques et économiques intelligentes et éthiquement encadrées, mais celles-ci n'ont pu se développer que parce qu'existaient des processus intérieurs de réconciliation qui ont rendu possible une nouvelle coexistence. Chaque société a besoin de réconciliation, afin qu'il puisse y avoir la paix. Les réconciliations sont nécessaires pour une bonne politique, mais ne peuvent être réalisées uniquement par celle-ci. Il s'agit de processus pré-politiques et ils doivent provenir d'autres sources.

 

Le synode a cherché à examiner en profondeur le concept de réconciliation comme devoir pour l'Eglise d'aujourd'hui, en attirant l'attention sur ses différentes dimensions. L'appel que Saint Paul a adressé aux Corinthiens possède véritablement aujourd'hui une nouvelle actualité. « Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20). Si l'homme n'est pas réconcilié avec Dieu, il est également en opposition avec la Création. Il n'est pas réconcilié avec lui-même, il voudrait être un autre que celui qu'il est et par conséquent il n'est pas non plus réconcilié avec son prochain. En outre, la capacité de reconnaître sa faute et de demander pardon — à Dieu et à l'autre — fait partie de la réconciliation. Et enfin, la disponibilité à la pénitence, la disponibilité à souffrir jusqu'au bout pour une faute et à se laisser transformer, appartient au processus de réconciliation. Et la gratuité, dont l'encyclique Caritas in veritate parle à plusieurs reprises, en fait partie : la disponibilité à aller au-delà du nécessaire, à ne pas faire de calculs, mais à aller au-delà de ce que demandent les simples obligations juridiques. Cette même générosité avec laquelle Dieu lui-même nous a donné l'exemple en fait partie. Pensons aux paroles de Jésus : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère à quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande » (Mt 5, 23sq). Dieu qui savait que nous ne sommes pas réconciliés, qui voyait que nous avons quelque chose contre Lui, s'est levé et est venu à notre rencontre, bien que Lui seul ait été du côté de la raison. Il est venu à notre rencontre jusqu'à la Croix, pour nous réconcilier. Telle est la gratuité : la disponibilité à faire le premier pas. Aller les premiers à la rencontre de l'autre, lui offrir la réconciliation, assumer la souffrance que comporte le renoncement à avoir raison. Ne pas céder dans la volonté de réconciliation : c'est de cela que Dieu nous a donné l'exemple et c'est la façon de devenir semblables à Lui, une attitude dont nous avons toujours à nouveau besoin dans le monde. Nous devons aujourd'hui être en mesure d'apprendre à nouveau à reconnaître la faute, nous devons nous ôter l'illusion d'être innocents. Nous devons être en mesure d'apprendre à faire pénitence, à nous laisser transformer ; à aller à la rencontre de l'autre et à nous faire donner par Dieu le courage et la force pour un tel renouvellement. Dans notre monde d'aujourd'hui, nous devons redécouvrir le sacrement de la pénitence et de la réconciliation. Le fait que celui-ci ait en grande partie disparu des habitudes existentielles des chrétiens est le symptôme d'une perte de véracité à l'égard de nous-mêmes et de Dieu ; une perte, qui met en danger notre humanité et qui réduit notre volonté de paix. Saint Bonaventure était de l'opinion que le sacrement de la pénitence était un sacrement de l'humanité en tant que tel, un sacrement que Dieu avait déjà institué dans son essence immédiatement après le péché originel avec la pénitence imposée à Adam, même s'il n'a pu obtenir sa forme complète que dans le Christ, qui est de manière personnelle la force réconciliatrice de Dieu et qui a pris sur lui notre pénitence. En effet, l'unité entre faute, pénitence et pardon est l'une des conditions fondamentales de la véritable humanité, des conditions qui atteignent leur forme complète dans le sacrement, mais qui, à partir de leur racine, font partie du fait d'être des personnes humaines comme telles. Le synode des évêques pour l'Afrique a donc à juste titre inclus dans ses réflexions également les rituels de réconciliation de la tradition africaine comme lieux d'apprentissage et de préparation pour la grande réconciliation que Dieu donne dans le sacrement de la pénitence. Mais cette réconciliation requiert le vaste « espace » de la reconnaissance de la faute et de l'humilité de la pénitence. La réconciliation est un concept pré-politique et une réalité pré-politique, qui précisément pour cette raison est de la plus grande importance pour la tâche de la politique elle-même. Si l'on ne crée pas dans les cœurs la force de la réconciliation, le présupposé intérieur manque à l'engagement politique pour la paix. Lors du synode, les pasteurs de l'Eglise se sont engagés en vue de cette purification intérieure de l'homme qui constitue la condition préliminaire essentielle à l'édification de la justice et de la paix. Mais cette purification et cette maturation intérieure vers une véritable humanité ne peuvent pas exister sans Dieu.

 

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 15:51

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 15:41

Extrait du discours du Pape Benoît XVI aux cardinaux et à la curie romaine, le 21 décembre 2009.

 

Messieurs les cardinaux,

vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,

chers frères et sœurs,

 

La solennité du Saint Noël […] est pour tous les chrétiens une occasion tout à fait particulière de rencontre et de communion. Cet Enfant que nous rencontrons à Bethléem nous invite à faire l'expérience de l'amour immense de Dieu, ce Dieu qui est descendu du ciel et s'est fait proche de chacun de nous pour faire de nous ses fils, membres de sa famille. Ce rendez-vous traditionnel de Noël du Successeur de Pierre avec ses plus proches collaborateurs constitue également une rencontre de famille, qui renforce les liens d'affection et de communion, pour former toujours plus ce « Cénacle permanent » consacré à la diffusion du Royaume de Dieu, comme cela vient d'être rappelé […].

 

Une autre année riche d'événements importants pour l'Eglise et pour le monde touche à son terme. Avec un regard rétrospectif empreint de gratitude, je voudrais en cette heure faire mémoire de quelques points-clés pour la vie ecclésiale. De l'Année de Saint Paul, nous sommes passés à l'Année sacerdotale. De la figure imposante de l'Apôtre des nations qui, frappé par la lumière du Christ ressuscité et par son appel, a apporté l'Evangile aux peuples du monde, nous sommes passés à la figure humble du curé d'Ars qui, pendant toute sa vie, est resté dans le petit village qui lui avait été confié et qui toutefois, précisément dans l'humilité de son service, a rendu largement visible dans le monde la bonté réconciliatrice de Dieu. A partir de ces deux figures se manifeste la vaste portée du ministère sacerdotal et il devient évident que c'est précisément ce qui est petit qui est grand et que, à travers le service apparemment petit d'un homme, Dieu peut accomplir de grandes choses, purifier et renouveler le monde de l'intérieur.

 

Pour l'Eglise, et pour moi personnellement, l'année qui se conclut a été placée en grande partie sous le signe de l'Afrique. Il y a eu avant tout le voyage au Cameroun et en Angola. Il a été émouvant pour moi de ressentir la grande cordialité avec laquelle le Successeur de Pierre, le Vicarius Christi, a été accueilli. La joie festive et l'affection cordiale de ceux qui sont venus à ma rencontre sur toutes les routes ne s'adressaient pas, justement, à un hôte quelconque. Dans la rencontre avec le Pape, on a pu percevoir l'Eglise universelle, la communauté qui embrasse le monde et qui est réunie par Dieu à travers le Christ — la communauté qui n'est pas fondée sur des intérêts humains, mais qui nous est offerte par l'attention bienveillante de Dieu pour nous. Tous ensemble, nous formons la famille de Dieu, frères et sœurs en vertu d'un unique Père : telle a été l'expérience vécue. Et on faisait l'expérience que l'attention pleine d'amour de Dieu dans le Christ pour nous n'appartient pas au passé et ne relève pas non plus de théories savantes, mais est une réalité tout à fait concrète ici et maintenant. C'est précisément Lui qui est au milieu de nous : c'est ce que nous avons perçu à travers le ministère du Successeur de Pierre. Ainsi, nous avons été élevés au-dessus du simple quotidien. Le ciel s'est ouvert, et c'est ce qui transforme un jour en une fête. Et c'est dans le même temps quelque chose de durable. Cela continue à être vrai, également dans la vie quotidienne, que le ciel n'est plus fermé ; que Dieu est proche ; que dans le Christ, nous appartenons tous les uns aux autres.

 

Le souvenir des célébrations liturgiques reste gravé de façon particulièrement profonde dans ma mémoire. Les célébrations de la Sainte Eucharistie ont été de véritables fêtes de la foi. Je voudrais mentionner deux éléments qui me semblent particulièrement importants. Il y avait avant tout une joie partagée, qui s'exprimait également à travers le corps, mais de façon disciplinée et guidée par la présence du Dieu vivant. Ceci indique déjà le deuxième élément : le sens du sacré, du mystère présent du Dieu vivant a façonné, pour ainsi dire, chaque geste. Le Seigneur est présent — le Créateur, Celui auquel tout appartient, dont nous provenons et vers lequel nous marchons. De façon spontanée me sont venues à l'esprit les paroles de Saint Cyprien qui, dans son commentaire au Notre Père, écrit : « Rappelons-nous que nous sommes sous le regard de Dieu posé sur nous. Nous devons plaire aux yeux de Dieu, tant par l'attitude de notre corps que par l'usage de notre voix » (De dom. or. 4 csel III 1, p. 269). Oui, cette conscience était présente : nous étions en présence de Dieu. De cela ne découle ni peur, ni inhibition, pas davantage une obéissance extérieure aux rubriques, et encore moins une façon de se mettre en évidence les uns devant les autres ou d'élever la voix de façon désordonnée. Il régnait plutôt ce que les Pères appellent « sobria ebrietas » :être remplis d'une joie qui demeure toutefois sobre et ordonnée, qui unit les personnes de l'intérieur, en les conduisant à la louange communautaire de Dieu, une louange qui suscite dans le même temps l'amour du prochain, la responsabilité réciproque.

 

Naturellement, la rencontre avec mes frères dans le ministère épiscopal et l'inauguration du synode pour l'Afrique à travers la remise de l'Instrumentum laboris,ont fait bien sûr partie du voyage en Afrique […]. A l'occasion de ma visite en Afrique, la force théologique et pastorale du primat pontifical comme point de convergence pour l'unité de la famille de Dieu a d'abord été rendu évidente. Au cours dusynode, est apparue encore plus fortement l'importance de la collégialité — de l'unité des évêques, qui reçoivent leur ministère précisément du fait qu'ils entrent dans la communauté des successeurs des Apôtres : chacun est évêque, successeur des Apôtres, uniquement dans la mesure où il appartient à la communauté de ceux dans lesquels se poursuit le Collegium Apostolorumdans l'unité avec Pierre et avec son successeur. Comme dans les liturgies en Afrique, puis de nouveau, à Saint-Pierre de Rome, le renouveau liturgique de Vatican II a pris forme de façon exemplaire, ainsi, dans la communion du synode, l'ecclésiologie du Concile a été vécue de façon très concrète. Les témoignages que nous avons pu écouter de la part des fidèles d'Afrique — des témoignages de souffrance et de réconciliation concrète dans les tragédies de l'histoire récente du continent — ont été également émouvants.

 

Le synode s'était proposé comme thème : l'Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. Il s'agit d'un thème théologique et surtout pastoral d'une actualité brûlante, mais qui pouvait également être pris à tort pour un thème politique. La tâche des évêques était de transformer la théologie en pastorale, c'est-à-dire en un ministère pastoral très concret, dans lequel les grandes visions de l'Ecriture Sainte et de la Tradition sont appliquées à l'œuvre des évêques et des prêtres à un moment et en un lieu déterminés. Mais il ne fallait pas pour cela céder à la tentation de prendre personnellement en main la politique et de pasteurs, se transformer en guides politiques. En effet, la question très concrète devant laquelle les pasteurs se trouvent continuellement, est précisément celle-ci : comment pouvons-nous être réalistes et pratiques, sans nous arroger une compétence politique qui ne nous revient pas? Nous pourrions également dire : il s'agissait de la question d'une laïcité positive, pratiquée et interprétée de façon juste. Il s'agit là également d'un thème fondamental de l'encyclique, publiée le jour de la fête des Saints Pierre et Paul, « Caritas in veritate », qui a de cette façon repris et développé plus avant la question qui concerne la place théologique et concrète de la doctrine sociale de l'Eglise.

 

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 11:17

 

Dimanche 26 décembre 2010 – Fête de la Sainte Famille

 

Le sens de la fête de la Sainte Famille (P. Jacques Pottier)

 

Première lecture : Sirac 3. 2-6. 12-14

« Celui qui honore son père obtient le pardon de ses fautes »

 

Psaume 127

« Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies »

 

Deuxième lecture : Colossiens 3. 12-21

« Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonné, faites de même »

 

Evangile : Matthieu 2. 13-15. 19-23

« Il sera appelé Nazaréen »

 

***

Message audio du Pape : 2010

Angelus du Pape : 2010

Homélie du Père Walter Covens : 2007 – 2010 

Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde : 2010 

Audio de Radio Vatican : 2010

Ce que l’Evangile nous dit et me demande

Exhortation apostolique  Familiaris consortio (Jean-Paul II)

 

*** 

 

« Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par les prophètes » (Mt 2. 23)

 

« Un foyer chrétien authentique, c'est une imitation de celui de Nazareth, un lieu où Dieu a sa place et où il est le centre de l'amour [...].

 

« Les foyers chrétiens qui imitent celui de la Sainte Famille à Nazareth deviennent des foyers pleins de lumière et de joie où chaque membre de la famille fait des efforts pour améliorer ses relations avec le Seigneur, et pour rendre la vie quotidienne plus agréable aux autres. Ainsi la famille se révèle-t-elle une irremplaçable école de vertus en même temps que le lieu ordinaire de notre rencontre avec Dieu [...].

 

« La famille n'est-elle pas, par-dessus tout, la base élémentaire de la société, la source de la vie sociale où l'on apprend la valeur de l'obéissance, de la sollicitude pour les autres, le sens des responsabilités, l'aide et la compréhension, l'acceptation aimante des différentes manières d'être? » (François Carvajal).

 

 

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 08:57

Message Urbi et Orbi du Pape Benoît XVI pour Noël, le 25 décembre 2009.

 

Chers frères et sœurs de Rome et du monde entier,

et vous tous, hommes et femmes aimés du Seigneur!

 

«Lux fulgebit hodie super nos,

Quia natus est nobis Dominus.

- Aujourd’hui, sur nous, la lumière va resplendir,

car le Seigneur nous est né ».

(Missel romain, Nativité du Seigneur – Messe de l’Aurore, Antienne d’ouverture).

 

La liturgie de la Messe de l’Aurore nous a rappelé que, désormais, la nuit est passée, le jour est avancé ; la lumière qui émane de la grotte de Bethléem resplendit sur nous.

 

Toutefois la Bible et la Liturgie ne nous parlent pas de la lumière naturelle, mais d’une autre lumière, spéciale, de quelque façon dirigée et orientée vers un ‘nous’, le même ‘nous’ pour lequel l’Enfant de Bethléem « est né ». Ce ‘nous’ c’est l’Église, la grande famille universelle des croyants dans le Christ, qui ont attendu avec espérance la nouvelle naissance du Sauveur et qui, aujourd’hui, célèbrent dans ce mystère l’actualité permanente de cet événement.

 

Au début, autour de la crèche de Bethléem, ce ‘nous’ était presque invisible aux yeux des hommes. Comme nous le rapporte l’Évangile de saint Luc, il comprenait, en plus de Marie et de Joseph, quelques humbles bergers qui arrivèrent à la grotte, après avoir été avertis par les anges. La lumière du premier Noël fut comme un feu allumé dans la nuit. Autour, tout était sombre, tandis que dans la grotte resplendissait « la vraie Lumière, qui éclaire tout homme » (Jn 1, 9). Toutefois tout se passa dans la simplicité et dans la discrétion, selon le style par lequel Dieu opère dans toute l’Histoire du Salut. Dieu aime allumer des lumières circonscrites, pour éclairer ensuite sur un vaste rayon. La Vérité, comme l’Amour, qui en sont le contenu, s’allument là où la lumière est accueillie, se répandant ensuite en cercles concentriques, presque par contact, dans les cœurs et dans les esprits de ceux qui, s’ouvrant librement à sa splendeur, deviennent à leur tour sources de lumière. C’est l’Histoire de l’Église qui commence son cheminement dans la pauvre grotte de Bethléem, et qui, à travers les siècles, devient Peuple et source de lumière pour l’humanité. Aujourd’hui aussi, à travers ceux qui vont à la rencontre de l’Enfant, Dieu allume encore des feux dans la nuit du monde pour appeler les hommes à reconnaître en Jésus le signe de sa présence salvatrice et libératrice et élargir le ‘nous’ des croyants dans le Christ à l’humanité tout entière.

 

Partout où il y a un ‘nous’ qui accueille l’amour de Dieu, là resplendit la lumière du Christ, même dans les situations les plus difficiles. L’Église, comme la Vierge Marie, offre au monde Jésus, le Fils qu’elle-même a reçu en don, et qui est venu libérer l’homme de l’esclavage du péché. Comme Marie, l’Église n’a pas peur, car cet Enfant est sa force. Mais elle ne le garde pas pour elle : elle l’offre à tous ceux qui le cherchent d’un cœur sincère, aux humbles de la terre et aux affligés, aux victimes de la violence, à ceux qui désirent ardemment le bien de la paix. Aujourd’hui aussi, pour la famille humaine profondément marquée par une grave crise économique, mais d’abord encore morale, et par les douloureuses blessures de guerres et de conflits, sous la forme du partage et de la fidélité à l’homme, l’Église répète avec les bergers : « Allons jusqu’à Bethléem » (Lc 2, 15), là nous trouverons notre espérance.

 

Le ‘nous’ de l’Église vit là où Jésus est né, en Terre Sainte, pour inviter ses habitants à abandonner toute logique de violence et de vengeance et à s’engager avec une vigueur renouvelée et avec générosité sur le chemin d’une coexistence pacifique. Le ‘nous’ de l’Église est présent dans les autres Pays du Moyen Orient. Comment ne pas penser à la situation tourmentée en Irak et à ce petit troupeau de chrétiens qui vit dans la Région? Il souffre parfois de violences et d’injustices mais il est toujours disposé à donner sa propre contribution à l’édification de la cohabitation civile contraire à la logique du conflit et du refus du voisin. Le ‘nous’ de l’Église opère au Sri Lanka, dans la Péninsule coréenne et aux Philippines, comme aussi en d’autres terres asiatiques, comme levain de réconciliation et de paix. Sur le continent africain, il ne cesse d’élever sa voix vers Dieu pour implorer la fin de toutes les exactions en République Démocratique du Congo. Il invite les habitants de la Guinée et du Niger au respect des droits de toute personne et au dialogue. À ceux de Madagascar, il demande de dépasser les divisions internes et de s’accueillir réciproquement. À tous, il rappelle qu’ils sont appelés à l’espérance, malgré les drames, les épreuves et les difficultés qui continuent de les affliger. En Europe et en Amérique septentrionale, le ‘nous’ de l’Église incite à dépasser la mentalité égoïste et techniciste, à promouvoir le bien commun et à respecter les personnes plus faibles, à commencer par celles qui ne sont pas encore nées. Au Honduras, il aide à reprendre le chemin institutionnel. Dans toute l’Amérique Latine, le ‘nous’ de l’Église est facteur identitaire, plénitude de vérité et de charité qu’aucune idéologie ne peut remplacer, appel au respect des droits inaliénables de toute personne et à son développement intégral, annonce de justice et de fraternité, source d’unité.

 

Fidèle au mandat de son Fondateur, l’Église est solidaire de ceux qui sont frappés par les calamités naturelles et par la pauvreté, également dans les sociétés opulentes. Face à l’exode de ceux qui émigrent de leur terre et qui sont poussés au loin par la faim, par l’intolérance ou par la dégradation environnementale, l’Église est une présence qui appelle à l’accueil. En un mot, l’Église annonce partout l’Évangile du Christ malgré les persécutions, les discriminations, les attaques et l’indifférence, parfois hostile, qui – quoi qu’il en soit – lui permettent de partager le sort de son Maître et Seigneur.

 

Chers frères et sœurs, quel grand don de faire partie d’une communion qui estpour tous! C’est la communion de la Sainte Trinité, du cœur de laquelle l’Emmanuel, Jésus, Dieu-avec-nous, est descendu dans le monde. Comme les bergers de Bethléem, contemplons pleins d’émerveillement et de gratitude ce mystère d’amour et de lumière! Joyeux Noël à tous!

 

 

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 19:57

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 19:37

En cette nuit de Noël, je vous propose de méditer la magnifique homélie prononcée par le Pape Benoît XVI, lors de la Messe de minuit de la Solennité de la nativité, le 24 décembre 2009.

 

(Au début de la célébration, alors que le cortège faisait son entrée dans la basilique St Pierre de Rome, une femme souffrant de problèmes psychiatriques a franchi les barrières de sécurité et poussé violemment le Pape, le faisant chuter. Aidé du service d'ordre, le Pape a pu se relever et poursuivre son chemin vers l'autel).

 

Chers Frères et Sœurs,

 

« Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5). Ce qu’Isaïe, regardant de loin vers l’avenir, dit à Israël comme consolation dans ses angoisses et dans l’obscurité, l’Ange, nimbé de lumière, l’annonce aux bergers comme présent : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur » (Lc 2, 11). Le Seigneur est présent. À partir de ce moment, Dieu est vraiment un « Dieu avec nous ». Il n’est plus le Dieu lointain qui, à travers la Création et au moyen de la conscience, peut de quelque façon être entrevu de loin. Il est entré dans le monde. Il est le Proche. Le Christ ressuscité l’a dit aux siens, à nous : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20). Pour vous est né le Sauveur : ce que l’Ange a annoncé aux bergers, Dieu aujourd’hui nous le rappelle par l’Évangile et par ses messagers. C’est une nouvelle qui ne peut nous laisser indifférents. Si elle est vraie, tout est changé. Si elle est vraie, elle me concerne moi aussi. Alors, comme les bergers, je dois dire moi aussi : Allez, je veux aller à Bethléem et voir la Parole qui, là, est advenue. L’Évangile ne nous raconte pas sans raison l’histoire des bergers. Ces derniers nous montrent comment répondre de façon juste à ce message qui nous est aussi adressé. Que nous disent alors ces premiers témoins de l’incarnation de Dieu?

 

Des bergers, il est dit avant tout qu’ils étaient des personnes vigilantes et que le message pouvait les rejoindre précisément parce qu’ils étaient éveillés. Nous devons nous réveiller, parce que le message est arrivé jusqu’à nous. Nous devons devenir des personnes vraiment vigilantes. Qu’est-ce que cela signifie? La différence entre celui qui rêve et celui qui est éveillé consiste tout d’abord dans le fait que celui rêve se trouve dans un monde particulier. Avec son moi, il est enfermé dans ce monde du rêve qui, justement, n’est que le sien et ne le relie pas aux autres. Se réveiller signifie sortir de cet état particulier du moi et entrer dans la réalité commune, dans la vérité qui, seule, nous unit tous. Les conflits dans le monde, les difficultés relationnelles proviennent du fait que nous sommes enfermés dans nos propres intérêts et dans nos opinions personnelles, dans notre minuscule monde intérieur. L’égoïsme, celui du groupe comme celui de l’individu, nous tient prisonnier de nos intérêts et de nos désirs, qui s’opposent à la vérité et nous séparent les uns des autres. Réveillez-vous, nous dit l’Évangile. Venez dehors pour entrer dans la grande vérité commune, dans la communion de l’unique Dieu. Se réveiller signifie ainsi développer sa sensibilité pour Dieu, pour les signes silencieux par lesquels il veut nous guider, pour les multiples indices de sa présence. Il y a des personnes qui disent être religieusement privées « d’oreille musicale ». L’aptitude à percevoir Dieu semble presque un don qui est refusé à certains. Et en effet – notre manière de penser et d’agir, la mentalité du monde contemporain, l’éventail de nos diverses expériences sont de nature à affaiblir la sensibilité à Dieu, à nous priver « d’oreille musicale » pour Lui. Et pourtant dans toute âme est présente, de façon cachée ou ouverte, l’attente de Dieu, la capacité de le rencontrer. Pour obtenir cette vigilance, cet éveil à l’essentiel, nous voulons prier, pour nous-mêmes et pour les autres, pour ceux qui semblent être privés « d’oreille musicale » et chez qui, cependant, le désir que Dieu se manifeste est vif. Le grand théologien Origène a dit : si j’avais eu la grâce de voir comme a vu Paul, je pourrais à présent (durant la Liturgie) contempler une multitude d’anges (cf. in Lc 23, 9). En effet – dans la sainte Liturgie, les anges de Dieu et les saints nous entourent. Le Seigneur lui-même est présent au milieu de nous. Seigneur, ouvre les yeux de nos cœurs, afin que nous devenions vigilants et voyants et qu’ainsi nous puissions aussi porter ta proximité aux autres.

 

Revenons à l’Évangile de Noël. Celui-ci nous raconte que les bergers, après avoir entendu le message de l’ange, se dirent l’un à l’autre : « Allons jusqu’à Bethléem … Ils y allèrent, sans délai » (Lc 2, 15ss). « Il se hâtèrent » dit littéralement le texte grec. Ce qui leur avait été annoncé était si important qu’ils devaient se mettre en route immédiatement. En effet, ce qui leur avait été dit là, allait absolument au-delà de l’ordinaire. Cela changeait le monde. Le Sauveur est né. Le Fils de David attendu est venu au monde dans sa ville. Que pouvait-il y avoir de plus important? Bien sûr, la curiosité les poussait aussi, mais par-dessus tout la fébrilité liée à la grande réalité qui leur avait été communiquée précisément à eux, des petits et des hommes apparemment insignifiants. Ils se pressèrent – sans hésitation. Dans notre vie ordinaire, il n’en va pas ainsi. La majorité des hommes ne considère pas comme prioritaires les affaires de Dieu, celles-ci ne nous pressent pas immédiatement. Et nous aussi, pour l’immense majorité, nous sommes disposés à les renvoyer à plus tard. Avant tout nous faisons ce qui, ici et maintenant, apparaît urgent. Dans la liste des priorités, Dieu se retrouve souvent presqu’à la dernière place. Il sera toujours temps – pense-t-on – de s’en préoccuper. L’Évangile nous dit : Dieu a la plus grande priorité. Si quelque chose dans notre vie mérite urgence, c’est, alors, seulement la cause de Dieu. Une maxime de la Règle de saint Benoît dit : « Ne rien placer avant l’œuvre de Dieu (c’est-à-dire avant l’office divin) ». La Liturgie est, pour les moines, la priorité première. Tout le reste vient après. Toutefois, au fond, cette phrase vaut pour chaque homme. Dieu est important, il est dans l’absolu la réalité la plus importante de notre vie. C’est précisément cette priorité que nous enseignent les bergers. Nous voulons apprendre d’eux à ne pas nous laisser écraser par toutes les choses urgentes de la vie quotidienne. Nous voulons apprendre d’eux la liberté intérieure de mettre au second plan les autres occupations – pour importantes qu’elles soient – pour nous approcher de Dieu, pour le laisser entrer dans notre vie et dans notre temps. Le temps consacré à Dieu et, à partir de Lui, à notre prochain n’est jamais du temps perdu. C’est le temps dans lequel nous vivons vraiment, dans lequel nous vivons en tant que personnes humaines.

 

Certains commentateurs font remarquer que ce sont, en premier lieu, les bergers, les âmes simples qui sont venus auprès de Jésus dans la crèche et qui ont pu rencontrer le Rédempteur du monde. Les sages venus d’Orient, les représentants de ceux qui ont rang et renommée, viendront beaucoup plus tard. Les commentateurs ajoutent : ceci va de soi. Les bergers, en effet, habitaient à côté. Ceux-ci n’avaient qu’à « traverser » (cf. Lc 2, 15) comme on parcourt une courte distance pour se rendre chez les voisins. Les savants, en revanche, habitaient loin. Ceux-ci devaient parcourir un chemin long et difficile, pour arriver à Bethléem. Et ils avaient besoin d’un guide et d’indication. Eh bien, aujourd’hui encore, existent des âmes simples et humbles qui demeurent toutes proches du Seigneur. Celles-ci sont, pour ainsi dire, ses voisins et peuvent facilement aller chez Lui. Mais la majeure partie de nous, hommes modernes, vit loin de Jésus Christ, de Celui qui s’est fait homme, du Dieu venu au milieu de nous. Nous vivons dans les réflexions, dans les affaires et dans les occupations qui nous absorbent entièrement et depuis lesquelles le chemin vers la crèche est très long. De multiples manières, Dieu doit sans cesse nous pousser et nous aider, afin que nous puissions sortir de l’enchevêtrement de nos pensées et de nos engagements et trouver le chemin qui va vers Lui. Mais pour tous, il y a un chemin. Pour tous, le Seigneur dispose des signes adaptés à chacun. Il nous appelle tous, pour que nous aussi puissions dire : Allons, « traversons », allons jusqu’à Bethléem – vers ce Dieu, qui est venu à notre rencontre. Oui, Dieu s’est mis en chemin vers nous. De nous-mêmes, nous ne pourrions le rejoindre. Le chemin dépasse nos forces. Mais Dieu est descendu. Il vient à notre rencontre. Il a parcouru la plus grande partie du chemin. Maintenant, il nous demande : Venez et voyez combien je vous aime. Venez et voyez que je suis ici. Transeamus usque Bethleem, dit la Bible latine. Allons ! Dépassons-nous nous-mêmes! Faisons-nous, de mille manières, voyageurs vers Dieu en étant intérieurement en route vers Lui. Mais aussi par des chemins très concrets – dans la Liturgie de l’Église, dans le service du prochain, où le Christ m’attend.

 

Écoutons encore une fois directement l’Évangile. Les bergers se dirent l’un à l’autre la raison pour laquelle ils se mettent en chemin : « Voyons ce qui est arrivé ». Littéralement, le texte grec dit : « Voyons cette Parole, qui, là, est advenue ». Oui, telle est la nouveauté de cette nuit : la Parole peut être contemplée. Puisqu’elle s’est faite chair. Ce Dieu dont on ne doit faire aucune image, parce que toute image ne pourrait que l’amoindrir, et même le déformer, ce Dieu s’est rendu, Lui-même, visible en Celui qui est sa véritable image, comme dit Paul (cf. 2 Co 4, 4; Col 1, 15). Dans la figure de Jésus Christ, dans toute sa vie et son agir, dans sa mort et dans sa résurrection, nous pouvons regarder la Parole de Dieu et donc le mystère du Dieu vivant Lui-même. Dieu est ainsi. L’ange avait dit aux bergers : « Voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » (Lc 2, 12 ; cf. 16). Le signe de Dieu, le signe qui est donné aux bergers et à nous, n’est pas un miracle bouleversant. Le signe de Dieu est son humilité. Le signe de Dieu est qu’Il se fait petit ; devient enfant ; se laisse toucher et sollicite notre amour. Comme nous désirerions, nous les hommes, un signe différent, un signe imposant, irréfutable du pouvoir de Dieu et de sa grandeur. Mais son signe nous invite à la foi et à l’amour, et en conséquence, nous donne l’espérance : ainsi est Dieu. Il possède le pouvoir et Il est la Bonté. Il nous invite à devenir semblables à Lui. Oui, nous devenons semblables à Dieu, si nous nous laissons façonner par ce signe ; si nous apprenons, nous-mêmes, l’humilité et ainsi la vraie grandeur ; si nous renonçons à la violence et ne recourrons qu’aux seules armes de la vérité et de l’amour. Origène, suivant une parole de Jean-Baptiste, a vu l’expression de l’essence du paganisme dans le symbole de la pierre : le paganisme est un manque de sensibilité, il signifie un cœur de pierre qui est incapable d’aimer et de percevoir l’amour de Dieu. Origène dit des païens : « Privés de sentiment et de raison, ils se transforment en pierres et en bois » (in Lc22,9). Le Christ veut, cependant, nous donner un cœur de chair. Quand nous le voyons Lui, le Dieu qui est devenu enfant, notre cœur s’ouvre. Dans la Liturgie de la Sainte Nuit, Dieu vient à nous en tant qu’homme, afin que nous devenions vraiment humains. Écoutons encore Origène : « En effet, à quoi bon pour toi que le Christ soit venu une fois dans la chair, s’Il ne venait pas jusqu’en ton âme? Prions pour qu’il vienne quotidiennement à nous et que nous puissions dire : je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi (Ga 2, 20) » (in Lc22,3).

 

Oui, nous voulons prier pour cela au cours de cette Sainte Nuit. Seigneur Jésus Christ, toi qui es né à Bethléem, viens à nous! Entre en moi, dans mon âme. Transforme-moi. Renouvelle-moi. Fais que moi et nous tous, de pierre et de bois, devenions des personnes vivantes, dans lesquelles ton amour se rende présent et le monde soit transformé.

 

 

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