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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 18:37

Message du Pape Benoît XVI à la France en vue de sa Visite Apostolique, le 10 septembre 2008.

Chers Frères et Sœurs
,

Vendredi prochain j’entreprendrai mon premier voyage pastoral en France en tant que Successeur de Pierre.

A la veille de mon arrivée, je tiens à adresser mon cordial salut au peuple français et à tous les habitants de cette Nation bien-aimée.

Je viens chez vous en messager de paix et de fraternité.

Votre pays ne m’est pas inconnu. A plusieurs reprises j’ai eu la joie de m’y rendre et d’apprécier sa généreuse tradition d’accueil et de tolérance, ainsi que la solidité de sa foi chrétienne comme sa haute culture humaine et spirituelle.

Cette fois, l’occasion de ma venue est la célébration du cent cinquantième anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Lourdes.

Après avoir visité Paris, la capitale de votre pays, ce sera une grande joie pour moi de m’unir à la foule des pèlerins qui viennent suivre les étapes du chemin du Jubilé, à la suite de sainte Bernadette, jusqu’à la grotte de Massabielle. Ma prière se fera intense aux pieds de Notre Dame aux intentions de toute l’Église, particulièrement pour les malades, les personnes les plus délaissées, mais aussi pour la paix dans le monde. Que Marie soit pour vous tous, et particulièrement pour les jeunes, la Mère toujours disponible aux besoins de ses enfants, une lumière d’espérance qui éclaire et guide vos chemins !

Chers amis de France, je vous invite à vous unir à ma prière pour que ce voyage porte des fruits abondants.

Dans l’heureuse attente d’être prochainement parmi vous, j’invoque sur chacun, sur vos familles et sur vos communautés, la protection maternelle de la Vierge Marie, Notre Dame de Lourdes.

Que Dieu vous bénisse !


Source - Visionner le Message

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 11:02
Chers amis,

Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne fête du Christ Roi de l'Univers. Que soit béni son Nom éternellement!

A la demande de nombre d'entre vous, j'ai repris mon travail sur l'athéisme, et ferai en sorte de le publier très prochainement.

En attendant, je vous invite à vous replonger dans les quelques articles parus jusqu'alors sur cette question, ainsi que dans les discussions que nous avons pu avoir à ce propos.

Tout est parti d'un extrait du livre du Père Claude Tresmontant,
"Comment se pose aujourd'hui le problème de l'existence de Dieu" dans lequel l'auteur affirmait que l'athéisme n'existe pas.

Ce texte a suscité notamment un
commentaire de Hervé, auquel j'ai souhaité répondre en quatre parties. Deux d'entre elles ont été publiées à ce jour :

1-
L'athéisme, une impasse philosophique (1)
2- L'athéisme, une impasse philosophique (2)

Il me reste à démontrer pourquoi l'athéisme pensé jusqu'au bout conduit inexorablement au panthéisme (qui n'est alors plus un athéisme, mais une divinisation de la nature) - ce sera la 3e partie - et pourquoi l'athéisme qui veut absolument sortir du piège panthéiste n'a d'autre choix que de se réfugier dans l'irrationalisme (qui n'est pas une pensée philosophique, mais la négation de toute raison) - ce sera la 4e partie.

Sur la question de l'existence de Dieu, je vous invite à revoir la remarquable vidéo du P. Guggenheim. Et à visionner celle-ci, qui pose la question suivante : Dieu parle-t-il? Il s'agit d'un enseignement du Père Jean-Philippe FABRE donné dans le cadre des "Jeudis théologie" du Collège des Bernardins ; un cours magistral pour nourrir et fortifier notre foi.


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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 12:07
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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 00:00

Le 26 février 2009, le pape Benoît XVI a rencontré les curés et les prêtres du diocèse de Rome, comme il le fait chaque année en début du carême. Les prêtres ont posé plusieurs questions sur différents thèmes dont celle-ci.

Question du P. Guillermo M. Cassone
, de la communauté de Schönstatt, qui s'est interrogé sur la manière d’améliorer le rapport entre la Parole de Dieu et la piété mariale, tant dans la vie spirituelle sacerdotale que dans l'action pastorale. Il a demandé au pape de fournir des éclaircissements à travers son enseignement sur ce thème.

Benoît XVI –
Il me semble que vous avez également apporté la réponse à votre question. En réalité, Marie est la femme de l'écoute : nous le voyons dans la rencontre avec l'Ange et nous le revoyons dans toutes les scènes de sa vie, des noces de Cana jusqu'au jour de la Pentecôte, lorsqu'elle se tient au milieu des apôtres précisément pour accueillir l'Esprit. C'est le symbole de l'ouverture, de l'Eglise qui attend la venue de l'Esprit Saint.

Au moment de l'annonce, nous pouvons déjà entrevoir l'attitude d'écoute – une écoute réelle, une écoute à intérioriser, qui ne dit pas simplement oui, mais qui assimile la Parole, prend la Parole – à laquelle suit la véritable obéissance, comme s'il s'agissait d'une Parole intériorisée, c'est-à-dire devenue Parole en nous et pour nous, presque comme une forme de notre vie. Cela me semble très beau : voir cette écoute active, c'est-à-dire une écoute qui attire la Parole de façon à ce qu'elle entre et devienne en nous Parole, la reflétant et l'acceptant au plus profond du cœur. Ainsi, la Parole devient incarnation.

Nous le voyons également dans le Magnificat. Nous savons qu'il s'agit d'un tissu composé de paroles de l'Ancien Testament. Nous voyons que
Marie est réellement une femme d'écoute, qui connaissait dans son cœur l'Ecriture. Elle ne connaissait pas seulement certains textes, mais elle s'était tellement identifiée à la Parole que les paroles de l'Ancien Testament devenaient, synthétisées, comme un chant dans son cœur et sur ses lèvres. Nous voyons que sa vie était réellement pénétrée par la Parole, elle était entrée dans la Parole, l'avait assimilée et était devenue vie en elle, se transformant ensuite à nouveau en Parole de louange et d'annonce de la grandeur de Dieu.

Il me semble que saint Luc, se référant à Marie, dit au moins trois fois, peut-être quatre, qu'elle a assimilé et conservé les paroles dans son cœur. C'était, pour les Pères, le modèle de l'Eglise, le modèle du croyant qui conserve la Parole, porte en lui la Parole ; non seulement il la lit, mais il l'interprète avec son esprit pour savoir ce qu'elle a été à cette époque, quelles sont les questions philologiques. Tout cela est intéressant, important, mais il est plus important d'écouter la Parole qui doit être conservée et qui devient Parole en nous, vie en nous et présence du Seigneur. C'est pourquoi le lien entre mariologie et théologie de la Parole, dont ont également parlé les pères synodaux, et dont nous parlerons dans notre document post-synodal, me semble important.

Cela est évident : la Vierge est la parole de l'écoute, la parole silencieuse, mais également parole de louange, de l'annonce, parce que la Parole dans l'écoute devient à nouveau chair et devient ainsi présence de la grandeur de Dieu.


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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 18:21

Le 26 février 2009, le pape Benoît XVI a rencontré les curés et les prêtres du diocèse de Rome, comme il le fait chaque année en début du carême. Les prêtres ont posé plusieurs questions sur différents thèmes dont celle-ci.

Question –
Le père Pietro Riggi, salésien a déclaré : « Le Concile Vatican II a apporté beaucoup de changements très importants dans l'Eglise, mais il n'a pas aboli ce qui existait déjà. Il me semble que plusieurs prêtres ou théologiens voudraient faire passer comme l'esprit du Concile ce qui au contraire n'a rien à voir avec le Concile lui-même. Par exemple, les indulgences. Il existe le Manuel des indulgences de la Pénitencerie apostolique ; à travers les indulgences, on puise au trésor de l'Eglise et on peut prier pour les âmes du Purgatoire. Il existe un calendrier liturgique qui précise quand et comment il est possible d'obtenir les indulgences plénières, mais de nombreux prêtres n'en parlent plus, empêchant ainsi de faire arriver des prières importantes aux âmes du Purgatoire. Ensuite, les bénédictions. Il existe le Manuel des Bénédictions, dans lequel est prévue la bénédiction de personnes, de lieux, d'objets et même de nourriture. Mais de nombreux prêtres ne connaissent pas tout cela, et d'autres les considèrent comme pré-conciliaires, et renvoient ainsi les fidèles qui demandent ce qui devrait leur revenir de droit.

« Les pratiques de piété les plus connues. Les premiers vendredis du mois n'ont pas été abolis par le Concile Vatican II, mais de nombreux prêtres n'en parlent plus, ou encore en parlent mal. Aujourd'hui, il existe un sentiment d'aversion à l'égard de tout cela, car on les considère comme antiques et nuisibles, comme des choses anciennes et préconciliaires ; je pense au contraire que toutes ces prières et pratiques chrétiennes sont très actuelles et très importantes, qu'elles doivent être reprises et expliquées de façon adéquate au Peuple de Dieu, dans un juste équilibre et dans la vérité complète de Vatican II »
.

Benoît XVI – Il s'agit de réalités dont le Concile n'a pas parlé, mais qu'il suppose être des réalités de l'Eglise. Celles-ci vivent dans l'Eglise et se développent. Ce n'est pas le moment ici d'entrer dans le vaste thème des indulgences. Paul VI a réformé ce thème et nous a indiqué le fil pour le comprendre. Je dirais qu'il s'agit simplement d'un échange de dons, c'est-à-dire de ce qu'il existe de bon dans l'Eglise, ce qui existe pour tous.
Avec cette clé de l'indulgence, nous pouvons entrer dans cette communion des biens de l'Eglise. Les protestants s'opposent en affirmant que l'unique trésor est le Christ. Mais pour moi, ce qu'il y a de merveilleux, c'est que le Christ – qui est réellement plus que suffisant dans son amour infini, dans sa divinité et dans son humanité – voulait ajouter à ce qu'il a fait également notre pauvreté. Il ne nous considère pas uniquement comme des objets de sa miséricorde, mais il fait de nous des sujets de sa miséricorde et de son amour pour Lui, comme si – même si ce n'est pas de façon quantitative, mais au moins de façon mystérieuse – il voulait nous ajouter au grand trésor du Corps du Christ. Il voulait être la Tête avec le Corps. Et il voulait qu'avec son Corps soit complété le mystère de sa rédemption. Jésus voulait avoir l'Eglise comme son Corps, dans lequel se réalise toute la richesse de ce qu'il a fait. De ce mystère résulte précisément qu'il existe un thesaurus ecclesiae, que le Corps, comme la Tête, donne beaucoup et que nous pouvons recevoir l'un de l'autre et donner l'un à l'autre.

Et cela vaut également pour les autres choses, par exemple, les vendredis du sacré Cœur : il s'agit d'une chose très belle dans l'Eglise. Ce ne sont pas des choses nécessaires, mais qui ont mûri dans la richesse de la méditation du mystère. Ainsi, le Seigneur nous offre ces possibilités dans l'Eglise. Je ne pense pas que ce soit ici le lieu d'entrer dans tous les détails. Chacun peut plus ou moins comprendre ce qui est important ou non ; mais personne ne devrait mépriser cette richesse, développée au fil des siècles comme un don et comme une multiplication des lumières dans l'Eglise. La lumière du Christ est unique. Elle apparaît dans toutes ses tonalités et offre la connaissance et la richesse de son don, l'interaction entre la Tête et le Corps, l'interaction entre les membres, afin que nous puissions être véritablement ensemble un organisme vivant, dans lequel chacun donne à tous et tous donnent le Seigneur, qui nous a donné son être tout entier.


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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 17:24

Le 26 février 2009, le pape Benoît XVI a rencontré les curés et les prêtres du diocèse de Rome, comme il le fait chaque année en début du carême. Les prêtres ont posé plusieurs questions sur différents thèmes dont celle-ci.

Question de Don Marco Valentini, vicaire de la paroisse « Sant'Ambrogio » :
Sans rien ôter à la formation humaine, philosophique, psychologique, dans les universités et les séminaires, je voudrais comprendre si notre spécificité n'exige pas une formation liturgique plus approfondie, ou bien si la pratique et la structure actuelle des études répondent de manière satisfaisante à la Constitution Sacrosanctum Concilium n. 16, lorsqu'elle dit que la liturgie doit être comptée au nombre des matières nécessaires et les plus importantes, principales et doit être enseignée sous l'aspect théologique, historique, spirituel, pastoral et juridique et que les professeurs des autres matières doivent avoir soin que le lien avec la liturgie soit clair. Je pose cette question parce que, m'appuyant sur le préambule du décret Optatam totius, il me semble que les multiples actions de l'Eglise dans le monde et notre propre pratique pastorale, dépendent beaucoup de notre propre conscience du mystère inépuisable d'être baptisés, confirmés et prêtres.

Benoît XVI –
Donc, si j'ai bien compris, la question est la suivante : quel est, dans l'ensemble de notre travail pastoral, multiple et aux très nombreuses dimensions, l'espace et le lieu de l'éducation liturgique et de la réalité de la célébration du mystère. En ce sens, me semble-t-il, c'est aussi une question sur l'unité de notre annonce et de notre travail pastoral, qui a un grand nombre de dimensions. Nous devons chercher quel est le point d'unité, afin que ces nombreuses occupations qui sont les nôtres soient toutes ensemble un travail du pasteur. Si j'ai bien compris, vous êtes de l'avis que le point d'unité, qui crée la synthèse de toutes les dimensions de notre travail et de notre foi, pourrait être précisément la célébration des mystères. Et, donc, la mystagogie, qui nous apprend à célébrer.

Selon moi, il est réellement important que les sacrements, la célébration eucharistique des sacrements, ne soit pas quelque chose d'un peu étrange à côté de travaux plus contemporains comme l'éducation morale, économique, tout ce que nous avons déjà dit.
Il peut facilement arriver que le sacrement reste un peu isolé dans un contexte plus pragmatique et qu'il devienne une réalité qui ne soit pas tout à fait intégrée à la totalité de notre être humain. Merci de cette question, parce que nous devons réellement enseigner à être homme. Nous devons enseigner ce grand art : comment être un homme. Cela exige, comme nous l'avons vu, beaucoup de choses : de la grande dénonciation du péché originel aux racines de notre économie et dans les nombreuses branches de notre vie, jusqu'à des orientations concrètes sur la justice, jusqu'à l'annonce aux non-croyants. Mais les mystères ne sont pas quelque chose d'exotique dans l'univers des réalités plus concrètes. Le mystère est le cœur d'où provient notre force et auquel nous retournons pour trouver ce centre. Et c'est la raison pour laquelle je pense que la catéchèse, disons, mystagogique est réellement importante. Mystagogique veut aussi dire réaliste, qui se réfère à notre vie à nous, hommes d'aujourd'hui. S'il est vrai que l'homme n'a pas en lui-même sa propre mesure – qu'est-ce qui est juste et qu'est-ce qui ne l'est pas – mais trouve sa mesure en dehors de lui-même, en Dieu, il est important que ce Dieu ne soit pas lointain mais puisse être reconnu, qu'il soit concret, qu'il entre dans notre vie et qu'il soit réellement un ami avec lequel nous puissions parler et qui parle avec nous. Nous devons apprendre à célébrer l'Eucharistie, apprendre à connaître Jésus Christ, le Dieu à visage humain, de près, entrer réellement en contact avec Lui, apprendre à l'écouter, apprendre à le laisser entrer en nous. Parce que la communion sacramentelle est précisément cette interpénétration entre deux personnes. Je ne prends pas un morceau de pain ou de chair, je prends ou j'ouvre mon cœur pour que le Ressuscité entre en moi, pour qu'il soit en moi et pas seulement en dehors de moi, et qu'il parle ainsi en moi et transforme mon être, me donne le sens de la justice, le dynamisme de la justice, le zèle pour l'Evangile.

Cette célébration, dans laquelle Dieu se fait non seulement proche de nous mais entre dans la trame de notre existence, est fondamentale pour pouvoir réellement vivre avec Dieu et pour Dieu et porter la lumière de Dieu dans ce monde.
N'entrons pas à présent dans trop de détails. Mais il est toujours important que la catéchèse sacramentelle soit une catéchèse existentielle. Naturellement, tout en acceptant et en apprenant toujours davantage la dimension de mystère – là où s'arrêtent les paroles et les raisonnements – elle est totalement réaliste, parce qu'elle me conduit à Dieu et conduit Dieu à moi. Elle me conduit à l'autre parce que l'autre reçoit le Christ lui-même, tout comme moi. Donc si en lui et en moi il y a le même Christ, nous ne sommes plus, nous-mêmes, des individus séparés. C'est ici que naît la doctrine du Corps du Christ, parce que nous somme tous incorporés si nous recevons bien l'Eucharistie dans le Christ lui-même. Alors mon prochain m'est réellement proche : nous ne sommes pas deux « moi » séparés, mais nous sommes unis dans le même « moi » du Christ. En d'autres termes, la catéchèse eucharistique et sacramentelle doit réellement arriver au cœur de notre existence, être réellement une éducation à nous ouvrir à la voix de Dieu, à accepter de nous ouvrir pour qu'elle brise ce péché originel de l'égoïsme et qu'elle soit une ouverture en profondeur de notre existence, afin que nous puissions devenir de vrais justes. En ce sens il me semble que nous devons tous toujours mieux apprendre la liturgie, non comme quelque chose d'exotique, mais comme le cœur de notre être en tant que chrétiens, qui ne s'ouvre pas facilement à un homme distant, mais qui est véritablement, d'autre part, l'ouverture vers l'autre, vers le monde. Nous devons tous collaborer pour célébrer toujours plus en profondeur l'Eucharistie : non seulement comme un rite, mais comme un processus existentiel qui nous touche dans notre intimité, plus que toute autre chose, et nous change, nous transforme. Et qui, en nous transformant, inaugure également la transformation du monde que le Seigneur désire et pour laquelle il veut faire de nous ses instruments.


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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 18:52

Le 26 février 2009, le pape Benoît XVI a rencontré les curés et les prêtres du diocèse de Rome, comme il le fait chaque année en début du carême. Les prêtres ont posé plusieurs questions sur différents thèmes dont celle-ci.

Question –
La quatrième question a été posée par Don Giampiero Ialongo, qui exerce son ministère dans la périphérie de Rome où les conséquences de la crise sont particulièrement dramatiques. Aux côtés de la « Caritas », la paroisse tente de venir en aide aux personnes en difficulté mais selon le P. Ialongo il s'agit d'un véritable état d'urgence. Don Giampiero a expliqué que l'Eglise apporte certes une aide concrète mais elle n'apporte pas de solution. Il s'est interrogé sur les raisons de cette crise généralisée...

Benoît XVI – (…)
Cette question (…) touche le point sensible des problèmes de notre temps. Je distinguerais deux niveaux. Le premier est le niveau de la macroéconomie, qui ensuite se réalise, jusqu'au dernier citoyen, lequel subit les conséquences de l'échec d'un système. Naturellement, l'Eglise a le devoir de le dénoncer. Comme vous le savez, depuis longtemps nous préparons une Encyclique sur ces thèmes. Dans ce long chemin, je m'aperçois à quel point il est difficile de parler avec compétence d'une certaine réalité économique, parce que si on ne l'affronte pas avec compétence, on ne peut pas être crédible. Et, d'autre part, cela nécessite aussi une grande conscience éthique, disons créée et réveillée par une conscience formée par l'Evangile. L'Eglise a donc le devoir de dénoncer ces erreurs fondamentales, que révèle aujourd'hui l'effondrement des grandes banques américaines, des erreurs de fond : en fin de compte, l'avarice de l'homme comme péché ou, comme le dit l'Epître aux Colossiens, l'avarice comme idolâtrie. Nous devons dénoncer cette idolâtrie, qui va contre le vrai Dieu, et constitue une contrefaçon de l'image de Dieu à travers un autre dieu, Mammon. Nous devons le faire avec courage, mais aussi concrètement. Parce que les grandes idées morales sont inutiles si elles ne s'appuient pas sur la connaissance de la réalité, qui aide aussi à comprendre ce que l'on peut faire concrètement pour changer petit à petit la situation. Et, naturellement, pour y parvenir, la connaissance de cette vérité et la bonne volonté de tous sont nécessaires.

Nous touchons ici au point crucial : le péché originel existe-t-il réellement ? S'il n'existait pas, nous pourrions faire appel à la raison lucide, sur la base d'arguments accessibles à chacun et incontestables, ainsi qu'à la bonne volonté qui existe en tous. Simplement de cette façon, nous pourrions aller de l'avant et réformer l'humanité. Mais ce n'est pas le cas : la raison – même la nôtre – est obscurcie, nous le constatons chaque jour. Car l'égoïsme, la racine de l'avarice, réside dans le fait de vouloir avant tout soi-même, et le monde pour soi. Et il existe en nous tous. C'est cela, l'obscurcissement de la raison : elle peut être très savante, s'appuyer sur de très beaux arguments scientifiques, mais n'en est pas moins obscurcie par de fausses prémisses. Ainsi s'aventure-t-elle avec une grande intelligence et à grands pas sur la mauvaise route. Même la volonté est, disons, courbée, comme l'observent les Pères de l'Eglise : elle n'est pas simplement encline à faire le bien, mais elle cherche avant tout son propre moi, ou le bien de son propre groupe. Et donc trouver réellement la voie de la raison, de la raison vraie, déjà ce n'est pas toujours facile ; la développer dans un dialogue, c'est très difficile. Sans la lumière de la foi, qui pénètre dans les ténèbres du péché originel, la raison est impuissante à avancer. Mais la foi se heurte ensuite à la résistance de notre volonté. Celle-ci refuse de voir le chemin, qui constituerait aussi un chemin de renoncement à soi-même et de correction de sa propre volonté en faveur de l'autre, et non pour soi.

Je dirais donc qu'il faut dénoncer de façon raisonnable et raisonnée les erreurs, non pas avec de grands appels à la morale, mais sur la base d'arguments concrets et compréhensibles par tous dans le monde de l'économie actuelle. Le faire est important, c'est la mission de l'Eglise depuis toujours. Nous savons que, dans la situation nouvelle qui a été créée avec le monde industriel, la doctrine sociale de l'Eglise, depuis Léon XIII, a cherché non seulement à dénoncer les erreurs – ce qui ne suffit pas – mais elle montre aussi la voie, les chemins difficiles où, pas après pas, sont requis l'assentiment de la raison et l'assentiment de la volonté, en même temps que la correction de notre conscience, la volonté de renoncer dans un certain sens à soi-même pour pouvoir collaborer avec ce qui est le véritable but de la vie humaine, de l'humanité.

Ceci dit,
l'Eglise a toujours le devoir d'être vigilante, de chercher par elle-même et de son mieux à connaître les arguments du monde économique, d'entrer dans ce raisonnement et d'éclairer ce raisonnement grâce à la foi qui nous libère de l'égoïsme et du péché originel. L'Eglise doit entrer dans ce discernement, dans ce raisonnement, faire entendre sa voix, également aux différents niveaux nationaux et internationaux, pour aider et corriger. Et ce n'est pas un travail facile, compte tenu de nombreux intérêts personnels et de groupes nationaux qui s'opposent à une correction radicale. C'est peut-être du pessimisme, mais cela me semble être plutôt du réalisme : tant qu'existe le péché originel, nous ne parviendrons jamais à une correction radicale et totale. Néanmoins, nous devons tout faire pour que soient opérées des corrections au moins provisoires, suffisantes pour faire vivre l'humanité et pour contrer la prédominance de l'égoïsme, qui se présente sous des prétextes de science, d'économie nationale et internationale.

Ceci est le premier niveau. L'autre est d'être réaliste. Et de comprendre que ces grands objectifs de la macro-science ne se réalisent pas dans la micro-science – la macroéconomie dans la micro-économie – sans la conversion des cœurs. S'il n'y a pas de justes, il n'y a pas non plus de justice. Nous devons accepter cela. Voici pourquoi la formation à la justice est un objectif prioritaire, voire même la priorité. Parce que saint Paul dit que la justification est l'effet de l'oeuvre du Christ, n'est pas un concept abstrait, concernant des péchés qui aujourd'hui ne nous intéressent pas, mais se réfère précisément à la justice intégrale. Dieu seul est en mesure de nous la donner, mais il nous la donne avec notre coopération à différents niveaux, à tous les niveaux possibles.

De bons modèles économiques sont nécessaires, mais ne peuvent créer à eux seuls la justice dans le monde. La justice ne peut se réaliser qu'avec des hommes justes. Et ceux-ci n'existent pas s'il n'y a pas le travail humble, quotidien, pour convertir les coeurs. Et pour créer la justice dans les coeurs. C'est seulement ainsi que se répand également la justice corrective. Voilà pourquoi le travail du curé est si fondamental, pas seulement pour la paroisse, mais aussi pour l'humanité. Parce que s'il n'y a pas d'hommes justes, comme je l'ai dit, la justice demeure abstraite. Et on ne réalise pas de bonnes structures, si l'égoïsme de personnes, même compétentes, s'y oppose.

Notre travail, humble, quotidien, est fondamental pour atteindre les grands objectifs de l'humanité. Et nous devons oeuvrer ensemble à tous les niveaux. L'Eglise universelle a le devoir de dénoncer, mais aussi d'annoncer ce qu'on peut faire et comment on peut le faire. Les conférences épiscopales et les évêques doivent agir. Mais tous nous avons le devoir d'éduquer à la justice. Il me semble qu'aujourd'hui encore, le dialogue d'Abraham avec Dieu reste vrai et réaliste (Gn. 18, 22-33), lorsque le premier dit : vas-tu vraiment détruire la ville ? Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville ! Peut-être dix justes. Et dix justes sont suffisants pour que la ville survive. Aujourd'hui, s'il manque dix justes, avec toute la doctrine économique du monde, la société ne survivra pas. C'est pourquoi nous devons tout faire pour former et garantir au moins dix justes, mais si possible beaucoup plus. Précisément avec notre annonce, faisons en sorte qu'il y ait un grand nombre de justes, que la justice soit vraiment présente dans le monde.

Quant aux effets, les deux niveaux sont inséparables. Si, d'un côté, nous n'annonçons pas la macro-justice, la micro-justice ne s'étendra pas. Mais, d'un autre côté, si nous n'effectuons pas un travail très humble de micro-justice, la macro-justice ne se développera pas non plus. Et toujours, comme je l'ai dit dans ma première Encyclique, avec tous les systèmes qui peuvent se développer dans le monde,
au-delà de la justice que nous recherchons, la charité demeure nécessaire. Ouvrir les cœurs à la justice et à la charité, c'est former à la foi, guider vers Dieu.
 

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 11:44

Je me suis récemment inscrit à la Fraternité des âmes délaissées du Purgatoire. Cette Fraternité dépend du sanctuaire de Notre-Dame de Montligeon, et moyennant une offrande symbolique (30 €), je me trouve lié spirituellement et perpétuellement aux membres de cette « paroisse invisible » et sans frontières qui compte plusieurs millions d’adhérents de par le monde. Je bénéficie en particulier des grâces obtenues par la célébration de toutes les messes, ce qui constitue un précieux soutien dans ma vie quotidienne de foi et de prière.

Cette adhésion m’a valu un abonnement gratuit de 6 mois à la revue du Sanctuaire : « Chemins d’éternité ». J’ai reçu cette semaine la livraison des mois de novembre/décembre 2009 consacrée aux Indulgences, et je voudrais vous partager ma joie et mes découvertes à la lecture de ce numéro vraiment
indispensable que je ne saurais que trop vous recommander.

« Le sujet des indulgences pose aux chrétiens de nombreuses questions
, introduit l’éditorial du Père Paul Préaux, recteur de la Basilique de Notre-Dame de Montligeon. Il s’agit, il est vrai d’un sujet délicat, à l’origine de ruptures dramatiques » (p. 3).

Le Père Jean-Robert Armogathe, aumônier de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, rappelle à cet égard le grand conflit ayant opposé Martin Luther à l’Eglise catholique, coupable à ses yeux d’
« abus récurrents, le principal étant la simonie, le trafic de ces indulgences. ». Il a fallu tout le travail des Papes et des évêques pour « canaliser une piété populaire attachée à cette pratique : il fallait surtout éviter la spéculation sur l’au-delà » (p. 18). On ne marchande pas l’amour de Dieu.

Les mentalités catholiques d’aujourd’hui restent manifestement marquées par les conflits et abus d’autrefois. Car de fait, la pratique des indulgences semble plutôt délaissée par les fidèles.
« Ce qui est étonnant, remarque le P. Préaux, c’est que devant la richesse d’un tel trésor dont nous sommes dépositaires, bien peu de catholiques se sentent impliqués ». La revue « Chemins d’éternité » nous invite donc à redécouvrir ce grand don des Indulgences et à en tirer tout le profit spirituel qui s'y trouve attaché : « soyons indulgents avec les indulgences ! » nous exhorte le P. Préaux.

Mais de quoi parle-t-on au juste ?
« En latin, l’indulgence n’a rien à voir avec la vertu de ce nom en français : c’est une remise de peine » (P. Armogathe). Quelle peine ? Celle causée par notre attachement au péché. On pourrait entendre ici le mot « peine » non pas tant dans son acception pénale que dans le sens où le péché nous rend « triste ». On se souvient de la péricope du jeune homme riche dans l’Evangile, qui après avoir interrogé Jésus sur les moyens d’aller au Ciel, repart « tout triste parce qu’il avait de grands biens » (Mt 19. 22)… Le péché nous aliène et nous rend malheureux (même si nous avons le sentiment du contraire). Or, c’est de cette misère qu’il convient précisément d’être détaché. Ce détachement peut-être un véritable arrachement, à raison du profond enracinement du péché dans notre cœur. Et c’est ce qui explique sans doute la souffrance des âmes du Purgatoire. Mais cette souffrance nous délivre d’une douleur encore plus grande : celle qui résulte de notre éloignement de Dieu, notre seul vrai bonheur. En outre, elle n’est pas inévitable : les indulgences nous en libèrent. Preuve s’il en était besoin que ce n’est pas la souffrance en tant que telle qui purifie, mais bien l'Amour de Dieu.

Mais si tel est vraiment le cas, pourquoi alors le sacrement de réconciliation (qui est par excellence le sacrement de l'Amour de Dieu) n’efface-t-il pas toute la peine causée par le péché ? Parce que si le pardon des péchés a pour effet de remettre effectivement la dette du pécheur et de le rétablir dans sa dignité d’enfant de Dieu, il reste à l’homme de se mettre en mouvement pour manifester l’adhésion de sa liberté à cette toute nouvelle condition qui résulte de la grâce sacramentelle. Cette mise en mouvement est une exigence intrinsèque au don de la Miséricorde. Car une fois relevé, il n’est pas possible de faire comme s’il ne s’était rien passé, comme si la faute n’avait pas été commise, comme si elle n’avait pas eu de conséquences. Je dois m’efforcer de réparer ce qui peut l’être ; c’est là une nécessité de l’Amour même. Si je n’y procédais pas, je manifesterais une bien grande ingratitude qui me maintiendrait dans l’égoïsme et donc, dans le péché. Pour sortir du péché, me purifier de l’égoïsme et en guérir, le pardon reçu ne suffit pas : je dois encore poser un acte d’amour qui va me resituer dans la Justice ; et c’est cet acte qui va parachever l’œuvre de la Miséricorde accomplie dans le sacrement du pardon (cf. Mt 18. 23-34). Celui-ci ne peut donc produire ses fruits de guérison qu’en tant que l’homme participe lui-même activement à la
réparation du péché commis.

Pour mieux comprendre ce lien entre pardon de Dieu et réparation de l'homme, Don François-Regis Moreau, prêtre de la Communauté Saint-Martin, nous donne une image : celle
« d’un enfant qui aurait cassé un vase à la maison : il va demander pardon à ses parents, et sa faute est effacée ; mais il n’en demeure pas mois que le vase reste brisé ! » Le pénitent est donc invité à réparer son péché. C’est là la « peine » due au péché ; une exigence de la Miséricorde même qu'il a reçue et dont il vit désormais, à charge pour lui de le manifester dans ses actes.

« Tous les théologiens chrétiens conviennent de l’objectivité de la blessure que cause le péché. Luther rejetait fermement toute tentative d’alléger la pénitence qu’impliquait cette sanctification. Tout péché est une atteinte à l’ordre du monde. Le repentir permet d’obtenir le pardon de Dieu et la réintégration du pécheur dans la communion ; mais ce qui a été cassé ne peut être que réparé, recollé.
Il reste une trace matérielle du mal causé, y compris dans le pécheur lui-même : l’homme doit être progressivement guéri des conséquences négatives que le péché a causées en lui. »
(P. J.-R. Armogathe, p. 19).

Le don de l'indulgence (par laquelle l’exigence de réparation est totalement ou partiellement satisfaite) est donc indéfectiblement lié, lui aussi, au sacrement du pardon.
« Le sacrement de réconciliation vient rétablir mon lien avec Dieu. L’indulgence elle, vient une fois que le sacrement du pardon a été donné. Ce n’est pas l’un ou l’autre, c’est l’un après l’autre. » (Père Jean-Philippe Nault, recteur du sanctuaire d’Ars, p. 1). « La théologie catholique (…) situe les indulgences dans le contexte de l’agir sacramentel du Christ-Rédempteur à travers le sacrement de réconciliation pénitente » (P. Bertrand de Margerie, in Le Mystère des Indulgences, editions P. Lethielleux, cité p. 13).

Le Père Nault évoque à ce sujet la distinction classique entre la « peine éternelle » et la « peine temporelle » dues au péché. La peine éternelle est celle qui résulte du péché, en tant qu’il me coupe de Dieu. Le peine est dite éternelle
« parce qu’elle dure tant que je ne reviens pas à Dieu ». « Quand je vais me confesser, je renoue ce lien plus ou moins abîmé ».

La « peine temporelle » est celle qui résulte des conséquences du péché, qui laisse des séquelles plus ou moins graves selon la gravité de la faute commise. Cette peine est satisfaite par les bonnes oeuvres du pénitent, ou dans le Purgatoire… à moins qu’elle ne soit purement et simplement remise par la grâce de l’indulgence. La pratique de l’indulgence constitue ainsi
« une application concrète du principe selon lequel, dans le Royaume de Dieu, tout est DON, don grâcieux et immérité, et en même temps – dans le mystère de la Providence divine – [un rappel de ce que] nous sommes appelés, dès maintenant, à coopérer humblement à l’édification de ce Royaume. » (P. Préaux, p. 3).

Les indulgences sont accordées par le Pape, successeur de Saint Pierre, en vertu du « pouvoir des clés » qui lui a été conféré par le Christ :
« Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux » (Mt. 16. 19). Elles puisent dans le trésor de la communion des Saints, « constitué des satisfactions surabondantes de Jésus-Christ, de la Vierge et de tous les Saints » : « Nous participons au merveilleux échange des biens spirituels dans lequel la sainteté de l’un profite aux autres, bien au-delà des dommages que le péché de l’un a pu causer aux autres » (Jeanine le Goff, p. 14). Les indulgences ne contredisent pas la Justice divine, puisqu’en les obtenant, nous nous approprions les mérites du Seigneur Jésus et de tous les Saints du ciel ; nous faisons nôtres leurs propres mérites, et leurs propres actes de réparation. Nos péchés sont donc bien réparés et la peine temporelle satisfaite, mais par d’autres que nous, en vertu de la solidarité qui nous unis dans le Christ. Pour reprendre notre exemple de l’enfant qui a cassé le vase, il faut imaginer qu’il soit aidé dans son acte de réparation par sa maman et sa grande sœur. Or, l’Eglise est une grande famille ! Par la pratique de l’indulgence, nos frères et sœurs aînés dans la foi viennent à notre secours et font l'essentiel du "travail", par la grâce de Dieu. C'est ainsi que « dans l’indulgence, il y a un surplus de miséricorde » (P. Nault). Jean-Paul II parlait de l'indulgence comme du « don total de la miséricorde ».

Il pourra paraître choquant à certains que le sacrifice du Seigneur Jésus-Christ sur la Croix ne suffisent pas à tout réparer. Mais quand on y réfléchit, cela renvoi à une vérité très profonde de notre foi, à savoir que
« Dieu fait tout pour nous, mais pas en dehors de nous » (Jeanine Le Goff). Si Dieu agissait sans nous, il manquerait quelque chose. Or, c’est ce manque que nos œuvres viennent combler. Non pas les œuvres de la loi, qui ne sanctifient pas, mais les œuvres de la foi, dont parle St Jacques dans son Epître (2. 14-26). Les œuvres de la foi viennent compléter « ce qui manque aux souffrances du Christ pour son Corps qui est l’Eglise » (Rm 1. 24). Le P. Armogathe nous invite à contempler l’Eglise décrite dans l’Apocalypse comme l’épouse vêtue d’une simple robe de lin blanc, d’une étoffe pure et resplendissante, lequel lin blanc représente selon Saint Jean « les bonnes actions des Saints ».

En conséquence, si le Royaume de Dieu est un don gratuit que nous ne pouvons pas « mériter » par nos « bonnes œuvres », il n’en demeure pas mois que
« notre agir n’est pas indifférent devant Dieu et qu’il n’est donc pas non plus indifférent pour le déroulement de l’Histoire. Nous pouvons nous ouvrir nous-mêmes, ainsi que le monde, à l’entrée de Dieu : de la vérité, de l’amour, du bien. C’est ce qu’ont fait les Saints, qui, comme « collaborateurs de Dieu » ont contribué au Salut du monde (cf. 1 Co 3. 9 ; 1 Th. 3. 2). Nous pouvons libérer notre vie et le monde des empoisonnements et des pollutions qui pourraient détruire le présent et l’avenir. » (Benoît XVI, Encyclique Spe Salvi, n°35).

« Le Christ est l’unique Sauveur des hommes,
affirme Jeanine le Goff, mais Il a besoin de nous comme Il a eu besoin de Marie pour que son Fils vienne sur terre » (p. 14).

Si les indulgences nous permettent d'échapper à la peine temporelle due au péché par la grâce de Dieu et les mérites des Saints, elles s'inscrivent dans une démarche de pénitence (dont nous ne sommes pas affranchis) et de
conversion (dont nous ne pouvons faire l'économie) : c’est la raison pour laquelle leur réception est conditionnée à un certain nombre de pratiques, destinées à manifester notre repentir. Par exemple, à l’occasion du Jubilé célébré à Ars pour le 150e anniversaire de la mort du Saint Curé, une démarche en cinq points a été proposée aux pèlerins :

« 1) passer la Porte Sainte, c’est-à-dire poser un acte de foi, choisir le Christ comme unique Sauveur et donc refuser ce qui m’en éloigne ;
2) se laisser laver par la Miséricorde dans le sacrement de pénitence ;
3) se laisser nourrir par Dieu par l’Eucharistie et la communion ;
4) prendre un temps de prière aux intentions du Saint Père (…) ;
5) choisir un acte de charité et le mettre en œuvre.


Il s’agit ainsi d’ouvrir notre cœur et d’entrer, avec la grâce de Dieu, dans un chemin de conversion et donc de sainteté »
. (P. Nault, p. 11 et 12).

C’est donc à la mesure de notre amour que nous recevons le don des indulgences. Celles-ci n'ont aucun caractère magique. Ainsi qu’il en est également de la prière ou du sacrement de réconciliation, la grâce de l'indulgence n’agit que dans la mesure où mon cœur est suffisamment ouvert pour la recevoir. Il en résulte que l’indulgence ne présente aucun caractère automatique.
« La théologie catholique (…) ne peut nullement garantir que, même dans le cas de l’indulgence plénière, la peine temporelle encore due au péché est entièrement remise par Dieu. Pour l’Eglise, la conversion est toujours nécessaire, sinon l’indulgence plénière ne serait qu’illusion. Pas d’indulgence plénière sans contrition parfaite » (P. Bertrand de Margerie, p. 13).


Rappelons ici que les indulgences peuvent être obtenues pour soi-même ou pour nos frères défunts ; que si nous ne pouvons en faire bénéficier des frères ou des sœurs vivants (en raison de l’exigence de conversion que leur réception suppose, et que nous ne pouvons satisfaire à leur place), nous pouvons les appliquer à nos frères défunts qui, eux, ne peuvent plus rien pour leur propre sanctification.
« En clair, (…) ces âmes ont besoin de notre prière pour que le Seigneur leur donne les soins nécessaires. C’est un bien grand mystère qui peut étonner, voire même choquer. Mais si l’on prend le parti de se dire que l’Eglise est inspirée, on peut trouver magnifique que Dieu nous veuille aussi solidaire les uns des autres ; tant dans le mal que dans le bien. En somme, comme dans une famille ! » (Florent Triadot, p. 21).

Vous trouverez également dans ce remarquable dernier numéro de « Chemins d’espérance » un témoignage poignant de Tim Guénard, raconté par son épouse (vous saurez pourquoi en lisant la revue). Et aussi un petit livret contenant quelques prières indulgenciées (pleinement ou partiellement) qui est un trésor à soi tout seul. Saviez-vous ainsi qu’adorer le Seigneur une demi-heure devant le Saint Sacrement nous vaut une indulgence plénière ? Qu’il en est ainsi également avec la prière du Rosaire ? Que le fait pour les fidèles de chanter à la messe le « Âme du Christ » de Saint Ignace de Loyola en action de grâce après la communion leur obtient une indulgence partielle ?...

Redécouvrons donc ce trésor des indulgences afin de plonger dans le cœur de la Miséricorde divine, et cueillir ainsi abondamment les fruits de notre Rédemption.
« Rendez-vous compte qu’un fidèle qui fait une démarche d’indulgence en vérité et meurt peut aller directement au Ciel ! » (P. Nault, p. 13)


Ø Pour approfondir la réflexion sur les notions de réparation et de Justice, sur les indulgences et le Purgatoire, relire "La réparation, le feu purificateur et la Justice de Dieu"
Ø Pour approfondir la réflexion sur les fins dernières, relire "Réflexions et méditations sur les fins dernières"

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Published by Matthieu BOUCART - dans Questions sur la foi
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 00:00

Le 26 février 2009, le pape Benoît XVI a rencontré les curés et les prêtres du diocèse de Rome, comme il le fait chaque année en début du carême. Les prêtres ont posé plusieurs questions sur différents thèmes dont celle-ci.

Question –
Le père Giuseppe Forlai, vicaire de la paroisse San Giovanni Crisostomo, située au nord du diocèse, a souhaité interroger le pape sur deux aspects de l'urgence éducative. Alors que les jeunes prêtres sont souvent appelés à changer de paroisse, le père Giuseppe Forlai a tout d'abord évoqué l'importance d'une présence continue du prêtre aux côtés des jeunes, d'une certaine stabilité pour pouvoir éduquer sur la durée. Il a ensuite mis en avant la nécessité de former les jeunes culturellement, parce qu'un « jeune sans culture peut devenir le pauvre de demain ».

Benoît XVI –
Commençons par le second point. Disons qu'il est plus vaste et, dans un certain sens, plus facile aussi. Il est certain qu'un patronage paroissial dans lequel on ne ferait que des jeux, dans lequel on ne ferait que consommer des boissons, serait absolument superflu. Le sens d'un patronage doit réellement être celui de la formation culturelle, humaine et chrétienne d'une personnalité qui doit devenir mature. Sur ce point, nous sommes parfaitement d'accord et il me semble qu'il y a, aujourd'hui particulièrement, une pauvreté culturelle : on sait beaucoup de choses mais il n'y a pas de cœur, il n'y a pas de lien intérieur parce qu'il manque une vision commune du monde. Et c'est pourquoi une solution culturelle inspirée de la foi de l'Eglise, de la connaissance de Dieu qu'elle nous a donnée, est absolument nécessaire. Je dirais que c'est cela la fonction d'un patronage : qu'un jeune trouve non seulement des activités pour son temps libre, mais qu'il trouve surtout une formation humaine intégrale qui complète sa personnalité.

Naturellement, le prêtre éducateur doit lui-même être bien formé et être présent dans la culture d'aujourd'hui. Il doit posséder une grande culture, pour pouvoir aider les jeunes à entrer dans une culture inspirée de
la foi. J'ajouterais naturellement que le point d'orientation de toute culture est finalement Dieu, Dieu présent dans le Christ. Nous voyons aujourd'hui qu'il y a des personnes qui ont beaucoup de connaissances mais qui n'ont pas d'orientation intérieure. Dans ce cas, la science peut être dangereuse pour l'homme parce que si l'homme n'a pas d'orientations éthiques profondes, elle l'abandonne à l'arbitraire, et il avance, privé des orientations nécessaires pour devenir réellement un homme. En ce sens, le cœur de toute formation culturelle, particulièrement nécessaire, doit sans aucun doute être la foi : connaître le visage de Dieu qui s'est révélé dans le Christ, et avoir ainsi un point d'orientation pour toute la culture, qui, autrement, est désorientée et déstabilisante. Une culture sans connaissance personnelle de Dieu et sans connaissance du visage de Dieu dans le Christ est une culture qui pourrait être destructrice, parce qu'elle ne reconnaît pas les orientations éthiques nécessaires. En ce sens, il me semble que nous avons réellement une mission de formation culturelle et humaine profonde, qui s'ouvre à toutes les richesses de la culture de notre temps, mais qui nous donne aussi un critère, un discernement pour montrer dans quelle mesure il s'agit d'une culture véritable et dans quelle mesure elle pourrait devenir une anti-culture.

La première question est beaucoup plus difficile pour moi. Elle concerne la durée du séjour du jeune prêtre pour que celui-ci puisse donner une orientation aux jeunes. La relation personnelle (du jeune) avec l'éducateur est sans aucun doute importante, de même que celle de pouvoir compter sur une certaine durée pour s'orienter ensemble. Et, en ce sens, je suis d'accord sur le fait que le prêtre, point de référence pour les jeunes, ne peut changer tous les jours, sinon les jeunes perdent justement cette orientation. Mais d'un autre côté, le jeune prêtre doit aussi faire des expériences différentes dans des contextes culturels variés, pour arriver finalement à acquérir le bagage culturel nécessaire pour être, comme curé, un point de référence à long terme dans
la paroisse. Et je dirais que, dans la vie d'un jeune, les dimensions du temps sont différentes de celles d'un adulte. Les trois années, de 16 à 19 ans, sont au moins aussi longues et importantes que les années entre quarante et cinquante ans. C'est à ce moment-là, en effet, que la personnalité se forme : c'est un chemin intérieur de grande importance, de grande extension existentielle. C'est pourquoi je dirais que trois ans pour un vicaire, c'est une bonne période pour former une génération de jeunes ; et il peut ainsi, d'autre part, connaître d'autres contextes, expérimenter d'autres situations dans d'autres paroisses, enrichir son bagage humain. C'est une période assez longue pour avoir une certaine continuité, un chemin éducatif de l'expérience commune, de l'apprentissage comme être humain. Par ailleurs, comme je l'ai dit, trois ans dans la jeunesse constituent un temps décisif et très long, parce que c'est là que se forme réellement la personnalité future. Il me semble donc que l'on pourrait concilier les deux besoins : d'une part, que le jeune prêtre ait la possibilité de vivre des expériences diverses pour enrichir son bagage d'expérience humaine ; d'autre part, la nécessité de rester un temps déterminé avec les jeunes pour les introduire réellement dans la vie, pour leur enseigner à être des personnes humaines. En ce sens, je pense qu'il faut concilier les deux aspects : des expériences diverses pour un jeune prêtre et la continuité de l'accompagnement des jeunes pour les guider dans la vie.

 

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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 08:07

Père François-Marie Maurin
envoyé par KTOTV



[Qui connait mieux les hommes que le prêtre? demandait le Pape Benoît XVI lors de sa rencontre avec les curés et les prêtres du diocèse de Rome, le 26 février 2009.]
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