Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 12:03

Message du Pape Benoît XVI pour les Journées Mondiales de la Jeunesse 2011, le 6 août 2010 (2e partie).

 

2. Enracinés et fondés dans le Christ

 

Pour mettre en lumière l’importance de la foi en Dieu dans la vie des croyants, je voudrais m’arrêter sur les trois expressions employées par Saint Paul dans cette citation : « Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi ». Nous pouvons y voir trois images. « Enraciné » évoque l’arbre et les racines qui le nourrissent. « Fondé » se réfère à la construction de la maison. « Affermi » renvoie à la croissance de la force physique ou morale. Ces images sont très parlantes. Avant de les expliquer, je note simplement que dans le texte original grec, il s’agit, du point de vue grammatical, de passifs : cela signifie que c’est le Christ lui-même qui a l’initiative d’enraciner, de fonder et d’affermir les croyants.

 

La première image est celle de l’arbre, solidement planté au sol par ses racines, qui le stabilisent et le nourrissent. Sans racines, il serait emporté par le vent et mourrait. Quelles sont nos racines? Il y a bien sûr nos parents, notre famille et la culture de notre pays, qui constituent un aspect très important de notre identité. La Bible en dévoile un autre. Le prophète Jérémie écrit : « Béni l’homme qui se confie dans le Seigneur, dont le Seigneur est la foi. Il ressemble à un arbre planté au bord des eaux, qui tend ses racines vers le courant : il ne redoute rien quand arrive la chaleur, son feuillage reste vert; dans une année de sécheresse, il est sans inquiétude et ne cesse de porter du fruit. » (Jr 17, 7-8).

 

Etendre ses racines, c’est donc pour Jérémie mettre sa confiance en Dieu, dans la foi. En Dieu nous puisons notre vie. Sans lui nous ne pouvons pas vivre vraiment. « Dieu nous a donné la vie éternelle et cette vie est dans son Fils » (cf. 1 Jn 5, 11). Et Jésus lui-même se présente comme notre vie (cf. Jn 14, 6). C’est pourquoi la foi chrétienne ne consiste pas seulement à croire en des vérités, mais c’est avant tout (…) une relation personnelle avec Jésus Christ. C’est la rencontre avec le Fils de Dieu qui donne à notre vie un dynamisme nouveau. Quand nous entrons dans une relation personnelle avec Lui, le Christ nous révèle notre propre identité, et, dans cette amitié, la vie grandit et se réalise en plénitude.

 

Il y a un moment, durant la jeunesse, où chacun de nous se demande : quel sens a ma vie? Quel but, quelle direction ai-je le désir de lui donner? C’est une étape fondamentale, qui peut tourmenter l’âme, parfois même longtemps. On pense au genre de travail à entreprendre, aux relations sociales à établir, aux relations sentimentales à développer… Dans ce contexte, je repense à ma jeunesse. D’une certaine façon, j’ai bien eu conscience que le Seigneur me voulait comme prêtre. Mais ensuite, après la guerre, quand au séminaire et à l’université j’étais en chemin vers ce but, j’ai eu à reconquérir cette certitude. J’ai dû me demander : est-ce vraiment ma voie? Est-ce vraiment la volonté du Seigneur pour moi? Serais-je capable de Lui rester fidèle et d’être totalement disponible, à son service? Prendre une telle décision ne se fait pas sans souffrance. Il ne peut en être autrement. Mais ensuite a jailli la certitude : c’est bien cela! Oui, le Seigneur me veut, Il me donnera donc la force. En l’écoutant, en marchant avec Lui, je deviens vraiment moi-même. Ce qui importe, ce n’est pas la réalisation de mes propres désirs, mais Sa volonté. Ainsi, la vie devient authentique.

 

De même que l’arbre a des racines qui le tiennent solidement accroché à la terre, de même les fondations donnent à la maison une stabilité durable. Par la foi, nous sommes fondés en Christ (cf. Col 2, 6), comme une maison est construite sur ses fondations. Dans l’Histoire sainte, nous avons de nombreux exemples de saints qui ont fondé leur vie sur la Parole de Dieu. Abraham est le premier d’entre eux. Notre « père dans la foi » obéit à Dieu qui lui demandait de quitter la maison de son père pour marcher vers un pays inconnu. « Abraham crut à Dieu, cela lui fut compté comme justice, et il fut appelé ami de Dieu » (Jc 2, 23). Etre fondé en Christ, c’est répondre concrètement à l’appel de Dieu, en mettant notre confiance en Lui et en mettant en pratique sa Parole. Jésus lui-même met en garde ses disciples : « Pourquoi m'appelez-vous : 'Seigneur! Seigneur!' et ne faites-vous pas ce que je dis? » (Lc 6, 46). Et, faisant alors appel à l’image de la construction de la maison, il ajoute : « Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond, et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s'est rué sur cette maison, mais il n'a pas pu l'ébranler parce qu'elle était bien bâtie. Mais celui au contraire qui a écouté et n’a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s'est rué sur elle, et aussitôt elle s'est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand! » (Lc 6, 46-49).

 

Chers amis, construisez votre maison sur le roc, comme cet homme qui « a creusé profond ». Vous aussi, efforcez-vous tous les jours de suivre la Parole du Christ. Ecoutez-le comme l’Ami véritable avec qui partager le chemin de votre vie. Avec Lui à vos côtés, vous serez capables d’affronter avec courage et espérance les difficultés, les problèmes, ainsi que les déceptions et les échecs. Sans cesse vous sont présentées des propositions plus faciles, mais vous vous rendez compte vous-mêmes qu’il s’agit de leurres, qu’elles ne donnent ni sérénité, ni joie. Seule la Parole de Dieu nous indique la voie véritable, seule la foi qui nous a été transmise est la lumière qui illumine notre chemin. Accueillez avec gratitude ce don spirituel que vous avez reçu de votre famille et engagez-vous à répondre de façon responsable à l’appel de Dieu, devenant adultes dans la foi. Ne croyez pas ceux qui vous disent que vous n’avez pas besoin des autres pour construire votre vie! Appuyez-vous au contraire sur la foi de vos proches, sur la foi de l’Eglise, et remerciez le Seigneur de l’avoir reçue et de l’avoir faite vôtre!

 

3. Affermis dans la foi

 

Soyez « enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi » (cf. Col 2, 7). La lettre d’où vient cette citation a été écrite par Saint Paul pour répondre à un besoin précis des chrétiens de la ville de Colosse. Cette communauté, en effet, était menacée par l’influence de certaines tendances de la culture de l’époque, qui détournaient les fidèles de l’Evangile. Notre contexte culturel, chers jeunes, a de nombreuses ressemblances avec celui des Colossiens d’alors. En effet, il y a un fort courant « laïciste », qui veut supprimer Dieu de la vie des personnes et de la société, projetant et tentant de créer un « paradis » sans Lui. Or l’expérience enseigne qu’un monde sans Dieu est un « enfer » où prévalent les égoïsmes, les divisions dans les familles, la haine entre les personnes et les peuples, le manque d’amour, de joie et d’espérance. A l’inverse, là où les personnes et les peuples vivent dans la présence de Dieu, l’adorent en vérité et écoutent sa voix, là se construit très concrètement la civilisation de l’amour, où chacun est respecté dans sa dignité, où la communion grandit, avec tous ses fruits. Il y a cependant des chrétiens qui se laissent séduire par le mode de penser laïciste, ou qui sont attirés par des courants religieux qui éloignent de la foi en Jésus Christ. D’autres, sans adhérer à de telles approches, ont simplement laissé refroidir leur foi au Christ, ce qui a d’inévitables conséquences négatives sur le plan moral.

 

Aux frères contaminés par ces idées étrangères à l’Evangile, l’Apôtre Paul rappelle la puissance du Christ mort et ressuscité. Ce mystère est le fondement de notre vie, le centre de la foi chrétienne. Toutes les philosophies qui l’ignorent, le considérant comme « folie » (1 Co 1, 23), montrent leurs limites devant les grandes questions qui habitent le cœur de l’homme. C’est pourquoi moi aussi, en tant que successeur de l’Apôtre Pierre, je désire vous affermir dans la foi (cf. Lc 22, 32). Nous croyons fermement que le Christ Jésus s’est offert sur la Croix pour nous donner son amour. Dans sa Passion, il a porté nos souffrances, il a pris sur lui nos péchés, il nous a obtenu le pardon et nous a réconciliés avec Dieu le Père, nous donnant accès à la vie éternelle. De cette façon, nous avons été libérés de ce qui entrave le plus notre vie : l’esclavage du péché. Nous pouvons alors aimer tous les hommes, jusqu’à nos ennemis, et partager cet amour avec les plus pauvres et les plus éprouvés de nos frères.

 

Chers amis, la Croix nous fait souvent peur, car elle semble être la négation de la vie. En réalité, c’est le contraire! Elle est le OUI de Dieu à l’homme, l’expression extrême de son amour et la source d’où jaillit la vie. Car du Cœur de Jésus ouvert sur la Croix a jailli cette vie divine, toujours disponible pour celui qui accepte de lever les yeux vers le Crucifié. Je ne peux donc que vous inviter à accueillir la Croix de Jésus, signe de l’amour de Dieu, comme source de vie nouvelle. En dehors du Christ mort et ressuscité, il n’y a pas de salut! Lui seul peut libérer le monde du mal et faire grandir le Royaume de justice, de paix et d’amour auquel nous aspirons tous.

 

 

Source

Partager cet article

Repost0
9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 09:59

Message du Pape Benoît XVI pour les Journées Mondiales de la Jeunesse 2011, le 6 août 2010 (1ère partie).

 

Chers jeunes,

 

Très souvent je repense aux Journées Mondiales de la Jeunesse de Sydney en 2008. Nous y avons vécu une grande fête de la foi, durant laquelle l’Esprit de Dieu a agi avec puissance, créant une intense communion entre tous les participants, venus du monde entier. Ce rassemblement, comme les précédents, a porté des fruits abondants dans la vie de nombreux jeunes et de l’Eglise entière. A présent notre regard se tourne vers la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse, qui aura lieu à Madrid en août 2011. Déjà, en 1989, quelques mois avant la chute historique du mur de Berlin, le pèlerinage des jeunes faisait étape en Espagne, à Saint-Jacques-de-Compostelle. A présent, à l’heure où l’Europe a un très grand besoin de retrouver ses racines chrétiennes, nous avons rendez-vous à Madrid, avec le thème : « Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi » (cf. Col 2, 7). Je vous invite donc à cet événement si important pour l’Eglise en Europe et pour l’Eglise universelle. Et je voudrais que tous les jeunes, aussi bien ceux qui partagent notre foi en Jésus-Christ, que ceux qui hésitent, doutent ou ne croient pas en Lui, puissent vivre cette expérience qui peut être décisive pour leur vie : faire l’expérience du Seigneur Jésus ressuscité et vivant, et de son amour pour chacun de nous.

 

1. Aux sources de vos plus grandes aspirations

 

A chaque époque, et de nos jours encore, de nombreux jeunes sont habités par le profond désir que les relations entre les personnes soient vécues dans la vérité et dans la solidarité. Beaucoup manifestent l’aspiration à construire de vraies relations d’amitié, à connaître un amour vrai, à fonder une famille unie, à atteindre une stabilité personnelle et une réelle sécurité, qui puissent leur garantir un avenir serein et heureux.

 

Certes, me souvenant de ma jeunesse, je sais bien que stabilité et sécurité ne sont pas des questions qui occupent le plus l’esprit des jeunes. S’il est vrai que la recherche d’un emploi qui permette d’avoir une situation stable est un problème important et urgent, il reste que la jeunesse est en même temps l’âge de la recherche d’un grand idéal de vie. Si je pense à mes années d’alors, nous voulions simplement ne pas nous perdre dans la normalité d’une vie bourgeoise. Nous voulions ce qui est grand, nouveau. Nous voulions trouver la vie elle-même dans sa grandeur et sa beauté. Bien sûr, cela dépendait aussi de notre situation. Durant la dictature du national-socialisme et la guerre nous avons été, pour ainsi dire, « enfermés » par le pouvoir dominant. Nous voulions donc sortir à l’air libre et entrer dans toutes les potentialités de l’être humain. Je crois que, dans un certain sens, cet élan qui pousse à sortir de l’habitude existe à toutes les générations. Désirer quelque chose de plus que la routine quotidienne d’un emploi stable et aspirer à ce qui est réellement grand, tout cela fait partie de la jeunesse. Est-ce seulement un rêve inconsistant, qui s’évanouit quand on devient adulte? Non, car l’homme est vraiment créé pour ce qui est grand, pour l’infini. Tout le reste est insuffisant, insatisfaisant. Saint Augustin avait raison : notre cœur est inquiet tant qu’il ne repose en Dieu. Le désir d’une vie plus grande est un signe du fait qu’Il nous a créés, que nous portons son « empreinte ». Dieu est vie, et pour cela, chaque créature tend vers la vie. De façon unique et spéciale, la personne humaine, faite à l’image et la ressemblance de Dieu, aspire à l’amour, à la joie et à la paix.

 

Nous comprenons alors que c’est un contresens de prétendre éliminer Dieu pour faire vivre l’homme! Dieu est la source de la vie : l’éliminer équivaut à se séparer de cette source et inévitablement, se priver de la plénitude et de la joie : « en effet, la créature sans Créateur s’évanouit » (Concile Œcum.Vatican II, Const. Gaudium et Spes, 36). La culture actuelle, dans certaines régions du monde, surtout en Occident, tend à exclure Dieu ou à considérer la foi comme un fait privé, sans aucune pertinence pour la vie sociale. Alors que toutes valeurs qui fondent la société proviennent de l’Evangile – comme le sens de la dignité de la personne, de la solidarité, du travail et de la famille –, on constate une sorte d’ « éclipse de Dieu », une certaine amnésie, voire un réel refus du christianisme et un reniement du trésor de la foi reçue, au risque de perdre sa propre identité profonde.

 

Pour cette raison, chers amis, je vous invite à intensifier votre chemin de foi en Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Vous êtes l’avenir de la société et de l’Eglise! Comme l’Apôtre Paul l’écrivait aux chrétiens de la ville de Colosse, il est vital d’avoir des racines, des fondements solides! Et cela est particulièrement vrai aujourd’hui, quand beaucoup de jeunes n’ont pas de repères stables pour construire leur vie, ce qui engendre en eux une grande insécurité. Le relativisme ambiant, qui consiste à dire que tout se vaut et qu’il n’y a aucune vérité ni aucun repère absolu, n’engendre pas la vraie liberté mais instabilité, déception, conformisme aux modes du moment. Vous, les jeunes, vous avez le droit de recevoir des générations qui vous précèdent des repères clairs pour faire vos choix et construire votre vie, comme une jeune plante a besoin d’un tuteur, durant le temps nécessaire pour pousser des racines, pour devenir un arbre solide, capable de donner du fruit.

 

Source 

Partager cet article

Repost0
7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 16:52

Dimanche 7 août 2011 – 19e dimanche du temps ordinaire (Année A)

 

Première lecture : 1 R 19. 9a. 11-13a

« Tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer »

 

Psaume 84

« Le Seigneur donnera ses bienfaits »

 

Deuxième lecture : Rm 9. 1-5

« C'est de la race des Juifs que le Christ est né, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement »

 

Evangile : Mt 14. 22-33

« Confiance, c'est moi : n'ayez pas peur » 

 

***

Message audio du Pape : 2011

Angelus du Pape : 2011

Homélie du Père Walter Covens : 2008

Homélie du Frère Elie (Famille de St Joseph) : 2011 

Audio de Radio Vatican : 2011

Ce que l’Evangile nous dit et me demande

Jésus nous laisse parfois lutter longuement avant d'intervenir personnellement (P. Raniero Cantalamessa)

Ne pas douter de Dieu qui veut apaiser le vent de nos tempêtes (P. Pierre Desroches, de Montréal)

La traversée des trois peurs (P. Nicolas)

 

*** 

 

« Vraiment, tu es le Fils de Dieu » (Mt 14. 33)

 

« Si notre vie est l'accomplissement de ce que Dieu veut de nous - comme Elie qui se rendit sur la montagne Horeb par ordre de Dieu ; comme les Apôtres, qui acomplissent ce que Jésus leur a dit, bien que le vent leur était contraire -, il ne manquera jamais l'aide divine. Dans la faiblesse, dans la fatigue, dans les situations les plus difficiles, Jésus se présente et nous dit : "C'est Moi, n'ayez pas peur". Il n'a jamais manqué à ses amis. Et si nous n'avons d'autre but dans la vie que de chercher son amitié et le servir, comment poura-t-il nous abandonner lorsque le vent des tentations, de la fatigue, des difficultés dans l'apostolat nous sera contraire? Il ne fait pas comme s'il nous dépassait sans s'arrêter. "Si vous avez confiance en lui et l'esprit courageux, chose que sa Majesté aime beaucoup, ne craignez pas qu'il vous manque quoi que ce soit." (Ste Thérèse d'Avila) Que va-t-il nous manquer si nous sommes ses amis au milieu du monde, si nous voulons le suivre jour après jour parmi tant de personnes qui l'abandonnent?

 

« Parfois, c'est hélas fréquent, le chrétien cesse de regarder Jésus et fixe son attention sur d'autres choses qui éloignent de Dieu et le mettent en danger de perdre pied dans sa vie de foi, de s'enfoncer s'il ne réagit pas avec promptitude [...]. Pour se tirer d'affaire, Pierre n'eut qu'à saisir la forte main du Seigneur, son Ami et son Dieu. Bien que ce soit peu, le disciple dut faire quelque chose de lui-même. C'est la collaboration de la bonne volonté que Dieu nous demande toujours [...]. Le Seigneur attend que nous fassions l'effort de prendre sa main, cette main qu'il met à notre portée : Dieu nous demande un effort, effort qui est la preuve de notre liberté. Ces petits efforts que le Seigneur demande à ses disciples de tous les temps pour les tirer d'une mauvaise situation sont très divers : c'est peut-être d'intensifier la prière, d'être plus sincères et dociles dans la direction spirituelle, de supprimer une mauvaise occasion, d'obéir avec promptitude et docilité de coeur, de mettre en pratique, avec la prière, des moyens humains qui sont à notre portée, bien qu'ils apparaissent tout petits... Avec le Christ l'on gagne toutes les batailles, mais nous devons avoir une confiance sans limites en lui. » (François Carvajal, Parler avec Dieu, Tome VII, Le Laurier)

        


Partager cet article

Repost0
6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 14:36


 

Partager cet article

Repost0
31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 12:04

Il y a 5 ans, en juillet 2006 :

 

- Dans le sillage du 25e anniversaire du début des apparitions de la Sainte Vierge à Medjugorje, je publiais 3 articles sur le phénomène : le 2 juillet 2006, un texte de Frère Ephraïm mesurant l'extraordinaire portée de l'évènement dans l'histoire du monde et de l'Eglise ("Le temps a donné raison aux plus simples") ; le 8 juillet 2006, une réponse aux détracteurs "professionnels" de Medjugorje - en particulier l'historien Yves Chiron (dont j'apprécie par ailleurs le travail) ; le 13 juillet 2006, une réflexion sur les critères de discernement évangéliques des interventions divines qui, appliqués à Medjugorje, plaident nettement en faveur de l'authenticité des apparitions ("25 ans après le début des apparitions, pesonne n'a encore pu démontrer la moindre imposture à Medjugorje. Bien mieux : les analyses scientifiques réalisées en 1985 sous l'égide du Professeur Joyeux écartent définitivement la thèse de la supercherie de la part des voyants, ou celle de leur déséquilibre psychique. On a beau faire, on a beau dire... les adversaires de Medjugorje, dans l'Eglise ou en dehors, ont beau multiplier les ouvrages, les études, les enquêtes de toute sorte, et faire valoir toutes sortes de contre-arguments, le fait demeure : 25 ans après, Medjugorje tient encore debout! Avec une multitude de fruits incontestables, et des témoins qui font autorité dans l'Eglise." - pour mémoire : je vous rappelle que nous avons fêté le 25 juin dernier le 30e anniversaire des apparitions. Le prodige continue...)  

 

- L'actualité en ce mois de juillet 2006 était marquée aussi par un évènement planétaire, à savoir... la Coupe du Monde de football en Allemagne, qui inspira à notre frère RV un article sur la vraie joie (le 5 juillet 2006), et à votre serviteur un article sur le "coup de boule" de Zidane (le 19 juillet 2006), que je reliais aux frappes aériennes des troupes israéliennes sur le Liban (je sais, le rapprochement était audacieux. Et pourtant...) : "Ce qui me choque n'est pas tant le geste en lui-même que sa justification a posteriori par son auteur. Le véritable regret de Zidane, semble-t-il, est d'avoir été vu par des millions de téléspectateurs, mais non d'avoir agressé Materazzi qui n'a finalement eu, à l'entendre, que ce qu'il méritait! [...] Pour tout vous dire : que la guerre ait éclaté au Liban quelques jours après ce qu'il est convenu d'appeler "l'affaire Zidane" ne m'a guère étonné. Car comment espérer obtenir la paix entre les peuples, lorsque notre propre coeur est prêt à justifier la riposte à la violence par la violence?" 

 

- Je diffusais deux magnifiques prières, dont les auteurs sont anonymes : le 3 juillet 2006, une prière quand rien ne va plus (à garder sur soi en permanence!) ; et le 11 juillet 2006, une prière... de Dieu adressée à chacun de nous : "Aime-moi tel que tu es"

 

- Le 25 juillet 2006, nous poursuivions notre écoute de la conférence du Père Daniel-Ange sur la Vierge Marie : "La conception virginale de Jésus n'est pas une donnée secondaire, mais l'authentification même de sa divinité! Elle est le sceau, comme le signe que Jésus est vraiment Fils de Dieu, recevant tout de sa divinité exclusivement de son Père, et tout de son humanité exclusivement de sa mère."

 

- Nous commencions enfin la lecture suivi de l'ouvrage de St Alphonse de Liguori, Docteur de l'Eglise, sur le Grand Moyen de la prière : "De même que le Seigneur a fixé que nous nous procurions du pain en semant du blé, et du vin en plantant des vignes, ainsi a-t-Il voulu que nous recevions par le moyen de la prière les grâces nécessaires au Salut."

 

- Last but not least : le Père Jean-Pierre Batut (devenu évêque depuis lors) répondait le 30 juillet 2006 à la question d'un auditeur de Radio Notre Dame sur la question de l'avortement. Un dialogue ouvert et cordial, sur une question difficile.

Partager cet article

Repost0
30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 23:00

Dimanche 31 juillet 2011 – 18e dimanche du temps ordinaire (Année A)

 

Première lecture : Is 55. 2

« Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas? »

 

Psaume 144

« Tu rassasies avec bonté tout ce qui vit »

 

Deuxième lecture : Rm 8. 35. 37-39

« Rien ne pourra nous séparer de l'Amour de Dieu qui est en Jésus-Christ notre Seigneur »

 

Evangile : Mt 14. 13-21

« Donnez-leur vous-même à manger » 

 

***

Message audio du Pape : 2011

Angelus du Pape : 2011

Homélie du Père Walter Covens : 2008

Homélie du Frère Dominique (Famille de St Joseph) : 2011 

Audio de Radio Vatican : 2011

Ce que l’Evangile nous dit et me demande

Le pique-nique le plus joyeux de l'histoire du monde (P. Raniero Cantalamessa)

La capacité de Jésus à bénir, même pour le peu qu'il a (P. Pierre Desroches, de Montréal)

Qui vient à moi n'aura jamais faim (P. Nicolas)

 

*** 

 

« Ecoutez et vous vivrez » (Is 55. 3)

 

« Le récit du miracle de la multiplication des pains commence par les mêmes mots et les mêmes attitudes avec lesquels les Evangiles et saint Paul nous ont transmis l'institution de l'eucharistie. Une telle coïncidence fait bien voir que le miracle, en plus d'être une preuve de la miséricorde divine de Jésus envers ceux qui sont dans le besoin, est une figure de la Sainte Eucharistie, dont le Seigneur parlera peu après, dans la Synagogue de Capharnaüm. C'est ainsi que l'on interprété beaucoup de Pères de l'Eglise. Le geste même du Seigneur - lever les yeux au ciel -, la liturgie le rappelle dans le Canon Romain de la Sainte Messe : Et elevatis oculis in caelum, ad Te Deum Patrem suum omnipotentem... En nous le rappelant nous nous préparons à assister à un plus grand miracle que la multiplication des pains : la conversion du pain en son propre Corps, offert sans mesure en aliment pour tous les hommes.

 

« Le miracle de cet après-midi-là près du lac manifeste le pouvoir et l'amour de Jésus envers les hommes. Pouvoir et amour qui rendront aussi possible que nous trouvions le Corps du Christ sous les espèces sacramentelles pour alimenter, tout au long de l'Histoire, les foules de fidèles qui ont recours à lui affamées et assoiffées de consolation (...). Le miracle acquiert toute sa signification, sans rien perdre de sa réalité. Il est grand en lui-même, mais il devient encore plus grand par ce qu'il promet : il évoque l'image du Bon Pasteur qui alimente son troupeau. On dirait que c'est un essai d'un ordre nouveau. Des foules immenses viendront prendre part au festin eucharistique, dans lequel elles seront nourries d'une façon beaucoup plus miraculeuse, avec un mets infiniment supérieur.

 

« Saint Jean remarque que le miracle causa un grand enthousiasme dans cette foule qui s'était rassasiée. "Si les hommes manifestent leur enthousiasme et t'acclament pour un bout de pain - quelle que soit la grandeur du miracle de la multiplication des pains -, que ne devrions-nous pas faire, nous-mêmes, pour tous ces dons que tu nous as accordés, et plus spécialement pour ceux que tu nous prodigues dans l'Eucharistie?" (Bienheureux Escriva) Dans la communion, nous recevons chaque jour Jésus, le Fils de Marie, celui qui réalisa cet après-midi-là ce miracle grandiose. Nous possédons dans l'Hostie le Christ de tous les mystères de la Rédemption : le Christ de Marie-Madeleine, de l'enfant prodigue et de la Samaritaine, le Christ ressuscité d'entre les morts, assis à la droite du Père. Cette merveilleuse présence du Christ au milieu de nous devrait révolutionner notre vie ; il est ici avec nous ; dans chaque ville, dans chaque village. Il nous attend. Il nous regrette lorsque nous tardons à aller le voir.  » (François Carvajal, Parler avec Dieu, Tome VI, Le Laurier)

        


Partager cet article

Repost0
30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 09:22



 

Partager cet article

Repost0
29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 23:00

J’anime une petite équipe liturgique dans une maison de retraite. La photocopieuse de la résidence étant tombée en panne, j’ai demandé à l’une des membres de l’équipe de photocopier la feuille de chant par ses propres moyens. Petit échange scripturaire par e-mail interposé…

 

- Fait en 45 exemplaires, cela devrait suffire ? J'envoie la facture à ton patron ou au Bon Dieu ?

- C'est le même! Oui, 45, c'est bien.

- Bonne réponse, j'aurais répondu la même chose : « Je n'ai qu'un patron ». Sais-tu si le Bon Dieu a un directeur financier ?

- Ben... Judas avait postulé pour le poste, mais ça n'a pas marché... 

- Toujours pour la facture, sais-tu si le Bon Dieu a un contrôleur de gestion ?

- Non, il n'en a pas. Nos factures sont immédiatement compensées avec notre dette de l'amour mutuel que nous n'aurons jamais fini de rembourser... (cf. Rm 13. 8). 

- Mais alors, il a forcément un Directeur Comptabilité ?

- Non, il a démissionné, car Dieu sans cesse efface les comptes... (cf. 2 Co 5. 19) 

- Dans ce contexte, Dieu a naturellement un Directeur des Opérations, non ?

- Ah oui, le Directeur des Opérations, il y en a un : c'est l'Esprit Saint! Si tu lui donnes ta facture, il te le rendra au centuple!! 

- Ah très bien. C'est donc plus rentable que jouer en Bourse alors ? Et finalement, l'organisation, dans cette Entreprise, me paraît paternaliste et la hiérarchie resserrée. Un Véritable Business Model !

- Disons que c'est plus une famille qu'une entreprise! 

Partager cet article

Repost0
29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 17:36

Audience Générale du Pape Benoît XVI sur Jean Duns Scot, le 7 juillet 2010.

 

Chers frères et sœurs,

 

Ce matin — après plusieurs catéchèses sur de nombreux grands théologiens — je veux vous présenter une autre figure importante dans l'histoire de la théologie : il s'agit du Bienheureux Jean Duns Scot, qui vécut à la fin du XIIIe siècle. Une antique inscription sur sa tombe résume les points de référence géographiques de sa biographie : « L’Angleterre l'accueillit ; la France l'instruisit ; Cologne, en Allemagne, en conserve la dépouille ; c'est en Ecosse qu'il naquit ». Nous ne pouvons pas négliger ces informations, notamment parce que nous possédons très peu d'éléments sur la vie de Duns Scot. Il naquit probablement en 1266 dans un village qui s'appelait précisément Duns, non loin d’Edimbourg. Attiré par le charisme de Saint François d'Assise, il entra dans la Famille des Frères mineurs et, en 1291, il fut ordonné prêtre. Doué d'une intelligence brillante et porté à la spéculation — cette intelligence qui lui valut de la tradition le titre de Doctor subtilis, « Docteur subtil » — Duns Scot fut dirigé vers des études de philosophie et de théologie auprès des célèbres universités d'Oxford et de Paris. Après avoir conclu avec succès sa formation, il entreprit l'enseignement de la théologie dans les universités d'Oxford et de Cambridge, puis de Paris, en commençant à commenter, comme tous les Maîtres de ce temps, les Sentences de Pierre Lombard. Les principales œuvres de Duns Scot représentent précisément le fruit mûr de ces leçons, et prennent le titre des lieux où il les professa : Ordinatio (appélée dans le passé Opus Oxoniense — Oxford), Reportatio Cantabrigiensis (Cambridge), Reportata Parisiensia (Paris). A celles-ci il faut ajouter au moins les Quodlibeta (ou Quaestiones quodlibetales), œuvre très importante formée de 21 questions sur divers thèmes théologiques. Lorsqu’un grave conflit éclata entre le roi Philippe IV le Bel et le Pape Boniface VIII, Duns Scot s’éloigna de Paris et préféra l'exil volontaire, plutôt que de signer un document hostile au Souverain Pontife, ainsi que le roi l'avait imposé à tous les religieux. De cette manière — par amour pour le Siège de Pierre —, avec les Frères franciscains, il quitta le pays. Chers frères et sœurs, ce fait nous invite à rappeler combien de fois, dans l’Histoire de l'Eglise, les croyants ont rencontré l'hostilité et même subi des persécutions à cause de leur fidélité et de leur dévotion à l'égard du Christ, de l'Eglise et du Pape. Nous tous regardons avec admiration ces chrétiens qui nous enseignent à conserver comme un bien précieux la foi dans le Christ et la communion avec le Successeur de Pierre et, ainsi, avec l'Eglise universelle.

 

Toutefois, les rapports entre le roi de France et le successeur de Boniface VIII redevinrent rapidement des rapports d'amitié, et en 1305, Duns Scot put rentrer à Paris pour y enseigner la théologie sous le titre de Magister regens, nous dirions aujourd'hui professeur titulaire. Par la suite, ses supérieurs l'envoyèrent à Cologne comme professeur du Studium de théologie franciscain, mais il mourut le 8 novembre 1308, à 43 ans à peine, laissant toutefois un nombre d’œuvres important.

 

En raison de la renommée de sainteté dont il jouissait, son culte se diffusa rapidement dans l'Ordre franciscain et le vénérable Pape Jean-Paul II voulut le confirmer solennellement bienheureux le 20 mars 1993, en le définissant « Chantre du Verbe incarné et défenseur de l'Immaculée Conception ». Dans cette expression se trouve synthétisée la grande contribution que Duns Scot a offerte à l'histoire de la théologie.

 

Il a avant tout médité sur le Mystère de l'Incarnation et, à la différence de beaucoup de penseurs chrétiens de l'époque, il a soutenu que le Fils de Dieu se serait fait homme même si l'humanité n'avait pas péché. Il affirme dans la Reportata Parisiensa : « Penser que Dieu aurait renoncé à une telle œuvre si Adam n'avait pas péché ne serait absolument pas raisonnable! Je dis donc que la chute n'a pas été la cause de la prédestination du Christ et que — même si personne n'avait chuté, ni l'ange ni l'homme — dans cette hypothèse le Christ aurait été encore prédestiné de la même manière » (in III Sent., d. 7, 4). Cette pensée, peut-être un peu surprenante, naît parce que pour Duns Scot l'Incarnation du Fils de Dieu, projetée depuis l'éternité par Dieu le Père dans son plan d'amour, est l'accomplissement de la Création, et rend possible à toute créature, dans le Christ et par son intermédiaire, d'être comblée de grâce, et de rendre grâce et gloire à Dieu dans l'éternité. Même s'il est conscient qu’en réalité, à cause du péché originel, le Christ nous a rachetés à travers sa Passion, sa Mort et sa Résurrection, Duns Scot réaffirme que l'Incarnation est l’œuvre la plus grande et la plus belle de toute l'histoire du Salut, et qu'elle n'est conditionnée par aucun fait contingent, mais qu’elle est l'idée originelle de Dieu d'unir en fin de compte toute la Création à lui-même dans la personne et dans la chair du Fils.

 

Fidèle disciple de Saint François, Duns Scot aimait contempler et prêcher le Mystère de la Passion salvifique du Christ, expression de la volonté d'amour, qui communique avec une très grande générosité en dehors de lui les rayons de sa bonté et de son amour (cf. Tractatus de primo principio, c. 4). Et cet amour ne se révèle pas seulement sur le Calvaire, mais également dans la Très Sainte Eucharistie, pour laquelle Duns Scot avait une très grande dévotion et qu’il voyait comme le sacrement de la présence réelle de Jésus et comme le sacrement de l’unité et de la communion qui conduit à nous aimer les uns les autres et à aimer Dieu comme le Bien commun suprême (cf. Reportata Parisiensa, in IV Sent., d. 8, q. 1, n. 3). Et, — ainsi que je l'écrivais dans ma Lettre à l'occasion du Congrès international de Cologne pour le VIIème centenaire de la mort du bienheureux Duns Scot, rapportant la pensée de notre auteur — comme cet amour, cette charité, fut au commencement de tout, de même aussi dans l'amour et dans la charité seulement sera notre béatitude: « le vouloir ou la volonté d'amour est simplement la vie éternelle, bienheureuse et parfaite » (AAS 101 [2009], 5).

 

Chers frères et sœurs, cette vision théologique, fortement « christocentrique », nous ouvre à la contemplation, à l’émerveillement et à la gratitude : le Christ est le centre de l’Histoire et de l’univers, il est Celui qui donne un sens, une dignité et une valeur à notre vie! Comme le Pape Paul VI à Manille, je voudrais moi aussi aujourd’hui crier au monde : «[Le Christ] est celui qui nous a révélés le Dieu invisible, il est le premier né de toute créature, il est le fondement de toute chose ; Il est le Maître de l’humanité et le rédempteur ; Il est né, il est mort, il est ressuscité pour nous ; Il est le centre de l’Histoire et du monde ; Il est Celui qui nous connaît et qui nous aime ; Il est le compagnon et l’ami de notre vie... Je n’en finirais plus de parler de Lui » (Homélie, 29 novembre 1970; cf. ORLF n. 50 du 11 décembre 1970).

 

Non seulement le rôle du Christ dans l’histoire du Salut, mais également celui de Marie est l’objet de la réflexion du Doctor subtilis. A l’époque de Duns Scot, la majorité des théologiens opposait une objection, qui semblait insurmontable, à la doctrine selon laquelle la très Sainte Vierge Marie fut préservée du péché originel dès le premier instant de sa conception : en effet, l’universalité de la Rédemption opérée par le Christ, à première vue, pouvait apparaître compromise par une telle affirmation, comme si Marie n’avait pas eu besoin du Christ et de sa rédemption. C’est pourquoi les théologiens s’opposaient à cette thèse. Alors, Duns Scot, pour faire comprendre cette préservation du péché originel, développa un argument qui sera ensuite adopté également par le Pape Pie IX en 1854, lorsqu’il définit solennellement le dogme de l’Immaculée Conception de Marie. Et cet argument est celui de la « Rédemption préventive », selon laquelle l’Immaculée Conception représente le chef d’œuvre de la Rédemption opérée par le Christ, parce que précisément la puissance de son amour et de sa médiation a fait que sa Mère soit préservée du péché originel. Marie est donc totalement rachetée par le Christ, mais avant même sa conception. Les Franciscains, ses confrères, accueillirent et diffusèrent avec enthousiasme cette doctrine, et d’autres théologiens — souvent à travers un serment solennel — s’engagèrent à la défendre et à la perfectionner.

 

A cet égard, je voudrais mettre en évidence un fait qui me paraît très important. Des théologiens de grande valeur, comme Duns Scot en ce qui concerne la doctrine sur l’Immaculée Conception, ont enrichi de la contribution spécifique de leur pensée ce que le Peuple de Dieu croyait déjà spontanément sur la Bienheureuse Vierge, et manifestait dans les actes de piété, dans les expressions artistiques et, en général, dans le vécu chrétien. Ainsi, la foi tant dans l’Immaculée Conception que dans l’Assomption corporelle de la Vierge, était déjà présente chez le Peuple de Dieu, tandis que la théologie n’avait pas encore trouvé la clé pour l’interpréter dans la totalité de la doctrine de la foi. Le peuple de Dieu précède donc les théologiens, et tout cela grâce au sensus fidei surnaturel, c’est-à-dire à la capacité dispensée par l’Esprit Saint, qui permet d’embrasser la réalité de la foi, avec l’humilité du cœur et de l’esprit. Dans ce sens, le Peuple de Dieu est un « magistère qui précède », et qui doit être ensuite approfondi et accueilli intellectuellement par la théologie. Puissent les théologiens se placer toujours à l’écoute de cette source de la foi et conserver l’humilité et la simplicité des petits! Je l’avais rappelé il y a quelques mois en disant : « Il y a de grands sages, de grands spécialistes, de grands théologiens, des maîtres de la foi, qui nous ont enseigné de nombreuses choses. Ils ont pénétré dans les détails de l'Ecriture Sainte, [...] mais ils n'ont pas pu voir le mystère lui-même, le véritable noyau [...] L'essentiel est resté caché! [...] En revanche, il y a aussi à notre époque des petits qui ont connu ce mystère. Nous pensons à sainte Bernadette Soubirous ; à sainte Thérèse de Lisieux, avec sa nouvelle lecture de la Bible “non scientifique”, mais qui entre dans le cœur de l'Ecriture Sainte » (Homélie lors de la Messe avec les membres de la Commission théologique internationale, 1er décembre 2009; cf. ORLF n. 49 du 8 décembre 2009).

 

Enfin, Duns Scot a développé un point à l’égard duquel la modernité est très sensible. Il s’agit du thème de la liberté et de son rapport avec la volonté et avec l’intellect. Notre auteur souligne la liberté comme qualité fondamentale de la volonté, en commençant par un raisonnement qui valorise le plus la volonté. Malheureusement, chez des auteurs qui ont suivi le nôtre, cette ligne de pensée se développa dans un volontarisme en opposition avec ce qu’on appelle l’intellectualisme augustinien et thomiste. Pour Saint Thomas d’Aquin, qui suit Saint Augustin, la liberté ne peut pas être considérée comme une qualité innée de la volonté, mais comme le fruit de la collaboration de la volonté et de l’intellect. Une idée de la liberté innée et absolue — comme justement elle évolue après Duns Scot — située dans la volonté qui précède l’intellect, que ce soit en Dieu ou dans l’homme, risque en effet de conduire à l’idée d’un Dieu qui ne serait même pas lié à la vérité et au bien. Le désir de sauver la transcendance absolue et la différence de Dieu par une accentuation aussi radicale et impénétrable de sa volonté ne tient pas compte du fait que le Dieu qui s’est révélé en Christ est le Dieu Logos, qui a agi et qui agit rempli d’amour envers nous. Assurément, comme l’affirme Duns Scot dans le sillage de la théologie franciscaine, l’amour dépasse la connaissance et est toujours en mesure de percevoir davantage que la pensée, mais c’est toujours l’amour du Dieu Logos (cf. Benoît XVI, Discours à Ratisbonne, Insegnamenti di Benedetto XVI, II [2006], p. 261; cf. ORLF n. 38 du 19 septembre 2006). Dans l’homme aussi, l’idée de liberté absolue, située dans sa volonté, en oubliant le lien avec la vérité, ignore que la liberté elle-même doit être libérée des limites qui lui viennent du péché. De toute façon, la vision scotiste ne tombe pas dans ces extrêmes : pour Duns Scot un acte libre découle du concours d'un intellect et d'une volonté et s'il parle d'un « primat » de la volonté, il l'argumente exactement parce que la volonté suit toujours l'intellect.

 

En m’adressant aux séminaristes romains — l’année dernière — je rappelais que « la liberté, à toutes les époques, a été le grand rêve de l’humanité, mais en particulier à l’époque moderne » (Discours au séminaire pontifical romain, 20 février 2009). Mais c’est précisément l’Histoire moderne, outre notre expérience quotidienne, qui nous enseigne que la liberté n’est authentique et n’aide à la construction d’une civilisation vraiment humaine que lorsqu’elle est vraiment réconciliée avec la vérité. Si elle est détachée de la vérité, la liberté devient tragiquement un principe de destruction de l’harmonie intérieure de la personne humaine, source de la prévarication des plus forts et des violents, et cause de souffrance et de deuils. La liberté, comme toutes les facultés dont l’homme est doté, croît et se perfectionne, affirme Duns Scot, lorsque l’homme s’ouvre à Dieu, en valorisant la disposition à l’écoute de sa voix, qu’il appelle potentia oboedientialis : quand nous nous mettons à l’écoute de la Révélation divine, de la Parole de Dieu, pour l’accueillir, alors nous sommes atteints par un message qui remplit notre vie de lumière et d’espérance et nous sommes vraiment libres.

 

Chers frères et sœurs, le Bienheureux Duns Scot nous enseigne que dans notre vie l’essentiel est de croire que Dieu est proche de nous et nous aime en Jésus Christ, et donc de cultiver un profond amour pour lui et son Eglise. Nous sommes les témoins de cet amour sur cette terre. Que la Très Sainte Vierge Marie nous aide à recevoir cet amour infini de Dieu dont nous jouirons pleinement pour l’éternité dans le Ciel, lorsque finalement notre âme sera unie pour toujours à Dieu, dans la communion des saints.

 

 

Source  

Partager cet article

Repost0
27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 18:10

Discours du Pape Benoît XVI aux participants à la 24e assemblée plénière du Conseil pontifical pour les laïcs, le 21 mai 2010.

 

Messieurs les cardinaux,
Vénérés frères dans l'épiscopat
et dans le sacerdoce,
Chers frères et sœurs!

 

[…] La composition même de votre dicastère, où aux côtés des pasteurs, travaille une majorité de fidèles laïcs, provenant du monde entier et de situations et d'expériences les plus diverses, offre une image significative de la communauté organique qu'est l'Eglise, où le sacerdoce commun, propre aux fidèles baptisés, et le sacerdoce ordonné, plongent leurs racines dans l'unique sacerdoce du Christ, selon des modalités essentiellement différentes, mais ordonnées l'une à l'autre.

 

Parvenus désormais au terme de l'année sacerdotale, nous nous sentons encore davantage les témoins reconnaissants du don et du dévouement surprenants et généreux d'un si grand nombre d'hommes « conquis » par le Christ et configurés à Lui dans le sacerdoce ordonné. Jour après jour, ils accompagnent le chemin des christi fideles laici, en proclamant la Parole de Dieu, en apportant son pardon et la réconciliation avec Lui, en rappelant à la prière et en offrant comme nourriture le Corps et le Sang du Seigneur. C'est de ce mystère de communion que les fidèles laïcs tirent l'énergie profonde pour être des témoins du Christ dans toute la réalité concrète de leur vie, dans toutes leurs activités et les milieux où ils vivent.

 

Le thème de votre assemblée de cette année : « Témoins du Christ dans la communauté politique », revêt une importance particulière. Assurément, la formation technique des hommes politiques n'appartient pas à la mission de l'Eglise. Différentes institutions existent en effet dans ce but. Mais il appartient à sa mission de « porter un jugement moral, même en des matières qui touchent le domaine politique, quand les droits fondamentaux de la personne ou le Salut des âmes l'exigent, en utilisant tous les moyens, et ceux-là seulement, qui sont conformes à l'Evangile et en harmonie avec le bien de tous, selon la diversité des temps et des situations » (Gaudium et spes, n. 76). L'Eglise se concentre en particulier sur l'éducation des disciples du Christ, afin qu'ils soient toujours davantage des témoins de sa Présence, partout. Il revient aux fidèles laïcs de montrer concrètement dans la vie personnelle et familiale, dans la vie sociale, culturelle et politique, que la foi permet de lire de manière nouvelle et approfondie la réalité et la transformer ; que l'espérance chrétienne élargit l'horizon limité de l'homme et le projette vers l'élévation véritable de son être, vers Dieu ; que la charité dans la vérité est la force la plus efficace en mesure de changer le monde ; que l'Evangile est une garantie de liberté et un message de libération ; que les principes fondamentaux de la doctrine sociale de l'Eglise – tels que la dignité de la personne humaine, la subsidiarité et la solidarité – sont d'une grande actualité et d'une grande valeur pour la promotion de nouvelles voies de développement au service de tout l'homme et de tous les hommes. Il revient alors aux fidèles laïcs de participer activement à la vie politique, de manière toujours cohérente avec les enseignements de l'Eglise, en partageant les raisons bien fondées et les grands idéaux dans la dialectique démocratique et dans la recherche d'un large consensus avec tous ceux qui ont à cœur la défense de la vie et de la liberté, la protection de la vérité et du bien de la famille, la solidarité avec les plus indigents et la recherche nécessaire du bien commun. Les chrétiens ne cherchent pas l'hégémonie politique ou culturelle mais, partout où ils s'engagent, ils sont animés par la certitude que le Christ est la pierre angulaire de toute construction humaine (cf. Cong. pour la doctrine de la foi, Note doctrinale à propos de certaines questions sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, 24 nov. 2002).

 

Reprenant l'expression de mes prédécesseurs, je peux moi aussi affirmer que la politique est un domaine très important de l'exercice de la charité. Celle-ci rappelle les chrétiens à un puissant engagement au service de la citoyenneté en vue de l'édification d'une vie sereine dans les nations, ainsi qu'à une présence concrète dans les institutions et dans les programmes de la communauté internationale. Il y a besoin d'hommes politiques authentiquement chrétiens, mais plus encore de fidèles laïcs qui soient témoins du Christ et de l'Evangile dans la communauté civile et politique. Cette exigence doit être bien présente dans les parcours éducatifs des communautés ecclésiales et exige de nouvelles formes d'accompagnement et de soutien de la part des pasteurs. L'appartenance des chrétiens aux associations de fidèles, aux mouvements ecclésiaux et aux nouvelles communautés, peut être une bonne école pour ces disciples et témoins, soutenus par la richesse charismatique, communautaire, éducative et missionnaire propre à ces institutions.

 

Il s'agit d'un défi exigeant. Les temps que nous vivons nous placent devant des problèmes vastes et complexes, et la question sociale est devenue, dans le même temps, une question anthropologique. Les paradigmes idéologiques qui prétendaient, dans un passé récent, proposer une réponse « scientifique » à cette question se sont effondrés. La diffusion d'un relativisme culturel confus et d'un individualisme utilitariste et hédoniste affaiblit la démocratie et favorise la domination des pouvoirs forts. Il faut retrouver et raviver une authentique sagesse politique ; être exigeants en ce qui concerne sa propre compétence ; se servir de manière critique des recherches des sciences humaines ; affronter la réalité sous tous ses aspects, en allant au-delà de toute réduction idéologique ou prétention utopique ; être ouverts à tout dialogue et toute collaboration véritables, en ayant à l'esprit que la politique est aussi un art complexe d'équilibre entre des idéaux et des intérêts, mais sans jamais oublier que la contribution des chrétiens est décisive uniquement si l'intelligence de la foi devient intelligence de la réalité, clé de jugement et de transformation.

 

Une véritable « révolution de l'amour » est nécessaire. Les nouvelles générations se trouvent en face de grandes exigences et de grands défis dans leur vie personnelle et sociale. Votre dicastère les suit avec une attention particulière, surtout à travers les Journées mondiales de la jeunesse, qui, depuis 25 ans, produisent de riches fruits apostoliques chez les jeunes. Parmi ces derniers, il y a aussi celui de l'engagement social et politique, un engagement fondé non sur des idéologies ou des intérêts de parti, mais sur le choix de servir l'homme et le bien commun, à la lumière de l'Evangile.

 

 

Source  

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Totus Tuus
  • : A Jésus par Marie - Un site catholique pour apprendre à connaître et aimer Dieu de tout son coeur et de toute son intelligence.
  • Contact

Cher ami lecteur, tu es le e visiteur. La Paix soit avec toi. 

Ecouter un enseignement sur la foi catholique

Vous rendre sur le blog ami dédié à Claude Tresmontant

Visiteurs actuels