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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 23:00

Audience Générale du Pape Benoît XVI, le 14 avril 2010, sur la charge du prêtre d'enseigner les fidèles (Munus Docendi).

 

Chers amis,

 

En cette période pascale, qui nous conduit à la Pentecôte et qui nous amène également aux célébrations de clôture de l'Année sacerdotale, en programme les 9, 10 et 11 juin prochains, j'ai à cœur de consacrer encore certaines réflexions au thème du ministère ordonné, en m'arrêtant sur la réalité féconde de la configuration du prêtre au Christ Tête, dans l'exercice des tria munera qu'il reçoit, c'est-à-dire des trois charges d'enseigner, de sanctifier et de gouverner.

 

Pour comprendre ce que signifie agir in persona Christi Capitis – dans la personne du Christ Tête – de la part du prêtre, et pour comprendre également quelles conséquences dérivent du devoir de représenter le Seigneur, en particulier dans l'exercice de ces trois fonctions, il faut expliciter avant tout ce que l'on entend par "représentation". Le prêtre représente le Christ. Qu'est-ce que cela veut dire, que signifie "représenter" quelqu'un? Dans le langage commun, cela veut dire – généralement – recevoir une délégation de la part d'une personne pour être présente à sa place, parler et agir à sa place, car celui qui est représenté est absent de l'action concrète. Nous nous demandons : le prêtre représente-t-il le Seigneur de la même façon? La réponse est non, car dans l'Eglise, le Christ n'est jamais absent, l'Eglise est son corps vivant et le Chef de l'Eglise c'est lui, présent et œuvrant en elle. Le Christ n'est jamais absent, il est même présent d'une façon totalement libérée des limites de l'espace et du temps, grâce à l'événement de la Résurrection, que nous contemplons de façon spéciale en ce temps de Pâques.

 

C'est pourquoi, le prêtre qui agit in persona Christi Capitis et en représentation du Seigneur, n'agit jamais au nom d'un absent, mais dans la Personne même du Christ ressuscité, qui se rend présent à travers son action réellement concrète. Il agit réellement et réalise ce que le prêtre ne pourrait pas faire [de lui-même] : la consécration du vin et du pain, afin qu'ils soient réellement présence du Seigneur, absolution des péchés. Le Seigneur rend présente son action dans la personne qui accomplit ces gestes. Ces trois devoirs du prêtre – que la Tradition a identifiés dans les diverses paroles de mission du Seigneur : enseigner, sanctifier, et gouverner – dans leur distinction et dans leur profonde unité, sont une spécification de cette représentation concrète. Ils représentent en réalité les trois actions du Christ ressuscité, le même qui aujourd'hui, dans l'Eglise et dans le monde, enseigne et ainsi fait naître la foi, rassemble son peuple, crée une présence de la vérité et construit réellement la communion de l'Eglise universelle ; et sanctifie et guide.

 

Le premier devoir dont je voudrais parler aujourd'hui est le munus docendi, c'est-à-dire celui d'enseigner. Aujourd'hui, en pleine urgence éducative, le munus docendi de l'Eglise, exercé de façon concrète à travers le ministère de chaque prêtre, apparaît particulièrement important. Nous vivons dans une grande confusion en ce qui concerne les choix fondamentaux de notre vie et les interrogations sur ce qu'est le monde, d'où il vient, où nous allons, ce que nous devons faire pour accomplir le bien, la façon dont nous devons vivre, quelles sont les valeurs réellement pertinentes. En relation à tout cela, il existe de nombreuses philosophies opposées, qui naissent et qui disparaissent, créant une confusion en ce qui concerne les décisions fondamentales, comme vivre, car nous ne savons plus, communément, par quoi et pour quoi nous avons été faits et où nous allons.

 

Dans cette situation se réalise la parole du Seigneur, qui eut compassion de la foule parce qu'elle était comme des brebis sans pasteur (cf. Mc 6, 34). Le Seigneur avait fait cette constatation lorsqu'il avait vu les milliers de personnes qui le suivaient dans le désert car, face à la diversité des courants de cette époque, elles ne savaient plus quel était le véritable sens de l'Ecriture, ce que disait Dieu. Le Seigneur, animé par la compassion, a interprété la parole de Dieu, il est lui-même la parole de Dieu, et il a ainsi donné une orientation. Telle est la fonction in persona Christi du prêtre : rendre présente, dans la confusion et la désorientation de notre époque, la lumière de la parole de Dieu, la lumière qui est le Christ lui-même dans notre monde. Le prêtre n'enseigne donc pas ses propres idées, une philosophie qu'il a lui-même inventée, qu'il a trouvée ou qui lui plaît ; le prêtre ne parle pas de lui, il ne parle pas pour lui, pour se créer éventuellement des admirateurs ou son propre parti ; il ne dit pas des choses qui viennent de lui, ses inventions, mais, dans la confusion de toutes les philosophies, le prêtre enseigne au nom du Christ présent, il propose la vérité qui est le Christ lui-même, sa parole, sa façon de vivre et d'aller de l'avant. Pour le prêtre vaut ce que le Christ a dit de lui-même : "Mon enseignement n'est pas le mien" (Jn 7, 16) ; c'est-à-dire que le Christ ne se propose pas lui-même, mais, en tant que Fils, il est la voix, la parole du Père. Le prêtre doit lui aussi toujours parler et agir ainsi : "Ma doctrine n'est pas la mienne, je ne diffuse pas mes idées ou ce qui me plaît, mais je suis la bouche et le cœur du Christ et je rends présente cette doctrine unique et commune, qui a créé l'Eglise universelle et qui crée la vie éternelle".

 

Ce fait, c'est-à-dire que le prêtre ne crée pas et ne proclame pas ses propres idées dans la mesure où la doctrine qu'il annonce n'est pas la sienne, mais du Christ, ne signifie pas, d'autre part, qu'il soit neutre, une sorte de porte-parole qui lit un texte dont il ne prend peut-être pas possession. Dans ce cas aussi, vaut le modèle du Christ, qui a dit : Je ne m'appartiens pas et je ne vis pas pour moi, mais je viens du Père et je vis pour le Père. C'est pourquoi, dans cette profonde identification, la doctrine du Christ est celle du Père et il est lui-même un avec le Père. Le prêtre qui annonce la parole du Christ, la foi de l'Eglise et non ses propres idées, doit aussi dire : Je ne m'appartiens pas et je ne vis pas pour moi, mais je vis avec le Christ et du Christ et ce qu'a dit le Christ devient donc ma parole, même si elle n'est pas la mienne. La vie du prêtre doit s'identifier au Christ et, de cette manière, la parole qui n'est pas sienne, devient toutefois une parole profondément personnelle. Saint Augustin, sur ce thème, a dit en parlant des prêtres : "Et nous, que sommes nous? Des ministres (du Christ), ses serviteurs ; car ce que nous vous distribuons n'est pas à nous, mais nous le tirons de Lui. Et nous aussi nous vivons de cela, car nous sommes des serviteurs, comme vous" (Discours 229/E, 4).

 

L'enseignement que le prêtre est appelé à offrir, les vérités de la foi, doivent être intériorisées et vécues dans un intense chemin spirituel personnel, de manière à ce que le prêtre entre réellement en profonde communion intérieure avec le Christ lui-même. Le prêtre croit, accueille et cherche à vivre, avant tout comme sien, ce que le Seigneur a enseigné et que l'Eglise a transmis, dans ce parcours d'identification avec le propre ministère dont Saint Jean-Marie Vianney est le témoin exemplaire (cf. Lettre pour l'indiction de l'Année sacerdotale). "Unis dans la même charité – affirme encore saint Augustin – nous sommes tous des auditeurs de celui qui est pour nous dans le ciel l'unique Maître" (Enarr. in Ps. 131, 1. 7).

 

La voix du prêtre, par conséquent, pourrait souvent sembler la "voix de celui qui crie dans le désert" (Mc 1, 3) ; mais c'est précisément en cela que consiste sa force prophétique : dans le fait de ne jamais être homologué, ni homologable, à aucune culture ou mentalité dominante, mais de montrer l'unique nouveauté capable d'opérer un profond et authentique renouveau de l'homme, c'est-à-dire que le Christ est le Vivant, il est le Dieu proche, le Dieu qui œuvre dans la vie et pour la vie du monde et nous donne la vérité, la manière de vivre.

 

Dans la préparation attentive de la prédication des jours de fête, sans exclure celle des autres jours, dans l'effort de formation catéchétique, dans les écoles, dans les institutions académiques et, de manière particulière, à travers ce livre non écrit qu'est sa vie même, le prêtre est toujours "professeur", il enseigne. Mais pas avec la présomption de qui impose ses propres vérités ; avec l'humble et joyeuse certitude de celui qui a rencontré la Vérité, en a été saisi et transformé, et ne peut donc pas manquer de l'annoncer. En effet, personne ne peut choisir le sacerdoce seul, ce n'est pas une manière de parvenir à une sécurité dans la vie, de conquérir une position sociale : personne ne peut se le donner, ni le rechercher seul. Le sacerdoce est la réponse à l'appel du Seigneur, à sa volonté, pour devenir des annonciateurs non d'une vérité personnelle, mais de sa vérité.

 

Chers confrères prêtres, le peuple chrétien nous demande d'entendre dans nos enseignements la doctrine ecclésiale authentique, à travers laquelle pouvoir renouveler la rencontre avec le Christ qui donne la joie, la paix, le Salut. Les Saintes Ecritures, les écrits des Pères et des Docteurs de l'Eglise, le catéchisme de l'Eglise catholique constituent à cet égard, des points de référence indispensables dans l'exercice du munus docendi, si essentiel pour la conversion, le chemin de foi et le salut des hommes. "Ordination sacerdotale, veut dire : être immergés [...] dans la Vérité" (Homélie lors de la Messe chrismale, 9 avril 2009), cette Vérité qui n'est pas simplement un concept ou un ensemble d'idées à transmettre et à assimiler, mais qui est la Personne du Christ, avec laquelle, pour laquelle et dans laquelle vivre et c'est ainsi, nécessairement, que naît aussi l'actualité et l'aspect compréhensible de l'annonce. Seule cette conscience d'une Vérité faite Personne dans l'Incarnation du Fils justifie le mandat missionnaire : "Allez dans le monde entier, proclamez l'Evangile à toute la création" (Mc 16, 15). C'est uniquement s'il est la Vérité qu'il est destiné à toute créature, et il n'est pas l'imposition de quelque chose, mais l'ouverture du cœur à ce pour quoi il est créé.

 

Chers frères et sœurs, le Seigneur a confié aux prêtres une grande tâche : être des annonciateurs de Sa Parole, de la Vérité qui sauve ; être sa voix dans le monde pour porter ce qui sert au vrai bien des âmes et à l'authentique chemin de foi (cf. 1 Co 6, 12). Que Saint Jean-Marie Vianney soit un exemple pour tous les prêtres. Il était un homme d'une grande sagesse et d'une force héroïque pour résister aux pressions culturelles et sociales de son époque afin de pouvoir conduire les hommes à Dieu : simplicité, fidélité et immédiateté étaient les caractéristiques essentielles de sa prédication, ainsi que la transparence de sa foi et de sa sainteté. Le peuple chrétien en était édifié et, comme c'est le cas pour les maîtres authentiques de notre temps, il y reconnaissait la lumière de la Vérité. Il y reconnaissait, en définitive, ce que l'on devrait toujours reconnaître chez un prêtre : la voix du Bon Pasteur.

 

 

Source 

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 09:58

Dimanche 26 juin 2011 – Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ (Année A)

 

La fête du Saint-SacrementLe blé humanisé, le pain divinisé

 

Première lecture : Deut. 8. 2-16

« N'oublie pas le Seigneur ton Dieu »

 

Psaume 147

« Il envoie sa Parole sur la terre »

 

Deuxième lecture : 1 Co 10. 16-17

« La multitude que nous sommes est un seul Corps, car nous avons tous part à un seul pain »

 

Evangile : Jn 6. 51-58

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui » 

 

***

Message audio du Pape : 2011

Angelus du Pape : 2008 - 2011

Homélie du Père Walter Covens : 2008

Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde : 2011 

Audio de Radio Vatican : 2011

Ce que l’Evangile nous dit et me demande

Nous continuons à nous demander "où est Dieu", alors qu'il est avec nous (P. Raniero Cantalamessa)

"Prenez et mangez, ceci est mon corps" : ce n'est pas une abstraction (P. Pierre Desroches, de Montréal)

Ton corps est fait pour la grâce (P. Nicolas)

 

*** 

 

« Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie » (Jn 6. 51)

 

« 'Il est grand le mystère de la foi!' C'est l'acclamation que fait retentir le prêtre, quand vient de s'accomplir dans ses mains le mystérieux changement. L'Eglise a toujours cru au réalisme du changement qui s'effectue sur l'autel au moment de la consécration : "Le Seigneur n'a pas dit, écrit Théodore de Mopsueste (+ 428) : 'Ceci est le symbole de mon corps, ceci est le symbole de mon sang', mais 'ceci EST mon Corps, ceci EST mon sang', parce qu'il voulait que nous n'envisagions pas ces éléments, après qu'ils ont reçu la bénédiction et l'invocation de l'Esprit Saint, d'après ce que l'on en voit, mais que nous les recevions VRAIMENT comme son Corps et son Sang" (5e catéchèse mystagogique, citée par le P. Pierre Descouvemont in Guide des difficultés de la foi catholique).

 

« C'est un dogme pour les chrétiens que le pain se change en Son Corps, que le vin devient Son Sang. Ce qu'on ne peut comprendre et voir, notre Foi ose l'affirmer, hors des lois de la nature. L'une et l'autre de ces espèces, qui ne sont que de purs signes, voilent un Réel Divin. Sa Chair nourrit, Son Sang abreuve, mais le Christ tout entier demeure sous chacune des espèces. On Le reçoit sans Le briser, le rompre ni Le diviser ; Il est reçu tout entier. Qu'un seul ou mille communient, Il se donne à l'un comme aux autres, Il nourrit sans disparaître. Bons et mauvais Le consomment, mais pour un sort bien différent, pour la vie ou la mort. Mort des pécheurs, vie pour les justes ; vois : ils prennent pareillement ; quels résultats différents! Si l'on divise les Espèces, n'hésite pas, souviens-toi qu'Il est présent dans un fragment aussi bien que dans le tout. Le signe seul est partagé, le Christ n'est en rien divisé, ni Sa taille ni Son état n'ont en rien diminué. » (Séquence de la Messe du Saint-Sacrement).

        


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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 20:16

Voici le message de la Sainte Vierge pour le trentième anniversaire à Medjugorje !

 

« Chers enfants, remerciez avec moi le Très-Haut pour ma présence parmi vous.
Mon coeur est joyeux en voyant l’amour et la joie de vivre mes messages.
Vous êtes nombreux à avoir répondu
mais j’attends et je recherche tous les coeurs endormis
afin qu’ils se réveillent du sommeil de l’incrédulité.
Rapprochez-vous encore plus de mon Coeur Immaculé, petits enfants,
afin que je puisse vous guider tous vers l’éternité.
Merci d’avoir répondu à mon appel. »

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 12:45

Il y a 5 ans, en juin 2006 :

 

- Le Da Vinci Code défrayait la chronique, et suscitait une nouvelle admirable intervention du P. Joseph-Marie Verlinde sur les ondes de Radio Notre Dame, à l'occasion de la sortie de son livre, "Les impostures anti-chrétiennes". Je réédite ce mois-ci cette interview exclusive.

 

- Le 10 juin 2006, le P. Daniel-Ange poursuivait sa réflexion sur la Vierge Marie en méditant le mystère de la naissance virginale de Jésus dans les Evangiles - qui restent les premiers contradicteurs de notre Jacques Duquesne national.

 

- Le 11 juin 2006, nous achevions notre débat sur la question de la virginité perpétuelle de Marie en nous interrogeant sur la raison pour laquelle ce mystère n'est pas plus explicite dans les Ecritures - pourquoi les Evangélistes ne rendent-ils pas un hommage plus appuyé à la Sainte Vierge? "La prise de conscience "tardive" du rôle de Marie dans l'économie du Salut est sans doute providentielle ! Car de même qu’il fallut que le Fils de l’Homme meure et ressuscite pour que sa messianité puisse être ouvertement proclamée au peuple d’Israël, sans risque de mésentente quant à la véritable signification de cette messianité (...), de même sans doute fallait-il que Marie montât au Ciel, et que le dernier Apôtre disparaisse, pour que la Gloire de la Mère de Dieu (prémisse de notre propre glorification) éclatât et soit pleinement manifestée au monde (...) sans risque de confusion avec le rôle unique et central du Christ dans le plan divin de Salut de l’humanité."

 

- Le 15 juin 2006, le Père Joseph-Marie Verlinde se demandait s'il était pertinent d'assimiler la croyance en Dieu à une maladie mentale? (ne riez pas, cette thèse revient souvent, et elle a été développée par le psychiatre américain Scott Peck - à qui le Père Verlinde répond dans cet article).

 

- Le 21 juin 2006, à l'aube du 25e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Medjugorje, je publiais un témoignage personnel de mon expérience vécue là-bas, au cours d'un pélerinage effectué en 2002 : "Beaucoup de pélerins reçoivent de nombreuses grâces sensibles à l’occasion de leur pèlerinage, et j’en ai moi-même reçu beaucoup à Medjugorje, spécialement au cours de mon premier voyage. Mais au-delà de tout cela, il y a la présence de Marie que tout le monde peut expérimenter d’une manière ou d’une autre. A Medjugorje, nous ne voyons pas Marie, nous ne l’entendons pas à la manière des voyants. Elle reste invisible à nos yeux. Mais nous pouvons tous faire l’expérience d’une rencontre avec celle qui nous conduit à son Fils Jésus." 

 

Enfin, pour ce 25e anniversaire des apparitions de la Sainte Vierge, je revenais sur le récit des évènements des tous premiers jours - que j'ai repris cette année dans un article unique, à l'occasion du 30e anniversaire des Apparitions. Puissent ces textes vous inciter à partir en pélerinage à Medjugorje, tant qu'il en est encore temps. Mon petit doigt me dit en effet que les Apparitions ne dureront pas éternellement...

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 11:15

A la suite de St François de Sales, le père Pierre Mouton nous indique le chemin pour guérir de la colère. 

 

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 11:09

LogoVOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE BENOIT XVI A CHYPRE – Discours de départ du Saint Père prononcé à l’aéroport international de Larcana, le 6 juin 2010.

 

Monsieur le Président,

 Illustres Autorités,

Mesdames et Messieurs,

 

Le temps est venu pour moi de vous quitter, après mon bref mais fructueux voyage apostolique à Chypre.

 

(…) En quittant vos rivages, comme beaucoup de pèlerins avant moi, il m’est venu à l’esprit, une fois encore, combien la Méditerranée est composée d’une riche mosaïque de peuples ayant leurs propres cultures et leur beauté, leur cordialité et leur humanité. En même temps et en dépit de cette réalité, l’Orient méditerranéen n’est pas épargné par les conflits et le sang qui coule, comme nous en avons été témoins tragiquement ces jours derniers. Redoublons nos efforts pour construire une paix réelle et durable pour tous les peuples de la région.

 

Dans cet objectif général, Chypre peut jouer un rôle particulier dans la promotion du dialogue et de la coopération. En œuvrant patiemment pour la paix sur votre sol et pour la prospérité de vos voisins, vous serez alors bien placés pour écouter et comprendre tous les aspects des nombreuses questions dans leur complexité, afin d’aider les peuples à atteindre une plus grande compréhension mutuelle. Le chemin que vous empruntez, Monsieur le Président, est l’un de ceux que la communauté internationale regarde avec un grand intérêt et une grande espérance, et je relève avec satisfaction tous les efforts effectués en faveur de la paix pour votre peuple et l’île toute entière de Chypre.

 

Tout en remerciant Dieu pour ces journées durant lesquelles la Communauté catholique chypriote a vécu, sur son propre sol, sa première rencontre avec le Successeur de Pierre, je me rappelle aussi avec gratitude, de mes rencontres avec les responsables des autres églises chrétiennes, en particulier avec Sa Béatitude Chrysostomos II et avec les autres représentants de l’Église de Chypre, que je remercie pour leur accueil fraternel. J’espère que ma visite, ici à Chypre, sera vue comme un autre pas du parcours initié avant nous à Jérusalem, par l’accolade entre le regretté Patriarche Athenagoras et mon vénéré Prédécesseur le Pape Paul VI. Ces premiers pas prophétiques nous indiquent le chemin que nous devons aussi emprunter. Nous sommes appelés par Dieu à être frères, en marchant côte à côte dans la foi, humblement devant le Dieu tout-puissant, unis par des liens indestructibles d’affection les uns pour les autres. Alors que j’invite mes frères chrétiens à poursuivre cette marche, j’aimerais les assurer que l’Église Catholique, avec la grâce de Dieu, poursuivra elle-même la recherche de l’unité parfaite dans la charité, à travers une valorisation toujours plus profonde de ce que les Catholiques et les Orthodoxes ont de plus cher.

 

Qu’il me soit permis d’exprimer encore mon espérance et mon vœu sincère que les Chrétiens et les Musulmans deviennent un levain pour la paix et pour la réconciliation parmi les Chypriotes, et servent ainsi d’exemple pour les autres pays.

 

Pour conclure, Monsieur le Président, je désire vous encourager, Vous et votre Gouvernement dans vos hautes responsabilités. Comme vous le savez bien, parmi vos tâches les plus importantes figure la recherche de la paix et de la sécurité pour tous les Chypriotes. Ayant passé les dernières nuits dans la Nonciature Apostolique, qui se trouve dans la zone tampon sous le contrôle des Nations unies, j’ai vu de mes propres yeux quelque chose de la triste division de l’île, et je me suis rendu compte de la perte d’une partie significative d’un héritage culturel qui appartient à toute l’humanité. J’ai également pu entendre les Chypriotes du nord qui souhaitent retourner en paix dans leurs maisons et leurs lieux de culte, et j’ai été profondément touché par leurs requêtes. La vérité et la réconciliation, ainsi que le respect, sont certainement les fondations les plus sûres pour un avenir uni et pacifique de cette île, et pour la stabilité et la prospérité de tout votre peuple. Au cours de ces dernières années, beaucoup de bien a été accompli dans ce sens à travers un dialogue substantiel, cependant beaucoup encore demeure à faire pour surmonter les divisions. Qu’il me soit permis de vous encourager, ainsi que vos concitoyens, à travailler patiemment avec vos voisins à l’édification d’un avenir meilleur et plus assuré pour tous vos enfants.

 

Faisant ainsi, soyez assuré de mes prières pour la paix de Chypre entière.

 

Monsieur le Président, chers amis, je vous dis au revoir avec ces quelques paroles. Merci beaucoup et que Dieu trois fois Saint vous bénisse toujours. Adieu ! La paix soit avec vous ! 

 

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 16:35

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 18:06

LogoVOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE BENOIT XVI A CHYPRE – Homélie du Saint Père prononcée lors de la Messe célébrée le 6 juin 2010 au Palais des Sports Elefteria à Nicosie, à l’occasion de la publication de l’Instrumentum Laboris de l’Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des Evêques.

 

Chers frères et sœurs dans le Christ,

 

Je salue avec joie tous les Patriarches et les Évêques des différentes communautés ecclésiales du Moyen Orient qui sont venus à Chypre pour cette occasion, et je remercie particulièrement Monseigneur Youssef Soueif, Archevêque maronite de Chypre, pour les paroles qu’il m’a adressées au début de cette eucharistie. Je salue également chaleureusement Sa Béatitude Chrysostomos II. Je voudrais aussi vous dire combien je suis heureux d’avoir cette opportunité de célébrer l’Eucharistie avec de si nombreux fidèles de Chypre, un pays béni par le travail apostolique de Saint Paul et de Saint Barnabé. Je vous salue, tous, chaleureusement et je vous remercie pour votre hospitalité et pour le généreux accueil que vous m’avez réservé (…).

 

Aujourd’hui, nous célébrons la Solennité du Corps et du Sang de Notre Seigneur. Corpus Christi, le nom donné en Occident à la fête d’aujourd’hui, est utilisé dans la Tradition de l’Église pour désigner trois réalités distinctes : le corps physique de Jésus, né de la Vierge Marie, son corps eucharistique, le pain du ciel qui nous nourrit dans ce grand sacrement, et son corps ecclésial, l’Église. En réfléchissant sur ces différents aspects du Corpus Christi, nous pouvons parvenir à une compréhension plus profonde du mystère de communion qui lie ensemble tous ceux qui appartiennent à l’Église. Tous ceux qui se nourrissent du corps et du sang du Christ dans l’Eucharistie sont « rassemblés dans l’unité par l’Esprit Saint » (Prière eucharistique n°2) pour former le saint et unique peuple de Dieu. Tout comme l’Esprit Saint est descendu sur les Apôtres dans la Chambre haute à Jérusalem, ainsi le même Esprit Saint a une double action dans chaque célébration de la Messe : sanctifier les dons que sont le pain et le vin, afin qu’ils deviennent le corps et le sang du Christ, et combler tous ceux qui sont nourris par ces saints dons, afin qu’ils deviennent un seul corps et un seul esprit dans le Christ.

 

Saint Augustin exprime ce processus magnifiquement (cf. Sermon 272). Il nous rappelle que le pain n’est pas fabriqué à partir d’un seul grain, mais d’un grand nombre. Avant que tous ces grains ne deviennent du pain, ils doivent être moulus. Il fait ici allusion à l’exorcisme auquel les catéchumènes doivent se soumettre avant leur baptême. Chacun de nous qui appartenons à l’Église a besoin de sortir du monde clos de son individualité et d’accepter le ‘compagnonnage’ des autres, qui « partagent le pain » avec nous. Nous devons penser non plus à partir du ‘moi’ mais du ‘nous’. C’est pourquoi tous les jours, nous prions ‘notre’ Père, pour ‘notre’ pain quotidien. Abattre les barrières entre nous et nos voisins est le préalable premier pour entrer dans la vie divine à laquelle nous sommes appelés. Nous avons besoin d’être libérés de tout ce qui nous enferme et nous isole : crainte et défiance vis-à-vis des autres, avidité et égoïsme, mauvaise volonté pour prendre le risque de la vulnérabilité à laquelle nous nous exposons lorsque nous nous ouvrons à l’amour.

 

Les grains de blé, une fois écrasés, sont mélangés dans la pâte et cuits. Ici, Saint Augustin fait référence à l’immersion dans les eaux baptismales suivie par le don sacramentel du Saint Esprit, qui embrase le cœur des fidèles avec le feu de l’amour de Dieu. Ce processus qui unit et transforme les grains isolés en un seul pain nous procure une image suggestive de l’action unifiante de l’Esprit Saint sur les membres de l’Église, réalisée de façon éminente à travers la célébration de l’Eucharistie. Ceux qui prennent part à ce grand sacrement deviennent le Corps ecclésial du Christ alors qu’ils se nourrissent de son Corps eucharistique. « Sois ce que tu peux voir », dit saint Augustin en les encourageant, « et reçois ce que tu es ».

 

Ces fortes paroles nous invitent à répondre généreusement à l’appel à « être le Christ » pour ceux qui nous entourent. Nous sommes son corps maintenant sur la terre. Pour paraphraser un célèbre propos attribué à sainte Thérèse d’Avila, nous sommes les yeux avec lesquels sa compassion regarde ceux qui sont dans le besoin, nous sommes les mains qu’il tend pour bénir et pour guérir, nous sommes les pieds dont il se sert pour aller faire le bien, et nous sommes les lèvres par lesquelles son Évangile est proclamé. Cependant, il est important de saisir que lorsque nous participons ainsi à son œuvre de Salut, nous ne faisons pas qu’honorer la mémoire d’un héros mort en prolongeant ce qu’il a fait : tout au contraire, le Christ est vivant en nous, son corps, l’Église, son peuple sacerdotal. En nous nourrissant de Lui dans l’Eucharistie et en accueillant l’Esprit Saint dans nos cœurs, nous devenons vraiment le Corps du Christ que nous avons reçu, nous sommes véritablement en communion avec lui et les uns avec les autres, et nous devenons authentiquement ses instruments, en lui rendant témoignage devant le monde.

 

Palais des Sports

 

« La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul cœur et une seule âme » (Ac 4, 32). Dans la première communauté chrétienne, nourrie à la table du Seigneur, nous voyons les effets de l’action unifiante de l’Esprit Saint. C’est elle qui les rendait capables de mettre leurs biens en commun, l’amour pour les frères leur permettant de dépasser tout attachement matériel. C’est elle qui les rendait capables de trouver des solutions équitables à leurs différends, comme, par exemple, dans la résolution de la dispute entre les frères de langue grecque et ceux de langue hébraïque à propos de la distribution quotidienne des secours (cf. Ac 6, 1-6). C’est elle qui porta, plus tard, un observateur à dire : « Voyez comme ces chrétiens s’aiment les uns les autres, et comme ils sont prêts à mourir les uns pour les autres » (Tertullien, Apologie, 39). Néanmoins, cet amour n’était nullement limité à leurs seuls compagnons dans la foi. Ils ne se considèrent jamais comme les bénéficiaires exclusifs, privilégiés des faveurs divines, mais plutôt comme des messagers, envoyés pour porter la Bonne Nouvelle du Salut dans le Christ jusqu’aux extrémités de la terre. Et c’est ainsi que le message confié aux Apôtres par le Seigneur ressuscité s’est répandu à travers le Moyen Orient, et de là dans le monde entier.

 

Chers frères et sœurs dans le Christ, nous sommes aujourd’hui appelés, tout comme ils le furent, à n’être qu’« un seul cœur et une seule âme », à approfondir notre communion avec le Seigneur et les uns avec les autres ; et à lui rendre témoignage aux yeux du monde.

 

Nous sommes appelés à dépasser nos différences, à porter la paix et la réconciliation partout où il y a des conflits, pour offrir au monde un message d’espérance. Nous sommes appelés à tendre la main à ceux qui sont dans le besoin, en partageant généreusement nos biens terrestres avec ceux qui sont moins bien pourvus que nous. Et nous sommes appelés à proclamer sans cesse la mort et la résurrection du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne dans la gloire. Par lui, avec lui et en lui, dans l’unité qui est le don de l’Esprit Saint à l’Église, rendons honneur et gloire à Dieu, notre Père céleste, en compagnie des anges et des saints qui chantent à jamais ses louanges. Amen. 

 

 

Source 

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 12:54

« La Trinité n'est pas d'abord un casse-tête intellectuel,

c'est une réalité simple : Dieu est Amour. »
 

(P. Noël Quesson) 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 17:49

LogoVOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE BENOIT XVI A CHYPRE – Homélie du Saint Père prononcée lors de la Messe célébrée le 5 juin 2010 à l’église paroissiale latine de Sainte Croix, à Nicosie, devant les prêtres, les religieux et les diacres.

 

Chers frères et sœurs dans le Christ,

 

Le Fils de l’Homme doit être élevé, pour que quiconque croit en lui ait la vie éternelle (cf. Jn 3, 14-15). Pendant cette messe votive, nous adorons et nous prions notre Seigneur Jésus Christ parce que, par sa Sainte Croix, il a racheté le monde. Par sa mort et sa résurrection, il a ouvert les portes du ciel et il a préparé une place pour nous afin que nous, ses disciples, nous puissions avoir part à sa gloire.

 

Dans la joie de la victoire du Christ sauveur, je vous salue vous tous qui êtes ici rassemblés dans l’Église de la Sainte Croix, et je vous remercie de votre présence. J’ai beaucoup apprécié la chaleur de l’accueil que vous m’avez réservé. Je suis particulièrement reconnaissant à Sa Béatitude le Patriarche latin de Jérusalem pour ses paroles de bienvenue au début de la messe et pour la présence du Frère Custode de Terre Sainte. Ici à Chypre, terre qui fut la première escale dans les voyages missionnaires de Saint Paul autour de la Méditerranée, je viens parmi vous aujourd’hui, en mettant mes pas dans ceux du grand Apôtre, pour vous affermir dans votre foi chrétienne et pour prêcher l’Évangile qui a donné vie et espérance au monde.

 

Au cœur de notre célébration d’aujourd’hui, se trouve la Croix du Christ. Beaucoup pourraient être tentés de demander pourquoi nous, qui sommes chrétiens, célébrons un instrument de torture, un signe de souffrance, de défaite et d’échec. Il est vrai que la Croix exprime tout cela. Et cependant, parce que le Christ a été élevé sur la Croix pour notre Salut, elle représente aussi le triomphe définitif de l’amour de Dieu sur toutes les formes du mal dans le monde.

 

Selon une ancienne tradition, le bois de la Croix viendrait d’un arbre planté par Seth, le fils d’Adam, sur le lieu où Adam avait été enterré. En cet endroit précis, connu sous le nom de Golgotha, le lieu du crâne, Seth planta une graine provenant de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, l’arbre qui se trouvait au milieu du jardin d’Eden. Grâce à la Providence divine, l’œuvre du Malin aurait ainsi été défaite en retournant contre lui ses propres armes.

 

Séduit par le serpent, Adam avait abandonné sa confiance filiale en Dieu et il avait péché en mangeant du fruit de l’unique arbre du jardin qui lui était interdit. En raison de ce péché, la souffrance et la mort sont entrées dans le monde. Les effets tragiques du péché, la souffrance et la mort, sont trop évidents dans l’histoire de la descendance d’Adam. Nous le voyons dans la première lecture de ce jour, qui fait écho à la Chute et aux annonces de la rédemption par le Christ.

 

Comme un châtiment pour leur péché, des membres du peuple d’Israël, languissant dans le désert, furent mordus par des serpents et ne purent être sauvés de la mort qu’en regardant le signe que Moïse éleva, préfigurant la Croix qui mettrait fin au péché et à la mort une fois pour toutes. Nous voyons clairement que l’homme ne peut se sauver lui-même des conséquences de son péché. Il ne peut se sauver lui-même de la mort. Dieu seul peut le libérer de son esclavage physique et moral. Et parce qu’il a tant aimé le monde, il a envoyé son Fils unique, non pour condamner le monde – comme la justice semblait le commander – mais pour que, par Lui, le monde soit sauvé. Le Fils unique de Dieu a dû être élevé, tout comme Moïse avait élevé le serpent dans le désert, pour que tous ceux qui le regarderaient avec foi puissent avoir la vie.

 

Le bois de la Croix est devenu le moyen de notre rédemption, tout comme l’arbre duquel elle a été tirée a entraîné la Chute de nos premiers parents. La souffrance et la mort, qui ont été la conséquence du péché, sont devenues les moyens mêmes par lesquels le péché a été vaincu. L’agneau innocent fut immolé sur l’autel de la Croix, et une vie nouvelle a jailli alors de l’immolation de la victime : le pouvoir du mal était détruit par le pouvoir de l’amour qui s’offre en sacrifice.

 

La Croix est donc quelque chose de beaucoup plus grand et plus mystérieux qu’elle ne l’apparaît au premier abord. C’est en effet un instrument de torture, de souffrance et d’échec mais, en même temps, elle exprime la complète transformation, le renversement définitif de ces afflictions : c’est ce qui en fait le symbole d’espérance le plus éloquent que le monde ait jamais vu. Elle parle à tous ceux qui souffrent – les opprimés, les malades, les pauvres, les parias, les victimes de la violence – et elle leur offre l’espérance que Dieu peut transformer leur souffrance en joie, leur solitude en communion, leur mort en vie. Elle offre une espérance sans limite à notre monde déchu.

 

C’est pourquoi le monde a besoin de la Croix. La Croix n’est pas uniquement un symbole privé de dévotion. Elle n’est pas seulement l’insigne des membres d’un groupe particulier au sein de la société, et, en son sens le plus profond, elle n’a rien à voir avec l’imposition par la force d’un credo ou d’une philosophie. La Croix parle d’espérance, elle parle d’amour, elle parle de la victoire de la non-violence sur l’oppression. Elle dit que Dieu relève celui qui est humble, qu’il fortifie le faible, qu’il triomphe des divisions et surmonte la haine par l’amour. Un monde sans la Croix serait un monde sans espérance, un monde dans lequel la torture et la brutalité seraient sans contrôle, où la faiblesse serait exploitée et l’avidité aurait le dernier mot. L’inhumanité de l’homme pour l’homme se manifesterait de façon toujours plus horrible, et il n’y aurait aucune fin au cycle vicieux de la violence. Seule la Croix y met fin. Alors qu’aucun pouvoir terrestre ne peut nous sauver des conséquences de nos péchés, et qu’aucun pouvoir terrestre ne peut vaincre l’injustice à sa source, l’intervention salvatrice de notre Dieu d’amour a pourtant transformé la réalité du péché et de la mort en leur contraire. C’est ce que nous célébrons quand nous nous glorifions dans la Croix de notre Rédempteur. C’est ce que fait, à juste titre, saint André de Crête en décrivant la Croix comme « le meilleur et le plus magnifique de tous les biens ; car c’est en lui, par lui et pour lui que tout l’essentiel de notre Salut consiste et a été restauré pour nous » (Oratio X; PG 97, 1018-1019; trad. Liturgie des Heures, Office des lectures, 14 septembre)

 

Chers frères prêtres, chers religieux, chers catéchistes, le message de la Croix nous a été confié, afin que nous puissions offrir l’espérance au monde. Quand nous proclamons le Christ crucifié, c’est Lui que nous annonçons et non nous-mêmes. Nous n’offrons pas notre sagesse au monde, ni ne revendiquons un mérite quelconque de notre part, mais nous agissons comme des canaux de sa sagesse, de son amour et de ses mérites salvateurs. Nous savons que nous sommes simplement des vases d’argile, cependant, étonnamment, nous avons été choisis pour être les hérauts de la vérité qui sauve et que le monde a besoin d’entendre. Ne cessons jamais de nous émerveiller de la grâce extraordinaire qui nous a été faite. Ne cessons jamais de reconnaître notre indignité. Mais, en même temps efforçons-nous de devenir moins indignes de notre noble appel, de peur que par nos fautes et nos manquements nous n’affaiblissions la crédibilité de notre témoignage.

 

En cette Année sacerdotale, permettez moi de m’adresser en particulier aux prêtres présents aujourd’hui, et à ceux qui se préparent à l’ordination. Méditez sur les mots qui sont adressés au prêtre nouvellement ordonné quand l’Évêque lui présente le calice et la patène : « Comprenez ce que vous faites, imitez ce que vous célébrez, et conformez votre vie au mystère de la Croix du Seigneur ». Quand nous proclamons la Croix du Christ, efforçons-nous toujours d’imiter l’amour désintéressé de celui qui s’est offert pour nous sur l’autel de la Croix, de celui qui est à la fois prêtre et victime, de celui en la personne de qui nous parlons et nous agissons lorsque nous exerçons le ministère que nous avons reçu. Quand nous réfléchissons, individuellement ou collectivement, sur nos défauts, nous reconnaissons humblement que nous avons mérité le châtiment que Lui, l’Agneau innocent, a souffert à notre place. Et si, selon ce que nous avons mérité, nous avons part aux souffrances du Christ, réjouissons-nous car nous jouirons d’une plus grande félicité quand sa gloire se révélera.

 

J’ai particulièrement conscience, dans mes pensées et dans mes prières, que beaucoup de prêtres et de religieux au Moyen Orient font actuellement l’expérience d’un appel particulier à conformer leurs vies au mystère de la Croix du Seigneur. Là où les chrétiens sont une minorité, là où ils souffrent l’épreuve en raison de tensions ethniques et religieuses, de nombreuses familles prennent la décision de partir, et il peut être tentant pour leurs pasteurs de faire de même. Néanmoins, dans des situations de cette nature, un prêtre, une communauté religieuse, une paroisse qui reste ferme et qui continue à rendre témoignage au Christ est un signe extraordinaire d’espérance, non seulement pour les chrétiens mais aussi pour tous ceux qui vivent dans la région. Leur seule présence est une expression éloquente de l’Évangile de la paix, de la détermination du Bon Pasteur de prendre soin de tout le troupeau, de l’engagement inébranlable de l’Église au dialogue, à la réconciliation et à la reconnaissance bienveillante de l’autre. En embrassant la Croix qui leur est tendue, les prêtres et les religieux du Moyen Orient peuvent vraiment faire rayonner l’espérance qui est au cœur du mystère que nous célébrons dans la liturgie de ce jour.

 

Prenons tous courage avec les paroles de la deuxième lecture du jour, qui parlent si magnifiquement du triomphe qui a été réservé au Christ après sa mort sur la Croix, un triomphe auquel nous sommes invités à prendre part. « C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu’au nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l’abîme, tout être vivant tombe à genoux » (Ph 2, 9-10).

 

Oui, chers frères et sœurs dans le Christ, que la Croix du notre Seigneur Jésus Christ reste notre seul orgueil (cf. Ga 6, 14). Il est notre vie, notre Salut et notre résurrection; par lui, nous avons été sauvés et rendus libres.

 

 

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