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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 16:51

voyage portugalVoyage Apostolique du Pape Benoît XVI au Portugal – Homélie prononcée lors de la Messe célébrée à Porto, le 14 mai 2010.

 

Messe à Porto (14 mai 2010)

 

Chers Frères et Sœurs,

 

« Il est écrit au livre des Psaumes : […] que sa charge passe à un autre. […] Il faut donc que l’un d’entre eux devienne avec nous témoin de sa résurrection » (Ac 1, 20-22). C’est ce que dit Pierre, lisant et interprétant la parole de Dieu parmi ses frères, réunis au Cénacle après l’Ascension de Jésus au ciel. Matthias fut choisi, lui qui avait été témoin de la vie publique de Jésus et de sa victoire sur la mort, lui restant fidèle jusqu’au bout, malgré l’abandon de beaucoup. La « disproportion » entre les forces en présence qui aujourd’hui nous effraie, étonnait déjà il y a 2000 ans ceux qui voyaient et écoutaient le Christ. Il était seul, des berges du Lac de Galilée jusqu’aux places de Jérusalem, seul ou presque seul dans les moments décisifs : seul en union avec le Père, seul dans la force de l’Esprit. Pourtant, à la fin, du même amour qui a créé le monde, la nouveauté du Règne a poussé comme une petite graine qui germe de la terre, comme une étincelle de lumière qui jaillit dans les ténèbres, comme l’aube d’un jour sans crépuscule : c’est le Christ ressuscité. Et il est apparu à ses amis, en leur montrant la nécessité de la Croix pour parvenir à la résurrection.

 

Ce jour-là, Pierre cherchait un témoin de tout cela. Deux ayant été présentés, le Ciel a désigné « Matthias, qui fut associé aux onze Apôtres » (Ac 1, 26). Aujourd’hui nous célébrons sa glorieuse mémoire en cette « Cité invaincue », qui a revêtu des habits de fête pour accueillir le Successeur de Pierre. Je rends grâce à Dieu de m’avoir conduit parmi vous, pour vous rencontrer autour de l’autel. Je vous adresse un salut cordial à vous, frères et amis de la ville et du diocèse de Porto, à ceux qui sont venus de la Province ecclésiastique du nord du Portugal et aussi de la proche Espagne, et à tous les autres qui sont en communion physique ou spirituelle avec notre assemblée liturgique (…).

 

« Il faut que l’un d’entre eux devienne avec nous témoin de sa résurrection », disait Pierre. Et son Successeur actuel répète à chacun de vous : Mes frères et sœurs, il faut que vous deveniez avec moi des témoins de la résurrection de Jésus. En effet, si vous, vous n’êtes pas ses témoins dans votre milieu de vie, qui le sera à votre place ? Le chrétien est, dans l’Église et avec l’Église, un missionnaire du Christ envoyé dans le monde. C’est là la mission qu’on ne peut différer de toute communauté ecclésiale : recevoir de Dieu le Père et offrir au monde le Christ ressuscité, afin que toute situation d’affaiblissement et de mort soit transformée, par l’Esprit Saint, en occasion de croissance et de vie. Dans ce but, dans toute célébration eucharistique, nous écouterons plus attentivement la Parole du Christ et nous goûterons assidûment le Pain de sa présence. Cela fera de nous des témoins et, plus encore, des porteurs de Jésus ressuscité dans le monde, l’apportant aux divers secteurs de la société et à tous ceux qui y vivent et y travaillent, répandant cette « vie en abondance » (cf. Jn 10, 10), qu’il nous a gagnée par sa Croix et sa résurrection et qui rassasie les aspirations les plus légitimes du cœur humain.

 

Nous n’imposons rien, mais nous proposons toujours, comme Pierre nous le recommande dans une de ses lettres : « Traitez toujours saintement dans vos cœurs le Seigneur Christ, toujours prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous » (1 P 3, 15). Et en définitive, tous le demandent, même ceux qui semblent ne pas le demander. Par expérience personnelle et communautaire, nous savons bien que c’est Jésus, celui que tous attendent. En effet, les attentes les plus profondes du monde et les grandes certitudes de l’Évangile se rencontrent dans la mission irrécusable qui nous revient puisque « sans Dieu l’homme ne sait où aller et ne parvient même pas à comprendre qui il est. Face aux énormes problèmes du développement des peuples qui nous pousseraient presque au découragement et au défaitisme, la parole du Seigneur Jésus Christ vient à notre aide en nous rendant conscients de ce fait que : ‘Sans moi, vous ne pouvez rien faire’ (Jn 15, 5) ; elle nous encourage : ‘Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde’ (Mt 28, 20) » (Benoît XVI, Enc. Caritas in veritate, n. 78).

 

Toutefois, si cette certitude nous console et nous tranquillise, elle ne nous dispense pas d’aller à la rencontre des autres. Nous devons vaincre la tentation de nous limiter à ce que nous avons encore, ou que nous estimons avoir, de nôtre et d’assuré : ce serait à terme une mort, quant à la présence de l’Église dans le monde, laquelle, d’ailleurs, ne peut seulement être que missionnaire dans le mouvement d’effusion de l’Esprit. Depuis ses origines, le peuple chrétien a perçu avec clarté l’importance de communiquer la Bonne Nouvelle de Jésus à tous ceux qui ne le connaissaient pas encore. Au cours de ces dernières années, le cadre anthropologique, culturel, social et religieux de l’humanité a changé : aujourd’hui l’Église est appelée à affronter de nouveaux défis et elle est disposée à dialoguer avec les diverses cultures et les religions, cherchant à construire avec toute personne de bonne volonté la cohabitation pacifique des peuples. Le champ de la mission ad gentes se présente aujourd’hui notablement élargi et il ne peut être défini seulement sur la base de considérations géographiques : en effet, nous sommes attendus non seulement par les peuples non chrétiens et les terres lointaines, mais aussi par les milieux socio-culturels et surtout par les cœurs qui sont les véritables destinataires de l’action missionnaire du peuple de Dieu.

 

Il s’agit d’un mandat dont l’accomplissement doit progresser « par la même route qu’a suivie le Christ, c'est-à-dire par la route de la pauvreté, de l’obéissance, du service et de l’immolation de soi jusqu’à la mort, dont il est sorti victorieux par sa résurrection » (Décret Ad gentes, n. 5). Oui ! Nous sommes appelés à servir l’humanité de notre temps, comptant uniquement sur Jésus, en nous laissant éclairer par sa Parole : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous partiez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » (Jn, 15, 16). Que de temps perdu, que de travail renvoyé à plus tard sur ce point par inadvertance ! Tout se définit à partir du Christ, quant à l’origine et à l’efficacité de la mission : la mission nous la recevons toujours du Christ, qui nous a fait connaître ce qu’il a entendu de son Père, et nous y sommes engagés par l’Esprit, dans l’Église. Comme l’Église elle-même, œuvre du Christ et de son Esprit, il s’agit de renouveler la face de la terre en partant de Dieu, toujours et seulement de Dieu !

 

Chers frères et amis de Porto, levez les yeux vers Celle que vous avez choisie comme patronne de la ville, Notre Dame de Vandoma. L’Ange de l’Annonciation a salué Marie comme « pleine de grâce », signifiant par cette expression que son cœur et sa vie étaient totalement ouverts à Dieu et donc complètement remplis de sa grâce. Qu’Elle vous aide à faire de vous-mêmes un « oui » libre et plein à la grâce de Dieu, afin que vous puissiez être renouvelés et renouveler l’humanité par la lumière et la joie de l’Esprit Saint.  

 

 

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 18:05

voyage portugalVoyage Apostolique du Pape Benoît XVI au Portugal – Discours aux évêques du Portugal, à Fatima le 13 mai 2010.

 

Rencontre avec les évêques du Portugal

 

Vénérables et chers Frères dans l’Épiscopat,

 

Je rends grâce à Dieu pour l’opportunité qu’il me donne de vous rencontrer tous ici dans le cœur spirituel du Portugal qu’est le sanctuaire de Fatima, où une foule de pèlerins provenant des endroits les plus variés de la terre, cherchent à retrouver ou à renforcer en eux-mêmes la certitude du Ciel. Parmi eux, se trouve le Successeur de Pierre qui est venu de Rome en réponse aux invitations répétées qu’il a reçues et poussé par un devoir de reconnaissance à la Vierge Marie. En effet, celle-ci a transmis ici même, aux voyants et aux pèlerins, un amour intense pour le Saint-Père, qui a fructifié dans la prière fervente d’une multitude de personnes sous la conduite de Jésus : Pierre, « j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne sombre pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22,32).

 

Comme vous l’entendez, le Pape a besoin de s’ouvrir toujours davantage au mystère de la Croix, en l’embrassant comme l’unique espérance et le moyen ultime pour gagner et réunir dans le Crucifié tous ses frères et sœurs en humanité. Obéissant à la Parole de Dieu, il est appelé à vivre non pas pour lui-même mais pour rendre Dieu présent dans le monde. Je suis réconforté par la détermination avec laquelle vous aussi, vous me suivez de près sans rien craindre d’autre que la perte du Salut éternel de votre peuple, comme le démontrent bien les paroles par lesquelles Mgr Jorge Ortiga a voulu saluer ma venue parmi vous et témoigner de l’inconditionnelle fidélité des Évêques du Portugal au Successeur de Pierre. Je vous remercie de tout cœur. Merci aussi pour tout le dévouement avec lequel vous avez organisé ma Visite. Que Dieu vous récompense, en répandant en abondance sur vous et sur vos diocèses l’Esprit Saint, afin que vous puissiez, d’un seul cœur et d’une seule âme, porter à terme l’objectif pastoral que vous vous êtes fixé, c’est-à-dire, celui d’offrir à chaque fidèle une initiation chrétienne exigeante et belle, qui transmette l’intégrité de la foi et de la spiritualité, enracinée dans l’Évangile et capable de former des fidèles agissants et libres dans la vie publique.

 

En vérité, les temps dans lesquels nous vivons exigent un nouveau dynamisme missionnaire des chrétiens, appelés à former un laïcat mûr qui s’identifie à l’Église et solidaire de la transformation complexe du monde. Il faut d’authentiques témoins de Jésus Christ, surtout dans ces milieux humains où le silence de la foi est plus grand et plus profond : les hommes politiques, les intellectuels, les professionnels de la communication qui professent et promeuvent une orientation culturelle unique, en méprisant la dimension religieuse et contemplative de la vie. Dans ces milieux, il y a des croyants honteux de leur foi qui prêtent leur concours au sécularisme, qui fait obstacle à l’inspiration chrétienne. Dans le même temps, Frères bien-aimés, combien, dans ces milieux, défendent avec courage une pensée catholique vigoureuse, fidèle au Magistère ; qu’ils continuent à bénéficier de vos encouragements et de votre parole éclairante pour vivre, en fidèles laïcs, dans la liberté chrétienne.

 

Sans bâillon, maintenez vive la dimension prophétique dans l’Histoire du monde actuel, parce que « la parole de Dieu n’est pas enchaînée » (2 Tm 2,9). Les personnes réclament la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, qui donne sens à leur vie et sauvegarde leur dignité. En qualité de premiers évangélisateurs, il vous sera utile de connaître et de comprendre les diverses tendances sociales et culturelles, d’évaluer les carences spirituelles et de disposer efficacement les ressources pastorales ; néanmoins, ce qui est décisif, c’est de réussir à inculquer chez toute personne qui évangélise un vrai désir de sainteté, et la conscience que tout résultat dépend essentiellement de l’union avec le Christ et de l’action de son Esprit.

 

En effet, quand aux yeux de beaucoup, la foi catholique n’est plus le patrimoine commun de la société et que, souvent, on la regarde comme une graine étouffée et supplantée par les ‘idoles’ et par les maîtres de ce monde, elle pourra très difficilement toucher les cœurs à travers de simples discours ou des rappels moraux, et encore moins par des allusions générales aux valeurs chrétiennes. Le rappel courageux et intégral des principes est essentiel et indispensable ; toutefois, la simple énonciation du message ne va pas jusqu’au fond du cœur de la personne, ne touche pas sa liberté, ne transforme pas sa vie. Ce qui séduit surtout, c’est la rencontre avec les personnes croyantes qui, par leur foi, attirent vers la grâce du Christ, en Lui rendant témoignage. Je me souviens de ces paroles du Pape Jean-Paul II : « L’Église a besoin surtout de grands courants, mouvements et témoignages de sainteté parmi les ‘fidèles’, parce que c’est de la sainteté que naît tout renouveau authentique de l’Église, tout enrichissement authentique de l’intelligence de la foi et de la suite du Christ, une ré-actualisation vitale et féconde du christianisme dans la rencontre avec les besoins des hommes, une forme renouvelée de présence au cœur de l’existence humaine et de la culture des nations » (Discours pour le XXe anniversaire du Décret conciliaire ‘Apostolatum actuositatem’, 18 novembre 1985).

 

Certains pourraient dire : « ‘l’Église a besoin de grands courants, de mouvements et de témoignages de sainteté…’ mais il n’y en a pas ! » À ce sujet, je vous confesse l’agréable surprise que j’ai eue dans la prise de contact avec les mouvements et les nouvelles communautés ecclésiales. En les observant, j’ai eu la joie et la grâce de voir comment, en un moment de fatigue pour l’Église, en un moment où l’on parlait d’un « hiver de l’Église », l’Esprit Saint suscitait un nouveau printemps, faisant se réveiller chez les jeunes et chez les adultes la joie d’être chrétiens, de vivre au sein de l’Église, qui est le Corps vivant du Christ. Grâce aux charismes, la radicalité de l’Évangile, le contenu objectif de la foi, l’influx vivant de sa Tradition sont communiqués de façon convaincante et sont accueillis comme une expérience personnelle, c’est-à-dire comme une adhésion de la liberté à l’événement présent du Christ.

 

C’est une condition nécessaire, naturellement, que ces nouvelles réalités veuillent vivre au sein de l’Église commune, tout en leur ménageant des espaces pour leur vie propre, de telle façon que celles-ci soient ensuite profitables à toutes les autres. Les porteurs d’un charisme particulier doivent se sentir fondamentalement responsables de la communion, de la foi commune de l’Église et doivent se soumettre à la direction des Pasteurs. Ce sont eux qui doivent garantir l’ecclésialité des mouvements. Les Pasteurs ne sont pas seulement des personnes qui occupent une charge, mais ils sont eux-mêmes porteurs de charismes, ils sont responsables de l’ouverture de l’Église à l’action de l’Esprit Saint. Nous, Évêques, en vertu du sacrement, nous sommes oints par l’Esprit Saint et, par conséquent, le sacrement garantit aussi l’ouverture à ses dons. Ainsi, d’une part, nous devons éprouver la responsabilité d’accueillir ces impulsions qui sont des dons pour l’Église et qui lui confèrent une nouvelle vitalité ; mais, d’autre part, nous devons aussi aider les mouvements à trouver la voie juste, en faisant des corrections avec esprit de compréhension – cette compréhension spirituelle et humaine qui sait conjuguer conduite, reconnaissance et une certaine ouverture et disponibilité à apprendre.

  

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 12:01

voyage portugalVoyage Apostolique du Pape Benoît XVI au Portugal – Discours aux organisations de la pastorale sociale, à l’Eglise de la Trinité à Fatima, le 13 mai 2010.

 

Chers Frères et amis,

 

Vous avez entendu Jésus dire : « Va, et toi aussi fais de même » (Lc 10, 37). Il nous exhorte à faire nôtre l’attitude du Bon Samaritain, dont l’exemple vient d’être proclamé, face aux situations où l’aide fraternelle fait défaut. Et quelle est cette attitude ? « C’est ‘un cœur qui voit’. Ce cœur voit où l’amour est nécessaire et il agit en conséquence » (Benoît XVI, Enc. Deus caritas est, n. 31). C’est ce qu’a fait le Bon Samaritain. Jésus ne se limite pas à exhorter ; comme l’enseignent les Saints Pères de l’Eglise, le Bon Samaritain c’est Lui, qui se fait proche de tout homme, et « verse sur ses blessures l’huile de la consolation et le vin de l’espérance » (Préface commune VIII), qui le conduit à l’auberge, qui est l’Église, où il le fait soigner, le confiant à ses ministres et payant en personne, par avance, pour sa guérison. « Va, et toi aussi fais de même ». L’amour inconditionnel de Jésus qui nous a guéris devra maintenant se transformer en amour donné gratuitement et généreusement, à travers la justice et la charité, si nous voulons vivre avec un cœur de Bon Samaritain.

 

J’éprouve une grande joie à vous rencontrer en ce lieu béni que Dieu s’est choisi pour rappeler à l’humanité, par la Vierge, ses desseins d’amour miséricordieux. Je salue avec grande amitié toutes les personnes ici présentes ainsi que les institutions auxquelles elles appartiennent, dans la diversité des visages qui se trouvent unis dans la réflexion sur les questions sociales et surtout dans la pratique de la compassion envers les pauvres, les malades, les détenus, ceux qui vivent seuls et abandonnés, les personnes handicapées, les enfants et les personnes âgées, les migrants, les personnes sans emploi et toutes celles qui connaissent des besoins qui abiment leur dignité de personnes libres. Merci, Monseigneur Carlos Azevedo, pour l’hommage de communion et de fidélité à l’Église et au Pape que vous avez voulu m’offrir aussi bien de la part de cette assemblée de la charité que de la Commission épiscopale de Pastorale sociale que vous présidez et qui encourage sans cesse ces grandes semailles de bonnes œuvres à travers tout le Portugal. Conscients, en tant qu’Église, de ne pas être en mesure d’offrir des solutions pratiques à chaque problème concret, et dépourvus de tout type de pouvoir, déterminés à servir le bien commun, vous êtes prêts à aider et à offrir les moyens du salut à tous.

 

Chers frères et sœurs qui opérez dans le vaste monde de l’entraide, « le Christ nous révèle que ‘Dieu est amour’ (1 Jn 4, 8) et il nous enseigne en même temps que la loi fondamentale de la perfection humaine, et donc de la transformation du monde, est le commandement nouveau de l’amour. A ceux qui croient à la divine charité, il apporte ainsi la certitude que la voie de l’amour est ouverte à tous les hommes » (Const. Gaudium et spes, n. 38). Le déroulement actuel de l’Histoire est fait de crises socio-économiques, culturelles et spirituelles, et il met en évidence l’opportunité d’un discernement orienté par la proposition créative du message social de l’Église. L’étude de sa doctrine sociale qui prend la charité comme principe et force principale, permettra de tracer un processus de développement humain intégral qui implique les profondeurs du cœur et vise à une plus vaste humanisation de la société (cf. Benoît XVI, Enc. Caritas in veritate, n. 20). Il ne s’agit pas d’une simple connaissance d’ordre intellectuel, mais d’une sagesse qui donne saveur et relief, offre une créativité aux voies d’appréhension et d’action visant à affronter une crise aussi vaste et complexe. Puissent les institutions de l’Église, avec toutes les organisations non ecclésiales, perfectionner leurs capacités d’étude et leurs orientations en vue d’une dynamique nouvelle et de grande ampleur, qui conduise vers « cette civilisation de l’amour dont Dieu a semé le germe dans chaque peuple et chaque culture » (ibid. n. 33).

 

Dans sa dimension sociale et politique, cette diaconie de la charité est le propre des fidèles laïcs, appelés à promouvoir organiquement le bien commun, la justice et à configurer de manière droite la vie sociale (cf. Benoît XVI, Enc. Deus caritas est, n. 29). Une des conclusions pastorales, qui ressortent de vos récentes réflexions, est de former une nouvelle génération de leaders serviteurs. Attirer de nouveaux acteurs laïcs dans ce domaine pastoral méritera certainement une attention particulière de la part des pasteurs, attentifs à l’avenir. Celui qui apprend de Dieu Amour sera immanquablement une personne pour les autres. En effet, « l’amour de Dieu se révèle dans la responsabilité envers autrui » (Benoît XVI, Enc. Spe salvi, n. 28). Unis au Christ dans sa consécration au Père, nous sommes saisis par sa compassion pour les multitudes qui demandent justice et solidarité et, comme le Bon Samaritain de la parabole, nous nous engageons à offrir des réponses concrètes et généreuses.

 

Souvent, cependant, il n’est pas facile d’arriver à une harmonie satisfaisante entre la vie spirituelle et l’activité apostolique. La pression exercée par la culture dominante, qui présente avec insistance un style de vie fondé sur la loi du plus fort, sur le gain facile et alléchant, finit par influencer notre mode de penser, nos projets et les perspectives de notre service, avec le risque de les vider de cette motivation de foi et d’espérance chrétiennes qui les avait suscités. Les nombreuses et pressantes demandes d’aide et de soutien que nous adressent les pauvres et les marginaux de la société nous poussent à chercher des solutions qui répondent à la logique de l’efficacité, de la visibilité et de la publicité. Toutefois, cette harmonie est absolument nécessaire, frères bien-aimés, pour pouvoir servir le Christ dans l’humanité qui vous attend. Dans ce monde divisé, s’impose à tous une profonde et authentique unité de cœur, d’esprit et d’action.

 

Parmi de nombreuses institutions sociales au service du bien commun, proche des populations nécessiteuses, on compte celles de l’Église catholique. Il faut que leur orientation soit claire, pour qu’elles adoptent une identité bien évidente : dans l’inspiration de leurs objectifs, dans le choix de leurs ressources humaines, dans leurs méthodes d’action, dans la qualité de leurs services, dans la gestion sérieuse et efficace de leurs moyens. La ferme identité des institutions est un réel service, d’un grand avantage pour ceux qui en bénéficient. Au-delà de l’identité tout en étant lié à elle, il est fondamental d’accorder à l’activité caritative chrétienne une autonomie et une indépendance à l’égard de la politique et des idéologies (cf. Benoît XVI, Enc. Deus caritas est, n. 31b), y compris dans la collaboration avec les organes de l’État pour atteindre des buts communs.

 

Que vos activités d’assistance, d’éducation ou de charité soient complétées par des projets de liberté qui promeuvent l’être humain, dans la recherche de la fraternité universelle. Se situe ici l’engagement urgent des chrétiens dans la défense des droits humains, attentifs à la totalité de la personne humaine dans ses diverses dimensions. J’exprime ma profonde appréciation pour toutes ces initiatives sociales et pastorales qui cherchent à lutter contre les mécanismes socio-économiques et culturels conduisant à l’avortement et qui tiennent clairement compte de la défense de la vie, de la réconciliation, et de la guérison des personnes blessées par le drame de l’avortement. Les initiatives qui ont pour but de sauvegarder les valeurs essentielles et premières de la vie, dès sa conception, et de la famille, fondée sur le mariage indissoluble entre un homme et une femme, aident à répondre à certains des défis les plus insidieux et les plus dangereux qui aujourd’hui se opposent au bien commun. Ces initiatives constituent, avec beaucoup d’autres formes d’engagement, des éléments essentiels pour la construction de la civilisation de l’amour.

 

Tout ceci s’intègre bien au message de la Vierge qui retentit en ce lieu : la pénitence, la prière, le pardon qui visent à la conversion des cœurs. C’est le chemin pour édifier la Civilisation de l’amour, dont Dieu a jeté les semences dans le cœur de tout homme et que la foi dans le Christ Sauveur fait germer.

 

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 19:00

voyage portugalVoyage Apostolique du Pape Benoît XVI au Portugal – Homélie prononcée lors de la messe célébrée sur l’esplanade du sanctuaire de Fatima, le 13 mai 2010.

 

 

Chers pèlerins,

 

« Votre descendance sera célèbre parmi les nations, (…) elle sera la descendance bénie par le Seigneur » (Is 61, 9). C’est ainsi que débutait la première lecture de cette Eucharistie, dont les paroles trouvent un admirable accomplissement dans cette assemblée recueillie avec dévotion aux pieds de la Vierge de Fatima. Chers frères et sœurs bien-aimés, moi aussi je suis venu en tant que pèlerin à Fatima, en cette ‘maison’ que Marie a choisie pour nous parler en nos temps modernes. Je suis venu à Fatima pour jouir de la présence de Marie et de sa protection maternelle. Je suis venu à Fatima, parce que vers ce lieu converge aujourd’hui l’Église pérégrinante, voulue par son Fils comme instrument d’évangélisation et sacrement du Salut. Je suis venu à Fatima pour prier, avec Marie et avec de nombreux pèlerins, pour notre humanité affligée par des détresses et des souffrances. Enfin, je suis venu à Fatima, avec les mêmes sentiments que ceux des Bienheureux François et Jacinthe et de la Servante de Dieu Lucie, pour confier à la Vierge la confession intime que ‘j’aime’ Jésus, que l’Église, que les prêtres ‘l’aiment’ et désirent garder les yeux fixés sur Lui, alors que s’achève cette Année sacerdotale, et pour confier à la protection maternelle de Marie les prêtres, les personnes consacrées, les missionnaires et tous ceux qui œuvrent pour rendre la Maison de Dieu accueillante et bienfaisante.

 

Ils sont la descendance que le Seigneur a bénie… la descendance que le Seigneur a bénie, c’est toi, cher diocèse de Leira-Fatima, avec ton Pasteur, Monseigneur Antonio Marto, que je remercie pour le salut qu’il m’a adressé au début de cette célébration et pour toutes les attentions dont il m’a comblé dans ce sanctuaire, y compris à travers ses collaborateurs. Je salue Monsieur le Président de la République et les autres Autorités qui sont au service de cette glorieuse Nation. De cœur, j’embrasse tous les diocèses du Portugal, ici représentés par leurs Évêques, et je confie au Ciel tous les peuples et toutes les nations de la terre. Je confie à Dieu, dans mon cœur, tous leurs fils et filles, en particulier ceux qui vivent dans l’épreuve ou qui sont abandonnées, avec le désir de leur transmettre cette grande espérance qui brûle en mon cœur et qui, ici à Fatima, se laisse accueillir de façon plus palpable. Que notre grande espérance plonge des racines profondes dans la vie de chacun de vous, chers pèlerins qui êtes ici présents, ainsi que dans la vie de tous ceux qui nous sont unis à travers les moyens de communication sociale.

 

Oui ! Le Seigneur, notre grande espérance, est avec nous ; dans son amour miséricordieux, il offre un avenir à son peuple : un avenir de communion avec Lui. Ayant expérimenté la miséricorde et la consolation de Dieu qui ne l’avait pas abandonné sur le pénible chemin de retour de l’exil à Babylone, le peuple de Dieu s’exclame : « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu » (Is 61, 10). Fille éminente de ce peuple, revêtue de grâce et doucement étonnée par la gestation du Fils de Dieu qui s’accomplissait en son sein, la Vierge Mère de Nazareth fait également sienne cette joie et cette espérance dans le cantique du Magnificat : « Mon esprit exulte en Dieu, mon Sauveur ». Toutefois, elle ne se regardait pas comme une privilégiée au milieu d’un peuple stérile, au contraire, elle prophétisait pour lui les douces joies d’un prodigieuse maternité du Fils de Dieu, parce que « son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent » (Lc 1, 47. 50).

 

Ce lieu béni en est la preuve. Dans sept ans, vous reviendrez ici pour célébrer le centenaire de la première visite faite par la Dame « venue du Ciel », comme une maîtresse qui introduit les petits voyants dans la connaissance profonde de l’Amour trinitaire et les conduit à goûter Dieu lui-même comme la réalité la plus belle de l’existence humaine. Une expérience de grâce qui les a fait devenir amoureux de Dieu en Jésus, au point que Jacinthe s’exclamait : « J’aime tellement dire à Jésus que je L’aime ! Quand je le Lui dit de nombreuses fois, il me semble avoir un feu dans le cœur, mais qui ne me brûle pas ». Et François disait : « Ce que j’ai aimé par-dessus tout, fut de voir Notre Seigneur dans cette lumière que Notre Mère nous a mise dans le cœur. J’aime tant Dieu ! » (Mémoires de Sœur Lucie, I, p.42 et p.126).

 

Frères, en entendant ces innocentes et profondes confidences mystiques des petits bergers, certains pourraient les regarder avec un peu d’envie parce que eux ils ont vu, ou bien avec la résignation amère de celui qui n’a pas eu la même chance mais qui insiste parce qu’il veut voir. À ces personnes, le Pape dit comme Jésus : « N’êtes-vous pas dans l’erreur, en méconnaissant les Écritures, et la puissance de Dieu ? » (Mc 12, 24). Les Écritures nous invitent à croire : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jn 20, 29), mais Dieu – plus intime à moi que je le suis à moi-même (cf. Saint Augustin, Confessions, III, 6, 11) – a le pouvoir d’arriver jusqu’à nous, en particulier à travers nos sens intérieurs, de sorte que l’âme reçoive le toucher suave d’une réalité qui se trouve au-delà du sensible et qui la rende capable de rejoindre le non-sensible, ce qui est imperceptible aux sens. Pour cela, il est besoin d’une vigilance du cœur que, la plupart du temps, nous n’avons pas en raison de la forte pression de la réalité extérieure, des images et des préoccupations qui emplissent l’âme (cf. Commentaire théologique du Message de Fatima, 2000). Oui ! Dieu peut nous rejoindre, en s’offrant à notre vision intérieure.

 

Qui plus est, cette Lumière dans l’âme des jeunes bergers, qui provient de l’éternité de Dieu, est la même qui s’est manifestée à la plénitude des temps et qui est venue pour tous : le Fils de Dieu fait homme. Qu’Il ait le pouvoir d’enflammer les cœurs les plus froids et les plus tristes, nous le voyons avec les disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24, 32). C’est pourquoi notre espérance a un fondement réel, elle s’appuie sur un événement qui prend sa place dans l’histoire et en même temps la dépasse : c’est Jésus de Nazareth. L’enthousiasme suscité par sa sagesse et par sa puissance salvifique auprès des gens de l’époque était tel qu’une femme au milieu de la foule – comme nous l’avons entendu dans l’Évangile – s’exclama pour dire : « Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles, et qui t’a nourri de son lait ! ». Cependant, Jésus répond : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Lc 11, 27. 28). Mais qui a le temps d’écouter sa parole et de se laisser séduire par son amour ? Qui veille, dans la nuit du doute ou de l’incertitude, avec le cœur éveillé en prière ? Qui attend l’aube du jour nouveau, tenant allumée la flamme de la foi ? La foi en Dieu ouvre à l’homme l’horizon d’une espérance certaine qui ne déçoit pas ; elle indique un fondement solide sur lequel appuyer, sans peur, toute son existence ; elle requiert l’abandon, plein de confiance, entre les mains de l’Amour qui soutient le monde.

 

« Votre descendance sera célèbre parmi les nations, (…) elle sera la descendance bénie par le Seigneur » (Is 61, 9) avec une espérance inébranlable et qui fructifie en un amour qui se sacrifie pour les autres et qui ne sacrifie pas les autres ; au contraire – comme nous l’avons entendu dans la deuxième lecture – qui « supporte tout, fait confiance en tout, espère tout, endure tout » (1 Co 13, 7). De cela, les petits bergers sont un exemple et nous stimulent, eux qui ont fait de leur vie une offrande à Dieu et l’ont partagée avec les autres par amour de Dieu. La Vierge les a aidés à ouvrir leur cœur à l’universalité de l’amour. La Bienheureuse Jacinthe, notamment, se montrait infatigable dans le partage avec les pauvres et dans le sacrifice pour la conversion des pécheurs. Ce n’est qu’avec cet amour de fraternité et de partage, que nous réussirons à bâtir la civilisation de l’Amour et de la Paix. 

 

Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée se tromperait. Revit ici ce dessein de Dieu qui interpelle l’humanité depuis ses origines : « Où est ton frère Abel ? (…) La voix du sang de ton frère crie de la terre vers moi ! » (Gn 4, 9). L’homme a pu déclencher un cycle de mort et de terreur, mais il ne réussit pas l’interrompre… Dans l’Écriture Sainte, il apparaît fréquemment que Dieu est à la recherche des justes pour sauver la cité des hommes et il en est de même ici, à Fatima, quand Notre Dame demande : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour prendre sur vous toutes les souffrances qu’il voudra vous envoyer, en réparation des péchés par lesquels il est offensé, et en intercession pour la conversion des pécheurs ? » (Mémoires de Sœur Lucie, I, p.162).

 

À la famille humaine prête à sacrifier ses liens les plus saints sur l’autel de l’égoïsme mesquin de la nation, de la race, de l’idéologie, du groupe, de l’individu, notre Mère bénie est venue du Ciel pour mettre dans le cœur de ceux qui se recommandent à Elle, l’amour de Dieu qui brûle dans le sien. À cette époque, ils n’étaient que trois ; leur exemple de vie s’est diffusé et multiplié en d’innombrables groupes sur la surface de la terre, en particulier au passage des Vierges pèlerines, qui se sont consacrés à la cause de la solidarité fraternelle. Puissent ces sept années qui nous séparent du centenaire des Apparitions hâter le triomphe annoncé du Cœur Immaculée de Marie à la gloire de la Très Sainte Trinité.

 

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 10:42

Dimanche 22 mai 2011 – 5e dimanche de Pâques (Année A)

 

"Je suis le Chemin, la Vérité et la vie" : écouter l'enseignement de Mgr André Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles : 1ère partie, et 2e partie.

 

Première lecture : Actes 6. 1-7

« La parole du Seigneur gagnait du terrain »

 

Psaume 32

« Dieu veille sur ceux qui mettent leur espoir en son amour »

 

Deuxième lecture : 1 Pierre 2. 4-9

« La pierre éliminée par les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle »

 

Evangile : Jn 14. 1-12

« Qui me voit voit le Père» 

 

***

Message audio du Pape : 2011

Regina Caeli du Pape : 2011

Homélie du Père Walter Covens : 2008

Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde : 2011 

Audio de Radio Vatican : 2011

Ce que l’Evangile nous dit et me demande

Peut-on imaginer ce que sera la vie éternelle? (P. Raniero Cantalamessa)

Dans la demeure du Père, il n'y a que des places uniques (P. Pierre Desroches, de Montréal)

Pourquoi l'Eglise? (P. Nicolas)

 

*** 

 

« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14. 6)

 

« Le premier trait caractéristique de la figure de Jésus est la prétention qu'il a émise, dans ses paroles comme dans ses actes, à être de condition divine. Ceci est absolument unique dans l'histoire de l'humanité. Jésus est le seul homme qui, dans son bon sens, ait "revendiqué" d'être l'égal de Dieu. J'écris "revendiqué" entre guillemets, car cette prétention ne relève en rien de la jactance humaine, mais s'accompagne, au contraire, de la plus grande humilité.

 

« La prétention de Jésus à être de condition divine apparaît tout d'abord dans ses paroles, telles que les ont perçues les évangélistes. Les plus nombreuses et les plus formelles se trouvent dans l'Evangile de Jean. Par exemple : "Qui m'a vu, a vu le Père" (Jn 14. 10) ; ou encore : "Le Père et moi, nous sommes UN" (Jn 10. 30), ou encore : "En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, JE SUIS" (Jn 8. 58).

 

« Et pourtant, cet homme qui, dans l'histoire, a manié le "Je" avec l'audace et la prétention les plus insoutenables, est en même temps d'une parfaite humilité et d'une discrétion pleine de délicatesse (...). La raison fondamentale de cette humilité, c'est que, à l'intérieur même de sa revendication incomparable et de son audace inouïe, Jésus a conscience d'être un envoyé qui a tout reçu d'un autre, Dieu son Père, et ne cherche rien d'autre que la gloire de ce dernier, dans une parfaite obéissance et une transparence toute filiale.

 

« Cette humble prétention à la divinité est un fait unique dans l'histoire de l'humanité et elle tient à l'essence même du christianisme. Partout ailleurs - que l'on pense à Bouddha, à Confucius ou à Mahomet - les fondateurs de religion lancent un mouvement spirituel qui, une fois mis en route, peut à la rigueur se développer indépendamment d'eux. Tandis que Jésus, lui, est l'objet même du christianisme. Jésus n'indique pas seulement un chemin, comme Lao-Tseu, il affirme être lui-même ce chemin ; il n'est pas seulement porteur d'une vérité, comme n'importe quel prophète, il se présente comme étant lui-même cette vérité ; il n'ouvre pas seulement une route conduisant à la vie, à la manière des philosophes, il prétend être, dans sa personne concrète, la plénitude même de la vie divine (...). Ceci est unique dans toute l'histoire. Et la question posée par Jésus est la seule qui importe : "Le crois-tu?" La vraie foi chrétienne commence quand le christianisme fait place au Christ, lorsqu'un croyant ou un sympathisant cesse de s'intéresser aux idées ou à la morale chrétiennes, prises abstraitement, et rencontre Jésus comme Quelqu'un, celui-là même qui revendique d'être conjointement vrai homme et vrai Dieu » (Mgr André Léonard, in Les raisons de croire).

        


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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 12:15

La luxure commence dans le coeur, elle commence à infecter le coeur avant de se propager dans ses membres. « Heureux les coeurs purs, ils verront Dieu » ; ils verront dans l’autre, non pas un objet de désir mais l’image de Dieu !

Remède spirituel – La chasteté (un enseignement du Père Pierre Mouton). 

 

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 13:12

voyage portugalVoyage Apostolique du Pape Benoît XVI au Portugal – Discours prononcé lors de la bénédiction des flambeaux, sur l’esplanade du sanctuaire de Fatima, le 12 mai 2010.

 

Chers pèlerins,

 

Tous ensemble, avec en main votre cierge allumé, vous semblez un océan de lumière autour de cette simple chapelle, érigée avec empressement en l’honneur de la Mère de Dieu et notre Mère, elle dont le chemin de retour de la terre au ciel était apparu aux jeunes bergers comme un faisceau de lumière. Cependant, comme Marie, nous ne jouissons pas d’une lumière propre : nous la recevons de Jésus. Sa présence en nous renouvelle le mystère et le rappel du buisson ardent, celui qui, un temps, sur le mont Sinaï a attiré Moïse et n’arrête pas de fasciner tous ceux qui se rendent compte qu’une lumière spéciale brûle en nous mais sans se consumer (cf. Ex 3, 2-5). Par nous-mêmes, nous ne sommes qu’un misérable buisson, sur lequel pourtant est descendue la gloire de Dieu. À lui, donc, toute gloire, à nous l’humble confession de notre néant et l’adoration déférente des desseins de Dieu, qui seront accomplis quand « Dieu sera tout en tous » (cf. 1 Co 15, 28). La Vierge, pleine de grâce, est la servante incomparable de tels desseins : « Voici la servante du Seigneur : que tout se passe pour moi selon ta parole » (Lc 1, 38).

 

Chers pèlerins, imitons Marie, en faisant résonner dans notre vie son « que tout se fasse pour moi » ! À Moïse, Dieu avait ordonné : « Retire tes sandales, car le lieu que foulent tes pieds est une terre sainte » (Ex 3, 5). C’est ce qu’il fit ; il enfilera à nouveau ses sandales pour aller libérer son peuple de l’esclavage de l’Égypte et le conduire vers la terre promise. Il ne s’agit pas ici simplement de la possession d’une parcelle de terre ou de ce territoire national auquel chaque peuple a droit ; en effet, dans la lutte pour la libération d’Israël et durant son exode de l’Égypte, ce qui est mis en évidence c’est surtout le droit à la liberté d’adoration, à la liberté d’un culte propre. Par conséquent, tout au long de l’histoire du peuple élu, la promesse de la terre assume toujours plus cette signification : la terre est donnée pour qu’il y ait un lieu de l’obéissance, afin qu’il y ait un espace ouvert à Dieu.

 

À notre époque, où la foi dans de vastes régions de la terre, risque de s’éteindre comme une flamme qui n’est plus alimentée, la première de toutes les priorités est celle de rendre Dieu présent dans ce monde et d’ouvrir aux hommes l’accès à Dieu. Pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l’amour vécu jusqu’au bout (cf. Jn 13, 1), en Jésus Christ crucifié et ressuscité. Chers frères et sœurs, adorez le Christ Seigneur dans vos cœurs (cf. 1 P 3, 15) ! N’ayez pas peur de parler de Dieu et de manifester sans honte les signes de la foi, en faisant resplendir aux yeux de vos contemporains la lumière du Christ, comme le chante l’Église durant la nuit de la Veillée pascale, qui engendre l’humanité comme famille de Dieu.

 

Frères et sœurs, en ce lieu, il est étonnant d’observer que trois enfants ont cédé à la force intérieure qui les a envahis au moment des apparitions de l’Ange et de la Mère du Ciel. Ici, où l’on nous a demandé si souvent de réciter le Rosaire, laissons-nous attirer par les mystères du Christ, les mystères du Chapelet de Marie. Que la récitation du rosaire nous permette de fixer notre regard et notre cœur en Jésus, comme le faisait sa Mère, modèle inégalable de la contemplation du Fils. En méditant les mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux, tandis que nous récitons les ‘Ave Maria’, nous contemplons le mystère de Jésus tout entier, de l’Incarnation jusqu’à la Croix et à la gloire de la Résurrection ; nous contemplons l’intime participation de Marie à ce mystère et notre vie en Christ aujourd’hui, qui apparaît tellement entremêlée de moments de joie et de souffrance, d’ombre et de lumière, d’anxiété et d’espérance. La grâce envahit notre cœur en suscitant le désir d’un changement de vie incisif et évangélique, afin de pouvoir dire avec Saint Paul : « Pour moi, vivre c’est le Christ » (Ph 1, 21), dans une communion de vie et de destin avec le Christ.

 

Je sens que m’accompagnent la dévotion et l’affection des fidèles réunis ici ainsi que celles du monde entier. Je porte avec moi les préoccupations et les attentes de notre temps et les souffrances de l’humanité blessée, les problèmes du monde, et je viens les déposer aux pieds de la Vierge de Fátima : Vierge Mère de Dieu et notre Mère bien-aimée, intercède pour nous auprès de ton Fils afin que toutes les familles des peuples, celles qui se distinguent par le nom de chrétiennes, comme celles qui ignorent encore leur Sauveur, vivent dans la paix et la concorde jusqu’à se rassembler en un seul peuple de Dieu, à la gloire de la Sainte et indivisible Trinité. Amen.

 

Benoît XVI à Fatima    

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 16:38

voyage portugalVoyage Apostolique du Pape Benoît XVI au Portugal – Acte de consécration des prêtres au Cœur immaculé de Marie, le 12 mai 2010.

 

Benoît XVI devant la Vierge de Fatima

 

Mère Immaculée,
en ce lieu de grâce,
convoqués par l’amour de ton Fils Jésus,
Grand et Eternel Prêtre,
nous, fils dans le Fils et ses prêtres,
nous nous consacrons à ton Cœur maternel,
pour accomplir fidèlement la Volonté du Père.

 

Nous sommes conscients que, sans Jésus,
nous ne pouvons rien faire de bon (cf. Jn15, 5)
et que, seulement par Lui, avec Lui et en Lui,
nous serons pour le monde
des instruments de salut.

 

Épouse de l’Esprit Saint,
obtiens-nous l’inestimable don
d’être transformés dans le Christ.

Par la puissance même de l’Esprit qui,
étendant sur Toi son ombre,
t’a rendue Mère du Sauveur,
aide-nous afin que le Christ, ton Fils,
naisse aussi en nous.

Que l’Église puisse ainsi
être renouvelée par de saints prêtres,
transfigurée par la grâce de Celui
qui fait toutes choses nouvelles.

 

Mère de Miséricorde,
c’est ton Fils Jésus qui nous a appelés
à devenir comme Lui :
lumière du monde et sel de la terre
(cf. Mt 5, 13-14).

Aide-nous,
par ta puissante intercession,
à ne jamais trahir cette sublime vocation,
à ne pas céder à nos égoïsmes,
aux séductions du monde
et aux suggestions du Malin.

Préserve-nous par ta pureté,
garde-nous par ton humilité
et enveloppe-nous de ton amour maternel,
qui se reflète en de nombreuses âmes
consacrées à toi,
devenues pour nous
d’authentiques mères spirituelles.

 

Mère de l’Église,
nous, prêtres,
nous voulons être des pasteurs
qui ne paissent pas pour eux-mêmes,
mais qui se donnent à Dieu pour leurs frères,
trouvant en cela leur bonheur.
Non seulement en paroles, mais par notre vie,
nous voulons répéter humblement,
jour après jour,
notre « me voici ».

Guidés par toi,
nous voulons être des Apôtres
de la Miséricorde Divine,
heureux de célébrer chaque jour
le Saint Sacrifice de l’Autel
et d’offrir à tous ceux qui nous le demandent
le Sacrement de la Réconciliation.

 

Avocate et Médiatrice de la grâce,
Toi qui es entièrement immergée
dans l’unique médiation universelle du Christ,
demande à Dieu, pour nous,
un cœur complètement renouvelé,
qui aime Dieu de toutes ses forces
et serve l’humanité comme toi-même tu l’as fait.

Redis au Seigneur
cette parole efficace :
« ils n’ont pas de vin » (Jn2, 3),
afin que le Père et le Fils répandent sur nous,
comme dans une nouvelle effusion
l’Esprit Saint.

 

Plein d’émerveillement et de gratitude
pour ta présence continuelle au milieu de nous,
au nom de tous les prêtres,
moi aussi je veux m’exclamer :
« Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »

(Lc1, 43)

 

Notre Mère depuis toujours,
ne te lasse pas de « nous visiter »,
de nous consoler, de nous soutenir.
Viens à notre secours
et libère-nous des dangers
qui nous menacent.


Par cet acte d’abandon et de consécration,
nous voulons t’accueillir de façon
plus profonde et radicale,
pour toujours et pleinement,
dans notre existence humaine et sacerdotale.

Que ta présence fasse refleurir le désert
de nos solitudes et briller le soleil
sur nos obscurités,
qu’elle fasse revenir le calme après la tempête,
afin que chaque homme voie le Salut du Seigneur,
qui a le nom et le visage de Jésus,
réfléchi dans nos cœurs,
pour toujours unis au tien !

 

Ainsi soit-il !

 

 

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 17:17

voyage portugalVoyage Apostolique du Pape Benoît XVI au Portugal – Discours prononcé lors de la célébration des Vêpres avec les prêtres, les religieux, les séminaristes et les diacres, en l’Eglise de la Trinité à Fatima, le 12 mai 2010.

 

Chers frères et sœurs,

 

« Lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils ; il est né d’une femme (…) pour faire de nous des fils » (Ga 4, 4-5). La plénitude du temps est arrivée, quand l’Éternel est entré dans le temps ; par l’œuvre et la grâce de l’Esprit Saint, le Fils du Très-Haut fut conçu et s’est fait homme dans le sein d’une femme : la Vierge Mère, type et modèle parfait de l’Église croyante. Celle-ci ne cesse d’engendrer de nouveaux fils dans le Fils, que le Père a voulu comme Premier-né d’une multitude de frères. Chacun de nous est appelé à être, avec Marie et comme Marie, un signe humble et simple de l’Église qui continuellement s’offre comme épouse dans les mains de son Seigneur.

 

À vous tous qui avez donné votre vie au Christ, je désire, ce soir, exprimer l’estime et la reconnaissance de l’Église. Merci pour votre témoignage souvent silencieux et qui n’est en rien facile ; merci pour votre fidélité à l’Évangile et à l’Église. En Jésus présent dans l’Eucharistie, je donne l’accolade à mes frères dans le sacerdoce et aux diacres, aux personnes consacrées, aux séminaristes et aux membres des mouvements et des nouvelles communautés ecclésiales ici présents. Que le Seigneur veuille récompenser, comme Lui seul sait et peut le faire, tous ceux qui ont permis de nous retrouver ici auprès de Jésus-Eucharistie (…). Dans ce ‘cénacle’ idéal de foi qu’est Fatima, la Vierge Mère nous indique le chemin pour notre oblation pure et sainte entre les mains du Père.

 

Permettez-moi de vous ouvrir mon cœur pour vous dire que la principale préoccupation de tout chrétien, particulièrement de la personne consacrée et du ministre de l’Autel, doit être la fidélité, la loyauté à sa propre vocation, en tant que disciple qui veut suivre le Seigneur. La fidélité dans le temps est le nom de l’amour ; d’un amour cohérent, vrai et profond, au Christ-Prêtre. « Si le Baptême fait vraiment entrer dans la sainteté de Dieu au moyen de l’insertion dans le Christ et de l’inhabitation de son Esprit, ce serait un contresens que de se contenter d’une vie médiocre, vécue sous le signe d’une éthique minimaliste et d’une religiosité superficielle » (Jean-Paul II, Lettre ap. Novo millennio ineunte, n.31). En cette année sacerdotale qui va s’achever, que descende sur vous tous une grâce abondante afin que vous viviez la joie de votre consécration et que vous témoigniez de la fidélité sacerdotale fondée sur la fidélité du Christ. Cela suppose évidemment une vraie intimité avec le Christ dans la prière, puisque ce sera l’expérience forte et intense de l’amour du Seigneur qui devra conduire les prêtres et les personnes consacrées à correspondre de façon exclusive et sponsale à son amour.

 

Cette vie de consécration particulière est née comme une mémoire évangélique pour le peuple de Dieu, mémoire qui manifeste, authentifie et annonce à l’Église entière la radicalité évangélique et la venue du Royaume. Eh bien, chers frères et sœurs consacrés, par votre engagement dans la prière, dans l’ascèse, dans le développement de la vie spirituelle, dans l’action apostolique et dans la mission, tendez vers la Jérusalem céleste, anticipez l’Église eschatologique, fermes dans la possession et la contemplation amoureuse du Dieu Amour ! Combien est grande aujourd’hui la nécessité de ce témoignage ! Beaucoup de nos frères vivent comme s’il n’y avait pas d’Au-delà, sans se préoccuper de leur Salut éternel. Les hommes sont appelés à adhérer à la connaissance et à l’amour de Dieu, et l’Église a la mission de les aider dans cette vocation. Nous savons bien que Dieu est maître de ses dons ; et la conversion des hommes est une grâce. Mais nous sommes responsables de l’annonce de la foi, de la totalité de la foi et de ses exigences.

 

Chers amis, imitons le Curé d’Ars qui priait ainsi le bon Dieu : « Concède-moi la conversion de ma paroisse, et j’accepte de souffrir tout ce que Tu veux pour le reste de ma vie ». Et il a tout fait pour arracher les personnes à leur tiédeur afin de les ramener à l’amour.

 

Il y a une solidarité profonde entre tous les membres du Corps du Christ : il n’est pas possible de l’aimer sans aimer ses frères. C’est pour leur Salut que Jean-Marie Vianney a voulu être prêtre : « Gagner les âmes au bon Dieu » déclarait-il en annonçant sa vocation à l’âge de dix-huit ans, à l’image de Paul qui disait : « afin d’en gagner le plus grand nombre possible » (1 Co 9, 19). Le Vicaire général lui avait dit : « Il n’y a pas beaucoup d’amour de Dieu dans la paroisse, vous en mettrez ». Dans son zèle sacerdotal, le saint curé était miséricordieux comme Jésus dans la rencontre avec chaque pécheur. Il préférait insister sur l’aspect fascinant de la vertu, sur la miséricorde de Dieu en présence de laquelle nos péchés sont des ‘grains de sable’. Il évoquait la tendresse offensée de Dieu. Il craignait que les prêtres deviennent « insensibles » et s’habituent à l’indifférence de leurs fidèles : « Malheur au pasteur – avertissait-il – qui demeure muet en voyant Dieu outragé et les âmes se perdre ».

 

Chers frères prêtres, en ce lieu que Marie a rendu si singulier, en ayant devant les yeux sa vocation de fidèle disciple de son fils Jésus, de la conception à la Croix et ensuite dans les pas de l’Église naissante, considérez la grâce inouïe de votre sacerdoce. La fidélité à votre vocation propre exige courage et confiance, mais le Seigneur veut aussi que vous sachiez unir vos forces ; soyez pleins de sollicitude les uns avec les autres, en vous soutenant fraternellement. Les moments de prière et d’étude en commun, le partage des exigences de la vie et du travail sacerdotal sont une part nécessaire de votre vie. Comme il est merveilleux quand vous vous accueillez les uns les autres dans vos maisons, avec la paix du Christ dans vos cœurs ! Comme il est important de vous aider réciproquement par le moyen de la prière et par des conseils et des discernements utiles ! Réservez une attention particulière aux situations d’affaiblissement des idéaux sacerdotaux ou bien au fait de se consacrer à des activités qui ne s’accordent pas complètement avec ce qui est le propre d’un ministre de Jésus Christ. C’est alors le moment d’assumer, avec la chaleur de la fraternité, l’attitude décidée du frère qui aide son frère à ‘rester debout’.

 

Bien que le sacerdoce du Christ soit éternel (cf. Hb 5, 6), la vie des prêtres est limitée. Le Christ veut que d’autres perpétuent au long du temps le sacerdoce ministériel qu’Il a institué. Aussi, maintenez donc, en vous et autour de vous, le désir de susciter – en secondant la grâce de l’Esprit Saint – de nouvelles vocations sacerdotales parmi les fidèles. La prière confiante et persévérante, l’amour joyeux de votre propre vocation et un travail appliqué de direction spirituelle vous permettront de discerner le charisme de la vocation chez ceux qui sont appelés par Dieu.

 

Chers séminaristes, qui avez déjà fait le premier pas vers le sacerdoce et qui vous préparez au grand séminaire ou bien dans les maisons de formation religieuses, le Pape vous encourage à être conscients de la grande responsabilité que vous devrez assumer : vérifiez bien vos intentions et vos motivations ; consacrez-vous avec force d’âme et générosité d’esprit à votre formation. L’Eucharistie, centre de la vie du chrétien et école d’humilité et de service, doit être l’objet principal de votre amour. L’adoration, la piété et l’attention portée au Saint Sacrement, au cours de ces années de formation, vous conduiront un jour à célébrer le sacrifice de l’Autel avec une dévotion édifiante et vraie.

 

Sur ce chemin de fidélité, bien-aimés prêtres et diacres, frères et sœurs consacrés, séminaristes et laïcs engagés, que la Bienheureuse Vierge Marie nous guide et nous accompagne. Avec Elle et comme Elle, nous sommes libres pour être saints ; libres pour être pauvres, chastes et obéissants, libres pour tous, parce que détachés de tout ; libres de nous-mêmes afin qu’en chacun grandisse le Christ, l’authentique consacré du Père et le Pasteur auquel les prêtres prêtent leur voix et leurs gestes, en le représentant ; libres pour porter à la société d’aujourd’hui Jésus mort et ressuscité, qui demeure avec nous jusqu’à la fin des temps et qui se donne à tous dans la Très Sainte Eucharistie.

 

 

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 15:46

voyage portugalVoyage Apostolique du Pape Benoît XVI au Portugal - Discours au Centre culturel de Belém à Lisbonne, le 12 mai 2010.

 

Centre culturel de Belém à Lisbonne

 

Vénérés frères dans l’Épiscopat,

Éminents représentants de la Pensée, de la Science et de l’Art,

Chers amis,

 

J’éprouve une grande joie de voir ici rassemblé l’ensemble varié de la culture portugaise, que vous représentez si dignement : femmes et hommes engagés dans la recherche et l’élaboration des différents savoirs. A tous, j’adresse l’expression de mon amitié et de ma plus haute considération, reconnaissant l’importance de ce que vous faites et de ce que vous êtes (…).

 

En effet, aujourd’hui, la culture reflète une ‘tension’, qui prend parfois la forme de ‘conflit’ entre le présent et la tradition. L’élan de la société absolutise le présent, le détachant du patrimoine culturel du passé et sans l’intention de tracer les contours d’un avenir. Mais une telle valorisation du ‘présent’ en tant que source d’inspiration du sens de la vie, aussi bien individuelle que sociale, se heurte à la forte tradition culturelle du peuple portugais, profondément marquée par l’influence millénaire du christianisme et par un sens de la responsabilité globale. Celle-ci s’est affermie dans l’aventure des découvertes et dans le zèle missionnaire, partageant le don de la foi avec les autres peuples. L’idéal chrétien de l’universalité et de la fraternité avait inspiré cette aventure commune également marquée par les influences des Lumières et du laïcisme. Cette tradition a donné naissance à ce que nous pouvons appeler une ‘sagesse’, c'est-à-dire, un sens de la vie et de l’Histoire marqué par une cohérence éthique et un ‘idéal’ réalisé par le Portugal, lequel a toujours cherché à établir des relations avec le reste du monde.

 

L'Église apparaît comme le grand défenseur d’une saine et haute tradition, dont la riche contribution se met au service de la société ; celle-ci continue à en respecter et à en apprécier le service en faveur du bien commun, mais elle s’est éloignée de la dite ‘sagesse’ qui fait partie de son patrimoine. Ce ‘conflit’ entre la tradition et le présent s’exprime dans la crise de la vérité, mais c’est seulement celle-ci qui peut orienter et tracer le chemin d’une existence réussie, aussi bien en tant que personne que comme peuple. En effet, un peuple qui cesse de savoir quelle est sa vérité propre, finit par se perdre dans le labyrinthe du temps et de l’Histoire, privé des valeurs clairement établies et sans grands buts clairement énoncés. Chers amis, il y a tout un effort de compréhension à faire autour de la forme dans laquelle l'Église se situe dans le monde, en aidant la société à comprendre que l’annonce de la vérité est un service qu’Elle offre à la société, ouvrant de nouveaux horizons d’avenir, de grandeur et de dignité. En effet, l'Église a « une mission de vérité à remplir, en tout temps et en toutes circonstances, en faveur d’une société à la mesure de l’homme, de sa dignité et de sa vocation. […] La fidélité à l’homme exige la fidélité à la vérité qui seule, est la garantie de la liberté (cf. Jn 8,32) et de la possibilité d’un développement humain intégral. C’est pour cela que l'Église la recherche, qu’elle l’annonce sans relâche et qu’elle la reconnaît partout où elle se manifeste. Cette mission de vérité est pour l'Église une mission impérative » (Caritas in veritate, n.9). Pour une société formée en majeure partie de catholiques et dont la culture a été profondément marquée par le christianisme, la tentative de trouver la vérité en dehors de Jésus-Christ s’avère dramatique. Pour nous, chrétiens, la Vérité est divine ; elle est le « Logos » éternel qui a pris une expression humaine en Jésus-Christ, lequel a pu affirmer avec objectivité : « Je suis la vérité » (Jn 14,6). L’existence dans l'Église de sa ferme adhésion au caractère pérenne de la vérité avec le respect pour les autres ‘vérités’ ou avec la vérité des autres, est un apprentissage que l'Église elle-même est en train de faire. Dans ce dialogue respectueux peuvent s’ouvrir de nouvelles portes pour la transmission de la vérité.

 

« L'Église – écrivait le Pape Paul VIdoit entrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit. L'Église se fait parole ; l'Église se fait message ; l'Église se fait dialogue » (Ecclesiam suam, n.67). En effet, le dialogue sans ambiguïté et respectueux des parties impliquées est aujourd’hui une priorité dans le monde, priorité à laquelle l'Église n’entend pas se soustraire. Elle en donne un témoignage clair par la présence du Saint-Siège dans les divers organismes internationaux, comme par exemple, dans le Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe, fondé il y a 20 ans ici à Lisbonne, qui a comme pierre angulaire le dialogue interculturel dans le but de promouvoir la coopération entre l’Europe, le sud de la Méditerranée et l’Afrique et de construire une citoyenneté mondiale fondée sur les droits humains et la responsabilité des citoyens, indépendamment de leur origine ethnique et de leur appartenance politique, dans le respect des croyances religieuses. Étant donné la diversité culturelle, il faut faire en sorte que les personnes, non seulement acceptent l’existence de la culture de l’autre, mais aspirent aussi à s’en enrichir et à lui offrir ce que l’on possède de bien, de vrai et de beau.

 

Cette heure demande le meilleur de nos forces, une audace prophétique, une capacité renouvelée à « indiquer de nouveaux mondes au monde », comme dirait votre Poète national (Luís de Camões, Os Lusiadas, II, 45). Vous, artisans de la culture sous toutes ses formes, créateurs de pensée et d’opinion, « avez, grâce à votre talent la possibilité de parler au cœur de l’humanité, de toucher la sensibilité individuelle et collective, de susciter des rêves et des espérances, d’élargir les horizons de la connaissance et de l’engagement humain. […] Et n’ayez pas peur de vous confronter avec la source première et ultime de la beauté, de dialoguer avec les croyants, avec ceux qui, comme vous, se sentent en pèlerinage dans le monde et dans l’histoire vers la Beauté infinie » (Discours aux artistes, 21/XI/2009).

 

C’est justement dans le but de « mettre le monde moderne en contact avec les énergies vivifiantes et pérennes de l’Évangile » (Jean XXIII, Const. Ap. Humanae salutis, n.3), qu’a eu lieu le Concile Vatican II, au cours duquel l'Église, partant d’une conscience renouvelée de la tradition catholique, prend au sérieux et discerne, transfigure et dépasse les critiques qui sont à la base des courants qui ont caractérisé la modernité, c’est-à-dire la Réforme et les Lumières. Ainsi, d’elle-même, l'Église accueille et régénère le meilleur des exigences de la modernité, d’une part en les assumant et en les dépassant, et d’autre part en évitant ses erreurs et les chemins sans issues. L’événement conciliaire a posé les prémisses d’un authentique renouveau catholique et d’une nouvelle civilisation – la « civilisation de l’amour » – comme service évangélique à l’homme et à la société.

 

Chers amis, l'Église considère comme sa mission prioritaire, dans la culture actuelle, de tenir éveillé la recherche de la vérité et, en conséquence, de Dieu ; de porter les personnes à regarder au-delà des choses qui passent et à se mettre à la recherche des choses qui demeurent. Je vous invite à approfondir la connaissance de Dieu tel qu’Il s’est révélé en Jésus-Christ pour notre plein accomplissement. Faites des choses belles, mais par dessus tout faites que vos vies deviennent des lieux de beauté. Qu’intercède pour vous Sainte Marie de Bethléem, vénérée depuis des siècles par les navigateurs de l’océan, et aujourd’hui par les navigateurs du Bien, de la Vérité et de la Beauté.

 

 

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