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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 12:03

Message du Pape Benoît XVI pour les Journées Mondiales de la Jeunesse 2011, le 6 août 2010 (2e partie).

 

2. Enracinés et fondés dans le Christ

 

Pour mettre en lumière l’importance de la foi en Dieu dans la vie des croyants, je voudrais m’arrêter sur les trois expressions employées par Saint Paul dans cette citation : « Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi ». Nous pouvons y voir trois images. « Enraciné » évoque l’arbre et les racines qui le nourrissent. « Fondé » se réfère à la construction de la maison. « Affermi » renvoie à la croissance de la force physique ou morale. Ces images sont très parlantes. Avant de les expliquer, je note simplement que dans le texte original grec, il s’agit, du point de vue grammatical, de passifs : cela signifie que c’est le Christ lui-même qui a l’initiative d’enraciner, de fonder et d’affermir les croyants.

 

La première image est celle de l’arbre, solidement planté au sol par ses racines, qui le stabilisent et le nourrissent. Sans racines, il serait emporté par le vent et mourrait. Quelles sont nos racines? Il y a bien sûr nos parents, notre famille et la culture de notre pays, qui constituent un aspect très important de notre identité. La Bible en dévoile un autre. Le prophète Jérémie écrit : « Béni l’homme qui se confie dans le Seigneur, dont le Seigneur est la foi. Il ressemble à un arbre planté au bord des eaux, qui tend ses racines vers le courant : il ne redoute rien quand arrive la chaleur, son feuillage reste vert; dans une année de sécheresse, il est sans inquiétude et ne cesse de porter du fruit. » (Jr 17, 7-8).

 

Etendre ses racines, c’est donc pour Jérémie mettre sa confiance en Dieu, dans la foi. En Dieu nous puisons notre vie. Sans lui nous ne pouvons pas vivre vraiment. « Dieu nous a donné la vie éternelle et cette vie est dans son Fils » (cf. 1 Jn 5, 11). Et Jésus lui-même se présente comme notre vie (cf. Jn 14, 6). C’est pourquoi la foi chrétienne ne consiste pas seulement à croire en des vérités, mais c’est avant tout (…) une relation personnelle avec Jésus Christ. C’est la rencontre avec le Fils de Dieu qui donne à notre vie un dynamisme nouveau. Quand nous entrons dans une relation personnelle avec Lui, le Christ nous révèle notre propre identité, et, dans cette amitié, la vie grandit et se réalise en plénitude.

 

Il y a un moment, durant la jeunesse, où chacun de nous se demande : quel sens a ma vie? Quel but, quelle direction ai-je le désir de lui donner? C’est une étape fondamentale, qui peut tourmenter l’âme, parfois même longtemps. On pense au genre de travail à entreprendre, aux relations sociales à établir, aux relations sentimentales à développer… Dans ce contexte, je repense à ma jeunesse. D’une certaine façon, j’ai bien eu conscience que le Seigneur me voulait comme prêtre. Mais ensuite, après la guerre, quand au séminaire et à l’université j’étais en chemin vers ce but, j’ai eu à reconquérir cette certitude. J’ai dû me demander : est-ce vraiment ma voie? Est-ce vraiment la volonté du Seigneur pour moi? Serais-je capable de Lui rester fidèle et d’être totalement disponible, à son service? Prendre une telle décision ne se fait pas sans souffrance. Il ne peut en être autrement. Mais ensuite a jailli la certitude : c’est bien cela! Oui, le Seigneur me veut, Il me donnera donc la force. En l’écoutant, en marchant avec Lui, je deviens vraiment moi-même. Ce qui importe, ce n’est pas la réalisation de mes propres désirs, mais Sa volonté. Ainsi, la vie devient authentique.

 

De même que l’arbre a des racines qui le tiennent solidement accroché à la terre, de même les fondations donnent à la maison une stabilité durable. Par la foi, nous sommes fondés en Christ (cf. Col 2, 6), comme une maison est construite sur ses fondations. Dans l’Histoire sainte, nous avons de nombreux exemples de saints qui ont fondé leur vie sur la Parole de Dieu. Abraham est le premier d’entre eux. Notre « père dans la foi » obéit à Dieu qui lui demandait de quitter la maison de son père pour marcher vers un pays inconnu. « Abraham crut à Dieu, cela lui fut compté comme justice, et il fut appelé ami de Dieu » (Jc 2, 23). Etre fondé en Christ, c’est répondre concrètement à l’appel de Dieu, en mettant notre confiance en Lui et en mettant en pratique sa Parole. Jésus lui-même met en garde ses disciples : « Pourquoi m'appelez-vous : 'Seigneur! Seigneur!' et ne faites-vous pas ce que je dis? » (Lc 6, 46). Et, faisant alors appel à l’image de la construction de la maison, il ajoute : « Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond, et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s'est rué sur cette maison, mais il n'a pas pu l'ébranler parce qu'elle était bien bâtie. Mais celui au contraire qui a écouté et n’a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s'est rué sur elle, et aussitôt elle s'est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand! » (Lc 6, 46-49).

 

Chers amis, construisez votre maison sur le roc, comme cet homme qui « a creusé profond ». Vous aussi, efforcez-vous tous les jours de suivre la Parole du Christ. Ecoutez-le comme l’Ami véritable avec qui partager le chemin de votre vie. Avec Lui à vos côtés, vous serez capables d’affronter avec courage et espérance les difficultés, les problèmes, ainsi que les déceptions et les échecs. Sans cesse vous sont présentées des propositions plus faciles, mais vous vous rendez compte vous-mêmes qu’il s’agit de leurres, qu’elles ne donnent ni sérénité, ni joie. Seule la Parole de Dieu nous indique la voie véritable, seule la foi qui nous a été transmise est la lumière qui illumine notre chemin. Accueillez avec gratitude ce don spirituel que vous avez reçu de votre famille et engagez-vous à répondre de façon responsable à l’appel de Dieu, devenant adultes dans la foi. Ne croyez pas ceux qui vous disent que vous n’avez pas besoin des autres pour construire votre vie! Appuyez-vous au contraire sur la foi de vos proches, sur la foi de l’Eglise, et remerciez le Seigneur de l’avoir reçue et de l’avoir faite vôtre!

 

3. Affermis dans la foi

 

Soyez « enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi » (cf. Col 2, 7). La lettre d’où vient cette citation a été écrite par Saint Paul pour répondre à un besoin précis des chrétiens de la ville de Colosse. Cette communauté, en effet, était menacée par l’influence de certaines tendances de la culture de l’époque, qui détournaient les fidèles de l’Evangile. Notre contexte culturel, chers jeunes, a de nombreuses ressemblances avec celui des Colossiens d’alors. En effet, il y a un fort courant « laïciste », qui veut supprimer Dieu de la vie des personnes et de la société, projetant et tentant de créer un « paradis » sans Lui. Or l’expérience enseigne qu’un monde sans Dieu est un « enfer » où prévalent les égoïsmes, les divisions dans les familles, la haine entre les personnes et les peuples, le manque d’amour, de joie et d’espérance. A l’inverse, là où les personnes et les peuples vivent dans la présence de Dieu, l’adorent en vérité et écoutent sa voix, là se construit très concrètement la civilisation de l’amour, où chacun est respecté dans sa dignité, où la communion grandit, avec tous ses fruits. Il y a cependant des chrétiens qui se laissent séduire par le mode de penser laïciste, ou qui sont attirés par des courants religieux qui éloignent de la foi en Jésus Christ. D’autres, sans adhérer à de telles approches, ont simplement laissé refroidir leur foi au Christ, ce qui a d’inévitables conséquences négatives sur le plan moral.

 

Aux frères contaminés par ces idées étrangères à l’Evangile, l’Apôtre Paul rappelle la puissance du Christ mort et ressuscité. Ce mystère est le fondement de notre vie, le centre de la foi chrétienne. Toutes les philosophies qui l’ignorent, le considérant comme « folie » (1 Co 1, 23), montrent leurs limites devant les grandes questions qui habitent le cœur de l’homme. C’est pourquoi moi aussi, en tant que successeur de l’Apôtre Pierre, je désire vous affermir dans la foi (cf. Lc 22, 32). Nous croyons fermement que le Christ Jésus s’est offert sur la Croix pour nous donner son amour. Dans sa Passion, il a porté nos souffrances, il a pris sur lui nos péchés, il nous a obtenu le pardon et nous a réconciliés avec Dieu le Père, nous donnant accès à la vie éternelle. De cette façon, nous avons été libérés de ce qui entrave le plus notre vie : l’esclavage du péché. Nous pouvons alors aimer tous les hommes, jusqu’à nos ennemis, et partager cet amour avec les plus pauvres et les plus éprouvés de nos frères.

 

Chers amis, la Croix nous fait souvent peur, car elle semble être la négation de la vie. En réalité, c’est le contraire! Elle est le OUI de Dieu à l’homme, l’expression extrême de son amour et la source d’où jaillit la vie. Car du Cœur de Jésus ouvert sur la Croix a jailli cette vie divine, toujours disponible pour celui qui accepte de lever les yeux vers le Crucifié. Je ne peux donc que vous inviter à accueillir la Croix de Jésus, signe de l’amour de Dieu, comme source de vie nouvelle. En dehors du Christ mort et ressuscité, il n’y a pas de salut! Lui seul peut libérer le monde du mal et faire grandir le Royaume de justice, de paix et d’amour auquel nous aspirons tous.

 

 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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commentaires

Hervé 26/08/2011 20:43



Matthieu, je n'avais pas oublié ton article, c'est au contraire à cela que j'ai pensé en lisant la phrase du Pape "En dehors du Christ mort et ressuscité, il n'y a pas de Salut !"


Comme je ne veux pas contredire le CEC, je ne poursuivrai pas et vais prier pour que le Christ prenne en pitié ceux qui cherchent la Vérité, même hors de l'Eglise visible.


Bonne fin de semaine !



Matthieu 26/08/2011 21:12



"Comme je ne veux pas contredire le CEC, je ne
poursuivrai pas"


 


Je suppose que tu veux dire : "Comme je ne veux pas contredire le CEC, je vais
m'efforcer de m'en imprégner pour mieux rendre compte de la foi catholique et enseigner (avec toutes les nuances qu'il convient) que l'Eglise catholique est nécessaire au
Salut." 


 


Cela dit, j'unis volontiers ma prière à la tienne. Prions aussi l'un pour l'autre,
si tu le veux bien.



Hervé 25/08/2011 20:08



à la fin de ce texte, Benoît XVI écrit : "Hors du Christ (...), il n'y a pas de salut !"


Je suis bien d'accord, mais je remarque que cette déclaration papale est différente du vieux dicton "Hors de l'Eglise, point de salut" que Matthieu nous avait commenté il y a
quelques années. Nous avions débattu sur cette question et quand j'ai proposé de reformuler la phrase en "le Salut vient par le Christ" (pour inclure les non-catholiques qui pourraient néanmoins
avoir une chance d'être sauvés), Matthieu a répondu qu'il ne fallait pas toucher à la formule initiale, toujours valable selon lui.


Bien qu'étant heureux d'être catholique romain, je crois que c'est d'abord le Christ qui nous sauve, pas la simple appartenance à l'Eglise et il semble que le Pape soit sur la
même ligne.


Fraternellement en Christ,



Matthieu 26/08/2011 19:14



Cher Hervé, on ne peut pas séparer le Christ et l'Eglise. "L'Eglise est l'accomplissement total du Christ" (Ep. 1. 23).


 


Quant à l'expression "Hors de l'Eglise, point de Salut", elle appartient à la Tradition Catholique. Elle est reprise telle qu'elle dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique, aux § 846 à 848 - qui
rappelle en passant l'enseignement du Concile Vatican II, selon lequel "cette Eglise en marche sur la terre est nécessaire au Salut".


 


Cela dit : la doctrine de l'Eglise est ici toute en finesse, et il est important de bien en saisir les moindres nuances si l'on veut éviter les contresens. C'est pourquoi je t'invite à relire
mon article sur le sujet, ainsi que
nos différentes discussions (car la mémoire, me disait un vieux prêtre, est une faculté qui oublie...)