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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 09:54

Chers amis lecteurs,

 

L’Eglise nous invite aujourd’hui, et tout au long de la semaine, à contempler le mystère de la Sainte Trinité, qui est le mystère même… de Dieu, et plus exactement d'un seul Dieu… en trois personnes.

  

   

Il s’agit là assurément de l’un des plus grands mystères de notre foi, avec le mystère de l’Incarnation, et celui de la Rédemption. Il s’agit même du premier et du plus grand de tous les mystères chrétiens, parce qu’il nous révèle quelque chose de l'intimité de la vie divine, et que les deux autres mystères le présupposent.

 

Un seul Dieu… en trois personnes!

 

Voilà bien un mystère difficile à comprendre pour nos pauvres intelligences humaines! L’histoire des religions témoigne de l’inévidence d’une telle foi. Seul le christianisme a pu développer une telle conception d’un Dieu Unique mais non solitaire, en Qui existe une communion d’amour éternelle entre trois personnes. Oui, seul le christianisme ose affirmer l’existence d'une pluralité de personnes divines sans verser pour autant dans le polythéisme : les chrétiens croient ainsi de toutes leurs forces en l’unicité de Dieu : la Trinité pour eux est une « tri-unité », le mot Trinité signifiant précisément « Trois dans l’Unité ».

 

Bien entendu, si les chrétiens professent leur foi en la Sainte Trinité, ce n’est pas parce qu’ils sont plus intelligents que les autres, mais parce que cela leur a été révélé par Dieu lui-même. C'est pourquoi il s'agit d'un dogme. C’est le fruit de l’enseignement de Jésus dont toute la pédagogie a consisté à amener progressivement ses disciples à la connaissance du mystère de sa personne, et en particulier de sa divinité ; de sa relation particulière à un Autre qu’il ne cesse d’appeler son Père, avec lequel il dit ne faire qu’UN ; et d’un mystérieux Esprit dont il a annoncé la venue et qui doit conduire l’Eglise « vers la vérité toute entière ». La dernière consigne du Maître à ses disciples ne sera-t-elle pas de baptiser les nations « au nom (et non aux noms) du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mat. 18. 19)?

 

Un Père, un Fils, et un Esprit Saint…

 

A la lumière de cette révélation de Jésus, et sous la motion de l'Esprit Saint reçu au jour de la Pentecôte, les Apôtres et les rédacteurs du Nouveau Testament, ainsi que les Pères de l’Eglise et les Docteurs des premiers siècles, dans leur travail de relecture des Ecritures, ont pu déceler des « traces » (devenues évidentes) de la Sainte Trinité dans l’Ancien Testament lui-même. Ainsi, dans le fameux passage du chapitre 8 du Livre des Proverbe que nous avons lu aujourd’hui, et qui met en scène un mystérieux personnage se présentant comme la Sagesse, fondée par Dieu avant la Création du monde, à laquelle elle a elle-même participée comme « maître d’œuvre », et qui déclare « trouver ses délices parmi les enfants des hommes » : toute la Tradition chrétienne a vu dans cette Sagesse personnifiée la figure même du Christ Seigneur, « engendré non pas créé », qui était au commencement auprès de Dieu, qui était Dieu, et « par qui tout a été fait ».

 

Depuis les Apôtres jusqu’à ce jour, l’Eglise a donc toujours professé la croyance en ce mystère, comme on le voit dans ses symboles, sa liturgie et dans les déclarations des Conciles : « La foi catholique est que nous adorions un seul Dieu en trois personnes et trois personnes en un seul Dieu, sans confondre les personnes ni diviser les substances » (Symbole de Saint Athanase) ; « Nous croyons fermement et nous reconnaissons qu’il n’y a qu’un seul vrai Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, trois personnes mais une seule substance, une seule nature » (IVe Concile du Latran).

 

L’unité s’applique donc à la substance, à la nature, à l’essence même de Dieu : dans la Trinité, il n’y a qu’une seule substance divine, qu’une seule nature divine, qu’une seule essence divine, qu’une seule divinité. La distinction s’applique quant à elle aux personnes, aux processions, aux relations, aux noms, et aux missions.

 

En Dieu, il y a trois personnes distinctes : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Le Père est Dieu. Le Fils est Dieu. Le Saint Esprit est Dieu. Mais ils ne sont pas trois dieux : ils sont un seul et même Dieu. Ils sont un seul et même Dieu parce qu’ils n’ont qu’une seule et même nature, une seule et même divinité.

 

On objecte qu’il y aurait contradiction à dire que trois font un. Mais la contradiction existerait si nous affirmions que trois personnes ne font qu’une personne, ou qu’une nature fait trois natures. Or nous croyons, ce qui est bien différent, que Dieu est UN en TROIS personnes ; qu’il y a trois personnes en un seul Dieu. Dans le dogme de la Sainte Trinité, l’unité affecte la nature, et la trinité, les personnes.

 

La distinction des personnes divines ne détruit donc pas l’unité de leur nature, car en même temps qu’elles sont autres par leur relations incommunicables et leurs propriété personnelles, les personnes divines sont mêmes par leur nature et leurs perfections absolues : le Père communique ainsi toute sa nature et toutes ses perfections à son Fils, et le Père et le Fils communiquent au Saint Esprit, qui procèdent d’eux, cette même nature et ces mêmes perfections.

 

Unité de nature, distinction de personnes : voilà les deux « bouts de la chaîne » à tenir fermement. On tomberait dans le « modalisme » si l’on présentait les Trois Personnes divines comme trois « modes », trois facettes du seul et même Dieu : le Père serait par exemple Dieu en tant qu’Il nous crée ; le Fils, Dieu en tant qu’Il nous parle et nous sauve ; et l’Esprit-Saint, Dieu en tant qu’Il nous habite et nous sanctifie. On tomberait symétriquement dans le « trithéisme » si l’on oubliait que les Trois Personnes n’ont à elles trois qu’une seule nature, une seule intelligence, une seule volonté. Les Trois Personnes de la Sainte Trinité ne sont pas en effet un triumvirat, la réunion de trois personnes qui voteraient à l’unanimité les différentes décisions qu’elles auraient à prendre. Ce ne sont pas trois personnes qui mettent en commun leurs idées et leur énergie ; ce sont Trois Personnes qui partagent la même vie, la même intelligence, la même volonté et la même activité. Les chrétiens ne croient donc pas en trois dieux, ainsi que le pensent certains musulmans peu instruits de notre foi, mais en un seul et même Dieu en trois personnes.

 

Ce n’est que de façon analogique, à la vérité, que nous utilisons les chiffres 1 et 3 pour parler des Trois Personnes divines et de leur unique nature. Selon Maxime le Confesseur : « Même si la divinité, qui est au-delà de tout, est célébrée par nous comme Trinité et comme Unité, elle n’est ni le TROIS ni le UN que nous connaissons comme nombres » (Scholies sur les noms divins, 13 – PG 4, 411 C). Les Trois Personnes divines ne sont pas des réalités que l'on peut additionner, comme trois objets posés l’un à côté de l’autre sur une table. On ne peut pas davantage additionner le Dieu unique avec d’autres êtres, comme on pourrait le faire pour des mètres carrés et des mètres cubes. Les êtres créés sont en effet d’un autre ordre, le Tout-Autre étant présent à tout instant en chacun d’eux, ne cessant de les porter dans l’être et de les créer...

 

Que ce mystère de la Sainte Trinité soit... un fâmeux mystère difficilement compréhensible à nos esprits humains, cela est facilement… compréhensible! Comme aime à le dire le Père Descouvemont, « c’est évident que ce n’est pas évident » ! Mais cela doit-il nous étonner, s’agissant du mystère même de Dieu ? L’intelligence humaine étant limitée et imparfaite, comment pourrait-elle saisir la plénitude de la Vérité de Dieu qui est infinie ? Notre ami Yves rappelait à ce sujet cette savoureuse anecdote de la  rencontre de Saint Augustin et de l'enfant au bord de la mer

 

Les sciences positives ont ainsi beau progresser, beaucoup de choses restent encore à découvrir. On serait même tenté de dire que plus on avance dans les connaissances scientifiques, plus les questions soulevées sont nombreuses, tant nos représentations classiques se trouvent parfois bousculées (que l’on songe par exemple aux extraordinaires découvertes de la mécanique quantique)… Dès lors, si notre monde, qui est fini, renferme encore tant d’obscurité pour notre faible intelligence, comment s’étonner de rencontrer le mystère s’agissant de Dieu, l’« Au-delà de Tout »

 

Ce n’est donc que par la foi en la Parole de Dieu et en la Vérité révélée que nous pouvons avoir « accès au monde de la grâce », et au mystère de la Sainte Trinité qu’il nous est impossible de comprendre et de démontrer par les seules facultés de la raison naturelle.

 

Pour autant, si le mystère de la Sainte Trinité excède les possibilités de la seule raison humaine, elle n’est pas totalement inintelligible, ni contraire à la raison. Nous pouvons ainsi nous en faire quelque idée imparfaite par analogie avec le monde créé dont nous avons l’expérience. Nous y trouvons en effet de nombreux exemples d’unité dans la triplicité. C’est l’homme avec ses trois composantes : le corps, l’esprit et l’âme ; la nature, avec ses trois règnes : minéral, végétal, animal ; la matière, avec ses trois états : solide, liquide, gazeux ; l’espace, avec ses trois dimensions : longueur, largeur, profondeur ; le temps avec son passé, son présent, et son avenir ; l’arbre avec ses trois parties : racines, tronc, branches ; etc.

 

Notre raison pourrait aussi concevoir qu’il y ait en Dieu trois personnes inséparables : l’Aimant, l’Aimé, et l’Amour (Stan Rougier), et comprendre ainsi, avec le solide bon sens de cet enfant du catéchisme, que « Ben, si Dieu est amour, y peut pas êt’ tout seul ! »

 

Comme l’affirmait le Père Descouvemont dans une formule admirable : « le mystère n’est pas un mur sur lequel on bute, mais un océan sans rivages que l’on a jamais fini d’explorer ». Puissions-nous faire nos délices dès ici-bas de la contemplation de la Sainte Trinité, qui sera notre éblouissement éternel...

 

 

Sources : Exposition de la Doctrine chrétienne, Tome I, "Le Dogme", Editions Fideliter

 Père Pierre Descouvemont, "Les apparents paradoxes de Dieu", Presses de la Renaissance 

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 23:00

Dimanche 19 juin 2011 – Solennité de la Sainte Trinité (Année A)

 

Le mystère de la Très Sainte Trinité - La foi en un Dieu Trinité est-elle monothéiste?

 

Première lecture : Ex 34. 4-9

« Il proclama lui-même son nom : Le SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité »

 

Cantique de Daniel

« Béni soit le nom très saint de la gloire »

 

Deuxième lecture : 2 Co 13. 11-13

« Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion de l'Esprit Saint soient avec vous tous »

 

Evangile : Jn 3. 16-18

« Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » 

 

***

Message audio du Pape : 2011

Angelus du Pape : 2008 - 2011

Homélie du Père Walter Covens : 2008

Homélie du Frère Dominique (Famille de Saint Joseph) : 2011 

Audio de Radio Vatican : 2011

Ce que l’Evangile nous dit et me demande

L'amour donne, le pouvoir domine (P. Raniero Cantalamessa)

Se tourner vers Dieu, ce n'est pas de la faiblesse (P. Pierre Desroches, de Montréal)

"Vous êtes une lettre du Christ" (P. Nicolas)

 

*** 

 

« Je SUIS le Seigneur, Dieu de tendresse et de fidélité, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité (...) Tu pardonneras nos fautes et nos péchés » (Ex 34. 6. 9)

 

« Après avoir renouvelé les mystères du Salut - depuis la naissance du Christ à Béthléem jusqu'à la venue du Saint-Esprit à la Pentecôte, la liturgie nous propose le mystère central de notre foi : la Sainte Trinité, source de tous les dons et de toutes les grâces, mystère ineffable de la vie intime de Dieu.

 

« Peu à peu, avec une pédagogie divine, Dieu a manifesté sa réalité intime, nous a révélé comment il est en lui-même, indépendamment de toute la Création. Dans l'Ancien Testament, il nous fait surtout connaître l'Unité de son Être, sa complète distinction du monde et sa façon d'être en rapport avec lui, comme Créateur et Seigneur. On nous enseigne ainsi de nombreuses façons que Dieu, à la différence du monde, est incréé ; qu'il n'est pas limité à un espace (il est immense), ni au temps (il est éternel). Son pouvoir n'a pas de limites (il est tout-puissant).

 

« L'Ancien Testament proclame surtout la grandeur de YHWH, Dieu Unique, Créateur et Seigneur de tout l'Univers. Mais il se révèle aussi comme le berger qui cherche son troupeau, qui soigne les siens avec amour et tendresse, qui pardonne et oublie les fréquentes infidélités du peuple élu... En même temps, se manifestent la paternité de Dieu le Père, l'Incarnation de Dieu le Fils qui est annoncée par les Prophètes, et l'action du Saint-Esprit qui vivifie tout.

 

« Mais c'est le Christ qui nous révèle l'intimité du mystère trinitaire et l'appel à participer d'elle. "Personne ne connaît le Père sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler." Il nous révéla aussi l'existence du Saint-Esprit près du Père et il l'envoya à l'Eglise pour qu'il l'a sanctifie jusqu'à la fin des temps ; et il nous révéla la très parfaite Unité de vie entre les Personnes divines.

 

« Le mystère de la Sainte Trinité est le point de départ de toute la vérité révélée et la source d'où procède la vie surnaturelle et vers où nous nous dirigeons : nous sommes fils du Père, frères et co-héritiers du Fils, sanctifiés continuellement par le Saint-Esprit pour nous identifier chaque fois plus au Christ. C'est ainsi que s'accroît le sens de notre filiation divine. Cela nous fait être temples vivants de la Sainte Trinité.  » (François Carvajal, in Parler avec Dieu, Tome IX).

        


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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 11:48

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 17:07

LogoVOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE BENOIT XVI A CHYPRE – Discours du Saint Père à la Communauté catholique de Chypre, à Nicosie le 5 juin 2010.

 

En cette occasion historique de la première visite de l’Évêque de Rome à Chypre, je viens vous confirmer dans votre foi en Jésus Christ et vous encourager à demeurer un seul cœur et une seule âme dans la fidélité à la tradition apostolique (cf. Ac 4, 32). En tant que Successeur de Pierre, je suis parmi vous aujourd’hui pour vous apporter l’assurance de mon soutien, de mes prières pleines d’affection et de mes encouragements.

 

Nous venons à l’instant d’entendre, dans l’Évangile de Jean, que certains grecs, qui avaient appris les grandes œuvres que Jésus accomplissait, se sont approchés de l’Apôtre Philippe et lui ont dit : « Nous voudrions voir Jésus » (Jn 12, 21). Ces mots nous touchent tous profondément. Comme les hommes et les femmes de l’Évangile, nous souhaitons voir Jésus, le connaître, l’aimer et le servir, d’« un seul cœur et d’une seule âme ».

 

Plus encore, comme la voix du ciel qui, dans l’Évangile de ce jour, a rendu témoignage à la gloire du nom de Dieu, l’Église proclame son nom, non pas simplement pour elle-même, mais pour le bien de l’humanité tout entière (cf. Jn 12, 30). Vous aussi, qui suivez le Christ aujourd’hui, vous êtes appelés à vivre votre foi dans le monde en ajoutant votre voix et votre action pour promouvoir les valeurs de l’Évangile qui vous ont été transmises par des générations de Chrétiens chypriotes. Que ces valeurs, profondément enracinées dans votre culture comme dans le patrimoine de l’Église universelle, continuent à inspirer vos efforts pour promouvoir la paix, la justice et le respect de la vie humaine et de la dignité de vos concitoyens. En ce sens, votre fidélité à l’Évangile sera sûrement bénéfique à toute la société chypriote.

 

Chers frères et sœurs, étant données ces circonstances uniques, j’aimerais aussi attirer votre attention sur une part essentielle de la vie et de la mission de votre Église, à savoir la recherche d’une plus grande unité dans la charité avec les autres chrétiens et du dialogue avec ceux qui ne sont pas chrétiens. Particulièrement depuis le Concile Vatican II, l’Église s’est engagée à avancer sur le chemin d’une compréhension plus profonde avec nos frères chrétiens dans le but de créer des liens d’amour et de compagnonnage toujours plus forts entre tous les baptisés. Étant données votre situation, vous êtes capables d’apporter votre contribution personnelle à la réalisation d’une plus grande unité chrétienne dans votre vie quotidienne. Laissez-moi vous encourager à agir ainsi, certain que l’Esprit du Seigneur, qui a prié pour que ses disciples soient un (cf. Jn 17, 21), vous accompagnera dans cette tâche importante.

 

En ce qui concerne le dialogue interreligieux, beaucoup reste encore à faire dans le monde. C’est là un autre domaine dans lequel vivent souvent les Catholiques de Chypre. Dans ces situations, il leur est offert des opportunités pour une action juste et prudente. Ce n’est que par un patient travail que la confiance mutuelle peut être bâtie, le fardeau de l’histoire dépassé, et les différences politiques et culturelles entre les peuples devenir une raison pour travailler à une compréhension plus profonde. Je vous encourage à favoriser la création d’une telle confiance mutuelle entre chrétiens et non-chrétiens, comme une base pour fonder une paix durable et une entente harmonieuse entre les personnes appartenant à des religions, à des aires politiques et à origines culturelles différentes.

 

Chers amis, je voudrais vous inviter à regarder la communion profonde que vous partagez déjà entre vous et avec le reste de l’Église catholique dans le monde. Eu égard aux besoins immédiats de l’Église, je vous encourage à prier et à favoriser les vocations à la prêtrise et à la vie religieuse. Alors que l’Année sacerdotale s’achève, l’Église a acquis une conscience renouvelée du besoin de prêtres bons, saints et bien formés. Elle a besoin d’hommes et de femmes religieux totalement donnés au Christ et à l’extension du Royaume de Dieu sur la terre. Notre Seigneur a promis que ceux qui, à son exemple, se détacheraient de leur vie la garderaient pour la vie éternelle (cf. Jn 12, 25). Je demande aux parents de mesurer la promesse et d’encourager leurs enfants à répondre généreusement à l’appel du Seigneur. Je presse les pasteurs d’être attentifs aux jeunes, à leurs besoins et à leurs aspirations, et de les éduquer dans la plénitude de la foi.

 

Ici, dans cette école catholique, qu’il me soit permis d’adresser quelques mots à ceux qui travaillent dans les écoles catholiques de l’île, particulièrement aux enseignants. Votre travail s’inscrit dans une tradition de l’Église catholique à Chypre qui est ancienne et appréciée. Continuez patiemment à servir le bien de toute la communauté en recherchant l’excellence dans l’éducation. Que le Seigneur vous bénisse en abondance dans la mission sacrée que représente la formation du plus précieux des dons que le Tout Puissant nous ait fait – nos enfants.

 

Je m’adresse maintenant particulièrement à vous, chers jeunes catholiques de Chypre. Soyez forts dans la foi, joyeux dans le service de Dieu et généreux de votre temps et de vos dons ! Participez à la construction d’un avenir meilleur pour l’Église et votre pays en plaçant le bien des autres avant votre propre bien.

 

Chers fidèles catholiques de l’Église de Chypre, fortifiez votre entente dans la communion de l’Église universelle et avec le Successeur de Pierre, et faites grandir vos liens fraternels les uns avec les autres dans la foi, l’espérance et l’amour.

 

Communauté catholique de Chypre

 

Extrait du discours du Pape Benoît XVI lors de sa rencontre avec SB Chrysostome II, Archevêque de Chypre, à Nicosie le 5 juin 2010.

 

Avant toute chose, je voudrais exprimer ma gratitude à l’Église de Chypre pour l’hospitalité qu’elle a accordée, l’année dernière, à la Commission Mixte Internationale, lors de sa rencontre à Paphos. Je Vous suis aussi reconnaissant pour le soutien que l’Église de Chypre, par son ouverture et par la clarté de sa contribution, a toujours donné à la tâche du dialogue. Que l’Esprit Saint guide et raffermisse cet engagement hautement ecclésial pour la restauration d’une communion pleine et visible entre les Églises Orientales et Occidentales, une communion qui doit être vécue dans la fidélité à l’Évangile et à la Tradition apostolique, dans le respect des traditions propres à l’Orient et à l’Occident, et dans l’ouverture à la diversité des dons par lesquels l’Esprit fait croître l’Église dans l’unité, la sainteté et la paix.

 

(…) Chypre est traditionnellement considérée comme une partie de la Terre Sainte, et la situation de conflit permanent au Moyen-Orient doit préoccuper tous les disciples du Christ. Personne ne peut rester indifférent aux multiples besoins des chrétiens de cette région en conflit, afin que ces anciennes Églises puissent vivre dans la paix et dans la prospérité. Les communautés chrétiennes de Chypre peuvent devenir un espace très propice à la coopération œcuménique, par sa prière et son engagement solidaire pour la paix, la réconciliation et la stabilité de ces régions bénies par la présence du Prince de la Paix au cours de sa vie terrestre. 

 

 

Source 1 - Source 2  

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 18:12

LogoVOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE BENOIT XVI A CHYPRE – Discours du Saint Père aux autorités civiles et au Corps diplomatique à Nicosie (Chypre), le 5 juin 2010.

 

Monsieur le Président,

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

 

Je suis heureux, dans le cadre de mon voyage apostolique à Chypre, d’avoir l’opportunité de rencontrer les autorités politiques et civiles de la République, ainsi que les membres du Corps diplomatique (…). Chacun de vous s’est engagé (…), dans sa vie publique, à servir le bien d’autrui dans la société, que ce soit sur le plan local, national ou international. C’est une noble vocation que l’Église apprécie. Lorsqu’il est accompli fidèlement, le service public nous permet d’accroître notre sagesse, notre intégrité et notre épanouissement personnel. Platon, Aristote et les stoïciens accordaient une grande importance à un tel épanouissement l’eudemonia – comme un but pour tout être humain. Ils voyaient dans l’aspect moral le moyen d’atteindre ce but. Selon eux, et selon les grands philosophes musulmans et chrétiens qui les ont suivis, la pratique de la vertu consistait à agir conformément à la juste raison, dans la recherche de tout ce qui est vrai, bon et beau.

 

Dans une perspective religieuse, nous sommes membres d’une unique famille humaine, créée par Dieu, et nous sommes appelés à promouvoir l’unité et à construire un monde plus juste et plus fraternel fondé sur des valeurs durables. Dans la mesure où nous accomplissons notre tâche, où nous servons les autres et adhérons à ce qui est juste, nos esprits s’ouvrent à de plus profondes vérités et notre liberté grandit dans son allégeance à ce qui est bon. Mon prédécesseur le Pape Jean-Paul II a écrit, une fois, que l’obligation morale ne devrait pas être vue comme une loi s’imposant elle-même de l’extérieur et requérant l’obéissance, mais plutôt comme une expression de la sagesse de Dieu à laquelle la liberté humaine se soumet volontiers (cf. Veritatis Splendor, n. 41). En tant qu’êtres humains, nous trouvons notre accomplissement ultime en référence à cette Réalité Absolue dont nous rencontrons si souvent le reflet dans notre conscience comme une invitation pressante à servir la vérité, la justice et l’amour.

 

Sur le plan personnel, en tant que fonctionnaires, vous savez l’importance de la vérité, de l’intégrité et du respect dans vos relations avec les autres. Les relations personnelles constituent souvent les premiers pas vers la construction de la confiance et – le temps venu – de solides liens d’amitié entre les personnes, entre les peuples et entre les nations. C’est là une part essentielle de votre rôle, d’hommes politiques comme de diplomates. Dans les pays qui connaissent des situations politiques délicates, de telles relations personnelles, honnêtes et ouvertes, peuvent être le prélude d’un plus grand bien pour des sociétés et des peuples entiers. Laissez-moi vous encourager, vous tous qui êtes présents aujourd’hui, à saisir les opportunités qui s’offrent à vous, à titre personnel et institutionnel, pour construire ce type de relations et, ce faisant, à favoriser le bien plus grand du concert des nations et le bien véritable de ceux que vous représentez.

 

Les anciens philosophes grecs nous enseignent aussi que le bien commun est précisément servi par l’influence de personnes dotées d’une profonde perspicacité morale et de courage. C’est ainsi que les politiques sont purifiées des intérêts égoïstes et des pressions partisanes et qu’elles reposent sur des bases plus solides. Plus encore, les aspirations légitimes de ceux que nous représentons se trouvent protégées et favorisées. La rectitude morale et le respect impartial des autres et de leur bien-être sont indispensables au bien de toute société tandis qu’ils établissent un climat de confiance dans lequel les échanges humains, qu’ils soient religieux, économiques, sociaux et culturels, civils et politiques, acquièrent de la vigueur et de la richesse.

 

Corps diplomatique

 

Mais que signifie en termes concrets respecter et promouvoir la vérité morale dans le monde de la politique et de la diplomatie aux plans national et international? Comment la recherche de la vérité peut-elle apporter une plus grande harmonie dans les régions du globe qui connaissent des troubles? Je voudrais suggérer que cela peut être atteint de trois façons.

 

Premièrement, promouvoir la vérité morale signifie agir de façon responsable sur la base de connaissances factuelles. En tant que diplomates, vous savez d’expérience que ces connaissances vous aident à identifier les injustices et les griefs, de manière à considérer de façon dépassionnée les intérêts de tous ceux qui sont impliqués dans un conflit donné. Quand les parties s’élèvent au-dessus de leur regard particulier sur les événements, elles acquièrent une vision objective et globale. Ceux qui sont appelés à résoudre de tels conflits sont capables de prendre de justes décisions et de promouvoir une réconciliation authentique lorsqu’ils saisissent et reconnaissent l’ensemble de la vérité sur une question spécifique.

 

Une deuxième voie pour promouvoir la vérité morale consiste à déconstruire les idéologies politiques qui voudraient supplanter la vérité. Les expériences tragiques du 20e siècle ont mis à nu l’inhumanité qui s’ensuit lorsque la vérité et la dignité humaine sont niées. De nos jours, nous sommes témoins de tentatives pour promouvoir de supposées valeurs sous le couvert de la paix, du développement et des droits humains. En ce sens, en m’adressant à l’Assemblée Générale des Nations Unies, j’ai attiré l’attention sur des tentatives conduites en certains lieux pour réinterpréter la Déclaration universelle des Droits de l’Homme dans le but de donner satisfaction à des intérêts particuliers qui compromettraient la cohérence interne de la Déclaration et l’éloignerait de son objectif originel (cf. Discours à l’Assemblée Générale des Nations Unies, 18 avril 2008).

 

Troisièmement, promouvoir la vérité morale dans la vie publique appelle à un effort constant pour fonder les lois positives sur les principes éthiques de la loi naturelle. Il fut un temps où le recours à celle-ci était considéré comme évident, mais l’ère du positivisme dans la théorisation contemporaine de la loi réclame la réaffirmation de cet axiome important. Les personnes, les communautés et les États, sans le repère des vérités morales objectives, deviendront égoïstes et sans scrupule et le monde, un lieu plus dangereux à vivre. D’autre part, en étant respectueux des droits des personnes et des peuples, nous protégeons et promouvons la dignité humaine. Quand les politiques que nous soutenons sont appliquées en harmonie avec la loi naturelle qui est commune à notre humanité, nos actions deviennent alors plus saines et contribuent à un environnement de compréhension, de justice et de paix.

 

Monsieur le Président, chers amis, par ces considérations, je réaffirme mon estime et celle de l’Église pour l’important service que vous rendez à la société et pour l’édification d’un avenir sûr pour notre monde. J’invoque sur chacun de vous les bénédictions divines pour qu’elles vous donnent sagesse, force et persévérance dans l’accomplissement de vos fonctions. Merci.

 

 

 

Source 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 17:55

LogoVOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE BENOIT XVI A CHYPRE – Discours du Saint Père lors de la célébration œcuménique à Paphos (Chypre), le 4 juin 2010.

 

Chers Frères et Sœurs en Christ,

 

(…) C’est vraiment une grâce extraordinaire pour nous de nous trouver ensemble en prière dans cette église d’Agia Kyriakis Chrysopolitissa. Nous venons d’entendre la lecture des Actes des Apôtres qui nous rappelle que Chypre a été la première étape des voyages missionnaires de l’Apôtre Paul (cf. Ac 12, 1-4). Mis à part par l’Esprit Saint, Paul ainsi que Barnabé, natif de Chypre, et Marc, le futur Évangéliste, arrivèrent les premiers à Salamine (de Chypre), où ils commencèrent à proclamer la Parole de Dieu dans les synagogues. Après avoir traversé l’île, ils arrivèrent à Paphos où tout près de cet endroit, ils prêchèrent en présence du proconsul romain Sergius Paulus. Ainsi, c’est à partir de ce lieu que le message de l’Évangile commença à se répandre à travers l’Empire, et l’Église, encouragée par la prédication des Apôtres, parvint à s’enraciner dans le monde alors connu.

 

L’Église à Chypre peut justement être fière de ses liens directs avec la prédication de Paul, Barnabé et Marc, et de sa communion dans la foi apostolique, une communion qui l’unit à toutes les Églises qui conservent cette même règle de foi. C’est là la communion, réelle, bien qu’imparfaite, qui nous unit déjà, et qui nous pousse à surmonter nos divisions et à œuvrer pour restaurer l’unité pleine et visible qui est la volonté du Seigneur pour tous ses disciples. C’est pourquoi, suivant les paroles de Paul, « de même que votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n’y a qu’un seul Corps et un seul Esprit. Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Ep 4, 4-5).

 

La communion ecclésiale dans la foi des Apôtres est à la fois un don et une mission qui nous sont confiés. Dans le passage des Actes que nous venons d’écouter, nous trouvons une image de l’unité de l’Église en prière, et de son ouverture au souffle de l’Esprit de la mission. Comme Paul et Barnabé, par le baptême, chaque Chrétien est mis à part pour porter le témoignage prophétique du Seigneur ressuscité et de l’Évangile de la réconciliation, de la miséricorde et de la paix (…). L’unité de tous les disciples du Christ est un don qui doit être imploré auprès du Père dans l’espérance qu’elle affermira le témoignage de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui. Le Seigneur a prié pour la sainteté et l’unité de ses disciples, précisément pour que le monde puisse croire (cf. Jn17, 21) Il y a juste cent ans, à la Conférence Missionnaire d’Édimbourg, la conscience claire que les divisions entre Chrétiens étaient un obstacle à la diffusion de l’Évangile, a occasionné la naissance du mouvement œcuménique moderne. Aujourd’hui, nous pouvons être reconnaissants à l’égard du Seigneur, qui à travers son Esprit, nous a amenés, spécialement ces dernières décennies, à redécouvrir le riche héritage apostolique qui est commun à l’Est et à l’Ouest, et, à travers un dialogue patient et sincère, à trouver les chemins pour nous rapprocher les uns des autres, en surmontant les controverses passées, et en aspirant à un avenir meilleur.

 

L’Église à Chypre qui a servi de pont entre l’Est et l’Ouest, a beaucoup contribué à ce processus de réconciliation. Le chemin qui a pour but la pleine communion ne sera certainement pas exempt de difficultés, cependant l’Église Catholique et l’Église Orthodoxe de Chypre se sont engagées à avancer sur le chemin du dialogue et de la coopération fraternelle. Que l’Esprit Saint éclaire les esprits et renforce nos résolutions, afin qu’ensemble nous puissions porter le message du Salut aux hommes et aux femmes de notre temps, qui ont soif de la foi qui apporte la vraie liberté et le Salut (cf. Jn8, 32), la vérité qui a pour nom Jésus Christ!

  

Rencontre oecuménique 

Chers sœurs et frères, je ne peux conclure sans évoquer la mémoire des saints qui ont embelli l’Église à Chypre, et, en particulier saint Épiphane, Évêque de Salamine. La sainteté est le signe de la plénitude de la vie chrétienne, d’une profonde docilité intérieure à l’Esprit Saint qui nous appelle à une conversion et à un renouvellement continus tandis que nous nous efforçons d’être toujours plus semblables au Christ notre Sauveur. Conversion et sainteté sont aussi le chemin privilégié par lequel nous ouvrons nos esprits et nos cœurs à la volonté du Seigneur en vue de l’unité de son Église. Tandis que nous rendons grâce pour cette rencontre et pour l’affection fraternelle qui nous unit, demandons à Saint Barnabé et à Saint Épiphane, à Saint Pierre et à Saint Paul, et à tous les saints de Dieu, de bénir nos communautés, de nous conserver dans la foi des Apôtres, et de guider nos pas sur le chemin de l’unité, de la charité et de la paix.

 

 

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 21:52

Conférence de Presse du Pape Benoît XVI à bord de l’avion le conduisant à Chypre, le 4 juin 2010.

 

Père Federico Lombardi : Votre Sainteté, nous vous remercions d'être avec nous, comme à chaque voyage, et de nous offrir votre parole pour guider notre attention en ces jours, qui seront si intenses. La première question revêt malheureusement un caractère obligatoire, en raison de l'événement qui nous a frappés si douloureusement hier, l'assassinat de Mgr Padovese, et qui a été pour vous un motif de profonde douleur. C'est pourquoi, au nom de tous mes collègues, je voulais vous demander de nous dire quelques mots sur la façon dont vous avez accueilli cette nouvelle et dont vous vivez le début de votre voyage à Chypre dans ce climat.

 

AvionSaint-Père : Naturellement, je suis profondément attristé par la mort de Mgr Padovese, qui a également beaucoup contribué à la préparation du synode ; il a apporté sa collaboration et il aurait été un élément très précieux pour ce synode. Nous confions son âme à la bonté du Seigneur. Toutefois, cette ombre n'a rien à voir avec les thèmes mêmes ou avec la réalité du voyage, car nous ne devons pas attribuer ce fait à la Turquie ou aux Turcs. C'est un fait à propos duquel nous disposons de peu d'informations. Ce qui est certain, c'est qu'il ne s'agit pas d'un assassinat politique ou religieux ; il s'agit d'une affaire personnelle. Nous attendons encore tous les éclaircissements mais nous ne voulons pas en ce moment mélanger cette situation tragique avec le dialogue avec l'islam et avec toutes les questions liées à notre voyage. C'est un cas à part, qui nous attriste, mais qui ne devrait en aucune façon entacher le dialogue, sous tous ses aspects, qui sera le thème et l'objectif de ce voyage.

 

Père Federico Lombardi : Votre Sainteté, Chypre est une terre divisée. Vous ne vous rendrez pas dans la partie nord, occupée par les Turcs. Avez-vous un message pour les habitants de cette région? Comment pensez-vous que votre visite puisse contribuer à résoudre la distance qui sépare la partie grecque de la partie turque, et à avancer vers une solution de coexistence pacifique, dans le respect de la liberté religieuse, du patrimoine spirituel et culturel des diverses communautés?

 

Saint-Père : Ce voyage à Chypre représente, sous de nombreux aspects, la continuation du voyage que j'ai accompli l'an dernier en Terre Sainte et également du voyage à Malte de cette année. Le voyage en Terre Sainte était composé de trois parties : la Jordanie, Israël et les Territoires palestiniens. Dans les trois cas, il s'agissait d'un voyage pastoral, religieux, il ne s'agissait pas d'un voyage politique ou touristique. Le thème fondamental était la paix du Christ, qui doit être une paix universelle dans le monde. Le thème était donc, d'une part, l'annonce de notre foi, le témoignage de la foi, le pèlerinage sur ces lieux qui témoignent de la vie du Christ et de toute l'histoire sainte ; et, de l'autre, la responsabilité commune de tous ceux qui croient en un Dieu Créateur du ciel et de la terre, en un Dieu à l'image duquel nous avons été créés. Malte et Chypre ajoutent avec force le thème de Saint Paul, grand croyant, évangélisateur, et également Saint Barnabé, qui est chypriote, et qui a ouvert la voie à la mission de Saint Paul. Le témoignage de notre foi en l'unique Dieu, le dialogue et la paix sont donc les thèmes de fond. La paix doit être considérée dans un sens très profond ; il ne s'agit pas d'un ajout politique à notre activité religieuse, mais la paix est une parole qui vient du cœur de la foi, elle réside dans le cœur de l'enseignement de Saint Paul ; nous pensons à la Lettre aux Ephésiens, où l'on dit que le Christ a apporté la paix, a détruit les murs d'inimitié. Cela demeure un mandat permanent, et ainsi, je ne viens pas avec un message politique, mais avec un message religieux, qui devrait préparer davantage les âmes à trouver l'ouverture à la paix. Ce ne sont pas des choses qui arrivent d'un jour à l'autre, mais il est très important non seulement d'accomplir les pas politiques nécessaires, mais également et surtout, de préparer les âmes à être capables d'accomplir les pas politiques nécessaires, de créer l'ouverture intérieure à la paix, qui, à la fin, vient de la foi en Dieu et de la conviction que nous sommes tous fils de Dieu et frères et sœurs entre nous.

 

Père Federico Lombardi : Vous vous rendez au Moyen-Orient peu de temps après l'attaque israélienne contre la flottille devant Gaza, qui a aggravé les tensions autour du processus de paix déjà difficile. De quelle façon pensez-vous que le Saint-Siège puisse contribuer à surmonter ce moment difficile pour le Moyen-Orient?

 

Saint-Père : Je dirais que nous contribuons surtout de façon religieuse. Nous pouvons également aider à travers les conseils politiques et stratégiques, mais le travail essentiel du Vatican est toujours d'ordre religieux, touche le cœur. Avec tous les épisodes que nous vivons, il y a toujours le danger que l'on perde patience, que l'on dise "maintenant cela suffit", et que l'on ne veuille plus rechercher la paix. Et ici me vient à l'esprit, en cette Année sacerdotale, une belle histoire du curé d'Ars. Aux personnes qui lui disaient : "Il ne sert à rien que j'aille à la confession et à l'absolution aujourd'hui, car après-demain, je suis certain de retomber dans les mêmes péchés", le curé d'Ars répondait : cela ne fait rien, le Seigneur oublie volontairement qu'après-demain, tu commettras les mêmes péchés, il te pardonne à présent complètement, il sera patient et continuera de t'aider, et d'aller à ta rencontre. Ainsi, nous devons en quelque sort imiter Dieu et sa patience. Après tous les cas de violence, ne pas perdre patience, ne pas perdre courage, ne pas perdre la générosité de recommencer ; créer cette disposition du cœur de recommencer toujours à nouveau, dans la certitude que nous pouvons aller de l'avant, que nous pouvons parvenir à la paix, que la solution n'est pas la violence, mais la patience du bien. Créer cette disposition me semble le travail principal que le Vatican, ses organes et le Pape puissent faire.

 

Père Federico Lombardi : Votre Sainteté, le dialogue avec les orthodoxes a accompli de nombreux progrès du point de vue culturel, spirituel, et de la vie. A l'occasion du récent concert qui vous a été offert par le patriarche de Moscou, l'on a ressenti une profonde harmonie entre orthodoxes et catholiques face aux défis lancés au christianisme en Europe par la sécularisation. Quelle est votre position sur le dialogue, notamment du point de vue plus spécifiquement théologique?

 

Saint-Père : Je voudrais avant tout souligner les grands progrès que nous avons accomplis dans le témoignage commun des valeurs chrétiennes dans le monde sécularisé. Il ne s'agit pas uniquement d'une coalition – disons – morale, politique, mais il s'agit véritablement de quelque chose de profondément lié à la foi, car les valeurs fondamentales pour lesquelles nous vivons dans ce monde sécularisé ne sont pas des moralismes, mais sont la physionomie fondamentale de la foi chrétienne. Lorsque nous sommes capables ensemble de témoigner de ces valeurs, de nous engager dans le dialogue, dans le débat de ce monde, dans le débat pour vivre ces valeurs, nous apportons déjà un témoignage fondamental d'une unité très profonde de la foi. Naturellement, il existe également de nombreux problèmes théologiques, mais ici aussi, les éléments d'unité sont forts. Je voudrais indiquer trois éléments qui nous lient [avec les orthodoxes], qui nous voient toujours plus proches, qui nous rendent toujours plus proches. En premier lieu, l'Ecriture, la Bible, n'est pas un livre tombé du ciel, qui est là à présent et que tout le monde utilise, mais c'est un livre qui a mûri dans le peuple de Dieu et qui vit dans ce sujet commun du peuple de Dieu et qui seulement en lui demeure toujours présent et réel, c'est-à-dire que la Bible ne peut pas être isolée, mais la Bible réside dans le lien entre Tradition et Eglise. Cette conscience est fondamentale et appartient au fondement de l'orthodoxie et du catholicisme et nous offre une voie commune. En deuxième lieu, nous disons : la Tradition, qui nous interprète, qui nous ouvre la voie à l'Ecriture, possède également une forme institutionnelle, sacrée, sacramentelle, voulue par le Seigneur, c'est-à-dire l'épiscopat ; elle possède une forme personnelle : c'est-à-dire que le collège des évêques est à la fois témoin et présence de cette Tradition. Et, en troisième lieu, ce que l'on appelle la regula fidei, c'est-à-dire la confession de la foi élaborée par les anciens Conciles est la somme de ce qui se trouve dans l'Ecriture et qui ouvre la "porte" de l'interprétation. Il existe ensuite d'autres éléments : la liturgie, l'amour commun pour la Vierge nous lient profondément, et il devient toujours plus clair pour nous qu'ils représentent les fondements de la vie chrétienne. Nous devons être davantage conscients et approfondir également les détails, mais il me semble que même si les cultures différentes, les situations différentes ont suscité des malentendus et des difficultés, nous grandissons dans la conscience de l'essentiel et de l'unité de l'essentiel. Je voudrais ajouter que, naturellement ce n'est pas la discussion théologique qui crée en soi l'unité ; il s'agit d'une dimension importante, mais toute la vie chrétienne, la connaissance réciproque, l'expérience de la fraternité, apprendre, en dépit de l'expérience du passé, cette fraternité commune, sont des processus qui exigent également une grande patience. Mais il me semble que nous sommes précisément en train d'apprendre la patience, tout comme l'amour, et avec toutes les dimensions du dialogue théologique, nous allons de l'avant, laissant au Seigneur le soin de décider du moment où il nous donnera l'unité parfaite.

 

Père Federico Lombardi : L'un des objectifs de ce voyage est la remise du document de travail du synode des évêques pour le Moyen-Orient. Quelles sont vos attentes et vos espérances principales en ce qui concerne ce synode, pour les communautés chrétiennes et également pour les croyants d'autres confessions dans cette région?

 

Saint-Père : Le premier point important est que divers évêques et chefs d'Eglises se rencontrent ici, car nous avons de nombreuses Eglises – divers rites sont présents dans divers pays, dans des situations diverses – et ils apparaissent souvent isolés, ils disposent également souvent de peu d'informations sur l'autre ; se voir, se rencontrer, et ainsi prendre conscience l'un de l'autre, des problèmes, des différences et des situations communes, se former ensemble un jugement sur la situation, sur le chemin à prendre. Cette communion concrète de dialogue et de vie est un premier point. Un second point est également la visibilité de ces Eglises, c'est-à-dire le fait que l'on voit dans le monde qu'il y a une chrétienté importante et antique au Moyen-Orient, qui souvent ne se voit pas, et que cette visibilité nous aide également à nous rapprocher d'eux, à approfondir notre connaissance réciproque, à apprendre les uns des autres, à nous aider, et à aider ainsi également les chrétiens du Moyen-Orient à ne pas perdre l'espérance, à rester, même si les conditions sont parfois difficiles. Ainsi, – et c'est le troisième point – dans le dialogue entre eux, ils s'ouvrent également au dialogue avec les autres chrétiens orthodoxes, arméniens, etc, et ainsi croît une conscience commune de la responsabilité chrétienne et également une capacité commune de dialogue avec les frères musulmans, qui sont nos frères, malgré les différences ; et il me semble qu'apparaît également un encouragement, en dépit de tous les problèmes, à poursuivre, à travers une vision commune, le dialogue avec eux. Toutes les tentatives en vue d'une coexistence toujours plus fructueuse et fraternelle sont très importantes. Il s'agit donc d'une rencontre interne de ces chrétiens catholiques du Moyen-Orient dans les divers rites, mais il s'agit également d'une rencontre précisément d'ouverture, de capacité renouvelée et de dialogue, de courage et d'espérance pour l'avenir.

 

 

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 10:40

Dimanche 12 juin 2011 – Solennité de la Pentecôte (Année A)

 

Première lecture : Actes 2. 1-11

« Ils furent tous remplis de l'Esprit Saint » 

 

Psaume 103

« Seigneur mon Dieu, tu es si grand! »

 

Deuxième lecture : 1 Co 12. 3b-7. 12-13

« Sans le Saint Espit, personne n'est capable de dire "Jésus est le Seigneur" »

 

Evangile : Jn 20. 19-23

« De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie » 

 

***

Message audio du Pape : 2011

Regina Caeli du Pape : 2008 - 2011

Homélie du Père Walter Covens : 2008

Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde : 2011 

Audio de Radio Vatican : 2011

Ce que l’Evangile nous dit et me demande

Pour  vivre sa foi dans la joie, il faut demander les dons de l'Esprit (P. Raniero Cantalamessa)

Le défi de notre Eglise d'avoir un langage compréhensible (P. Pierre Desroches, de Montréal)

Qui veut recevoir le Saint Esprit? (P. Nicolas)

 

*** 

 

« Il répandit sur eux son souffle, et il leur dit : "Recevez l'Esprit Saint" » (Jn 20. 22)

 

« Savez-vous que dans l’Evangile, l’Esprit Saint se manifeste quatre fois sous des formes corporelles ? Deux fois ces manifestations sont des révélations qui concernent le Christ, deux fois des révélations qui concernent les Apôtres. Pour le Christ, il s’est manifesté, au baptême sous la forme d’une colombe, pour manifester la puissance salvatrice du Messie, intronisé ce jour-là dans son ministère. Puis il s’est manifesté sous la forme d’une nuée, à la Transfiguration, pour manifester que Jésus est la Parole du Père : « Ecoutez-le ». Aujourd’hui, la liturgie nous relate les deux manifestations corporelles de l’Esprit Saint qui révèle le don fait aux Apôtres, don qui vient du Père par le Christ. D’abord, très concrètement, sous la forme d’un souffle, celui du Christ : c’est la manifestation décrite dans l’Evangile. L’Esprit Saint révèle ainsi la puissance salvatrice confiée aux Apôtres : « Tous ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. » Ensuite, il s’est manifesté à la Pentecôte, sous la forme de langues de feu, révélant que l’enseignement des Apôtres est celui du Christ, qui avait dit, dans le discours après la Cène : « Celui qui vous écoute m’écoute ». C’est ce que nous entendons dans les Actes de Apôtres. C’est donc tout à fait remarquable de rapprocher ces manifestations pour constater que ce qui est en jeu, c’est la Parole, et la puissance du salut.

 

« Voilà qui nous permet de comprendre pourquoi l’Eglise nous enseigne, à juste titre, qu’il nous faut vénérer de la même manière l’Ecriture et la Tradition de l’Eglise, c’est-à-dire son enseignement permanent. La Parole vivante, c’est l’Ecriture commentée et vécue en Eglise. Voilà qui nous permet aussi de comprendre pourquoi nous allons voir un prêtre pour le sacrement de réconciliation. Il a la puissance de remettre nos péchés. L’Eglise, c’est, par l’action de l’Esprit Saint, le Christ répandu sur toute la terre, le Christ qui enseigne, le Christ qui sauve. « Et moi, je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin des temps ». C’est l’oeuvre de l’Esprit Saint. Je crois en l’Esprit Saint, et, ce qui revient au même, oserai-je dire, à la sainte Eglise catholique. Que cette fête de la Pentecôte confirme notre Foi, nous apporte une joyeuse Espérance, et rende inventive notre Charité, par l’action de l’Esprit Saint. » (Jean Villeminot, Diacre Permanant à la Paroisse St Léon, Paris 15e, in Feuille d'information paroissiale du 12 juin 2011)

             


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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 19:03

"Dieu, si tu existes, il faut que tu me le montres!"

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 18:23

Ô roi, céleste Consolateur,
Esprit de Vérité
Toi qui es partout présent
Et qui emplis tout,
Trésor de biens et donateur de vie,

Viens et demeure en nous,
Purifie-nous de toute souillure
Et sauve nos âmes, Toi qui es bonté

(Hymne issue de la liturgie byzantine)

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