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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 18:09

Dimanche 10 juillet 2011 – 15e dimanche du temps ordinaire (Année A)

 

Première lecture : Is. 55. 10-11

« Ma parole ne me reviendra pas sans résultat »

 

Psaume 64

« Tu visites la terre et tu l'abreuves »

 

Deuxième lecture : Rm 8. 18-23

« La création toute entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore »

 

Evangile : Mt 13. 1-23

« Heureux vos yeux parce qu'ils voient, et vos oreilles parce qu'elles entendent » 

 

***

Message audio du Pape : 2011

Angelus du Pape : 2011

Homélie du Père Walter Covens : 2008

Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde : 2011 

Audio de Radio Vatican : 2011

Ce que l’Evangile nous dit et me demande

Dieu s'est servi de la Parole pour communiquer la vie et la vérité (P. Raniero Cantalamessa)

Dieu sème en chacun de nous de façon abondante (P. Pierre Desroches, de Montréal)

Les 3 obstacles à la Parole de Vie (P. Nicolas)

 

*** 

 

« L'homme qui entend la parole et la comprend porte du fruit » (Mt 13. 23)

 

« La Parole de Dieu n'est pas un livre, une collection d'écrits, c'est une semence, quelque chose qui contient en soi la vie et qui développe cette vie jusqu'à créer le grand arbre du Règne. Elle germe donc dans l'Histoire comme dans la vie personnelle de chaque homme, elle grandit, remplissant d'une nouvelle présence toute réalité, elle sanctifie parce qu'elle nourrit et alimente ceux qui la reçoivent, elle illumine car elle dévoile le secret des choses en donnant une sagesse même aux simples et conduisant les réalités elles-mêmes à leur ultime achèvement.

 

« C'est par la Parole que Dieu a créé toutes choses. Déjà avant la Création, elle était auprès de Dieu, et dans la Création, elle était avec lui comme maître d'oeuvre, infusant sa force aux créatures appelées à l'existence et leur imprimant son sceau. Elle est pour Dieu un instrument : projetée sur Jacob ou sur le monde, elle court, rapide, et transforme l'Histoire humaine en Histoire de Salut. C'est pour cette raison que la Parole de Dieu remplit l'univers, comme signe de sa volonté inscrite en toute chose, comme source unique de tout ce qui vit. Dans la Parole de Dieu, nous sommes venus à l'existence, nous avons la vie, le mouvement et l'être, parce qu'elle guide et domine toute chose ; et si nous entendons sa voix et enlevons le voile, nous découvrons la vraie et profonde réalité : nous nous trouvons brusquement face à l'auteur de toutes choses qui communie avec nous jusque dans le repas, en ce geste si universel de se nourrir. Et cela arrive non seulement à cause d'une vocation profonde des choses dans l'ordre de la Création, mais aussi parce que la Parole de Dieu s'est rendue présente parmi nous, visible en Jésus-Christ. De fait, cette Parole, cette sagesse divine a inauguré depuis la Création du monde un processus de récapitulation allant jusqu'à s'incarner, jusqu'à devenir un homme qui porte le nom de Jésus. » (Enzo Bianchi, Prier la Parole).

        


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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 08:44

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:38

Homélie du Pape Benoît XVI pour la clôture de l’Année sacerdotale, en la solennité du Sacré Cœur de Jésus, le 11 juin 2010 (2e partie).

 

Revenons à notre Psaume 23 (22). Il y est dit : « Il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure ». Le pasteur indique le juste chemin à ceux qui lui sont confiés. Il les précède et il les guide. Disons-le autrement : le Seigneur nous dévoile comment l’être humain s’accomplit de façon juste. Il nous enseigne l’art d’être une personne. Que dois-je faire pour ne pas précipiter, pour ne pas gaspiller ma vie dans l’absence de sens ? C’est précisément la question que tout homme doit se poser et qui vaut pour tout âge de la vie. Et quelle obscurité existe autour de cette question en notre temps ! Toujours de nouveau, nous vient à l’esprit la parole de Jésus, lequel avait compassion des hommes, parce qu’ils étaient comme des brebis sans pasteur. Seigneur, aie pitié aussi de nous ! Indique-nous le chemin ! De l’Évangile, nous savons cela : Il est lui-même la vie. Vivre avec le Christ, le suivre – cela signifie découvrir le juste chemin, afin que notre vie acquiert du sens et afin que nous puissions dire : Oui, vivre a été une bonne chose. Le peuple d’Israël était et est reconnaissant à Dieu, parce qu’à travers les Commandements il a indiqué la route de la vie. Le grand Psaume 119 (118) est une seule expression de joie pour ce fait : nous n’avançons pas à tâtons dans l’obscurité. Dieu nous a montré quel est le chemin, comment nous pouvons cheminer de façon juste. Ce que les Commandements disent a été synthétisé dans la vie de Jésus et est devenu un modèle vivant. Nous comprenons ainsi que ces directives de Dieu ne sont pas des chaînes, mais sont la voie qu’Il nous indique. Nous pouvons en être heureux et nous réjouir parce que dans le Christ elles sont devant nous comme une réalité vécue. Lui-même nous a rendus heureux. Dans notre cheminement avec le Christ, nous faisons l’expérience de la joie de la Révélation, et comme prêtres nous devons communiquer aux gens la joie liée au fait que nous a été indiquée la voie juste de la vie.

 

Il y a ensuite la parole concernant « le ravin de la mort » à travers lequel le Seigneur guide l’homme. La route de chacun de nous nous conduira un jour dans le ravin obscur de la mort dans lequel personne ne peut nous accompagner. Et il sera là. Le Christ lui-même est descendu dans la nuit obscure de la mort. Là aussi, il ne nous abandonne pas. Là aussi, il nous guide. Si « je descends chez les morts : te voici » dit le Psaume 139 (138). Oui, tu es aussi présent dans l’ultime labeur, et ainsi, notre Psaume responsorial peut-il dire : là aussi, dans le ravin de la mort, je ne crains aucun mal. En parlant du ravin obscur nous pouvons, cependant, penser aussi aux vallées obscures de la tentation, du découragement, de l’épreuve, que tout être humain doit traverser. Dans ces vallées ténébreuses de la vie, il est là aussi. Oui, Seigneur, dans les obscurités de la tentation ; dans les heures sombres où toutes les lumières semblent s’éteindre, montre-moi que tu es là. Aide-nous, prêtres, afin que nous puissions être auprès des personnes qui nous sont confiés et qui sont dans ces nuits obscures. Afin que nous puissions leur montrer ta lumière.

 

« Ton bâton me guide et me rassure » : le pasteur a besoin du bâton contre les bêtes sauvages qui veulent faire irruption dans le troupeau ; contre les brigands qui cherchent leur butin. À côté du bâton, il y a la houlette qui offre un appui et une aide pour traverser les passages difficiles. Les deux réalités appartiennent aussi au ministère de l’Église, au ministère du prêtre. L’Église aussi doit utiliser le bâton du pasteur, le bâton avec lequel elle protège la foi contre les falsificateurs, contre les orientations qui sont, en réalité, des désorientations. L’usage même du bâton peut être un service d’amour. Nous voyons aujourd’hui qu’il ne s’agit pas d’amour, quand on tolère des comportements indignes de la vie sacerdotale. De même il ne s’agit pas non plus d’amour quand on laisse proliférer l’hérésie, la déformation et la décomposition de la foi, comme si nous inventions la foi de façon autonome. Comme si elle n’était plus le don de Dieu, la perle précieuse que nous ne nous laissons pas dérober. Toutefois, en même temps, le bâton doit toujours redevenir la houlette du pasteur – la houlette qui aide les hommes à pouvoir marcher sur les sentiers difficiles et à suivre le Seigneur.

 

À la fin du Psaume, on évoque le banquet préparé, l’huile dont la tête est ointe, le calice débordant, la possibilité d’habiter avec le Seigneur. Dans le Psaume, ceci exprime avant tout la perspective de la joie festive qui accompagne le fait d’être avec Dieu dans le Temple, d’être accueilli et servi par Lui, de pouvoir habiter auprès de Lui. Pour nous qui prions ce Psaume avec le Christ et avec son Corps qui est l’Église, cette perspective d’espérance a acquis une amplitude et une profondeur encore plus grandes. Nous voyons dans ces paroles, pour ainsi dire, une anticipation prophétique du mystère de l’Eucharistie dans lequel Dieu en personne nous accueille en s’offrant lui-même à nous comme nourriture – comme ce pain et ce vin excellents qui, seuls, peuvent constituer la réponse ultime à la faim et à la soif intimes de l’homme. Comment ne pas être heureux de pouvoir chaque jour être les hôtes de la table même de Dieu, d’habiter près de Lui ? Comment ne pas être heureux du fait qu’il nous a laissé ce commandement : « Faites cela en mémoire de moi » ? Heureux parce qu’Il nous a donné de préparer la table de Dieu pour les hommes, de leur donner son Corps et son Sang, de leur offrir le don précieux de sa présence même. Oui, nous pouvons de tout notre cœur prier ensemble les paroles du Psaume : « Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ».

 

Pour finir, jetons encore un bref regard sur les deux chants de communion qui nous sont proposés aujourd’hui par l’Église dans sa liturgie. Il y a tout d’abord la parole avec laquelle Saint Jean conclut le récit de la crucifixion de Jésus : « Un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau » (Jn 19, 34). Le cœur de Jésus est transpercé par la lance. Il est ouvert, et il devient une source : l’eau et le sang qui en sortent renvoient aux deux Sacrements fondamentaux dont l’Église vit : le Baptême et l’Eucharistie. Du côté percé du Seigneur, de son cœur ouvert jaillit la source vive qui court à travers les siècles et qui fait l’Église. Le cœur ouvert est source d’un nouveau fleuve de vie ; dans ce contexte, Jean a certainement pensé aussi à la prophétie d’Ézéchiel qui voit jaillir du nouveau temple un fleuve qui donne fécondité et vie (Ez 47) : Jésus lui-même est le nouveau Temple, et son cœur ouvert est la source d’où sort un fleuve de vie nouvelle, qui se communique à nous dans le Baptême et l’Eucharistie.

 

La liturgie de la Solennité du Sacré Cœur de Jésus prévoit, cependant aussi, comme chant à la communion une autre parole, proche de celle-là, tirée de l’Évangile de Jean : « Qui a soif, qu’il vienne à moi. Qu’il boive, celui qui croit en moi. L’Écriture dit : ‘Des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur’ » (cf. Jn 7, 37ss). Dans la foi, nous buvons, pour ainsi dire, de l’eau vive de la Parole de Dieu. Ainsi, le croyant devient lui-même une source, et offre à la terre desséchée de l’Histoire l’eau vive. Nous le voyons chez les saints. Nous le voyons avec Marie qui, femme grande en foi et en amour, est devenue au long des siècles source de foi, d’amour et de vie. Chaque chrétien et chaque prêtre devrait, à partir du Christ, devenir une source qui communique la vie aux autres. Nous devrions donner l’eau de la vie à un monde assoiffé. Seigneur, nous te remercions parce que tu as ouvert ton cœur pour nous ; parce que dans ta mort et dans ta résurrection, tu es devenu source de vie. Fais que nous soyons des personnes vivantes, vivantes de ta source, et donne-nous de pouvoir être nous aussi des sources, en mesure de donner à notre temps l’eau de la vie. Nous te remercions pour la grâce du ministère sacerdotal. Seigneur bénis-nous et bénis tous les hommes de ce temps qui sont assoiffés et en recherche. Amen.

 

 

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 18:03

« Sourire à quelqu'un, c'est montrer sa valeur à tous les autres. »
 

(P. Timothy Radcliffe)

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 18:47

Homélie du Pape Benoit XVI pour la clôture de l’Année sacerdotale, en la solennité du Sacré Cœur de Jésus, le 11 juin 2010 (1ère partie).

 

Chers confrères dans le ministère sacerdotal,

Chers frères et sœurs,

 

L’Année sacerdotale que nous avons célébrée, 150 ans après la mort du Saint Curé d’Ars, modèle du ministère sacerdotal dans notre monde, arrive à son terme. Par le Curé d’Ars, nous nous sommes laissé guider, pour saisir à nouveau la grandeur et la beauté du ministère sacerdotal. Le prêtre n’est pas simplement le détenteur d’une charge, comme celles dont toute société a besoin afin qu’en son sein certaines fonctions puissent être remplies. Il fait en revanche quelque chose qu’aucun être humain ne peut faire de lui-même : il prononce au nom du Christ la parole de l’absolution de nos péchés et il transforme ainsi, à partir de Dieu, la situation de notre existence. Il prononce sur les offrandes du pain et du vin les paroles d’action de grâce du Christ qui sont paroles de transsubstantiation – des paroles qui le rendent présent, Lui, le Ressuscité, son Corps et son Sang, et transforment ainsi les éléments du monde : des paroles qui ouvrent le monde à Dieu et l’unissent à Lui. Le sacerdoce n’est donc pas seulement une « charge », mais un sacrement : Dieu se sert d’un pauvre homme pour être, à travers lui, présent pour les hommes et agir en leur faveur. Cette audace de Dieu qui se confie à des êtres humains et qui, tout en connaissant nos faiblesses, considère les hommes capables d’agir et d’être présents à sa place – cette audace de Dieu est la réalité vraiment grande qui se cache dans le mot « sacerdoce ». Que Dieu nous considère capables de cela, que de cette manière il appelle les hommes à son service et qu’ainsi de l’intérieur il se lie à eux : c’est ce que, en cette année, nous voulions considérer et comprendre à nouveau. Nous voulions réveiller la joie que Dieu nous soit si proche, et la gratitude pour le fait qu’il se confie à notre faiblesse ; qu’il nous conduise et nous soutienne jour après jour. Nous voulions aussi ainsi montrer à nouveau aux jeunes que cette vocation, cette communion de service pour Dieu et avec Dieu, existe – et plus encore, que Dieu est en attente de notre OUI. Avec l’Église, nous voulions à nouveau faire noter que cette vocation nous devons la demander à Dieu. Nous demandons des ouvriers pour la moisson de Dieu, et cette requête faite à Dieu c’est, en même temps, Dieu qui frappe à la porte du cœur des jeunes qui se considèrent capables de ce dont Dieu les considère capables. On pouvait s’attendre à ce que cette nouvelle mise en lumière du sacerdoce déplaise à « l’ennemi » ; il aurait préféré le voir disparaître, pour qu’en fin de compte Dieu soit repoussé hors du monde. Et il est ainsi arrivé que, proprement au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres – en particulier l’abus à l’égard des petits, où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu à l’égard de l’homme se trouve retourné en son contraire. Nous aussi nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir ; promettre que dans l’admission au ministère sacerdotal et dans la formation délivrée au cours du parcours qui y prépare, nous ferons tout ce qui est possible pour examiner attentivement l’authenticité de la vocation et que nous voulons mieux encore accompagner les prêtres sur leur chemin, afin que le Seigneur les protège et les garde dans les situations difficiles et face aux dangers de la vie. Si l’Année sacerdotale avait du être une glorification de notre prestation humaine personnelle, elle aurait été détruite par ces événements. Mais il s’agissait pour nous exactement du contraire : devenir reconnaissant pour le don de Dieu, un don qui se cache « dans des vases d’argile » et qui toujours de nouveau, à travers toute la faiblesse humaine, rend concret son amour en ce monde. Nous considérons ainsi que ce qui est arrivé est un devoir de purification, un devoir qui nous porte vers l’avenir et qui, d’autant plus, nous fait reconnaître et aimer le grand don de Dieu. De cette façon, le don devient l’engagement de répondre au courage et à l’humilité de Dieu par notre courage et notre humilité. La parole du Christ, que nous avons chanté comme chant d’entrée dans la liturgie, peut nous suggérer en cette heure ce que signifie devenir et être prêtres : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29).

 

Nous célébrons la fête du Sacré Cœur de Jésus et nous jetons avec la liturgie, pour ainsi dire, un regard dans le cœur de Jésus qui, dans la mort, fut ouvert par la lance du soldat romain. Oui, son cœur est ouvert pour nous et devant nous – et ainsi, le cœur de Dieu lui-même nous est ouvert. La liturgie interprète pour nous le langage du cœur de Jésus, qui parle surtout de Dieu en tant que pasteur des hommes et nous présente de cette façon le sacerdoce de Jésus, qui est enraciné dans les profondeurs de son cœur ; elle nous indique ainsi le fondement durable, tout autant que le critère valable, de tout ministère sacerdotal, qui doit être ancré dans le cœur de Jésus et être vécu à partir de lui. Je voudrais aujourd’hui méditer surtout sur les textes avec lesquels l’Église qui prie répond à la Parole de Dieu donnée dans les lectures. Dans ces chants, la parole et la réponse se compénètrent. D’une part, eux-mêmes sont tirés de la Parole de Dieu, mais d’autre part, ils sont en même temps déjà la réponse de l’homme à une telle Parole, une réponse dans laquelle la Parole elle-même se communique et entre dans notre vie. Le plus important de ces textes dans la liturgie de ce jour est le Psaume 23 (22) – « Le Seigneur est mon berger » –, à travers lequel l’Israël priant a accueilli l’autorévélation de Dieu comme pasteur, et en a fait l’orientation pour sa vie. « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien » : dans ce premier verset, la joie et la gratitude s’expriment pour le fait que Dieu est présent et qu’il s’occupe de nous. La lecture tirée du Livre d’Ézéchiel débute par le même thème : « J’irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles » (Ez 34, 11). Dieu prend personnellement soin de moi, de nous, de l’humanité. Je ne suis pas laissé seul, perdu dans l’univers et dans une société devant laquelle on demeure toujours plus désorientés. Il prend soin de moi. Il n’est pas un Dieu lointain, pour lequel ma vie compterait très peu. Les religions du monde, d’après ce que l’on peut voir, ont toujours su que, en dernière analyse, il y a un seul Dieu. Mais un tel Dieu demeurait lointain. Apparemment celui-ci abandonnait le monde à d’autres puissances et à d’autres forces, à d’autres divinités. De cela, il fallait s’accommoder. Le Dieu unique était bon, mais lointain cependant. Il ne constituait pas un danger, mais il n’offrait pas davantage une aide. Il n’était donc pas nécessaire de se préoccuper de lui. Il ne dominait pas. Étrangement, cette pensée est réapparue avec les Lumières. On comprenait encore que le monde supposait un Créateur. Cependant, ce Dieu avait créé le monde et s’en était ensuite évidemment retiré. À présent, le monde avait un ensemble de lois suivant lesquelles il se développait et sur lequel Dieu n’intervenait pas, ni ne pouvait intervenir. Dieu ne constituait qu’une origine lointaine. Beaucoup peut-être ne désiraient pas non plus que Dieu prenne soin d’eux. Ils ne voulaient pas être dérangés par Dieu. Mais là où la tendresse et l’amour de Dieu sont perçus comme une gêne, là l’être humain est faussé. Il est beau et consolant de savoir qu’il y a une personne qui m’aime et qui prend soin de moi. Mais il est encore plus décisif qu’existe ce Dieu qui me connaît, qui m’aime et se préoccupe de moi. « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jn 10, 14), dit l’Église avant l’Évangile (de ce jour) avec une parole du Seigneur. Dieu me connaît, il se préoccupe de moi. Cette pensée devrait nous rendre véritablement joyeux. Laissons cela pénétrer profondément en nous. Alors nous comprendrons aussi ce qu’elle signifie : Dieu veut que nous, en tant que prêtres, en un petit point de l’Histoire, nous partagions ses préoccupations pour les hommes. En tant que prêtres, nous voulons être des personnes qui, en communion avec sa tendresse pour les hommes, prenons soin d’eux, leur permettons d’expérimenter concrètement cette tendresse de Dieu. Et, à l’égard du milieu qui lui est confié, le prêtre, avec le Seigneur, devrait pouvoir dire : « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent ». « Connaître », au sens des Saintes Écritures, n’est jamais seulement un savoir extérieur, comme on connaît le numéro de téléphone d’une personne. « Connaître » signifie être intérieurement proche de l’autre. L’aimer. Nous devrions chercher à « connaître » les hommes de la part de Dieu et en vue de Dieu ; nous devrions chercher à cheminer avec eux sur la voie de l’amitié de Dieu. 

 

 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 16:08

Chers amis, j’ai la joie et le bonheur de vous annoncer la création d’un nouveau blog consacré à un gigantesque métaphysicien du siècle passé (qui nous a quitté trop tôt, en 1997) : Claude Tresmontant.

 

Il y a un an et demi à peu près, je lançais le groupe éponyme sur Facebook, ainsi que la catégorie « Claude Tresmontant » sur ce Blog. Je publiais régulièrement des Newsletters afin de rendre accessible au plus grand nombre la pensée du cher Professeur ; mais c’est un travail qui est quelque peu tombé en friche – et que je reprendrai peut-être un jour, selon le temps dont je disposerai.

 

Je souhaite passer aujourd’hui à la vitesse supérieure en créant ce Blog, tout entier dédié à notre auteur, encore trop méconnu à ce jour – y compris dans l’Eglise et le monde juif, ce qui est très incompréhensible et malheureux. J’espère ainsi accroître, via Internet, les possibilités d’accès à la doctrine de ce grand philosophe dont l’apport majeur réside sans aucun doute dans la relégation de l’athéisme dans la sphère de l’irrationnel et de la pensée mythique !

 

Les grandes découvertes scientifiques du XXe siècle ont bouleversé considérablement notre représentation du monde – et Claude Tresmontant est l’un des rares philosophes des temps modernes à avoir su en tirer toutes les implications sur le plan métaphysique. L’époque où l’on pouvait dire à peu près n’importe quoi sur l’univers est révolue. Pour penser correctement le monde, il faut partir du réel objectif, tel que les sciences positives nous le découvre, et non de nos préjugés ou de nos préférences subjectives.

 

Un grand nombre de philosophies, qui ont fait florès par le passé, peuvent dorénavant être écartées par l’honnête homme qui recherche la vérité, en ce qu’elles s’avèrent incompatibles avec ce que la science nous dit aujourd’hui du réel. C’est donc de ce réel objectif que nous devons partir pour penser bien, pour penser juste ; on n’a plus le droit aujourd’hui d’ignorer les enseignements de la science. Car celle-ci nous fournit suffisamment de matériaux pour discerner le vrai du faux, et connaître la vérité sur l’univers, la place de l’homme dans l’univers, et sur Dieu – en particulier son existence.

 

Le XXe siècle marque sans aucun doute un tournant dans l’Histoire de la pensée – et Claude Tresmontant fut l’un des premiers auteurs à l’avoir vu, écrit et professé. Tout l’enjeu maintenant est de savoir si l’on veut continuer à réfléchir sur le sens de la vie et de notre destinée par de belles constructions intellectuelles déconnectées du réel, ou si l’on veut enraciner au contraire nos conceptions dans le réel objectif – même s’il ne nous plaît pas... Il y a là un choix philosophique majeur à faire ; une option fondamentale à exercer ; une responsabilité à prendre.

 

Claude Tresmontant s’inscrit, lui, résolument dans le courant du réalisme philosophique. Chacun est libre de le suivre ou non sur cette voie. Mais nous devons être bien conscients qu’en dehors de cette voie, nous serons irrémédiablement conduits à énoncer des propositions invérifiables, à croire en des mythes indémontrables – à nous éloigner donc de la connaissance pour entrer dans la pure croyance.

 

D’où la forte affirmation de notre cher Professeur : « Il fut un temps où l'athéisme prétendait avoir partie liée avec la science. Il faut bien en convenir aujourd'hui : l'athéisme a partie liée avec la mythologie et avec les philosophies de l’irrationnel. Ce n'est plus une philosophie, c'est l'expression d'une préférence subjective, c'est une foi irrationnelle. Le rationalisme, c’est le monothéisme ».

 

C’est de cela dont nous parlerons (et je l’espère : débattrons) sur ce nouveau blog que je vous invite maintenant à découvrir :

 

CLIQUEZ ICI, ET LA BOBINETTE CHERRA ! 

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 23:00

Dimanche 3 juillet 2011 – 14e dimanche du temps ordinaire (Année A)

 

Première lecture : Zach. 9. 9-10

« Voici ton roi qui vient vers toi »

 

Psaume 144

« Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent »

 

Deuxième lecture : Rom. 8. 9. 11-13

« L'Esprit de Dieu habite en vous »

 

Evangile : Mt 11. 25-30

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » 

 

***

Message audio du Pape : 2011

Angelus du Pape : 2008 - 2011

Homélie du Père Walter Covens : 2008

Homélie du Frère Elie (Famille de Saint Joseph) : 2011 

Audio de Radio Vatican : 2011

Ce que l’Evangile nous dit et me demande

Des secrets qui ne sont accessibles que par la voie des petits (P. Pierre Desroches, de Montréal)

N'aie pas honte de ta faiblesse (P. Nicolas)

 

*** 

 

« Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur » (Mt 11. 29)

 

« Le renouveau de l'Eglise viendra par la faiblesse, par l'acceptation du paradoxe évangélique. Dans le Royaume de Dieu, la loi de la grandeur, c'est celle de la petitesse, de la faiblesse consentie (...). Notre Eglise a besoin d'apôtres, de prêtres et même d'évêques au coeur d'enfant. Car l'enfant nous rappelle la loi fondamentale du Royaume, celle de la faiblesse sur laquelle repose le regard infiniment miséricordieux du Père. A travers cette loi de la faiblesse passera la puissance divine, qui aime s'y déployer pour la transfigurer.

 

« Dans son volume percutant L'Innocent, le théologien M.-J. Le Guillou écrit ceci : "L'enfant évoque pour Jésus tous ces petits qu'il est venu sauver dans sa miséricorde. Jésus refuse de mépriser ces faibles et ces petits, comme le font spontanément ses disciples, qui ne pensent qu'à être des grands dans le Royaume. L'enfant signifie donc, pour Jésus, son propre mystère de pauvreté et de faiblesse, et lui rappelle cette tendresse infinie du Père qui a voulu pour lui cette incarnation de faiblesse, dans laquelle se manifeste la puissance de Dieu. Pour Jésus, l'enfance évoque tout le mystère de l'Eglise qu'il vient fonder. N'est-elle pas cette communauté des faibles, des petits, des pauvres et des humbles qui sera toujours méprisée comme lui?"

 

« (...) L'homme moderne se croit fort de son intelligence, de sa science et de son progrès. Même en tant que chrétiens, dans l'Eglise, nous croyons trop en la puissance des moyens humains et de notre sagesse. Nous ressemblons aux Philistins de la Bible, qui se glorifiaient d'avoir dans leur rang le géant Goliath avec tout son arsenal. Nous ne croyons plus assez aux moyens surnaturels que sont la prière, l'oraison et le sacrifice pour changer les coeurs et les situations désespérées.

 

« Il ne faut pas perdre l'espérance, car l'heure de la détresse est souvent l'heure de Dieu. Toute l'Histoire du Peuple de Dieu nous le crie. Apprenons de l'Ecriture à quelle condition Dieu agit : lorsque l'impuissance de l'homme s'offre à Lui. Il faut s'avouer faible et impuissant et s'offrir ainsi. "Ce qui est faible, voilà ce que Dieu a choisit", dira Saint Paul.  » (P. André Daigneault, Le chemin de l'imperfection - la sainteté des pauvres)

         

 


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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 23:00


 

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 19:37

Audience Générale du Pape Benoît XVI, le 26 mai 2010, sur la charge du prêtre de gouverner les fidèles (Munus Regendi)

 

Chers frères et soeurs,

 

L'Année sacerdotale touche à son terme ; c'est pourquoi j'avais commencé dans les dernières catéchèses à parler des devoirs essentiels du prêtre, à savoir : enseigner, sanctifier et gouverner. J'ai déjà tenu deux catéchèses, une sur le ministère de la sanctification, les sacrements notamment, et une sur celui de l'enseignement. Il me reste donc aujourd'hui à parler de la mission du prêtre de gouverner, de guider, avec l'autorité du Christ et non avec la sienne, la portion du Peuple que Dieu lui a confiée.

 

Comment comprendre dans la culture contemporaine une telle dimension, qui implique le concept d'autorité et qui trouve son origine dans le mandat même du Seigneur de paître son troupeau? Qu'est-ce réellement pour nous chrétiens que l'autorité? Les expériences culturelles, politiques et historiques du passé récent, notamment les dictatures en Europe de l'Est et de l'Ouest au XXe siècle, ont rendu l'homme contemporain suspicieux à l'égard de ce concept. Un soupçon qui, très souvent, se traduit dans l'affirmation de la nécessité d'abandonner toute autorité qui ne vienne pas exclusivement des hommes et ne leur soit pas soumise, ne soit pas contrôlée par eux. Mais précisément si l'on regarde les régimes qui, au siècle dernier, ont semé la terreur et la mort, cela nous rappelle avec force que l'autorité, dans tous les milieux, lorsqu'elle est exercée sans une référence au Transcendant, se détache de l'Autorité suprême, qui est Dieu, et finit inévitablement par se retourner contre l'homme. Il est alors important de reconnaître que l'autorité humaine n'est jamais une fin, mais toujours et uniquement un moyen et que, nécessairement et à toute époque, la fin est toujours la personne, créée par Dieu avec sa dignité propre intangible et appelée à être en relation avec son Créateur, sur le chemin terrestre de l'existence, et dans la vie éternelle ; c'est une autorité exercée dans la responsabilité devant Dieu, devant le Créateur. Une autorité ainsi entendue, qui ait comme but unique de servir le vrai bien des personnes et d'être la transparence sur l'unique Bien Suprême qui est Dieu, non seulement n'est pas étrangère aux hommes mais, au contraire, est une aide précieuse sur le chemin vers la pleine réalisation dans le Christ, vers le Salut.

 

L'Eglise est appelée et s'engage à exercer ce type d'autorité qui est service, et elle l'exerce non à son propre titre, mais au nom de Jésus Christ, qui a reçu du Père tout pouvoir au Ciel et sur la terre (cf. Mt 28, 18). A travers les pasteurs de l'Eglise, en effet, le Christ paît son troupeau : c'est Lui qui le guide, le protège, le corrige, parce qu'il l'aime profondément. Mais le Seigneur Jésus, Pasteur suprême de nos âmes, a voulu que le collège apostolique, aujourd'hui les évêques, en communion avec le Successeur de Pierre, et les prêtres, leurs plus précieux collaborateurs, participent à sa mission de prendre soin du Peuple de Dieu, d'être des éducateurs dans la foi, en orientant, en animant et en soutenant la communauté chrétienne, ou comme le dit le Concile, en veillant « à ce que chaque chrétien parvienne, dans le Saint-Esprit, à l'épanouissement de sa vocation personnelle selon l'Evangile, à une charité sincère et active et à la liberté par laquelle le Christ nous a libérés » (Presbyterorum ordinis, n. 6). Chaque pasteur, par conséquent, est l'intermédiaire à travers lequel le Christ lui-même aime les hommes : c'est à travers notre ministère – chers prêtres –, c'est par notre intermédiaire que le Seigneur atteint les âmes, les instruit, les protège, les guide.Saint Augustin, dans son Commentaire à l'Evangile de saint Jean dit ! « Que paître le troupeau du Seigneur soit donc un engagement d'amour » (123, 5) ; telle est la règle de conduite suprême des ministres de Dieu, un amour inconditionnel, comme celui du Bon Pasteur, empli de joie, ouvert à tous, attentif au prochain et plein d'attention pour ceux qui sont loin (cf. Saint Augustin, Discours 340, 1; Discours 46, 15), délicat envers les plus faibles, les petits, les simples, les pécheurs, pour manifester l'infinie miséricorde de Dieu avec les paroles rassurantes de l'espérance (cf. ibid., Lettre 95, 1).

 

Si cette tâche pastorale est fondée sur le Sacrement, son efficacité n'est toutefois pas indépendante de la vie personnelle du prêtre. Pour être un pasteur selon le cœur de Dieu (cf. Jr 3, 15), il y a besoin d'un profond enracinement dans l'amitié vivante avec le Christ, non seulement de l'intelligence, mais également de la liberté et de la volonté, une claire conscience de l'identité reçue dans l'ordination sacerdotale, une disponibilité inconditionnée à conduire le troupeau confié, là où le Seigneur veut et non dans la direction qui, apparemment, semble le plus convenir ou la plus facile. Cela demande, tout d'abord, la disponibilité continue et progressive à laisser le Christ lui-même gouverner la vie sacerdotale des prêtres. En effet, personne n'est réellement capable de paître le troupeau du Christ, s'il ne vit pas une profonde et réelle obéissance au Christ et à l'Eglise, et la docilité même du Peuple à ses prêtres dépend de la docilité des prêtres envers le Christ ; c'est pourquoi, à la base du ministère pastoral se trouve toujours la rencontre personnelle et constante avec le Seigneur, la profonde connaissance de sa personne, la configuration de la propre volonté à la volonté du Christ.

 

Au cours des dernières décennies, on a souvent utilisé l'adjectif « pastoral » presque en opposition avec le concept de « hiérarchique », de même que, dans la même opposition, a également été interprétée l'idée de « communion ». Il s'agit peut-être là d'un point où peut être utile une brève observation sur le terme de « hiérarchie », qui est la désignation traditionnelle de la structure d'autorité sacramentelle dans l'Eglise, ordonnée selon les trois niveaux du sacrement de l'ordre : épiscopat, prêtrise, diaconat. Dans l'opinion publique prévalent, pour cette réalité « hiérarchique », l'élément de subordination et l'élément juridique ; c'est pourquoi, à de nombreuses personnes, l'idée de hiérarchie apparaît en opposition avec la flexibilité et la vitalité du sens pastoral et également contraire à l'humilité de l'Evangile. Mais il s'agit d'une mauvaise compréhension du sens de la hiérarchie, également causée d'un point de vue historique par des abus d'autorité et par le carriérisme, qui sont précisément des abus et qui ne dérivent pas de la nature même de la réalité « hiérarchique ». L'opinion commune est que la « hiérarchie » est toujours liée à la domination et qu'elle ne correspond pas ainsi au véritable sens de l'Eglise, de l'unité dans l'amour du Christ. Mais, comme je l'ai dit, il s'agit d'une mauvaise interprétation, qui a pour origine des abus au cours de l'Histoire, mais qui ne répond pas à la véritable signification de ce qu'est la hiérarchie. Commençons par le mot. On dit généralement que la signification du mot hiérarchie serait « domination sacrée », mais ce n'est pas sa véritable signification, qui est « origine sacrée », c'est-à-dire que cette autorité ne provient pas de l'homme lui-même, mais elle a son origine dans le sacré, dans le Sacrement ; elle soumet donc la personne à la vocation, au mystère du Christ ; elle fait de l'individu un serviteur du Christ et ce n'est qu'en tant que serviteur du Christ que celui-ci peut gouverner, guider pour le Christ et avec le Christ. C'est pourquoi, pour celui qui entre dans le saint Ordre du Sacrement, la « hiérarchie » n'est pas un autocrate ; il entre dans un lien nouveau d'obéissance avec le Christ : il est lié à Lui en communion avec les autres membres de l'Ordre sacré, du Sacerdoce. Et le Pape lui-même – point de référence de tous les autres pasteurs et de la communion de l'Eglise – ne peut pas faire ce qu'il veut ; au contraire, le Pape est le gardien de l'obéissance au Christ, à sa parole résumée dans la regula fidei, dans le Credo de l'Eglise, et il doit guider dans l'obéissance au Christ et à son Eglise. La hiérarchie implique donc un triple lien : tout d'abord, celui avec le Christ et l'ordre donné par le Seigneur à son Eglise ; ensuite, le lien avec les autres pasteurs dans l'unique communion de l'Eglise ; et enfin, le lien avec les fidèles confiés à l'individu, dans l'ordre de l'Eglise.

 

On comprend donc que communion et hiérarchie ne sont pas contraires l'une à l'autre, mais se conditionnent. Ensemble, elles forment une seule chose (communion hiérarchique). Le Pasteur est donc tel en guidant et en protégeant le troupeau, et en empêchant parfois qu'il se perde. Le devoir de gouverner propre aux prêtres n'est pas compréhensible en dehors d'une vision clairement et explicitement surnaturelle. Au contraire, celui-ci, soutenu par le véritable amour pour le Salut de chaque fidèle, est particulièrement précieux et nécessaire également à notre époque. Si l'objectif est d'apporter l'annonce du Christ et de conduire les hommes à la rencontre salvifique avec Lui afin qu'ils aient la vie, le devoir de guider se présente comme un service vécu dans un don total pour l'édification du troupeau dans la vérité et dans la sainteté, allant souvent à contre-courant et en rappelant que celui qui est le plus grand doit devenir comme le plus petit, et celui qui gouverne, comme celui qui sert (cf. Lumen gentium, n. 27).

 

Où un prêtre peut-il puiser aujourd'hui la force pour cet exercice de son propre ministère, dans la pleine fidélité au Christ et à l'Eglise, avec un dévouement total au troupeau? La réponse est une seule : dans le Christ Seigneur. La façon de gouverner de Jésus n'est pas celle de la domination, mais c'est le service humble et plein d'amour du lavement des pieds, et la royauté du Christ sur l'univers n'est pas un triomphe terrestre, mais trouve son point culminant sur le bois de la Croix, qui devient jugement pour le monde et point de référence pour l'exercice de l'autorité qui soit une véritable expression de la charité pastorale. Les saints, et parmi eux Saint Jean-Marie Vianney, ont exercé avec amour et dévouement leur devoir de prendre soin de la portion du Peuple de Dieu qui leur a été confiée, se révélant également des hommes forts et déterminés, animés de l'unique objectif de promouvoir le véritable bien des âmes, capables de payer de leur personne, jusqu'au martyre, pour demeurer fidèles à la vérité et à la justice de l'Evangile.

 

Chers prêtres, « paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré [...], en devenant les modèles du troupeau » (1 P 5, 2). N'ayez donc pas peur de guider vers le Christ chacun des frères qu'Il vous a confiés, certains que chaque parole et chaque comportement, s'ils découlent de l'obéissance à la volonté de Dieu, porteront du fruit ; sachez vivre en appréciant les qualités et en reconnaissant les limites de la culture dans laquelle nous vivons, dans la ferme certitude que l'annonce de l'Evangile est le plus grand service que l'on puisse rendre à l'homme. En effet, il n'y a pas de bien plus grand dans cette vie terrestre que de conduire les hommes à Dieu, réveiller la foi, sauver l'homme de l'inertie et du désespoir, donner l'espérance que Dieu est proche et guide notre histoire personnelle et celle du monde : tel est, en définitive, le sens profond et ultime du devoir de gouverner que le Seigneur nous a confié. Il s'agit de former le Christ dans les croyants, à travers le processus de sanctification qui est conversion des critères, de l'échelle de valeurs, des comportements, pour permettre au Christ de vivre dans chaque fidèle. Saint Paul résume ainsi son action pastorale : « Mes petits enfants, vous que j'enfante à nouveau dans la douleur jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous » (Ga 4, 19).

 

Chers frères et sœurs, je voudrais vous inviter à prier pour moi, Successeur de Pierre, qui détiens un devoir spécifique dans le gouvernement de l'Eglise du Christ, ainsi que pour tous vos évêques et prêtres. Priez afin que nous sachions prendre soin de toutes les brebis, même celles égarées, du troupeau qui nous a été confié.

 

 

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 23:00

Audience Générale du Pape Benoît XVI, le 5 mai 2010, sur la charge du prêtre de sanctifier les fidèles (Munus Sanctificandi)

 

Chers frères et sœurs,

 

(…) Aujourd'hui, dans cette catéchèse, je voudrais revenir aux devoirs spécifiques des prêtres qui, selon la Tradition, sont essentiellement au nombre de trois : enseigner, sanctifier et gouverner. Dans l'une des catéchèses précédentes, j'ai parlé de la première de ces trois missions : l'enseignement, l'annonce de la vérité, l'annonce du Dieu révélé dans le Christ, ou – en d'autres termes – le devoir prophétique de mettre l'homme en contact avec la vérité, de l'aider à connaître l'essentiel de sa vie, de la réalité elle-même.

 

Aujourd'hui, je voudrais m'arrêter brièvement avec vous sur le deuxième devoir du prêtre, celui de sanctifier les hommes, en particulier à travers les sacrements et le culte de l'Eglise. Ici, nous devons nous demander avant tout : que signifie le mot "saint"? La réponse est : "saint" est la qualité spécifique de l'être de Dieu, c'est-à-dire la vérité, la bonté, l'amour, la beauté absolus – la lumière pure. Sanctifier une personne signifie donc la mettre en contact avec Dieu, avec son être de lumière, de vérité, d'amour pur. Il est évident que ce contact transforme la personne. Dans l'Antiquité, il existait cette ferme conviction : personne ne peut voir Dieu sans mourir aussitôt. La force de vérité et de lumière est trop grande! Si l'homme touche ce courant absolu, il ne survit pas. D'autre part, il existait également la conviction suivante : sans aucun contact avec Dieu, l'homme ne peut vivre. Vérité, bonté, amour sont les conditions fondamentales de son être. La question est : comment l'homme peut-il trouver ce contact avec Dieu, qui est fondamental, sans mourir écrasé par la grandeur de l'être divin? La foi de l'Eglise nous dit que Dieu lui-même crée ce contact, qui nous transforme au fur et à mesure en images véritables de Dieu.

 

Ainsi, nous sommes de nouveau parvenus au devoir du prêtre de "sanctifier". Aucun homme seul, à partir de sa propre force, ne peut mettre l'autre en contact avec Dieu. Une partie essentielle de la grâce du sacerdoce est le don, le devoir de créer ce contact. Cela se réalise dans l'annonce de la parole de Dieu, dans laquelle sa lumière vient à notre rencontre. Cela se réalise de façon particulièrement dense dans les sacrements. L'immersion dans le mystère pascal de mort et de résurrection du Christ a lieu dans le Baptême, et est renforcée dans la Confirmation et dans la réconciliation, est nourrie par l'Eucharistie, sacrement qui édifie l'Eglise comme Peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple de l'Esprit Saint (cf. Jean-Paul II, Exhort. past. Pastores gregis, n. 32). C'est donc le Christ lui-même qui rend saints, c'est-à-dire qui nous attire dans la sphère de Dieu Mais comme acte de son infinie miséricorde, il appelle certaines personnes à "demeurer" avec Lui (cf. Mc 3, 14) et à participer, à travers le sacrement de l'Ordre, en dépit de la pauvreté humaine, à son Sacerdoce même, à devenir ministres de cette sanctification, dispensateurs de ses mystères, "ponts" de la rencontre avec Lui, de sa médiation entre Dieu et les hommes et entre les hommes et Dieu.

 

Au cours des dernières décennies, certaines tendances ont conduit à faire prévaloir, dans l'identité et la mission du prêtre, la dimension de l'annonce, en la détachant de celle de la sanctification ; il a souvent été affirmé qu'il serait nécessaire de dépasser une pastorale purement sacramentelle. Mais est-il possible d'exercer authentiquement le ministère sacerdotal "en dépassant" la pastorale sacramentelle? Que cela signifie-t-il précisément pour les prêtres d'évangéliser, en quoi consiste ce que l'on appelle le primat de l'annonce? Comme le rapportent les Evangiles, Jésus affirme que l'annonce du Royaume de Dieu est le but de sa mission;  cette annonce, toutefois, n'est pas seulement un "discours", mais elle inclut, dans le même temps, sa propre action ; les signes, les miracles que Jésus accomplit indiquent que le Royaume vient comme une réalité présente et qu'elle coïncide en fin de compte avec sa propre personne, avec le don de soi, comme nous l'avons entendu aujourd'hui dans la lecture de l'Evangile. Et il en est de même pour le ministre ordonné : celui-ci, le prêtre, représente le Christ, l'Envoyé du Père, il en continue sa mission, à travers la "parole" et le "sacrement", dans cette totalité de corps et d'âme, de signe et de parole. Saint Augustin, dans une lettre à l'évêque Honorat de Thiabe, en se référant aux prêtres, affirme : "Que les serviteurs du Christ, les ministres de Sa parole et de Son sacrement fassent donc ce qu'il commanda ou permit" (Epist. 228, 2). Il est nécessaire de réfléchir si, dans certains cas, avoir sous-évalué l'exercice fidèle du munus sanctificandi, n'a pas représenté un affaiblissement de la foi elle-même dans l'efficacité salvifique des sacrements et, en définitive, dans l'œuvre actuelle du Christ et de son Esprit, à travers l'Eglise, dans le monde.

 

Qui donc sauve le monde et l'homme? La seule réponse que nous pouvons donner est : Jésus de Nazareth, Seigneur et Christ, crucifié et ressuscité. Et où s'actualise le Mystère de la mort et de la résurrection du Christ, qui porte le Salut? Dans l'action du Christ par l'intermédiaire de l'Eglise, en particulier dans le sacrement de l'Eucharistie, qui rend présente l'offrande sacrificielle rédemptrice du Fils de Dieu, dans le sacrement de la réconciliation, où de la mort du péché on retourne à la vie nouvelle, et dans chaque acte sacramentel de sanctification. Il est important, par conséquent, de promouvoir une catéchèse adaptée pour aider les fidèles à comprendre la valeur des sacrements, mais il est tout aussi nécessaire, à l'exemple du Saint curé d'Ars, d'être disponibles, généreux et attentifs pour donner à nos frères les trésors de grâce que Dieu a placés entre nos mains, et dont nous ne sommes pas les "maîtres", mais des gardiens et des administrateurs. Surtout à notre époque, dans laquelle, d'un côté, il semble que la foi s'affaiblit et que, de l'autre, émergent un profond besoin et une recherche diffuse de spiritualité, il est nécessaire que chaque prêtre se rappelle que, dans sa mission, l'annonce missionnaire et le culte des sacrements ne sont jamais séparés, et promeuve une saine pastorale sacramentelle, pour former le Peuple de Dieu et l'aider à vivre en plénitude la Liturgie, le culte de l'Eglise, les sacrements comme dons gratuits de Dieu, actes libres et efficaces de son action de Salut.

 

Comme je l'ai rappelé lors de la sainte Messe chrismale de cette année : "Le sacrement est le centre du culte de l'Eglise. Sacrement signifie que, en premier lieu, ce ne sont pas nous les hommes qui faisons quelque chose, mais c'est d'abord Dieu, qui, par son agir, vient à notre rencontre ; nous regarde et nous conduit vers Lui. (...) Dieu nous touche par le moyen des réalités matérielles (...) qu'Il met à son service, en en faisant des instruments de la rencontre entre nous et lui-même" (Messe chrismale, 1 avril 2010). La vérité selon laquelle, dans le sacrement, "ce ne sont pas nous les hommes qui faisons quelque chose" concerne également, et doit concerner, la conscience sacerdotale : chaque prêtre sait bien qu'il est l'instrument nécessaire à l'action salvifique de Dieu, mais cependant toujours un instrument. Cette conscience doit rendre humble et généreux dans l'administration des sacrements, dans le respect des normes canoniques, mais également dans la profonde conviction que sa propre mission est de faire en sorte que tous les hommes, unis au Christ, peuvent s'offrir à Dieu comme hostie vivante et sainte, agréable à Lui (cf. Rm 12, 1). Saint Jean-Marie Vianney est encore exemplaire à propos du munus sanctificandi et de la juste interprétation de la pastorale sacramentelle, lui qui, un jour, face à un homme qui prétendait ne pas avoir la foi et qui désirait discuter avec lui, répondit : "Oh! mon ami, ce n'est pas à moi qu'il faut vous adresser, je ne sais pas raisonner... mais si vous avez besoin de réconfort, mettez-vous là... (il indiquait du doigt l'inexorable tabouret [du confessionnal]) et croyez-moi, beaucoup d'autres s'y sont assis avant vous et n'ont pas eu à s'en repentir".

 

Chers prêtres, vivez avec joie et avec amour la liturgie et le culte : c'est une action que le Ressuscité accomplit dans la puissance de l'Esprit Saint en nous, avec nous et pour nous. Je voudrais renouveler l'invitation faite récemment à "revenir au confessionnal, comme lieu dans lequel célébrer le sacrement de la réconciliation, mais aussi comme lieu où "habiter" plus souvent, pour que le fidèle puisse trouver miséricorde, conseil et réconfort, se sentir aimé et compris de Dieu et ressentir la présence de la Miséricorde divine, à côté de la présence réelle de l'Eucharistie" (Discours à la Pénitencerie apostolique, 11 mars 2010). Et je voudrais également inviter chaque prêtre à célébrer et à vivre avec intensité l'Eucharistie, qui est au cœur de la tâche de sanctifier ; c'est Jésus qui veut être avec nous, vivre en nous, se donner lui-même à nous, nous montrer la miséricorde et la tendresse infinies de Dieu ; c'est l'unique Sacrifice d'amour du Christ qui se rend présent, se réalise parmi nous et parvient jusqu'au trône de la grâce, en présence de Dieu, embrasse l'humanité et nous unit à Lui (cf. Discours au clergé de Rome, 18 février 2010). Et le prêtre est appelé à être ministre de ce grand Mystère, dans le sacrement et dans la vie. Si "la grande Tradition ecclésiale a, à juste titre, séparé l'efficacité sacramentelle de la situation existentielle concrète du prêtre, et [qu']ainsi, les attentes légitimes des fidèles ont été sauvegardées de façon adéquate", cela n'ôte rien "à la tension nécessaire et même indispensable, vers la perfection morale, qui doit habiter tout cœur authentiquement sacerdotal" le Peuple de Dieu attend également de ses pasteurs un exemple de foi et de témoignage de sainteté (cf. Benoît XVI, Discours à l'assemblée plénière de la Congrégation pour le clergé, 16 mars 2009). Et c'est dans la célébration des saints mystères que le prêtre trouve la racine de sa sanctification.

 

Chers amis, soyez conscients du grand don que les prêtres représentent pour l'Eglise et pour le monde ; à travers leur ministère, le Seigneur continue à sauver les hommes, à être présent, à sanctifier. Sachez remercier Dieu, et surtout soyez proches de vos prêtres à travers la prière et votre soutien, en particulier dans les difficultés, afin qu'ils soient toujours plus des pasteurs selon le cœur de Dieu. Merci.

 

 

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