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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 12:41

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Published by Matthieu BOUCART - dans Témoignages vidéos
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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 13:21

« Une demi-heure d'oraison est essentielle,

sauf quand on est très occupé,

alors une heure est nécessaire. »

(Saint François de Sales)

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 19:55

Chers amis,

Il est d'usage dans certaines communautés chrétiennes de tirer au sort chaque année le nom d'un Saint, qui sera notre compagnon de route tout au long de l'année.

Les Saints sont des vivants auprès de Dieu. Le Catéchisme de l'Eglise catholique nous enseigne que "les témoins qui nous ont précédés dans le Royaume (cf. He 12, 1), spécialement ceux que l’Église reconnaît comme "saints", participent à la tradition vivante de la prière, par le modèle de leur vie, par la transmission de leurs écrits et par leur prière aujourd’hui.

"Ils contemplent Dieu, ils le louent et ne cessent pas de prendre soin de ceux qu’ils ont laissé sur la terre.

"
En entrant "dans la joie" de leur Maître, ils ont été "établis sur beaucoup" (cf. Mt 25, 21). Leur intercession est leur plus haut service du Dessein de Dieu. Nous pouvons et devons les prier d’intercéder pour nous et pour le monde entier." (CEC § 2683)

"Est-il bon et utile de recourir à l’intercession des Saints ? Il est très utile de prier les Saints et tout chrétien doit le faire. Nous devons prier particulièrement nos Anges Gardiens, la Vierge Marie, la Très Sainte Mère de Dieu, saint Joseph, Patron de l’Eglise, les saints Apôtres, les Saints dont nous portons le nom et les Saints Protecteurs du diocèse et de la paroisse.

"Quelle différence y a-t-il entre les prières que nous adressons à Dieu et celles que nous adressons aux Saints? Entre les prières que nous adressons à Dieu et celles que nous adressons aux Saints, il y a cette différence que nous prions Dieu afin que, comme auteur des grâces, il nous donne les biens et nous délivre des maux, et nous prions les Saints afin qu’ils intercèdent pour nous comme nos avocats auprès de Dieu.

Quand nous disons qu’un Saint a fait une grâce, que voulons-nous dire ?Quand nous disons qu’un Saint a fait une grâce, nous voulons dire que ce Saint l’a obtenue de Dieu."

(
Extraits du Catéchisme de St Pie X)

 

Ce sont les Saints qui nous choisissent plus que nous ne les choisissons. Une pieuse tradition consiste à invoquer le Saint-Esprit par une hymne ou une prière spontanée, et à demander à Dieu de nous bénir par la puissante intercession des Saints. Celui qui le désire peut alors tirer au sort le nom d'un Saint qui sera son compagnon invisible de prière tout au long de l'année. Sous le nom du Saint, on peut lire aussi une parole caractéristique le concernant -souvent tirée de l'Ecriture- ainsi qu'une intention de prière pour l'année. En recevant le nom du Saint, chacun prend à coeur de mieux connaître la vie de son protecteur et compagnon pour l'année afin d'en tirer un profit spirituel et de développer une profonde amitié avec ce céleste ami.

Je viens pour ma part de tirer au sort mon saint patron pour l'année. Il s'agit du Bienheureux Charles de Foucault. La parole à vivre et méditer : "Dieu est Amour". L'intention de prière : prier pour un profond respect entre les chrétiens, les juifs et les musulmans (ça me plaît bien, ça! ).

Vous aussi, chers amis lecteurs, pouvez, si vous le souhaitez, tirer au sort un saint patron pour l'année. Vous pouvez le faire en ligne sur Internet à l'adresse suivante : 
http://www.mariereine.com/un-saint-pour-Lannee.php3

Mais n'oubliez pas de le faire dans un esprit de prière afin que votre compagnon vous soit vraiment un don de Dieu pour cette année 2014.

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Published by Matthieu BOUCART - dans Saints
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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 00:00

Epiphanie

 

Chers amis lecteurs,

 

Pour ce premier article de l’année, je voudrais revenir sur une sentence du Pasteur protestant Eric George, écrite dans le feu d’une joute « fleuve » sur le péché originel et l’existence du démon (cf. Ce que nous enseignent les sciences de la nature : commentaire n° 111).

 

« La foi, dit le Pasteur, est un don pas une conséquence de mon intelligence... Maintenant, si vous avez une preuve de l'existence de Dieu à me fournir, je suis preneur... En fait non ! je préfère la foi au voir... »

 

Il me semble que le Pasteur fait la confusion, par trop habituelle dans les milieux chrétiens – y compris catholiques –, entre la foi en Dieu et la croyance en l’existence de Dieu.

 

La foi est un don que Dieu communique par la Révélation et une lumière surnaturelle qui vient du Saint Esprit. La croyance en l’existence de Dieu est un don que Dieu communique par la Création et la lumière naturelle de la raison.

 

Tout homme peut avoir connaissance de l’existence de Dieu à partir de ses seules facultés naturelles, sans l’aide de la Révélation ni grâce particulière du Saint Esprit, à partir de l’observation de l’œuvre de la Création et d’une réflexion sur l’Univers physique et la Nature qui nous environne.

 

Nul besoin de la foi pour croire en l’existence de Dieu : l’activité de la seule intelligence suffit. Dire cela n’enlève rien à Dieu, puisque tout nous est donné par lui : et l’Univers physique que nous observons, et notre intelligence avec laquelle nous réfléchissons sur l’Univers physique.

 

En un sens, la Création est le premier livre de la Révélation. Par la Création, Dieu nous parle. Il nous révèle son existence, et quelque chose de son essence. Et cette Révélation est accessible à tous les hommes. Même les tribus les plus reculées et les plus primaires ont conscience que la Création est révélatrice d’une réalité transcendante (ou immanente, en tous les cas : surnaturelle, divine). C’est là l’intuition la plus commune et la plus universelle qui soit.

 

En cette fête de l’Epiphanie, qui est la manifestation de Dieu aux nations païennes (figurées par les Mages d’Orient), il nous est bon de considérer cette épiphanie de Dieu dans la Création, qui s’adresse à tout le genre humain : chrétiens, juifs et musulmans, mais aussi païens, agnostiques et incroyants. La Création est un fait qui s’impose à tous, et qui interroge la raison de tous. Une réflexion rationnelle, intelligente, métaphysique (pour employer un terme barbare…) sur ce donné de la Création, sur l’être même de l’Univers et sur ses caractéristiques, peut nous donner la certitude de l’existence de Dieu. Nul besoin, pour croire que Dieu existe, d’être un mystique ou un homme de foi ; il nous suffit de réfléchir sur l’univers. Et cela, tout le monde en est capable. Tout le monde peut croire en l’existence de Dieu à partir de l’œuvre de la Création.

 

Il n’est donc pas illégitime de vouloir rechercher des preuves de l’existence de Dieu. Car il en existe ; Dieu nous en a laissé de nombreuses dans l'oeuvre de la Création, et Il nous a donné une intelligence pour les reconnaître comme telles. Ne pas vouloir les « voir » serait sans doute un péché, au sens où le Pasteur l’entend : le « refus d’être humain » (cf. Ce que nous enseignent les sciences de la nature : commentaire n° 117) c'est-à-dire : créature douée de raison.

 

Une fois admis l’existence de Dieu, je pourrai ensuite réfléchir sur un autre fait réel, inscrit dans notre histoire, qui est le fait religieux, qui désigne tous les efforts entrepris par les hommes depuis leur origine pour entrer en relation avec ce Dieu inconnu dont l’existence nous est révélée par l’Univers physique. Et je pourrai m’intéresser plus particulièrement à ce petit peuple d’hébreux nomades installés en terre de Canaan au 19e ou 18e siècle avant notre ère, qui prétend avoir été choisi (« élu ») par ce Dieu inconnu tant recherché par les hommes, pour recevoir de Lui la Révélation de son mystère. Je pourrai éprouver l’authenticité de cette Révélation en vérifiant, avec le recul de l’Histoire, la pertinence et la véracité de son contenu. Je pourrai aussi m’interroger sur l’étonnante destinée du plus illustre des fils d’Israël : Jésus, le Nazaréen. Et méditer sur son œuvre, en particulier sur cette Eglise qu’il a bâtie autour de ses Douze Apôtres et qui existe encore aujourd’hui, répandue à travers le monde.

 

Sur tout ce donné, physique et historique, je pourrai réfléchir, raisonner, méditer, confronter des idées contradictoires, entendre les arguments des uns et des autres. Et me faire une opinion.

 

Je pourrai croire en l’existence de Dieu, parce que je pourrai reconnaître que cette option est la plus rationnelle de toutes.

 

Je pourrai croire en la Révélation divine, parce je pourrai en vérifier l'authenticité dans l’expérience historique du peuple d’Israël, de Jésus-Christ et de l’Eglise.

 

Je pourrai ainsi écarter de mon champ de pensée toutes les autres propositions de sens que l’humanité s’est forgée au fil des siècles, soit à raison de leur manque de rationalité, soit parce qu’elles contredisent la Révélation divine.

 

Convaincu que Dieu existe, par l’observation de l’Univers ; que Dieu s’est révélé à Israël, par l’étude du fait religieux ; que la Bible est porteuse de cette révélation et que Jésus-Christ est le Fils de Dieu fait homme annoncé par la loi et les prophètes ; que l’Eglise est Son œuvre et le moyen institué par Lui en vue du Salut de tous ; je pourrai alors adhérer par la foi à la Révélation divine, et me laisser transformer par elle. Je pourrai ouvrir toute grande la porte à Dieu, et lui permettre de changer ma vie.

 

Il est intéressant de noter au passage que c’est l’observation des étoiles qui a conduit les Mages d’Orient jusqu’au Christ, en passant par Israël et l’étude de ses Saintes Ecritures. Le cheminement des Mages me semble préfigurer et annoncer le nôtre à tous, « qui étions loin ». Nous aussi devons passer par l’étude de l’Univers et la Révélation biblique pour rencontrer le Logos, la Raison créatrice qui s’est faite homme, en Jésus de Nazareth.

 

La foi n’est donc pas adhésion irrationnelle et aveugle à l’existence de Dieu, mais bien plutôt adhésion de notre rationalité à une Raison plus haute révélée par Dieu, et que Dieu Lui-même est. La foi ainsi entendue présuppose la croyance en l’existence de Dieu, car pour accueillir la Révélation de Dieu, il nous faut d’abord croire que cette Révélation vient de Dieu ; et pour croire que cette Révélation vient de Dieu, il nous faut d’abord croire en l’existence de Dieu.

 

Bien entendu, le Seigneur est libre de bousculer ce bel ordonnancement en se révélant à nous dans une lumière éclatante comme il le fit pour St Paul, ou dans la beauté d’un chant liturgique comme il le fit pour Claudel. Il peut, s’il le veut, nous toucher en plein cœur, et se manifester directement à nous, sans la moindre médiation. Mais notons bien que tel n’est pas son mode d’agir habituel. Et quoiqu’il en soit, il nous faudra bien à un moment ou à un autre réfléchir sur Dieu et sur la Révélation qu’il a faite de Lui. Si ça n’est pas avant l’expérience de la foi, ce sera après (le cheminement de Claudel est exemplaire à cet égard). Mais on ne pourra pas, en tous les cas, faire l’économie de l’intelligence. Parce que notre nature le requiert. Et que Dieu le veut ainsi.

 

Dieu ne veut pas nous révéler des vérités auxquelles nous pouvons avoir accès par notre raison naturelle ; Il nous aime trop pour cela. Dieu veut nous laisser la joie de découvrir par nous-même les vérités contenues dans la Création et dans l’Histoire des hommes. La Révélation divine n’a pour objet que ce sur quoi notre raison ne peut avoir immédiatement accès, et c’est pourquoi elle requiert la foi, qui est l’assentiment de notre raison à la révélation que Dieu nous fait de vérités qui la dépasse, dans lesquelles notre intelligence trouve une Lumière précieuse pour son exercice propre – qui ne se trouve donc pas suspendu par l'accueil de la Révélation mais sur-élevé (dans l'activité théologique).

 

La foi est certes une grâce que Dieu communique à l’homme pour qu’il soit capable de le reconnaître comme son Seigneur et d’obéir à sa parole ; mais elle est aussi un acte de l’homme dont la raison le conduit à décider librement de s’en remettre à Dieu et de fonder son existence sur le roc de sa Parole ; la foi est libre réponse à cette Parole.

 

L’homme a donc une responsabilité au regard de sa propre foi : en ne réfléchissant pas rationnellement sur l’existence de l’univers et sur le fait religieux, l’homme peut entraver le don de la foi que Dieu veut lui faire. Inversement : l’homme peut déblayer en lui ce qui fait obstacle au don de la foi, en réfléchissant sérieusement à l’œuvre de la Création. Inutile par conséquent d’attendre que la foi nous tombe dessus comme le gain du gros lot au Loto. Et absurde d’affirmer que nous n’avons pas à nous convertir au motif que Dieu ne nous a pas donné la foi. Car si Dieu nous a donné la raison, c’est qu’il veut nous donner la foi.

 

S’il est vrai que la foi est un don surnaturel fait à quelques uns, la croyance est un don naturel accessible à tous afin que tous parviennent à la foi. Il convient donc de bien distinguer les deux ordres de connaissance de Dieu. Autant la croyance requiert des « preuves » tangibles pour être satisfaite et sollicite la raison humaine, autant la foi requiert la confiance du croyant et sollicite le consentement de sa volonté ; mais la seconde présuppose la première.

 

Pour prendre une image : je peux croire en l’existence de l’Himalaya sans l’avoir vu, parce que ma raison me commande d’y croire ; mais je peux ne pas vouloir y aller et la connaissance de son existence ne changera rien à ma vie. Eh bien pareillement : la croyance en Dieu est connaissance de l’existence de Dieu, mais cette connaissance est à elle seule impuissante à changer ma vie ; c'est la foi en Dieu qui me fait entrer dans la vraie connaissance de Dieu qui est intimité de vie avec Lui, dans l’obéissance de sa Parole. Ainsi, je crois en Dieu non pas parce que je crois en son existence, mais parce que, croyant qu’il existe, je Lui fais confiance pour gouverner ma vie, et la gouverner bien. Je peux alors la remettre entre ses mains pour qu’Il fasse de moi ce qu’Il lui plaira. Et je suis prêt pour cela à accepter des vérités qui dépassent ma raison – mais dont ma raison fera sa nourriture dans l'étude théologique – et à dépendre entièrement de Lui pour vivre ma vie sur cette terre. Voilà, me semble-t-il, ce qu’est la foi, celle-là même qui nous sauve et qui nous donne la vie éternelle.

 

 

Article initialement publié le 6 janvier 2008

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 23:39

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 00:04

"Allons avec Jésus, marchons avec Lui,

et ainsi l'année nouvelle sera une année heureuse et bonne."


(Benoît XVI)

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 19:00

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 00:00

Annonciation Joseph

En ce 4e dimanche de l’Avent, la liturgie nous donne d’entendre le récit de ce que l’on pourrait appeler l’Annonciation à Joseph : la péricope de l’Evangile selon Saint Matthieu au Chapitre 1er, versets 18 à 24. 

Dans ce passage, l’évangéliste nous raconte les « origines » de Jésus-Christ. 

Marie, la mère de Jésus, qui avait été accordée en mariage à Joseph, « fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint », « avant qu’ils aient habité ensemble » précise Saint Matthieu – pour exprimer combien Joseph est étranger à cette naissance ; pour nous signifier qu’il n’est pas lui-même le géniteur de cet enfant. 

Joseph, « qui était un homme juste » poursuit le texte, prit donc la décision de répudier Marie. 

Quoi de plus « normal » jusque là ? Voici une fiancée promise à son époux – au point que dans le judaïsme de l’époque, on les considérait déjà comme mariés – qui tombe enceinte avant d’avoir commencé une vie commune avec son époux… La conclusion s’impose comme une douloureuse évidence : Marie a trompé son époux ; elle a commis un péché d’adultère – du moins Joseph le croit-il – et il paraît juste à l'humble charpentier de Nazareth de s’en séparer légalement par un acte de répudiation... jusqu'à ce que l'Ange du Seigneur intervienne pour lui faire comprendre sa méprise et lui révéler l'origine divine de l'enfant de Marie. 

Cette lecture un peu rapide de l’Evangile de Saint Matthieu est encore celle pratiquée communément dans l’Eglise, ainsi qu’en témoigne l’enregistrement audio de ce jour du prédicateur de Radio Vatican, ou l’homélie entendue ce matin dans ma paroisse, dans laquelle le prêtre a longuement médité sur… la « peur du ridicule » (et d’être tourné en dérision) qui aurait inspiré à Saint Joseph la décision de se séparer de Marie ! 

Ridicule, Joseph l’est certainement dans l’esprit de beaucoup de gens. Il n’a d’ailleurs pas manqué d’être moqué au long des siècles, dans la littérature ou la chanson ; d’être un sujet de quolibet dans les casernes ou sur les chantiers. Pauvre Joseph, se dit-on parfois, ce benêt si naïf… 

Est-on sûr cependant de connaître vraiment l’histoire de Joseph ? Joseph a-t-il réellement douté de Marie ? 

On peut sans doute le penser et le croire. Mais une chose est sûre : cela ne ressort nullement du texte biblique lui-même. Jamais l'Evangéliste Saint Matthieu n’a voulu laisser entendre que Joseph ait pu douter de la fidélité de Marie, de sa virginité. Et il existe deux indices textuels en ce sens. 

Le premier est tiré du verset 19 : « Joseph, qui était un homme juste, nous dit Saint Matthieu, ne voulait pas la dénoncer publiquement : il résolut de la répudier en secret ». 

La clef de compréhension de ce passage réside dans ces mots : « Joseph, qui était un homme juste… ». 

Qu’est-ce qu’un homme juste en effet, dans la Bible ? 

Un homme juste, c’est un homme qui connaît Dieu, qui l’aime de tout son coeur, et qui s’applique à faire sa volonté ; c’est un homme « ajusté » à Dieu, à sa sainte Volonté, c’est-à-dire : qui règle son agir en référence à la Parole de Dieu, à ses commandements et à ses lois. 

Or, que commande la loi juive lorsqu’une jeune fille vierge fiancée à un homme couche avec un autre homme ? « Vous les conduirez tous deux à la porte de [la] ville et vous les lapiderez jusqu’à ce que mort s’ensuive… » (cf. Deut. 22. 23-24). 

Si Joseph était véritablement un « homme juste » au sens biblique, il aurait dû, en raison de l’adultère de son épouse, ordonner la lapidation de Marie. Ce qu’il n'a pas fait… 

On me répliquera que c'est sans doute parce qu’il aimait profondément Marie, en dépit de son infidélité. Et que c’est par délicatesse que Joseph a décidé de la répudier en secret : pour lui éviter un horrible supplice ; pour préserver sa vie – la vie de la femme qu’il aimait. 

Oui, mais quand on dit cela, on fait violence au texte. Car si tel avait été le propos de Matthieu, il aurait écris : « Joseph, qui aimait tendrement Marie, ne voulait pas la dénoncer publiquement : il résolut de la répudier en secret ». Or, Saint Matthieu ne dit pas cela : il écrit « Joseph, QUI ETAIT UN HOMME JUSTE, ne voulait pas la dénoncer publiquement : il résolut de la répudier en secret ». La répudiation secrète se présente ici comme un acte de justice : ce qui nous révèle bien que Joseph avait l’intime conviction de la fidélité et de la virginité de son épouse – car s’il est juste, selon la loi juive, de lapider une femme adultère, il ne l’est absolument pas de lapider une femme innocente… 

Alors… pourquoi cette décision de rompre le lien avec Marie ? Pourquoi cette répudiation de la Vierge – si elle n’est pas coupable ? 

C’est là qu’il nous faut nous mettre un instant à la place de Joseph… 

Marie apprend à Joseph ce qu’il s’est passé. Elle lui raconte la visite de l’Ange Gabriel, et sa conception virginale annoncée (nous allons voir que ce n’est pas l’Ange qui apprend cela à Joseph). Joseph est un homme juste. Il connaît Dieu. Il sait quel est son mode d’agir. Il connaît sa puissance. Et comme tout bon juif, il attend le Messie – il sait que sa venue est certaine et qu’elle peut survenir d’un moment à l’autre. Ce que lui annonce Marie le bouleverse certainement – et profondément. Mais c’est une nouvelle qu’il accueille dans la foi. Car il sait bien que « rien n'est impossible à Dieu ». Il croit volontiers ce que lui dit son épouse. Il ne peut même pas imaginer qu’il lui mente. Cela peut nous paraître incroyable à nous, contemporains d’un siècle livré aux démons de la luxure. Mais Joseph et Marie ne sont pas des païens débauchés vivant dans une société glorifiant la sexualité débridée et télévisée. Ce sont des Juifs pieux, vivant dans une culture marquée par un amour fervent de Dieu et de sa Loi. Ce sont des Saints – les deux plus grands Saints que l’humanité ait jamais connu. Pour comprendre un tant soit peu la réaction de Joseph, il faut le comparer, non pas aux jeunes occidentaux de notre époque, de la génération « préservatif », mais aux chrétiens qui vivent aujourd’hui leur foi avec ferveur – par exemple dans les communautés charismatiques. Dans ces communautés, il se passe des choses vraiment prodigieuses et extraordinaires : Dieu parle directement au cœur des gens, Il agit, Il convertit, Il fait des miracles… Dans certaines veillées de prière, il y a souvent beaucoup de guérisons. Sans doute ne sont-elles pas toutes authentiques. Mais certaines (et elles sont nombreuses) sont absolument réelles et authentifiables. 

Quoiqu’il en soit (et c’est là que je veux en venir), quand une grâce surnaturelle survient, elle est accueillie par la communauté dans la foi. C’est-à-dire que la personne qui témoigne est écoutée avec bienveillance – elle bénéficie d’un a priori favorable… même s’il faut ensuite vérifier, discerner, et obtenir confirmation. On ne croit pas aveuglément, sur parole. Mais chaque parole, chaque témoignage de l’intervention directe de Dieu, est accueillie favorablement. Parce que l’on sait que Dieu agit, qu’Il est vivant, et qu’il ne manifeste puissamment. On ne doute pas d'abord et systématiquement de ce qui est rapporté – même si c’est extraordinaire – ; on accueille la nouvelle dans la foi et l'action de grâce, et on demande ensuite une confirmation ; on discerne. 

Joseph accueille « charismatiquement » l’annonce que Marie lui fait, avec un cœur ouvert, disposé à croire ce que son épouse lui dit. Il ne doute pas. Il consent à croire que l’enfant qu’elle porte vient du Saint Esprit. 

Dès lors, que se passe-t-il dans sa tête ? 

Eh bien, ce qui se passerait dans la nôtre en pareil cas. Nous nous dirions : « Réfléchissons un peu... Mon épouse a conçu du Saint Esprit. L’enfant qu’elle porte est le Fils de Dieu – il est Dieu, en personne. Si j’épouse Marie, et que je la prends chez moi, que va-t-il se passer ? Eh bien : les gens croiront que c’est moi, Joseph, qui suis le père de cet enfant ! Ils vont penser que cet enfant est mon fils – et non pas le Fils de Dieu ! Aussi, en restant avec Marie, je risque de faire échec à la Volonté de Dieu qui est de manifester à Israël et au monde Sa gloire par la conception virginale et miraculeuse de mon épouse. Je dois donc m’effacer… » 

Et c’est en cela que Joseph se révèle Juste. Il est Juste, parce qu’il veut de toute son âme que la Volonté de Dieu s’accomplisse. Or, la Volonté de Dieu, c’est que Marie donne naissance au Fils de Dieu – et que celui-ci soit reconnu comme tel par tous les hommes. Parce que sa présence auprès de Marie risque de semer le doute sur la paternité authentique de l’enfant, Joseph choisit de se retirer discrètement, humblement, et de répudier Marie en secret. Il ne veut s’approprier, en aucune manière, cette postérité qui vient de Dieu. 

« Comment Joseph est-il déclaré juste, si l’on suppose qu’il cache la faute de son épouse ? Loin de là : c’est un témoignage en faveur de Marie. Joseph, connaissant sa chasteté, et bouleversé par ce qui arrive, cache, par son silence, l’évènement dont il [perçoit le grand] mystère. » (St Jérôme, sur Mt 1. 1, PL 26, 24) 

« Pourquoi Joseph voulut-il renvoyer Marie ? Prends cette interprétation, qui n’est pas la mienne mais celle des Pères : Joseph voulut la renvoyer pour la même raison qui faisait dire à Pierre : ‘Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur’ ; et au Centurion : ‘Je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit’. Pierre trembla devant la puissance divine et le Centurion trembla en présence de la Majesté. Joseph fut saisi de crainte – comme il était humainement normal – devant la profondeur du mystère ; c’est pourquoi il voulait renvoyer Marie secrètement. » (St Bernard, Hom 2 sur le Missus est, PL 183, 68). 

On perçoit quelque chose de la grandeur d’âme de Joseph, à cent lieux des intentions qu’on lui prête habituellement et des sarcasmes dont il est l’objet dans le monde… 

C’est à ce moment que l’Ange lui apparaît en songe. 

Que dit l’Ange à Saint Joseph ? « Joseph, Fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse. L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : le Seigneur sauve) car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ». 

Contrairement à ce que la traduction française semble suggérer, l’Ange n’apprend pas à Joseph que l’enfant conçu dans le sein de Marie vient du Saint Esprit – et j’en viens au second indice textuel contredisant l’hypothèse du doute de Joseph sur la virginité de son épouse. Ce que l’Ange vient apprendre à Joseph, c’est que Dieu a besoin de lui pour accomplir pleinement son dessein. 

Non seulement Dieu ne demande pas à Joseph de s’effacer, mais il lui demande tout au contraire de rester : de prendre Marie pour son épouse (et d’introduire l’enfant dans sa « maison ») ; puis de donner son nom à l’enfant – ce qui revient, selon la coutume sémitique, à assumer la paternité légale de l’enfant ! C’est la raison pour laquelle l’Ange interpelle Joseph par l’expression « Fils de David » : pour lui rappeler que le Messie doit s’inscrire, selon le Plan de Dieu annoncé par les prophètes, dans la descendance de David. Et que c’est par son propre lignage [à lui, Joseph] que Jésus deviendra Fils de David, et accomplira en sa personne les promesses de Dieu. 

« C’est Joseph qui est chargé de donner le nom à l’enfant. Et dans la Bible, donner le nom, c’est vraiment lui donner existence. ‘En nommant l’enfant, rôle réservé au père, il l’adoptera. Dans ce monde ancien, toute paternité est un acte d’adoption et toute adoption confère les pleins droits de fils à celui qui le reçoit’(Claude Tassin). Ainsi, Jésus, par l’obéissance de Joseph, peut devenir l’authentique descendant de David : il est pleinement affilié à la lignée davidique. » (P. Denis Sonet). 

Si Jésus n’est pas Fils de David, il ne pourra être reconnu comme le Messie. Or, c’est par Joseph – et non par Marie – que Jésus va pouvoir être reconnu comme le Messie annoncé. Cela est très bien exprimé dans la généalogie de Jésus qui ouvre l'Evangile de Saint Matthieu (juste avant notre passage), où l’on voit bien que Jésus est Fils de David par Joseph, et non par Marie. Cela est très bien exprimé aussi par les versets 21 et 22 de notre texte, en leur version grecque – qui est la version inspirée (et c’est là le fameux 2e indice textuel dont je vous parlais) : la phrase grecque qui compose ces deux versets est bâtie sur une opposition que ne rend malheureusement pas la traduction française : le premier membre de phrase commence par « gar » qui signifie « en effet, certes » ; tandis que le second membre de phrase commence par « dé » qui signifie « mais toutefois ». Il faut donc lire littéralement le texte de Mt 1. 21-22 comme suit : « Certes, l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint [sous entendu : ce que tu sais déjà, puisque ton épouse te l’a appris] ; mais toutefois, elle mettra au monde un fils auquel TU [toi, Joseph, et nul autre] donneras le nom de Jésus [ce que je viens t’apprendre et t’annoncer]. » 

C’est donc bien sa vocation que Joseph reçoit de la parole de l’Ange – qui vient la lui révéler. Vocation qui dépasse largement, on le voit, celle de simple « père nourricier » de l’Enfant-Jésus et d’époux de Marie. 

« On s’est plu à souligner – et on avait raison – combien le Plan de Salut de Dieu était suspendu au OUI de Marie. Dieu ne fait jamais rien pour l’homme sans l’homme. Le fiat de Marie a toujours inspiré à l’humanité une reconnaissance infinie envers celle qui a accepté d’être la mère du Sauveur. Mais on a tendance à oublier que Joseph lui aussi a été partie prenante de la grande aventure de la Rédemption. Sans être comme le OUI de Marie une condition 'sine qua non', le OUI de Joseph au Plan de Dieu était capital : Joseph était chargé d’insérer Jésus dans l’authentique filiation de David » (op. cit.) 

Rendons donc à Saint Joseph l’honneur qui lui est dû, et adressons-lui avec confiance, en ces quelques jours qui nous séparent de Noël, cette magnifique prière : 

Je vous salue, Joseph, vous que la grâce divine a comblé,

le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux.

Vous êtes béni entre tous les hommes,

et Jésus,

 l'Enfant divin de votre virginale épouse est béni.

 Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu,

 priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail,

 jusqu'à nos derniers jours,

 et daignez nous secourir à l'heure de notre mort. 

Amen.

 

Article initialement publié le 19 décembre 2010 - Lire aussi : Joseph le grand méconnu

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 10:54

Un petit Catéchisme pour entrer dans l'intelligence de ce grand mystère, si essentiel à la compréhension de la rédemption opérée par Jésus-Christ, Fils de Dieu mort et ressuscité pour notre salut : "On ne peut pas toucher à la révélation du péché originel sans porter atteinte au mystère du Christ" (CEC § 389).

 

B Adam et Eve

1. Le monde avant la Chute

2. Le Péché Originel et la Chute

3. La thèse originale de Mgr Léonard

4. Les avantages et limites de la théologie de Mgr Léonard

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Published by Matthieu BOUCART - dans Questions sur la foi
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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 21:43
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Published by Matthieu BOUCART - dans Bibliographie
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