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31 décembre 2018 1 31 /12 /décembre /2018 17:34

L'année 2018 s'achève en cette nuit, tandis qu'une nouvelle année commence.

Les fins d'années sont toujours propices aux bilans, aux rétrospectives et aux divers souvenirs, un peu nostalgiques parfois. A l'image de Marie que nous célébrons dans la liturgie du 1er janvier en tant que Mère de Dieu, nous gardons tous les événements de l'année écoulée et les méditons dans notre coeur.

Mais les regards et les pensées ne sont pas exclusivement nostalgiques et tournés vers le passé en cette nuit de la Saint Sylvestre, ils sont aussi résolument tournés vers l'avenir. Un avenir que l'on envisage de manière optimiste et que l'on célèbre avec force cotillons et champagne.

Les débuts d'années civiles peuvent être pour certains le temps d'une remise en question et de grandes résolutions ; pour beaucoup, l'occasion de repartir d'un nouveau pied, de prendre un bon pli par une décision concrète, de saisir l'occasion du changement d'année pour modifier quelque chose dans leur comportement, qu'il s'agisse d'arrêter de fumer, de faire un régime ou de pratiquer un sport.

Il y a une grande résolution, pour ma part, qui a profondément transformée mon existence. C'était à la fin de l'année 1997. J'avais décidé pour la nouvelle année 1998 de commencer à me mettre sérieusement à la prière. J'avais lu quelque part qu'un "bon" chrétien doit prier chaque jour, le matin et le soir, un temps suffisamment conséquent. Comme j'étais chrétien, au moins par culture et tradition familiale et que je voulais devenir "bon", je me suis dit : "Tiens, pourquoi pas?" Au pire me disais-je : à défaut de me faire du bien, la prière ne pourra pas me faire de mal. Et c'est ainsi que j'ai commencé à prendre du temps pour Dieu. Je priais le matin et le soir, une demi-heure à chaque fois, et tâchais de demeurer fidèle à ce rendez-vous quotidien.

Au départ, je ne savais pas trop comment m'y prendre. J'essayais d'imaginer que le Seigneur me regardait avec amour pendant mon temps d'oraison, et puis je parlais, je parlais beaucoup... Je disais au Seigneur tout ce que j'avais sur le coeur, je lui partageais mes joies, mes peines... Je le remerciais pour le don de la vie, de la foi, de la prière,... pour ma famille... pour cette résolution que je parvenais à tenir... Je lui demandais pardon pour mes nombreux péchés... et je lui demandais son secours et son aide dans ma vie quotidienne (le contexte était alors difficile : j'étais au chômage depuis plusieurs mois).

J'avais parfois l'impression de parler à mon mur et d'être un peu ridicule. Je ne pouvais m'empêcher de me dire en moi-même : "Si Untel me voyait... il me prendrait pour un  fou!"

Un événement majeur s'est produit alors. La Parole de Dieu s'est "invitée" dans ma prière. A travers un calendrier distribué par des protestants évangéliques, je découvrais chaque jour un ou deux versets de la Bible avec une courte méditation qui me permettait de saisir l'étonnante actualité de la Parole de Dieu. Cette lecture quotidienne me fit entrer dans un véritable dialogue avec Dieu. Il me parlait dans sa Parole, et moi je Lui répondais dans ma prière. Je découvrais plus tard les revues Magnificat et Prions en Eglise, et la richesse de la liturgie catholique qui offre chaque jour à la méditation des fidèles un texte de l'Ancien Testament, un psaume et un passage de l'Evangile. J'étais impressionné à l'idée que ces textes soient lus le même jour par des millions de croyants à travers le monde. Oui, vraiment, je réalisais que Dieu parle encore AUJOURD'HUI à son peuple, et j'étais émerveillé à l'idée que les catholiques du monde entier, sur quelque continent qu'ils se trouvent, reçoivent chaque jour la même nourriture de la part du Seigneur de l'Univers. Et dire que certains pensent que Dieu est muet.

Et puis le mystère de la rencontre avec le Seigneur s'est produit. Cela est difficile à expliquer avec des mots mais mon coeur a soudain saisi la présence de Dieu. Il était là, tout simplement. Présent dans sa Parole... présent à mon coeur, à mon âme, à ma vie... J'ai fait une expérience comparable à celle de ces gardes juifs que l'on avait envoyés arrêter Jésus et qui sont revenus bouleversés de leur expédition après avoir entendu son enseignement. A ceux qui leur demandait "Pourquoi ne l'avez-vous pas ramené ?" les gardes répondirent : "Jamais un homme n'a parlé comme cet homme !"  (Jn 7. 46).

A l'instar des gardes de l'Evangile, jamais je n'avais entendu ailleurs une parole d'une telle profondeur, d'une telle vérité sur l'homme - et d'une telle douceur en même temps, d'une telle miséricorde. J'avais lu jusqu'alors de nombreux ouvrages, mais aucun ne me paraissait plus pénétrant, plus juste, plus éclairant sur la nature humaine et le mystère de la vie que la Bible. J'y trouvais aussi la clef de ma vie et de la vie du monde : l'Amour de Dieu révélé en son Fils Jésus-Christ, mort et ressuscité pour le salut de tous les hommes.

Une parole en particulier me labourait le coeur et éclairait mon intelligence d'une vive clarté : "Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour condamner le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé." (Jn 3. 16-17) Et je voyais la concrétisation de cette parole dans la parabole du fils prodigue, dans celle du pharisien et du publicain... dans l'attitude de Jésus envers la femme adultère ou envers la prostituée chez Simon le pharisien... J'entendais le Seigneur dire dans le récit de la vocation de mon saint patron : "Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : c'est la miséricorde que je veux, non les sacrifices. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs" (Mt 9. 12-13).

Je découvrais ainsi le vrai visage de Dieu, "Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d'amour et de vérité" (Ps 85. 15 ; 102. 8), à des années-lumières de cette représentation du dieu justicier et vengeur, du dieu qui gronde et qui punit, chargeant la conscience humaine du poids d'une culpabilité aussi insupportable qu'aliénante, du dieu ennemi des plaisirs (donc de la vie) et de la liberté - représentation que j'avais au fond de moi et qui m'empêchait de L'aimer vraiment ou de juger ma vie "à la hauteur" de Ses exigences. J'étais irrémédiablement perdu pour un tel dieu - et cela me rendait inconsciemment malheureux (je m'en rends compte aujourd'hui) - car j'étais seul, étranger à ce monde trop médiocre pour me combler, étranger au monde de Dieu trop parfait pour m'attirer. J'étais alors dans la situation décrite par saint Paul : "Vous n’aviez pas le Christ, vous n’aviez pas droit de cité avec Israël, vous étiez étrangers aux alliances et à la promesse, vous n’aviez pas d’espérance et, dans le monde, vous étiez sans Dieu." (Ep. 2. 12)

La rencontre avec le Seigneur en ce début d'année 1998 fut donc un basculement de ma vie, un passage des ténèbres à la lumière. Je découvrais que Dieu est merveilleux, adorable - au sens premier du terme - bon, miséricordieux, patient ; qu'il nous regarde avec un regard bienveillant, toujours, quels que soient nos chemins de vie, nos fautes, nos errances ; qu'il est proche de nous, délicat, respectueux, à l'écoute des tous les mouvements intérieurs de notre âme (parce qu'au fond, tous les hommes prient - même s'ils ne s'adonnent pas à l'exercice de la prière) ; qu'il nous propose sans cesse son aide, ses consolations, ses grâces ; qu'il nous éclaire et nous guide. Ainsi, je découvrais que je n'étais pas seul dans l'existence, mais que mystérieusement, réellement, quelqu'un habitait ma vie - quelqu'un de vivant, de bienveillant - comme un père, qui aime ses enfants non parce qu'ils sont sages, mais parce qu'ils sont ses enfants ; ou un ami, toujours présent à nos côtés dans les bons moments comme dans les coups durs de l'existence.

Cette expérience de la rencontre avec Dieu, je l'ai profondément vécu comme une expérience de vérité - non comme un phénomène purement subjectif. J'éprouvais le même sentiment qu'Edith Stein lorsqu'elle trouva dans la bibliothèque de son hôte l'autobiographie de Sainte Thérèse d'Avila. Elle la dévora toute la nuit. "Quand je refermai le livre, je me dis : ceci est la vérité".

Lorsque je repense aujourd'hui à cette rencontre personnelle avec le Dieu Vivant et Vrai qui allait entraîner quelques mois plus tard ma conversion, deux paroles de Jésus dans l'Evangile me reviennent au coeur.
La première, adressée à Pilate : "Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix." (Jn 18. 37).
Et ce passage de l'Evangile du Bon Pasteur : "Quand [le berger] a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus (...). Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent". (Jn 10. 4-5. 14)
Oui, dans la fréquentation quotidienne de la Parole de Dieu et dans la prière que j'avais résolu d'entreprendre matin et soir en cette année 1998, mon âme a mystérieusement entendu  résonner la voix du Bon Pasteur. Elle l'a immédiatement reconnu. Il n'y avait alors pas de doute, c'était Lui...

Voilà ce qu'une simple résolution de début d'année a pu provoquer dans ma vie. Voilà ce que réalise la prière dans l'âme que celui qui la pratique.

La prière peut profondément changer notre vie, car elle est ouverture du coeur à Dieu qui peut alors agir dans l'âme qui s'offre à Lui - comme une lumière entre dans une pièce lorsqu'on ouvre les volets.

Auras-tu toi aussi, ami lecteur, le désir de prendre cette résolution de la prière pour cette nouvelle année 2019? Je t'y invite avec force. Jamais tu n'auras à le regretter. Et si tu as déjà pris une résolution de faire du sport et que tu me dis que tu ne pourras pas tenir les deux, alors saint Paul nous rappelle que "l’exercice physique n’a qu’une utilité partielle, mais la religion concerne tout, car elle est promesse de vie, de vie présente et de vie future." (1 Tm 4. 8) 😊

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