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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 11:15

Message de Mgr Rafin, évèque de Metz. 

Nos gouvernants ont réussi à imposer à notre pays le "mariage pour tous", en dépit de l'opposition grandissante et sans doute majoritaire des français. Une telle précipitation surprend, au moment où la crise économique imposerait tant d'autres priorités plus urgentes !

Quoi qu'il en soit, ne regrettons pas la mobilisation de ces derniers mois qui aura permis à beaucoup d'hommes et de femmes de France de mieux s'informer et d'affiner leurs convictions [d'autant moins que le combat n'est pas fini! Le Conseil constitutionnel doit encore se prononcer et la manifestation du 26 mai pourrait faire reculer François Hollande, avec l'aide de Dieu. Le temps est donc à la supplication et à la prière confiante - NDLR]

Rappelons-nous que ce qui est légal n'est pas forcément moral. Il peut y avoir en effet des lois que notre conscience refuse de tenir pour justes, non seulement parce qu'elles sont contraires à nos convictions religieuses, mais parce qu'elles sont contraires à cette loi naturelle inscrite dans le cœur de tout être humain. C'est le cas de l'interruption volontaire de grossesse, légale en France, mais qui n'en est pas moins une atteinte grave à la vie et que refuse toute conscience morale éclairée ou non par la Parole de Dieu.

L'histoire de l'Eglise nous rappelle que des chrétiens sont morts martyrs pour avoir refusé d'obéir aux lois de l'Etat qui offensaient leurs convictions religieuses (sacrifier aux idoles, ne pas respecter le dimanche...). Elle nous apprend aussi que, par leur témoignage silencieux et la rectitude de leur conduite, les chrétiens ont transformé la société civile. Si, ces derniers mois, l'attachement aux valeurs s'est soudain réveillé, c'est parce que notre culture demeure quoi qu'on en dise imprégnée par le judéo-christianisme.

Ne rougissons donc pas de nos convictions sur la famille et le mariage. Elles sont porteuses d'un vrai projet pour notre temps qui articule de façon cohérente la vocation des personnes, l'engagement au bien commun et l'avenir de la société.

1. Toute personne humaine est sexuée, elle est masculine ou féminine, non en vertu d'une décision personnelle, mais de par la naissance. C'est en acceptant cette caractéristique de son être qu'une personne peut grandir de façon harmonieuse et heureuse.

2. Ce qui fonde la famille, c'est un homme et une femme qui s'aiment et qui s'engagent à s'aimer dans la durée, en prenant la responsabilité d'élever les enfants qui peuvent naître de leur union. Cette responsabilité n'est pas seulement d'ordre privé : elle a une dimension sociale que les lois de l'Etat ont avantage à soutenir comme l'a fait jusqu'ici en France la législation sur le mariage civil.

3. L'enfant n'est pas un droit, c'est le fruit d'un amour entre un homme et une femme. Pour sa croissance humaine et spirituelle, l'enfant a besoin d'un père et d'une mère. Aucune manipulation technique ne pourra cacher cette réalité fondamentale.

4. Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. Certes, ils doivent être soutenus en ce domaine par les institutions de la République, mais celles-ci ne peuvent déposséder les parents de leur droit fondamental d'éducateurs de leurs enfants. 

La résistance à laquelle les circonstances présentes appellent les chrétiens n'est pas la violence des zélotes contemporains de Jésus, mais la force tranquille des béatitudes, fondée sur la réflexion et le discernement, la méditation des Ecritures et la prière. L'homme des béatitudes ne tient pas pour acquis ce que tout le monde pense, dit et fait. Il ne tient pas pour acquis ce que l'opinion présente comme une évidence ou une certitude, il se laisse conduire par l'Esprit Saint vers la vérité tout entière.

Cette résistance devra tôt ou tard s'incarner dans des engagements concrets et elle a une dimension politique, mais il n'appartient pas aux pasteurs de l'Eglise de l'organiser, leur rôle est de soutenir et d'éclairer. Tel est l'objet de ce message.

 

25 avril 2013

+ fr. Pierre RAFFIN, o.p.

évêque de Metz

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 10:27

Chers amis, 

Après les débats passionnés du groupe Facebook dédié à Claude Tresmontant, je vous propose un petit catéchisme sur le péché originel pour nous redonner quelques précieux repères sur ce grand mystère – si important pour notre foi : « On ne peut pas toucher à la révélation du péché originel sans porter atteinte au mystère du Christ. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique – désigné dans la suite du texte CEC –, § 389). 

Je le publie aujourd’hui sous la version 1.0., car le texte est perfectible (il sera retouché progressivement) et j’attends beaucoup de vos réactions et réflexions. Par faciliter la discussion et les approfondissements à venir, j’ai numéroté les Propositions, de manière à ce que vous puissiez les viser facilement et précisément. 

Le présent catéchisme s’articule en 4 parties distinctes :

1. Le monde avant la Chute

2. Le Péché Originel et la Chute

3. La thèse originale de Mgr Léonard

4. Les avantages et limites de la théologie de Mgr Léonard 

En voici aujourd’hui la troisième partie.

  

3. LA THESE ORIGINALE DE MGR LEONARD SUR LE PECHE ORIGINEL 

3.1. Notre Univers, issu du Big Bang, est le monde déchu – d’après la Chute d’Adam et Eve.

3.2. Adam et Eve, ainsi que la réalité du Paradis terrestre et du premier péché, échappent complètement à notre expérience. Il n’existe aucune trace historique de l’existence d’un monde intègre avant l’apparition du premier hominidé.

3.2a. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire naturelle, on observe le jeu implacable de la sélection naturelle, la prédation animale, la cruauté et la mort. Les lois de la nature ici-bas se révèlent cruelles, sanglantes, injustes – elles ont un goût de mort qui ne paraît pas compatible avec la conception biblique du Paradis terrestre. Dès lors : OU BIEN le Paradis terrestre n’a jamais existé (c’est un pur mythe) et le récit du péché originel ne décrit pas une réalité historique (mais alors : on ne peut plus être catholique…). OU BIEN il faut comprendre ce récit AUTREMENT.

3.3. Adam et Eve, ainsi que la réalité du Paradis terrestre et du premier péché, ne se situent pas dans notre temps chronologique. Ils se situent dans UN temps, mais non dans NOTRE temps. 

3.3a. De même qu’Adam est en même temps un être personnel et un être collectif (à l’image du Christ) ; de même, le péché originel est un péché qui, à la fois, a eu lieu dans le passé (un passé se situant au-delà de notre réalité historique, mais qui demeure une réalité) et se produit au présent. 

3.3a.bis. Cela n'a pas plus de sens de dire que le péché originel s'est produit il y a plus de 14 milliards d'années, que de dire que le Christ a plus de 2000 ans aujourd'hui. Notre temps cosmique ne mesure pas plus la distance qui nous sépare d'Adam que celle qui sépare le Christ ressuscité de son incarnation. 

3.3a.ter. "Jésus ressuscité et Marie glorifiée sont actuellement bien REELS selon la foi chrétienne, ils existent REELLEMENT MAINTENANT, et pourtant, il ne viendrait à l'esprit de personne de les situer géographiquement ou historiquement, tels qu'ils sont maintenant, à l'intérieur du monde présent, puisque, avec leur glorification, a précisément commencé un MONDE NOUVEAU, doté d'une nouvelle qualité d'existence. Jésus ressuscité n'est donc pas quelque part dans notre cosmos. D'une manière comparable, quoique non identique, Adam et son péché ne sont pas à situer à l'intérieur de notre univers avec les lois physiques et biologiques que nous lui connaissons présentement." (Mgr Léonard) 

3.3b. Affirmer que le récit de la Genèse se déroule en un autre lieu et un autre temps que notre Univers issu du Big Bang n’enlève rien à la REALITE d’Adam et Eve, du Paradis terrestre, du péché originel ; ni à la dimension BIOLOGIQUE des animaux et des hommes créés par Dieu ; ni à la BONTE foncière de la matière et des corps – qui préexistaient au péché originel et ne sont donc pas des « prisons ». 

3.3c. "La chute originelle n'est pas représentable à partir des schèmes de notre expérience présente. Si donc on est contraint, par les nécessités du langage, à se représenter quand même le péché d'Adam selon les catégories de notre univers et de notre histoire, on aboutira inévitablement à un scénario mythique comparable à celui qu'utilise la Bible : séduite par les ruses du serpent, Eve mange du fruit défendu et pousse Adam à faire de même, à la suite de quoi ils constatent la profondeur de leur déchéance. Ce récit est évidemment symbolique, non pas parce qu'il raconterait une illusion, mais parce que la réalité qu'il évoque et qui n'appartient pas au monde historique présent - puisqu'elle est justement à son origine - est exprimée dans les termes et selon les schèmes de notre expérience actuelle et donc de manière forcément inadéquate." (Mgr Léonard) 

3.3d. Si l’on explique à un athée que le mal vient du péché de l’homme, l’athée va évidemment répliquer que le mal physique existait dans la nature bien AVANT l’apparition du premier homme. Il ne nous jugera pas crédibles. On n’a alors que trois manières de s’en sortir : OU BIEN on nie la réalité du péché originel comme évènement situé dans le temps et ayant provoqué une Chute cosmique (mais on se met en dehors de la foi catholique). OU BIEN on nie que la prédation animale soit un mal (mais on se met en dehors de la foi biblique). OU BIEN on nie la Vérité historique (en maintenant contre toute évidence que le monde d’avant 50.000 ans était le Paradis terrestre). 

3.3d.bis. En affirmant à un athée que le Péché d’Adam est bel et bien REEL et HISTORIQUE, mais situé EN AMONT de notre histoire cosmique à nous, on restes fidèle : à la foi catholique (qui affirme l’historicité d’Adam et de sa faute), à la foi biblique (qui voit la prédation animale comme un mal), et aux enseignements de l’Histoire (qui situe la présence du mal physique bien AVANT l’apparition du premier hominidé). 

3.3d.ter. On ne convaincra peut-être pas notre interlocuteur athée, mais au moins lui aura-t-on fourni des RAISONS de croire – ou de penser que la foi catholique n’est pas contraire à la raison. 

3.3d.quater. Si l’on tient à affirmer que le premier Adam est né sur cette terre, on doit alors confesser : OU BIEN que la nature avant le premier homme, il y a 50.000 ans, était foncièrement BONNE – contre les FAITS historiques ; OU BIEN que la prédation animale n'était pas un mal ou qu'elle était un mal voulu par Dieu – contre la FOI biblique et catholique. La théologie de Mgr Léonard nous sort de ce dilemme impossible.

3.4. La thèse de Mgr Léonard a pour mérite de préserver l'ABSOLUE INNOCENCE DE DIEU EN FACE DU MAL.

3.4a. Dieu ne peut vouloir la mort des êtres qu'il créé, ni leur souffrance – il en est incapable. Il suffit de VOIR la souffrance dans les yeux d'une gazelle dévorée par un lion pour COMPRENDRE que Dieu N'A PAS PU vouloir cela, et qu'il y a quelque chose de "détraqué" dans le monde. 

3.4a.bis. ‎"Dieu n'a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Il a créé toutes choses pour qu'elles subsistent ; ce qui naît dans le monde est bienfaisant, et l'on n'y trouve pas le poison qui fait mourir." (Sagesse 1. 13-14) 

3.4b. C’est par le péché de l'homme que le mal (y compris dans la nature - cf. 2.4) a fait son entrée dans le monde. Ce n’est pas le fait de Dieu. 

3.4c. Que Dieu se serve du mal pour en tirer un plus grand bien : OUI, mais APRES la Chute. Dieu se sert du mal qui lui est IMPOSE par le péché de l'homme pour sauver l'homme. Mais Dieu n'a pas INVENTE le Mal, il ne l'a pas fait, il en est incapable ; la Création qui est sortie de ses mains était foncièrement bonne. "Dieu vit tout ce qu'il avait fait, cela était très BON". 

3.4d. Réponse à l’argument selon lequel le mal réside dans le caractère INACHEVE de la Création – et correspond à un MANQUE ontologique, qui ne sera comblé que dans la vie béatifique : « si tout mal traduit un manque, tout manque ne traduit pas un mal. Le manque lié à l'inachèvement de notre être du fait que celui-ci soit en régime de création n'est pas un "mal". Par contre, la prédation animale (des animaux plus forts qui TUENT des animaux plus faibles ou malades) est un mal. Elle ne peut donc avoir été voulue par Dieu, ni avoir eu cours au Jardin d'Eden avant la Chute - c'est là une chose IMPENSABLE du point de vue biblique et catholique. » 

3.4e. Y aura-t-il encore des mauvais microbes dans le monde à venir, ou des plantes carnivores, et pourquoi? 

3.4e.bis. L'existence des plantes carnivores (ou des fauves carnassiers) n'a rien à voir avec la loi de l'entropie. Il faut rendre compte de leur existence – et de leur maintien ou non dans le monde à venir.

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 16:55

Retour en image sur la manif' du 24 mars 2013 contre le projet de loi Taubira sur le mariage homosexuel.

24 Mars - 1

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24 Mars - 4

24 Mars - 5

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24 Mars - 7

24 Mars - 8

24 Mars - 9

24 Mars - 10


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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 00:00

 

 CHRIST EST RESSUSCITE!

 

 

« Ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus ;

sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir »

(Rm 6. 9)

     

« La volonté de celui qui m'a envoyé,

c'est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés,

mais que je les ressuscite tous au dernier jour.

Car la volonté de mon Père,

c'est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui

obtienne la vie éternelle ;

et moi, je le ressusciterai au dernier jour »

(Jn 6. 39-40)

 


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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 00:00

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 22:45

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 12:23

Mars 2013 12Homélie du Pape François prononcée lors de la Messe pour le commencement du Ministère pétrinien de l'Evêque de Rome, le 19 mars 2013 en la solennité de saint Joseph. 

Chers frères et sœurs ! 

Je remercie le Seigneur de pouvoir célébrer cette Messe de l’inauguration de mon ministère pétrinien en la solennité de saint Joseph, époux de la Vierge Marie et Patron de l’Église universelle : c’est une coïncidence très riche de signification, et c’est aussi la fête de mon vénéré Prédécesseur : nous lui sommes proches par la prière, pleins d’affection et de reconnaissance [...]. 

Nous avons entendu dans l’Évangile que « Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse » (Mt 1, 24). Dans ces paroles est déjà contenue la mission que Dieu confie à Joseph, celle d’être custos, gardien. Gardien de qui ? De Marie et de Jésus ; mais c’est une garde qui s’étend ensuite à l’Église, comme l’a souligné le bienheureux Jean-Paul II : « Saint Joseph a pris un soin affectueux de Marie et s’est consacré avec joie à l’éducation de Jésus Christ, de même il est le gardien et le protecteur de son Corps mystique, l’Église, dont la Vierge sainte est la figure et le modèle » (Exhort. apost. Redemptoris Custos, n. 1). 

Comment Joseph exerce-t-il cette garde ? Avec discrétion, avec humilité, dans le silence, mais par une présence constante et une fidélité totale, même quand il ne comprend pas. Depuis son mariage avec Marie jusqu’à l’épisode de Jésus, enfant de douze ans, dans le Temple de Jérusalem, il accompagne chaque moment avec prévenance et avec amour. Il est auprès de Marie son épouse dans les moments sereins et dans les moments difficiles de la vie, dans le voyage à Bethléem pour le recensement et dans les heures d’anxiété et de joie de l’enfantement ; au moment dramatique de la fuite en Égypte et dans la recherche inquiète du fils au Temple ; et ensuite dans le quotidien de la maison de Nazareth, dans l’atelier où il a enseigné le métier à Jésus. 

Comment Joseph vit-il sa vocation de gardien de Marie, de Jésus, de l’Église ? Dans la constante attention à Dieu, ouvert à ses signes, disponible à son projet, non pas tant au sien propre ; et c’est cela que Dieu demande à David, comme nous l’avons entendu dans la première Lecture : Dieu ne désire pas une maison construite par l’homme, mais il désire la fidélité à sa Parole, à son dessein ; c’est Dieu lui-même qui construit la maison, mais de pierres vivantes marquées de son Esprit. Et Joseph est « gardien », parce qu’il sait écouter Dieu, il se laisse guider par sa volonté, et justement pour cela il est encore plus sensible aux personnes qui lui sont confiées, il sait lire avec réalisme les événements, il est attentif à ce qui l’entoure, et il sait prendre les décisions les plus sages. En lui, chers amis, nous voyons comment on répond à la vocation de Dieu, avec disponibilité, avec promptitude, mais nous voyons aussi quel est le centre de la vocation chrétienne : le Christ ! Nous gardons le Christ dans notre vie, pour garder les autres, pour garder la Création ! 

La vocation de garder, cependant, ne nous concerne pas seulement nous les chrétiens, elle a une dimension qui précède et qui est simplement humaine, elle concerne tout le monde. C’est le fait de garder la Création tout entière, la beauté de la Création, comme il nous est dit dans le Livre de la Genèse et comme nous l’a montré saint François d’Assise : c’est le fait d’avoir du respect pour toute créature de Dieu et pour l’environnement dans lequel nous vivons. C’est le fait de garder les gens, d’avoir soin de tous, de chaque personne, avec amour, spécialement des enfants, des personnes âgées, de celles qui sont plus fragiles et qui souvent sont dans la périphérie de notre cœur. C’est d’avoir soin l’un de l’autre dans la famille : les époux se gardent réciproquement, puis comme parents ils prennent soin des enfants et avec le temps aussi les enfants deviennent gardiens des parents. C’est le fait de vivre avec sincérité les amitiés, qui sont une garde réciproque dans la confiance, dans le respect et dans le bien. Au fond, tout est confié à la garde de l’homme, et c’est une responsabilité qui nous concerne tous. Soyez des gardiens des dons de Dieu ! 

Et quand l’homme manque à cette responsabilité, quand nous ne prenons pas soin de la Création et des frères, alors la destruction trouve une place et le cœur s’endurcit. À chaque époque de l’histoire, malheureusement, il y a des « Hérode » qui trament des desseins de mort, détruisent et défigurent le visage de l’homme et de la femme. 

Je voudrais demander, s’il vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté : nous sommes « gardiens » de la Création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement ; ne permettons pas que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde ! Mais pour « garder » nous devons aussi avoir soin de nous-mêmes ! Rappelons-nous que la haine, l’envie, l’orgueil souillent la vie ! Garder veut dire alors veiller sur nos sentiments, sur notre cœur, parce que c’est de là que sortent les intentions bonnes et mauvaises : celles qui construisent et celles qui détruisent ! Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, et même pas non plus de la tendresse ! 

Et ici j’ajoute alors une remarque supplémentaire : le fait de prendre soin, de garder, demande bonté, demande d’être vécu avec tendresse. Dans les Évangiles, saint Joseph apparaît comme un homme fort, courageux, travailleur, mais dans son âme émerge une grande tendresse, qui n’est pas la vertu du faible, mais au contraire, dénote une force d’âme et une capacité d’attention, de compassion, de vraie ouverture à l’autre, d’amour. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, de la tendresse ! 

Aujourd’hui, en même temps que la fête de saint Joseph, nous célébrons l’inauguration du ministère du nouvel Évêque de Rome, Successeur de Pierre, qui comporte aussi un pouvoir. Certes, Jésus Christ a donné un pouvoir à Pierre, mais de quel pouvoir s’agit-il ? À la triple question de Jésus à Pierre sur l’amour, suit une triple invitation : sois le pasteur de mes agneaux, sois le pasteur de mes brebis. N’oublions jamais que le vrai pouvoir est le service et que le Pape aussi pour exercer le pouvoir doit entrer toujours plus dans ce service qui a son sommet lumineux sur la Croix ; il doit regarder vers le service humble, concret, riche de foi, de saint Joseph et comme lui, ouvrir les bras pour garder tout le Peuple de Dieu et accueillir avec affection et tendresse l’humanité tout entière, spécialement les plus pauvres, les plus faibles, les plus petits, ceux que Matthieu décrit dans le jugement final sur la charité : celui qui a faim, soif, est étranger, nu, malade, en prison (cf. Mt 25, 31-46). Seul celui qui sert avec amour sait garder ! 

Dans la deuxième Lecture, saint Paul parle d’Abraham, qui « espérant contre toute espérance, a cru » (Rm 4, 18). Espérant contre toute espérance ! Aujourd’hui encore devant tantde traits de ciel gris, nous avons besoin de voir la lumière de l’espérance et de donner nous-mêmes espérance. Garder la Création, tout homme et toute femme, avec un regard de tendresse et d’amour, c’est ouvrir l’horizon de l’espérance, c’est ouvrir une trouée de lumière au milieu de tant de nuages, c’est porter la chaleur de l’espérance ! Et pour le croyant, pour nous chrétiens, comme Abraham, comme saint Joseph, l’espérance que nous portons a l’horizon de Dieu qui nous a été ouvert dans le Christ, est fondée sur le rocher qui est Dieu. 

Garder Jésus et Marie, garder la Création tout entière, garder chaque personne, spécialement la plus pauvre, nous garder nous-mêmes : voici un service que l’Évêque de Rome est appelé à accomplir, mais auquel nous sommes tous appelés pour faire resplendir l’étoile de l’espérance : gardons avec amour ce que Dieu nous a donné ! 

Je demande l’intercession de la Vierge Marie, de saint Joseph, des saints Pierre et Paul, de saint François, afin que l’Esprit Saint accompagne mon ministère et je vous dis à tous : priez pour moi ! Amen. 

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 17:31

Chers amis,

Le Pape François vient d'être élu, et déjà, il fait la joie du peuple chrétien. Il touche beaucoup par sa simplicité, son humilité, sa profondeur spirituelle, et les premières paroles chocs de son ministère. C'est assurément un grand pontificat qui s'ouvre - et nous suivrons, pas à pas, le Magistère de ce nouveau pontife ainsi que nous l'avions fait pour Benoît XVI.

Nous emploierons cependant une méthode nouvelle pour répondre à deux demandes de lecteurs.

1°) Il m'a été demandé de publier des textes récents - pour accroître la communion de coeur et d'âme avec le Saint Père. Il est vrai que sous Benoît XVI, nous publiions ses différents discours avec un décalage de plusieurs mois. Je remédie à cela en créant un blog spécifique qui suivra au jour le jour les paroles du Pape François. Je le créé sur "blogspot" qui a l'avantage de proposer des libellés (ou tags) nombreux pour un même texte, facilitant le classement et la recherche : Blog Pape François.

Il y aura donc moins d'articles du Pape sur ce blog - je ne retiendrai que les plus importants du point de vue des thèmes que nous abordons ici. Mais les articles publiés seront plus d'actualité.

2°) Il m'a été demandé davantage de commentaires et analyses des paroles du Saint Père. C'est une entreprise délicate, mais je vais essayer de m'y livrer par de petites synthèses ponctuelles qui nous aideront à décrypter les lignes forces de ce nouveau pontificat - qui sera solennellement inauguré mardi prochain, en la fête de Saint Joseph.

Dans l'attente, rendons grâce à Dieu d'avoir donné un tel Pasteur à son Eglise ; de nous avoir donné un Pasteur selon son Coeur. Prions quotidiennement pour lui, sa sainteté personnelle, sa spéciale protection, et à toutes ses intentions pour l'Eglise et pour le monde.

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 12:50

TOUS EN PRIERE

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 11:00

Magnifique homélie sur l'Evangile de la femme adultère :

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