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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 17:11

"Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre,
et nous trouvons avec effort ce qui est à portée de la main ;
qui donc a découvert ce qui est dans les cieux ?"

(Sg 9. 16)

 

Le célèbre astrophysicien britannique, Stephen Hawking vient de commettre un nouvel ouvrage dont certains extraits ont été publiés jeudi dernier dans le Times. 

L'univers a-t-il eu besoin d'un Créateur ? « Non », répond Stephen Hawking. « La main de Dieu n'était pas nécessaire pour créer l'univers, qui s'est en fait formé de lui-même, en toute logique des lois de la physique », explique-t-il. 

« En raison de la loi de la gravité, l'univers peut se créer de lui-même, à partir de rien. La création spontanée est la raison pour laquelle quelque chose existe, pour laquelle l'univers existe, pour laquelle nous existons ». 

Conclusion : « Il n'est pas nécessaire d'invoquer Dieu pour activer l'univers ». 

Ces quelques passages, qui ont reçu un large écho médiatique, appellent de ma part quelques réflexions. 

1. Le livre de Stephen Hawking, quoiqu’on en dise, et quelqu’éminent soit le célèbre astrophysicien dans son domaine de compétence propre, n’est pas un livre scientifique, mais un ouvrage de métaphysique. Pourquoi ? Parce que le sujet dont il traite (Dieu) n’est pas de ce monde. Il échappe donc aux prises de l’analyse rigoureusement scientifique. 

Il n’entre pas dans le domaine des sciences de statuer sur l’existence ou non de Dieu – pas plus que sur celle du bonheur ou de l’amour. Un étudiant en astrophysique qui affirmerait qu’en l’état actuel des connaissances scientifiques, Dieu n’est pas nécessaire au monde, se verrait remettre sa copie barrée en rouge de la mention : « Hors sujet ». Aucune science expérimentale ne peut nous dire si l’univers est créé par Dieu ou incréé, ontologiquement insuffisant ou suffisant, si l’évolution cosmique et biologique se fait en vertu de ses ressources propres ou si elle est suscitée et dirigée par un autre qu’elle-même. 

Stephen Hawking ne peut donc pas nous présenter sa théorie comme une théorie scientifique : on est ici dans la métaphysique, en plein. 

2. Il n’est pas étonnant qu’un scientifique s’adonne à l’activité métaphysique – c’est même une excellente chose. Ils sont de plus en plus nombreux dans ce cas. Cela tient sans doute à ce qu’ils sont les mieux placés pour réfléchir sur l’univers, eux qui en connaissent les mécanismes les plus subtils, les rouages les plus secrets. Qu’un scientifique laisse tomber un instant sa plume pour s’abîmer dans la contemplation de l’objet étudié, dans une profonde méditation de ses causes premières, voilà qui est signe de bonne santé intellectuelle et spirituelle ! Cela compense en tous les cas le fait regrettable que les philosophes modernes aient déserté le terrain de la métaphysique et ne s’intéressent guère plus à la science, n’en faisant plus la matière première de leur réflexion. « Cachez cet univers que je ne saurai voir » 

Que Stephen Hawking emploie ses connaissances scientifiques pour promouvoir des thèses métaphysiques, voilà qui me paraît intéressant et digne d’éloge. Que la métaphysique soit en quelque sorte réhabilitée par des scientifiques, voilà qui me paraît un heureux retournement de l’Histoire – qui a parfois ses ironies… 

3. La thèse de l’auteur consiste à dire que « Dieu n’est pas une explication nécessaire au monde ». Le monde, selon lui, peut exister sans Dieu. La thèse de Hawking n’est donc pas à proprement parlé une thèse athée, puisqu’il n’affirme pas que Dieu n’existe pas. Il dit simplement que Dieu n’est pas nécessaire ; que le monde peut s’expliquer sans Dieu. Dieu pourrait donc ne pas exister. Mais… il pourrait tout aussi bien exister. Ainsi, ma voiture n’est pas nécessaire à l’accomplissement de mon trajet quotidien vers mon lieu de travail. Il n’empêche : elle existe… Il est donc abusif de conclure de l’ouvrage de Hawking – comme ont cru intelligent de titrer certains journalistes français – que « L’univers n’est pas une création divine » ou que « Dieu n’a finalement pas créé l’univers ». Car telle n’est pas la pensée de l’auteur (si l’on s’en tient en tous les cas aux extraits rapportés par les journalistes français). 

4. Que Dieu ne soit pas nécessaire au monde, voilà qui nécessiterait une clarification sur ce que l’auteur entend par… Dieu. 

Puisque l’on sort du champ de la science ; qu’il n’est pas de définition scientifique de Dieu ; il faut savoir de quoi l’on parle. J’imagine que notre auteur commence par cela. J’imagine aussi qu’il entend par « Dieu » le Dieu Créateur du monothéisme. Il serait intéressant, dans ce cas, de savoir pourquoi il s’efforce de réfuter ce Dieu là plutôt qu’un autre… et d’examiner si le monde peut se passer de tout dieu – nous allons y revenir… (cf. Point 7 ci-dessous). 

5. Maintenant, la thèse métaphysique développée (telle que rapportée par les grands médias, et dont je ne connais pas le détail) est absurde et contradictoire. 

Elle est absurde tout d’abord, parce qu’elle remet en cause l’un des rares points de consensus qui traverse l’histoire de toutes les grandes traditions métaphysiques, à savoir : que du néant absolu, c’est-à-dire de rien du tout, ne peut naître quoique ce soit.Que de rien ait pu jaillir spontanément quelque chose est impensable pour la raison humaine. On peut le dire si l’on veut (et Hawking l’écrit : « l'univers peut se créer de lui-même, à partir de rien » dans une « création spontanée ») ; mais on ne peut pas le penser. Non parce que nous manquons d’imagination, mais parce que le fait est impossible. De la négation de tout être ne peut surgir spontanément de l’être : le néant par définition est stérile : il ne peut rien, il ne crée rien (il en est incapable) : en toute rigueur, il n’existe pas. 

La thèse métaphysique que Hawking oppose au Dieu créateur est donc absurde : c’est celle du Néant créateur. A l’origine de notre Univers, selon Hawking, il n’y a pas un Être créateur, mais un Néant créateur. Hawking a le droit d’y croire s’il veut – on notera alors que ce n’est pas une vérité scientifique : simplement une croyance fondée, non sur la raison, mais sur l’option arbitraire de l’auteur en faveur de cette théorie – ; mais il n’a pas le droit de prétendre qu’il s’agit là de l’option la plus rationnelle (voire d’une option rationnelle tout court). Car toute la pensée humaine depuis les origines se révolte (dans un bel unanimisme) contre l’absurdité de l’idée d’un néant créateur. 

Plutôt que d’affirmer qu’à l’origine du monde il n’y a rien, il est plus rationnel de penser qu’à l’origine du monde il y a quelque chose. Car si rien ne peut donner que rien, quelque chose peut donner quelque chose. C’est le B.A-BA de la pensée humaine. 

Il est intéressant de relever au passage que Hawking croit en la Création. Il ne nie pas la notion de Création ; il nie celle de Créateur. La thèse que propose Hawking est donc celle d’une Création sans Créateur. Une Création où l’objet créé est lui-même l’explication de son être. Car si la Création n’est pas le fait d’un Créateur, c'est qu'elle est le fait de l’objet créé lui-même : l’Univers s’est auto-créé, nous dit Hawking, « de lui-même, à partir de rien ». A la foi religieuse en un Dieu créateur, Hawking propose comme alternative le conte de fée de l’auto-création de l’Univers. Création spontanée que la science n’a jamais pu observer pour n’importe quel autre être composant cet univers, mais qui est une spécificité, semble-t-il, de l’univers en son entier. 

Si l’on admet qu’il est rationnel de penser que du néant peut jaillir quelque chose, a fortiori notre univers avec la vie et l’intelligence qui l’habitent ; que l’univers peut s’auto-créer à partir de rien, et décider d’exister à un moment où il n’existait pas (sic) ; alors, oui, si l’on avale paisiblement toutes ces couleuvres et que l’on estime rester ainsi dans le champs de la rationalité, dans ce cas (et dans ce cas seulement), on peut dire doctement devant les caméras du monde entier et sous les flashs des journalistes que l’univers n’a pas besoin de Dieu. 

6. Mais la thèse de Hawking n’est pas seulement absurde : elle est contradictoire. Parce qu’il affirme une chose et son contraire… dans la même phrase ! 

Comment l’univers a-t-il pu surgir du néant et s’auto-créer comme il l’a fait ? C’est bien simple, explique Hawking : il s’est « formé de lui-même, en toute logique des lois de la physique, (…) en raison de la loi de la gravité ». 

L’univers s’est créé « de lui-même, à partir de rien »… grâce aux lois de la physique, à la loi de la gravité. 

Ce qui n’est pas « rien ». 

A l’origine de notre univers, il n’y a donc pas « rien » au sens de « néant absolu » : il y a les lois de la physique ; il y a la loi de la gravité. Ce sont ces lois qui expliquent tout : le Big Bang, l’évolution du cosmos vers des formes d’êtres de plus en plus complexes, le surgissement de la vie, l’apparition de l’homme et de son cerveau, sa pensée, sa capacité de croire et d’aimer. 

7. Pour Hawking, seule existe la matière et ses lois. La matière est le seul être ; il n’en est pas d’autre. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir recours à un Créateur transcendant pour en expliquer l’existence. 

C’est la matière qui est l’Être absolu, puisqu’elle ne dépend de rien ni de personne pour exister, et qu’elle n’a besoin de rien ni de personne pour être ce qu’elle est comme elle est. Ce sont ses lois internes qui la poussent à être et à devenir. 

C’est la matière qui s’auto-créée et s’attribue à elle-même ce qu’elle n’avait pas au départ : la vie, l’intelligence et la pensée… C'est elle qui s’est attribuée tout cela « en toute logique des lois de la physique ». 

La matière est donc créatrice en ce qu’elle est capable de faire sans cesse surgir du néant (ou disons : du « moins ») toutes choses nouvelles (ou disons du « plus » : des formes d’êtres de plus en plus complexes ; la vie, l’intelligence, la pensée). A moins de considérer qu’elle n’avait toutes ces choses au départ, de manière occulte, nul ne pouvant se donner à soi-même plus que ce qu’il a déjà. 

L’Evangile de Hawking commence ainsi : « au commencement était la matière ; les lois de la physique ; la loi de la gravité. » L’univers n’a pas besoin de Dieu. Les lois de la physique, la loi de la gravité suffisent à en expliquer l’existence, l'histoire et l'évolution. L’univers s’est créé tout seul, comme un grand : « La création spontanée est la raison pour laquelle quelque chose existe, pour laquelle l'univers existe, pour laquelle nous existons ». 

C’est attribuer à la matière un pouvoir immense (créateur), une capacité d’organisation inouïe (mathématique), une intelligence supérieure (capable de produire le cerveau humain, à côté duquel nos plus puissants ordinateurs ne sont que babioles…). 

Nous voilà donc revenu avec Hawking des milliers d’années en arrière, à l’aube de l’Histoire de la pensée, à la doctrine des anciens Grecs : l’univers existe seul, incréé ; il produit seul la vie et la pensée ; il est le Créateur de tout ce qui naît en lui au cours du temps. Il est doté de tous les caractères que les théologiens attribuent à Dieu : la suffisance ontologique, l’éternité, la vie, la pensée, le génie créateur. L’univers est donc divin. C’est lui qui est Dieu. 

Ce n’est certes pas ce qu’affirme explicitement Hawking, puisqu’il nous dit que l’Univers n’a pas besoin de Dieu. Mais c’est ce à quoi on est inéluctablement conduit quand on tire toutes les conséquences de l’affirmation selon laquelle il n’y a que la matière, que l’univers – c’est pourquoi je me demandais plus haut si Hawking traitait de la question de savoir si l’univers peut se passer de tout dieu (cf. Point 4 ci-dessus). 

Considère-t-on que l’univers avait en lui dès l’origine et de manière occulte tout ce qui est apparu au fil de l’évolution cosmique ? On navigue alors en plein animisme cosmique : l’univers est un Dieu qui se réalise en advenant peu à peu ce qu’il est dès l’origine. 

Considère-t-on au contraire que l’univers a progressivement créé de rien tout ce qui est apparu historiquement en son sein (la matière organisée, la matière vivante, la matière pensante…) : on dérive alors vers une mythologie encore plus absurde : la théogonie transposée en cosmogonie… : l’Univers est un Dieu qui s’auto-crée et qui s’invente au fil du temps, s’attribuant graduellement ce qu’il ne possédait pas en lui-même dès l’origine (la vie et la pensée). 

On mesure l’ampleur de la régression de la pensée à laquelle nous conduit la thèse métaphysique de Stephen Hawking… 

8. Cette thèse là était aussi celle du marxisme (dont on a pu apprécier la postérité dans l’Histoire…). Marx aussi voyait l’Univers comme résultant d’un processus d’auto-génération (« eine Selbsterzeugung »). Engels, qui tirait les conclusions cosmologiques et physiques des principes posés par Marx, admettait que sa théorie reprenait les thèses fondamentales des philosophes grecs antérieurs à Socrate (Anaximandre de Milet, Héraclite d’Ephèse…). 

Marx et Engels attribuaient à l’univers ce que les mythologies théogoniques dans anciens Grecs attribuaient à leurs dieux. Rien cependant, dans l’expérience positive, ne permet de justifier une telle doctrine. Il faudrait pour cela commencer par démontrer l’éternité de l’univers, de la matière et du mouvement ; établir que les lois de la physique et la loi de la gravité préexistaient à la naissance de notre univers – et donc je suppose : prouver l’existence de cycles éternels et du « chaos » mythique des atomistes… Tout ce vers quoi l’astrophysique moderne ne nous oriente pas… 

Si Stephen Hawking reprend à son compte la thèse de l’auto-création de l’univers, et de son auto-création en vertu de la logique interne aux lois de la physique et de la gravité, ce n’est donc pas sur la base de données scientifiques objectives, mais sur la base de ses préférences métaphysiques. Il commence par poser (consciemment ou pas) le postulat que la matière est le seul être existant, et que l’Univers n’a pas besoin de Dieu ; et il en déduit une cosmologie compatible avec ce postulat de départ (il affirme ainsi la préexistence des lois de la physique… à l’apparition de tout objet physique !) Mais l’on voit bien que la proposition selon laquelle l’Univers n’a pas besoin de Dieu ne se trouve pas au terme du raisonnement comme il tente de nous le faire accroire, mais bien à son début. Si elle se trouve au début du raisonnement (comme une prémisse illégitime puisqu’indémontrée, et par suite : arbitraire), il ne faut pas s’étonner de la trouver aussi à la fin, le raisonnement ne pouvant que s’en trouver altéré, et ses résultats faussés. 

Nous avons vu que cette manière de raisonner était la pire des méthodes en métaphysique 

9. Il est assez étonnant qu’un homme de formation scientifique comme Hawking se satisfasse de réponses aussi parcellaires et insuffisantes que celles qu’il propose. L’univers, selon lui, n’a pas besoin de Dieu… parce que les lois de la physique et la loi de la gravité suffisent à l’expliquer. Mais qu’est-ce qui explique ces lois de la physique et de la gravité ? Que sont ces lois posées là, semble-t-il, de toute éternité ? D’où viennent-elles ? Qui les a écrites ? La question peut paraître provocatrice ; elle est pourtant légitime sur le plan rationnel, car toute Loi renvoie naturellement... à un Législateur. 

Qu’est-ce qu’une loi physique commandant l’organisation de la matière avec une nécessité objective sinon l’expression d’une pensée organisatrice ? Hawking nous dit que « l'univers, s'est formé de lui-même, en toute logique des lois de la physique ». Fort bien. Mais quelle est donc cette « logique », ce Logos des lois de la physique, qui commande à tout le créé, l’informe et l’organise, fait surgir de la matière inerte la matière vivante, puis pensante – jusqu’à l’esprit logique des êtres humains ? Quelle est la nature de ce Logos qui préside à la Création de l’Univers et qui en conduit tout le développement, l’évolution ? Voilà la grande question qu’il convient de trancher pour résoudre le problème métaphysique posé par Hawking. 

Stephen Hawking pose sans doute la bonne question (« l’Univers a-t-il besoin de Dieu pour exister ? ») mais il n’y répond pas complètement, n’allant pas au fond de son analyse et s’arrêtant au constat (scientifiquement contestable) que ce sont les Lois de la physique qui expliquent l’auto-création de l’univers. Mais pour aller jusqu’à la conclusion que l’Univers n’a pas besoin de Dieu, il faut encore franchir un pas supplémentaire et réfléchir sur la nature même de ces lois de la physique, de ce Logos immanent à la Nature qui explique tout. Ce Logos est-il seulement immanent à la Nature ? Ou bien est-il aussi transcendant – comme expression de l’Intelligence Créatrice de Dieu ? Affirmer que l’Univers n’a pas besoin de Dieu sans avoir traité cette importante question, c’est sans doute aller un peu vite en besogne et pécher par imprudence... 

Pouvons-nous réellement soutenir qu’il y a 4 ou 5 milliards d’années, une nécessité naturelle imposait à la matière le développement historique que nous lui connaissons ? Et si oui : quels attributs ne sommes-nous pas conduits à prêter à cette matière comportant de telles « lois physiques » et une telle « nécessité » ? 

On peut croire si l’on veut que le Législateur et la Loi ne font qu’UN ; affirmer qu’il n’y a que la Loi, et aucun Législateur ; que le Logos des lois de la physique est seulement immanent au monde et à la matière ; mais cela revient in fine à diviniser la Nature – c’est-à-dire : à lui conférer les attributs de la divinité, comme le faisaient les plus anciens penseurs grecs. 

Pour dédiviniser la Nature, il faut séparer la Nature et Dieu, et rendre à chacun ce qui lui appartient en propre. Mais alors : cela conduit à affirmer l’existence d’un Dieu transcendant, distinct de ce monde. 

En aucun cas, on le voit, on ne peut nier Dieu. Sauf à renoncer à la raison. Ou à renier l’univers (ce que certains philosophes ne se sont pas privés de faire…). L’athéisme n’existe donc pas comme une alternative rationnelle à l’existence de Dieu. 

Que l’on mette Dieu dans l’Univers ou hors de l’Univers, on ne peut se passer de Lui pour expliquer l’univers. 

Il est impossible de concevoir l’univers sans Dieu.

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commentaires

Jacqué 12/06/2018 19:51

Bonjour à vous. Que pensez vous de ce commentaire critique du livre de mr Tresmontant sur Amazon ? Pourriez vous y consacrer un article cela serait fort intéressant. Je vous le cite :
"Ce livre s'inscrit dans les ouvrages qui tentent de donner à Dieu la responsabilité de l'univers, de la vie et de la pensée. L'auteur semble un déiste qui considère Dieu comme créateur et architecte permanent, à la fois transcendant et immanent.
Le texte est fort redondant et boucle très souvent en amenant des propositions maintes fois répétées. L'auteur semble s'empêtrer dans de vaines tentatives d'argumentation jusqu'à l'essoufflement, sans esquisser le moindre raisonnement. Il se permet pourtant de dénoncer la tendance des philosophes et scientifiques matérialistes à proclamer leurs idées sans démonstration.
Tresmontant jette le discrédit sur des évidences, confondant théorie et définition arbitraire. « L'univers ne peut être que l'être unique » est dénoncé comme un présupposé de Parménide, alors que l'univers est, par définition, tout ce qui existe, donc l'être; et est unique, puisque rien ne saurait être extérieur à tout.
Il tente de faire passer la vie et la pensée pour des êtres ontologiques, alors qu'elles ne sont respectivement que l'identification d'un comportement organisé de la matière et un effet produit par le cerveau. Ainsi, leur apparition n'est possible qu'en cas de préexistence dans l'univers primordial. Il s'oppose donc à la pensée déiste qui considère que la vie et la pensée seraient le résultat de la complexification progressive de la matière en raison de lois physiques favorables déterminées à l'avance et définitivement par le créateur.
Ne parvenant pas à comprendre comment la tendance de la matière à se combiner et à se transformer a pu mener à une organisation visiblement intelligente, Tresmontant considère l'intelligence comme inhérente à la matière. Il définit l'âme comme immanente à l'être pensant, définissant le corps vivant comme une âme vivante. Sa philosophie est celle d'Aristote.
C'est à partir de cette conception erronée de la vie et de la pensée en tant que souffles divins qu'il réduit l'athéisme à une sorte de panthéisme, car non seulement il conçoit ces souffles comme nécessaires, mais il considère cette conception ontologique comme incontournable et universellement admise.
Sa théorie n'est malheureusement pas du tout démontrée, ni plausible, car on constate très vite qu'il commet de graves erreurs dues à une mauvaise maîtrise de certains concepts.
Il confond l'univers avec l'espace, et le temps universel avec le temps absolu. Ainsi, les phrases suivantes n'ont aucun sens : « Lorsque l'univers n'existait pas, le temps n'existait pas non plus » et « L'univers a une histoire ». En réalité, l'univers, en tant qu'espace-temps, est une histoire; et « lorsque » sert à identifier la position temporelle d'un évènement. Son utilisation comme référence extra-temporelle est donc absurde.
Il n'a rien compris du processus de la sélection naturelle, bien qu'il en connaisse la théorie. L'interrogation suivante n'est pas très judicieuse : « comment la pensée peut-elle provenir de la non-pensée ? ».
L'ouvrage est donc manifestement orienté idéologiquement. Cependant, les réflexions et idées des philosophes matérialistes sont citées et prolongées fidèlement par le raisonnement, au point qu'elles présentent des arguments plus convaincants que ceux qui sont censés les combattre. Tresmontant produit des raisonnements corrects en pensant être ironique. Il prêche ainsi contre sa propre paroisse, car le lecteur sera étonné qu'un raisonnement brillant et judicieux soit qualifié d'absurde... et sans raison."
Merci à vous.

Tawramo 07/09/2017 19:11

Le fait de se poser le problème de la création suppose que le temps (au moins celui qui nous organise afin d'éviter l'anarchie) a un début. si quelque chose précédait l'existence de l'Univers, elle devait subir l'évolution dans le temps tel que nous le concevons. A ce moment là, il est légitime de se demander qui a créé le créateur. Si on digère que le créateur n'a pas été créé, on retombe directement dans ce que avance Hawking que l'univers n'a pas besoin de créateur. Pire encore, on admet que le créateur n'a pas été créé. Sinon, on revient aux lois de la physique qui, elles mêmes génèrent l'espace mais aussi le temps. Ainsi, on reste dans la logique de ces lois, que le temps n'existait pas avant l'existence de l'Univers, donc rien ne précède l'univers. Mais reste toujours le mystère de l'existence des lois qui génèrent l'existence de la matière. Là, la science a du pain sur ses planches.

Jacqueé 12/06/2018 20:31

"Qui a créé Dieu" cette objection est manifestement dépassée, puisque cela revient à dire : qui a créé cet être incréé ?", ce qui est contradictoire.

clovis simard 25/08/2012 22:02


Blog(fermaton.over-blog.com)No.22- THÉORÈME HAWKING.  - Nul ne guérit du BIG BANG.

Jérémy 07/08/2011 17:10



Et merci Bruno pour votre mot !



Jérémy 07/08/2011 17:01



En fait, il y a un malentendu : Hawking reprend à son compte l'argument des créationnistes mais... il réduit sa grille de lecture "métaphysique" à celui-ci - ce qui est bien maigre pour ne pas
dire faux.


Lire "l'évolution créatrice" de Henri Bergson lui aurait permis de sortir de l'idée que ou c'est tout créationniste ou c'est toute évolution.


Eh bien non. Bergson démontre que tout dans l'univers est toujours nouveau avec une imprévisible nouveauté. Une évolution = une création.


En revanche, il s'agit de vérifier si la thèse "fixiste" est vraie et tout indique qu'elle ne l'est pas - même si, à ce jour, je ne peux pas trancher, surtout avec Denton qui justifie la
micro-évolution mais qui considère la macro-évolution comme un "mythe cosmognique". Cuvier avait-il raison ? Je ne sais pas.



khurnous 05/08/2011 16:05



Bonjour !


Cela faisait un petit moment que je n'étais pas passer sur votre blog. Même si je ne suis pas toujours d'accord, cela est toujours intellectuellement stimulant.


 


Ceci dit je reviens sur la phrase suivante "


Comment un physicien part-il du donné pour le tourner en présupposé métaphysique ? Très simple, observons sa remarque :


«Cela rend la coïncidence de nos conditions (un seul Soleil et une distance parfaite entre la Terre et le Soleil) beaucoup moins remarquable, beaucoup moins convaincante en
tant que preuve que la Terre a été conçue dans le but précis de nous satisfaire, nous les êtres humains»"


 


D'après les remarques, je me demande si la phrase est bien comprise. En effet, d'après mes souvenirs, l'un des arguments matériel (notamment
repris par les créationistes américains) en faveur de la preuve de l'exsitence de Dieu est celui du caractère unique des conditions ayant permis l'apparition de la vie sur terre à savoir :
Distance terre/soleil, conditions climatiques, abondance d'eau liquide etc.


 


Hors la phrase de Stephen Hawking n'est pas à prendre comme affirmant que les conditions sont uniques, mais au contraire (il faut reprendre l'intégralité du chapitre en question et replacer le
tout dans le contexte de découverte des exoplanètes) qu'elles sont potentiellement courantes. Pourquoi ? Car les 400 et quelques planètes
découvertes, montrent que statistiquement le nombre de planête existantes est très supérieur à celui envisagé (je ne me souviens plus de l'estimation).


En d'autres termes, les conditions de vie optimales sont non seulement "banales", mais cette vie est capable d'apparaître dans les lieux les plus incongrus sur terre (par ex les cheminées
océaniques) et par extension, il ne faut peut-être plus chercher uniquement des conditions similaires aux nôtres.


Bref la rareté supposée ne l'est pas et ne peut servir de preuve à l'existence de Dieu.


 


Cette position est d'ailleurs partagée par un très grand nombre d'astronomes (voir les équipes Suisse et américaines travaillant sur le sujet).


 


Cordialement



Matthieu 07/08/2011 09:29



Bonjour cher ami, et merci pour vos compliments. Sachez que ce sont des commentaires comme le vôtre qui contribuent à rendre ce blog "intellectuellement stimulant".


 


Plusieurs observations pour vous répondre:


 


1°) Vous semblez assimiler un peu vite le phénomène de la vie avec ce que Teilhard de Chardin appelait le "phénomène humain". Or, si les conditions physico-chimiques requises pour que la
vie apparaisse vous semblent "banales" dans l'univers, les conditions pour que la vie humaine, elle, apparaisse sont extrêmement réduites et statistiquement improbables. "Un
organisme fondé sur le carbone, ayant notre dimension et notre agencement, caractérisé par la station debout et la bipédie, ne peut exister que sur une planète [en tous points identique à]
la Terre" (Michaël Denton, "L'Evolution a-t-elle un sens?")


 


Rappelons que l'homme n'aurait pu progresser au-delà de la technologie la plus primitive s'il n'avait eu la main et son pouce opposable aux autres doigts ; que sans la station debout et la
démarche bipède, la main humaine n'aurait pas eu la liberté d'effectuer toutes ses explorations de l'environnement ; que les dimensions de notre corps revêtent une importance cruciale pour la
manipulation du feu - laquelle a permis le développement technologique ; que l'homme ne pouvait atteindre son niveau actuel d'intelligence (et parvenir à manipuler le feu) que grâce à son cerveau
- qui comporte plusieurs centaines de millions de cellules et qui dépasse en poids la majorité des animaux.


 


Mais ces caractéristiques (dont chacune est absolument essentielle) ne suffisent pas! Pour qu'un organisme puisse découvrir et utiliser le feu, il faut encore que du bois soit disponible et qu'il
existe des conditions de relative sécheresse, sans quoi ni la domestication du feu, ni la métallurgie, ni la chimie, ni aucun progrès scientifique ne seraient possibles. "Si intelligent soit
l'homme, si adéquate soit la structure profonde de la réalité à la compréhension par la science, si adapté soit le cerveau humain à l'activité scientifique, la science est impossible sans des
outils perfectionnés, ces outils sont impossibles sans les métaux, et les métaux sont impossibles sans le bois. Car sans bois, pas de feu ; sans feu, pas de métallurgie ; sans métaux, pas de
technologie, et sûrement pas de science. Une race qui, comme les Esquimaux, n'auraient devant elle qu'une "toundra dépourvue d'arbres" ne pourrait absolument pas développer de technologie
complexe, fût-elle dotée de la plus grande intelligence et de la plus grande habileté manuelle" (op. cit).


 


Dès lors : "Si nous voulons qu'une forme de vie fondée sur le carbone présente les caractéristiques propres à notre espèce - une intelligence élevée, la capacité de manipuler et d'explorer
l'environnement, l'aptitude au langage et à la pensée abstraite, la capacité d'élaborer la science et de dominer le monde naturel, etc. -, nous serons conduits, par une série ininterrompue de
conditions nécessaires, à un vertébré respirant de l'air et, finalement, à un mammifère grégaire et doué de parole, à peu près de la taille de l'homme, doté d'une perception visuelle très
développée et de mains - bref, nous serons conduits à l'homme" (op. cit.)


 


Le phénomène humain apparaît donc bien comme quelque chose à la fois d'infiniment improbable dans l'univers (qui n'est pas infini, ni dans le temps ni dans l'espace...) et en même temps
d'unique pour développer une activité scientifique et une technologie avancée. Les extra-terrestres vus comme des petits hommes verts avec des antennes et des oreilles en
trompe voyageant dans des soucoupes volantes apparaissent donc, d'un point de vue scientifique, comme un mythe et un fantasme.


 


2°) Rien ne prouve que s'il existait ailleurs une autre planète Terre, en tous points identique à la nôtre, il y aurait de la vie - car rien ne prouve que la matière inerte soit à
l'origine de la vie. Les conditions nécessaires à la vie (dont vous dites qu'elles sont "banales" dans l'univers) ne sont peut-être pas... suffisantes. La vie reste un
phénomène largement inexpliqué, dont on n'a jamais réussi, après des siècles d'investigation scientifique, à percer le mystère : jamais on n'a pu obtenir en laboratoire le phénomène de la vie à
partir d'une matière inerte. La vie apparaît donc plus qu'un simple phénomène physico-chimique (cf. Robert Shapiro, "L'origine de la vie").


 


3°) Maintenant : si l'on trouvait de la vie ailleurs que sur la Terre, et de la vie humaine, cela confirmerait que l'évolution de l'univers a un sens, puisqu'il
serait ainsi démontré que l'Histoire de l'univers converge de manière systématique (et non seulement accidentelle) vers la Complexité et l'émergence de la Conscience. Ce serait une
preuve supplémentaire que l'évolution de l'univers est dirigée - et que l'univers ne peut rendre compte, à lui seul, de son être et de ses étonnantes caractéristiques.


 


Ce n'est pas la "rareté" du phénomène de la vie qui sert de fondement rationnel à l'existence de Dieu ; mais l'existence d'une direction dans
l'évolution - toute tendue vers la vie et le surgissement de la conscience, de la pensée réflexive, qui sont des phénomènes qui transcendent la matière, et dont la matière est
incapable de rendre compte par elle-même - sauf à lui attribuer les caractères que les théologiens accordent... à Dieu (la suffisance ontologique, l'éternité, l'infinité, la vie, la pensée,
l'intelligence créatrice...).



Vincent Jappi 21/07/2011 04:49


Si "les lois de la physique" étaient seulement compatibles avec l'apparition de quelque chose à partir de rien, accepter ce postulat disqualifierait complètement la méthode expérimentale : en effet
celle-ci a besoin de postuler que l'objet de son étude est déterminé, que la situation de départ y détermine la situation d'arrivée : s'il pouvait apparaître une nouveauté réelle dans cet objet au
cours de l'expérimentation, ou d'une expérimentation à l'autre, il ne serait plus logiquement possible de prétendre qu'une expérience confirmerait quelque hypothèse générale que ce soit. La méthode
expérimentale doit présupposer que l'objet de son étude ne subit aucun changement réel, que les éventuels écarts par rapport aux résultats précédents sont le produit d'une erreur quant aux
relations de cause à effet --qui réfute la théorie qui les postulait-- ou de phénomènes qui échappent à notre identification précise mais peuvent se décrire par une loi probabiliste stable
(l'aléatoire déterministe). On pourrait même soupçonner que, si la méthode expérimentale est apparue à la "Renaissance", ce serait parce qu'alors on a redécouvert les métaphysiciens grecs qui
professaient une négation de tout changement réel comme seule thèse compatible avec leur métaphysique moniste : l'approche expérimentale serait née d'une volonté de nier cette réalité-là, en
réduisant le changement apparent à l'opération de lois qui, pour leur part, seraient immuables (procédé d'occultation qui a inspiré le scientisme du XIX° siècle, et qui a pu faire illusion jusqu'à
la découverte du 2° Principe de la Thermodynamique). Dans notre expérience, cependant, si on veut bien l'accepter avec ses conséquences, il apparaît bel et bien de la nouveauté réelle, et il
persiste une incertitude irréductible sur l'avenir. Notre expérience nous enseigne donc que la méthode expérimentale n'est pas d'application universelle. Sur la durée qui se prêterait à
l'expérimentation si celle-ci était applicable, ce sont les produits de la pensée et de l'action humaine qui échappent ainsi à la méthode expérimentale : c'est pour cela que la théorie sociale
n'est pas et ne peut pas être une science expérimentale. A plus long terme, évidemment, c'est l'apparition de l'information biologique qui elle aussi ne peut être le fait que d'une pensée, de sorte
que les explications par le hasard et la nécessité sont misérablement inadéquates, et absurde leur prétention exclusive. Il y a donc lieu d'affirmer que ce n'est pas seulement en tant que
métaphysicien amateur, mais en tant que présumé savant expérimentaliste, que Hawking dit des absurdités scandaleuses, et abuse de sa réputation. Ou c'est un escroc, ou alors il est incapable de
penser les présupposés de son propre métier --ce qui pourrait faire peser un doute sur la qualité de ses travaux de physicien. Sur les présupposés logiques de la science expérimentale, on pourra
lire Hans-Hermann Hoppe : "imaginons une explication établissant un lien entre deux ou plusieurs événements et supposons qu'on ait réussi à la faire "coller" à un ensemble de données. On l'applique
ensuite à un autre ensemble de données, apparemment pour réaliser un autre test empirique. Maintenant, on est tenu de se demander : "que sommes-nous tenus de présupposer pour lier la seconde
expérience à la première de telle manière qu'elle la confirme ou qu'elle l'infirme ?" On pourrait croire d'emblée que si la seconde expérience répétait les observations de la première, ce serait
une confirmation, et sinon, une réfutation —et il est clair que la méthodologie positiviste suppose cela vrai. Or, dans ce cas, rien en fait n'autorise à le dire. Car tout ce que l'expérience
révèle à l'observateur vraiment "neutre", c'est que l'on peut classer comme "répétition", ou au contraire comme "non-répétition" deux ou plusieurs observations sur la succession dans le temps de
deux ou plusieurs types 'événements. Une simple répétition ne devient "confirmation" positive et une non-répétition "réfutation" négative que si l'on suppose, indépendamment de tout ce qu'il est
réellement possible de confirmer par expérience, qu'il existe des causes invariantes, opérant indépendamment du temps. Si on suppose au contraire qu'au cours du temps la causalité opère quelquefois
d'une manière et quelquefois d'une autre, alors ces cas de répétition ou de non-répétition ne sont que des expériences datées, enregistrées, mais ne peuvent avoir aucun sens particulier ni lien
réciproque. Il n'existe entre elles aucun lien logique de confirmation ou de réfutation réciproque. Il y a une expérience, puis il y en a une autre ; elles sont semblables, ou elles sont
différentes ; mais c'est tout ce qu'on peut trouver à en dire. Rien d'autre ne s'ensuit. De sorte qu'il n'est possible de parler de "confirmation" ou de "réfutation" que si l'on présuppose le
principe de régularité : que si l'on est convaincu que les phénomènes observables sont en principe déterminés par des causes qui demeurent constantes et ne dépendent pas du temps dans la manière
dont elles opèrent. Il faut absolument supposer vrai le principe de régularité pour pouvoir déduire qu'une hypothèse est bancale du fait qu'on échoue à reproduire une expérience ; et c'est à cette
condition seule qu'on peut l'interpréter comme confirmée parce qu'on y parvient." http://www.hanshoppe.com/wp-content/uploads/publications/trans/hoppe_rationalisme-french.pdf


Bruno 14/09/2010 07:58



@Jeremy,


 


je n'avais pas lu votre commentaire. Il dit tout, et bien mieux que je ne saurais le faire. Merci et bravo.


B.L.



Bruno 14/09/2010 07:54



Lorsque Hawkings écrit: "Dieu n'est pas nécessaire pour expliquer la création du monde" il a tort: lire et relire Tremontant, en particulier ses éléments de théologie
http://docteurangelique.free.fr/livresformatweb/theses/tresmontant/elements_de_theologie.htm


De même, lorsqu'il est écrit que l'existence de Dieu ne peut se trouver: là encore il faut lire et relire Tresmontant: cette existence peut se prouver par induction, et par l'absurde. Bien
entendu, il faut d'abord prouver l'existence de la Création, puis du Créateur, avant de s'intéresser aux textes sacrés, à la Révélation faite au peuple hébreu,puis à l'Incarnation du Christ.
C'est ce que fait Tresmontant, en démontrant, aprés d'autres, que l'athéisme est impensable.


 


Cordialement, Bruno Lemaire.



Xavier 13/09/2010 09:22



Au sujet du caractère idéologique et non rationnel de l'athéisme, je suis tombé hier sur une phrase de G.K. Chesterton assez savoureuse : "Un croyant est un homme qui admet la réalité d'un
miracle si l'évidence l'y oblige. Un non-croyant est au contraire un homme qui n'acceptera pas même de discuter des miracles parce que la doctrine qu'il professe et qu'il ne peut
contredire le lui interdit."


Qui l'eût cru ? Le véritable libre-penseur, c'est croyant parce qu'il ne se coupe pas de la possibilité du miracle a priori... Alors que l'athée, lui, en raison de son idéologie (et seulement de
ça puisqu'il n'a pas fait la preuve que Dieu et le surnaturel n'existaient pas) se ferme par préjugé des options possibles du réel.



Vincent Jappi 08/09/2010 21:19



C'est vrai que j'avais oublié  l'aspect le plus impayable de l'absurdisme  athée :  qu'il prétend  "incarner la raison".


C'est tout simplement incroyable qu'un argument à la mode parmi les athées est "si Dieu existe,  qui donc a créé Dieu ?"


Ce que ça veut dire,  c'est qu'ils sont tellement sûrs  d'"incarner la raison" qu'ils ne se sont même pas donnés la peine de connaître le premier mot  de la démonstration
qui prouve que Dieu existe,  c'est-à-dire  le premier syllogisme du raisonnement métaphysique qui établit l'existence nécessaire de l'Etre incréé.


 



Matthieu 08/09/2010 16:57



???



Nathan 08/09/2010 15:08



Vous êtes simplement imperméable au raisonnement. Vous n'êtes pas le seul, ce n'est pas rassurant.



Vincent Jappi 07/09/2010 18:37


L'absurdisme caractéristique des athées --et des gens de gauche plus généralement- peut se pratiquer comme on veut : on peut choisir d'être cohérent, ou d'être incohérent ; de nier la validité de
la preuve philosophique, et de se vautrer dans des considérations que seule la philosophie peut traiter (en l'espèce pour les réfuter). On peut reconnaître que la science expérimentale ne peut
trancher des questions métaphysiques, et passer son temps à faire des déclarations qui en relèvent exclusivement ; et bien entendu, ne pas connaître le premier mot de cette discipline que l'on
pratique à l'encontre de ses propres déclarations.


Xavier 07/09/2010 09:35



Bonjour Matthieu,


Vous dites :


Mais la métaphysique ne requiert aucune compétence
particulière ! Il suffit pour cela de faire fonctionner normalement son intelligence. Et c’est à la portée de n’importe qui. Tout homme est capable de raisonner correctement, alors que tout
le monde ne peut pas faire de l’astrophysique.


Je suis à la fois d'accord et pas d'accord. C'est vrai qu'une capacité de
raisonnement à peu près correcte suffit pour comprendre la métaphysique, voire même faire quelques déductions simples. Mais je ne pense pas qu'on puisse dire qu'il ne faille aucun bagage
intellectuel pour faire de la métaphysique. De fait, pour m'être livré moi-même à l'exercice, je dois admettre que je n'ai rien trouvé tout seul, mais que j'ai du faire appel aux lumières de ceux
qui m'ont précédé, qu'il s'agisse d'Aristote, de saint Thomas d'Aquin ou de Tresmontant. L'erreur de Stephen Hawkings est de croire qu'il peut tirer des conclusions métaphysiques de ses
connaissances en astrophysique, alors qu'il n'a justement aucune formation préalable en métaphysique. Si cela avait été le cas, il aurait su que postuler que l'Univers puisse se créer tout seul
est une absurdité sans fond. Soit l'Univers est éternel, soit il a reçu l'être d'un autre, mais sous-entendre qu'il se serait donné l'être tout seul est une idiotie métaphysique. Voilà donc ce
que je reproche aux apprentis-métaphysiciens à la Stephen Hawkings : ils abordent une discipline sans avoir les bases requises pour la pratiquer. C'est honteux.


Bien à vous,



ti'hamo 06/09/2010 20:48



Une autre façon de son erreur :


par définition il n'y a aucun "point", aucun "moment" jusque auquel puisse remonter la recherche scientifique et qui ne puisse pas s'expliquer par les seules lois naturelles
: puisque par définition ces sciences étudient les mécanismes physiques dans le cadre des lois naturelles.


Elles ne remonteront donc jamais, de toute façon, à un point qui ne s'explique plus par les lois naturelles, et qui nécessiterait "autre chose" pour s'expliquer : à partir du moment où les lois
naturelles définissent le cadre, c'est une tautologie de dire que, dans ce cadre, on n'a rien trouvé qui sorte du cadre. C'est le cadre, par contre, qui ne se contient pas lui-même - les lois
naturelles n'expliquent pas l'existence des lois naturelles.


 


C'est l'erreur courante qui consiste à tout voir "à plat", en 2D, sur un seul plan : aussi loin que porte le "regard" (ici le regard scientifique), point de Dieu à l'horizon - mais c'est parce
que "l'origine" dont il est question est d'ordre ontologique et non chronologique : c'est au-dessus du plan qu'il faut regarder, c'est ce qui donne l'existence à ce plan tout entier, et non un
point particulier de ce plan qui en serait l'origine ou le centre.



Matthieu 06/09/2010 18:08



Cher
Xavier,


 


« Il est quand même dommage que
ces scientifiques qui s’essaient à la métaphysique n’aient pas les compétences requises pour le faire. Personnellement, je ne me mêle pas d’Astrophysique, n’y connaissant rien. Il est dommage que
Stephen Hawking n’ait pas l’humilité de s’en tenir à son domaine propre de compétence. »


 


Mais la métaphysique ne requiert aucune compétence particulière ! Il
suffit pour cela de faire fonctionner normalement son intelligence. Et c’est à la portée de n’importe qui. Tout homme est capable de raisonner correctement, alors que tout le monde ne peut pas
faire de l’astrophysique. Qu’un scientifique s’efforce de raisonner au-delà de ce que sa discipline lui enseigne, à partir de ses connaissances
scientifiques, voilà qui est une bonne chose : c’est le mouvement naturel de l’esprit humain qui s’élève à partir des choses créées à la considération de leurs causes premières et
cachées.


 


Beaucoup d’autres scientifiques se sont mis aussi à l’activité métaphysique,
avec plus de bonheur que Stephen Hawking : que l’on songe à Michael Denton, Michael Behe, Trinh Xuan Thuan, Jean Staune, Bernard d’Espagnat, les frères Bogdanov… (Beaucoup de
métaphysiciens en revanche, sont passés maîtres dans l’art de la déraison…).


 


Ne jetons donc pas la pierre à un scientifique qui s'efforce de proposer
une thèse métaphysique. Toute tentative de penser l’univers est louable. Surtout à une époque où les philosophes ne font plus leur métier. Mais passons ladite thèse au crible de la raison pour en
vérifier les résultats (ce que je me suis efforcé de faire avec la thèse de Hawking).


 


« Sinon, cher Matthieu, je réagis
à ce que vous dites au sujet du fait que si la Science peut montrer que Dieu n’est pas nécessaire, elle ne peut en revanche montrer qu’Il n’existe pas (avec l’exemple de la voiture,
etc.). »


 


Je n’ai pas dit, cher Xavier, que la Science peut montrer que « Dieu n’est pas
nécessaire ». Au contraire, je me suis attaché à rappeler que la question de Dieu est en dehors du domaine scientifique (cf. mon Point
1).


 


Scientifiquement, on ne peut rien dire sur
Dieu : ni qu’il existe, ni qu’il n’existe pas ; ni qu’il est nécessaire au monde, ni qu’il n’est pas nécessaire.


 


Pour statuer sur la question de Dieu, il faut entrer dans le domaine de la réflexion
métaphysique. Ce que fait Hawking, quoique de manière défectueuse et incomplète. En espérant qu'il ne prenne pas sa théorie pour de la science...


  


« Dieu est par définition
nécessaire. Seulement, la Science ne peut justement pas montrer qu’Il ne l’est pas. »


 


La métaphysique, elle, pourrait le montrer (puisque Dieu se trouve dans son
champ d’investigation). Mais justement : elle n’y parvient pas.


 


Il est remarquable que la métaphysique conduise irrésistiblement à Dieu – soit
qu’on l’identifie à la Nature, soit qu’on l’en distingue –, mais nullement à l’athéisme. Cela montre que l’athéisme est impensable sur le plan rationnel.



Xavier 06/09/2010 11:35



Il n’est pas étonnant qu’un scientifique s’adonne à l’activité métaphysique – c’est même une excellente chose.


 Il est quand même dommage
que ces scientifiques qui s’essaient à la métaphysique n’aient pas les compétences requises pour le faire. Personnellement, je ne me mêle pas d’Astrophysique, n’y connaissant rien. Il est dommage
que Stephen Hawking n’ait pas l’humilité de s’en tenir à son domaine propre de compétence. Car il aurait su alors que postuler l’apparition de l’Univers à partir du Rien est une réelle
absurdité.


 


Sinon, cher Matthieu, je réagis à ce que vous dites au sujet du fait que si la Science peut montrer que Dieu n’est pas nécessaire, elle ne
peut en revanche montrer qu’Il n’existe pas (avec l’exemple de la voiture, etc.). Dieu est par définition nécessaire. Seulement, la Science ne peut justement pas montrer qu’Il ne l’est pas. Ce
qu’elle peut, c’est expliquer les phénomènes de la nature mais elle ne peut prouver qu’ils existent par eux-mêmes. De même, la Science ne peut dire que l’Univers est autosuffisant, ou s’est créé
tout seul, etc. Il est donc faux de prétendre que la Science peut expliquer l’origine de l’Univers, de la vie, des lois physiques sans Dieu. Elle ne peut pas les expliquer, elle peut juste rendre
compte de leur existence et expliquer comment ils marchent.


 


Cordialement,



ti'hamo 06/09/2010 08:25



Ah, toujours cette même erreur - un peu naïve, en un sens : 


« En raison de la loi de la gravité, l'univers peut se créer de lui-même, à partir de rien. La création spontanée est la raison pour laquelle quelque chose existe, pour
laquelle l'univers existe, pour laquelle nous existons »


Et ces lois, d'où sortent-elles ?


 


C'est comme de dire "mon ordinateur s'est auto-fabriqué : la preuve, l'agencement de ses composants et les programmes installés dans
ses circuits suffisent à expliquer comment il s'allume et comment il fonctionne.


 


Comme quoi, on peu être bon physicien, et un peu balbutiant en métaphysique.  :-)



Jib 06/09/2010 07:50



Pour info, voir ce petit article sur le site final-age.net du Père Verlinde.



Jérémy 05/09/2010 19:43



Merci Matthieu pour ce complément.


Je te copie colle une remarque que j'ai placée sur un site il y a peu et qui pourra accompagner ce que tu dis :


Voilà un très bon exemple de physiciens (même importants) qui font de la métaphysique sans s'en rendre compte ou, ce qui est pire, en utilisant la carte de l'astrophysicien pour valider une thèse
métaphysique (la suffisance de l'univers). 


Isaac Newton : enlevez l'univers, il reste le temps et l'espace.
Einstein : enlevez l'univers, il ne reste plus rien.


Pourquoi partir de Newton et non pas d'Einstein ? Sans doute beaucoup plus difficile...


 


Comment un physicien part-il du donné pour le tourner en présupposé métaphysique ? Très simple, observons sa remarque :


«Cela rend la coïncidence de nos conditions (un seul Soleil et une distance parfaite entre la Terre et le Soleil) beaucoup moins remarquable, beaucoup moins convaincante en
tant que preuve que la Terre a été conçue dans le but précis de nous satisfaire, nous les êtres humains»


Dire : "la terre aurait été conçue dans le but précis de nous satisfaire", c'est précisément ce qu'on appelle une prise de position métaphysique.


Où a-t-il tiré cette "conception" de la Terre en vue de "satisfaire les êtres humains" ?


On ne la trouve ni dans la métaphysique biblique pour qui l'être est un être inachevé appelé à être en union avec Dieu, terre et univers distincts de Dieu, ni dans la métaphysique de l'Un pour
qui la terre et l'Univers forment un tout dont nous sommes des parties (et celui qui réussit à échapper à cette illusion de la matière est un initiateur...), ni même dans la métaphysique (qui
s'ignore) athée pour qui l'Univers est l'être et il n'y en a pas d'autres.


Quand bien même il y aurait d'autres mondes (tels que les a théorisés le scientifique Hawkings), d'autres vies, cela ne change rien au fait de la création : d'où
tout cela vient-il ? comment cela a-t-il été pensé si cela a été pensé, bien entendu ? etc


hawkings est un partisan des mondes parallèles ; c'est le retour d'Héraclite ! La naissance du monde doit être compensée ailleurs par une destruction. On retombe dans le schéma d'Empédocle et
d'Héraclite : après une conflagration, qui ramène tout à l'Un, une expansion, qui fait passer tout de l'Un au multiple. Mais l'Un et le tout doivent rester éternels, car ils sont l'être incréé,
le seul être.


Il y a aussi un très grand astrophysicien qui fait dans la métaphysique sans s'en rendre compte : Carl Sagan.
Selon lui, si la masse de l'univers dépasse un certain seuil, cela voudra dire que l'expansion actuelle du cosmos s'arrêtera nécessairement (ben
voyons !) et qu'il se contractera à nouveau en un point unique (fort !). L'hypothèse d'un monde oscillant se trouverait donc confirmée. On doit maintenant mesurer la quantité de matière présente
dans l'Univers pour confirmer cette hypothèse.


Malheureusement pour ces délires (qui méritent d'être vérifiés !) c'est que nous ne trouvons nulle part, dans l'expérience, des cycles éternels de régénération dont nous parlent les théoriciens
de l'athéisme. Ces cycles éternels de la matière en transformation semblent être de purs romans, conçus pour justifier la thèse posée a priori : l'univers est le seul être.


Or, si la matière est éternellement privée de pensée, et si elle est le seul être, elle ne produira jamais un être capable de pensée.
Si l'univers est le seul être ou l'être pris absolument, il doit être inusable. Car l'être ne peut s'user. S'il le pouvait,puisqu'il est éternel, ce serait déjà fait... depuis une éternité.


Car Sagan fait comme si le second principe de thermodynamique n'avait pas existé comme pas mal d'étudiants des Mines par ailleurs - comme j'ai pu le constater -, comme Sartre fait comme si le
monde n'avait pas existé, comme Heidegger fait comme si Bergson n'avait pas existé…


Je suis encore étonné sur le concept des "erreurs de copie" même vanté par Stephen Gould (lui-même dit pourtant que le cerveau humain échappe à l'évolution !) ou alors j'aimerais qu'on m'explique
pourquoi, ces savants américains recopiés par les savants français, nous expliquent la genèse et l'invention de nouveaux plans de construction commandant à la construction de systèmes biologiques
inédits par la suite d'accidents physiques, par les ratés, les fameuses "erreurs de copie".


Soyons naïfs.
Il me semblait - sauf erreur - que toujours, la genèse d'une nouvelle information est l'oeuvre d'une intelligence créatrice, d'une "idée directrice" (Wintrebert, Le vivant créateur de son
évolution)  et que toujours les erreurs de copie, bien loin d'augmenter l'information, la DIMINUENT et FINISSENT PAR LA DETRUIRE.


Mince alors.


Voilà donc des savants qui prétendent nous faire croire que dans la nature les fautes de copie font croître l'information et qu'elles sont créatrices d'information nouvelle. Que
d'efforts pour éviter de reconnaître que manifestement une création géniale est à l'oeuvre dans l'Univers depuis qu'il existe jusqu'à ce jour...


Non seulement il y a organisation de la matière, mais en plus, il y a "logos" dans la matière (= Louis de Broglie avec sa mécanique ondulatoire).
L'explication par le hasard ne vaut plus rien. L'univers est apparemment beaucoup trop jeune pour avoir eu le temps requis pour avoir eu quelque chance d'obtenir par hasard une seule cellule. Or,
il en a obtenu des milliards et des milliards, et mieux que cela : des organismes pluricellulaires.
Et, ce n'est pas tout : non seulement la matière s'oriente d'une manière continue vers des structures de plus en plus complexes, mais, qui plus est, ce processus est accéléré.


Mince alors.


Croyez-moi, mes chers amis littéraires que j'adore (ce n'est pas ironique), tous avec vos spécialités, sans aucune exception, on va avoir besoin de vous très bientôt, parce que les scientifiques
des sciences dites "dures" deviennent de plus en plus irrationnels ! Il faut leur rappeler que leurs présupposés (qui méritent d'être vérifiés), on les connaît déjà : Empédocle,
Héraclite, Parménide...


Il y a maintenant un an, je suis allé voir mon médecin généraliste. Une vilaine toux. On parle de tout, de rien, et il me confie qu'il y a une matière qui manque toujours en médecine : le
Grec.
Les bras m'en tombent. Il ne parlait pas de l'origine des mots, même s'il admettait que c'était aussi important.
Non, il parlait de philosophie... Mieux ! A la fin de l'entretien, avant de fermer la porte, il m'a dit : "Je regrette de ne pas avoir commencé par Aristote"


Il se trouve qu'Aristote, sans avoir connu la Révélation judéo-chrétienne, a démontré très simplement que la matière elle-même ne suffisait pas pour se donner sa propre information et qu'un tas
d'atomes resterait un tas d'atomes. Il fallait une forme, un psychisme pour lui donner vie, de là il admettait l'existence d'un être supérieur.


Je ne sais pas ce que vous en pensez, peut-être suis-je naïf ; je dois admettre que je trouve ça proprement extraordinaire.



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