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24 septembre 2006 7 24 /09 /septembre /2006 14:17

 

Extrait de l'homélie prononcée par le Pape Benoît XVI à Bari pour la clôture du Congrès Eucharistique italien, le dimanche 29 mai 2005 (ce voyage était le premier déplacement du Saint Père en Italie).

  

Ce Congrès eucharistique, qui arrive aujourd'hui à sa conclusion, a voulu présenter le dimanche comme la "Pâque hebdomadaire", expression de l'identité de la communauté chrétienne et centre de sa vie et de sa mission.

 

Le thème choisi - "Sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre" - nous ramène à l'an 304, lorsque l'empereur Dioclétien interdit aux chrétiens, sous peine de mort, de posséder les Ecritures, de se réunir le dimanche pour célébrer l'Eucharistie et de construire des lieux pour leurs assemblées.

 

A Abitène, une petite ville situé dans l'actuelle Tunisie, 49 chrétiens furent surpris un dimanche alors que, réunis dans la maison d'Octave Félix, ils célébraient l'Eucharistie, bravant ainsi les interdictions impériales. Arrêtés, ils furent conduits à Carthage pour être interrogés par le Proconsul Anulinus.

 

La réponse, parmi d'autres, qu'un certain Eméritus donna au Proconsul qui lui demandait pourquoi ils avaient transgressé l'ordre sévère de l'empereur, est significative. Il répondit :  "Sine dominico non possumus" :  sans nous réunir en assemblée le dimanche pour célébrer l'Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre. Les forces nous manqueraient pour affronter les difficultés quotidiennes et ne pas succomber.

 

Après d'atroces tortures, ces 49 martyrs d'Abitène furent  mis  à  mort. Ils confirmèrent ainsi leur foi, à travers l'effusion de leur sang. Ils moururent, mais ils vainquirent :  nous les rappelons à présent dans la gloire du Christ ressuscité.

 

Les martyrs d'Abitène représentent une expérience sur laquelle nous, chrétiens du XXI siècle, nous devons réfléchir.

 

Pour nous non plus, il n'est pas facile de vivre en chrétiens, même s'il n'y a pas ces interdictions de l'empereur. Mais, d'un point de vue spirituel, le monde dans lequel nous nous trouvons,  souvent marqué par une consommation effrénée, par l'indifférence religieuse, par un sécularisme fermé à la transcendance, peut apparaître comme un désert aussi aride que celui "grand et redoutable" (Dt 8, 15) dont nous a parlé [le] Livre du Deutéronome.

 

Dieu vint à l'aide du peuple hébreu en difficulté dans ce désert avec le don de la manne, pour lui faire comprendre que "l'homme ne vit pas seulement de pain, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de Yahvé" (Dt 8, 3).

 

Dans l'Evangile (...), Jésus nous a expliqué à quel pain Dieu, à travers le don de la manne, voulait préparer le peuple de la Nouvelle Alliance. Faisant allusion à l'Eucharistie, il a dit:  "Voici le Pain descendu du ciel ; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont morts ; qui mange ce pain vivra à jamais" (Jn 6, 58). Le Fils de Dieu s'étant fait chair pouvait devenir Pain, et être ainsi la nourriture de son peuple, de nous qui sommes en marche en ce monde vers la terre promise du Ciel.

 

Nous avons besoin de ce Pain pour affronter les difficultés et la fatigue du voyage. Le Dimanche, Jour du Seigneur, est l'occasion propice pour puiser notre force en Lui, qui est le Seigneur de la vie. Le précepte de fête n'est donc pas un devoir imposé de l'extérieur, un fardeau qui pèse sur nos épaules. Au contraire, participer à la Célébration dominicale, se nourrir du Pain eucharistique et faire l'expérience de la communion des frères et des soeurs dans le Christ, est un besoin  pour  le chrétien, et une joie ; ainsi, le chrétien peut trouver l'énergie nécessaire pour le chemin que nous devons parcourir chaque semaine.

 

Un chemin, par ailleurs, qui n'est pas arbitraire :  la route que Dieu nous indique dans sa Parole va dans la direction inscrite dans l'essence même de l'homme. La Parole de Dieu et la raison vont de pair. Suivre la Parole de Dieu, aller avec le Christ signifie pour l'homme se réaliser soi-même ; l'égarer équivaut à s'égarer soi-même.

 

Le Seigneur ne nous laisse pas seuls sur ce chemin. Il est avec nous ; Il désire même partager notre sort jusqu'à s'identifier avec nous.

 

 

Lire le texte intégral de l'homélie de clôture du Congrès Eucharistique italien, prononcée le 29 mai 2005

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