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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 18:19

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

6. La nouveauté de la Révélation biblique vient du fait que Dieu se fait connaître dans le dialogue qu’il désire instaurer avec nous. La Constitution dogmatique Dei Verbum avait exposé cette réalité en reconnaissant que « Dieu invisible dans l’immensité de sa charité, (…) s’adresse aux hommes comme à des amis, et converse avec eux pour les inviter à entrer en communion avec lui et les recevoir en cette communion ». Mais nous ne comprendrions pas encore pleinement le message du Prologue de Saint Jean si nous nous arrêtions à la constatation que Dieu se communique à nous avec amour. En fait, le Verbe de Dieu, par lequel « tout s’est fait »(Jn 1, 3) et qui « s’est fait chair » (Jn 1, 14), est le même Dieu qui est « au commencement » (Jn 1, 1). Si nous reconnaissons ici une allusion au début du Livre de la Genèse (cf. Gn 1, 1), nous nous trouvons, en réalité, face à un Principe de caractère absolu, qui nous dévoile la vie intime de Dieu. Le Prologue johannique nous met en face du fait que le Logos est réellement depuis toujours,et depuis toujours il est Dieu lui-même. Par conséquent, il n’y a jamais eu en Dieu un temps où le Logosn’était pas.Le Verbe préexiste à la Création. C’est pourquoi, au cœur de la vie divine existe la communion, le don absolu. « Dieu est amour » (1 Jn 4, 16) dira à un autre endroit le même Apôtre, en indiquant par là l’image chrétienne de Dieu ainsi que l’image de l’homme et de son chemin, qui en découle. Dieu se fait connaître à nous comme Mystère d’amour infini dans lequel le Père depuis l’éternité exprime sa Parole dans l’Esprit Saint. Par conséquent le Verbe, qui depuis le commencement est auprès de Dieu et est Dieu, nous révèle Dieu lui-même dans le dialogue d’amour des Personnes divines et il nous invite à y participer. C’est pourquoi, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu amour, nous ne pouvons nous comprendre nous-mêmes que dans l’accueil du Verbe et dans la docilité à l’œuvre de l’Esprit Saint. C’est à la lumière de la Révélation opérée par le Verbe divin que se clarifie définitivement l’énigme de la condition humaine.

 

7. À partir de ces considérations, qui naissent de la méditation du Mystère chrétien exprimé dans le Prologue de Jean, il est nécessaire à présent de souligner ce qu’ont affirmé les Pères synodaux concernant les diverses modalités avec lesquelles nous utilisons l’expression « Parole de Dieu ». On a parlé avec justesse d’une symphonie de la Parole, d’une Parole unique qui s’exprime de différentes manières : comme un chant à plusieurs voix. Les Pères synodaux ont parlé à ce propos, en référence à la Parole de Dieu, d’une utilisation analogique du langage humain. En effet, si d’un côté cette expression concerne la communication que Dieu fait de lui-même, de l’autre, elle assume des significations diverses qui doivent être considérées avec attention et mises en relation les unes avec les autres, aussi bien du point de vue de la réflexion théologique que de l’usage pastoral. Comme nous le montre de manière claire le Prologue de Jean, le Logosdésigne à l’origine le Verbe éternel, c’est-à-dire, le Fils unique engendré par le Père avant tous les siècles et qui lui est consubstantiel : « le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. » Mais ce même Verbe, affirme Saint Jean, « s’est fait chair » (Jn 1, 14) ; c’est pourquoi Jésus-Christ, né de la Vierge Marie, est réellement le Verbe de Dieu qui s’est fait consubstantiel à nous. Par conséquent, l’expression « Parole de Dieu » indique ici la Personne de Jésus-Christ, le Fils éternel du Père, fait homme.

 

Par ailleurs, si au centre de la Révélation divine se situe l’événement du Christ, on doit aussi reconnaître que la Création elle-même, le liber naturae,fait aussi essentiellement partie de cette symphonie à plusieurs voix dans laquelle le Verbe unique s’exprime. En même temps, nous affirmons que Dieu a communiqué sa Parole dans l’histoire du Salut, qu’il a fait entendre sa voix ; par la puissance de son Esprit, « il a parlé par les prophètes ». La Parole divine se révèle donc au cours de l’histoire du Salut et elle parvient à sa plénitude dans le Mystère de l’Incarnation, de la mort et de la Résurrection du Fils de Dieu. La Parole de Dieu est encore celle qui est prêchée par les Apôtres, dans l’obéissance au Commandement de Jésus ressuscité : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la Création » (Mc 16, 15). La Parole de Dieu est donc transmise dans la Tradition vivante de l’Église. Enfin, la Parole divine, attestée et divinement inspirée, c’est l’Écriture Sainte, l’Ancien et le Nouveau Testament. Tout cela nous fait comprendre pourquoi, dans l’Église, nous vénérons beaucoup les Saintes Écritures, bien que la foi chrétienne ne soit pas une « religion du Livre » : le Christianisme est la « religion de la Parole de Dieu », non d’une parole écrite et muette, mais du Verbe incarné et vivant. L’Écriture doit donc être proclamée, écoutée, lue, accueillie et vécue comme la Parole de Dieu, dans le sillage de la Tradition apostolique dont elle est inséparable.

 

Comme l’ont affirmé les Pères synodaux, nous nous trouvons réellement face à une utilisation analogique de l’expression « Parole de Dieu », dont nous devons être conscients. Il faut donc que les fidèles soient davantage préparés à en saisir les différents sens et à en comprendre l’unité. De même, du point de vue théologique, il est nécessaire d’approfondir l’articulation des différentes significations de cette expression pour que resplendissent davantage l’unité du dessein divin et son centre : la Personne du Christ.

 

8.Conscients de la signification essentielle de la Parole de Dieu en référence au Verbe éternel de Dieu fait chair, unique sauveur et médiateur entre Dieu et l’homme, et en écoutant cette Parole, nous sommes amenés par la Révélation biblique à reconnaître qu’elle est le fondement de toute la réalité. Le Prologue de Saint Jean affirme, en référence au Logosdivin, que « par lui tout s’est fait et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui » (Jn 1, 3) ; de même, dans la Lettre aux Colossiens, il est affirmé en ce qui concerne le Christ, « premier-né par rapport à toute créature » (1, 15), que « tout est créé par lui et pour lui » (1, 16). Et l’auteur de la Lettre aux Hébreux rappelle aussi que « grâce à la foi, nous comprenons que les mondes ont été organisés par la Parole de Dieu, si bien que l’univers visible provient de ce qui n’apparaît pas au regard » (11, 3).

 

Cette annonce est pour nous une parole libératrice. En effet, les affirmations de l’Écriture indiquent que tout ce qui existe n’est pas le fruit d’un hasard irrationnel, mais est voulu par Dieu, fait partie de son dessein, au sommet duquel il nous est offert de participer, dans le Christ, à la vie divine. La Création naît du Logoset porte de façon indélébile la marque de la Raison créatrice qui ordonne et guide. Les Psaumes chantent cette joyeuse certitude : « Le Seigneur a fait les cieux par sa parole, l’univers, par le souffle de sa bouche » (Ps 33, 6) ; et encore : « il parla, et ce qu’il dit exista; il commanda, et ce qu’il dit survint » (Ps 33, 9). Toute la réalité exprime ce Mystère : « Les cieux proclament la gloire de Dieu, le firmament raconte l’ouvrage de ses mains » (Ps 19, 2). Par conséquent, c’est l’Écriture Sainte elle-même qui nous invite à connaître le Créateur en observant la Création (cf. Ps 13, 5 ; Rm 1, 19-20). La tradition de la pensée chrétienne a su approfondir cet élément-clé de la symphonie de la Parole, quand, par exemple, Saint Bonaventure qui, avec la grande tradition des Pères grecs, a vu toutes les possibilités de la Création dans le Logos, affirme que « toute créature est parole de Dieu, puisqu’elle proclame Dieu ». La Constitution dogmatique Dei Verbumavait résumé cet élément en déclarant qu’« en créant (cf. Jn 1, 3) et en conservant toutes choses par le Verbe, Dieu offre aux hommes dans les choses créées un témoignage durable de lui-même ».

9. La réalité naît donc de la Parole, comme creatura Verbiet tout est appelé à servir la Parole. La Création, en effet, est le lieu où se développe toute l’histoire de l’amour entre Dieu et sa créature. Par conséquent, le Salut de l’homme est la raison de tout. En contemplant le cosmos dans la perspective de l’Histoire du Salut, nous sommes amenés à découvrir la position unique et singulière qu’occupe l’homme dans la Création : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme » (Gn 1, 27). Cela nous permet de reconnaître pleinement les dons précieux reçus du Créateur : la valeur de notre propre corps, le don de la raison, de la liberté et de la conscience. En cela, nous trouvons aussi tout ce que la tradition philosophique appelle la « loi naturelle ». En effet, tout être humain qui accède à la conscience et à la responsabilité fait l’expérience d’un appel intérieur à accomplir le bien et, donc, à éviter le mal. Comme le rappelle Saint Thomas d’Aquin, tous les autres préceptes de la loi naturelle se fondent également sur ce principe. L’écoute de la Parole de Dieu nous porte avant tout à apprécier l’exigence de vivre selon cette loi « écrite dans notre cœur » (cf. Rm 2, 15; 7, 23). De plus, Jésus-Christ donne aux hommes la nouvelle Loi, la Loi de l’Évangile, qui assume et réalise de manière éminente la loi naturelle, en nous affranchissant de la loi du péché qui fait que, comme le dit Saint Paul, « ce qui est à ma portée, c’est d’avoir envie de faire le bien, mais pas de l’accomplir » (Rm 7, 18) et, par la grâce, il permet aux hommes la participation à la vie divine et leur donne la capacité de dépasser leur égoïsme.

 

10. Celui qui connaît la Parole divine connaît aussi pleinement la signification de toute créature. Si toutes les choses, en effet, « subsistent » en Celui qui est « avant toutes choses » (cf. Col 1, 17), alors celui qui construit sa propre vie sur sa Parole bâtit vraiment de manière solide et durable. La Parole de Dieu nous pousse à changer notre idée du réalisme : la personne réaliste est celle qui reconnaît dans le Verbe de Dieu, le fondement de tout. Nous en avons particulièrement besoin à notre époque, où de nombreuses choses sur lesquelles nous nous appuyons pour construire notre vie, sur lesquelles nous sommes tentés de mettre notre espérance, se révèlent éphémères. L’avoir, le plaisir et le pouvoir se manifestent tôt ou tard incapables de réaliser les aspirations les plus profondes du cœur de l’homme. En effet, pour construire sa vie, celui-ci a besoin de fondements solides, qui demeurent même lorsque les certitudes humaines s’estompent. En réalité, puisque « pour toujours, ta parole, Seigneur, se dresse dans les cieux » et que la fidélité du Seigneur dure « d’âge en âge » (cf. Ps 119, 89-90), celui qui bâtit sur cette Parole construit la maison de sa vie sur le roc (cf. Mt 7, 24). Que notre cœur puisse dire tous les jours à Dieu : « Toi mon abri, mon bouclier, j’espère en ta parole » (Ps 119, 114) et, comme Saint Pierre, que nous puissions agir tous les jours en nous en remettant au Seigneur Jésus : « sur ton ordre, je vais jeter les filets » (Lc 5, 5)!

 

Source

Par Matthieu BOUCART - Publié dans : Benoit XVI - Communauté : Les Gens du Livre
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