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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 15:13

Extrait du livre de Claude Tresmontant :  "Les métaphysiques principales". Un ouvrage indispensable pour enraciner solidement sa foi dans la raison - et répondre aux arguments de l'agnosticisme pour qui la raison humaine est incapable d'accéder avec certitude à de quelconques vérités métaphysiques. 

Métaphysiques principales

Il existe dans l’histoire de la pensée humaine quelques métaphysiques qui ne sont pas en nombre indéfini. Il existe quelques problèmes métaphysiques fondamentaux, et à ces problèmes il existe quelques solutions qui ne sont pas en nombre indéfini. Il existe aussi plusieurs méthodes en métaphysique, en tout petit nombre. Il est donc possible de constituer une typologie des métaphysiques principales (…).

 

Nous avons voulu montrer (…) qu’il existe dans la réalité historique quelques types de métaphysiques qui sont constants à travers les siècles, et que si l’on tente l’analyse logique des problèmes, il n’existe aussi que quelques types de solutions aux problèmes posés, en tout petit nombre (…). Nous avons montré comment, dans la suite des siècles, ces archétypes métaphysiques subsistent, en prenant quelques exemples particulièrement significatifs (…). Il s’agit (…) de caractériser  par quelques exemples quelques types ou modèles de métaphysiques qui sont constants à travers les siècles.

 

Cette analyse logique des métaphysiques principales permet de voir que si les solutions aux problèmes posés ne sont pas en nombre indéfini – loin de là ! – il est permis d’espérer d’en trouver la solution à la condition d’utiliser la bonne méthode, la seule méthode normale de la pensée, qui est la méthode expérimentale, la méthode scientifique.

 

Ainsi ces quelques esquisses simples et schématiques à dessein ont-elles finalement pour objet ou pour but de faire sortir, de tirer nos amis astrophysiciens, physiciens, biologistes, économistes, etc. de la morne conviction qui est la leur, conviction aujourd’hui majoritaire sur notre microscopique Planète, à savoir que l’analyse philosophique est impossible, que les questions métaphysiques sont dépourvues de signification, qu’il faut s’en tenir à la constatation du donné, etc. On a reconnu la sinistre rengaine : c’est le positivisme, le vieux et le nouveau toujours aussi vieux, qui dérive en fait du kantisme (…).

 

La méthode scientifique qui est la méthode expérimentale consiste à ne pas tenir compte des préférences subjectives de chacun dans l’analyse du donné. Mais justement, nous allons le voir, nombre de métaphysiciens à travers les siècles sacrifient volontiers le donné objectif à leurs préférences subjectives, à leurs amours et à leurs haines. C’est la raison pour laquelle la métaphysique s’est dévoyée. Et c’est la raison pour laquelle aussi nombre de philosophes – comme par exemple Nietszche, Heidegger, Sartre et bien d’autres à leur suite – ont en horreur la méthode scientifique qui est la méthode expérimentale, car elle implique, elle exige que l’on parte du donné et qu’on le respecte. Ils diraient volontiers en s’adressant au Réel donné dans l’expérience : "Eloigne-toi de nous ! Pourquoi es-tu venu nous tourmenter avant l’heure?"

 

L’abîme qui existe aujourd’hui entre la philosophie dominante telle qu’elle s’enseigne ou ne s’enseigne pas – et les sciences expérimentales, tient précisément à ce point : Tous les savants du monde sont d’accord sur le fait que le point de départ de la connaissance, c’est l’expérience objective ; que le critère de la vérité, c’est l’expérience ; qu’il faut partir du donné, l’écouter, l’ausculter, l’explorer, et que la méthode, si l’on peut dire, des déductions a priori ne vaut rien. Elle a toujours échoué et donné des résultats ridicules.

 

Les philosophes qui règnent aujourd’hui sur la Planète ne sont plus d’accord sur rien, même pas et surtout pas sur la question du point de départ de la connaissance philosophique. Il n’y a donc plus d’espoir de ce côté-là. Le seul espoir d’un renouvellement, d’une nouvelle jeunesse de la métaphysique, se présente du côté des chercheurs, des scientifiques, qui ont vu, qui ont compris l’existence et l’intérêt des problèmes métaphysiques, et qui aimeraient les traiter (…).

 

La métaphysique n’est pas quelque chose de mystique, ni de magique, ni d’irrationnel. La métaphysique est tout simplement l’analyse logique complète, intégrale, du donné de notre expérience. Il s’agit tout simplement de s’instruire en ce qui concerne ce qui est donné dans notre expérience, dans toute notre expérience, et de s’efforcer de raisonner correctement.

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Published by Matthieu BOUCART - dans Bibliographie
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