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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 00:00

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 13:09

Bertrand Vergely, philosophe et théologien orthodoxe, nous livre sa réflexion sur le "mariage gay". Voici aujourd'hui la troisième et dernière partie de son texte. 

9. Dans le même ordre d’idées, il importe de distinguer un enfant que l’on fait d’un enfant que l’on fait faire. Quand un couple fait un enfant, l’enfant est une personne. Le fait de faire un enfant se passant entre des personnes qui s’aiment et pour qui l’enfant n’est pas une marchandise ni l’objet d’un trafic. Quand on fait faire un enfant par un tiers, l’enfant n’est plus une personne, mais un objet voire une marchandise dans un trafic. Témoin le fait de louer le ventre d’une mère porteuse ou les services d’un géniteur.

 Lionel Jospin faisait remarquer qu’il n’y a pas un droit à l’enfant, mais un droit de l’enfant. Si le mariage gay avec procréation assistée est adopté, le droit DE l’enfant va être sacrifié au profit du droit A l’enfant. Sous prétexte de donner un droit à l’enfant aux homosexuels, l’enfant considéré comme objet n’aura plus droit symboliquement au statut de personne. Alors que le monde des droits de l’homme s’efforce de lutter contre la réification de ce dernier, au nom du droit à l’enfant, on va réifier ce dernier. 

Il va y avoir en outre des questions pratiques à gérer. D’abord le coût. Pour qu’un couple d’hommes puisse avoir un enfant, il va falloir louer le ventre d’une mère porteuse. Ce qui n’est pas donné, le prix moyen se situant entre 80.000 et 100.000 euros. Comme les couples gays vont réclamer que la facture soit réglée par la Sécurité Sociale au nom du droit à l’enfant pour tous et de l’égalité, comment celle-ci va-t-elle faire pour faire face à cet afflux de dépenses au moment où son déficit se creuse ? Qui va payer et comment ?

Par ailleurs, l’État prenant en charge les mères porteuses, il va falloir aller chercher celles-ci ou bien créer un service spécial. L’État se refuse à devenir un État proxénète en autorisant et en organisant le trafic du sexe de la femme. Pour que la procréation médicalement assistée puisse exister, il va falloir qu’il devienne quelque peu trafiquant et qu’il organise le trafic des ventres. Ce qui ne va pas être une mince affaire. Quand un couple ne sera pas content du bébé d’une mère porteuse et qu’il décidera de le rendre, que va-t-on faire ? Obliger le couple à garder l’enfant ? En faire un orphelin ? Payer la mère porteuse pour qu’elle le garde ? Et qui payera le psychiatre qui devra soigner  l’enfant ainsi ballotté et quelque peu perturbé ?

10. Ce problème rencontré dans le fait de faire faire un enfant va se retrouver avec celui de l’éduquer. Une chose est d’avoir un père et une mère, une autre d’avoir deux pères et deux mères. Obliger un enfant à naître et à grandir dans un couple homosexuel va se confondre avec le fait d’interdire à un enfant de savoir ce qu’est le fait d’avoir un père et une mère. A-t-on le droit d’enlever ce droit à un enfant ? Si tel est le cas, cela voudra dire que pour que les homosexuels aient droit à l’égalité les enfants des couples homosexuels seront condamnés à ne pas être des enfants comme les autres.

Certes, les orphelins n’ont pas leur père ou leur mère. Mais, il s’agit là d’un accident et non d’une décision. Avec le droit pour couples gays d’avoir un enfant, les orphelins ne seront pas le produit d’un accident de la vie mais d’une institutionnalisation délibérée. Ils seront obligés par la société de n’avoir soit pas de père, soit pas de mère.

À cette situation qui ne manquera pas de produire à un moment ou à un autre des mouvements de révolte s’adjoindra une autre difficulté. L’enfant de couples gays n’aura pas droit à une origine réelle, mais à une origine absente. À la case père ou mère il y aura un blanc. Ce qui n’est pas simple à porter. Qu’on le veuille ou non, l’enfant ne pourra pas ne pas se sentir coupable, la propension naturelle des enfants étant de se culpabiliser quand l’équilibre familial n’est plus respecté.

En conclusion, les partisans du mariage gay, de l’adoption et de la procréation médicalement assistée pour couples gays rêvent quand ils voient dans ce projet un progrès démocratique sans précédent. Ils croient que tout va bien se passer. Cela ne va pas bien se passer. Cela ne peut pas bien se passer pour la bonne raison que tout a un prix.

Ne croyons pas que l’on va remettre la différence sexuée en voyant en elle une pratique parmi d’autres sans que cela ait des conséquences. N’imaginons pas que des enfants fabriqués, à qui l’on aura volé leur origine, seront sans réactions. Ne pensons pas que la disparition des notions de père et de mère au profit de termes comme parent I ou parent II permettront l’existence d’une humanité plus équilibrée et mieux dans sa peau.

On prétend résoudre des problèmes par ce projet de loi. On ne va pas en résoudre. On va en créer. Le 20e siècle a connu la tragédie du totalitarisme et notamment du projet insensé de créer un homme nouveau à travers une race ou une classe. Ne cédons pas à la tentation de fabriquer un homme nouveau grâce à la Science et au Droit. Tout ne se décrète pas. Tout ne s’invente pas. Il existe des données naturelles de la famille. N’y touchons pas. Ne jouons pas avec le feu. Ne jouons pas à être des apprentis sorciers. Le Tao voit dans la complémentarité entre le féminin et le masculin une loi d’équilibre dynamique fondamentale de l’univers. Ne touchons pas à cette loi d’équilibre.

Nous avons tous des amis homosexuels que nous respectons, que nous estimons et que nous aimons. Qu’ils soient d’une profonde moralité, nous n’en doutons pas. Qu’ils soient capables d’élever un enfant, nous n’en doutons pas non plus. Qu’un enfant puisse être plus heureux dans un couple homosexuel que dans certains couples hétérosexuels, nous n’en doutons pas une fois encore. Que cela soit une raison pour légaliser le mariage gay et permettre l’adoption ou la procréation médicalement assistée pour couples gays, c’est là une erreur.

Une chose est une loi, une autre est un cas particulier. On ne fait pas une loi avec des cas particuliers, mais à partir d’une règle tenant compte de tout ce qu’il y a derrière. S’agissant du mariage gay avec adoption et procréation médicalement assistée, il y a derrière une telle règle trop de choses dangereuses et graves pour que celle-ci puisse devenir une loi allant dans le sens des intérêts fondamentaux de l’être humain.

La Gauche a le pouvoir à l’assemblée et peut décider de passer en force grâce au nombre de ses voix et ce afin de paraître de gauche. Elle peut choisir de préférer la Gauche à l’être humain. Elle s’honorera de choisir l’être humain plutôt que la Gauche, sachant qu’en servant l’être humain elle est sûre de servir ses propres intérêts alors que l’inverse n’est pas sûr. Tant il est vrai que l’on n’a jamais intérêt à scandaliser l’honnête homme en l’obligeant à devoir se soumettre par la contrainte à ce que sa raison répugne à accepter par respect pour la raison.

Le mariage gay qui nous propose une grande noyade collective dans l’amour n’est pas raisonnable. La mise en question de la distinction entre homme femme ravalée au rang de pratique sexuelle n’est pas raisonnable. Vouloir avoir un enfant à tout prix en recourant soit à l’adoption, soit à un père donateur, soit à une mère porteuse n’est pas raisonnable. Ne plus parler de père et de mère mais de deux pères ou de deux mères n’est pas raisonnable. En un mot, bidouiller une famille grâce à un montage juridico-médical et appeler cela famille n’est pas raisonnable. Les mots ont du sens quand ils renvoient à une réalité. Quand ils ne sont plus que ce que l’on décide qu’ils doivent être, on n’est plus dans le domaine du sens, mais de la confusion. Le règne de la confusion, sa dictature et avec elle la confusion des esprits et des comportements, n’est-ce pas ce dont nous souffrons déjà et qui risque de nous engloutir ? Est-il besoin d’en rajouter ?

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 23:13

Bertrand Vergely, philosophe et théologien orthodoxe, nous livre sa réflexion sur le "mariage gay". Voici aujourd'hui la deuxième partie de son texte.

Au-delà de cette question qui concerne tout le monde, les hétérosexuels comme les homosexuels, la question du mariage gay pose un certain nombre de questions qu’il importe d’examiner avec attention, la principale d’entre elle étant celle du même. Au nom de l’égalité et du refus d’établir des discriminations, est-il possible d’établir une équivalence entre tous les couples ? Trois éléments s’y opposent.

6. En premier lieu, pour une simple question de réalité et de donnée objective, on ne peut pas mettre sur le même plan hétérosexualité et homosexualité, un homme et une femme n’étant pas la même chose que deux hommes et deux femmes. Les couples hétérosexuels ne sont pas des couples homosexuels ni les couples homosexuels des couples hétérosexuels. Établir une équivalence entre les deux revient à nier la réalité en opérant une grave confusion entre genre et pratique. Avant d’être une pratique, l’hétérosexualité est un genre et pas une pratique, alors que l’homosexualité est une pratique et non un genre. La preuve : pour être homosexuel, il faut d’abord être homme ou femme. Si demain, au nom de l’égalité, tout est mis sur le même plan, la pratique particulière dictant ses lois au genre, un processus dangereux va s’engager à savoir celui de la disparition à plus ou moins long terme de la différence sexuée. On va alors assister à un effet dictatorial. Pour que les homosexuels puissent exercer leur droit à l’égalité, l’humanité va être interdite de faire une différence entre homme et femme, voir dans l’hétérosexualité un fondement et non une pratique étant considéré comme une pratique discriminatoire. Une nouvelle humanité va voir alors le jour. Nous vivions jusqu’à présent dans un monde marqué par la différence. Nous allons connaître un monde nouveau fondé sur l’indifférenciation. Quand on sait que la différence est le propre du vivant et l’indifférencié le propre de la mort, un principe de mort va désormais servir de principe pour guider l’humanité.

7. La difficulté soulevée par l’équivalence décrétée entre tous les couples se retrouve au niveau des enfants. Comme il semble qu’on l’ait oublié, il importe de rappeler qu’un couple homosexuel ne peut pas avoir d’enfants. On peut le déplorer, mais c’est ainsi, deux hommes et deux femmes ne peuvent pas procréer. Ceci veut dire que, pour qu’il y ait procréation l’homme a besoin de la femme et la femme de l’homme.

Les homosexuels réclament de pouvoir avoir un enfant. Ils se fondent pour cela sur le droit qui est accordé aux couples hétérosexuels d’adopter ou de procéder à une procréation médicalement assistée. Ils oublient ou font semblant d’oublier que ce n’est pas le droit qui les empêche d’avoir un enfant mais la Nature.

Certes, un couple hétérosexuel peut adopter ou passer par la procréation assistée afin d’avoir un enfant. Il importe de souligner toutefois qu’un enfant adopté par un couple hétérosexuel n’a pas et n’aura jamais le même sens qu’un enfant adopté par un couple homosexuel. Lorsqu’un couple hétérosexuel adopte un enfant, il le fait pour pallier un problème de stérilité. Lorsqu’un couple homosexuel veut adopter un enfant, il le fait pour contourner une impossibilité. Le registre symbolique n’est pas le même, vouloir contourner une impossibilité à l’aide d’une loi nous situant dans le domaine de la fiction prométhéenne et non plus dans celui de la réalité humaine.

8. Jusqu’à présent, la rationalité de la société repose sur la notion de limite et avec elle sur l’idée que tout n’est pas possible. Tout ne se décrète pas. Tout ne se fabrique pas. Limite positive autant que protectrice, l’idée que tout ne se décrète pas nous préservant de la dictature du Droit et l’idée que tout ne se fabrique pas nous préservant de la dictature de la Science. Avec le mariage gay et l’ouverture à la possibilité pour couples gays de recourir à l’adoption ainsi qu’à la procréation médicalement assistée, il va en être autrement. L’idée que rien n’est impossible va voir le jour en enterrant la notion de limite. Voyant le jour, plus rien ne va nous protéger de la dictature du Droit et de l’idée que tout peut se décréter. Plus rien ne va nous protéger de la dictature de la Science et de l’idée que tout peut se fabriquer. On obéissait la Nature qui, comme le dit Montaigne, est « un doux guide ». Nous allons désormais obéir à la Science et au Droit. La Nature évitait que l’Homme n’obéisse à l’Homme.  Désormais, l’Homme va obéir à l’Homme sans que l’Homme n’obéisse à quoi que ce soit. Dostoïevski au 19e siècle comme Léo Strauss au 20e siècle voyaient dans le « Tout est possible » l’essence du nihilisme. Ils redoutaient comme Nietzsche que celui-ci n’envahisse l’Europe en ne se faisant aucune illusion cependant à ce sujet. Avec le mariage gay, l’adoption et la procréation assistée pour couples gays, le « Tout est possible » va devenir une réalité et, avec lui, le nihilisme sous la forme du triomphe sans partage de la Science, du Droit et de l’Homme.

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 00:26

Bertrand Vergely, philosophe et théologien orthodoxe, nous livre sa réflexion sur le "mariage gay". Voici aujourd'hui la première partie de son texte. 

1. Il importe d’abord de distinguer la question de l’homosexualité de celle du mariage gay. L’homosexualité appartient à la sphère privée et renvoie à une histoire singulière. C’est ainsi, il y a des personnes dans la société dont la manière d’aimer consiste à aimer une personne du même sexe. Pourquoi en est-il ainsi ? Nous n’en savons rien et nous ne le saurons sans doute jamais, tant il y a de raisons possibles à cela. Toujours est-il qu’il s’agit là d’une réalité que la société se doit de respecter en offrant aux couples homosexuels une protection de leur vie privée au même titre que celle dont peut jouir chaque citoyen.

[COMMENTAIRE : Il me paraît pour le moins discutable d'affirmer que nous ignorons les causes de l'homosexualité. Il en est différentes qui ont bien été identifiées par Arnaud Dumouch. La principale cause, évoquée par Tony Anatrella ou dans le très intéressant enseignement du Docteur Bernard Dubois sur Exultet, est d'ordre psychologique ; elle réside dans une perturbation de la croissance psycho-affective de l'enfant dans sa relation avec ses parents. Cette perturbation est malheureuse et provoque chez lui, à l'adolescence et à l'âge adulte, un trouble d'identité. Mais - et c'est quelque chose qui est peu dit - elle n'est pas absolument irrémédiable. Un changement est possible si l'on veut bien s'en donner les moyens (psycho-thérapeutiques, spirituels...). Ils passent par une réconciliation avec soi-même, son identité, son corps, sa sexualité ; une réconciliation avec ses parents (en particulier le parent du même sexe) ; une réconciliation avec Dieu, qui a fait de moi ce que je suis - un homme ou une femme, en tout état de cause : une merveille.

On ne peut donc séparer tout à fait le mariage gay de la question de l'homosexualité. Le mariage gay fait problème parce que l'homosexualité fait problème - et provoque de grandes souffrances chez les homosexuels, que nous devons traiter avec délicatesse et compréhension. La proposition du mariage homosexuel procède d'une ignorance de ce qu'est profondément l'homosexualité. L'homosexualité, parce qu'elle est la traduction sexuelle d'un trouble identitaire, ne peut être encouragée d'aucune manière - et c'est un mensonge de faire croire aux homosexuels qu'ils seront heureux en vivant selon leur tendance dans une imitation du modèle familial naturel. Ce n'est pas une preuve d'amour envers les homosexuels que de leur proposer de s'installer dans une situation de trouble, génératrice d'angoisse existentielle, de peur (envers les personnes de l'autre sexe) et de violence intérieure (le plus souvent contre le parent du même sexe) sans chercher à les aider à en sortir. Comme disait le Père Daniel-Ange : "J'ose te demander de tout aimer chez l'homosexuel, au point de ne rien accepter de son homosexualité. L'aimer assez pour rejeter ce qui l'abîme. L'aimer assez pour ne pas prétendre que son homosexualité le rend heureux. L'aimer pour lui-même, afin qu'il aime en Vérité!"]

2. Le mariage gay relève en revanche d’une question qui regarde tout le monde, celui-ci étant appelé à bouleverser de manière irréversible la norme en vigueur en établissant une nouvelle norme en matière de famille, de filiation et de transmission, s’il vient à être adopté. 

3. À l’origine, le mariage est une donnée naturelle. C’est ainsi, pour faire naître la vie un homme et une femme s’unissent et procréent un enfant. En établissant le mariage comme institution, la société a donné un cadre juridique à cette donnée naturelle afin de la protéger.

4. Il s’avère qu’aujourd’hui le mariage, la filiation et la transmission ont changé de sens. La procréation n’est plus l’unique sens du mariage, le mariage-sentiment ayant tendance à l’emporter sur le mariage-procréation. De même, l’enfant n’a plus pour unique sens d’être le fruit de l’union d’un couple, le désir d’enfant introduisant des demandes d’enfants de la part de personnes seules ou des demandes d’adoption ou de procréation assistée de la part de couples stériles.

5. La question qui se pose dès lors  et qui concerne tous les couples, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels, est celle de savoir si le sentiment doit devenir l’unique sens du mariage et si le désir d’enfant d’où qu’il vienne doit devenir la raison d’être de ce dernier. Elle est également le fait de savoir si ce qui se fait doit devenir la norme de ce qui est. Si tel est le cas, il faut savoir que rien ne va pouvoir s’opposer formellement  à ce qu’on lève désormais l’interdit de l’inceste au nom du droit de s’aimer pour tous. Le sentiment en dehors de toute donnée naturelle devenant la norme, au nom de l’amour un père pourra réclamer d’épouser sa fille voire son fils, une mère son fils voire sa fille, une sœur son frère ou sa sœur, un frère sa sœur ou son frère. Si tel est le cas, tout étant noyé dans l’amour érigé en droit au-dessus de toute réalité, plus personne ne sachant qui est qui, il y aura fatalement une crise d’identité et avec elle un problème psychique majeur. Les tendances psychotiques générées par l’individualisme hédoniste pour qui le réel n’existe pas et ne doit pas exister vont se renforcer. 

Un père étant aussi un amant et une mère une amante, il va devenir impossible de parler de père et de mère et donc de savoir qui a autorité pour élever des enfants. En ce sens, la famille va littéralement exploser.

Enfin, l’interdit de l’inceste étant levé, c’est le sens même du devenir de l’être humain qui va être atteint, le sens de cet interdit  étant de rappeler aux êtres humains qu’ils sont faits pour devenir, en épousant, non seulement un autre hors de sa famille mais aussi de son sexe et non pour demeurer dans la même famille et le même sexe.

En ce sens, le législateur qui va devoir se prononcer sur le mariage homosexuel a de lourdes responsabilités. S’il décide de faire du mariage une affaire de droit et de sentiment en dehors de toute donnée naturelle, il introduira dans la cité la ruine possible de l’identité psychique, de la famille ainsi que du devenir symbolique de l’être humain.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 00:00

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 00:00

C'était dimanche dernier, à la mémorable et historique Manif pour tous. De loin la meilleure intervention!

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 10:51

En finir avec le réel

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 11:52

Disparus.jpg

Valls

Coluche

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 20:52

Manif pour tous

« Quand des centaines de milliers de personnes réunies en famille (associées aux prières et aux pensées de centaines de milliers d'autres n'ayant pu venir) défilent sans demander d'avantages matériels et, fait remarquable, sans rien demander pour elles-mêmes, mais en ayant en vue seulement du qualitatif, tels que l'intérêt supérieur de la Nation et celui de la société humaine tout entière, on peut affirmer qu'il s'agit d'une élite civique, et qu'elle s'est manifestée simplement et nettement. » (Daniel Depaix, sur Facebook)

Manif pour tous Champs de Mars

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 15:48

Monseigneur Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, s’est rendu en novembre dernier au Liban pour donner à Beyrouth une conférence sur les aspects psychologiques de la théorie du « genre » et le « mariage » entre personnes de même sexe. Il travaille le sujet depuis de très nombreuses années et a publié différents livres à ce propos : La différence interdite et Époux, heureux époux (chez Flammarion), La tentation de Capoue (éditions Cujas) et Le règne de Narcisse (Presses de la Renaissance) qui vient d’être réédité. Il a également publié un dossier remarqué dans Documents Épiscopat sur le thème Mariage et homosexualité  n° 9/2004. 

Monseigneur Tony Anatrella a accepté de répondre aux questions de Zenit au moment où la France se prépare à déposer à l’Assemblée Nationale un projet de loi favorisant le mariage entre personnes de même sexe. 

Zenit - Vous êtes allé en Afrique aborder ces questions et maintenant au Proche-Orient, comment les gens réagissent-ils ? 

Mgr Tony Anatrella - Ils pensent que les occidentaux perdent la raison en voulant imposer les concepts de la théorie du genre et la reconnaissance sociale de l’homosexualité, voire le mariage entre personnes de même sexe. Ils savent que ce phénomène existe mais il leur semble déraisonnable de vouloir les marier. Ils ne veulent surtout pas se calquer sur ce qui se passe en Occident où l’on tente de transformer le Code civil pour donner un statut à ce type d’orientation sexuelle. Ils ont surtout davantage le sens du mariage et de la famille qui tendent à s’estomper en Occident. Ils ne trichent pas avec les mots. 

Zenit - Est-ce que cela veut dire que les mots ne sont plus utilisés de la même façon ? 

Mgr T. Anatrella - Pour eux, les mots ont un sens et il n’est nul besoin de les manipuler et de les appliquer à des réalités qui ne peuvent pas être désignées à travers un langage qui ne leur convient pas. Les politiques n’ont pas le sens des mots parce que leur langage n’est pas en lien avec les réalités. Ainsi le mot mariage est dénaturé en étant appliqué à des situations qui lui sont contraires. Ou encore avoir deux papas ou deux mamans est une duperie. Comment les enfants pourront-ils avoir le sens de la vérité quand on donne aux mots un sens qu’ils n’ont pas ? Les Africains et les Orientaux ne confondent pas des situations de fait et des cas d’espèces avec ce qui est essentiel dans ce qui constitue le mariage ; pour eux c’est une mascarade ! 

Zenit - Vous travaillez surtout sur des questions structurelles avant de vous arrêter à ce qui est vécu ? 

Mgr T. Anatrella - Oui, c’est ce que je m’efforce de faire. S’il ne convient pas de blesser ces personnes, il faut insister sur les structures qui sont en cause et expliquer pourquoi tout n’est pas dans tout. Le couple et l’amour conjugal existent uniquement entre un homme et une femme. On a tendance à inverser le sens de ces réalités et à leur donner une signification qu’elles n’ont pas. Le texte anthropologique de la Congrégation pour la doctrine de la foi de juillet 2003 Considérations sur la reconnaissance juridique des unions entre personnes de même sexe est très clair et réaffirme l’idée que ne pouvant pas accepter ce type d’amour (plutôt narcissique), le duo de personnes de même sexe ne peut pas former un couple. De plus, vouloir valoriser la relation homosexuelle dans le mariage ou dans un mode juridique qui s’en rapproche, n’est pas soutenable, comme le rappelle ce texte de 2003 qui sert de référence en la matière. 

Zenit - Il n’y aurait aucune égalité entre le couple formé par un homme et une femme, et ce que vous appelez le « duo » de personnes de même sexe ? 

Mgr T. Anatrella - Aucune ! La société n’a pas « besoin » de l’association entre personnes de même sexe à la différence de ce qui se joue dans un couple réel. Elle reste un fait privé et l’on se trompe de registre en le traitant politiquement. La société ne se partage pas entre hétérosexuels et homosexuels, mais entre hommes et femmes. De ce fait, on s’égare dans la réflexion en parlant de couple hétérosexuel et de « couple » homosexuel car le premier repose sur les deux seules identités sexuelles qui existent et le second sur des orientations sexuelles développant une gamme de désirs pas toujours des plus élaborés psychiquement. Il n’y a qu’un seul couple : celui formé par un homme et une femme qui implique l’altérité sexuelle et le générationnel. Il est regrettable que les responsables politiques ignorent ces données de base de la vie psychique et celles qui fondent la société à partir, entre autres, de la différence sexuelle. 

Zenit - Ce qui posera un problème pour l’égalité entre enfants ? 

Mgr T. Anatrella - Évidemment. Mais dans le moralisme ambiant de la tolérance on va vouloir faire taire cette question qui sort de la bouche des enfants lorsqu’ils disent : « c’est bizarre d’avoir deux papas ou deux mamans ». Pourtant, ils disent la vérité. Le sens de l’égalité des droits à tout prix, qui nivelle et réduit à la similitude, est une maladie infantile de la pensée actuelle qui empêche de réfléchir et de savoir discerner ce qui est authentique, juste et bénéfique pour la société et les enfants. Il est tout aussi impensable d’éduquer les enfants à partir de l’homosexualité comme on envisage de le faire à l’école. Et encore davantage car avec cette loi nous allons créer deux catégories d’enfants : ceux avec un père et une mère et d’autres qui seront avec deux « papas » ou deux « mamans ». Ce n’est pas parce que des enfants vivent relativement « bien » cette situation qu’elle se justifie. Ils ont une capacité d’adaptation formidable alors qu’en même temps sans le savoir ils seront privés d’aspects essentiels au développement de leur personnalité. Si des problèmes se posent – car ils se poseront – on accusera une fois de plus la société, pour dire qu’elle est responsable et on organisera des campagnes de communication pour mieux faire accepter une situation qui pourtant fait objectivement problème. Nous sommes et nous restons dans un climat de propagande qui fait que les gens s’habituent, sans prendre conscience de la déviance que représentent ces relations de fait. 

Zenit - Il semble que ce soient surtout les enfants qui deviennent l’enjeu de ce mariage pour tous qui ouvrirait la porte à l’adoption ? 

Mgr T. Anatrella - La plupart des enfants qui se retrouvent dans un contexte homosexuel sont nés d’un homme et d’une femme qui se sont séparés parce que l’un des deux parents souhaitait vivre son homosexualité. Il y a quelques cas de femmes qui ont pu bénéficier en Belgique de la PMA et se retrouvent ainsi « mères » tout en étant liées à une autre femme. Il existe également des arrangements et des bricolages biologiques afin de parvenir à une fécondation artificielle entre un homosexuel et une lesbienne. Autrement dit, elles commettent un acte transgressif et illégal (la loi en France interdit ces pratiques) et ensuite elles veulent obliger la loi civile à reconnaître légalement ce qui pourrait s’apparenter symboliquement à une sorte de vol d’enfant. Il s’agit de cas d’espèces qui posent de très nombreux problèmes et dont on ne peut pas faire une norme. Ce qui veut dire que les militants homosexuels, une très faible minorité, exercent une forme de chantage en affirmant gratuitement que ces enfants, en cas de décès du parent, se retrouveraient seuls alors que pour la plupart d’entre-eux, ils ont été conçus dans le cadre d’une relation entre homme et femme et sont reconnus par leur père et leur mère qui demeurent leurs véritables parents. Ils ne sont pas abandonnés et sans protection juridique. 

Zenit - Que cherche-t-on à légaliser ? 

Mgr T. Anatrella - Il existe un besoin de reconnaissance, mais de quelle reconnaissance s’agit-il ? Une question à examiner car le mariage n’est pas la réponse : il est un symptôme. Les militants agitent des arguments qui n’en sont pas et prennent ainsi en otage les enfants pour justifier leur situation et se considérer comme « tout-le-monde ». Mais vouloir à tout prix prouver que l’on est « normal », suscite un doute et révèle en fait le malaise de ceux qui prétendent l’être. Un enfant n’est pas un objet transitionnel ! Qu’on le veuille ou non, on joue avec les mots car il ne s’agit pas de familles normales puisque ce qualificatif est à la mode. Qu’est-ce que l’on cherche à légaliser à travers toutes ces manœuvres qui font, répétons-le, symptômes ? Cela a commencé avec le PACS comme je l’avais indiqué à l’époque, on continue à déconstruire et à effacer progressivement toutes les institutions qui représentent la différence sexuelle comme, entre autres, le mariage. C’est pourquoi la notion d’homme et de femme et celle de père et de mère seront supprimées à certains endroits du Code civil dans l’aveuglement, une fois de plus des citoyens. Le mariage sera réduit à être un simple contrat affectif indéterminé. Et ce n’est pas parce que 11 pays sur 200 dans le monde l’ont fait qu’il faut à notre tour commettre la même erreur. 

Zenit - Est-ce un conflit entre la vision du mariage religieux et du mariage civil ? 

Mgr T. Anatrella - Ce n’est pas le problème – dans lequel on voudrait nous enfermer. Le ministre porte-parole du gouvernement a dit : « Ce n’est pas à la conception religieuse de la famille que nous touchons, mais à la définition civile du mariage et de l’adoption » (AFP 7 novembre 2012). Un commentaire étonnant car les critiques qui sont portées contre cette loi ne sont pas d’ordre religieux. Dire que le mariage repose sur l’altérité sexuelle de l’homme et de la femme, et que l’enfant a légitimement besoin d’un père et d’une mère ne sont pas des références religieuses mais psychologiques et anthropologiques. La loi qui veut redéfinir le mariage est un instrument de divisions et de troubles civils. Elle n’est pas un progrès pour toute la société, elle est plutôt une agression et une violence faite contre elle. Elle est une diversion à l’égard des problèmes réels de la société. 

Les promoteurs de cette loi vont ensuite reprocher à ceux qui présentent des critiques rationnelles, leur agressivité. D’une part celle-ci n’existe pas car les propos sont posés et bien pensés et d’autre part les initiateurs de cette loi attribuent aux autres leur propre agression légale. Il ne revient pas à la loi civile de transgresser ce qui est de l’ordre du mariage et de la filiation car en ce domaine ce qui fait principe est la loi symbolique de la différence sexuelle qui n’est pas à la libre disposition de l’État pour servir des intérêts particuliers. Agir autrement serait psychologiquement incohérent, juridiquement inique et politiquement transgressif. Une loi votée démocratiquement n’est pas forcément bénéfique ! Celle-là sera injuste parce qu’inauthentique. Selon un arrêt de la Cour de cassation (du 6 avril 1903) « Le mariage ne peut être légalement contracté qu’entre deux personnes appartenant l’une au sexe masculin et l’autre au sexe féminin ». Tout le reste ne serait qu’une illusion organisée de façon répressive.

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