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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 14:17

Cette semaine, un grand homme nous a quitté. Un prêtre de l’Eglise catholique. L’abbé Pierre. Un géant de l’amour fraternel, un géant de la charité. Un homme auquel on voudrait ressembler. Ne serait-ce qu’un tout petit peu…

J’ai été personnellement profondément ému par toutes les manifestations d’amour que son départ pour le ciel a provoquées chez beaucoup de gens. Des gens si différents pourtant : croyants de toutes religions et athées, riches et pauvres, jeunes et vieux,… Même notre République laïque s’est humblement inclinée devant cet homme de Dieu. C’est dire la puissance de l’Amour…

La messe de funérailles de l’abbé Pierre a fait remonter dans mon cœur le souvenir d’une autre messe de funérailles, célébrée celle-ci il y a un peu moins de deux ans. Celle de notre bien aimé Jean-Paul II. Ici comme là, on a retrouvé la même ferveur populaire, le même hommage unanime rendu par une foule innombrable « de toutes langues, races et nations », faisant taire ainsi l’espace d’un instant les divisions et les clivages qui déchirent d’ordinaire notre humanité. Comme une manifestation de la « bonne odeur du Christ »… Comme une anticipation aussi de ce qui se produira à la fin des temps (telle est en tout cas notre espérance !), lorsque l’humanité comprendra enfin de quel amour elle est aimée, et de quelle manière cet amour s’est manifesté à elle dans la vie de tous les saints, de Jean-Paul II comme de l’abbé Pierre. Ainsi que Gérard Leclerc l’écrit au sujet de ce dernier dans le journal France Catholique : « Il suffisait de le voir célébrer sa messe pour comprendre où était le secret de son cœur et la source de sa charité, brûlante comme la justice et compatissante comme la grâce. »

Bien sûr, je fais partie de ceux qui ont été profondément blessés par certaines paroles ou prises de position de l’abbé. Mais je crois que l’heure est au pardon (« il lui sera beaucoup pardonné parce qu’il a beaucoup aimé ») et à la reconnaissance. Reconnaissance envers son œuvre. Enorme. Gigantesque. Au-delà de ce qui était sans doute humainement concevable et possible. Reconnaissance aussi – et surtout ! – envers Dieu, pour la puissance qu’il a bien voulue manifester au monde, dans la pauvreté de cet homme.

Au fond, l’abbé Pierre a été pauvre jusque dans sa doctrine. Il n’avait rien pour plaire : « Il n'était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n'avait rien pour nous plaire » écrit le prophète Isaïe au sujet du Serviteur. « Devant Dieu, le serviteur a poussé comme une plante chétive, enracinée dans une terre aride. » Et nous trouvons dans ce même passage d'Isaïe ces paroles prophétiques que nous pouvons méditer en resongeant particulièrement aux évènements de la semaine passée : « Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s'élèvera, il sera exalté ! Et voici qu'il consacrera une multitude de nations ; devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce qu'on ne leur avait jamais dit, ils découvriront ce dont ils n'avaient jamais entendu parler. Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? A qui la puissance du Seigneur a-t-elle été ainsi révélée ? » (cf. Isaïe, chapitres 52 et 53)

L’abbé Pierre ne sera sans doute jamais canonisé. Et à juste titre. Mais je le tiens pour un saint. La sainteté, me semble-t-il, n’implique pas nécessairement l’infaillibilité, ainsi que nous le voyons dans l’Evangile au sujet de la Mère de Dieu elle-même qui, toute immaculée qu’elle soit, a dû cheminer dans l’obscurité de la foi, et consentir à ne pas tout comprendre du dessein de Dieu, gardant et méditant dans son cœur tous les mystères de la vie de Jésus. L’Eglise elle-même n’est assurée du charisme de l’infaillibilité que dans les seuls domaines de la foi et de la morale. Elle n’est pas préservée pour le reste, et l’Histoire témoigne contre elle de beaucoup d’égarements pour lesquels le Pape Jean-Paul II lui-même avait imploré, on s’en souvient, la miséricorde divine, cette même miséricorde à laquelle le Pape Benoît XVI a confié l’abbé Pierre.

Dernière remarque enfin : ce n’est pas la première fois que j’observe une étonnante corrélation entre les textes bibliques que l’Eglise nous donne à méditer au cours des messes du dimanche, et les évènements du monde. Je suis ainsi particulièrement touché par ce texte que nous lirons demain, dans la 1ère épître aux Corinthiens (chapitres 12 et 13), texte que nous connaissons certes bien, mais qui prend un relief particulier avec le départ de l’abbé Pierre, comme une ultime Parole donnée par le Seigneur pour nous encourager à suivre son admirable exemple et à nous engager résolument, à notre tour, sur le chemin du don total de nous-même et de l’amour :

« Frères, parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres.

« J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.

« J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien.

« J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien.

« L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.

« L'amour ne passera jamais. »

Revoir l'hommage rendu à l'abbé Pierre sur la chaine de TV KTO, et la messe de funérailles

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1 octobre 2006 7 01 /10 /octobre /2006 19:37

Cher Pasteur,

Tout d’abord, c’est un réel plaisir pour moi que de débattre avec vous.

Votre dernière missive m’inspire de nombreuses réflexions. Les voici :

1°) « Tout d’abord, écrivez-vous, une mise au point : le titre de l’article qui vous a fait réagir était Benoît XVI accablé par ses défenseurs, ce qui je crois est assez explicite, c’est plus les réactions de défenses du pape par des catholiques et des athées qui eux affirmaient de façon tout aussi explicite que Manuel II Paléologue que l’Islam était une religion intrinsèquement violente. C’est cette réaction qui me permettait de dire que Benoît XVI avait par ses propos incité à la haine de l’autre et donc s’était montré anti-évangélique. » : Mais croyez-vous, cher Pasteur, qu’il soit absolument pertinent d’apprécier la justesse et la validité d’une parole au regard seulement des extrapolations qu’ont pu en faire certains esprits plus ou moins bien intentionnés ? Que ces extrapolations soient fondées ou non, elles ne constituent pas l’expression de la pensée du Pape, et il ne me paraît pas légitime d’assimiler les deux points de vue.

Êtes-vous d'ailleurs si sûr que ce soient les propos du Pape qui aient été la cause directe des réactions « anti-musulmanes » observées au lendemain du discours de Ratisbonne ? Vous écrivez  que « Benoît XVI s’est à présent désolidarisé de sa citation (ce qu’il n’avait pas fait lors de son discours). ». Mais relisez attentivement le texte du discours : vous serez bien obligé de constater que le Pape se démarque nettement de la citation de l’Empereur Byzantin, et n’entretient aucune équivoque quant à sa propre pensée, ainsi que l'a déjà fort bien relevé Mickaël sur son Blog.

Un article de votre part sur la redoutable capacité des médias à lancer de fausses informations et à provoquer ainsi des tensions « sur commande » et des remous à l’échelle planétaire m’aurait paru relever d’une analyse plus fine et plus juste de la situation. Le vrai scandale n’est pas le discours du Pape, mais la manipulation médiatique éhontée qui a voulu faire dire au Saint Père l’exact contraire de ce qu’il a dit et de ce qu’il pense, au risque de mettre le monde à feu et à sang...

2°) « l’explication que vous donnez de l’événement ne me paraît pas convaincante du tout. Si Benoît XVI voulait, par une citation provocante, interpeller l’Islam, il aurait mieux valu le faire dans un discours ou une déclaration adressé directement aux musulmans plutôt que par une citation lancée au détour d’un discours sur la raison qui n’a rien à voir avec la question » : vous auriez dû être Pape, cher Pasteur ! Pour ma part, je trouve plutôt intelligent qu’un tel sujet ait été abordé devant un public averti, au cours d’une « conférence du style de celle de Ratisbonne, destinée à des universitaires capables de suivre une pensée particulièrement riche, et dont le développement exigeait une démonstration historique complexe » (Gérard Leclerc, dans la revue France Catholique du 22 septembre 2006).

Vous dites que le Pape a lancé au détour d’un discours sur la raison une citation provocante qui n’avait rien à voir avec la question : mais, outre que la suite de la citation manifeste bien le lien avec le sujet, « cette manière de procéder, qui consiste à remonter à un texte ancien pour arriver à son sujet, fait partie du formalisme habituel des exposés universitaires. » (Guillaume de Lacoste de Lareymondie, sur Libertépolitique.com).

Maintenant, je suis bien d'accord avec vous pour dire que cette citation avait de grandes chances de ne pas être immédiatement bien accueillies par le monde musulman. Comme l'écrit le Père Matthieu Villemot dans l'édition du 28 septembre 2006 de Paris Notre Dame : « Supposons qu'un leader musulman, dans une université coranique, cite un texte de l'empereur Julien, persécuteur des chrétiens "grands ennemis de la cité et de la paix". Aurais-je le réflexe de vérifier le contexte de la phrase, de me demander pourquoi cet imam cite un texte aussi marginal? Honnêtement, je crois que je commencerais par m'énerver. A notre époque, s'énerver est le premier réflexe. Nous nous sentons tous, tout le temps, attaqués. Souvenons-nous des polémiques entre catholiques autour du film de Mel Gibson, selon qu'on était "pour" ou "contre". Et ce n'était qu'un film! Le Pape, homme timide qui exècre la polémique, a sans doute sous-estimé ce réflexe contemporain. Mais est-ce lui qui a eu tort ou nous tous, chrétiens inclus, qui devons réapprendre à nous écouter avant de nous condamner. »

3°) Votre deuxième partie sur le dialogue interreligieux est très intéressante. Nous partageons sur ce point, je crois, les mêmes convictions. Si je fais l’amalgame comme vous dites entre dialogue interreligieux et évangélisation, c’est précisément parce que j’entends le mot évangélisation dans la même acception que vous. La mission du chrétien est d’annoncer l’évangile, nullement de l’imposer : cela serait contraire à la dignité de l’homme, et en outre totalement contre-productif. Je ratifie donc pleinement cette parole : « on ne se lance pas dans un dialogue respectueux de l’autre en ayant pour but de lui démontrer notre supériorité et de l’obliger à admettre notre point de vue. »

Le dialogue interreligieux est le lieu privilégié de la Nouvelle Evangélisation, en ce sens qu’il nous permet de dire aux autres religions quelle est notre foi. L’ouverture en direction des autres traditions religieuses n’implique donc aucun relativisme, ni aucune « trahison » de l’Evangile, ainsi que vous le reconnaissez vous-même : « cela n’implique absolument pas de renoncer à nos convictions propres. »

Mais vous avez raison de souligner en même temps que le dialogue interreligieux n’a de sens que s’il est dia-logue, c’est-à-dire échange réciproque, et je suis entièrement d’accord avec vous pour dire que « Le dialogue inter-religieux (ou avec les athées) ne peut se faire que si chaque partie est volontaire de recevoir de l’autre et de s’enrichir de conviction qui ne sont pas les siennes. »

Comme le disait St Thomas d'Aquin : « Tout homme qui dit la vérité est inspiré de l'Esprit Saint ». Cela est donc vrai aussi d'un athée, d'un musulman, ou d'un bouddhiste. Nous avons dès lors tous à apprendre les uns des autres.

Comme le dit encore le Concile Vatican II : "L'Eglise ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans les autres religions". La vérité elle-même nous incite donc à l'écoute, à l'accueil, et à la rencontre. Et comment pourrait-il en être autrement, puisque Dieu est amour... (cf. mon commentaire sur le site d'Albert Dugas).

Pour conclure sur ce point, je voudrais vous partager une très belle réflexion de Mgr Michael Fitzgerald, ancien président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, tirée d’une conférence donnée le 20 mars dernier à l’Université jésuite John Caroll de Cleveland (Etats-Unis), et publiée dans la dernière livraison de la Documentation Catholique en date du 1er octobre 2006 :

« Je voudrais mettre en relief ce que je considère moi-même comme la plus grande source d’espoir pour le dialogue interreligieux et pour ce que ce dialogue interreligieux peut apporter au monde. Je veux parler ici de l’esprit d’ouverture de jeunes étudiants. Il y a quelque 15 ans, le Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux mettait sur pied une modeste fondation, la Fondation Nostra Aetate, dans le but de pouvoir attribuer des bourses d’études à des étudiants provenant d’autres religions et désirant étudier le christianisme à Rome. Depuis lors, environ cinquante étudiants ont bénéficié de l’offre. Les résultats m’ont impressionné.

« Ces étudiants non seulement ont suivi des cours donnés par des professeurs catholiques dans des universités catholiques, fait de la recherche sur des sujets de théologie chrétienne et écrit des mémoires et thèses sur leur sujet. Ils ont aussi été enrichis par le contact avec leurs collègues d’études provenant de divers pays. Ils ont pu rencontrer des chrétiens convaincus et discuter avec eux ouvertement, chose qu’ils n’auraient souvent pas pu faire dans leur propre pays. Ils ont eu l’occasion d’assister à des cérémonies religieuses et de voir par eux-mêmes comment prient les catholiques et comment ils célèbrent leur culte. Pour autant que je le sache, aucun d’entre eux n’est devenu chrétien, mais je dirais que tous ont été changés d’une façon ou d’une autre. Ce sont là des hommes qui, une fois retournés dans leur pays, pourront présenter le christianisme de façon plus objective. Et cela, à mes yeux, est ce par quoi le dialogue interreligieux suscite un réel espoir pour l’avenir ».

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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 12:36

Cher Pasteur,

Je vous remercie tout d’abord de votre réponse. Je me réjouis que vous ayez bien voulu entrer dans le débat, dans un esprit d’ouverture et de dialogue. C’est la grande merveille des Blogs, je trouve, que de « ressusciter » la formule médiévale de la disputatio ordinaria que vous évoquiez dans votre dernier article. Pour les lecteurs peu avertis : il s’agissait de disputes universitaires, de controverses publiques où deux rhéteurs constituant une sorte d’équipe dialectique s’affrontaient en vue d’une meilleure compréhension des implications, des nuances et des conséquences d’une problème donné. Le but poursuivi était de mettre en dialogue des penseurs contemporains sur une question fondamentale, et d’offrir ainsi au grand public un débat de qualité qui lui était rarement proposé et auquel il n’avait pas toujours accès.

Concernant le discours de Ratisbonne, vous dites que le Pape aurait pu chercher une citation moins polémique, et « une absence de toute allusion à l’Islam ». Pour vous, il est évident que celle-ci n’a pas été « prise tout à fait par hasard ou maladresse »...

Sans doute, en effet.

Mais la question que vous souleviez dans votre premier article n’était pas là : vous reprochiez au Pape d’avoir en quelque sorte jeté l’anathème sur l’Islam, et mis ainsi volontairement de l’huile sur le feu au risque d’alimenter la haine et la division entre les hommes, au mépris de l’Evangile du Christ. D’où la « trahison »...

Mais si la question est : le Pape Benoît XVI a-t-il oui ou non condamné dans son discours de Ratisbonne l’Islam comme une religion intrinsèquement violente, la réponse est clairement : non. Cela ne ressort pas du texte. Cela a été réaffirmé par le Saint Père dans des discours ultérieurs. Cela a été compris ainsi par les Musulmans, selon les dernières informations dont je dispose. Et si les paroles du Pape ont pu blesser sincèrement tel ou tel fidèle musulman, le Pape en a humblement et... "évangéliquement" demandé pardon, car telle n’était pas son intention :

« Je suis vivement attristé par les réactions suscitées par un bref passage de mon discours à l'Université de Ratisbonne, considéré comme offensant pour la sensibilité des croyants musulmans, alors qu'il s'agissait d'une citation d'un texte médiéval, qui n'exprime en aucune manière ma pensée personnelle. Hier, Monsieur le Cardinal Secrétaire d'Etat a rendu publique, à ce sujet, une déclaration dans laquelle il a expliqué le sens authentique de mes paroles. J'espère que cela contribuera à apaiser les esprits et à clarifier le sens véritable de mon discours, qui, dans son ensemble, était et est une invitation au dialogue franc et sincère, avec un grand respect réciproque » (Angélus du 17 septembre 2006).

Si la question maintenant est : le Pape Benoît XVI a-t-il voulu interpeller l’Islam dans son discours : c’est certain. Lui-même le reconnaît d’ailleurs, puisqu’il inscrit ses propos dans une "invitation au dialogue franc et sincère, avec un grand respect réciproque". Mais au nom de quel principe évangélique aurait-il donc dû s’abstenir ? Ne trouvez-vous pas important d’encourager le dialogue entre les religions ? Et dans le cadre d’un tel dialogue, est-il vraiment anti-évangélique et irrespectueux envers nos interlocuteurs d’oser affirmer que « la violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme » ? Là aussi réside, me semble-t-il, la mission de l’Eglise, l’annonce de l'Evangile. Pourquoi voudriez-vous priver nos frères musulmans de la Bonne Nouvelle de l’Evangile ? Elle ne nous est pas réservée, que je sache…

Que l’Islam ait aujourd’hui un problème avec la violence, cela ne fait malheureusement aucun doute. Les musulmans eux-mêmes le savent, et beaucoup en souffrent. L’Eglise elle-même a connu cette difficulté dans le passé. Mais elle a su la surmonter grâce à la bonne volonté des hommes et au puissant secours de l'Esprit Saint. Son Histoire est là pour témoigner que la violence n’est nullement une fatalité, et que l'homme est capable d’adhérer à la Vérité au moyen de la raison. Voilà un message d'espérance que l'Islam peut recevoir, me semble-t-il, de la part de l'Eglise! Voilà aussi le devoir du Pape, en tant que chef de l'Eglise Catholique : annoncer au monde et témoigner de l'Evangile de la Paix. On est donc loin, on le voit, d'une quelconque "trahison". A moins que vous ne considériez toute entreprise d'évangélisation comme une "trahison"... En tout état de cause, il me semble que vous pourriez lui accorder le bénéfice du doute, au regard des explications données à nouveau lors de l'Audience générale du 20 septembre 2006 :

« Pour présenter à l'auditoire le caractère dramatique et actuel du thème, j'ai cité quelques paroles d'un dialogue chrétien-musulman du XIV siècle, avec lesquelles l'interlocuteur chrétien, l'empereur byzantin Manuel II Paléologue - d'une manière pour nous étonnamment abrupte - présenta à son interlocuteur musulman le problème du rapport entre la religion et la violence. Cette citation a malheureusement pu se prêter à un malentendu. Pour un lecteur attentif de mon texte, il apparaît cependant clairement que je ne voulais en aucune façon faire miennes les paroles négatives prononcées par l'empereur médiéval dans ce dialogue et que leur contenu polémique n'exprime pas ma conviction personnelle. Mon intention était bien différente : en partant de ce que Manuel II dit ensuite de manière positive, avec une très belle phrase, à propos de  la raison qui doit guider dans la transmission de la foi, je voulais expliquer que ce n'est pas la religion et la violence, mais la religion et la raison qui vont de pair.

« Le thème de ma conférence - répondant à la mission de l'Université - fut donc la relation entre la foi et la raison : je voulais inviter au dialogue de la foi chrétienne avec le monde moderne et au dialogue de toutes les cultures et religions.

« J'espère qu'en divers moments  de  ma visite - par exemple, lorsque j'ai souligné à Munich combien il est important de respecter ce qui est sacré pour les autres - est apparu clairement mon profond respect pour les grandes religions et, en particulier, pour les musulmans, qui "adorent le Dieu unique" et avec lesquels nous sommes engagés à "protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté" (Nostra Aetate, n. 3).

« Je suis donc certain que, après les réactions du premier moment, mes paroles à l'Université de Ratisbonne pourront constituer une impulsion et un encouragement à un dialogue positif, même autocritique, que ce soit entre les religions ou entre la raison moderne et la foi des chrétiens. »

Qu’il en soit ainsi !

 

  

Réécouter l'interview de Frédéric PONS sur Radio Notre Dame.

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 07:30

Cher Pasteur,

Je souhaiterais réagir à l’un de vos derniers articles paru sur votre Blog  le 23 septembre 2006, et intitulé : "Benoît XVI accablé par ses défenseurs".

Dans ce petit texte, vous vous livrez à une vigoureuse critique du Pape Benoît XVI, avec toute votre sensibilité de chrétien protestant – que je respecte absolument ; mais vous comprendrez qu’un fidèle catholique ait envie de vous répondre avec sa sensibilité particulière, dans un esprit de dialogue et avec beaucoup de respect tant envers votre personne qu’envers vos convictions personnelles.

Vous accusez ainsi le Pape de trahir l’Evangile : « Benoît XVI (…) affirme, écrivez-vous, que l'Eglise dont il est chef est la seule véritable Eglise, alors quand ses paroles entraînent la division, le jugement et la condamnation de l'autre, il trahit l'Evangile. »

Il trahit l’Evangile pourquoi ? Parce qu’il se prétend, si je vous comprends bien, l’unique représentant de « la seule véritable Eglise », et que ses paroles entraînent la division, le jugement et la condamnation de l’autre, toutes choses contraires à l’Evangile.

Mais de quel Evangile parlons-nous ?

Avec de tels raisonnements, on pourrait reprocher en effet… au Christ lui-même de trahir l’Evangile ! Lorsque Jésus se présente par exemple comme l’Unique Vérité (Jn 14. 6), ou lorsqu’il affirme que seront condamnés tous ceux qui refuseront de croire en Lui (Mc 16. 16), ses paroles suscitent inévitablement la division, et sont perçues par ceux qui ne croient pas en Lui comme une condamnation...

C’est précisément cet Evangile dont vous parlez qui prophétise au sujet de Jésus qu’« Il sera un signe de contradiction » (Lc 2. 34). Et le Maître Lui-même avait prévenu ses Apôtres : « Si le monde a de la haine pour vous, sachez qu'il m'a haï avant vous (...). Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ». (Jn 15. 18-20) A un autre moment, Jésus déclare à ses disciples : « Malheureux êtes-vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous, car c'est ainsi que leurs pères agissaient à l'égard des faux prophètes » (Luc 6. 26).

Il ne me paraît donc pas très sérieux de tirer argument des remous provoqués par le discours de Ratisbonne pour affirmer du Pape qu’il « trahit l’Evangile ».

Lorsque vous prêtez au Saint Père des paroles de jugement et de condamnation, de quelles paroles parlez-vous ? Avez-vous lu le texte du discours de Ratisbonne ? Si tel est le cas, où pouvez-vous y lire la moindre condamnation ? Je veux dire : quant aux personnes. Car si condamnation il y avait dans les propos du Pape, elle ne pourrait concerner en vérité que ceux qui croient pouvoir user de la violence pour des motifs religieux.

Je sais bien que les journalistes occidentaux ont savamment entretenus l’équivoque sur la pensée du Pape en lui attribuant indûment des propos tirés d’une citation de l’Empereur byzantin Manuel II Paléologue ; mais si équivoque il y avait, il me semble qu’elle a été levée par les propos ultérieurs du Saint Père.

Une analyse objective du texte permet de constater que l’intention du Pape était en réalité d’affirmer que « la violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme. »

Il est hautement regrettable que les médias aient occulté la seconde partie de la citation de l’Empereur byzantin, en tout point remarquable : « Dieu n'apprécie pas le sang, ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme, non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelqu'un à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace... Pour convaincre une âme raisonnable, il n'est pas besoin de disposer ni de son bras, ni d'instrument pour frapper, ni de quelqu'autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de mort... ».

Commentaire du Pape sur ce passage : « L'affirmation décisive dans cette argumentation contre la conversion au moyen de la violence est :  ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. » S’ensuit un long développement sur ce thème de la foi et de la raison.

Où voyez-vous cher Pasteur un quelconque jugement à l’égard de quiconque dans ce texte ? Qu’y a-t-il de contraire à l’Evangile dans ces paroles ? Qui peut donc se sentir offensé par ces propos ? Le Pape a-t-il le droit de dire que la violence n’est pas compatible avec la religion ? Ou bien le priez-vous poliment de se taire, afin ne pas froisser diplomatiquement certaines susceptibilités ? Mais dans ce dernier cas, n’est-ce pas alors qu’il y aurait trahison de l’Evangile…

Permettez-moi d’aller encore plus loin : même à supposer qu’il y ait eu dans les propos du Pape une quelconque condamnation à l’égard d’un groupe déterminé, elle ne serait pas en soi contraire à l’Evangile, si l’on englobe par ce terme toute l’économie de la Nouvelle Alliance, en ce compris les textes apostoliques. Souvenez-vous par exemple de l’exhortation de l’Apôtre Paul à Timothée dans sa deuxième Lettre : « Proclame la parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d'instruire. » (4. 2).

Votre analyse me paraît donc mal fondée. Ainsi que la conclusion sans appel que vous en tirez : « il me semble très dangereux, dites-vous, de se parer du titre de "vicaire du Christ". En effet, aucun chrétien ne peut se prétendre absolument fidèle à l'enseignement du Christ. Mais Benoît XVI a pris ce titre, bien plus, il affirme que l'Eglise dont il est chef est la seule véritable Eglise (…) ; le problème n'est pas dans la violence réelle ou non de l'Islam, il est dans ce que le pape représente et dans l'humilité du message évangélique... »

« Aucun chrétien, dites-vous, ne peut se prétendre absolument fidèle à l'enseignement du Christ » : c’est vrai. Mais c'est précisément pour cette raison qu'il fallait absolument que Dieu donnât ce charisme à son Eglise et à son Pape, pour que cet enseignement puisse demeurer dans son intégrité et être transmis sans altération à travers les siècles...

« Quant au charisme dont vous parlez, me répondez-vous, c'est précisément le point qui nous oppose.

« Premièrement je ne crois pas que l'Eglise se limite à l'Eglise catholique romaine et je ne lui reconnaît aucun pape » : ça, serais-je tenté de dire, c’est votre opinion,…

« Deuxièmement, la Bible et l'Esprit Saint me paraissent suffire amplement à ce que malgré les altérations et dérives (y compris pontificales…), la Bonne Nouvelle nous soit transmise : la preuve que cela ne suffit pas, c’est l’absence d’unité du monde protestant auquel vous appartenez, unité qui vous est pourtant si chère à vous lire, et que vous considérez (à juste titre) comme un critère d’authenticité évangélique… Sans vouloir vous offenser, j’observe chez nombre de mes amis protestants une fâcheuse propension à la division et à la condamnation de l’autre (« le Pape trahit l’Evangile ! » ; ou d’un autre blogueur protestant en commentaire sur ce Blog : « tu propages plein de mensonges »…)

« Troisièmement, je serais assez curieux de savoir comment vous appuyez bibliquement votre affirmation quant à l'autorité nécessaire du pape... : de cela, je suis tout à fait disposé à discuter avec vous, cher Pasteur. Mais sans vous désobliger, je serai curieux pour ce qui me concerne de savoir comment vous justifiez bibliquement la Sola Scriptura...

 

 

 

Lire également le fil au sujet de l'Eglise Catholique Romaine sur le Blog de Miky.

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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 09:53

Frédéric PONS, journaliste à Valeurs Actuelles, revient sur la controverse qui s’est déclenchée autour des déclarations du Pape Benoît XVI dans son fameux discours à l’Université de Ratisbonne. Il évoque en particulier la question de l’Islam, et aborde des sujets touchant à la politique française en matière d’immigration.

 

 

Frédéric PONS était le Grand Témoin de Radio Notre Dame, le jeudi 21 septembre 2006.

 

 

Ecouter l'interview de Frédéric Pons

 

Quelques bons articles - que je ne saurais trop vous recommander - ont également été publiés sur les Blogs à ce sujet :

 

1- Lire les articles du Blog de Patrice de Plunkett du 15 septembre 2006, du 18 septembre 2006, du 19 septembre 2006, du 20 septembre 2006, du 22 septembre 2006 et du 24 septembre 2006 ;

 

2- Lire les articles de Mickaël sur le Blog "Dieu seul" du  17 septembre 2006, du  19 septembre 2006 et du  23 septembre 2006. 

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18 juillet 2006 2 18 /07 /juillet /2006 23:35

Demain jeudi, le capitaine de l’équipe de France de football finaliste du dernier Mondial, Zinedine Zidane, se rendra au siège de la Fédération Internationale de Football à Genève pour être entendu par la Commission de discipline de la FIFA au sujet de son malheureux geste sur le défenseur italien, Marco Materazzi, en finale de la Coupe du Monde.

Ce fait divers, dérisoire en apparence, soulève pourtant de nombreuses questions dans mon âme de chrétien. Non pas tant du fait de l’agression de Zidane elle-même, que des explications données par celui-ci quelques jours plus tard sur les plateaux de télévision.

Si Zidane, en effet, s’est excusé auprès des enfants du monde entier et de tous les éducateurs, insistant sur le fait que son coup de tête n’était en aucun cas un exemple, il a cependant affirmé ne rien regretter de son geste devant la gravité, selon lui, des insultes proférées par le joueur italien.

« Je m’(…) excuse auprès des enfants qui ont regardé cela. Mon geste n'est pas pardonnable (...) Bien sûr que ce n'est pas un geste à faire. Je tiens à le dire haut et fort parce que cela a été vu par deux-trois milliards de téléspectateurs et des millions et des millions d'enfants (…) [mais] je ne peux pas regretter mon geste, car cela voudrait dire qu'il avait raison de dire tout cela. Je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas dire cela. Et non, il n'a pas raison de dire ce qu'il a dit. »

J’avoue d’abord avoir été sidéré par la naïveté candide des propos du joueur français ! A son âge, avec son expérience (en particulier sa connaissance du « jeu » italien et des provocations de ses joueurs), et compte tenu de ses responsabilités (que ce soit vis-à-vis de ses coéquipiers dont il était le « capitaine », de la France dont il portait le maillot, et des enfants qu’il aime tant), que le champion français ait été capable d’une telle conduite me paraît invraisemblable et incompréhensible !

J’entends tout de suite l’objection : que Zidane ait succombé à la tentation de la violence nous révèle (s’il en était besoin) qu’il n’est jamais qu’un homme comme les autres, et non un dieu, et le fait qu’il ait succombé à une faiblesse n’a en soi rien de surprenant lorsque l’on sait la fragilité ontologique de l’homme, et sa misère profonde.

Mais encore une fois, ce qui me choque n’est pas tant le geste en lui-même, que sa justification a posteriori par son auteur. Le véritable regret de Zidane, semble-t-il, est d’avoir été vu par des millions de téléspectateurs, mais non pas d’avoir agressé Materazzi qui n’a finalement eu, à l’entendre, que ce qu’il méritait ! Si cela était à refaire, a-t-il ainsi déclaré, il le referait pareillement ! Car sinon, « cela voudrait dire qu'il avait raison de dire tout cela. Je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas dire cela. Et non, il n'a pas raison de dire ce qu'il a dit. »

Encore une fois, ce qui frappe, c’est la naïveté du propos. Comme l’écrivait Vincent Duluc dans l’Equipe du 13 juillet 2006 : « les insultent existent dans le sport, et elles peuvent être une arme de déstabilisation. Car si dans la vie courante, le provocateur peut être châtié à la mesure de ses provocations, et si l’insulté peut demander justice devant les tribunaux, tous les entraîneurs et les joueurs savent que, dans le sport collectif de haut niveau, le coupable est avant tout celui qui réagit et laisse son équipe à dix. Surtout au moment où se joue le sort d’une finale de la Coupe du Monde. Les entraîneurs répètent sans cesse que le contrôle de soi est un élément essentiel de la performance. C’est une donnée connue de tous les sportifs, mais que la dimension nationale du débat, ouvert à la naïveté sincère de ceux qui n’ont accès à Zidane que par l’image, on allait dire l’icône, est en train de balayer. »

Au-delà de ça, il y a maintenant la vraie question de l’attitude à adopter face à la provocation, à l’insulte et à l’outrage. Et il me paraît y avoir là pour nous chrétiens une occasion fantastique de témoignage auprès de tous ceux qui donnent (sans doute un peu vite) raison à Zidane.

Et ils sont nombreux ! ainsi que le déplore le Pasteur protestant Eric Georges, dans un  remarquable article sur son Blog  Miettes de Théologie : « Ce qui m'attriste le plus dans cette affaire, c'est une petite phrase au milieu des excuses de Zidane : "Je ne peux pas regretter mon geste car cela voudrait dire qu'il avait raison de dire tout cela". Et je m'aperçois avec stupeur qu'autour de moi, beaucoup sont d'accord avec cela. Et pas des gens privés de parole mais visiblement des gens cultivés. Alors, ne pas répondre à une insulte, ce serait légitimer cette insulte ? Ignorer celui qui s'abaisse à injurier, c'est lui donner raison ? Je sais bien qu'il n'y a pas que la vérité qui blesse et que les mots peuvent souvent faire mal, mais en aucun cas cela peut-il réellement légitimer la violence (qu'elle soit physique ou verbale) ?

« C'est vrai qu'il est tentant pour chacun d'entre nous (pour moi, en tout cas) d'écraser l'adversaire (dans mon cas c'est plutôt par les mots) et en écrivant ces lignes, je me rends compte qu'à maintes reprises j'ai sans doute été aussi captif que Zidane de cet esprit de revanche, mais je m'attriste de voir que certains, indépendamment du foot, considèrent la revanche comme une attitude honorable.

« Pour ma part, je n'ai pas à condamner (je ne vaux pas mieux que lui) ni à pardonner Zidane (il ne m'a rien fait personnellement). Simplement, je m'aperçois avec tristesse que le combat de la non-violence est bien moins avancé dans les esprits que je le croyais. Jusqu'ici, ce que j'entendais c'est "si quelqu'un nous agresse, il faut bien se défendre" maintenant, on a "si quelqu'un m'insulte, il faut bien que je lui pète la gueule". Pour moi, c'est un signe de plus que seul Dieu peut profondément changer les coeurs, par nous-même, nous n'en sommes pas capables. »

Constat désabusé qui nous renvoie à la parole même du Seigneur : « Bénissez ceux qui vous persécutent ; souhaitez-leur du bien, et non du mal. » (Rm 12. 14-16). Ou encore cette autre fort connue, issue du sermon sur la montagne : « Vous avez appris qu'il a été dit : Oeil pour oeil, dent pour dent. Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre. Et si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. » (5. 38-40) Et plus loin, toujours dans ce même discours, après avoir enseigné à ses disciples ce qu’il convient de demander au Père dans la prière : « Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes. » (6. 14-15).

Ces paroles de Jésus peuvent paraître à beaucoup « naïves », « irréalistes », « impraticables ». Et c’est vrai que leur mise en pratique demande un grand effort ; elle requiert en fait la mobilisation de ce qu’il y a de meilleur en nous. Et comme l’écrit le Pasteur Eric Georges, cela n’est possible qu’avec la grâce de Dieu.

Mais puisque la grâce nous est donnée, nous devons entrer dans ce combat spirituel, dans ce travail sur nous-même. L’enjeu de ce combat, c’est la paix intérieure. Et donc la paix entre les hommes. Et donc la paix entre les nations. Car tout est lié !

Pour tout vous dire : que la guerre ait éclatée au Liban quelques jours après ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Zidane » ne m’a guère étonné. Car comment espérer obtenir la paix entre les peuples, lorsque notre propre cœur est prêt à justifier la riposte à la violence par la violence ? Comment envisager sérieusement la paix dans les familles, les sociétés, et dans le monde, s’il n’y a pas d’abord la paix dans les cœurs ?

La Vierge Marie à Medjugorje nous enseigne ainsi que c’est la paix du cœur qui assurera la paix du monde, et qu’il y a un lien très étroit entre les deux.

« Priez, priez, priez, et seulement dans la foi et à travers la prière votre âme trouvera-t-elle la paix, et le monde la joie d'être avec Dieu. » (25 août 2002)

« Chers enfants, en ce temps troublé je vous invite à la prière. Petits enfants, priez pour la paix afin que dans le monde chaque personne sente l'amour de la paix. Seulement lorsque l'âme trouve la paix en Dieu elle se sent satisfaite, et l'amour commencera à couler dans le monde. Et d'une manière particulière, petits enfants, vous êtes appelés à vivre et à témoigner de la paix, la paix dans vos coeurs et dans vos familles, et à travers vous, la paix commencera à couler aussi dans le monde. » (25 septembre 2002)

« Je désire vous donner la paix; et vous, portez-la dans vos coeurs et donnez-la aux autres, jusqu'à ce que la paix de Dieu se mette à régner dans le monde. » (25 décembre 2002)

« Chers enfants, par ce message, je vous appelle à nouveau à prier pour la paix. Particulièrement maintenant où la paix est en crise, vous, soyez ceux qui prient et qui témoignent de la paix. Soyez la paix, petits enfants, dans ce monde sans paix » (25 janvier 2003)

« Aujourd'hui encore je vous invite à prier et à jeûner pour la paix. Comme je l'ai déjà dit, je vous le répète encore maintenant, petits enfants : seulement par la prière et le jeûne, même les guerres peuvent être arrêtées. La paix est un précieux don de Dieu. Recherchez-la, priez et vous la recevrez. Parlez de la paix et portez la paix dans vos coeurs. Prenez-en soin comme d'une fleur qui a besoin d'eau, de tendresse et de lumière. Soyez ceux qui portent la paix aux autres. » (25 février 2003)

« Chers enfants, (…) je vous invite tous à la conversion. Si vous vous convertissez, tous autour de vous seront renouvelés aussi, et la prière leur sera une joie. Merci d'avoir répondu à mon appel. » (25 mai 2003)

« Ouvrez votre coeur afin que l'amour et la paix y entrent. Priez pour la paix, la paix, la paix ! » (message donné à la voyante Ivanka, durant son apparition annuelle, le 25 juin 2003)

« Soyez amour, joie et paix dans ce monde sans paix. » (25 novembre 2003)

« En ce temps de grâce, ouvrez vos coeurs, petits enfants, et exprimez votre amour au Crucifié. C’est seulement ainsi que vous découvrirez la paix, et la prière commencera à couler de votre coeur de par le monde. Soyez un exemple, petits enfants, et une incitation au bien. » (25 mars 2004)

Ce disant, la Vierge n’invente rien : Jésus lui-même expliquait la prolifération du mal par ce qui sort du cœur de l’homme. « Car c'est du dedans, du coeur de l'homme, que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur. » (Mc 7. 21-23).

« Acquiers la paix intérieure, et une multitude trouvera son salut auprès de toi », disait encore St Séraphim de Sarov.

Travailler sur soi pour connaître et goûter la paix du cœur est donc la meilleure manière de se rendre utile au monde, de lutter contre la violence et la haine, et d’être artisan de paix. Car comme le disait Sainte Thérèse de Jésus : « Une âme qui s’élève élève le monde, une âme qui s’abaisse, abaisse le monde. »

Les paroles de Jésus ne sont donc ni moralistes, ni trop « nian-nian » : elles sont le chemin authentique de la liberté, de la vie véritable et du bonheur de l’homme, et il n’y en a pas d’autre.

Une méditation d’un autre pasteur protestant sur Top Chrétien nous aide à le comprendre. Commentant Matthieu 6.12 ("…pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés…"), le Pasteur Franck Alexandre écrit ceci :

« Pour vous neutraliser, Satan n’a pas besoin de vous dire que vous êtes mauvais, que vous ne priez pas assez ou que vous ne connaissez pas suffisamment votre Bible. Non ! Il lui suffit tout simplement d’utiliser cette arme meurtrière qui touche en plein cœur : l’offense.

« Dès qu’il voit que vous êtes victime de paroles blessantes ou de calomnies, alors il vous vise et dès que vous vous trouvez dans sa ligne de mire, il tire. Il sait qu’il peut tout exploiter : vos blessures les plus intimes, vos traumatismes les plus secrets, votre passé...

« L’offense est une arme particulièrement efficace, et Satan ne vous fera aucun cadeau. Pour lui, pas de sentiments ! C’est sans aucun état d’âme qu’il attend le moment opportun pour vider son chargeur sur vous !

« Lorsque Jésus a enseigné la prière du "Notre Père", il a présenté le pardon comme étant le seul antidote "anti-offense". Le pardon est le seul rempart efficace, la seule protection capable de résister à la puissance de ce projectile destructeur qu’est l’offense.

« En tant que chrétien, si vous n’apprenez pas à faire face à ce "tueur", vous courrez un grand danger sur le plan spirituel. Grâce à la foi, vous pouvez échapper au rôle de "victime".

« En effet, il est tellement facile pour l’être humain de se poser en victime et de chercher refuge dans ce personnage ; mais il est impossible pour lui d’y trouver un plein épanouissement. Oui ! Nous sommes misérables ! Mais Christ est mort pour nous permettre de vivre une vie glorieuse !

« À l’origine du "ravage de la foi" de bien des chrétiens, se trouve un manque de compréhension du "pardon total". L’offense non pardonnée fabrique des "zombies de la foi" ! L’enfant de Dieu n’est plus qu’une ombre rongée par l’amertume, la haine, et parfois même, le désir de vengeance.

« L’amour du crucifié parle plus fort que les armes. Rejeté, maltraité, haï, humilié, il n’a cessé de nous aimer. Regardez au crucifié et déposez les armes ! Libérez-vous des ombres qui hantent vos nuits et tourmentent vos moments de solitude. Pardonnez l’offense et vivez ! Soyez libre ! »

 

 

(Cf. La position de l'Eglise sur Medjugorje + Bibliographie février 2006).

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5 juillet 2006 3 05 /07 /juillet /2006 18:37

Chers amis lecteurs,

 

En ce jour où la France entière va vibrer à l'occasion du match France - Portugal de demi-finale de la Coupe du Monde de Football, je vous propose de méditer cet admirable texte écrit par RV, et publié sur le site  "Chère Gospa" du Groupe de prière Marie Reine de la Paix.

 

Il n'est pas facile de prier dans les moments de souffrance car nous sentons que nos problèmes occupent la place centrale, en nous. Il nous faut alors faire des efforts particuliers pour nous recentrer sur Dieu.

 

Cela peut paraître surprenant, mais, parfois, il est également difficile de prier quand nous avons des moments de grande joie.

 

Après une victoire de l'équipe de France de football en coupe du monde, par exemple, les images du match et la joie des supporters peuvent rester très longtemps présentes dans notre esprit ; un peu comme un film qui ne cesse de défiler intérieurement. Tant et si bien que nous pouvons avoir du mal à nous concentrer sur Dieu et sur les intentions que nous voulons lui présenter. Attention, dans ces cas-là, de ne pas succomber à la tentation de nous éloigner de la prière !

 

En effet, il ne faut pas oublier que la vraie joie vient par la prière, justement, et non pas par le sport. La joie de la victoire sportive est belle et forte, certes, mais elle n'en demeure pas moins passagère. Très vite, de nouvelles compétitions arrivent et les titres de champions sont remis en jeu. Et quand une autre équipe ravit la place d'honneur que nous occupions, alors notre victoire n'est plus qu'un souvenir. Elle devient un peu comme un vestige du passé qui nous tire de plus en plus en arrière dans le temps à chaque fois que nous y pensons.

 

Non, vraiment, il n'y a que la prière qui puisse nous conduire vers une joie actuelle, constante, durable, profonde… Et c'est là une joie que rien ne peut menacer car elle dépend uniquement de Dieu et des efforts que nous mettons en œuvre pour l'accueillir.

 

Alors, faisons bien attention de ne pas abandonner la prière pendant les périodes de compétitions sportives. Cela nous aidera à apprécier les victoires à leur juste valeur, quand elles arriveront, et à ne pas nous sentir totalement "orphelins" quand la compétition sera terminée… ou quand d'autres équipes que la nôtre monteront à leur tour sur la plus haute marche du podium !

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20 mai 2006 6 20 /05 /mai /2006 14:08

 

Pour Dan BROWN, Marie Madeleine serait l’incarnation du « Graal » et du « Féminin sacré ».

 

Il y a plus riche encore que l’histoire de Marie-Madeleine : celle de la Vierge Marie, grande oubliée du Da Vinci Code.

 

Dan Brown ne l’évoque quasiment pas. « Les premiers dirigeants de l’Eglise chrétienne ont trompé leurs fidèles par des mensonges qui rabaissaient la femme en faveur de l’homme » (Chapitre 47), explique-t-il.

 

Il ajoute : « Le Féminin sacré a donc été diabolisé, considéré comme impur. C’est l’homme, et non pas Dieu, qui a inventé le péché d’Eve, celle qui a croqué la pomme et provoqué la chute de l’humanité. Le femme, autrefois donneuse de vie, est ainsi devenue l’ennemie de la foi. » (Chapitre 56).

 

Et pourtant, pas un homme, pas un saint n’atteint le rang de la Vierge Marie, dans le cœur de Dieu comme dans celui des croyants.

 

Avec la belle figure de Marie, toute la thèse du complot machiste et antiféministe de Dan Brown tombe à l’eau d’un seul coup.

 

Elle était toute trouvée, la figure du féminin sacré, non ?

 

(Lu dans le numéro spécial de Il est vivant! du mois de mai 2006 consacré au Da Vinci Code, sous la plume de Marine Soreau.)

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18 mai 2006 4 18 /05 /mai /2006 09:17

 

 

EVENEMENT


 

Le Père Joseph-Marie VERLINDE était hier, mercredi 17 mai 2006, le « Grand Témoin » de la station de radio chrétienne Radio Notre Dame.

 

Fondateur de la Famille Saint Joseph, spécialiste des questions touchant à l’ésotérisme, l’occultisme et les nouvelles religiosités, auteur d’un ouvrage consacré aux "Impostures anti-chrétiennes", le Père VERLINDE était invité à s’exprimer sur le film "DA VINCI CODE" à l’occasion de sa sortie mondiale.

 

Dans la première partie de son intervention, le Père VERLINDE aborde les questions :

- du boycott (les chrétiens doivent-il ou non aller voir ce film) ?

- du phénomène sociologique représenté par le Da Vinci Code, révélateur de l’imprégnation croissante du paradigme du Nouvel Age (le « New Age ») ;

- de l’individualisme et de l’hédonisme ambiant ;

- d’un naturalisme (qui serait primordial) opposé à un christianisme (qui serait dégénéré) ;

- du Culte de la Grande Déesse dans l’Histoire des Religions.

 

Vous pourrez également méditer l’Evangile du jour (Jn 15. 1-9), en particulier cette parole de Jésus : « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire ».

 

 

 

Dans la seconde partie de son intervention, le Père Joseph-Marie VERLINDE répond plus directement aux assertions de Dan Brown concernant :

 

- les Evangiles Apocryphes ;

- le Concile de Nicée ;

- les relations entre Jésus et Marie-Madeleine ;

- le « Saint » Graal ;

- l’Opus Dei.

 

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16 mai 2006 2 16 /05 /mai /2006 17:59

 

Voir également les liens suivants (aussi nombreux que remarquables) :

- Les nombreux articles du Blog de Patrice de Plunkett :

http://plunkett.hautetfort.com/archive/2006/02/05/da-vinci-code-le-film-un-tsunami-annonce.html#more ;

http://plunkett.hautetfort.com/archive/2006/04/06/«-da-vinci-code-»-le-moment-approche.html#more ;

http://plunkett.hautetfort.com/archive/2006/04/11/da-vinci-code-que-faire.html#more ;

http://plunkett.hautetfort.com/archive/2006/04/28/une-reponse-a-da-vinci-code.html#more ;

http://plunkett.hautetfort.com/archive/2006/05/07/da-vinci-code-opus-dei-etc-rendez-vous-le-18-mai-a-cannes.html#more.

- Le Blog consacré au Da Vinci Code : http://www.thedavinciblog.com/index.php

- Da Vinci Codex : La vérité dévoilée : http://www.davinci-codex.com

- Le Da Vinci Code et la foi : http://www.pasaj.ch/rubrique56.html

- Le Da Vinci Code démystifié : http://v.i.v.free.fr/pvkto/da-vinci-code.html

- La Da Vinci Fraude : http://www.bethel-fr.com/dossier.php?ouvrir=Da%20Vinci

- Le Da Vinci Code derrière l'écran :

http://phosphore.typepad.com/wwwpelerininfoblogdavinci/

- "Dan Brown, les coulisses d'une fiction" :

http://www.catholique.org/news/laune/9010-Dan-Brown-les-coulisses-d-une-fiction

- Le Da Vinci Code en question : http://www.sjbg.org/spip/-Le-Da-Vinci-Code-en-question-

- Le site belge de décodage du Da Vinci Code :

http://bdelacroix.free.fr/davincidecode/index.htm

- Le Da Vinci Code pour les nuls :

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2006/05/le_da_vinci_cod.html

- Le site "Da-Vinci-Code-la-vérité" de Famille Chrétienne :

http://www.davincicode-laverite.com

- Da Vinci Code : le dossier de Famille Chrétienne à télécharger :

http://www.davincicode-laverite.com/reader/FC_DVC_lv_dossier1.pdf

- Le Da Vinci Code : une réponse par le Cours Alpha :

http://www.coursalpha.fr/actu/article.php3?id_article=131

- Le Da Vinci Code vu par l'Opus Dei : http://www.opusdei.fr/sec.php?s=682

- Le Da Vinci Code sur Final Age : http://www.final-age.net/-Da-Vinci-Code-.html

- Le Da Vinci Code sur la chaine de TV KTO : http://www.ktotv.com/video_data.php3?numero=908

- Da Vinci Code : une étude scientifique et théologique :

http://biblio.domuni.org/articleshum/davincicode/

- Le Da Vinci Code expliqué à ses lecteurs par le Père Bernard Sesboüé :

http://www.croire.com/article/index.jsp?docId=2264100&rubId=190

- "La séduction de la pseudo vérité" de Frère Silouane :

http://frere.silouane.free.fr/conference.PDF

- La Cène de Léonard de Vinci et le Da Vinci Code :

http://catholique-nanterre.cef.fr/faq/fetes_jeudi_saint_icones.htm

- Da Vinci Code : la boutique :

http://www.edifa.com/boutique/vitrines/1,1,1,1,v,36,a_propos_de_da_vinci_code.html

Et pour les anglophones :

- Jesus Decoded : http://www.jesusdecoded.com/

- Le Da Vinci Code vu par le Québéc :

http://www.catholiceducation.org/articles/facts/fm0035.html

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