Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 18:20

Le 21 novembre 2005, le Pape Benoît XVI a reçu en audience les participants au groupe de travail des Académies pontificales des Sciences et des Sciences sociales.

Je suis particulièrement heureux que l'Académie pontificale des Sciences sociales ait choisi "le concept de la personne dans les sciences sociales" comme thème d'étude de cette année.

La personne humaine se situe au coeur de tout l'ordre social et, par conséquent, au coeur même de votre domaine d'études. Comme l'affirment les paroles de saint Thomas d'Aquin, la personne humaine "est ce qu'il y a de plus parfait dans la nature" (S.Th., I, 29, 3). Les êtres humains font partie de la nature ; toutefois, en tant que sujets libres ayant des valeurs morales et spirituelles, ils transcendent la nature. Cette réalité anthropologique fait partie intégrante de la pensée chrétienne, et répond directement aux tentatives visant à abolir la frontière entre les sciences humaines et les sciences naturelles, souvent proposées par la société contemporaine.

Correctement comprise, cette réalité offre une réponse profonde aux questions posées aujourd'hui en ce qui concerne le statut de l'être humain. Il s'agit d'un thème qui doit continuer à appartenir au dialogue avec la science. L'enseignement de l'Eglise est fondé sur le fait que Dieu a créé l'homme et la femme à son image et à sa ressemblance et leur a accordé une dignité supérieure et une mission commune à l'égard de la création tout entière (cf. Gn 1 et 2). Selon le dessein de Dieu, les personnes ne peuvent pas être séparées de la dimension physique, psychologique ou spirituelle de la nature humaine. Bien que les cultures changent dans le temps, supprimer ou ignorer la nature qu'ils affirment "cultiver" peut avoir de graves conséquences. De même, les personnes ne trouveront un accomplissement authentique que si elles acceptent les éléments authentiques de la nature qui les constituent en tant que personnes.

Le concept de personne continue d'offrir une compréhension profonde du caractère unique et de la dimension sociale de chaque être humain. Cela est particulièrement vrai dans les institutions juridiques et sociales, où la notion de "personne" est fondamentale. Parfois, toutefois, même lorsque cela est reconnu dans les déclarations internationales et les statuts juridiques, certaines cultures, en particulier celles qui ne sont pas imprégnées profondément de l'Evangile, demeurent fortement influencées par des idéologies de groupes ou par des visions individualistes et séculières de la société. La doctrine sociale de l'Eglise catholique, qui place la personne humaine au cœur et à la base de l'ordre social, peut apporter une contribution de grande valeur à la réflexion contemporaine sur des thèmes sociaux.

Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI aux membres des Académies pontificales des Sciences et des Sciences sociales, le 21 novembre 2005

Partager cet article

Repost0
5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 21:49

Partager cet article

Repost0
5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 21:36

Partager cet article

Repost0
5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 21:10

Partager cet article

Repost0
5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 11:51

Le 15 novembre 2005, le Pape Benoît XVI a adressé un message aux membres des Académies pontificales réunies à l'occasion de leur Xe séance publique. En voici quelques extraits.

 

La culture actuelle, profondément marquée par un subjectivisme qui conduit souvent à l'individualisme extrême ou au relativisme, pousse les hommes à devenir l'unique mesure d'eux-mêmes, perdant de vue d'autres objectifs qui ne sont pas centrés sur leur « moi », devenu l'unique critère d'évaluation de la réalité et des choix.

 

De cette façon, l'homme tend à se replier toujours plus sur lui-même, à se refermer dans un microcosme existentiel asphyxiant, dans lequel les grands idéaux, ouverts à la transcendance, à Dieu, n'ont plus de place.

 

En revanche, l'homme qui se dépasse et qui ne se laisse pas enfermer dans les limites étroites de son égoïsme est capable d'un regard authentique vers les autres et vers la création. Il devient ainsi conscient de sa caractéristique essentielle de créature en devenir permanent, appelée à une croissance harmonieuse dans toutes ses dimensions, à commencer précisément par l'intériorité, pour parvenir à la complète réalisation de ce projet que le Créateur a imprimé au plus profond de son être.

 

Certaines tendances ou courants culturels visent à laisser les hommes dans un état de minorité, d'enfance ou d'adolescence prolongée. La Parole de Dieu, en revanche, nous pousse de manière décidée vers la maturité et nous invite à nous engager de toutes nos forces vers un haut degré d'humanité. Saint Paul, en écrivant à la communauté d'Ephèse, exhortait les chrétiens à ne pas se comporter comme les païens « avec leur vain jugement et leurs pensées enténébrées : ils sont devenus étrangers à la vie de Dieu » (Ep 4, 17-18). Au contraire, les véritables disciples du Seigneur, loin de rester à l'état d'enfants ballottés à tout vent de doctrine (cf. Ep 4, 14), s'efforcent d'arriver à l'état « d'homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ » (Ep 4, 13). C'est donc à Jésus-Christ, Fils de Dieu, donné par le Père à l'humanité pour en restaurer l'image défigurée par le péché, l'homme parfait, que se mesure le véritable humanisme. Chaque homme doit se confronter à lui, c'est vers lui que, avec l'aide de la grâce, il doit tendre de tout son coeur, de toutes ses forces, pour réaliser pleinement son existence, pour répondre avec joie et enthousiasme à la très haute vocation inscrite dans son coeur (cf. Gaudium et spes, 22).

Je m'adresse donc particulièrement à vous, chers et illustres Académiciens, pour vous exhorter à promouvoir avec enthousiasme et avec passion, chacun dans son domaine d'étude et de recherche, l'édification de ce nouvel humanisme. C'est à vous que revient la tâche de reproposer avec la compétence qui vous est propre la beauté, la bonté, la vérité du visage du Christ, dans lequel chaque homme est appelé à reconnaître ses traits les plus authentiques et originaux, le modèle à imiter toujours mieux. Telle est donc votre tâche difficile, votre haute mission : indiquer le Christ à l'homme d'aujourd'hui, en le présentant comme la véritable mesure de la maturité et de la plénitude humaine.

 

Lire le texte intégral du message du Pape Benoît XVI aux membres des Académies pontificales, le 15 novembre 2005

Partager cet article

Repost0
1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 06:16

Extrait du discours du Pape Benoît XVI pour l’inauguration de l’Année académique 2005-2006 au siège romain de l’Université catholique du Sacré-Cœur (Gemelli), le 25 novembre 2005.

Revenons donc à la question : quelle culture ? Je me réjouis que le Recteur, dans son discours d'introduction, ait placé l'accent sur la "mission" originelle et toujours actuelle de l'Université, c'est-à-dire celle d'effectuer de la recherche scientifique et des activités didactiques selon un projet culturel et formateur cohérent, au service des nouvelles générations et du développement humain et chrétien de la société.

 

A cet égard, le Pape Jean-Paul II a laissé un patrimoine d'enseignement très riche, qui a atteint son sommet dans la Constitution apostolique Ex corde Ecclesiae de 1990. Il a toujours démontré que le fait d'être "catholique" ne pénalise en rien l'Université, mais la valorise plutôt au maximum. En effet, si la mission fondamentale de toute université est "la quête continuelle de la vérité à travers la recherche, la préservation et la communication du savoir pour le bien de la société" (ibid., n. 30), une communauté académique catholique se distingue par l'inspiration chrétienne des individus et de la communauté elle-même, par la lumière de foi qui éclaire la réflexion, par la fidélité au message chrétien tel qu'il est présenté par l'Eglise et par l'engagement institutionnel au service du peuple de Dieu (cf. ibid., n. 13).

 

L'Université catholique est donc un grand laboratoire où, selon les diverses disciplines, on élabore sans cesse de nouveaux parcours de recherche dans une confrontation stimulante entre la foi et la raison qui vise à retrouver la synthèse harmonieuse atteinte par Thomas d'Aquin et par les autres grandes figures de la pensée chrétienne, une synthèse malheureusement contestée par des courants importants de la philosophie moderne. La conséquence de cette contestation a été que, comme critère de rationalité, s'est affirmé de manière toujours plus exclusive celui de la démonstrabilité à travers l'expérimentation. Les questions fondamentales de l'homme – comment vivre et comment mourir – apparaissent ainsi exclues du domaine de la rationalité et sont laissées à la sphère de la subjectivité. La conséquence est qu'à la fin disparaît la question qui a donné origine à l'université – la question de la vérité et du bien – qui est remplacée par la question de ce qui est faisable.

Voilà alors le grand défi des Universités catholiques : placer la science dans l'horizon d'une rationalité véritable, différente de celle aujourd'hui largement dominante, selon une raison ouverte à la question de la vérité et aux grandes valeurs inscrites dans l'être lui-même, et donc ouverte au transcendant, à Dieu.

Or, nous savons que cela est possible précisément à la lumière de la révélation du Christ, qui a uni en lui Dieu et l'homme, l'éternité et le temps, l'esprit et la matière : "Au commencement était le Verbe" – le Logos, la raison créative. – "Et le Verbe s'est fait chair" (Jn 1, 1.14). Le Logos divin, la raison éternelle, est à l'origine de l'univers et en Christ, il s'est uni une fois pour toutes à l'humanité, au monde et à l'histoire. A la lumière de cette vérité capitale de la foi et, dans le même temps, de la raison, il est à nouveau possible, en 2000, de conjuguer foi et science. C'est sur cette base, voudrais-je dire, que se déroule le travail quotidien d'une Université catholique. N'est-ce pas une aventure enthousiasmante? Oui, sans aucun doute car, en agissant à l'intérieur de cet horizon de sens, on découvre l'unité intrinsèque qui relie les diverses branches du savoir : la théologie, la philosophie, la médecine, l'économie, chaque discipline, jusqu'aux technologies les plus spécialisées, car tout est lié.

 

Choisir l'Université catholique signifie choisir cette orientation qui, malgré les limites historiques inévitables, caractérise la culture de l'Europe, à la formation de laquelle les Universités nées historiquement "ex corde Ecclesiae" ont apporté une contribution fondamentale.

 

C'est pourquoi, chers amis, avec une passion renouvelée pour la vérité et pour l'homme, jetez les filets au large, dans la haute mer du savoir, en ayant confiance dans la parole du Christ, même lorsqu'il vous arrive de connaître la fatigue et la déception de n'avoir rien "pêché". Dans la vaste mer de la culture, le Christ a toujours besoin de "pêcheurs d'hommes", c'est-à-dire de personnes conscientes et bien préparées qui mettent leurs compétences professionnelles au service du bien, et donc au service du Royaume de Dieu. Le travail de recherche au sein de l'Université, s'il est accompli dans une perspective de foi, fait déjà partie de ce service au Royaume et à l'homme!

Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI à l'Université catholique du Sacré-Coeur, le 25 novembre 2005

Partager cet article

Repost0
24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 17:52

Extrait de l’audience générale du Pape Benoît XVI, le 11 janvier 2006.

"Seigneur, qu'est l'homme pour que tu te sois manifesté à lui?"... C'est un grand bonheur pour l'homme de connaître son propre Créateur. C'est en cela que nous nous différencions des fauves et des autres animaux, car nous savons que nous avons notre Créateur, alors qu'eux ne le savent pas" (Origène-Jérôme, 74 homélies sur le livre des Psaumes, Milan 1993, pp. 512-515).

 

Cela vaut la peine de méditer un peu ces paroles d'Origène, qui voit la différence fondamentale entre l'homme et les autres animaux dans le fait que l'homme est capable de connaître Dieu, son Créateur, que l'homme est capable de la vérité, capable d'une connaissance qui devient relation, amitié.

Il est important, à notre époque, que nous n'oubliions pas Dieu, avec toutes les autres connaissances que nous avons acquises entre temps, et elles sont nombreuses! Elles deviennent toutes problématiques, parfois dangereuses, s'il manque la connaissance fondamentale qui donne un sens et une orientation à tout : la connaissance de Dieu créateur (…).

 

Pour nous, chrétiens, Dieu n'est plus, comme dans la philosophie précédent le christianisme, une hypothèse, mais une réalité, car Dieu "a ployé le ciel et il est descendu". Le ciel, c'est Lui-même, et il est descendu parmi nous. Origène voit à juste titre dans la parabole de la brebis égarée, que le pasteur prend sur ses épaules, la parabole de l'incarnation de Dieu. Oui, dans l'incarnation, Il est descendu et a pris sur ses épaules notre chair, nous-mêmes. Ainsi, la connaissance de Dieu est devenue réalité, est devenue amitié, communion. Rendons grâce au Seigneur, car il "a ployé le ciel et il est descendu", il a pris sur ses épaules notre chair et il nous porte sur les routes de notre vie.

 

Lire le texte intégral de l'audience générale du Pape Benoît XVI, le 11 janvier 2006

Partager cet article

Repost0
23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 18:02

Extraits du discours du Pape Benoît XVI au Corps diplomatique, le lundi 9 janvier 2006.

 

 

L’Église ne fait rien d’autre que de répandre le message du Christ, venu – comme l’écrit l’Apôtre Paul dans la Lettre aux Éphésiens – pour annoncer la paix à ceux qui étaient loin et à ceux qui étaient proches (cf. 2, 17). (…) La paix – nous le constatons douloureusement – reste en de nombreuses parties du monde entravée, blessée ou menacée. Quel est le chemin vers la paix? Dans le message que j’ai adressé pour la célébration de la Journée mondiale de la Paix de cette année, j’ai estimé pouvoir affirmer : « Là où l’homme se laisse éclairer par la splendeur de la vérité, il entreprend presque naturellement le chemin de la paix » (n. 3).

 

1. L’engagement pour la vérité est l’âme de la justice.

 

Celui qui est engagé pour la vérité ne peut pas ne pas refuser la loi du plus fort, qui vit de mensonge et qui, au niveau national et international, a tant de fois émaillé de tragédies l’histoire des hommes. Le mensonge se revêt souvent d’une apparente vérité, mais en réalité il est toujours sélectif et tendancieux, orienté de manière égoïste vers une instrumentalisation de l’homme et, en définitive, vers sa soumission. Des systèmes politiques du passé, mais non seulement du passé, en sont une preuve amère.

 

A l’opposé se situent la vérité et la véracité, qui portent à la rencontre d’autrui, à sa reconnaissance et à l’entente : par la splendeur qui lui est propre – la splendor veritatis –, la vérité ne peut pas ne pas se répandre ; et l’amour du vrai est, par son dynamisme intrinsèque, tout tourné vers une compréhension impartiale et équitable, et vers le partage, en dépit de toutes sortes de difficultés (…).

 

Ces considérations me semblent applicables en ce point névralgique de la scène mondiale que reste la Terre Sainte. L’État d’Israël doit pouvoir y exister pacifiquement, conformément aux normes du droit international ; le Peuple palestinien doit également pouvoir y développer sereinement ses institutions démocratiques pour un avenir libre et prospère (…).

 

De telles considérations peuvent s’appliquer de manière plus large dans le contexte mondial actuel [marqué par le choc des civilisations et par le terrorisme organisé] (…). Le terrorisme n’hésite pas à frapper des personnes innocentes, sans aucune distinction, ou à mettre à exécution des chantages inhumains, suscitant la panique de populations entières, dans le but de contraindre les responsables politiques à satisfaire les desseins des terroristes eux-mêmes. Aucune circonstance ne peut justifier cette activité criminelle, qui couvre d’infamie celui qui l’accomplit et qui est d’autant plus blâmable qu’elle se pare du bouclier d’une religion, rabaissant ainsi au niveau de son aveuglement et de sa perversion morale la pure vérité de Dieu (…).

 

2. L’engagement pour la vérité donne fondement et vigueur au droit à la liberté.

 

La grandeur singulière de l’être humain a sa racine ultime en ceci : l’homme peut connaître la vérité. Et l’homme veut la connaître. Mais la vérité peut seulement être atteinte dans la liberté. Cela vaut pour toutes les vérités, comme il ressort de l’histoire des sciences ; mais cela est vrai de manière éminente pour les vérités dans lesquelles est en jeu l’homme lui-même en tant que tel, les vérités de l’esprit : celles qui concernent le bien et le mal, les grandes finalités et perspectives de vie, la relation à Dieu. Car on ne peut les atteindre sans qu’en découlent de profondes conséquences pour la conduite de sa propre vie. Et une fois librement faites siennes, ces vérités ont ensuite besoin d’espaces de liberté pour pouvoir être vécues dans toutes les dimensions de la vie humaine (…).

 

À ce sujet, vous savez bien, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, que l’activité de la diplomatie du Saint-Siège est, par nature, tournée vers la promotion, dans les différents domaines où la liberté doit se réaliser, de l’aspect de la liberté de religion (…). Les droits fondamentaux de l’homme sont les mêmes sous toutes les latitudes ; et, parmi eux, une place de premier plan doit être reconnue au droit à la liberté de religion, parce qu’il concerne le rapport humain le plus important, le rapport à Dieu. À tous les responsables de la vie des Nations, je voudrais dire : si vous ne craignez pas la vérité, vous ne devez pas craindre la liberté. Le Saint-Siège, qui demande partout pour l’Église catholique des conditions de vraie liberté, le demande pareillement pour tous (…).

 

3. L’engagement pour la vérité ouvre la voie au pardon et à la réconciliation.

 

À la connexion indispensable entre l’engagement pour la vérité et la paix, on soulève une objection : les convictions différentes sur la vérité donnent lieu à des tensions, à des incompréhensions, à des débats, d’autant plus forts que les convictions elles-mêmes sont plus profondes. Au long de l’histoire, elles ont donné lieu à de violentes oppositions, à des conflits sociaux et politiques, et même à des guerres de religion. Cela est vrai, et l’on ne peut le nier; mais cela a toujours eu lieu en raison d’une série de causes concomitantes, qui n’ont que peu ou rien à faire avec la vérité ni avec la religion, et toujours en fait parce qu’on veut tirer profit de moyens en réalité inconciliables avec le pur engagement pour la vérité, ni avec le respect de la liberté demandée par la vérité. Et en ce qui la concerne de manière spécifique, l’Église catholique condamne les graves erreurs accomplies dans le passé, tant de la part d’une partie de ses membres que de ses institutions; et elle n’a pas hésité à demander pardon. L’engagement pour la vérité l’exige.

 

La demande de pardon et le don du pardon, qui est dû également – parce qu’est valable pour tous l’avertissement de Notre Seigneur : «Celui qui est sans péché, qu’il soit le premier à jeter la pierre» (cf. Jn 8, 7) – sont des éléments indispensables pour la paix. La mémoire en demeure purifiée, le cœur rasséréné, et le regard sur ce que la vérité exige pour développer des pensées de paix devient limpide. Je ne peux pas ne pas rappeler les paroles éclairantes de Jean-Paul II : « Il n’y a pas de paix sans justice, il n’y a pas de justice sans pardon » (Message pour la Journée mondiale pour la Paix, 1er janvier 2002).

 

(…) Parmi les grandes tâches de la diplomatie, il faut assurément entendre celle de faire comprendre à toutes les parties en conflit que, si elles aiment la vérité, elles ne peuvent pas ne pas reconnaître leurs erreurs – et non seulement celles des autres –, ni refuser de s’ouvrir au pardon, demandé et accordé. L’engagement pour la vérité – qui leur tient certainement à cœur – les convoque à la paix, à travers le pardon. Le sang versé ne crie pas vengeance, mais il appelle au respect de la vie et à la paix (…).

 

4. L’engagement pour la paix ouvre à des espérances nouvelles.

 

Car l’homme est capable de vérité ! Il l’est sur les grands problèmes de l’être, comme sur les grands problèmes de l’agir : dans la sphère individuelle et dans les relations sociales, au niveau d’un peuple comme de l’humanité entière. La paix, vers laquelle son engagement peut et doit le porter, n’est pas seulement le silence des armes ; bien plus, elle est une paix qui favorise la formation de nouveaux dynamismes dans les relations internationales, dynamismes qui, à leur tour, se transforment en facteurs de maintien de la paix elle-même. Et ils ne sont tels que s’ils répondent à la vérité de l’homme et de sa dignité. Et c’est pourquoi on ne peut parler de paix là où l’homme n’a même pas l’indispensable pour vivre dans la dignité.

 

Je pense ici aux foules innombrables de gens qui souffrent de la faim. Elle n’est pas une paix, la leur, même si ces populations ne sont pas en guerre : de la guerre, elles sont même des victimes innocentes. Viennent aussi spontanément à l’esprit les images bouleversantes des grands camps de personnes déplacées ou de réfugiés – en diverses parties du monde –, rassemblés dans des conditions précaires pour échapper à des conditions pires encore, mais ayant besoin de tout. Ces êtres humains ne sont-ils pas nos frères et nos sœurs ? Leurs enfants ne sont-ils pas venus au monde avec les mêmes attentes légitimes de bonheur que les autres ? Ma pensée se tourne aussi vers tous ceux que des conditions de vie indignes poussent à émigrer loin de leur pays et de leurs proches, dans l’espoir d’une vie plus humaine. Nous ne pouvons pas oublier la plaie du trafic de personnes, qui reste une honte pour notre temps (…).

 

La vérité veut qu’aucun des États prospères ne se soustraie à ses responsabilités et à son devoir d’aide, puisant avec une plus grande générosité dans ses propres ressources. Sur la base des données statistiques disponibles, on peut affirmer que moins de la moitié des immenses sommes globalement destinées aux armements serait plus que suffisante pour que l’immense armée des pauvres soit tirée de l’indigence, et cela de manière stable. La conscience humaine en est interpellée.

 

 

Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI au Corps diplomatique, le 9 janvier 2006 

Partager cet article

Repost0
18 mai 2007 5 18 /05 /mai /2007 11:43

Le 8 décembre 2005, en la fête de l’Immaculée Conception et jour du 40e anniversaire de la clôture du Concile Vatican II, le Pape Benoît XVI a présidé l’eucharistie en la basilique St Pierre. Voici quelques extraits de l’importante homélie qu’il a prononcée à cette occasion.

Plus l'homme est proche de Dieu et plus il est proche des hommes.

 

Nous le voyons en Marie.

 

Le fait qu'elle soit totalement auprès de Dieu est la raison pour laquelle elle est également si proche de tous les hommes. C'est pourquoi elle peut être la Mère de toute consolation et de toute aide, une Mère à laquelle devant chaque nécessité quiconque peut oser s'adresser dans sa propre faiblesse et dans son propre péché, car elle comprend tout et elle est pour tous la force ouverte de la bonté créatrice.

 

C'est en Elle que Dieu imprime son image, l'image de Celui qui suit la brebis égarée jusque dans les montagnes et parmi les épines et les ronces des péchés de ce monde, se laissant blesser par la couronne d'épine de ces péchés, pour prendre la brebis sur ses épaules et la ramener à la maison.

 

En tant que Mère compatissante, Marie est la figure anticipée et le portrait permanent de son Fils.

 

Nous voyons ainsi que même l'image de la Vierge des Douleurs, de la Mère qui partage la souffrance et l'amour, est une véritable image de l'Immaculée. Son coeur, grâce au fait d'être et de ressentir avec Dieu, s'est agrandi. En Elle, la bonté de Dieu s'est beaucoup approchée et s'approche beaucoup de nous. Ainsi Marie se trouve devant nous comme signe de réconfort, d'encouragement, d'espérance. Elle s'adresse à nous en disant : "Aie le courage d'oser avec Dieu! Essaye! N'aie pas peur de Lui! Aie le courage de risquer avec la foi! Aie le courage de risquer avec la bonté! Aie le courage de risquer avec le coeur pur! Engage-toi avec Dieu, tu verras alors que c'est précisément grâce à cela que ta vie deviendra vaste et lumineuse, non pas ennuyeuse, mais pleine de surprises infinies, car la bonté infinie de Dieu ne se tarit jamais!"

 

En ce jour de fête, nous voulons rendre grâce au Seigneur pour le grand signe de sa bonté qu'il nous a donné en Marie, sa Mère et Mère de l'Eglise.

 

Nous voulons le prier de placer Marie sur notre chemin comme une lumière qui nous aide à devenir nous aussi lumière et à porter cette lumière dans les nuits de l'histoire.

 

Amen.

 

 

Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI prononcée en la fête de l'Immaculée Conception, le 8 décembre 2005 - Voir la vidéo de l'hommage du Pape Benoît XVI à la Vierge Immaculée

Partager cet article

Repost0
17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 11:15

Le 8 décembre 2005, en la fête de l’Immaculée Conception et jour du 40e anniversaire de la clôture du Concile Vatican II, le Pape Benoît XVI a présidé l’eucharistie en la basilique St Pierre. Voici quelques extraits de l’importante homélie qu’il a prononcée à cette occasion.

L'amour n'est pas une dépendance, mais un don qui nous fait vivre.

 

La liberté d'un être humain est la liberté d'un être limité et elle est donc elle-même limitée. Nous ne pouvons la posséder que comme liberté partagée, dans la communion des libertés : ce n'est que si nous vivons d'une juste manière, l'un avec l'autre et l'un pour l'autre, que la liberté peut se développer.

 

Nous vivons d'une juste manière, si nous vivons selon la vérité de notre être, c'est-à-dire selon la volonté de Dieu. Car la volonté de Dieu ne constitue pas pour l'homme une loi imposée de l'extérieur qui le force, mais la mesure intrinsèque de sa nature, une mesure qui est inscrite en lui et fait de lui l'image de Dieu, et donc une créature libre.

 

Si nous vivons contre l'amour et contre la vérité – contre Dieu –, alors nous nous détruisons réciproquement et nous détruisons le monde. Alors nous ne trouvons pas la vie, mais nous faisons le jeu de la mort.

Tout cela est raconté à travers des images immortelles dans l'histoire de la chute originelle et de l'homme chassé du Paradis terrestre.

 

 

Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI prononcée en la fête de l'Immaculée Conception, le 8 décembre 2005 - Voir la vidéo de l'hommage du Pape Benoît XVI à la Vierge Immaculée

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Totus Tuus
  • : A Jésus par Marie - Un site catholique pour apprendre à connaître et aimer Dieu de tout son coeur et de toute son intelligence.
  • Contact

Cher ami lecteur, tu es le e visiteur. La Paix soit avec toi. 

Ecouter un enseignement sur la foi catholique

Vous rendre sur le blog ami dédié à Claude Tresmontant

Visiteurs actuels