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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 13:42

Audience Générale du Pape Benoît XVI sur Saint Augustin, le 25 août 2010.

 

Chers frères et sœurs,

 

Dans la vie de chacun de nous, il y a des personnes très chères, que nous sentons particulièrement proches, certaines sont déjà dans les bras de Dieu, d’autres parcourent encore avec nous le chemin de la vie : ce sont nos parents, notre famille, les éducateurs ; ce sont des personnes auxquelles nous avons fait du bien, ou dont nous avons reçu du bien ; ce sont des personnes sur lesquelles nous savons pouvoir compter. Il est important, cependant, d’avoir également des « compagnons de route » sur le chemin de notre vie chrétienne : je pense au directeur spirituel, au confesseur, à des personnes avec lesquelles on peut partager sa propre expérience de foi, mais je pense également à la Vierge Marie et aux saints. Chacun devrait avoir un saint qui lui soit familier, pour le sentir proche à travers la prière et l’intercession, mais également pour l’imiter. Je voudrais donc vous inviter à faire davantage connaissance avec les saints, à commencer par celui dont vous portez le nom, en lisant sa vie, ses écrits. Soyez certains qu’ils deviendront de bons guides pour aimer encore davantage le Seigneur et des soutiens sûrs pour votre croissance humaine et chrétienne.

 

Comme vous le savez, je suis moi aussi lié de manière particulière à certaines figures de saints : parmi celles-ci, outre Saint Joseph et Saint Benoît dont je porte le nom, ainsi que d’autres, il y a Saint Augustin, que j’ai eu le grand don de connaître de près, pour ainsi dire, à travers l’étude et la prière et qui est devenu un bon « compagnon de route » dans ma vie et dans mon ministère. Je voudrais souligner encore une fois un aspect important de son expérience humaine et chrétienne, également actuel à notre époque où il semble que le relativisme soit paradoxalement la « vérité » qui doit guider la pensée, les choix, les comportements.

 

Saint Augustin est un homme qui n’a jamais vécu de manière superficielle ; la soif, la recherche tourmentée et constante de la Vérité est l’une des caractéristiques de fond de son existence ; mais pas cependant des « pseudo-vérités » incapables d’apporter une paix durable dans le cœur, mais de cette Vérité qui donne un sens à l’existence et qui est la « demeure » dans laquelle le cœur trouve la sérénité et la joie. Son chemin, nous le savons, n’a pas été facile : il a pensé trouver la Vérité dans le prestige, dans la carrière, dans la possession des choses, dans les voix qui lui promettaient un bonheur immédiat ; il a commis des erreurs, il a traversé des moments de tristesse, il a affronté des échecs, mais il ne s’est jamais arrêté, il ne s’est jamais contenté de ce qui lui apportait seulement une étincelle de lumière ; il a su regarder au plus profond de lui-même et il s’est rendu compte, comme il l’écrit dans lesConfessions, que cette Vérité, ce Dieu qu’il cherchait de toutes ses forces était plus proche de lui que lui-même, il avait toujours été à ses côtés, il ne l’avait jamais abandonné, il était dans l’attente de pouvoir entrer de manière définitive dans sa vie. Comme je le disais en commentant le récent film sur sa vie, Saint Augustin a compris, dans sa recherche tourmentée, que ce n’est pas lui qui a trouvé la Vérité, mais que c’est la vérité elle-même, qui est Dieu, qui l’a cherché et qui l’a trouvé (cf. ORLF n. 36 du 8 septembre 2009). Romano Guardini, commentant un passage du troisième chapitre des Confessions, affirme : Saint Augustin comprit que Dieu est « gloire qui nous jette à genoux, boisson qui étanche la soif, trésor qui rend heureux, [...il eut] la certitude apaisante de celui qui a finalement compris, mais également la béatitude de l’amour qui sait : Cela est tout et me suffit » (Pensatori religiosi, Brescia 2001, p. 177).

Toujours dans les Confessions, au Livre IX, notre saint rapporte une conversation avec sa mère, Sainte Monique (…). C’est une très belle scène : sa mère et lui sont à Ostie, dans une auberge, et de la fenêtre, ils voient le ciel et la mer, et ils transcendent le ciel et la mer, et pendant un moment, ils touchent le cœur de Dieu dans le silence des créatures. Et ici apparaît une idée fondamentale dans le chemin vers la Vérité : les créatures doivent se taire si l’on veut qu’apparaisse le silence dans lequel Dieu peut parler. Cela est toujours vrai également à notre époque : on a parfois une sorte de crainte du silence, du recueillement, de penser à ses propres actions, au sens profond de sa propre vie, on préfère souvent ne vivre que le moment qui passe, en ayant l’illusion qu’il apportera un bonheur durable ; on préfère vivre, parce que cela semble plus facile, de manière superficielle, sans penser ; on a peur de chercher la Vérité ou on a peut-être peur que la Vérité nous trouve, nous saisisse et change notre vie, comme cela s’est produit pour Saint Augustin.

 

Chers frères et sœurs, je voudrais dire à tous, même à ceux qui sont dans un moment de difficulté dans leur chemin de foi, à ceux qui participent peu à la vie de l’Eglise ou à ceux qui vivent comme si Dieu n’existait pas, de ne pas avoir peur de la Vérité, de ne jamais interrompre le chemin vers celle-ci, de ne jamais cesser de rechercher la vérité profonde sur soi-même et sur les choses avec le regard intérieur du cœur. Dieu ne manquera pas de nous donner la Lumière pour nous faire voir et la Chaleur pour faire sentir à notre cœur qu’il nous aime et qu’il désire être aimé.  

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 09:57

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

121. Au terme de ces réflexions par lesquelles j’ai voulu recueillir et approfondir la richesse de la XIIe Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques sur la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église, je désire encore une fois exhorter le Peuple de Dieu tout entier, les Pasteurs, les personnes consacrées et les laïcs à s’engager pour devenir toujours plus familiers des Écritures Saintes. Nous ne devons jamais oublier qu’à la base de toute spiritualité chrétienne authentique et vivante, se trouve la Parole de Dieu annoncée, écoutée, célébrée et méditée dans l’Église. Cette intensification de la relation avec la Parole divine se réalisera avec d’autant plus d’élan que nous serons davantage conscients de nous trouver, dans l’Écriture comme dans la Tradition vivante de l’Église, face à la Parole définitive de Dieu sur le monde et sur l’Histoire.

 

Comme nous le fait contempler le Prologue de l’Évangile de Jean, tout ce qui est se trouve sous le signe de la Parole. Le Verbe jaillit du Père et il vient demeurer parmi les siens et puis il retourne dans le sein du Père pour emporter avec lui toute la Création qui, en lui et par lui, a été créée. Aujourd’hui, l’Église vit sa mission dans l’attente anxieuse de la manifestation eschatologique de l’Époux : « L’Esprit et l’Épouse disent : ‘Viens!’ » (Ap 22, 17). Cette attente n’est jamais passive mais elle est une tension missionnaire dans l’annonce de la Parole de Dieu qui purifie et rachète tout homme : aujourd’hui encore Jésus ressuscité nous dit: « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la Création » (Mc 16, 15).

 

122. En conséquence, notre temps doit être toujours davantage le temps d’une nouvelle écoute de la Parole de Dieu et d’une Nouvelle Évangélisation. Redécouvrir le caractère central de la Parole divine dans la vie chrétienne nous fait retrouver aussi le sens le plus profond de ce que le Pape Jean-Paul II a rappelé avec force : continuer la missio ad gentes et entreprendre avec toutes les forces la Nouvelle Évangélisation, surtout dans les pays où l’Évangile a été oublié ou souffre de l’indifférence du plus grand nombre en raison d’un sécularisme diffus. Que l’Esprit Saint éveille chez les hommes la faim et la soif de la Parole de Dieu et suscite de zélés messagers et témoins de l’Évangile!

 

À l’exemple du grand Apôtre des Nations, qui fut transformé après avoir entendu la voix du Seigneur (cf. Ac 9, 1-30), écoutons nous aussi la Parole divine qui nous interpelle toujours personnellement, ici et maintenant. Les Actes des Apôtres nous racontent que l’Esprit Saint se réserva Paul et Barnabé en vue de la prédication et de la diffusion de la Bonne Nouvelle (cf. 13, 2). Ainsi, aujourd’hui, l’Esprit Saint ne cesse de susciter des auditeurs et des messagers convaincus et persuasifs de la Parole du Seigneur!

 

123. Plus nous saurons être disponibles à la Parole divine, plus nous pourrons constater que le Mystère de la Pentecôte est ‘en action’ aujourd’hui aussi dans l’Église de Dieu. L’Esprit du Seigneur continue de répandre ses dons sur l’Église afin que nous soyons conduits à la vérité tout entière, nous ouvrant le sens des Écritures et faisant de nous des messagers crédibles de la Parole du Salut. Nous revenons ainsi à la première Lettre de Saint Jean. À travers la Parole de Dieu, nous aussi, nous avons entendu, vu et touché le Verbe de vie. Nous avons écouté par grâce l’annonce que la vie éternelle s’est manifestée, afin que nous reconnaissions que nous sommes en communion les uns avec les autres, avec ceux qui nous ont précédés sous le signe de la foi et avec tous ceux qui, répandus à travers le monde, écoutent la Parole, célèbrent l’Eucharistie, vivent le témoignage de la charité. La communication de cette annonce – nous rappelle l’Apôtre Jean – est donnée pour que « nous ayons la plénitude de la joie » (1 Jn 1, 4).

L’Assemblée synodale nous a permis d’expérimenter ce qui est contenu dans le message johannique : l’annonce de la Parole crée la communion et apporte la joie. Il s’agit d’une joie profonde qui jaillit du cœur même de la vie trinitaire et qui se communique à nous dans le Fils. Il s’agit de la joie, comme don ineffable, que le monde ne peut donner. On peut organiser des fêtes, mais pas la joie. Selon l’Écriture, la joie est un fruit de l’Esprit Saint (cf. Ga 5, 22), qui nous permet de pénétrer dans la Parole et de faire en sorte que la Parole divine entre en nous en portant ses fruits pour la vie éternelle. En annonçant la Parole de Dieu dans la force de l’Esprit Saint, nous désirons communiquer aussi la source de la vraie joie, non une joie superficielle et éphémère mais celle qui jaillit de la conscience que seul le Seigneur Jésus a les paroles de la vie éternelle (cf. Jn 6, 68).

 

124. Cette relation intime entre la Parole de Dieu et la joie est manifestée avec évidence chez la Mère de Dieu. Rappelons les paroles de Sainte Élisabeth : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 1, 45). Marie est bienheureuse parce qu’elle a la foi, qu’elle a cru, et que dans cette foi, elle a accueilli dans son sein le Verbe de Dieu pour le donner au monde. La joie provenant de la Parole peut maintenant s’étendre à tous ceux qui, dans la foi, se laissent transformer par la Parole de Dieu. L’Évangile de Luc nous présente à travers deux textes ce Mystère d’écoute et de joie. Jésus affirme : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la Parole de Dieu, et qui la mettent en pratique » (8, 21). Et, face à l’exclamation d’une femme qui, au milieu de la foule, entend exalter le ventre qui l’a porté et le sein qui l’a allaité, Jésus révèle le secret de la vraie joie : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent! » (Lc 11, 28). Jésus indique la vraie grandeur de Marie, en ouvrant ainsi à chacun de nous la possibilité de cette béatitude qui naît de la Parole écoutée et mise en pratique. C’est pourquoi, à tous les Chrétiens, je rappelle que notre relation personnelle et communautaire avec Dieu dépend de l’accroissement de notre familiarité avec la Parole divine.

 

Enfin, je m’adresse à tous les hommes, également à ceux qui se sont éloignés de l’Église, qui ont abandonné la foi ou qui n’ont jamais entendu l’annonce du Salut. À chacun, le Seigneur dit : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Ap 3, 20).

 

Que chacune de nos journées soit donc façonnée par la rencontre renouvelée du Christ, le Verbe du Père fait chair : il est à l’origine et à la fin et « tout subsiste en lui » (Col 1, 17). Faisons silence pour écouter la Parole du Seigneur et pour la méditer, afin que, par l’action efficace de l’Esprit Saint, elle continue à demeurer, à vivre et à nous parler tous les jours de notre vie. De cette façon, l’Église se renouvelle et rajeunit grâce à la Parole du Seigneur qui demeure éternellement (cf. 1 P 1, 25; Is 40, 8). Ainsi, nous pourrons nous aussi entrer dans le grand dialogue nuptial par lequel se clôt l’Écriture Sainte : « L’Esprit et l’Épouse disent: ‘Viens!’ […] Celui qui témoigne de tout cela déclare : ‘Oui, je viens sans tarder.’ – Amen! Viens, Seigneur Jésus! » (Ap 22, 17.20).  

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 13:07

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

117. Conscients que Dieu Père, Fils et Saint-Esprit entre en dialogue avec l’humanité, l’Église reconnaît comme une part essentielle de l’annonce de la Parole, la rencontre avec tous les hommes de bonne volonté. Aujourd’hui, l’Église, en évitant toute forme de syncrétisme et de relativisme, recherche le dialogue avec les personnes appartenant aux diverses traditions religieuses selon les lignes indiquées par la Déclaration du Concile Vatican II Nostra aetate, développée par le Magistère ultérieur des Souverains Pontifes.

 

[cf. Parmi les nombreuses interventions de diverses natures, on rappelle : Jean-Paul II, Lett. enc. Dominum et vivificantem (18 mai 1986): AAS 78 (1986), pp. 809-900; Id. Lett. enc. Redemptoris missio (7 décembre 1990): AAS 83 (1991), pp. 249-340; Id., Discours et Homélies à Assise à l’occasion de la Journée de prière pour la paix du 27 octobre 1986; La DC n. 1929, pp. 1065-1083 et en janvier 2002 en écho aux événements du 11 septembre 2001 : La DC n. 2255, pp. 837.839-840; Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration sur l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus Christ et de l’Église Dominus Iesus (6 août 2000): AAS 92 (2000), pp. 742-765.]

 

Le rapide processus de la mondialisation offre la possibilité de vivre dans un contact plus étroit avec des personnes de cultures et de religions diverses. Il s’agit d’une opportunité providentielle pour manifester comment un authentique sens religieux peut promouvoir entre les hommes des relations de fraternité universelle. Il est d’une grande importance que les religions puissent favoriser dans nos sociétés, souvent sécularisées, un regard qui voit en Dieu Tout-Puissant le fondement de tout bien, la source inépuisable de la vie morale, le soutien d’un sens profond de la fraternité universelle.

 

À titre d’exemple, dans la Tradition judéo-chrétienne, on rencontre l’attestation claire de l’amour de Dieu pour tous les peuples qu’il réunit, déjà dans l’Alliance étroite avec Noé, en une grande et unique étreinte symbolisée par l’« arc au milieu des nuages » (Gn 9, 13.14.16) et que, selon les paroles des prophètes, il entend rassembler en une unique famille universelle (cf. Is 2, 2ss; 42, 6; 66, 18-21; Jr 4, 2; Ps 47). De fait, des témoignages du lien intime existant entre le rapport avec Dieu et l’éthique de l’amour pour tout homme se retrouvent dans de nombreuses grandes traditions religieuses.

 

118. Parmi les différentes religions, l’Église regarde « aussi avec estime les Musulmans, qui adorent le Dieu un ». Ces derniers se réfèrent à Abraham et rendent un culte à Dieu surtout par la prière, l’aumône et le jeûne. Nous reconnaissons que dans la tradition de l’Islam sont présents de nombreuses figures, des symboles et des thèmes bibliques. Dans la continuité de l’œuvre importante du Vénérable Jean-Paul II, je souhaite que les rapports inspirés par la confiance, qui se sont instaurés depuis plusieurs années entre Chrétiens et Musulmans, se poursuivent et se développent dans un esprit de dialogue sincère et respectueux. Dans ce dialogue, le Synode a exprimé le souhait que puissent être approfondis le thème du respect de la vie en tant que valeur fondamentale, et celui des droits inaliénables de l’homme et de la femme et de leur égale dignité. En tenant compte de la problématique importante de la distinction entre l’ordre sociopolitique et l’ordre religieux, les religions doivent apporter leur contribution au bien commun. Le Synode demande aux Conférences épiscopales, là où cela apparaît opportun et profitable, de favoriser des rencontres pour que Chrétiens et Musulmans se connaissent mutuellement afin de promouvoir les valeurs dont la société a besoin pour une coexistence pacifique et positive.

 

119. En cette circonstance, je voudrais par ailleurs manifester le respect de l’Église pour les religions traditionnelles et les antiques traditions spirituelles des différents continents qui contiennent également des valeurs qui peuvent favoriser la compréhension entre les personnes et les peuples. Nous constatons fréquemment une syntonie avec des valeurs exprimées aussi dans leurs Livres religieux, comme par exemple le respect de la vie, la contemplation, le silence, la simplicité dans le Bouddhisme ; le sens de la sacralité, du sacrifice et du jeûne dans l’Hindouisme ; et encore les valeurs familiales et sociales dans le Confucianisme. Nous découvrons avec satisfaction aussi dans d’autres expériences religieuses, une attention sincère pour la transcendance de Dieu, reconnu comme Créateur, tout comme le respect de la vie, du mariage et de la famille et le sens fort de la solidarité.

 

120. Cependant, le dialogue ne serait pas fécond s’il n’incluait pas aussi un respect authentique envers chaque personne, afin qu’elle puisse adhérer librement à sa religion. Le Synode, alors qu’il encourage la collaboration entre les représentants des diverses religions, rappelle donc également la nécessité que soit assurée de manière effective à tous les croyants la liberté de professer leur propre religion en privé et en public, ainsi que la liberté de conscience : en effet, le respect et le dialogue requièrent la réciprocité dans tous les domaines, surtout en ce qui concerne les libertés fondamentales et plus particulièrement la liberté religieuse. Ils favorisent la paix et l’entente entre les peuples.

 

 

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 18:49

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

109. L’annonce johannique concernant l’Incarnation du Verbe révèle le lien indissoluble qui existe entre la Parole divine et les paroles humaines, à travers lesquelles elle se communique à nous. C’est à partir de cette considération que le Synode des Évêques s’est arrêté sur le rapport entre la Parole de Dieu et la culture. En effet, Dieu ne se révèle pas à l’homme de façon abstraite, mais en assumant des langages, des images et des expressions liés aux différentes cultures. Il s’agit d’un rapport fécond amplement attesté dans l’Histoire de l’Église. Aujourd’hui, ce rapport entre dans une nouvelle phase due à l’extension et à l’enracinement de l’Évangélisation au sein des différentes cultures et aux développements les plus récents de la culture occidentale. Ceci implique avant tout la reconnaissance de l’importance de la culture comme telle dans la vie de tout homme. Le phénomène de la culture dans ses multiples aspects se présente, en effet, comme un élément constitutif de l’expérience humaine : l’homme vit toujours selon une culture qui lui est propre, et qui, à son tour, crée entre les hommes un lien qui leur est propre lui aussi, en déterminant le caractère inter-humain et social de l’existence humaine.

 

La Parole de Dieu a inspiré tout au long des siècles les différentes cultures en engendrant des valeurs morales fondamentales, des expressions artistiques de choix et des styles de vie exemplaires. C’est pourquoi, dans la perspective d’une rencontre renouvelée entre la Bible et les cultures, je voudrais répéter à tous les acteurs du monde culturel qu’ils n’ont pas à craindre de s’ouvrir à la Parole de Dieu, qui ne détruit jamais la vraie culture, mais qui constitue un stimulant constant dans la recherche d’expressions humaines toujours plus appropriées et significatives. Toute culture authentique, pour être véritablement en faveur de l’homme, doit être ouverte à la transcendance, et finalement à Dieu.

 

110. Les Pères synodaux ont souligné combien il importe de favoriser chez les hommes de culture une juste connaissance de la Bible, y compris dans les milieux sécularisés et parmi les non-croyants ; l’Écriture Sainte contient des valeurs anthropologiques et philosophiques qui ont influencé positivement l’humanité entière. Il faut pleinement retrouver le sens de la Bible comme un grand trésor pour les cultures.

 

113. Au rapport entre Parole de Dieu et cultures, est liée aussi l’importance de l’utilisation attentive et intelligente des moyens de communication sociale, anciens et nouveaux. Les Pères synodaux ont recommandé une connaissance appropriée de ces instruments, en prêtant attention à leur développement rapide et à leurs différents niveaux d’interaction et en investissant plus d’énergies pour acquérir une compétence dans les différents secteurs, en particulier dans ce que l’on appelle les nouveaux médias, comme par exemple internet. Il existe déjà une présence significative de l’Église dans le monde de la communication de masse et le Magistère ecclésial s’est aussi exprimé à plusieurs reprises sur ce thème depuis le Concile Vatican II. L’acquisition de nouvelles méthodes pour transmettre le message évangélique fait partie de la tension évangélisatrice permanente des croyants et, aujourd’hui, la communication étend un réseau qui enveloppe tout le globe, donnant un sens renouvelé à l’appel du Christ : « Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le au grand jour; ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits » (Mt 10, 27). La Parole divine, outre sa forme imprimée, doit résonner aussi à travers les autres formes de communication. C’est pourquoi, avec les Pères synodaux, je désire remercier les catholiques qui s’engagent avec compétence en vue d’une présence significative dans le monde des médias, en souhaitant un engagement encore plus large et plus qualifié.

 

Parmi les formes nouvelles de communication de masse, un rôle croissant est aujourd’hui reconnu à internet qui constitue un nouveau forum sur lequel il faut faire résonner l’Évangile, avec la conscience, toutefois, que le monde virtuel ne pourra jamais remplacer le monde réel et que l’Évangélisation ne pourra profiter de la virtualité offerte par les nouveaux médias pour instaurer des relations significatives que si l’on arrive à un contact personnel qui demeure irremplaçable. Dans le monde d’internet, qui permet à des milliards d’images d’apparaître sur des millions d’écrans dans le monde, devra apparaître le visage du Christ ainsi que la possibilité d’entendre Sa voix, car s’il n’y a pas de place pour le Christ, il n’y a pas de place pour l’homme.

 

114. Le Mystère de l’Incarnation nous fait savoir, d’une part, que Dieu se communique toujours dans une Histoire concrète, en assumant les codes culturels inscrits en elle, mais que d’autre part, la même Parole peut et doit se transmettre dans des cultures différentes, en les transfigurant de l’intérieur, grâce à ce que le Pape Paul VI appelait l’Évangélisation des cultures. La Parole de Dieu, comme du reste la foi chrétienne, manifeste ainsi un caractère profondément interculturel, susceptible de rencontrer et de faire se rencontrer les différentes cultures.

 

Dans ce contexte, on comprend aussi la valeur de l’inculturation de l’Évangile. L’Église est fermement persuadée de la capacité intrinsèque de la Parole de Dieu de rejoindre toutes les personnes quel que soit le contexte culturel qui est le leur : cette conviction découle de la Bible elle-même, qui, dès le Livre de la Genèse, prend une orientation universelle (Gn 1, 27-28), la maintient ensuite dans la bénédiction promise à tous les peuples grâce à Abraham et à sa descendance (cf. Gn 12, 3; 18, 18) et la confirme définitivement en étendant à “toutes les nations” l’Évangélisation. C’est pourquoi l’inculturation ne doit pas être confondue avec des processus superficiels d’adaptation et moins encore avec un syncrétisme confus qui dilue l’originalité de l’Évangile pour le rendre plus facilement acceptable. L’authentique paradigme de l’inculturation est l’Incarnation même du Verbe : une “acculturation”, ou une “inculturation”, sera réellement un reflet de l’Incarnation du Verbe, lorsqu’une culture, transformée et régénérée par l’Évangile, produit à partir de sa propre Tradition vivante des expressions originales de vie, de célébration et de pensées chrétiennes, en germant à partir de la culture locale, en valorisant les semina Verbi et tout ce qui est présent en elle de positif, en l’ouvrant aux valeurs évangéliques.

 

115. Si l’inculturation de la Parole de Dieu fait partie de manière impérative de la mission de l’Église dans le monde, la diffusion de la Bible à travers le précieux travail de traduction dans les différentes langues est un moment important de ce processus. À ce sujet, on doit toujours avoir présent à l’esprit que le travail de traduction des Écritures a commencé dès le temps de l’Ancien Testament, lorsqu’on a traduit le texte hébreu de la Bible oralement en araméen (Ne 8, 8.12) et, plus tard, par écrit en grec. Une traduction, en effet, est toujours plus qu’une simple transcription du texte original. Le passage d’une langue à une autre comporte nécessairement un changement de contexte culturel: les concepts ne sont pas identiques et la portée des symboles est différente, car ils mettent en rapport avec d’autres traditions de pensée et d’autres façons de vivre.

 

Pendant les travaux du Synode, on a dû faire le constat que différentes Églises locales ne disposent pas encore d’une traduction intégrale de la Bible dans leurs propres langues. Combien de peuples ont aujourd’hui faim et soif de la Parole de Dieu, mais malheureusement ne peuvent encore avoir un accès largement ouvert à la Sainte Écriture comme cela avait été souhaité au Concile Vatican II! C’est pourquoi le Synode considère qu’il est important avant tout de former des experts qui se consacrent à la traduction de la Bible dans les diverses langues (…).

 

116. L’Assemblée synodale, dans le débat autour de la relation entre la Parole de Dieu et les cultures, s’est sentie poussée à réaffirmer ce que les premiers Chrétiens ont pu expérimenter à partir du jour de la Pentecôte (cf. Ac 2, 1-13). La Parole divine est capable de pénétrer et de s’exprimer dans des cultures et des langues différentes, mais cette même Parole dépasse les limites des cultures particulières en créant une communion entre les divers peuples. La Parole du Seigneur nous invite à aller vers une communion plus large. Nous sortons de l’étroitesse de nos expériences et entrons dans la réalité qui est vraiment universelle. En entrant dans la communion avec la Parole de Dieu, nous entrons dans la communion de l’Église qui vit la Parole de Dieu. C’est sortir des limites de chaque culture dans l’universalité qui nous relie tous, nous unit tous, nous fait tous frères. C’est pourquoi, annoncer la Parole de Dieu demande toujours, à nous les premiers, un nouvel exode, d’abandonner nos cadres et nos représentations limitées pour laisser place à la présence du Christ en nous.

 

 

 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 14:44

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

L’annonce de la Parole de Dieu et les jeunes

 

104. Le Synode a réservé une attention particulière à l’annonce de la Parole divine aux nouvelles générations. Les jeunes sont dès à présent des membres actifs de l’Église et ils en représentent l’avenir. En eux, nous trouvons souvent une ouverture spontanée à l’écoute de la Parole de Dieu et un désir sincère de connaître Jésus. C’est durant la période de la jeunesse, en effet, qu’émergent de façon irrépressible et sincère les questions sur le sens de la vie personnelle et sur l’orientation à donner à sa propre existence. Seul Dieu sait apporter une véritable réponse à ces questions. Cette attention au monde des jeunes implique le courage d’une annonce claire ; nous devons aider les jeunes à acquérir une intimité et une familiarité avec la Sainte Écriture, pour qu’elle soit comme une boussole qui leur indique la route à suivre. C’est pourquoi ils ont besoin de témoins et de maîtres, qui marchent avec eux et qui les forment à aimer et à communiquer à leur tour l’Évangile surtout aux jeunes de leur âge, devenant ainsi eux-mêmes des annonciateurs authentiques et crédibles.

 

Il faut que la Parole divine soit aussi présentée dans ses implications vocationnelles afin qu’elle aide et oriente les jeunes dans leurs choix de vie, y compris vers la consécration totale. D’authentiques vocations à la Vie consacrée et au sacerdoce trouvent un terrain propice dans le contact régulier avec la Parole de Dieu. Je répète encore aujourd’hui l’invitation, faite au début de mon pontificat, à ouvrir les portes au Christ : « Celui qui fait entrer le Christ, ne perd rien, rien – absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non! Dans cette amitié seulement, s’ouvrent largement les portes de la vie. Dans cette amitié seulement, se libèrent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Chers jeunes : n’ayez pas peur du Christ! Il n’enlève rien, et il donne tout. Celui qui se donne à lui, reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ – et vous trouverez la vraie vie ».

 

L’annonce de la Parole de Dieu et les migrants

 

105. La Parole de Dieu nous rend attentifs à l’Histoire et à tout ce qui naît en elle de nouveau. C’est pourquoi le Synode, au sujet de la mission évangélisatrice de l’Église, a voulu aussi porter son attention sur le phénomène complexe des mouvements migratoires, qui ont pris ces dernières années des proportions inédites. Surgissent ici des questions très délicates au sujet de la sécurité des nations et de l’accueil à réserver à ceux qui cherchent un refuge, de meilleures conditions de vie, la santé et un travail. De très nombreuses personnes, qui ne connaissent pas le Christ ou qui en ont une image erronée, s’installent dans des pays de tradition chrétienne. Dans le même temps, des personnes appartenant à des peuples profondément imprégnés par la foi chrétienne émigrent vers des pays où l’annonce du Christ et une Nouvelle Évangélisation sont nécessaires. Ces situations offrent de nouvelles possibilités pour la diffusion de la Parole de Dieu. À ce propos, les Pères synodaux ont affirmé que les migrants ont le droit d’entendre le kérygme, qui leur est proposé et non imposé. S’ils sont chrétiens, ils ont besoin d’une assistance pastorale adéquate pour renforcer leur foi et être eux-mêmes porteurs de l’annonce évangélique. Conscients de la complexité du phénomène, il est nécessaire que tous les diocèses intéressés se mobilisent afin que les mouvements migratoires soient aussi considérés comme une occasion de découvrir de nouvelles modalités de présence et d’annonce. Ils doivent pourvoir, selon leurs possibilités, à une animation et à un accueil adaptés de ces frères, pour que touchés par la Bonne Nouvelle, ils deviennent eux-mêmes des messagers de la Parole de Dieu et des témoins de Jésus Ressuscité, espérance du monde.

 

L’annonce de la Parole de Dieu et les personnes qui souffrent

 

106. Durant les travaux synodaux, l’attention des Pères s’est souvent portée sur la nécessité d’annoncer la Parole de Dieu à tous ceux qui se trouvent également dans un état de souffrance physique, psychique ou spirituelle. En effet, c’est lorsqu’il connaît la douleur que naissent de manière plus aiguë dans le cœur de l’homme les questions ultimes sur le sens de sa propre vie. Si la parole de l’homme semble devenir muette devant le Mystère du mal et de la souffrance et si notre société semble n’accorder de valeur à l’existence que si elle correspond à certains niveaux d’efficacité et de bien-être, la Parole nous révèle que ces circonstances sont aussi mystérieusement « embrassées » par la tendresse de Dieu. La foi, qui naît de la rencontre avec la Parole divine, nous aide à considérer la vie humaine comme digne d’être pleinement vécue même lorsqu’elle est brisée par le mal. Dieu a créé l’homme pour le bonheur et pour la vie, tandis que la maladie et la mort sont entrées dans le monde comme conséquence du péché (cf. Sg 2, 23-24). Mais le Père de la vie est le médecin par excellence de l’homme et il ne cesse de se pencher avec tendresse sur l’humanité souffrante. Nous contemplons le sommet de la proximité de Dieu avec la souffrance de l’homme en Jésus lui-même qui est la Parole incarnée. Il a souffert avec nous et il est mort. Par sa Passion et sa mort, il a assumé en lui et a transformé jusqu’au bout notre faiblesse.

 

La proximité de Jésus à l’égard des personnes qui souffrent ne s’est pas interrompue ; elle se prolonge dans le temps grâce à l’action de l’Esprit Saint dans la mission de l’Église, dans la Parole et dans les Sacrements, dans les hommes de bonne volonté, dans les activités d’assistance que les communautés promeuvent dans la charité fraternelle, en dévoilant ainsi le vrai visage de Dieu et son amour. Le Synode rend grâce à Dieu pour le témoignage lumineux, et souvent caché, de nombreux Chrétiens – prêtres, religieux et laïcs – qui ont prêté et continuent de prêter leurs mains, leurs yeux et leur cœur au Christ, véritable médecin des corps et des âmes! Il exhorte encore à continuer à avoir soin des personnes malades en leur apportant la présence vivifiante du Seigneur Jésus, dans la Parole et dans l’Eucharistie. Qu’elles soient aidées à lire l’Écriture et à découvrir que, dans leur condition, elles peuvent participer d’une façon particulière aux souffrances rédemptrices du Christ pour le Salut du monde (cf. 2 Co 4, 8-11. 14)!

 

L’annonce de la Parole de Dieu et les pauvres

 

107. La Sainte Écriture révèle la prédilection de Dieu pour les pauvres et les nécessiteux (cf. Mt 25, 31-46). Souvent, les Pères synodaux ont rappelé la nécessité que l’annonce évangélique, l’engagement des Pasteurs et des communautés soient orientés vers ces frères. En effet, les premiers à avoir droit à l’annonce de l’Évangile sont précisément les pauvres, qui ont besoin non seulement de pain, mais aussi de paroles de vie. La diaconie de l’amour, qui ne doit jamais faire défaut dans nos Églises, doit toujours être unie à l’annonce de la Parole et à la célébration des saints Mystères. En même temps, il faut reconnaître et valoriser le fait que les pauvres eux-mêmes sont aussi des agents d’Évangélisation. Dans la Bible, le véritable pauvre est celui qui s’en remet totalement à Dieu et Jésus lui-même, dans l’Évangile, appelle bienheureux ceux à qui « appartient le Royaume des Cieux » (Mt 5, 3; cf. Lc 6, 20). Le Seigneur exalte la simplicité de cœur de celui qui reconnaît en Dieu sa vraie richesse, qui met en lui, et non dans les biens de ce monde, son espérance. L’Église ne peut décevoir les pauvres : les Pasteurs sont appelés à les écouter, à apprendre d’eux, à les guider dans leur foi et à les motiver pour qu’ils soient des artisans de leur propre histoire.

 

L’Église sait aussi qu’il existe une pauvreté qui est vertu, à cultiver et à choisir librement, comme l’ont fait de nombreux saints, et qu’il existe une misère qui est souvent le résultat d’injustices, qui est provoquée par l’égoïsme, qui a pour symptôme l’indigence et la faim et qui alimente les conflits. Quand l’Église annonce la Parole de Dieu, elle sait qu’il faut favoriser un « cercle vertueux » entre la pauvreté « à choisir » et la pauvreté « à combattre », redécouvrant la sobriété et la solidarité, comme valeurs évangéliques et, en même temps, universelles. Ce qui comporte des choix de justice et de sobriété.

 

La Parole de Dieu et la sauvegarde de la Création

 

108. L’engagement dans le monde, que requiert la Parole divine, nous pousse à regarder avec des yeux nouveaux le cosmos tout entier, créé par Dieu et qui porte déjà en lui les traces du Verbe, par lequel tout a été fait (cf. Jn 1, 2). En effet, nous avons aussi, comme Chrétiens et messagers de l’Évangile une responsabilité vis-à-vis de la Création. Si, d’un côté, la Révélation nous fait connaître le dessein de Dieu sur le cosmos, de l’autre, elle nous amène aussi à dénoncer les attitudes erronées de l’homme, quand il ne reconnaît pas toutes les choses comme l’empreinte du Créateur, mais comme une simple matière à manipuler sans scrupules. De cette manière, l’homme manque de l’humilité essentielle qui lui permet de reconnaître la Création comme un don de Dieu qu’il doit accueillir et utiliser selon son dessein. Au contraire, l’arrogance de l’homme qui vit ‘comme si Dieu n’existait pas’, le porte à exploiter et à défigurer la nature, en ne reconnaissant pas en elle une œuvre de la Parole créatrice. À partir de cette vision théologique, je désire répéter les affirmations des Pères synodaux, qui ont rappelé qu’accueillir la Parole de Dieu témoignée dans l’Écriture Sainte et dans la Tradition vivante de l’Église, engendre une nouvelle manière de voir les choses, en promouvant une authentique écologie, qui plonge sa racine la plus profonde dans l’obéissance de la foi, en développant une sensibilité théologique renouvelée à la bonté de toutes les choses créées dans le Christ. L’homme a besoin d’être à nouveau éduqué à l’émerveillement et à reconnaître la beauté authentique qui se manifeste dans les choses créées.

 

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 17:06

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

99. La Parole divine éclaire l’existence humaine et appelle la conscience de chacun à revoir en profondeur sa propre vie, car toute l’Histoire de l’humanité est soumise au jugement de Dieu : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui » (Mt 25, 31-32). À notre époque, nous considérons souvent, de manière superficielle, la valeur de l’instant qui passe, comme s’il était sans importance pour l’avenir. Au contraire, l’Évangile nous rappelle que chaque instant de notre existence est important et doit être vécu avec intensité, sachant que chacun devra rendre compte de sa propre vie. Au chapitre 25 de l’Évangile de Matthieu, le Fils de l’Homme juge comme fait ou comme n’étant pas fait envers lui, ce que nous aurons fait ou n’aurons pas fait à un seul de ces « petits qui sont mes frères » (25, 40.45) : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi » (25, 35-36). C’est donc la Parole de Dieu elle-même qui nous rappelle la nécessité de notre engagement dans le monde et notre responsabilité face au Christ, Seigneur de l’Histoire. En annonçant l’Évangile, encourageons-nous les uns les autres à accomplir le bien et à agir pour la justice, la réconciliation et la paix.

 

100. La Parole de Dieu pousse l’homme à des relations animées par la droiture et par la justice ; elle atteste la valeur précieuse, face à Dieu, de tous les efforts de l’homme pour rendre le monde plus juste et plus habitable. C’est la Parole de Dieu elle-même qui dénonce sans ambiguïté les injustices et qui promeut la solidarité et l’égalité. À la lumière des paroles du Seigneur, reconnaissons donc les « signes des temps » présents dans l’Histoire, ne refusons pas de nous engager en faveur de ceux qui souffrent et sont victimes de l’égoïsme. Le Synode a rappelé que s’engager pour la justice et la transformation du monde est une exigence constitutive de l’Évangélisation. Comme le disait le Pape Paul VI, il s’agit « d’atteindre et comme de bouleverser par la force de l’Évangile les critères de jugement, les valeurs déterminantes, les points d’intérêt, les lignes de pensée, les sources inspiratrices et les modèles de vie de l’humanité, qui sont en opposition avec la Parole de Dieu et le dessein du Salut ».

 

Dans ce but, les Pères synodaux ont eu une pensée particulière pour ceux qui sont engagés dans la vie politique et sociale. L’Évangélisation et la diffusion de la Parole de Dieu doivent inspirer leur action dans le monde à la recherche du véritable bien de tous, dans le respect et dans la promotion de la dignité de toutes les personnes. Certes, l’Église n’a pas directement pour mission de créer une société plus juste, même s’il lui revient le droit et le devoir d’intervenir sur les questions éthiques et morales qui concernent le bien des personnes et des peuples. C’est surtout les fidèles laïcs, formés à l’école de l’Évangile, qui ont la tâche d’intervenir directement dans l’action sociale et politique. C’est pourquoi le Synode recommande de promouvoir une formation adéquate selon les principes de la Doctrine sociale de l’Église.

 

101. De plus, je désire attirer à nouveau l’attention de tous sur l’importance de défendre et de promouvoir les droits humains de toutes les personnes, fondés sur la loi naturelle inscrite dans le cœur de l’homme et qui, comme tels, sont universels, inviolables, inaliénables. L’Église souhaite qu’à travers l’affirmation de ces droits, la dignité humaine soit plus efficacement reconnue et universellement promue, comme un trait imprimé par Dieu créateur sur sa créature que Jésus-Christ a pris sur lui et rachetée par son Incarnation, sa mort et sa Résurrection. C’est pourquoi la diffusion de la Parole de Dieu ne peut que renforcer l’affirmation et le respect des droits humains de toutes les personnes.

 

102. Parmi les nombreux chantiers où s’engager, le Synode a vivement recommandé la promotion de la réconciliation et de la paix. Dans le contexte actuel, il est plus que jamais nécessaire de redécouvrir la Parole de Dieu comme source de réconciliation et de paix car, par elle, Dieu réconcilie toutes choses en lui (cf. 2 Co5, 18-20; Ep 1, 10) : le Christ « est notre paix » (Ep 2, 14), c’est lui qui abat les murs de séparation. Au Synode, de nombreux témoignages ont évoqué les conflits, graves et sanglants, et les tensions présents sur notre planète. Parfois ces hostilités semblent se présenter sous l’aspect d’un conflit interreligieux. Encore une fois, je désire répéter que la religion ne peut jamais justifier les intolérances ou les guerres. On ne peut pas utiliser la violence au nom de Dieu! Toutes les religions devraient inciter à un usage correct de la raison et promouvoir des valeurs éthiques qui construisent la coexistence civile.

 

Fidèles à l’œuvre de réconciliation accomplie par Dieu en Jésus-Christ, crucifié et ressuscité, les Catholiques et tous les hommes de bonne volonté doivent s’engager à donner des exemples de réconciliation pour construire une société juste et pacifiée. N’oublions jamais que là où les paroles humaines deviennent impuissantes, car domine le fracas tragique de la violence et des armes, la force prophétique de la Parole de Dieu est présente et nous répète que la paix est possible, et que nous devons être des instruments de réconciliation et de paix.

 

103. L’engagement pour la justice, la réconciliation et la paix trouve sa racine ultime et son accomplissement dans l’amour qui nous a été révélé dans le Christ. En écoutant les témoignages présentés au Synode, nous sommes devenus plus attentifs au lien qui existe entre l’écoute bienveillante de la Parole de Dieu et le service désintéressé des frères ; tous les croyants doivent comprendre la nécessité de traduire en gestes d’amour la parole écoutée, car ainsi seulement l’annonce de l’Évangile devient crédible, malgré les fragilités humaines qui marquent les personnes. Jésus est passé en ce monde en faisant le bien (cf. Ac 10, 38). La Parole de Dieu écoutée avec disponibilité dans l’Église, éveille la charité et la justice envers tous, surtout envers les pauvres. Il ne faut jamais oublier que l’amour – caritas – sera toujours nécessaire, même dans la société la plus juste. Celui qui veut s’affranchir de l’amour se prépare à s’affranchir de l’homme en tant qu’homme. J’encourage donc tous les fidèles à méditer fréquemment l’hymne à la charité que l’Apôtre Paul a écrit, et à se laisser inspirer par lui : « L’amour prend patience; l’amour rend service; l’amour ne jalouse pas; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil; il ne fait rien de malhonnête; il ne cherche pas son intérêt; il ne s’emporte pas; il n’entretient pas de rancune; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais » (1 Co 13, 4-8).

 

L’amour du prochain, enraciné dans l’amour de Dieu, implique donc que nous soyons constamment engagés en tant que personnes et en tant que communauté ecclésiale, locale et universelle. Saint Augustin affirme : « Il est fondamental de comprendre que la plénitude de la Loi, comme de toutes les Écritures divines, c’est l’amour […]. Par conséquent, ceux qui croient avoir compris les Écritures, ou au moins une partie quelconque de celles-ci, sans s’engager à construire, à travers leur intelligence, ce double amour de Dieu et du prochain, démontrent qu’ils ne les ont pas encore comprises ».

 

 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 18:46

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

94. Puisque tout le Peuple de Dieu est un peuple « envoyé », le Synode a réaffirmé que la mission d’annoncer la Parole de Dieu est le devoir de tous les disciples de Jésus-Christ, comme conséquence de leur Baptême. Aucun croyant dans le Christ ne peut se sentir étranger à cette responsabilité qui provient de l’appartenance sacramentelle au Corps du Christ. Cette conscience doit être réveillée dans chaque famille, paroisse, communauté, association et mouvement ecclésial. L’Église, comme Mystère de communion, est donc tout entière missionnaire et chacun, selon son état de vie, est appelé à donner une contribution décidée à l’annonce chrétienne.

 

Les Évêques et les prêtres, selon la mission qui est la leur, sont appelés les premiers à une existence liée par le service de la Parole, à annoncer l’Évangile, à célébrer les Sacrements et à former les fidèles dans la connaissance authentique des Écritures. Les diacres sont aussi appelés à collaborer, selon la mission qui leur est propre, à cette œuvre d’Évangélisation.

 

La Vie consacrée brille dans toute l’histoire de l’Église par la capacité d’assumer explicitement la tâche de l’annonce et de la prédication de la Parole de Dieu, dans la mission ad gentes et dans les situations les plus difficiles. Attentive aussi aux nouvelles conditions de l’Évangélisation, elle ouvre avec courage et audace de nouvelles voies et relève de nouveaux défis pour l’annonce efficace de la Parole de Dieu.

 

Les laïcs sont appelés à exercer leur mission prophétique, qui découle directement de leur Baptême, et à témoigner de l’Évangile dans la vie quotidienne partout où ils se trouvent. À ce propos, les Pères synodaux ont exprimé la plus vive estime, la reconnaissance et les encouragements pour le service de l’Évangélisation que tant de laïcs, en particulier les femmes, offrent avec générosité et esprit d’engagement, dans les communautés dispersées à travers le monde, à l’exemple de Marie-Madeleine, premier témoin de la joie pascale.  En outre, le Synode reconnaît avec gratitude que les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles sont, dans l’Église, une grande force pour l’Évangélisation en notre temps, poussant l’Église à développer de nouvelles formes d’annonce de l’Évangile.

 

95. En exhortant tous les fidèles à l’annonce de la Parole divine, les Pères synodaux ont réaffirmé la nécessité pour notre temps d’un engagement décidé dans la missio ad gentes. En aucune façon, l’Église ne peut se limiter à une pastorale de l’« entretien » en faveur de ceux qui connaissent déjà l’Évangile du Christ. L’élan missionnaire est un signe clair de la maturité d’une communauté ecclésiale. Les Pères ont, en outre, exprimé avec force la conscience que la Parole de Dieu est la vérité salvatrice dont chaque homme a besoin en tout temps. À cette fin, l’annonce doit être explicite. L’Église doit aller vers tous avec la force de l’Esprit (cf. 1 Co 2, 5), et continuer de manière prophétique à défendre le droit des personnes à la liberté d’entendre la Parole de Dieu, en cherchant les moyens les plus efficaces pour la proclamer, même au risque de la persécution. L’Église se sent débitrice envers tous de l’annonce de la Parole qui sauve (cf. Rm 1, 14).

 

96. Le Pape Jean-Paul II, dans le sillage de ce que le Pape Paul VI avait déjà exprimé dans l’Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, a rappelé de bien des façons aux fidèles la nécessité d’une nouvelle saison missionnaire pour tout le Peuple de Dieu. À l’aube du troisième millénaire, non seulement tant de peuples ne connaissent pas encore la Bonne Nouvelle, mais tant de Chrétiens ont besoin que leur soit ré-annoncée de façon persuasive la Parole de Dieu, afin qu’ils puissent expérimenter concrètement la force de l’Évangile. Beaucoup de frères sont baptisés mais pas suffisamment évangélisés. Souvent des nations, auparavant riches de foi et de vocations, perdent leur propre identité sous l’influence d’une culture sécularisée. L’exigence d’une Nouvelle Évangélisation, ressentie avec tant de force par mon vénérable Prédécesseur, doit être réaffirmée sans peur, dans la certitude de l’efficacité de la Parole divine. L’Église, sûre de la fidélité de son Seigneur, ne se lasse pas d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile et invite tous les Chrétiens à redécouvrir combien il est beau de marcher à la suite du Christ.

 

97. Les horizons immenses de la mission ecclésiale, la complexité de la situation présente demandent aujourd’hui des modalités nouvelles pour communiquer de façon efficace la Parole de Dieu. L’Esprit Saint, premier agent de toute Évangélisation, ne manquera jamais de guider l’Église du Christ dans cette action. Il est important toutefois que chaque forme d’annonce soit structurée par la relation intrinsèque entre communication de la Parole de Dieu et témoignage chrétien. De cela dépend la crédibilité même de l’annonce. D’une part, la Parole est nécessaire pour communiquer ce que le Seigneur lui-même nous a dit ; d’autre part, il est indispensable de donner crédibilité à cette Parole par le témoignage afin qu’elle n’apparaisse pas comme une belle philosophie ou une utopie, mais plutôt comme une réalité que l’on peut vivre et qui fait vivre. Cette réciprocité entre Parole et témoignage rappelle la manière par laquelle Dieu lui-même s’est communiqué dans l’Incarnation de son Verbe. La Parole de Dieu rejoint les hommes à travers la rencontre avec des témoins qui la rendent présente et vivante. En particulier, les nouvelles générations ont besoin d’être initiées à la Parole de Dieu à travers la rencontre et le témoignage authentique de l’adulte, l’influence positive des amis et la grande compagnie de la communauté ecclésiale.

 

Il y a un rapport étroit entre le témoignage de l’Écriture, comme attestation que la Parole de Dieu donne d’elle-même, et le témoignage de vie des croyants. L’un implique l’autre et y conduit. Le témoignage chrétien communique la Parole attestée dans les Écritures. Les Écritures, à leur tour, expliquent le témoignage que les Chrétiens sont appelés à donner dans leur propre vie. Ceux qui rencontrent des témoins crédibles de l’Évangile sont ainsi amenés à constater l’efficacité de la Parole de Dieu en ceux qui l’accueillent.

 

98. Dans ce va-et-vient entre le témoignage et la Parole, nous comprenons l’affirmation du Pape Paul VI dans l’Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi. Notre responsabilité ne se limite pas à proposer au monde des valeurs communes ; il faut arriver à l’annonce explicite de la Parole de Dieu. C’est seulement ainsi que nous serons fidèles à la mission du Christ : La Bonne Nouvelle, proclamée par le témoignage de la vie, devra donc être tôt ou tard proclamée par la Parole de vie. Il n’y a pas d’Évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le Mystère de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, ne sont pas annoncés.

 

Le fait que l’annonce de la Parole de Dieu demande le témoignage de la vie personnelle est bien présent dans la conscience chrétienne depuis l’origine. Le Christ lui-même est le témoin fidèle et vrai (cf. Ap 1, 5; 3, 14), témoin de la vérité (cf. Jn 18, 37). Je voudrais ici me faire le porte-parole des innombrables témoignages que nous avons eu la grâce d’entendre durant l’Assemblée synodale. Nous avons été profondément touchés par les récits de ceux qui ont su vivre leur foi et donner un témoignage lumineux de l’Évangile y compris sous des régimes hostiles au Christianisme ou dans des situations de persécution.

 

Tout ceci ne doit pas nous faire peur. Jésus a dit lui-même à ses disciples : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi » (Jn 15, 20). Je désire donc élever vers Dieu avec toute l’Église un hymne de louange pour le témoignage de tant de frères et sœurs qui, encore à notre époque, ont donné leur vie pour communiquer la vérité de l’amour de Dieu révélé dans le Christ crucifié et ressuscité. J’exprime également la gratitude de toute l’Église aux Chrétiens qui ne capitulent pas devant les obstacles et les persécutions à cause de l’Évangile. En même temps, nous nous tournons avec une affection profonde et solidaire vers les fidèles de toutes ces communautés chrétiennes, en Asie et en Afrique en particulier, qui, aujourd’hui, risquent leur vie ou la marginalisation sociale à cause de la foi. Nous voyons ainsi réalisé l’esprit des Béatitudes de l’Évangile pour ceux qui sont persécutés à cause du Seigneur Jésus (cf. Mt 5, 11). En même temps, nous ne cessons pas d’élever notre voix pour que les gouvernants des nations garantissent à tous la liberté de conscience et de religion, tout comme celle de pouvoir témoigner publiquement de sa propre foi.

 

  

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:12

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

90. Saint Jean insiste sur le paradoxe fondamental de la foi chrétienne : d’une part, il affirme que « Nul n’a jamais vu Dieu » (Jn 1, 18; 1 Jn 4, 12). En aucune manière, nos images, nos concepts ou nos mots ne peuvent définir ou mesurer la réalité infinie du Très-Haut. Il reste le Deus semper maior. D’autre part, Jean affirme que réellement « le Verbe s’est fait chair » (Jn 1, 14). Le Fils unique qui est tourné vers le sein du Père, a révélé le Dieu que « personne n’a jamais vu » (Jn 1, 18). Jésus-Christ vient chez nous, « plein de grâce et de vérité » (Jn 1, 14) qui à travers lui nous sont données (Jn 1, 17) ; en effet, « tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce » (Jn 1, 16). De cette manière, l’évangéliste Jean, dans son Prologue, contemple le Verbe, de son habitation en Dieu à son Incarnation, jusqu’à son retour dans le sein du Père, emportant avec lui notre humanité qu’il a assumée pour toujours. Par cette sortie du Père et par ce retour à lui (cf. Jn 13, 3; 16, 28; 17, 8.10), il se présente à nous comme le ‘Narrateur’ de Dieu (cf. Jn 1, 18). Le Fils, en effet, affirme Saint Irénée de Lyon, « est le Révélateur du Père ». Jésus de Nazareth est, pour ainsi dire, l’‘exégète’ de Dieu que « personne n’a jamais vu ». « Il est l’image du Dieu invisible » (Col 1, 15). Ici, s’accomplit la prophétie d’Isaïe sur l’efficacité de la Parole du Seigneur : comme la pluie et la neige qui descendent des cieux pour irriguer et faire germer la terre, ainsi la Parole de Dieu « ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli ma mission » (Is 55, 10s). Jésus-Christ est cette Parole définitive et efficace qui est venue du Père et qui est retournée à Lui, en réalisant parfaitement sa volonté dans le monde.

 

91. Le Verbe de Dieu nous a communiqué la vie divine qui transfigure la face de la terre, faisant toutes choses nouvelles (cf. Ap 21, 5). Sa Parole fait de nous non seulement les destinataires de la Révélation divine, mais aussi ses messagers. Lui, l’envoyé du Père pour faire sa volonté (Jn 5, 36-38; 6, 38-40; 7, 16-18), nous attire à lui-même par sa vie et par sa mission. L’Esprit du Ressuscité habilite ainsi notre vie à l’annonce efficace de la Parole dans le monde entier. C’est l’expérience de la première communauté chrétienne qui voyait la Parole se répandre grâce à la prédication et au témoignage (cf. Ac 6, 7). Je voudrais ici me référer particulièrement à la vie de l’Apôtre Paul, un homme totalement saisi par le Seigneur (cf. Ph 3, 12) – « je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20) – et par sa mission : « malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile » (1 Co 9,16), conscient que tout ce qui est révélé dans le Christ, est réellement le salut de tous les Gentils, la libération de l’esclavage du péché pour entrer dans la liberté des fils de Dieu.

 

En effet, ce que l’Église annonce au monde est le Logos de l’espérance (cf. 1 P 3, 15); l’homme a besoin de la ‘grande Espérance’ pour vivre son présent, la grande Espérance qui est Dieu qui possède un visage humain et qui nous ‘aima jusqu’à la fin’ (Jn 13, 1). Pour cette raison, l’Église est missionnaire dans son essence. Nous ne pouvons pas garder pour nous-mêmes les paroles de la vie éternelle, qui nous ont été données dans la rencontre avec Jésus-Christ : elles sont destinées à tous, à tout homme. Toute personne de notre temps, qu’elle le sache ou non, a besoin de cette annonce. Puisse le Seigneur lui-même, comme au temps du prophète Amos, susciter dans les hommes une faim et une soif nouvelles des paroles du Seigneur (cf. Am 8, 11). Notre responsabilité est de transmettre à notre tour ce que nous avons reçu par grâce.

 

92. Le Synode des Évêques a insisté sur la nécessité de redonner vigueur dans l’Église à la conscience missionnaire, présente au sein du Peuple de Dieu depuis ses origines. Les premiers Chrétiens ont considéré l’annonce missionnaire comme une nécessité dérivant de la nature même de la foi : ils croyaient en un Dieu qui était le Dieu de tous, l’unique et vrai Dieu qui s’était révélé dans l’histoire d’Israël et, finalement, en son Fils, donnant ainsi la réponse qu’au fond d’eux-mêmes tous les hommes attendent. Les premières communautés chrétiennes ont compris que leur foi n’appartenait pas à une tradition culturelle particulière – distincte suivant les peuples –, mais au domaine de la vérité, qui concerne de manière égale tous les hommes.

 

C’est encore Saint Paul qui, par sa vie, nous éclaire sur le sens de la mission chrétienne et sur son universalité originelle. Pensons à l’épisode des Actes des Apôtres sur l’Aréopage d’Athènes (cf. 17, 16-34). L’Apôtre des Gentils entre en dialogue avec des hommes de cultures diverses, en étant conscient que le Mystère de Dieu, Connu-Inconnu, dont chaque homme a la perception, quoique confuse, s’est réellement révélé dans l’histoire : « ce que vous vénérez sans le connaître, voilà ce que, moi, je viens vous annoncer » (Ac 17, 23). En effet, la nouveauté de l’annonce chrétienne est la possibilité de dire à tous les peuples : « Il s’est montré, lui personnellement. Et à présent, le chemin qui mène à lui est ouvert. La nouveauté de l’annonce chrétienne ne réside pas dans une pensée, mais dans un fait: Dieu s’est révélé ».

 

93. Par conséquent, la mission de l’Église ne peut être considérée comme une réalité facultative ou optionnelle de la vie ecclésiale. Il s’agit de laisser l’Esprit Saint nous configurer au Christ même, en participant ainsi à sa mission : « de même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie » (Jn 20, 21), de manière à communiquer la Parole par toute notre vie. La Parole elle-même, nous envoie vers nos frères : c’est la Parole qui illumine, purifie et convertit ; nous ne sommes, nous, que des serviteurs.

 

Il est nécessaire donc, de redécouvrir toujours davantage l’urgence et la beauté d’annoncer la Parole, en vue de l’avènement du Règne de Dieu prêché par le Christ lui-même. En ce sens, renouvelons en nous la conscience, combien familière chez les Pères de l’Église, que l’annonce de la Parole a comme contenu le Règne de Dieu (cf. Mc 1, 14-15), qui est la personne même de Jésus (l’Autobasileia) comme le rappelle bien Origène. Le Seigneur offre le Salut à tous les hommes de toute époque. Nous comprenons tous combien il est nécessaire que la lumière du Christ illumine tous les domaines de l’humanité : la famille, l’école, la culture, le travail, le temps libre et les autres secteurs de la vie sociale. Il ne s’agit pas d’annoncer une parole de consolation, mais une parole de rupture qui invite à la conversion, qui rend possible la rencontre avec Dieu, germe d’une humanité nouvelle.

 

  

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 11:36

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

88. Rappelant le lien indissociable entre la Parole de Dieu et Marie de Nazareth, j’invite, en union avec les Pères synodaux, à promouvoir parmi les fidèles, surtout dans leur vie de famille, les prières mariales comme une aide pour méditer les saints Mystères racontés par l’Écriture. Un moyen très utile est, par exemple, la récitation personnelle ou communautaire du Saint Rosaire, qui reprend avec Marie les Mystères de la vie du Christ, que le Pape Jean-Paul II a voulu enrichir avec les Mystères lumineux. Il est opportun que l’énonciation des différents Mystères soit accompagnée de brefs passages de la Bible relatifs au Mystère annoncé, afin de favoriser la mémorisation de certaines expressions significatives de l’Écriture relatives aux Mystères de la vie du Christ.

 

Par ailleurs, le Synode a recommandé d’encourager parmi les fidèles la récitation de la prière de l’Angelus Domini. Il s’agit d’une prière simple et profonde qui, en union avec la Mère de Dieu, nous permet de nous remémorer chaque jour le Mystère du Verbe incarné. Il est opportun que le Peuple de Dieu, les familles et les communautés de personnes consacrées soient fidèles à cette prière mariale que la Tradition nous invite à réciter à l’aurore, à midi et au coucher du soleil. Dans la prière de l’Angelus Domini, nous demandons à Dieu, par l’intercession de Marie, qu’il nous soit donné d’accomplir comme elle la volonté de Dieu et d’accueillir en nous sa Parole. Cette pratique peut nous aider à approfondir en nous un authentique amour pour le Mystère de l’Incarnation.

 

Diverses prières anciennes de l’Orient chrétien qui, par leur référence à la Theotokos, à la Mère de Dieu, retracent toute l’histoire du salut, méritent d’être connues, appréciées et répandues aussi. Nous pensons en particulier à l’Akathistos et à la Paraklesis. Il s’agit d’hymnes de louange chantés sous forme de litanies, imprégnés de la foi ecclésiale et de références bibliques, qui aident les fidèles à méditer avec Marie les Mystères du Christ. En particulier, l’hymne sacré à la Mère de Dieu, dit Akathistos – c’est-à-dire que l’on chante debout –, représente l’une des expressions les plus élevées de la piété mariale de la Tradition byzantine. Prier en utilisant ces mots dilate l’âme et la dispose à la paix qui vient d’en-haut, de Dieu, à cette paix qui est le Christ lui-même, né de Marie pour notre Salut. 

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 09:41

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

86. Le Synode a insisté à plusieurs reprises sur l’exigence d’une approche priante du texte sacré comme élément fondamental de la vie spirituelle de tout croyant, dans les divers ministères et états de vie, en se référant notamment à la Lectio divina. La Parole de Dieu est, en effet, à la base de toute spiritualité chrétienne authentique. Les Pères synodaux se sont ainsi mis en syntonie avec ce qu’affirme la Constitution dogmatique Dei Verbum : « Que les fidèles (…) approchent de tout leur cœur le texte sacré lui-même, soit par la sainte liturgie, qui est remplie des paroles divines, soit par une pieuse lecture, soit par des cours faits pour cela ou par d’autres méthodes qui, avec l’approbation et le soin qu’en prennent les Pasteurs de l’Église, se répandent de manière louable partout de notre temps. Mais la prière – qu’on se le rappelle – doit accompagner la lecture de la Sainte Écriture » (Dei Verbum, n°25). La réflexion conciliaire entendait reprendre la grande Tradition patristique qui a toujours recommandé d’approcher l’Écriture en établissant un dialogue avec Dieu. Comme le dit Saint Augustin : « Ta prière est ta parole adressée à Dieu. Quand tu lis, c’est Dieu qui te parle ; quand tu pries, c’est toi qui parles avec Dieu ». Origène, l’un des maîtres de cette lecture de la Bible, soutient que l’intelligence des Écritures demande, plus encore que l’étude, l’intimité avec le Christ et la prière. Il est convaincu, en effet, que la voie privilégiée pour connaître Dieu est l’amour, et que l’on n’acquiert pas une authentique scientia Christi sans s’éprendre de Lui. Dans la Lettre à Grégoire, le grand théologien d’Alexandrie recommande : « Applique-toi principalement à la lecture des divines Écritures : applique-toi bien à cela (…) En t’appliquant à les lire avec l’intention de croire et de plaire à Dieu, frappe, dans ta lecture, à la porte de ce qui est fermé, et il t’ouvrira, le portier dont Jésus a dit : “À celui-là le portier ouvre”. En t’appliquant à cette divine lecture, cherche avec droiture et avec une confiance inébranlable en Dieu le sens des divins Écrits, caché au grand nombre. Ne te contente pas de frapper et de chercher, car il est absolument nécessaire de prier pour comprendre les choses divines. C’est pour nous y exhorter que le Sauveur a dit non seulement : “Frappez et l’on vous ouvrira” et “Cherchez et vous trouverez”, mais aussi : “Demandez et l’on vous donnera”».

 

Toutefois, à ce propos, il faut éviter le risque d’une approche individualiste, en se rappelant que la Parole de Dieu nous est précisément donnée pour construire la communion, pour nous unir dans la vérité durant notre marche vers Dieu. C’est une Parole qui s’adresse à chacun personnellement, mais c’est aussi une Parole qui construit la communauté, qui construit l’Église. C’est pourquoi le texte sacré doit toujours être abordé dans la communion ecclésiale. En effet, il est très important d’effectuer une lecture communautaire, car le sujet vivant de l’Écriture Sainte c’est le Peuple de Dieu, c’est l’Église. L’Écriture n’appartient pas au passé, car son sujet, le Peuple de Dieu inspiré par Dieu lui-même, est toujours le même, et la Parole est donc toujours vivante dans le sujet vivant. C’est pourquoi il est important de lire l’Écriture Sainte et d’entendre l’Écriture Sainte dans la communion de l’Église, c’est-à-dire avec tous les grands témoins de cette Parole, en commençant par les premiers Pères jusqu’aux saints d’aujourd’hui, jusqu’au Magistère actuel.

 

Par conséquent, dans la lecture orante de l’Écriture Sainte, le lieu privilégié est la liturgie, l’Eucharistie en particulier, durant laquelle, en célébrant le Corps et le Sang du Christ présent dans le Sacrement, se rend présente parmi nous la Parole elle-même. En un certain sens, la lecture priante, personnelle et communautaire, doit toujours être vécue en relation avec la célébration eucharistique. Comme l’adoration eucharistique prépare, accompagne et continue la célébration eucharistique, de même la lecture priante, personnelle et communautaire, prépare, accompagne et approfondit ce que l’Église célèbre en proclamant la Parole, dans le cadre liturgique. En mettant en aussi étroite relation Lectio et liturgie, on peut mieux saisir les critères qui doivent guider cette lecture dans le contexte de la pastorale et de la vie spirituelle du Peuple de Dieu.

 

87. Dans les documents qui ont préparé et accompagné le Synode, on a parlé de diverses méthodes pour approcher avec fruit et dans la foi les Écritures Saintes. Toutefois, l’attention la plus grande a été portée sur la Lectio divina, qui est capable d’ouvrir au fidèle le trésor de la Parole de Dieu, et de provoquer ainsi la rencontre avec le Christ, Parole divine vivante. Je voudrais rappeler brièvement ici ses étapes fondamentales : elle s’ouvre par la lecture (lectio) du texte qui provoque une question portant sur la connaissance authentique de son contenu : que dit en soi le texte biblique? Sans cette étape, le texte risquerait de devenir seulement un prétexte pour ne jamais sortir de nos pensées. S’en suit la méditation (meditatio) qui pose la question suivante : que nous dit le texte biblique? Ici, chacun personnellement, mais aussi en tant que réalité communautaire, doit se laisser toucher et remettre en question, car il ne s’agit pas de considérer des paroles prononcées dans le passé mais dans le présent. L’on arrive ainsi à la prière (oratio) qui suppose cette autre question : que disons-nous au Seigneur en réponse à sa Parole? La prière comme requête, intercession, action de grâce et louange, est la première manière par laquelle la Parole nous transforme. Enfin, laLectio divina se termine par la contemplation (contemplatio), au cours de laquelle nous adoptons, comme don de Dieu, le même regard que lui pour juger la réalité, et nous nous demandons : quelle conversion de l’esprit, du cœur et de la vie le Seigneur nous demande-t-il? Saint Paul, dans la Lettre aux Romains affirme : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait » (12, 2). La contemplation, en effet, tend à créer en nous une vision sapientielle de la réalité, conforme à Dieu, et à former en nous « la pensée du Christ » (1 Co 2, 16). La Parole de Dieu se présente ici comme un critère de discernement : « elle est vivante, (…) énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l’âme, jusqu’aux jointures et jusqu’aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur » (He 4, 12). Il est bon, ensuite, de rappeler que la Lectio divina ne s’achève pas dans sa dynamique tant qu’elle ne débouche pas dans l’action (actio), qui porte l’existence croyante à se faire don pour les autres dans la charité.

 

Ces étapes se trouvent synthétisées et résumées de manière sublime dans la figure de la Mère de Dieu, modèle pour tous les fidèles de l’accueil docile de la Parole divine. Elle « conservait avec soin toutes ces choses, en les méditant dans son cœur » (Lc 2, 19 ; cf. 2, 51), elle savait trouver le lien profond qui unit les événements, les faits et les réalités, apparemment disjoints, dans le grand dessein de Dieu.

 

Je voudrais rappeler en outre ce qui a été recommandé durant le Synode en ce qui concerne l’importance de la lecture personnelle de l’Écriture, aussi comme pratique pénitentielle, qui prévoit la possibilité, selon les dispositions habituelles de l’Église, d’acquérir l’indulgence, pour soi ou pour les défunts. La pratique de l’indulgence implique la doctrine des mérites infinis du Christ – que l’Église, comme Ministre de la Rédemption, dispense et applique, mais implique également celle de la communion des saints et nous dit combien nous sommes unis intimement dans le Christ les uns avec les autres et combien la vie surnaturelle de chacun peut bénéficier aux autres. Dans cette perspective, la lecture de la Parole de Dieu nous soutient dans notre itinéraire de pénitence et de conversion, nous permet d’approfondir le sens de notre appartenance ecclésiale et nous soutient dans une familiarité plus grande avec Dieu. Comme l’affirmait Saint Ambroise : lorsque nous prenons en main avec foi les Écritures Saintes et les lisons avec l’Église, l’homme revient se promener avec Dieu dans le paradis.

 

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