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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 11:02
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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 10:52


Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI lors de la rencontre interreligieuse au "Pope John Paul II Cultural Center" de Washington, D.C., le Jeudi 17 avril 2008.


J'ai remarqué un intérêt croissant parmi les jeunes pour développer des programmes destinés à promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel. Il s'agit d'initiatives louables. Dans le même temps,
la liberté religieuse, le dialogue interreligieux et la foi visent à quelque chose de plus qu'un consensus en vue de déterminer des voies pour mettre en œuvre des stratégies concrètes pour faire progresser la paix. L'objectif le plus vaste du dialogue est celui de découvrir la vérité. Quelle est l'origine et le destin du genre humain? Que sont le bien et le mal? Ce n'est qu'en affrontant ces questions plus profondes que nous pourrons construire une base solide pour la paix et la sécurité de la famille humaine : "Là où l'homme se laisse éclairer par la splendeur de la vérité, il entreprend presque naturellement le chemin de la paix" (Message 2006 pour la Journée mondiale de la Paix, n. 3).

Nous vivons à une époque où ces questions sont trop souvent mises de côté. Toutefois, elles ne pourront jamais être effacées du cœur de l'homme (…). Les chefs spirituels ont un devoir particulier, et nous pourrions dire une compétence spéciale, pour mettre au premier plan les questions les plus profondes de la conscience humaine, pour réveiller l'humanité devant le mystère de l'existence humaine, pour faire place dans un monde frénétique à la
réflexion et à la prière.

Placés face à ces interrogations les plus profondes concernant l'origine et le destin du genre humain,
les chrétiens proposent Jésus de Nazareth. Il est – telle est notre foi – le Logos éternel, qui s'est fait chair pour réconcilier l'homme avec Dieu et révéler la Raison qui se trouve à la base de toute les choses. C'est Lui que nous apportons dans le forum du dialogue interreligieux. Le désir ardent de suivre ses traces pousse les chrétiens à ouvrir leurs esprits et leurs cœurs au dialogue (cf. Lc 10, 25-37; Jn 4, 7-26).

Chers amis, dans notre tentative de découvrir les points communs, nous avons peut-être évité la responsabilité de discuter de nos différences avec calme et clarté. Alors que nous unissons toujours nos cœurs et nos esprits dans la recherche de la paix, nous devons également écouter avec attention la voix de la 
vérité. De cette manière, notre dialogue ne se limite pas à reconnaître un ensemble commun de valeurs, mais il se pousse en avant pour enquêter sur leur fondement ultime. Nous n'avons aucun motif d'avoir peur, car la vérité nous révèle le rapport essentiel entre le monde et Dieu. Nous sommes en mesure de percevoir que la paix est un "don céleste", qui nous appelle à conformer l'histoire humaine à l'ordre divin. C'est là que se trouve la "vérité de la paix" (cf. Message pour la Journée mondiale de la Paix 2006).

Comme nous l'avons vu alors, l'objectif le plus important du dialogue interreligieux demande une claire exposition de nos doctrines religieuses respectives (…). Chers amis, faites en sorte que notre dialogue sincère et notre coopération puissent inspirer toutes les personnes à méditer sur les questions les plus profondes à propos de leur origine et de leur destin. Puissent les disciples de toutes les religions être unis dans la défense et la promotion de la vie et de la liberté religieuse dans le monde entier. En nous consacrant généreusement à cette sainte tâche – à travers le dialogue et d'innombrables petits actes d'amour, de co
mpréhension et de compassion - nous pouvons être des instruments de paix pour toute la famille humaine.


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI 

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 23:00



Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI lors de la rencontre interreligieuse au "Pope John Paul II Cultural Center" de Washington, D.C., le Jeudi 17 avril 2008.

 

Je suis heureux d'avoir l'occasion de vous rencontrer aujourd'hui. Je (…) vous salue tous cordialement, vous qui êtes ici rassemblés pour représenter les différentes religions présentes aux Etats-Unis d'Amérique (…).

Ce pays possède une longue histoire de collaboration entre les différentes religions, dans de nombreux domaines de la vie publique. Des services de prière interreligieuse au cours de la fête nationale du Thanksgiving, des initiatives communes dans des activités caritatives, une voix unanime à propos d'importantes questions publiques : telles sont certaines des façons dont les membres des différentes religions se rencontrent pour améliorer la compréhension réciproque et promouvoir le bien commun. J'encourage tous les groupe religieux qui sont en Amérique à persévérer dans leur collaboration et à enrichir ainsi la vie publique par des valeurs spirituelles qui animent votre action dans le monde.

Le lieu où nous sommes à présent rassemblés a été expressément fondé pour la promotion de ce type de collaboration. En effet, le "Pope John Paul II Cultural Center" se propose d'offrir une voix chrétienne à la "recherche humaine de la signification et du but de la vie" dans un monde de "communautés religieuses, ethniques et culturelles différentes" (Mission Statement).
Cette institution nous rappelle la conviction de cette nation que tous les hommes devraient être libres de rechercher le bonheur de manière compatible avec leur nature de créatures dotées de raison et d'une libre volonté.

Les Américains ont toujours apprécié la possibilité de pratiquer librement leur culte, conformément à leur conscience.
Alexis de Tocqueville, l'historien français et observateur des événements américains, était fasciné par cet aspect de la nation. Il a souligné qu'il s'agit d'un pays où la religion et la liberté sont intimement liées dans leur contribution à une démocratie stable favorisant les vertus sociales et la participation à la vie communautaire de tous ses citoyens. Dans les zones urbaines, il est courant pour les personnes provenant de traditions culturelles et de religions différentes de s'engager chaque jour l'une à côté de l'autre dans les milieux commerciaux, sociaux et éducatifs.
Aujourd'hui, de jeunes chrétiens, juifs, musulmans, hindous, bouddhistes et des enfants de toutes les religions et de tous les pays sont assis côte à côte dans les salles de classe, apprenant les uns avec les autres et les uns des autres. Cette diversité donne lieu à de nouveaux défis qui suscitent une réflexion plus approfondie sur les principes fondamentaux d'une société démocratique. Que d'autres personnes puissent tirer courage de votre expérience, en se rendant compte qu'une société unie peut dériver d'une pluralité de peuples "E pluribus unum" : "D'une multitude, un" -, à condition que tous reconnaissent la liberté religieuse comme un droit civil fondamental (cf. Dignitatis humanae, n. 2).

La tâche de défendre la liberté religieuse n'est jamais terminée.
De nouvelles situations et de nouveaux défis invitent les citoyens et les dirigeants à réfléchir sur la façon dont leurs décisions respectent ce droit humain fondamental. Défendre la liberté religieuse dans le cadre de la loi ne garantit pas que les peuples, en particulier les minorités, soient épargnés par des formes injustes de discrimination et de préjugés. Un effort constant est demandé à tous les membres de la société dans le but de garantir que soit offerte aux citoyens l'opportunité d'exercer leur culte de manière pacifique et de transmettre leur patrimoine religieux à leurs enfants.

La transmission des traditions religieuses aux générations qui se succèdent, aide non seulement à préserver un patrimoine, mais soutient également et nourrit à l'heure actuelle la culture qui nous entoure. Cela est également valable pour le dialogue entre les religions ; ceux qui y participent et la société en tirent un enrichissement. Dans la mesure où nous grandissons dans la compréhension les uns des autres, nous nous rendons compte que nous partageons une estime pour les valeurs éthiques que la raison humaine peut atteindre, qui sont respectées par toutes les personnes de bonne volonté. Le monde demande avec insistance un témoignage commun de ces valeurs. J'invite donc toutes les personnes religieuses à considérer le dialogue non seulement comme un moyen pour renforcer la compréhension réciproque, mais également comme une façon de servir la société de manière plus large.
En témoignant des vérités morales qu'ils ont en commun avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté, les groupes religieux exerceront une influence positive sur la culture au niveau le plus large et ils inspireront leurs voisins, leurs collègues de travail et leurs concitoyens à s'unir à la tâche de renforcer les liens de solidarité. Pour reprendre les paroles du Président Franklin Delano Roosevelt, "il ne pourrait arriver rien de plus grand à notre terre aujourd'hui qu'une renaissance de l'esprit de foi".

Un exemple concret de la contribution que les communautés religieuses peuvent offrir à la société civile sont les écoles confessionnelles. Ces institutions enrichissent les enfants tant intellectuellement que spirituellement. Guidés par leurs enseignants à la découverte de la dignité donnée par Dieu à chaque être humain, les jeunes apprennent à respecter les croyances et les pratiques religieuses des autres, en développant la vie civile de la nation.


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 08:22



Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI à l’Université catholique d'Amérique à Washington, le 17 avril 2008.

 



La mission première d'évangélisation de l'Eglise, dans laquelle les institutions éducatives jouent un rôle crucial, est à l'unisson de l'aspiration fondamentale de la nation à développer une société vraiment digne de la dignité de la personne humaine. Parfois, cependant, la valeur de la contribution de l'Eglise au débat public est remise en question. C'est pourquoi il est important de rappeler que la vérité de la foi et celle de la raison ne se contredisent jamais entre elles. De fait, la mission de l'Eglise l'engage dans la lutte que l'humanité mène pour atteindre la vérité. En exprimant la vérité révélée, elle sert tous les membres de la société en purifiant la Raison, en assurant qu'elle demeure ouverte à la considération des vérités dernières. En puisant à la Sagesse divine, elle fait la lumière sur l'établissement de la moralité et de l'éthique humaine, et rappelle à tous les groupes dans la société que ce n'est pas la pratique qui donne naissance à la vérité mais que c'est la vérité qui doit servir de base à la pratique. Loin de menacer la tolérance de la diversité légitime, une contribution semblable éclaire la vérité même qui rend le consensus possible, et aide à garder le débat public raisonnable, honnête et fiable. De la même manière, l'Eglise ne se lasse jamais de soutenir les catégories morales essentielles du juste et de l'injuste, sans lesquelles l'espérance ne peut que se flétrir, ouvrant la voie à de froids et pragmatiques calculs utilitaristes qui réduisent la personne à n'être au plus qu'un pion sur un échiquier idéal.

P
ar rapport au débat éducatif, la diakonia de la vérité assume une haute signification dans les sociétés au sein desquelles l'idéologie séculariste creuse un fossé entre vérité et foi. Cette division a encouragé la tendance à confondre vérité et connaissance et à adopter une mentalité positiviste qui, par son rejet de la métaphysique, nie les fondements de la foi et rejette la nécessité d'une vision morale. La vérité signifie plus que la connaissance : connaître la vérité nous amène à découvrir le bien. La vérité parle à l'individu dans son intégralité, en nous invitant à répondre avec tout notre être. Cette vision optimiste est fondée dans notre foi chrétienne, parce que dans cette foi nous est donnée la vision du Logos, la Raison créatrice de Dieu, qui s'est révélée elle-même comme divinité dans l'incarnation. Loin d'être une communication de données factuelles – d'"informations" – la vérité aimante de l'Evangile est créative et capable de changer la vie – elle est "performative" (cf. Spe salvi, n. 2). Les éducateurs chrétiens peuvent en toute confiance libérer les jeunes des limites du positivisme et réveiller leur réceptivité à la vérité, à Dieu et à sa bonté. De cette manière, vous aiderez également à former leur conscience qui, enrichie par la foi, ouvre un chemin sûr vers la paix intérieure et le respect des autres.

Il n'est pas surprenant, toutefois, qu'outre nos communautés ecclésiales, la société en général demande intensément des éducateurs catholiques. Cela vous confère une responsabilité et vous offre une opportunité. Un nombre toujours croissant de personnes – en particulier de parents – reconnait le besoin d'excellence dans la formation humaine de leurs enfants. Comme Mater et Magistra, l'Eglise partage leur préoccupation.
Quand rien au-delà de la personne n'est reconnu comme définitif, l'ultime critère de jugement devient le "moi" et la satisfaction des désirs immédiats de l'individu. L'objectivité et la perspective, qui ne découlent que de la dimension transcendante essentielle de la personne humaine, peuvent se perdre. Dans un tel horizon relativiste les buts de l'éducation sont irrémédiablement réduits. Lentement, un abaissement des niveaux s'affirme. Nous observons aujourd'hui une certaine timidité face à la catégorie du bien et une chasse inconsidérée à l'étalage de nouveautés comme réalisation de la liberté. Nous sommes témoins de la conviction que toutes les expériences seraient d'une égale valeur et de la réticence à admettre imperfections et erreurs. Il est également particulièrement inquiétant de voir le précieux et délicat domaine de l'éducation sexuelle réduit à la gestion des "risques" et privé de toute référence à la beauté de l'amour conjugal.

Quelles réponses les éducateurs chrétiens peuvent-ils apporter? Ces développements dangereux mettent en évidence l'urgence particulière de ce que nous pourrions appeler la "charité intellectuelle". Cet aspect de la charité demande à l'éducateur de reconnaître que sa profonde responsabilité de guider les jeunes à la vérité est tout simplement un acte d'amour. En vérité, la dignité de l'éducation réside dans la promotion de la vraie perfection et de la joie de ceux qui doivent être guidés. En pratique, la "charité intellectuelle" soutient l'unité essentielle de la connaissance contre la fragmentation qui s'ensuit quand la Raison est détachée de la recherche de la Vérité. Cela guide les jeunes vers la satisfaction profonde d'exercer la liberté en relation à la Vérité, et cela nous pousse à formuler la relation entre la foi et les divers aspects de la vie familiale et civile. Une fois que la passion pour la plénitude et l'unité de la vérité a été réveillée, les jeunes goûteront assurément la découverte que la question sur ce qu'ils peuvent connaître les conduit à la grande aventure de ce qu'ils devraient faire. Ils font ici l'expérience de "en qui" et de "en quelle chose" il est possible d'espérer et ils seront inspirés pour apporter leur contribution à la société qui fait naître l'espérance chez les autres.

Chers amis, je souhaite conclure en attirant particulièrement votre attention sur l'extrême importance de votre compétence et de votre témoignage au sein de nos universités et nos écoles catholiques. Avant tout, permettez-moi de vous remercier pour votre dévouement et votre générosité. Je sais du temps où j'étais professeur, et je l'ai ensuite entendu de la bouche de vos évêques et des personnes travaillant à la Congrégation pour l'éducation catholique, que la réputation des institutions éducatives dans votre pays vous est largement due ainsi qu'à vos prédécesseurs. Vos contributions désintéressées – de la recherche extérieure au dévouement de ceux qui travaillent au sein des instituts scolaires – servent autant votre pays que l'Eglise. Je vous exprime pour cela ma profonde gratitude.

A propos des membres des facultés dans les collèges universitaires catholiques, je souhaite réaffirmer la grande valeur de la liberté académique.
En vertu de cette liberté, vous êtes appelés à chercher la vérité partout où l'analyse attentive de l'évidence vous conduit. Cependant, il faut aussi rappeler que tous les appels au principe de liberté académique pour justifier des positions qui contredisent la foi et l'enseignement de l'Eglise feraient obstacle ou même trahiraient l'identité et la mission de l'université, une mission qui est au cœur du munus docendi de l'Eglise et qui n'est en aucune manière autonome ou indépendante d'elle.

Enseignants et administrateurs, des universités autant que des écoles, ont le devoir et le privilège d'assurer que les étudiants reçoivent une instruction dans la doctrine et dans la pratique catholiques. Cela exige que le témoignage public rendu à la manière d'être du Christ, telle qu'elle ressort de l'Evangile et qu'elle est proposée par le magistère de l'Eglise, modèle tous les aspects de la vie institutionnelle autant à l'intérieur qu'à l'extérieur des salles de classe. Prendre de la distance par rapport à cette vision affaiblit l'identité catholique et, loin de faire avancer la liberté, conduit inévitablement à la confusion autant morale qu'intellectuelle et spirituelle.

Je souhaite également adresser une parole particulière d'encouragement aux enseignants de catéchèse, qu'ils soient laïcs ou religieux, qui se battent pour assurer que les jeunes deviennent quotidiennement plus aptes à apprécier le don de la foi. L'éducation religieuse est un apostolat stimulant et il y a de nombreux signes d'un désir parmi les jeunes de mieux connaître la foi et de la pratiquer avec détermination (…).

Je désire ici lancer un appel spécifique aux religieux, aux religieuses et aux prêtres : n'abandonnez pas l'apostolat scolaire ; au contraire, renouvelez votre engagement dans les écoles, notamment celles qui sont dans les zones les plus pauvres.
Dans les lieux où de nombreuses promesses fallacieuses attirent les jeunes loin du sentier de la vérité et de la liberté authentique, le témoignage des conseils évangéliques apporté par la personne consacrée est un don irremplaçable. J'encourage les religieux présents à se consacrer avec un enthousiasme renouvelé à la promotion des vocations. Sachez que votre témoignage en faveur de l'idéal de la consécration et de la mission au milieu des jeunes est une source de grande inspiration dans la foi pour eux et pour leurs familles.


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 18:25



Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI à l’Université catholique d'Amérique à Washington, le 17 avril 2008.



Chers cardinaux,

Chers frères évêques,
Illustres professeurs, enseignants et éducateurs,

(…)
La tâche éducative fait partie intégrante de la mission qu'a l'Eglise de proclamer la Bonne Nouvelle. En premier lieu, principalement, chaque institution éducative catholique est un lieu où rencontrer le Dieu vivant, qui en Jésus Christ révèle la force transformatrice de son amour et de sa vérité (cf. Spe salvi, n. 4). Cette relation suscite le désir de grandir dans la connaissance et dans la compréhension du Christ et de son enseignement. De cette manière ceux qui le rencontrent sont portés par la puissance de l'Evangile à mener une nouvelle vie caractérisée par tout ce qui est beau, bon et vrai ; une vie de témoignage chrétien nourrie et renforcée au sein de la communauté des disciples de notre Seigneur, l'Eglise.

La dynamique entre rencontre personnelle, connaissance et témoignage chrétien fait partie intégrante de la diakonia de la vérité que l'Eglise exerce au sein de l'humanité.
La révélation de Dieu offre à chaque génération la possibilité de découvrir la vérité ultime sur sa propre vie et sur la fin de l'histoire. Cette tâche n'est jamais facile : elle implique toute la communauté chrétienne et motive chaque génération d'éducateurs chrétiens pour garantir que le pouvoir de la vérité de Dieu imprègne toutes les dimensions des institutions qu'ils servent. De cette manière, la Bonne Nouvelle du Christ est mise en condition d'agir, guidant autant l'enseignant que l'étudiant vers la vérité objective qui, en transcendant le particulier et le subjectif, renvoie à l'universel et à l'absolu qui nous permet de proclamer avec confiance l'espérance qui ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5). Contre les conflits personnels, la confusion morale et la fragmentation de la connaissance, les nobles buts de la formation académique et de l'éducation, basés sur l'unité de la vérité et sur le service à la personne et à la communauté, deviennent un puissant instrument d'espérance.

(…) Certains aujourd'hui remettent en question l'engagement de l'Eglise dans l'éducation, en se demandant si ses ressources ne pourraient pas être mieux employées ailleurs. Certes, dans une nation comme celle-ci, l'Etat offre de larges possibilités d'éducation et attire des femmes et des hommes dévoués et généreux vers cette honorable profession. Il convient, donc, de réfléchir sur ce qui est spécifique à nos institutions catholiques. Comment peuvent-elles contribuer au bien de la société à travers la mission première de l'Eglise qui est l'évangélisation?


Toutes les activités de l'Eglise naissent de sa conscience d'être porteuse d'un message qui a son origine en Dieu même : dans sa bonté et sa sagesse, Dieu a choisi de se révéler lui-même et de faire connaître le dessein caché de sa volonté (cf. Ep 1, 9; Dei Verbum, n. 2). Le désir de Dieu de se faire connaître et le désir inné de tout être humain de connaître la vérité fournissent le contexte de la recherche humaine sur le sens de la vie. Cette rencontre unique est soutenue dans la communauté chrétienne : qui cherche la vérité devient un homme qui vit de foi (cf. Fides et ratio, n. 31). Cela peut être décrit comme un mouvement du "moi" au "nous", qui conduit l'individu à venir faire partie du peuple de Dieu.


La même dynamique d'identité communautaire – à qui appartiens-je? – vivifie l'ethos de nos institutions catholiques.
L'identité d'une université ou d'une école catholique n'est pas simplement une question de nombre des étudiants catholiques. C'est une question de conviction – croyons-nous vraiment que le mystère de l'homme ne devient clair que dans le mystère du Verbe incarné (cf. Gaudium et spes, n. 22)? Sommes-nous vraiment prêts à confier tout notre "moi" – intellect et volonté, esprit et cœur – à Dieu? Acceptons-nous la vérité que le Christ révèle? La foi est-elle "tangible" dans nos universités et nos écoles? Lui donne-t-on une expression fervente dans la liturgie, dans les sacrements, à travers la prière, les actes de charité, la sollicitude pour la justice et le respect de la création de Dieu? Ce n'est que de cette manière que nous témoignons réellement du sens de qui nous sommes et de ce que nous soutenons.

C'est dans cette perspective qu'on peut reconnaître que la "crise de la vérité" contemporaine est enracinée dans une "crise de la foi". Ce n'est qu'à travers la foi que nous pouvons donner librement notre assentiment au témoignage de Dieu et le reconnaître comme le garant transcendant de la vérité qu'il nous révèle. Encore une fois, nous voyons pourquoi la promotion de l'intimité personnelle avec Jésus Christ et le témoignage communautaire de sa vérité qui est amour est indispensable dans les institutions de formation catholiques. De fait, nous voyons tous et nous observons avec inquiétude, la difficulté ou la réticence que beaucoup de personnes ont aujourd'hui à se confier eux-mêmes à Dieu. C'est un phénomène complexe, auquel je réfléchis constamment
. Alors que nous avons cherché avec diligence d'impliquer l'intelligence de nos jeunes, nous avons peut-être négligé leur volonté. En conséquence, nous observons avec angoisse que la notion de liberté est déformée. La liberté n'est pas une faculté de "désengagement de" ; elle est une faculté "d'engagement pour" – une participation à l'Etre même. Par conséquent, l'authentique liberté ne peut jamais être atteinte en s'éloignant de Dieu. Un choix semblable signifierait en dernier ressort négliger la vérité authentique dont nous avons besoin pour nous comprendre nous-mêmes. C'est pourquoi une responsabilité particulière pour chacun d'entre vous, et pour vos collègues, est de susciter parmi vos jeunes le souhait d'un acte de foi, en les encourageant à se confier à la vie ecclésiale qui découle de cet acte de foi. C'est ici que la liberté rejoint la certitude de la vérité. En choisissant de vivre selon cette vérité, nous embrassons la plénitude de la vie de foi qui nous est donnée dans l'Eglise.

Cependant, il est clair que l'identité catholique ne dépend pas des statistiques. Elle ne peut pas non plus être simplement comparée à l'orthodoxie qu'elle contient par nature. Cela exige et inspire bien davantage : il faut que tous les aspects de vos communautés d'étude se reflètent dans la vie ecclésiale de foi. Ce n'est que dans la foi que la vérité peut s'incarner et que la raison peut s'humaniser, en étant capable de diriger la volonté le long du sentier de la liberté (cf. Spe salvi, n. 23). De cette manière, nos institutions offrent une contribution vitale à la mission de l'Eglise et servent efficacement la société. Elles deviennent des lieux où la présence active de Dieu dans les affaires humaines est reconnue et où tous les jeunes gens découvrent la joie d'entrer dans l'"être pour les autres" du Christ (cf. ibid., n. 28).


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 17:20



Extrait de l’homélie du Pape Benoît XVI prononcée devant plus de 48.000 fidèles lors de la Messe au Nationals Park Stadium (Stade de l’équipe de base-ball des Nationals) à Washington, le jeudi 17 avril 2008.



Chers frères et sœurs dans le Christ,

(…) Notre Messe d'aujourd'hui reconduit l'Eglise qui est aux Etats-Unis à ses racines dans le proche Maryland et rappelle le 200e anniversaire du premier chapitre de sa croissance considérable – le démembrement par mon prédécesseur, le Pape Pie VII, du diocèse originel de Baltimore et l'instauration des diocèses de Boston, Bardstown (à présent Louisville), New York et Philadelphie.
Deux cents ans plus tard, l'Eglise qui est en Amérique peut à juste titre louer la capacité des générations passées à rassembler des groupes d'immigrants très différents dans l'unité de la foi catholique et dans un engagement commun pour la diffusion de l'Evangile. Dans le même temps, la communauté catholique dans ce pays, consciente de sa riche multiplicité, est arrivée à apprécier toujours plus pleinement l'importance de chaque individu et de chaque groupe qui apporte son don particulier à l'ensemble. A présent, l'Eglise qui est aux Etats-Unis est appelée à regarder vers l'avenir, solidement enracinée dans la foi transmise par les générations précédentes et prête à affronter de nouveaux défis – des défis tout aussi exigeants que ceux affrontés par vos ancêtres – avec l'espérance qui naît de l'amour de Dieu déversé dans nos cœurs par l'œuvre de l'Esprit Saint (cf. Rm 5, 5).

Dans l'exercice de mon ministère de Successeur de Pierre, je suis venu en Amérique pour vous confirmer, chers frères et sœurs, dans la foi des apôtres (cf. Lc 22, 32). Je suis venu pour proclamer à nouveau, comme saint Pierre le proclama le jour de la Pentecôte, que Jésus Christ est le Seigneur et le Messie, ressuscité de la mort, assis à la droite du Père dans la gloire et constitué juge des vivants et des morts (Ac 2, 14sq). Je suis venu pour répéter l'exhortation urgente des apôtres à la conversion pour le pardon des péchés et pour implorer du Seigneur une nouvelle effusion de l'Esprit Saint sur l'Eglise dans ce pays. Comme nous l'avons entendu en ce temps pascal, l'Eglise est née à travers les dons du repentir et la foi dans le Seigneur ressuscité, donnés par l'Esprit. A chaque époque, celle-ci est poussée par ce même Esprit à porter aux hommes et aux femmes de chaque race, langue et peuple (cf. Ap 5, 9) la Bonne Nouvelle de notre réconciliation avec Dieu dans le Christ.

Les lectures de la Messe d'aujourd'hui nous invitent à considérer la croissance de l'Eglise en Amérique comme un chapitre dans l'histoire plus vaste de l'expansion de l'Eglise à la suite de la descente de l'Esprit Saint à la Pentecôte. Dans ces lectures, nous voyons le lien inséparable entre le Seigneur ressuscité, le don de l'Esprit pour le pardon des péchés et le mystère de l'Eglise. Le Christ a constitué son Eglise sur le fondement des apôtres (cf. Ap 21, 14) comme une communauté structurée visible, qui est à la fois communion spirituelle, corps mystique animé par les multiples dons de l'Esprit et sacrement de salut pour l'humanité tout entière (cf. Lumen gentium, n. 8). En chaque temps et lieu, l'Eglise est appelée à croître dans l'unité à travers une conversion permanente au Christ, dont l'œuvre rédemptrice est proclamée par les successeurs des apôtres et célébrée dans les sacrements. D'autre part, cette unité comporte une expansion permanente, car l'Esprit incite les croyants à proclamer "les grandes œuvres de Dieu" et à inviter toutes les nations à entrer dans la communauté de ceux qui sont sauvés par le sang du Christ et qui ont reçu la vie nouvelle dans son Esprit.

(…) Le monde a besoin du témoignage! Qui peut nier que le moment présent constitue un tournant non seulement pour l'Eglise en Amérique, mais également pour la société dans son ensemble? C'est un temps rempli de grandes promesses, car nous voyons la famille humaine être plus proche de différentes manières, devenant toujours plus interdépendante. Toutefois, nous voyons en même temps les signes évidents d'un effondrement préoccupant des fondements mêmes de la société : des signes d'aliénation, de colère et d'opposition chez un grand nombre de nos contemporains ; une violence croissante, un affaiblissement du sens moral, une vulgarité plus importante dans les relations sociales et un oubli toujours plus grand du Christ et de Dieu. L'Eglise voit elle aussi des signes d'immenses promesses dans ses nombreuses paroisses solides et dans les mouvements vivants, dans l'enthousiasme pour la foi démontré par tant de jeunes, dans le nombre de ceux qui chaque année embrassent la foi catholique et dans un intérêt toujours plus grand pour la prière et pour la catéchèse. Dans le même temps, elle perçoit de manière souvent douloureuse la présence de divisions et de noyaux en son sein, et elle fait aussi la découverte déconcertante que de nombreux baptisés, au lieu d'agir comme un levain spirituel dans le monde, sont enclins à adopter des attitudes contraires à la vérité de l'Evangile.

"Tu envoies ton souffle, ils sont créés, tu renouvelles la face de la terre"
(cf. Ps 104, 30). Les paroles du Psaume responsorial d'aujourd'hui sont une prière qui, à chaque époque et en chaque lieu, s'élève du cœur de l'Eglise. Elles nous rappellent que l'Esprit Saint a été répandu comme prémices d'une nouvelle Création, "un ciel nouveau et une terre nouvelle" (cf. 2 P 3, 13 ; Ap 21, 1), où régnera la paix de Dieu et la famille humaine sera réconciliée dans la justice et dans l'amour. Nous avons entendu saint Paul nous dire que toute la Création "gémit" jusqu'à aujourd'hui, attendant cette véritable liberté, qui est le don de Dieu pour ses enfants (cf. Rm 8, 21-22), une liberté qui nous met en mesure de vivre conformément à sa volonté. Nous prions aujourd'hui avec insistance, pour que l'Eglise en Amérique soit renouvelée dans ce même Esprit et soutenue dans sa mission d'annoncer l'Evangile à un monde qui a la nostalgie d'une vraie liberté (cf. Jn 8, 32), d'un bonheur authentique et de l'accomplissement de ses aspirations les plus profondes! (…) La fidélité et le courage, avec lesquels l'Eglise dans ce pays réussira à affronter les défis d'une culture toujours plus sécularisée et matérialiste dépendra en grande partie de votre fidélité personnelle dans la transmission du trésor de notre foi catholique. Les jeunes ont besoin d'être aidés à discerner la voie qui conduit à la véritable liberté : la voie d'une sincère et généreuse imitation du Christ, la voie du dévouement à la justice et à la paix. Beaucoup de progrès ont été accomplis dans le développement de programmes solides pour la catéchèse, mais il reste encore davantage à faire pour former les cœurs et les esprits des jeunes dans la connaissance et dans l'amour du Seigneur. Les défis que nous devons affronter demandent une vaste et saine instruction dans la vérité de la foi. Mais ils demandent également de cultiver une façon de penser, une "culture" intellectuelle qui soit authentiquement catholique, confiante dans l'harmonie profonde entre foi et raison, et préparée à apporter la richesse de la vision de la foi en ce qui concerne les questions urgentes qui concernent l'avenir de la société américaine.

Chers amis, ma visite aux Etats-Unis entend être un témoignage du "Christ notre espérance". Les Américains ont toujours été un peuple de l'espérance : vos ancêtres sont venus dans ce pays avec l'espoir de trouver une nouvelle liberté et de nouvelles opportunités, alors que l'ampleur du territoire inexploré leur donnait l'espérance d'être capables de recommencer complètement depuis le début, en créant une nouvelle nation sur de nouvelles bases. Certes, cette attente n'a pas été l'expérience de tous les habitants de ce pays ; il suffit de penser aux injustices subies par les populations américaines autochtones et par ceux qui furent conduits de force de l'Afrique jusqu'ici comme esclaves. Mais l'espérance, l'espérance dans l'avenir fait profondément partie du caractère américain. Et la vertu chrétienne de l'espérance – l'espérance déversée dans nos cœurs par l'œuvre de l'Esprit Saint, l'espérance qui purifie et corrige de manière surnaturelle nos aspirations en les orientant vers le Seigneur et son dessein de salut – cette espérance a également caractérisé, et continue à caractériser la vie de la communauté catholique dans ce pays.

C'est dans le contexte de cette espérance née de l'amour et de la fidélité de Dieu que
je prends acte de la douleur que l'Eglise en Amérique a éprouvée suite à l'abus sexuel de mineurs. Aucune de mes paroles ne pourrait décrire la douleur et les dommages causés par un tel abus. Il est important qu'à ceux qui ont souffert soit réservée une attention pastorale pleine d'amour. Je ne peux pas non plus décrire de manière appropriée les dommages qui se vérifient au sein même de la communauté de l'Eglise. De grands efforts ont déjà été faits pour affronter de manière honnête et juste cette tragique situation et pour assurer que les enfants – que notre Seigneur aime tellement profondément (cf. Mc 10, 14) et qui sont notre plus grand trésor – puissent grandir dans un environnement sûr. Cette attention pour protéger les enfants doit continuer. Hier, j'ai parlé de cela avec vos évêques. J'encourage aujourd'hui chacun de vous à faire ce qui est possible pour promouvoir la guérison et la réconciliation et pour aider ceux qui ont été blessés. Je vous demande également d'aimer vos prêtres et de les confirmer dans l'excellent travail qu'ils accomplissent. Et surtout priez afin que l'Esprit Saint répande ses dons sur l'Eglise, ces dons qui conduisent à la conversion, au pardon et à la croissance de la sainteté.

(…)
Dans le passage de l'Evangile d'aujourd'hui, le Seigneur ressuscité fait le don de l'Esprit Saint aux apôtres et leur concède l'autorité de pardonner les péchés. Par le pouvoir invincible de la grâce du Christ, confié à de fragiles ministres humains, l'Eglise renaît continuellement et l'espérance d'un nouveau départ est donnée à chacun d'entre nous. Nous sommes confiants dans le pouvoir de l'Esprit d'inspirer des conversions, de soigner toutes les blessures, de dépasser toutes les divisions et de susciter une vie et une liberté nouvelles! Combien avons-nous besoin de tels dons! Et combien sont-ils à portée de main, notamment dans le sacrement de la pénitence! La force libératrice de ce sacrement, dans lequel notre confession sincère du péché rencontre la parole miséricordieuse de pardon et de paix de la part de Dieu, a besoin d'être redécouverte et faite sienne par tous les catholiques. Le renouveau de l'Eglise en Amérique dépend en grande partie de la pratique de la pénitence et de la croissance de la sainteté : toutes deux sont inspirées et réalisées par ce sacrement.

(…) Que la joie de savoir que le Seigneur a triomphé sur la mort et sur le péché vous aide à être, là où vous vous trouvez, des témoins de son amour et des semeurs de cette espérance qu'Il est venu nous apporter et qui ne déçoit jamais. Ne vous laissez pas gagner par le pessimisme, l'inertie ou les problèmes. Et surtout, fidèles aux engagements assumés dans le baptême, approfondissez chaque jour la connaissance de Jésus Christ et laissez votre cœur être gagné par son amour et son pardon.


Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 21:12
En ce jour d'ordinations sacerdotales partout en France, laissons-nous interpeller par la joie simple du Père Jean-Dominique Benoît à travers qui le Seigneur nous interroge nous aussi, chacun dans le fond de notre coeur : "Et pourquoi pas toi?"
 

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 12:56



Réponses du Pape Benoît XVI aux questions des évêques américains lors de la célébration des Vêpres au Sanctuaire de l’Immaculée Conception à Washington DC, le 16 avril 2008.


Il est demandé au Saint-Père d'exprimer son jugement sur le déclin des vocations, malgré la croissance de la population catholique, et sur les raisons de l'espérance offerte par les qualités personnelles et par la soif de sainteté qui caractérisent les candidats qui décident de poursuivre.


Soyons sincères : la capacité de cultiver les vocations au sacerdoce et à la vie religieuse est un signe sûr de la santé d'une Eglise locale. Il n'y a pas lieu de se réjouir à ce sujet. Dieu continue à appeler les jeunes, mais il nous revient d'encourager une réponse généreuse et libre à cet appel. D'autre part, personne ne peut prendre cette grâce comme quelque chose d'acquis.


Dans l'Evangile, Jésus nous dit de prier afin que le Seigneur de la moisson nous envoie des ouvriers ; il admet même que les ouvriers sont peu nombreux face à l'abondance de la moisson (cf. Mt 9, 37-38). Cela vous semblera étrange, mais
je pense souvent que la prière – l'unum necessarium – est le seul aspect des vocations qui soit efficace et nous tendons souvent à l'oublier ou à le sous-évaluer!

Je ne parle pas seulement de prière pour les vocations. La prière même, née dans les familles catholiques, nourrie par des programmes de formation chrétienne, renforcée par la grâce des sacrements, est le moyen principal par lequel nous parvenons à connaître la volonté de Dieu pour notre vie.
Dans la mesure où nous enseignons aux jeunes à prier, et à bien prier, nous coopérons à l'appel de Dieu. Les programmes, les plans et les projets ont leur place, mais le discernement d'une vocation est avant tout le fruit du dialogue intime entre le Seigneur et ses disciples. Les jeunes, s'ils savent prier, peuvent être assurés de savoir quoi faire de l'appel de Dieu.

On a remarqué qu'il y a une soif grandissante de sainteté chez beaucoup de jeunes aujourd'hui et, même si leur nombre est toujours plus faible, ceux qui vont de l'avant font preuve d'un grand idéalisme et sont très prometteurs. Il est important de les écouter, de comprendre leur expérience et de les encourager à aider leurs contemporains à voir le besoin de prêtres, de religieux et de religieuses engagés, tout comme à voir la beauté d'une vie de sacrifice et de service au Seigneur et à son Eglise. A mon avis, on demande beaucoup aux directeurs et aux formateurs des vocations :
il faut aujourd'hui plus que jamais offrir aux candidats une formation intellectuelle et humaine saine qui les mette en mesure non seulement de répondre aux demandes réelles et aux besoins de leurs contemporains, mais aussi de mûrir dans leur conversion et de persévérer dans la vocation à travers un engagement qui dure toute la vie. En tant qu'évêques, soyez conscients du sacrifice qui est demandé quand ils vous demandent de relever un de vos meilleurs prêtres de ses engagements pour travailler au séminaire. Je vous exhorte à répondre avec générosité pour le bien de l'Eglise tout entière.

Enfin, je pense que vous savez par expérience que beaucoup de vos frères prêtres sont heureux dans leur vocation. Ce que j'ai dit dans mon discours sur l'importance de l'unité et de la collaboration avec le presbyterium s'applique également dans ce domaine. Il est nécessaire pour tout le monde de laisser de côté les divisions stériles, les désaccords et les préjugés et d'écouter ensemble la voix de l'Esprit qui guide l'Eglise vers un avenir d'espérance.
Chacun d'entre nous sait combien la fraternité sacerdotale a été importante dans sa vie ; elle n'est pas seulement un bien précieux, mais aussi une ressource immense pour le renouvellement du sacerdoce et la croissance de nouvelles vocations. Je souhaite conclure en vous encourageant à créer des opportunités d'un dialogue encore plus grand et de rencontres fraternelles entre vos prêtres, notamment les plus jeunes. Je suis persuadé que cela portera du fruit pour leur enrichissement, pour la croissance de leur amour du sacerdoce et de l'Eglise, tout comme pour l'efficacité de leur apostolat.


Lire le texte intégral des réponses du Pape Benoît XVI

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 18:48



Réponses du Pape Benoît XVI aux questions des évêques américains lors de la célébration des Vêpres au Sanctuaire de l’Immaculée Conception à Washington DC, le 16 avril 2008.


Le Saint-Père est interrogé au sujet d'"un certain processus silencieux" par lequel les catholiques abandonnent la pratique de la foi, parfois par une décision explicite, mais plus souvent silencieusement et graduellement en s'éloignant de la participation à la messe et de l'identification avec l'Eglise.

Tout cela dépend en grande partie de la diminution progressive d'une culture religieuse, parfois comparée de manière méprisante à un "ghetto", qui pourrait renforcer la participation et l'identification avec l'Eglise. Comme je viens à peine de le dire, l'un des grands défis que l'Eglise doit affronter dans ce pays est celui de cultiver une identité catholique qui n'est pas principalement basée sur des éléments externes, mais plutôt sur une manière de penser et d'agir enracinée dans l'Evangile et enrichie sur la base de la tradition vivante de l'Eglise.

Le sujet concerne clairement des facteurs comme l'individualisme religieux et le scandale. Mais allons au cœur de la question :
la foi ne peut survivre si elle n'est pas nourrie, si elle "n'opère pas par la charité" (Ga 5,6). Les gens ont-ils aujourd'hui des difficultés à rencontrer Dieu dans nos églises? Peut-être notre prédication a-t-elle perdu de son sel? Ne pourrait-ce être dû au fait que beaucoup ont oublié, ou même n'ont jamais appris, à prier dans et avec l'Eglise?

Je ne parle pas ici des personnes qui quittent l'Eglise à la recherche d'"expériences" religieuses subjectives ; c'est un sujet pastoral qu'il faut affronter dans ses propres termes. Je pense que nous parlons de personnes qui ont quitté la route sans avoir consciemment rejeté la foi dans le Christ, mais qui, pour une raison quelconque, n'ont pas reçu la force vitale de la liturgie, des sacrements, et de la prédication. Et
pourtant la foi chrétienne, comme nous le savons bien, est essentiellement ecclésiale, et sans un lien vivant avec la communauté, la foi de l'individu ne grandira jamais jusqu'à maturité. Pour revenir à la question que nous venons de traiter : le résultat peut être une apostasie silencieuse.

Laissez-moi donc faire deux brèves observations sur la question du "processus de l'abandon", qui, je l'espère, feront naître de futures réflexions.

En premier lieu, comme vous le savez, il est de plus en plus difficile dans les sociétés occidentales de parler de manière sensée de "salut"
. Et pourtant le salut – la libération de la réalité du mal et le don d'une vie nouvelle et libre dans le Christ – est au cœur même de l'Evangile. Nous devons redécouvrir, comme je l'ai déjà dit, de nouvelles et captivantes manières de proclamer ce message et réveiller une soif de cette plénitude que seul le Christ peut donner. C'est dans la liturgie de l'Eglise, et surtout dans le sacrement de l'Eucharistie, que ces réalités se manifestent de la manière la plus puissante et sont vécues dans l'existence des croyants ; nous avons peut-être encore fort à faire pour réaliser la vision du Concile sur la liturgie, comme exercice du sacerdoce commun et comme élan pour un apostolat fructueux dans le monde.


En deuxième lieu, nous devons reconnaître avec préoccupation l'éclipse presque totale d'un sens eschatologique dans beaucoup de nos sociétés de tradition chrétienne
. Comme vous le savez, j'ai soulevé cette question dans l'Encyclique Spe salvi. Qu'il suffise de dire que foi et espérance ne sont pas limitées à ce monde : en tant que vertus théologales elles nous unissent au Seigneur et nous mènent vers l'accomplissement non seulement de notre destin mais aussi de celui de toute la Création. La foi et l'espérance sont l'inspiration et la base de nos efforts pour nous préparer à la venue du Règne de Dieu.
Il ne peut y avoir de place dans le christianisme pour une religion purement privée : le Christ est le Sauveur du monde et, en tant que membres de son Corps et participants de ses munira prophétique, sacerdotal et royal, nous ne pouvons séparer notre amour pour Lui de l'engagement de l'édification de son Eglise et de l'élargissement de son Royaume. Dans la mesure où la religion devient une affaire purement privée, elle perd son âme même.

Permettez-moi de conclure en affirmant une évidence. Les champs sont à ce jour prêts pour la moisson (cf. Jn 4, 35) ; Dieu continue à faire croître la moisson (cf. 1 Co 3, 6). Nous pouvons et nous devons croire, avec le défunt Pape Jean-Paul II, que
Dieu prépare un nouveau printemps pour la chrétienté (cf. Redemptoris missio, 86). Ce dont on a le plus besoin, en ce moment spécifique de l'histoire de l'Eglise en Amérique, c'est du renouvellement de ce zèle apostolique qui inspire ses pasteurs de manière active pour chercher les brebis égarées, soigner celles qui ont été blessées et renforcer les faibles (cf. Ez 34, 16). Et cela, comme je l'ai dit, exige de nouvelles manières de penser basées sur un diagnostic sain des défis contemporains et un engagement pour l'unité dans le service à la mission de l'Eglise envers les générations présentes.


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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 18:19



Réponses du Pape Benoît XVI aux questions des évêques américains lors de la célébration des Vêpres au Sanctuaire de l’Immaculée Conception à Washington DC, le 16 avril 2008.

 


Il est demandé au Saint-Père de présenter son analyse sur le défi du sécularisme en progression dans la vie publique et sur le relativisme dans la vie intellectuelle, tout comme ses suggestions sur la manière de faire face à ces défis du point de vue pastoral, pour pouvoir remplir plus efficacement l'œuvre d'évangélisation.

J'ai abordé brièvement ce thème dans mon discours. J'estime significatif le fait qu'en Amérique, à la différence de nombreux lieux en Europe, la mentalité séculière ne s'est pas présentée intrinsèquement comme opposée à la religion. A l'intérieur du contexte de la séparation entre l'Eglise et l'Etat, la société américaine a toujours été marquée par un respect fondamental de la religion et de son rôle public et,
si on accorde du crédit aux sondages, le peuple américain est profondément religieux. Mais il ne suffit pas de compter sur cette religiosité traditionnelle et se comporter comme si tout était normal, alors que ses fondements s'érodent peu à peu. Un engagement sérieux dans le domaine de l'évangélisation ne peut faire abstraction d'un diagnostic profond des défis réels que doit affronter l'Evangile dans la culture contemporaine américaine.

Naturellement, ce qui est essentiel c'est une correcte compréhension de la juste autonomie de l'ordre séculier, une autonomie qui ne peut être détachée de Dieu Créateur et de son dessein de salut (cf. Gaudium et spes, 36).
Le type de sécularisme de l'Amérique pose peut-être un problème particulier : alors qu'il permet de croire en Dieu et respecte le rôle public de la religion et des Eglises, il réduit cependant la croyance religieuse au plus petit dénominateur commun. La foi devient l'acceptation passive du fait que certaines choses "là dehors" sont vraies, mais sans importance pratique pour la vie quotidienne. Le résultat est une séparation grandissante de la foi et de la vie : vivre "comme si Dieu n'existait pas". Cela est aggravé par une approche individualiste et éclectique de la foi et de la religion : loin de l'approche catholique du "penser avec l'Eglise", chaque personne croit avoir un droit de déterminer et de choisir, en conservant les liens sociaux mais sans une conversion intégrale, intérieure à la loi du Christ. Par conséquent, plutôt que d'être transformés et renouvelés dans l'âme, les chrétiens sont facilement tentés de se conformer à l'esprit du siècle (cf. Rm 12, 3). Nous l'avons constaté de manière aiguë dans le scandale provoqué par les catholiques qui font la promotion d'un prétendu droit à l'avortement.

A un niveau plus profond, le sécularisme défie l'Eglise à réaffirmer et à poursuivre plus activement sa mission dans et au monde. Comme cela a été clarifié par le Concile, les laïcs ont une responsabilité particulière à cet égard.
Je suis convaincu que l'on a besoin d'un sens plus grand du rapport intrinsèque entre l'Evangile et la loi naturelle d'une part, et, d'autre part, de la poursuite du bien humain authentique, comme il est incarné dans la loi civile et dans les décisions morales personnelles. Dans une société qui tient à juste titre en haute considération la liberté personnelle, l'Eglise doit promouvoir à tous les niveaux ses enseignements – dans la catéchèse, dans la prédication, dans l'enseignement au séminaire et à l'université –, une apologétique visant à affirmer la vérité de la révélation chrétienne, l'harmonie entre foi et raison, et une saine compréhension de la liberté, vue en termes positifs comme libération aussi bien des limitations du péché qu'en vue d'une vie authentique et pleine. En un mot, l'Evangile doit être prêché et enseigné comme un mode de vie intégral, qui offre une réponse attrayante et véridique, au niveau intellectuel et pratique, aux problèmes humains réels. La "dictature du relativisme", en dernière instance, n'est rien d'autre qu'une menace pour la liberté humaine, qui ne se développe que dans la générosité et dans la fidélité à la vérité.

On pourrait dire bien d'autres choses, naturellement, sur ce sujet : laissez-moi cependant conclure en disant que
je crois que l'Eglise en Amérique, en ce moment précis de son histoire, a face à elle le défi de retrouver la vision catholique de la réalité et la présenter de manière captivante et avec imagination à une société qui fournit tous types de remèdes pour la propre réalisation humaine. Je pense en particulier à notre besoin de parler au cœur des jeunes, qui, malgré l'exposition permanente à des messages contraires à l'Evangile, continuent à avoir soif d'authenticité, de bonté et de vérité. Il reste encore beaucoup à faire au niveau de la prédication et de la catéchèse dans les paroisses et dans les écoles, si on veut que l'évangélisation donne du fruit pour le renouvellement de la vie de l'Eglise en Amérique.


Lire le texte intégral des réponses du Pape Benoît XVI

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