Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 16:30

Ô Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur

Laisse moi te rejoindre dans le fond de mon coeur.

 

Ô Toi qui es chez Toi dans le fond de mon coeur

je t’adore, mon Dieu, dans le fond de mon coeur.

 

Ô Toi qui es chez toi dans le fond de mon coeur

Loué sois-tu, Seigneur, dans le fond de mon coeur.

 

Ô Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur

Je m’offre à ton amour dans le fond de mon coeur.

 

Ô Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur

que surgisse ta joie dans le fond de mon coeur.

 

Ô Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur

garde-moi de tout mal dans le fond de mon coeur.

 

Ô Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur

fais-moi vivre de toi dans le fond de mon coeur.

 

Ô Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur

je veux ce que tu veux dans le fond de mon coeur.

 

Ô Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur

ouvre-moi sur le monde dans le fond de mon coeur.

 

Ô Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur

glorifie ton saint Nom dans le fond de mon coeur.

 

Ô Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur

abîme de lumière dans le fond de mon coeur.

 

Père Henri Caffarel

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Prières
commenter cet article
18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 11:22
Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Vocations
commenter cet article
17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 18:05



Extrait du discours du Pape Benoît XVI lors de sa rencontre avec les jeunes et les séminaristes au séminaire St Joseph de New York, le 19 avril 2008. 


Chers amis, l'exemple des Saints nous invite (…) à considérer quatre aspects essentiels du trésor de notre foi : la prière personnelle et le silence, la prière liturgique, la charité vécue et les vocations.

Le plus important est que vous développiez une relation personnelle avec Dieu. Cette relation s'exprime dans la prière.
 De par sa nature même, Dieu parle, écoute et répond. Saint Paul nous rappelle en effet que nous pouvons et devons "prier sans cesse" (cf. 1 Th 5, 17). Loin de nous replier sur nous-mêmes et de fuir les hauts et les bas de la vie, à travers la prière nous nous tournons vers Dieu et, à travers Lui, nous nous tournons les uns vers les autres, y compris les personnes marginalisées et celles qui suivent des voies qui ne sont pas celles de Dieu (cf. Spe Salvi, n. 33). Comme les Saints nous l'enseignent de manière particulièrement vivante, la prière devient l'espérance en acte. Le Christ était leur compagnon de toujours, avec lequel il parlait à chaque instant sur leur chemin au service des autres.

Il y a un autre aspect de la prière que nous devons nous rappeler : la contemplation dans le silence. Saint Jean, par exemple, nous dit que pour accueillir la révélation de Dieu il faut d'abord écouter et ensuite répondre en annonçant ce que nous avons vu et entendu (cf. 1 Jn 1, 2-3 ; Const. 
Dei Verbum, 1).N'avons-nous pas peut-être un peu perdu l'art d'écouter? Laissez-vous un peu d'espace pour entendre le murmure de Dieu qui vous appelle à la bonté? Chers amis, n'ayez pas peur du silence et du calme, écoutez Dieu, adorez-le dans l'Eucharistie! Laissez sa parole façonner votre chemin comme un développement de la sainteté.

Dans la liturgie nous trouvons l'Eglise tout entière en prière. Le mot "liturgie" signifie la participation du Peuple de Dieu à 
"l'œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l'Eglise" (Sacrosanctum Concilium, n. 7). En quoi consiste cette œuvre? Elle se réfère avant tout à la Passion du Christ, à sa mort et sa résurrection et à son ascension – ce que nous appelons "Mystère pascal". Elle se réfère aussi à la célébration de la liturgie elle-même. Les deux significations sont en effet liées de manière inséparable, car cette "œuvre de Jésus" est le véritable contenu de la liturgie. A travers la liturgie, l'"oeuvre de Jésus" est continuellement mise en contact avec l'histoire, avec notre vie, pour la façonner. Nous avons ici un nouvel aperçu de la grandeur de notre foi chrétienne. Chaque fois que vous vous réunissez pour la messe, quand vous allez vous confesser, chaque fois que vous célébrez un des sacrements, Jésus est à l'œuvre. A travers l'Esprit Saint, il vous attire vers lui, dans son amour sacrificiel pour le Père, qui devient amour pour tous. Nous voyons ainsi que la liturgie de l'Eglise est un ministère d'espérance pour l'humanité. Votre participation pleine de foi est une espérance active qui aide à maintenir le monde – les saints comme les pécheurs – ouvert à Dieu; voilà la véritable espérance humaine que nous offrons à chacun (cf. Spe Salvi, n. 34).

Votre prière personnelle, vos moments de contemplation silencieuse et votre participation à la liturgie de l'Eglise vous rapprochent de Dieu et vous préparent également à servir les autres. Les Saints qui nous accompagnent ce soir nous montrent que la vie de foi et d'espérance est aussi une vie de charité.
 En contemplant Jésus sur la Croix nous voyons l'amour sous sa forme la plus radicale. Nous pouvons commencer à imaginer le chemin de l'amour sur lequel nous devons avancer (cf. Deus caritas est, 12). Les occasions pour avancer sur ce chemin sont nombreuses. Regardez autour de vous avec les yeux du Christ, écoutez avec ses oreilles, ayez les mêmes sentiments que lui et pensez avec son cœur et son esprit. Etes-vous prêts à tout donner pour la vérité et la justice, comme Il le fit?

(…) Chers jeunes, pour finir je voudrais vous dire encore un mot sur les vocations. Tout d'abord, mes pensées vont à vos parents, à vos grands-parents et à vos parrains et marraines. Ils ont été vos premiers éducateurs dans la foi. En vous présentant pour le Baptême, ils vous ont donné la possibilité de recevoir le don le plus grand de votre vie. Ce jour-là, vous êtes entrés dans la sainteté de Dieu lui-même. Vous êtes devenus des fils et des filles adoptifs du Père. Vous avez été incorporés au Christ. Vous avez été transformés en demeures de son Esprit. Prions pour les pères et les mères du monde entier, en particulier pour ceux qui luttent à chaque instant – socialement, matériellement, spirituellement. 
Honorons la vocation du mariage et la dignité de la vie familiale. Reconnaissons toujours que les familles sont le lieu où naissent les vocations.

Rassemblés ici au "Saint Joseph Seminary", je salue les séminaristes présents et, de fait, j'encourage tous les séminaristes partout en Amérique. Je suis heureux de savoir que votre nombre augmente! Le peuple de Dieu attend de vous que vous soyez des prêtres saints, sur un chemin quotidien de conversion, en suscitant chez les autres le désir d'entrer plus profondément dans la vie ecclésiale des croyants. 
Je vous exhorte à approfondir votre amitié avec Jésus, le Bon Pasteur. Parlez avec Lui cœur à cœur. Rejetez toute tentation d'ostentation, de carriérisme ou de vanité. Recherchez un style de vie vraiment caractérisé par la charité, la chasteté et l'humilité, à l'imitation du Christ, le Prêtre Suprême éternel dont vous devez devenir l'image vivante (cf. Pastores dabo vobis, n. 33). Chers séminaristes, je prie pour vous chaque jour. Rappelez-vous que ce qui compte devant le Seigneur est de demeurer dans son amour et de faire rayonner son amour pour les autres.

(…) Mes amis, je vous le demande à nouveau, que dire du moment présent? Que recherchez-vous? Qu'est-ce que Dieu vous suggère? L'espérance qui ne déçoit jamais est Jésus Christ. Les saints nous montrent l'amour désintéressé de son chemin. En tant que disciples du Christ, leurs itinéraires extraordinaires se développèrent au sein de cette communauté de l'espérance qui est l'Eglise. Et c'est de l'intérieur de l'Eglise que vous trouverez vous aussi le courage et le soutien pour marcher sur la voie du Seigneur. 
Nourris par la prière personnelle, préparés par le silence, façonnés par la liturgie de l'Eglise, vous découvrirez la vocation particulière que le Seigneur vous réserve. Embrassez-la avec joie. Aujourd'hui, c'est vous qui êtes les disciples du Christ. Faites rayonner sa lumière sur cette grande ville et au delà. Montrez au monde les raisons de l'espérance qui est en vous. Parlez avec les autres de la vérité qui vous rend libres. Avec ces sentiments de grande espérance en vous, je vous salue d'un "au revoir", dans l'attente de vous rencontrer à nouveau à Sydney, en juillet, pour la Journée mondiale de la jeunesse! Et, en gage de mon affection pour vous et pour vos familles, je vous donne avec joie ma Bénédiction apostolique.


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
commenter cet article
15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 17:57



Extrait du discours du Pape Benoît XVI lors de sa rencontre avec les jeunes et les séminaristes au séminaire St Joseph de New York, le 19 avril 2008.

 



Votre Eminence,
Chers frères dans l'épiscopat,
Chers jeunes amis,


(…) Jeunes amis, je suis très heureux d'avoir l'occasion de parler avec vous (…). Je souhaite mentionner votre chant de "Joyeux anniversaire". Merci de ce geste émouvant, je vous donne à tous un "A+" pour votre prononciation allemande ! Ce soir, je veux partager avec vous quelques pensées sur le fait d'être disciples de Jésus Christ : sur les pas du Seigneur, nos vies deviennent un voyage d'espérance.


Face à vous, il y a les images de six hommes et femmes ordinaires, qui ont grandi et qui ont mené des vies extraordinaires. L'Eglise les honore en tant que vénérables, bienheureux ou saints : chacun a répondu à l'appel du Seigneur à une vie de charité et chacun l'a servi ici, dans les avenues, les rues, et les banlieues de New York. Je suis frappé par le fait qu'ils constituent un groupe incroyablement diversifié : pauvres et riches, hommes et femmes laïcs, – dont une très riche épouse et mère de famille –, des prêtres et des religieuses, des immigrés venus de loin, la fille d'un père guerrier Mohawak et d'une mère Algonquin, un esclave Haïtien et, enfin, un intellectuel cubain.


Sainte Elizabeth Ann Seton, sainte Françoise-Xavier Cabrini, saint Jean Neumann, la bienheureuse Kateri Tekakwitha, le vénérable Pierre Toussaint et le Père Felix Varela : n'importe qui d'entre nous pourrait être parmi eux, parce qu'il n'y a aucun stéréotype dans ce groupe, aucun modèle uniforme. Mais à y regarder de plus près, ils ont des éléments communs. Embrasées par l'amour de Jésus, leurs vies sont devenues de remarquables voyages de l'espérance. Pour certains, cela voulait dire quitter leur maison et s'embarquer pour un pèlerinage de milliers de kilomètres. Pour chacun d'eux, il y a eu un acte d'abandon à Dieu, avec la confiance qu'il est la destination finale de tout pèlerin. Et ils ont tous offert une main tendue d'espérance à ceux qu'ils rencontraient sur leur chemin, en éveillant souvent en eux la vie de la foi. Par des orphelinats, des écoles et des hôpitaux, en se faisant amis des pauvres, des malades, et des marginaux, et par le témoignage convaincant qui vient du fait de marcher humblement sur les pas du Christ, ces six personnes ont ouvert la voie de la foi, de l'espérance et de la charité à un nombre incalculable de personnes, y compris peut-être vos propres ancêtres.


Et aujourd'hui? Qui porte témoignage de la Bonne nouvelle de Jésus, dans les rues de New York, dans les banlieues troublées des grandes villes, sur les places où les jeunes se rassemblent, cherchant quelqu'un en qui avoir confiance? Dieu est notre origine et notre destination, et Jésus le chemin.
La route de cette journée (comme cela a été le cas pour nos saints) serpente à travers les joies et les épreuves de la vie quotidienne ordinaire : dans vos familles, à l'école ou au collège, au cours de vos loisirs, et dans vos communautés paroissiales. Tous ces endroits sont marqués par la culture dans laquelle vous grandissez. En tant que jeunes Américains, on vous offre de nombreuses occasions de développement personnel, et vous êtes élevés avec un sens de la générosité, du service et de la loyauté. Pourtant vous n'avez pas besoin que je vous dise qu'il y a aussi des difficultés : des activités et des modes de pensée qui étouffent l'espérance, des voies qui semblent conduire au bonheur et à l'accomplissement mais en fait s'achèvent dans la confusion et la peur.

M
es années d'adolescence ont été dévastées par un régime sinistre qui pensait avoir toutes les réponses. Son influence a grandi, – infiltrant les écoles et les milieux sociaux, politiques et même religieux – avant d'être pleinement reconnu comme le monstre qu'il était. Il bannit Dieu et devint ainsi inaccessible à tout ce qui était vrai et bon. Beaucoup de vos grands-parents et arrière-grands-parents vous auront raconté l'horreur de la destruction qui a suivi. En effet certains d'entre eux vinrent en Amérique justement pour fuir cette terreur. Remercions Dieu du fait qu'aujourd'hui beaucoup de gens de votre génération peuvent jouir de libertés qui ont surgi grâce à l'extension de la démocratie et au respect des droits de l'homme. Remercions Dieu pour tous ceux qui s'efforcent de vous assurer de pouvoir grandir dans un environnement qui nourrit ce qui est beau, bon, et vrai : vos parents et vos grands-parents, vos professeurs et vos prêtres, ces responsables politiques qui cherchent ce qui est droit et juste.

Le pouvoir de destruction demeure cependant. Prétendre le contraire serait se faire illusion. Pourtant, il ne triomphe jamais : il est défait. C'est l'essence de l'espérance qui nous définit en tant que chrétiens; et l'Eglise le rappelle dramatiquement lors du triduum pascal, et le célèbre avec une grande joie pendant le temps pascal!

Celui qui nous montre le chemin au delà de la mort est Celui qui nous montre comment surmonter les destructions et la peur : ainsi, c'est Jésus qui est le vrai maître de la vie (cf.
Spe Salvi, n. 6).
Sa mort et sa résurrection signifient que nous pouvons dire au Père "tu nous as rendu la vie" (Prière après la communion, Vendredi saint). Et ainsi, il y a seulement quelques semaines, au cours de la belle liturgie de la Veillée pascale, ce n'est pas par désespoir ou par peur que nous avons crié vers Dieu pour notre monde, mais avec une confiance pleine d'espérance : chasse les ténèbres de notre cœur! Chasse les ténèbres de notre esprit! (cf. Prière du cierge pascal).

Que sont donc ces ténèbres? Qu'est-ce qui se passe lorsque les gens, spécialement les plus vulnérables, rencontrent le poing fermé de la répression ou de la manipulation, plutôt qu'une main tendue d'espérance? Un premier groupe d'exemples appartient au cœur. Ici, les rêves et les aspirations des jeunes peuvent être assombris ou détruits. Je pense à ceux qui sont victimes de la drogue et de l'abus de stupéfiants, les sans abri, les pauvres, les victimes du racisme, de la violence, de la dégradation – spécialement les jeunes filles et les femmes. Les causes de ces problèmes sont complexes mais ils ont tous en commun un état d'esprit empoisonné qui se manifeste dans le fait de traiter les personnes comme de simples objets – il en résulte une dureté de cœur qui tout d'abord ignore et ensuite ridiculise la dignité de tout être humain donnée par Dieu. De telles tragédies soulignent aussi ce qui aurait pu se passer et ce qui pourrait se passer, si d'autres mains – vos mains – s'étaient tendues, se tendaient vers elles. Je vous encourage à inviter les autres, spécialement les personnes vulnérables et innocentes, à se joindre à vous sur le chemin de la bonté et de l'espérance.

Le deuxième domaine de ténèbres – celles qui affectent l'esprit – passe souvent inaperçu et est, pour cette raison, particulièrement sinistre.
La manipulation de la vérité déforme notre perception de la réalité et ternit notre imagination et nos aspirations. J'ai déjà mentionné les nombreuses libertés dont vous avez la chance de jouir. L'importance fondamentale de la liberté doit être rigoureusement sauvegardée. Ce n'est donc pas surprenant que de nombreuses personnes proclament bruyamment leur liberté sur la place publique. Cependant, la liberté est une valeur délicate. Elle peut être mal comprise, et mal utilisée, et ainsi conduire non pas au bonheur que nous attendons tous de la liberté, mais à une zone sombre de manipulation dans laquelle notre compréhension de nous-mêmes et du monde devient confuse, et même déformée par ceux qui ont un autre projet. Avez-vous remarqué le nombre de fois où la liberté est revendiquée sans aucune référence à la vérité de la personne humaine? Il y a ceux qui affirment aujourd'hui que le respect de la liberté de la personne individuelle rend injuste la recherche de la vérité, y compris la vérité sur ce qui est bien. Dans certains milieux, parler de la vérité est considéré comme une source de discussions et de divisions et on préfère donc réserver cela à la sphère privée. Et à la place de la vérité – ou plutôt de son absence – s'est répandue l'idée qu'en donnant de la valeur à tout sans distinctions, on assure la liberté et on libère la conscience. C'est ce que nous appelons le relativisme. Mais quel est l'objectif d'une "liberté" qui, ignorant la vérité, poursuit ce qui est faux ou injuste? A combien de jeunes a-t-on proposé une aide qui, au nom de la liberté et de l'expérience, les a conduits à une accoutumance aux stupéfiants, à la confusion morale ou intellectuelle, à blesser, à la perte du respect de soi et même au désespoir, et ainsi, tragiquement et tristement, au suicide? Chers amis, la vérité n'est pas un fardeau. Elle n'est pas non plus un simple ensemble de règles. C'est la découverte de Celui qui ne nous trahit jamais ; de Celui en qui nous pouvons toujours avoir confiance. En cherchant la vérité nous finissons par vivre selon la foi car, en définitive, la vérité est une personne : Jésus Christ. C'est la raison pour laquelle la liberté authentique n'est pas le choix de "se désengager de". C'est le choix de "s'engager pour"; rien moins que sortir de soi et se laisser associer à l'"être pour les autres" du Christ (cf. Spe Salvi, n. 28) (…). C'est le chemin des saints. C'est une magnifique vision de l'espérance – la lumière du Christ vous invite à être des étoiles pour guider les autres, en marchant sur la route du Christ qui est la route du pardon, de la réconciliation, de l'humilité, de la joie et de la paix.

Cependant,
nous sommes parfois tentés de nous refermer sur nous-mêmes, de douter de la force de rayonnement du Christ, de limiter l'horizon de l'espérance. Courage! Fixez votre regard sur les Saints! La diversité de leurs expériences de la présence de Dieu est une invitation à redécouvrir la largeur et la profondeur du christianisme. Laissez votre imagination se promener librement le long de l'expansion illimitée des horizons du disciple du Christ. Nous sommes parfois considérés comme des personnes qui ne parlent que d'interdits. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité! Ce qui caractérise un authentique disciple du Christ, c'est le sens de l'émerveillement. Nous sommes devant ce Dieu que nous connaissons et aimons comme un ami, devant l'immensité de sa Création et la beauté de notre foi chrétienne.


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
commenter cet article
12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 23:25
Psaume 21
envoyé par KTOTV
Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Prières
commenter cet article
12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 18:15



Extrait de l’homélie prononcée par le Pape Benoît XVI lors de la messe célébrée à la Cathédrale de St Patrick à New York, le 19 avril 2008.

 

Je suis particulièrement heureux que nous soyons réunis dans la cathédrale Saint-Patrick. Peut-être plus que toute autre église aux Etats-Unis, ce lieu est connu et aimé comme "une maison de prière pour tous les peuples" (cf. Is 56, 7 ; Mc 11, 17). Chaque jour, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants entrent par ses portes et trouvent la paix à l'intérieur de ses murs. Mgr John Hughes qui (…) fut le promoteur de la construction de ce vénérable édifice, voulut l'ériger en pur style gothique. Il voulait que cette cathédrale rappelle à la jeune Eglise en Amérique la grande tradition spirituelle dont elle était l'héritière, et qu'elle l'inspire à apporter ce qu'il y avait de mieux dans ce patrimoine, dans l'édification du Corps du Christ dans ce pays. Je voudrais attirer votre attention sur quelques aspects de cette très belle structure qui peut servir il me semble, de point de départ pour une réflexion sur nos vocations particulières dans l'unité du Corps mystique.

Le premier aspect concerne les vitraux qui inondent l'intérieur d'une lumière mystique. Vues de l'extérieur, ces fenêtres semblent sombres, lourdes et même lugubres. Mais quand on entre dans l'église, elles prennent soudain vie ; elles reflètent la lumière qui les traversent en révélant toute leur splendeur. De nombreux écrivains – ici en Amérique, nous pouvons penser à Nathaniel Hawthorne – ont utilisé l'image des vitraux pour illustrer le mystère de l'Eglise elle-même. Ce n'est que de l'intérieur, à partir de l'expérience de la foi et de la vie ecclésiale, que nous voyons l'Eglise telle qu'elle est vraiment : inondée de grâce, resplendissante de beauté, décorée des multiples dons de l'Esprit. Ceci veut dire que nous qui vivons la vie de la grâce dans la communion de l'Eglise, sommes appelés à attirer toutes les personnes à l'intérieur de ce mystère de lumière.

Ce n'est pas une tâche facile dans un monde qui peut être enclin à regarder l'Eglise comme ces vitraux, "de l'extérieur" : un monde qui sent un profond besoin de spiritualité mais qui a du mal à "entrer dans" le mystère de l'Eglise. Même pour certains de nous, à l'intérieur, la lumière de la foi peut être atténuée par la routine et la splendeur de l'Eglise peut être voilée par les péchés et les faiblesses de ses membres. Elle peut aussi être voilée par les obstacles rencontrés dans une société qui semble parfois avoir oublié Dieu et qui recule devant les demandes les plus élémentaires de la morale chrétienne. Vous qui avez consacré votre vie à rendre témoignage à l'amour du Christ et à l'édification de son Corps, vous savez, grâce à votre contact quotidien avec le monde autour de nous, combien on est parfois tenté de céder à la frustration, à la désillusion et même au pessimisme pour l'avenir. En un mot, ce n'est pas toujours facile de voir la lumière de l'Esprit autour de nous, la splendeur du Seigneur ressuscité qui éclaire notre vie et donne une nouvelle espérance dans sa victoire sur le monde (cf. Jn 16, 33).

La parole de Dieu nous rappelle toutefois que dans la foi, nous voyons les cieux ouverts et la grâce de l'Esprit Saint illuminer l'Eglise et apporter une espérance sûre à notre monde.
Seigneur, mon Dieu, chante le psalmiste, "tu envoies ton souffle, ils sont créés, tu renouvelles la face de la terre" (Ps 104, 30). Ces paroles évoquent la première Création, quand "le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux" (Gn 1, 2). Et elles poussent notre regard en avant vers la nouvelle Création, lors de la Pentecôte, quand l'Esprit Saint descendit sur les apôtres et instaura l'Eglise, comme les premiers fruits de l'humanité sauvée (cf. Jn 20, 22-23). Ces paroles nous exhortent à avoir une foi toujours plus profonde dans le pouvoir infini de Dieu de transformer toute situation humaine, de créer la vie à partir de la mort et d'éclairer également la nuit la plus sombre. Et elles nous font penser à une autre très belle phrase de saint Irénée : "Là où se trouve l'Eglise, se trouve l'Esprit de Dieu ; là où se trouve l'Esprit de Dieu, se trouve l'Eglise et toute grâce" (Adv. Haer. III, 24, 1).

Ceci m'amène à une autre réflexion sur l'architecture de cette église. Comme toutes les cathédrales gothiques, elle a une structure très complexe, dont les proportions précises et harmonieuses symbolisent l'unité de la Création de Dieu. Les artistes du Moyen Age représentaient souvent le Christ, la Parole créatrice de Dieu, comme un "géomètre" céleste, le compas en main, qui ordonne le cosmos avec une infinie sagesse et détermination. Une telle image ne nous fait-elle pas penser à notre besoin de voir toute chose avec les yeux de la foi, afin de pouvoir ainsi les comprendre dans leur perspective la plus vraie, dans l'unité du plan éternel de Dieu? Ceci exige, nous le savons, une conversion continuelle et l'engagement à "nous renouveler par une transformation spirituelle de notre jugement" (cf. Ep 4, 23), pour acquérir une mentalité neuve et spirituelle. Ceci exige aussi le développement des vertus qui permettent à chacun de nous de grandir en sainteté et de porter des fruits spirituels dans notre état de vie.
Cette conversion "intellectuelle" permanente n'est-elle pas aussi nécessaire que la conversion "morale" pour que nous puissions grandir dans la foi, discerner les signes des temps et contribuer personnellement à la vie et à la mission de l'Eglise?

Je crois que l'une des grandes désillusions qui ont suivi le Concile Vatican II avec son exhortation à un engagement plus grand dans la mission de l'Eglise pour le monde, a été pour nous tous l'expérience de la division entre groupes différents, générations différentes et membres différents de la même famille religieuse. Nous ne pouvons avancer que si nous fixons ensemble notre regard sur le Christ! A la lumière de la foi nous découvrirons alors la sagesse et la force nécessaires pour nous ouvrir à des points de vue qui peut-être ne coïncident pas entièrement avec nos idées ou nos suppositions. Nous pourrons ainsi considérer les points de vue des autres, qu'ils soient plus jeunes ou plus âgés que nous, et enfin écouter "ce que l'Esprit dit" à chacun de nous et à l'Eglise (cf. Ap 2, 7). Nous avancerons ainsi ensemble vers le véritable renouveau spirituel que voulait le Concile, un renouveau qui ne peut que renforcer l'Eglise dans la sainteté et dans l'unité indispensables pour la proclamation de l'Evangile dans le monde d'aujourd'hui.

(…) Chers amis, ces considérations me conduisent à faire une dernière observation concernant cette grande cathédrale dans laquelle nous nous trouvons.
L'unité d'une cathédrale gothique, nous le savons, n'est pas l'unité statique d'un temple classique, mais une unité née de la tension dynamique de forces diverses qui poussent l'architecture vers le haut, l'orientant vers le ciel. Ici aussi nous pouvons voir un symbole de l'unité de l'Eglise qui est l'unité – comme nous l'a dit saint Paul – d'un corps vivant composé de plusieurs membres différents, chacun avec son rôle et son but. Nous voyons ici également la nécessité de reconnaître et respecter les dons de chaque membre du corps comme "des manifestations de l'Esprit en vue du bien commun" (1 Co 12, 7). Dans la structure de l'Eglise voulue par Dieu il faut certes distinguer les dons hiérarchiques des dons charismatiques (cf. Lumen gentium, n. 4). Mais la variété même et la richesse des grâces accordées par l'Esprit nous invitent constamment à discerner comment inscrire ces dons de façon juste dans le service de la mission de l'Eglise (…). Car l'Esprit ne cesse jamais de répandre ses dons en abondance, de susciter de nouvelles vocations et de nouvelles missions et de guider l'Eglise (…) à la vérité tout entière (cf.Jn 16, 13).

Tournons donc notre regard vers le haut! Et avec une grande humilité et confiance demandons à l'Esprit de nous donner chaque jour les moyens de grandir dans la sainteté qui fera de nous des pierres vivantes dans le temple qu'Il est précisément en train d'élever maintenant au cœur du monde.
Si nous devons être de véritables forces d'unité, soyons les premiers à chercher une réconciliation intérieure à travers la pénitence! Pardonnons les offenses subies et réprimons tout sentiment de colère et de dispute! Soyons les premiers à faire preuve de l'humilité et de la pureté de cœur nécessaires pour s'approcher de la splendeur de la vérité de Dieu! Dans la fidélité au dépôt de la foi confié aux apôtres (cf. 1 Tm 6, 20), soyons de joyeux témoins de la force transformatrice de l'Evangile!

(…) Les pointes des tours de la cathédrale de saint Patrick sont largement dépassées par les gratte-ciel sur la ligne d'horizon de Manhattan ; cependant, dans le cœur de cette métropole affairée elles sont le signe vivant qui rappelle la nostalgie constante de l'esprit humain de s'élever vers Dieu. Au cours de cette célébration eucharistique, remercions le Seigneur car il nous permet de le reconnaître dans la communion de l'Eglise et de collaborer avec Lui, en édifiant son Corps mystique et en portant sa parole salvifique comme Bonne Nouvelle aux hommes et femmes de notre temps. Et lorsque nous sortirons de cette grande église, allons comme des hérauts de l'espérance au cœur de cette ville et dans tous les lieux où la grâce de Dieu nous a placés. L'Eglise en Amérique fera ainsi l'expérience d'un nouveau printemps dans l'Esprit et indiquera le chemin vers l'autre ville plus grande, la nouvelle Jérusalem, dont la lumière est l'Agneau (cf. Ap 21, 23), car Dieu est aussi en train de préparer un banquet de joie et de vie infinies pour tous les peuples. Amen.

Au terme de la messe le Pape improvise avec les paroles suivantes
 :

Je ne peux en ce moment que vous remercier de votre amour pour l'Eglise et pour notre Seigneur, et de l'amour dont vous faites preuve également pour le pauvre Successeur de Pierre. J'essaierai de faire tout mon possible pour être un digne successeur du grand apôtre, qui était aussi un homme avec ses défauts et ses péchés, mais qui resta à la fin la pierre de l'Eglise. Et ainsi, moi aussi, avec toute ma pauvreté spirituelle je peux être en ce temps, en vertu de la grâce du Seigneur, le Successeur de Pierre.



Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI 

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
commenter cet article
9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 18:07



Extrait de l’homélie prononcée par le Pape Benoît XVI lors de la messe célébrée à la Cathédrale de St Patrick à New York, le 19 avril 2008.

 



Chers frères et sœurs dans le Christ,

C'est avec une grande affection dans le Seigneur que je vous salue, vous tous qui représentez les évêques, les prêtres et les diacres, les hommes et femmes de vie consacrée et les séminaristes des Etats-Unis (…). Je suis heureux de célébrer cette messe avec vous qui avez été choisis par le Seigneur, qui avez répondu à son appel et qui consacrez votre vie à la recherche de la sainteté, à la diffusion de l'Evangile et à l'édification de l'Eglise dans la foi, l'espérance et l'amour.

Rassemblés dans cette cathédrale historique, comment ne pas penser aux innombrables hommes et femmes qui nous ont précédés, qui ont travaillé pour la croissance de l'Eglise aux Etats-Unis, nous laissant un patrimoine durable de foi et de bonnes œuvres? Dans la première lecture d'aujourd'hui, nous avons vu comment les apôtres, avec la force de l'Esprit Saint, sont sortis de la chambre haute pour annoncer les grandes œuvres de Dieu aux personnes de toute nation et langue. Dans ce pays, la mission de l'Eglise a toujours comporté le fait d'attirer des personnes "de toutes les nations qui sont sous le ciel" (Ac 2, 5) dans une unité spirituelle, enrichissant le Corps du Christ avec la multiplicité de leurs dons. Alors que nous rendons grâce pour les précieuses bénédictions du passé et considérons les défis de l'avenir, implorons de Dieu la grâce d'une nouvelle Pentecôte pour l'Eglise en Amérique. Que des langues de feu unissant un amour brûlant pour Dieu et pour votre prochain et le zèle pour la diffusion du Royaume de Dieu, descendent sur vous tous!

Dans la deuxième lecture de ce matin, saint Paul nous rappelle que l'unité spirituelle, cette unité qui réconcilie et enrichit la diversité, trouve son origine et son modèle suprême dans la vie du Dieu un et trine. En tant que communion d'amour pur et de liberté infinie, la Très Sainte Trinité fait naître sans cesse la vie nouvelle dans l'œuvre de la Création et de la rédemption. En tant que "peuple rassemblé dans l'unité du Père, du Fils et de l'Esprit Saint" (cf. Lumen gentium, n. 4), l'Eglise est appelée à proclamer le don de la vie, à protéger la vie et promouvoir une culture de la vie (…).
La proclamation de la vie, de la vie en abondance, doit être au cœur de la nouvelle évangélisation. Car on ne peut trouver la vraie vie, notre salut, que dans la réconciliation, dans la liberté et dans l'amour, qui sont des dons gratuits de Dieu.

C'est le message d'espérance que nous sommes appelés à annoncer et à incarner dans un monde dans lequel l'égocentrisme, l'avidité, la violence et le cynisme semblent si souvent étouffer la fragile croissance de la grâce dans le cœur des personnes. Faisant preuve d'une grande profondeur, saint Irénée a compris que l'exhortation de Moïse au peuple d'Israël : "Choisis la vie!" (Dt 30, 19) était la raison la plus profonde de notre obéissance à tous les commandements de Dieu (cf. Adv. Haer. IV, 16, 2-5). Peut-être avons-nous perdu de vue le fait que dans une société dans laquelle l'Eglise semble pour beaucoup juridique et "institutionnelle", notre défi le plus urgent est de transmettre la joie qui naît de la foi et l'expérience de l'amour de Dieu.



Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
commenter cet article
8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 11:52



Extrait du discours du Pape Benoît XVI aux 250 représentants d’une dizaine de confession chrétienne lors de la rencontre œcuménique dans l’Eglise Saint-Jospeh à Noew York, le 18 avril 2009.

 


Nous venons d'entendre le passage de l'Ecriture où Paul – le "prisonnier à cause du Seigneur" – formule son appel chaleureux aux membres de la communauté chrétienne d'Ephèse. "Je vous exhorte – écrit-il – à mener une vie digne de l'appel que vous avez reçu... appliquez-vous à conserver l'unité de l'Esprit par ce lien qu'est la paix" (Ep 4, 1-3). Ainsi, au terme de son appel passionné à l'unité, Paul rappelle à ses lecteurs que Jésus, une fois monté au ciel, a déversé sur les hommes tous les dons nécessaires à l'édification du Corps du Christ (cf. Ep 4, 11-13).
C'est avec tout autant de force que retentit aujourd'hui l'exhortation de Paul. Ses paroles nous donnent la certitude que le Seigneur ne nous abandonnera jamais dans notre recherche de l'unité. Elles nous invitent par ailleurs à vivre de manière à rendre témoignage de cet unique "cœur" et "âme" (Ac 4, 32), qui a toujours été le trait caractéristique de la koinonia chrétienne (cf. Ac 2, 42), et la force qui attire ceux qui sont au dehors à venir faire partie de la communauté des croyants de manière à ce qu'ils puissent eux aussi partager l'"insondable richesse du Christ" (Ep 3, 8). 

La mondialisation a placé l'humanité entre deux extrémités. D'un côté le sens croissant de l'interrelation et de l'interdépendance entre les peuples eux-mêmes quand – si l'on parle en termes géographiques et culturels – ils sont distants entre eux. Cette nouvelle situation offre la possibilité d'améliorer le sens de la solidarité mondiale et du partage des responsabilités pour le bien de l'humanité. D'autre part, on ne peut nier que les changements rapides qui ont lieu dans le monde font aussi apparaître des signes évidents de fragmentation et de repli dans l'individualisme. Le recours toujours plus large à l'électronique dans le monde des communications a paradoxalement provoqué une croissance de l'isolement. Beaucoup – y compris des jeunes – cherchent pour cette raison des formes plus authentiques de communauté. Une autre source de grave inquiétude est la diffusion de l'idéologie séculariste qui mine voire rejette la vérité transcendante. La possibilité même d'une révélation divine, et donc de la foi chrétienne, est souvent mise en discussion par des modes de pensée largement présentes dans les domaines universitaires, dans les mass médias et dans l'opinion publique. C'est pourquoi un témoignage fidèle de l'Evangile est plus que jamais nécessaire. Il est demandé aux chrétiens de rendre raison avec clarté de l'espérance qui est en eux (cf. 1 P 3, 15).


Trop souvent les non-chrétiens, qui observent la fragmentation des communautés chrétiennes, se retrouvent à juste titre confus sur le message même de l'Evangile. Des croyances et des comportements chrétiens fondamentaux sont parfois modifiés au sein des communautés par ce que l'on appelle des "actions prophétiques" fondées sur une herméneutique qui n'est pas toujours en harmonie avec les données de l'Ecriture et de la Tradition. Par conséquent, les communautés renoncent à agir comme un corps uni, et préfèrent en revanche œuvrer selon le principe des "options locales". Au cours de ce processus, s'égare le besoin de koinonia diachronique – la communion avec l'Eglise de tous les temps – précisément au moment où le monde a perdu son orientation et a besoin de témoignages communs et convaincants sur le pouvoir salvifique de l'Evangile (cf. Rm 1, 18-23).


Face à ces difficultés, nous devons en premier lieu nous rappeler que l'unité de l'Eglise dérive de la parfaite unité de
la Trinité. L'Evangile de Jean nous dit que Jésus a prié pour que ses disciples ne soient qu'un, "comme tu es en moi... et moi en toi" (cf. Jn 17, 21). Ce passage reflète la ferme conviction de la communauté chrétienne des origines que son unité était le fruit et le reflet de l'unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Cela, à son tour, montre que la cohésion réciproque des croyants était fondée sur la pleine intégrité de la confession de leur credo
(cf. 1 Tm 1, 3-11). Dans tout le Nouveau Testament, nous lisons que les Apôtres furent de manière répétée appelés à rendre raison de leur foi tant vis-à-vis des païens (cf. Ac 17, 16-34) que des juifs (cf. Ac 4, 5-22; 5, 27-42). Le noyau central de leur argumentation fut toujours le fait historique de la résurrection corporelle du Seigneur de la tombe (Ac 2, 24, 32; 3, 15; 4, 10; 5, 30;10, 40; 13, 30). L'efficacité dernière de leur prédication ne dépendait pas de "discours enseignés" ou de l'"humaine sagesse" (1 Co 2, 13), mais plutôt de l'action de l'Esprit (Ep 3, 5) qui confirmait le témoignage digne de foi des Apôtres (cf. 1 Co 15, 1-11). Le cœur de la prédication de Paul et de l'Eglise des origines n'était autre que Jésus Christ, et "Jésus Christ crucifié" (1 Co 2, 2). Et cette proclamation devait être garantie par la pureté de la doctrine normative exprimée dans les formules de foi – les symboles – qui articulaient l'essence de la foi chrétienne et constituaient le fondement de l'unité des baptisés (cf. 1 Co 15, 3-5 ; Ga 1, 6-9; Unitatis redintegratio, n. 2).

Chers amis, la force du kerygma n'a rien perdu de son dynamisme intérieur. Nous devons toutefois nous demander si toute sa vigueur n'est pas atténuée par une approche relativiste de la doctrine chrétienne semblable à celle que nous trouvons dans les idéologies sécularisées qui, en soutenant que seule la science est "objective", relèguent complètement la religion dans le domaine subjectif du sentiment de l'individu. Les découvertes scientifiques et leurs réalisations à travers l'intelligence humaine offrent sans aucun doute à l'humanité de nouvelles possibilités d'amélioration. Cela ne signifie pas cependant, que le "connaissable" soit limité à ce qui est empiriquement vérifiable, ni que la religion soit confinée dans le royaume changeant de l'"expérience personnelle".


L'acceptation de cette ligne de pensée erronée conduirait les chrétiens à conclure que dans la présentation de la foi chrétienne il n'est pas nécessaire de souligner la vérité objective, parce qu'il faut uniquement suivre sa propre conscience et choisir la communauté qui répond le mieux à nos goût personnels. Le résultat peut se vérifier dans la prolifération continuelle de communautés qui évitent souvent des structures institutionnelles et minimisent l'importance pour la vie chrétienne du contenu doctrinal.


Même au sein du mouvement œcuménique, les chrétiens peuvent se montrer hésitants à affirmer le rôle de la doctrine, par crainte qu'il puisse exacerber plutôt que soigner les blessures de la division. Malgré cela, un témoignage clair et convaincant rendu au salut opéré pour nous en Jésus Christ doit se fonder sur la notion d'un enseignement apostolique normatif – un enseignement qui souligne véritablement la parole inspirée de Dieu et soutient la vie sacramentelle des chrétiens d'aujourd'hui.


C'est uniquement en "gardant fermement" l'enseignement sûr (cf. 2 Ts 2, 15) que nous réussirons à répondre aux défis auxquels nous sommes appelés à nous confronter dans un monde qui change. Ce n'est qu'ainsi que nous donnerons un témoignage ferme à la vérité de l'Evangile et à son enseignement moral. Tel est le message que le monde s'attend à entendre de nous.
Tout comme les premiers chrétiens, nous avons la responsabilité de rendre un témoignage transparent des "raisons de notre espérance", afin que les yeux de tous les hommes de bonne volonté puissent s'ouvrir et voir que Dieu a manifesté son visage (2 Co 3, 12-18) et nous a permis d'accéder à sa vie divine à travers Jésus Christ. Lui seul est notre espérance! Dieu a révélé son amour pour tous les peuples à travers le mystère de la passion et de la mort de son Fils, et il nous a appelés à proclamer qu'il est vraiment ressuscité, il s'est assis à la droite du Père et "il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts" (Credo de Nicée).

Puisse la Parole de Dieu que nous venons d'entendre ce soir enflammer d'espérance nos cœurs sur le chemin de l'unité (cf. Lc 24, 32). Puisse cette rencontre de prière être un exemple de la place centrale de la prière dans le mouvement œcuménique (cf. Unitatis redintegratio, n. 8) car,
sans prière, les structures, les institutions et les programmes œcuméniques seraient privés de leur cœur et de leur âme.


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
commenter cet article
7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 18:06



Extrait du discours du Pape Benoît XVI à l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies à New York, le 18 avril 2008.

 



Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

(…) À travers vous, je salue les peuples que vous représentez ici. Ils attendent de cette institution qu’elle mette en œuvre son inspiration fondatrice, à savoir constituer un « centre pour la coordination de l’activité des Nations unies en vue de parvenir à la réalisation des fins communes » de paix et de développement (cf. Charte des Nations unies, art. 1.2-1.4). Comme le Pape Jean-Paul II l’exprimait en 1995, l’Organisation devrait être un « centre moral, où toutes les nations du monde se sentent chez elles, développant la conscience commune d’être, pour ainsi dire, une famille de nations » (Message à l’Assemblée générale des Nations unies pour le 50e anniversaire de la fondation, New York, 5 octobre 1995).

À travers les Nations unies, les États ont établi des objectifs universels qui, même s’ils ne coïncident pas avec la totalité du bien commun de la famille humaine, n’en représentent pas moins une part fondamentale. Les principes fondateurs de l’Organisation – le désir de paix, le sens de la justice, le respect de la dignité de la personne, la coopération et l’assistance humanitaires – sont l’expression des justes aspirations de l’esprit humain et constituent les idéaux qui devraient sous-tendre les relations internationales.
Comme mes prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II l’ont affirmé depuis cette même tribune, tout cela fait partie de réalités que l'Église catholique et le Saint-Siège considèrent avec attention et intérêt, voyant dans votre activité un exemple de la manière dont les problèmes et les conflits qui concernent la communauté mondiale peuvent bénéficier d’une régulation commune. Les Nations unies concrétisent l’aspiration à « un degré supérieur d’organisation à l’échelle internationale » (Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, n. 43), qui doit être inspiré et guidé par le principe de subsidiarité et donc être capable de répondre aux exigences de la famille humaine, grâce à des règles internationales efficaces et à la mise en place de structures aptes à assurer le déroulement harmonieux de la vie quotidienne des peuples. Cela est d’autant plus nécessaire dans le contexte actuel où l’on fait l’expérience du paradoxe évident d’un consensus multilatéral qui continue à être en crise parce qu’il est encore subordonné aux décisions d’un petit nombre, alors que les problèmes du monde exigent, de la part de la communauté internationale, des interventions sous forme d’actions communes.

En effet,
les questions de sécurité, les objectifs de développement, la réduction des inégalités au niveau local et mondial, la protection de l’environnement, des ressources et du climat, requièrent que tous les responsables de la vie internationale agissent de concert et soient prêts à travailler en toute bonne foi, dans le respect du droit, pour promouvoir la solidarité dans les zones les plus fragiles de la planète. Je pense en particulier à certains pays d’Afrique et d’autres continents qui restent encore en marge d’un authentique développement intégral, et qui risquent ainsi de ne faire l’expérience que des effets négatifs de la mondialisation. Dans le contexte des relations internationales, il faut reconnaître le rôle primordial des règles et des structures qui, par nature, sont ordonnées à la promotion du bien commun et donc à la sauvegarde de la liberté humaine. Ces régulations ne limitent pas la liberté. Au contraire, elles la promeuvent quand elles interdisent des comportements et des actions qui vont à l’encontre du bien commun, qui entravent son exercice effectif et qui compromettent donc la dignité de toute personne humaine. Au nom de la liberté, il doit y avoir une corrélation entre droits et devoirs, en fonction desquels toute personne est appelée à prendre ses responsabilités dans les choix qu’elle opère, en tenant compte des relations tissées avec les autres. Nous pensons ici à la manière dont les résultats de la recherche scientifique et des avancées technologiques ont parfois été utilisés. Tout en reconnaissant les immenses bénéfices que l’humanité peut en tirer, certaines de leurs applications représentent une violation évidente de l’ordre de la Création, au point non seulement d’être en contradiction avec le caractère sacré de la vie, mais d’arriver à priver la personne humaine et la famille de leur identité naturelle. De la même manière, l’action internationale visant à préserver l’environnement et à protéger les différentes formes de vie sur la terre doit non seulement garantir un usage rationnel de la technologie et de la science, mais doit aussi redécouvrir l’authentique image de la Création. Il ne s’agira jamais de devoir choisir entre science et éthique, mais bien plutôt d’adopter une méthode scientifique qui soit véritablement respectueuse des impératifs éthiques.

La reconnaissance de l’unité de la famille humaine et l’attention portée à la dignité innée de toute femme et de tout homme reçoivent aujourd’hui un nouvel élan dans le principe de la responsabilité de protéger. Il n’a été défini que récemment, mais il était déjà implicitement présent dès les origines des Nations unies et, actuellement, il caractérise toujours davantage son activité. Tout État a le devoir primordial de protéger sa population contre les violations graves et répétées des droits de l’homme, de même que des conséquences de crises humanitaires liées à des causes naturelles ou provoquées par l’action de l’homme. S’il arrive que les États ne soient pas en mesure d’assurer une telle protection, il revient à la communauté internationale d’intervenir avec les moyens juridiques prévus par la Charte des Nations unies et par d’autres instruments internationaux. L’action de la communauté internationale et de ses institutions, dans la mesure où elle est respectueuse des principes qui fondent l’ordre international, ne devrait jamais être interprétée comme une coercition injustifiée ou comme une limitation de la souveraineté. À l’inverse, c’est l’indifférence ou la non-intervention qui causent de réels dommages. Il faut réaliser une étude approfondie des modalités pour prévenir et gérer les conflits, en utilisant tous les moyens dont dispose l’action diplomatique et en accordant attention et soutien même au plus léger signe de dialogue et de volonté de réconciliation.

Le principe de la « responsabilité de protéger » était considéré par l’antique ius gentium comme le fondement de toute action entreprise par l’autorité envers ceux qui sont gouvernés par elle : à l’époque où le concept d’État national souverain commençait à se développer, le religieux dominicain Francisco De Vitoria, considéré à juste titre comme un précurseur de l’idée des Nations unies, décrivait cette responsabilité comme un aspect de la raison naturelle partagé par toutes les nations, et le fruit d’un droit international dont la tâche était de réguler les relations entre les peuples. Aujourd’hui comme alors, un tel principe doit faire apparaître l’idée de personne comme image du Créateur, ainsi que le désir d’absolu et l’essence de la liberté. Le fondement des Nations unies, nous le savons bien, a coïncidé avec les profonds bouleversements dont a souffert l’humanité lorsque la référence au sens de la transcendance et à la raison naturelle a été abandonnée et que par conséquent la liberté et la dignité humaine furent massivement violées. Dans de telles circonstances, cela menace les fondements objectifs des valeurs qui inspirent et régulent l’ordre international et cela mine les principes intangibles et coercitifs formulés et consolidés par les Nations unies. Face à des défis nouveaux répétés, c’est une erreur de se retrancher derrière une approche pragmatique, limitée à mettre en place des « bases communes », dont le contenu est minimal et dont l’efficacité est faible.

La référence à la dignité humaine, fondement et fin de la responsabilité de protéger, nous introduit dans la note spécifique de cette année, qui marque le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’homme. Ce document était le fruit d’une convergence de différentes traditions culturelles et religieuses, toutes motivées par le désir commun de mettre la personne humaine au centre des institutions, des lois et de l’action des sociétés, et de la considérer comme essentielle pour le monde de la culture, de la religion et de la science. Les droits de l’homme sont toujours plus présentés comme le langage commun et le substrat éthique des relations internationales. Tout comme leur universalité, leur indivisibilité et leur interdépendance sont autant de garanties de protection de la dignité humaine. Mais il est évident que les droits reconnus et exposés dans la Déclaration s’appliquent à tout homme, cela en vertu de l’origine commune des personnes, qui demeure le point central du dessein créateur de Dieu pour le monde et pour l’histoire. Ces droits trouvent leur fondement dans la loi naturelle inscrite au cœur de l’homme et présente dans les diverses cultures et civilisations. Détacher les droits humains de ce contexte signifierait restreindre leur portée et céder à une conception relativiste, pour laquelle le sens et l’interprétation des droits pourraient varier et leur universalité pourrait être niée au nom des différentes conceptions culturelles, politiques, sociales et même religieuses. La grande variété des points de vue ne peut pas être un motif pour oublier que ce ne sont pas les droits seulement qui sont universels, mais également la personne humaine, sujet de ces droits.

A la fois nationale et internationale, la vie de la communauté met clairement en évidence que le respect pour les droits et pour les garanties qui leur sont attachées sont la mesure du bien commun, utilisée pour apprécier le rapport entre justice et injustice, développement et pauvreté, sécurité et conflits. La promotion des droits de l'homme demeure la stratégie la plus efficace quand il s'agit de combler les inégalités entre des pays et des groupes sociaux, quand il s'agit aussi de renforcer la sécurité. En effet les victimes de la misère et du désespoir dont la dignité humaine est impunément violée, deviennent des proies faciles pour les tenants du recours à la violence et deviennent à leur tour des destructeurs de paix. Pourtant le bien commun que les droits de l'homme aident à réaliser ne peut pas être atteint en se contentant d'appliquer des procédures correctes ni même en pondérant des droits en opposition. Le mérite de la Déclaration universelle a été d'ouvrir à des cultures, à des expressions juridiques et à des modèles institutionnels divers la possibilité de converger autour d'un noyau fondamental de valeurs et donc de droits : mais c'est un effort qui, de nos jours, doit être encore plus soutenu face à des instances qui cherchent à réinterpréter les fondements de la Déclaration et à compromettre son unité interne pour favoriser le passage de la protection de la dignité humaine à la satisfaction de simples intérêts, souvent particuliers. La Déclaration a été adoptée comme "un idéal commun qui est à atteindre" (Préambule) et elle ne peut pas être utilisée de manière partielle, en suivant des tendances ou en opérant des choix sélectifs qui risquent de contredire l'unité de la personne humaine et donc l'indivisibilité de ses droits.

Nous constatons souvent dans les faits une prédominance de la légalité par rapport à la justice quand se manifeste une attention à la revendication des droits qui va jusqu'à les faire apparaître comme le résultat exclusif de dispositions législatives ou de décisions normatives prises par les diverses instances des autorités en charge. Quand ils sont présentés sous une forme de pure légalité, les droits risquent de devenir des propositions de faible portée, séparés de la dimension éthique et rationnelle qui constitue leur fondement et leur fin. La Déclaration universelle a en effet réaffirmé avec force la conviction que le respect des droits de l'homme s'enracine avant tout sur une justice immuable, sur laquelle la force contraignante des proclamations internationales est aussi fondée. C'est un aspect qui est souvent négligé quand on prétend priver les droits de leur vraie fonction au nom d'une perspective utilitariste étroite. Parce que les droits et les devoirs qui leur sont liés découlent naturellement de l'interaction entre les hommes, il est facile d'oublier qu'ils sont le fruit du sens commun de la justice, fondé avant tout sur la solidarité entre les membres du corps social et donc valable dans tous les temps et pour tous les peuples. C'était une intuition exprimée, dès le Ve siècle après Jésus Christ, par l'un des maîtres de notre héritage intellectuel, Augustin d'Hippone. Il enseignait que "le précepte : "Ce que tu ne veux pas qu'on te fasse, ne le fais pas à autrui" ne peut en aucune façon varier en fonction de la diversité des peuples" (De Doctrina Christiana III, 14). Les droits de l'homme exigent alors d'être respectés parce qu'ils sont l'expression de la justice et non simplement en raison de la force coercitive liée à la volonté des législateurs.

Mesdames et Messieurs, à mesure que l'on avance dans l'histoire, de nouvelles situations surgissent et l'on cherche à y attacher de nouveaux droits. Le discernement, c'est-à-dire la capacité de distinguer le bien du mal, est encore plus nécessaire quand sont en jeu des exigences qui appartiennent à la vie et à l'action de personnes, de communautés et de peuples. Quand on affronte le thème des droits, qui mettent en jeu des situations importantes et des réalités profondes, le discernement est une vertu à la fois indispensable et féconde.

Le discernement nous amène alors à souligner que laisser aux seuls Etats, avec leurs lois et leurs institutions, la responsabilité ultime de répondre aux aspirations des personnes, des communautés et de peuples tout entier peut parfois entraîner des conséquences rendant impossible un ordre social respectueux de la dignité de la personne et de ses droits. Par ailleurs, une vision de la vie solidement ancrée dans la dimension religieuse peut permettre d'y parvenir, car la reconnaissance de la valeur transcendante de tout homme et de toute femme favorise la conversion du cœur, ce qui conduit alors à un engagement contre la violence, le terrorisme ou la guerre, et à la promotion de la justice et de la paix. Cela favorise aussi un milieu propice au dialogue interreligieux que les Nations unies sont appelées à soutenir comme elles soutiennent le dialogue dans d'autres domaines de l'activité humaine.
Le dialogue doit être reconnu comme le moyen par lequel les diverses composantes de la société peuvent confronter leurs points de vue et réaliser un consensus autour de la vérité concernant des valeurs ou des fins particulières. Il est de la nature des religions librement pratiquées de pouvoir mener de manière autonome un dialogue de la pensée et de la vie. Si, à ce niveau là aussi, la sphère religieuse est séparée de l'action politique, il en ressort également de grands bénéfices pour les personnes individuelles et pour les communautés. D'autre part, les Nations unies peuvent compter sur les fruits du dialogue entre les religions et tirer des bénéfices de la volonté des croyants de mettre leur expérience au service du bien commun. Leur tâche est de proposer une vision de la foi non pas en termes d'intolérance, de discrimination ou de conflit, mais en terme de respect absolu de la vérité, de la coexistence, des droits et de la réconciliation.

Les droits de l'homme doivent évidemment inclure le droit à la liberté religieuse, comprise comme l'expression d'une dimension à la fois individuelle et communautaire, perspective qui fait ressortir l'unité de la personne tout en distinguant clairement entre la dimension du citoyen et celle du croyant. Au cours des dernières années, l'action des Nations unies a permis que le débat public offre des points de vue inspirés par une vision religieuse dans toutes ses dimensions y compris le rite, le culte, l'éducation, la diffusion d'information et la liberté de professer et de choisir sa religion. Il n'est donc pas imaginable que des croyants doivent se priver d'une partie d'eux-mêmes – de leur foi – afin d'être des citoyens actifs. Il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu pour jouir de ses droits. Il est d'autant plus nécessaire de protéger les droits liés à la religion s'ils sont considérés comme opposés à une idéologie séculière dominante ou à des positions religieuses majoritaires, de nature exclusive. La pleine garantie de la liberté religieuse ne peut pas être limitée au libre exercice du culte, mais doit prendre en considération la dimension publique de la religion et donc la possibilité pour les croyants de participer à la construction de l'ordre social. Ils le font effectivement à l'heure actuelle par exemple à travers leur engagement efficace et généreux dans un vaste réseau d'initiatives qui va des Universités, des Instituts scientifiques et des écoles, jusqu'aux structures qui promeuvent la santé et aux organisations caritatives au service des plus pauvres et des laissés-pour-compte. Refuser de reconnaître l'apport à la société qui s'enracine dans la dimension religieuse et dans la recherche de l'Absolu – qui par nature exprime une communion entre les personnes – reviendrait à privilégier dans les faits une approche individualiste et, ce faisant, à fragmenter l'unité de la personne.

Ma présence au sein de cette Assemblée est le signe de mon estime pour les Nations unies et elle veut aussi manifester le souhait que l'Organisation puisse être toujours davantage un signe d'unité entre les Etats et un instrument au service de toute la famille humaine. Elle manifeste aussi la volonté de l'Eglise catholique d'apporter sa contribution aux relations internationales d'une manière qui permette à toute personne et à tout peuple de sentir qu'ils ont leur importance (…).

Les Nations unies demeurent un lieu privilégié où l'Eglise s'efforce de partager son expérience "en humanité", qui a mûri tout au long des siècles parmi les peuples de toute race et de toute culture, et de la mettre à la disposition de tous les membres de la Communauté internationale. Cette expérience et cette activité, qui visent à obtenir la liberté pour tout croyant, cherchent aussi à assurer une protection plus grande aux droits de la personne. Ces droits trouvent leur fondement et leur forme dans la nature transcendante de la personne, qui permet aux hommes et aux femmes d'avancer sur le chemin de la foi et de la recherche de Dieu dans ce monde. Il faut renforcer la reconnaissance de cette dimension si nous voulons soutenir l'espérance de l'humanité en un monde meilleur et si nous voulons créer les conditions pour la paix, le développement, la coopération et la garantie des droits pour les générations à venir.

Dans ma récente encyclique Spe salvi, je rappelais que "la recherche pénible et toujours nouvelle d'ordonnancements droits pour les choses humaines est le devoir de chaque génération" (n. 25). Pour les chrétiens, cette tâche trouve sa justification dans l'espérance qui jaillit de l'œuvre salvifique de Jésus Christ. C'est pourquoi l'Eglise est heureuse d'être associée aux activités de cette honorable Organisation qui a la responsabilité de promouvoir la paix et la bonne volonté sur toute la terre.


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI
 

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
commenter cet article
4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 11:29
Psaume 68
envoyé par KTOTV
Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Prières
commenter cet article