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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 16:43

Chers amis,

En cette année 2009, nous allons reprendre notre réflexion sur l'existence de Dieu.

Nous allons continuer à explorer les preuves de l’existence de Dieu, et découvrir, émerveillés, que la raison nous conduit naturellement à Dieu – contrairement à une idée reçue trop bien enracinée –, pour peu que l’on raisonne objectivement sur le réel positif, c’est-à-dire sur la nature, l’univers, le cosmos.

Pour relancer le débat en ce début d’année, je souhaiterais partir d'un texte publié par le Pasteur Eric George sur son Blog, dans le cadre de l’Année Calvin (chez les protestants).

Dans un court passage tiré du livre « l’Institution Chrétienne » de Jean Calvin, le Pasteur relève « un petit point important dans la pensée du protestantisme : ni la foi, ni la reconnaissance de l’inspiration de l’Ecriture ne nous viennent de notre raison. Je ne crois pas en Dieu parce que mon intelligence m’a démontré qu’il existait, pas plus que je ne reconnais en la Bible la Révélation du Dieu unique après une longue série de déduction. Cela ne signifie pas qu’il soit interdit de faire jouer notre intelligence dans la lecture de la Bible, pas plus que cela ne nous interdit de confronter notre foi à notre raison… Mais notre foi ne nous vient pas de nous. »

« Ce constat emporte deux conséquences : cela implique d’une part qu’il est vain d’essayer de convaincre par nos arguments un non-croyant de l’existence de notre Dieu ou du bien-fondé de notre foi, notre rôle est bien d’annoncer mais pas de convertir ni de prouver Dieu.

« D’autre part, cela nous interdit de regarder de haut ceux qui ne croient pas. Notre foi n’est pas la preuve d’une plus grande clairvoyance ou d’une meilleure compréhension de l’univers ou d’une plus grande ouverture aux signaux divins. Elle est un cadeau qui nous est fait. Rien de plus. Rien de moins. »

Un grand merci au Pasteur pour ce texte qui nous donne à réfléchir.

1.
Premier point : « ni la foi, ni la reconnaissance de l’inspiration de l’Ecriture ne nous viennent de notre raison. » C’est un « petit point important dans la pensée du protestantisme » précise le Pasteur.

Eh bien… c’est un « petit » point important pour nous aussi, catholiques ! La foi est un don de Dieu. Nul ne peut se l’attribuer à soi-même. Et nul ne peut la communiquer à autrui.

La foi n’est pas une lumière que l’on peut partager aussi facilement que d’autres types de connaissances ; elle est d’abord et avant tout une grâce surnaturelle venant de notre Père des cieux.

Ainsi, quand
à Césarée de Philippe, Pierre déclare à Jésus qu’il est « le Christ, le Fils du Dieu vivant », Jésus lui révèle que cette confession de foi ne lui est pas venue « de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 16, 17).

Saint Jean dira, lui, que ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu ; c’est Dieu qui nous a aimé le premier (1 Jn 4.10).

C’est de Dieu que vient l’initiative ; sans intervention divine à notre égard, nous serions incapables d’avoir la foi, quelque intelligents que nous puissions être. Car le mystère de Dieu et de Ses volontés est hors de notre portée.

La foi ne nous vient donc pas de notre raison, mais de Dieu.

Pour croire,
« l’homme a besoin de la grâce de Dieu qui prévient et assiste, et du secours intérieur de l’Esprit Saint qui touche son cœur et le fait se tourner vers Dieu, lui ouvre les yeux de l’âme et donne ‘à tous la joie de l’acceptation de la vérité et de la foi’ » (Dei Verbum, 5).

« Nul ne peut venir à moi si mon Père ne l’attire »
disait encore Jésus (Jn 6. 44). « La grâce de la foi [consiste précisément dans] cette « attraction » que Dieu exerce à l’égard de l’essence intérieure de l’homme et indirectement, à l’égard de toute la subjectivité humaine pour que l’homme réponde pleinement à (…) Dieu (…) en s’abandonnant à lui. » (Jean-Paul II, Audience générale du 10 avril 1985).

Que nos frères protestants en soient donc bien convaincus : les catholiques aussi croient dans le primat de la grâce de Dieu !

2.
« Je ne crois pas en Dieu parce que mon intelligence m’a démontré qu’il existait, pas plus que je ne reconnais en la Bible la Révélation du Dieu unique après une longue série de déduction. »

C’est ce qu’enseigne le Catéchisme de l’Eglise Catholique (pour ce qui est en tous les cas du second point) : « Le motif de croire n’est pas le fait que les vérités révélées apparaissent comme vraies et intelligibles à la lumière de notre raison naturelle. Nous croyons à cause de l’autorité de Dieu même qui révèle et qui ne peut ni se tromper ni nous tromper. » (§ 156).

Toutefois, si la foi est une grâce accordée par Dieu à qui il veut (cf. Mc 3. 16), cette grâce se déploie dans toutes nos facultés spirituelles, y compris notre intelligence. Il n’est donc pas juste de dire que la foi ne se communiquerait pas d’intelligence à intelligence, dans un échange d’arguments rationnels (
« après une longue série de déduction. »). Elle le pourrait dans la mesure où les deux intelligences en dialogue seraient toutes deux mues de l’intérieur par la grâce de Dieu.

La grâce de la foi, disait Jean-Paul II,
« est la source de l’illumination surnaturelle qui « ouvre les yeux de l’esprit » ; et la grâce de la foi embrasse donc particulièrement la sphère cognitive de l’homme et se concentre sur elle. Il en résulte l’acceptation de tous les contenus de la Révélation où se dévoilent les mystères de Dieu et les éléments du plan salvifique concernant l’homme ».

Il serait donc absurde d’attendre passivement le don de la foi pour commencer à réfléchir (sur Dieu ou sur la Révélation), comme il serait insensé de ne pas chercher à argumenter rationnellement avec les non croyants sur les motifs de crédibilité de notre foi. Car c’est dans le dialogue rationnel que la Lumière de la vérité jaillira (non en vertu de la supériorité d’un interlocuteur sur l'autre, mais par l’effet de la grâce de Dieu) ; et c’est dans la recherche active de Dieu que la grâce de la foi pourra être communiquée : « Celui qui cherche trouve », dit Jésus (Lc 11. 10).

3.
La foi est donc tout autant un acte de la volonté humaine qu’une grâce divine. Parce qu’elle est donnée à celui qui la recherche humblement ; et parce qu’elle est « obéissance » nous dit Saint Paul (Rm 1. 5), c’est-à-dire au sens étymologique : écoute de la Parole de Dieu qui se révèle, et assentiment de la raison et de la volonté humaine à cette divine révélation.

 

La raison a bien sa part dans l’acte de foi. Car la foi ne nous tombe pas dessus – sauf cas exceptionnels ! – comme une averse soudaine à laquelle nous ne pourrions échapper. Pour croire, il faut avoir été touché – en quelque manière – par la grâce de Dieu, et répondre à ce don de la grâce par un acte de l’intelligence et de la volonté : sans cette réponse positive de l’homme, il n’y a pas à proprement parlé de foi. Car la foi réside très précisément dans cette réponse personnelle de l’homme à Dieu qui se révèle.

On voit donc que Dieu ne fait pas tout : par sa grâce, il nous « attire », nous sollicite, nous fait la cour, pourrait-on dire, mais… il ne répond pas à notre place. Si la grâce de Dieu n’est certes pas totalement absente de la réponse même de l’homme – qu'elle a suscitée –, elle n’est jamais contraignante : notre liberté est engagée par l’acte de foi.

« Par sa nature même (…), l’acte de foi a un caractère volontaire puisque l’homme racheté par le Christ Sauveur et appelé par Jésus-Christ à l’adoption filiale, ne peut adhérer à Dieu qui se révèle que si, attiré par le Père, il fait à Dieu l’hommage raisonnable et libre de sa foi »
(Jean-Paul II, Audience Générale du 17 avril 1985).

« Croire est un acte de l’intelligence adhérant à la vérité divine sous le commandement de la volonté mue par Dieu au moyen de la grâce »
résumait St Thomas d’Aquin en une formule admirable.

4.
La foi, avons-nous dit, est un don de la grâce. Mais elle est aussi un acte authentiquement humain. Elle est pour chacun de nous affaire de conscience.

Nul ne peut ainsi se dire en lui-même : « Pas de chance ! Je n’ai pas la foi. Dieu ne m’a pas fait ce don. C’est comme ça, je n’y peux rien. La foi, c’est pour les autres ; pas pour moi ! Laissez-moi donc tranquille avec vos histoires. »

Car
« en vertu de leur dignité, tous les hommes, parce qu’ils sont des personnes, c’est-à-dire doués de raison et de volonté personnelle, sont pressés par leur nature même et tenus par obligation morale à chercher la vérité, celle tout d’abord qui concerne la religion. Ils sont tenus aussi à adhérer à la vérité dès qu’ils la connaissent et à régler leur vie selon les exigences de cette vérité » (Vatican II, Dignitatis humanae, 2).

Cela implique que soit exclue toute espèce de contrainte.
« Dieu, certes, appelle l’homme à le servir en esprit et vérité ; si cet appel oblige l’homme en conscience, il ne le contraint pas. Dieu, en effet, tient compte de la dignité de la personne humaine qu’il a lui-même créée et qui doit se conduire selon son propre jugement et user de sa liberté » (Vatican II, Dignitatis humanae, 11).

Ou comme le disait le savant empereur byzantin Manuel II Paléologue (cité par Benoît XVI dans sa remarquable conférence de Ratisbonne le 12 septembre 2006) :
« Dieu ne prend pas plaisir au sang et ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. La foi est fruit de l'âme, non pas du corps. Celui qui veut conduire quelqu'un vers la foi doit être capable de parler et de penser de façon juste et non pas de recourir à la violence et à la menace... Pour convaincre une âme douée de raison, on n'a pas besoin de son bras, ni d'objets pour frapper, ni d'aucun autre moyen qui menace quelqu'un de mort... » Seulement de son intelligence. Et de la grâce de Dieu, toujours offerte.

5.
« Je ne crois pas en Dieu parce que mon intelligence m’a démontré qu’il existait ». C’est là l’erreur classique, commise par beaucoup, y compris dans les milieux catholiques, et qui provient sans doute de l’ambiguïté du mot « croire » en français. Il convient en effet de bien distinguer ce qui relève de la croyance en l’existence de Dieu et de la foi. La croyance en l’existence de Dieu n’est pas la foi. Il ne suffit donc pas, par exemple, de croire en l’existence de Dieu pour être sauvé.

La foi, avons-nous dit, est l’assentiment de l’intelligence et de la volonté à la Révélation que Dieu fait de lui-même en Jésus-Christ. Elle suppose donc la Révélation divine, la grâce agissante dans l’âme de celui qui reçoit cette Révélation, et une libre reconnaissance de cette Révélation par l’âme qui fait l’offrande à Dieu de son intelligence et sa volonté.

La croyance en l’existence de Dieu est d’un tout autre ordre. Elle ne suppose ni n’implique aucune action de la grâce dans l’âme de celui qui réfléchit à cette question – qui est philosophique, plus que religieuse. L’existence de Dieu peut être découverte par la seule activité de la raison, sans le secours de la Révélation, à partir de la considération des choses créées.

Tout est grâce, dans la mesure où c’est Dieu Lui-même qui nous a fait don de la Création et de notre humaine intelligence. Tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons, tout ce qui est, vient de Dieu. Le primat de la grâce est donc sauf, même ici, dans cette question métaphysique de l’existence de Dieu.

Ceci étant posé, il faut affirmer avec Jean-Paul II qu’
« avant même de prononcer son propre « Je crois », l’homme possède déjà quelque concept de Dieu qu’il atteint par l’effort de sa propre intelligence. » (Jean-Paul II, Audience générale du 20 mars 1985). Le Concile Vatican I déclarait ainsi que « Dieu, principe et fin de toutes choses, peut-être connu de façon certaine à partir des choses créées par la lumière de la raison naturelle ». Tout homme peut donc connaître l’existence de Dieu, et jusqu’à un certain point « son essence, ses perfections et ses attributs. Dieu invisible devient en un certain sens visible dans ses œuvres » (Jean-Paul II, op. cit).

« Le monde visible constitue pour l’intelligence humaine la base en vue de l’affirmation de l’existence du Créateur invisible (…). L’homme possède la faculté connaître Dieu par sa seule raison : il est capable d’une certaine « science » de Dieu, bien que de manière indirecte et non immédiate. Donc, près du « je crois » se trouve un certain « je sais ». Ce « je sais » concerne l’existence de Dieu, et aussi, jusqu’à un certain point, son essence. Cette connaissance intellectuelle de Dieu (…) se concentre sur la connaissance de Dieu comme cause première, et de même comme fin ultime de l’univers (…). Donc, selon l’Eglise, toute notre pensée sur Dieu, d’après la foi, a également un caractère rationnel et intelligible (…). »
(Jean-Paul II, Audience générale du 20 mars 1985).

« Cette connaissance de Dieu au moyen de la raison, en remontant à lui à partir des choses créées correspond à la nature raisonnable de l’homme. Elle correspond également au dessein de Dieu qui, dotant l’homme d’une telle nature, veut que celui-ci puisse le connaître »
(Jean-Paul II, Audience générale du 27 mars 1985).

Pour revenir au propos initial du Pasteur Eric Georges, je dirais qu’il est tout à fait possible de démontrer l’existence de Dieu par le moyen de l’intelligence. Cela ne donnera certes pas la foi à celui que l’on aura convaincu, mais aura quand même le mérite de le sensibiliser aux questions religieuses. Il n’aura plus d’obstacle intellectuel à considérer la Révélation divine en Jésus-Christ comme potentiellement authentique ; il sera enclin à l’examiner de plus près, dans un état nouveau de réceptivité propice à l’action de la grâce.

La Parole de Dieu portera ainsi d’autant plus de fruit que la terre ensemencée aura été préparée. L’évangélisation consiste tout autant, à mon sens, à annoncer explicitement la Parole qu’à préparer le terrain en disposant les âmes à la recevoir « optimalement ». Nous sommes tous en ce sens des précurseurs, à l’image de St Jean-Baptiste : comme lui, nous sommes appelés à préparer le chemin du Seigneur (Lc 3. 4-5), à tracer un sentier droit dans le désert aride de l’athéisme.

6.
« Il est vain, écrit le Pasteur, d’essayer de convaincre par nos arguments un non-croyant de l’existence de notre Dieu ou du bien-fondé de notre foi, notre rôle est bien d’annoncer mais pas de convertir ni de prouver Dieu. »

Notre rôle de chrétien n’est pas de convertir, on est bien d’accord. Si la foi est une grâce, un don de Dieu, elle ne peut être accordé que par Dieu Lui-même.

Tout évangélisateur devrait ainsi prendre à son compte cette parole très juste de Sainte Bernadette :
« Je ne suis pas chargée de vous convaincre ; je suis chargée de vous dire ! » Car telle est la mission évangélisatrice de l’Eglise.

« Evangéliser ne signifie pas seulement enseigner une doctrine mais plutôt annoncer Jésus-Christ par la parole et par les actes, c’est-à-dire se faire instrument de sa présence et de son action dans le monde (…) Aux origines de l’Eglise, ce n’est pas par la contrainte ni par des habiletés indignes que les disciples du Christ s’employèrent à amener l’homme à confesser le Christ comme Seigneur, mais avant tout par la puissance de la Parole de Dieu »
(Note doctrinale de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, 14 décembre 2007). Car la vérité évangélique « ne s’impose que par la force de la vérité elle-même » (Vatican II, Dignitatis humanae, 11).

Il reste que notre témoignage de foi risque de bouleverser un grand nombre, et que de nombreuses questions ne manqueront pas de fuser : « Tu dis que Jésus est le Fils de Dieu, mais Dieu peut-il avoir un Fils ? Et puis ton Dieu, existe-t-il seulement ? Et qu’est-ce qui me dit que la Bible est la Parole de Dieu et le christianisme la « vraie » religion ? » etc… La transmission surnaturelle de la foi à notre interlocuteur dépendra peut-être de la réponse que nous donnerons à telle ou telle de ses questions. C’est pourquoi il faut être prêts à répondre (cf. 1 P 3. 15). C’est-à-dire à entrer en dialogue avec les non-croyants. L’évangélisation n’est pas un prosélytisme ni un bourrage de crâne : elle est une invitation au dialogue avec les hommes de ce temps qui ne connaissent pas Dieu. On ne peut donc pas se contenter d’annoncer, de proclamer, de marteler ; il faut aussi discuter, argumenter, répondre aux objections, en prenant soin de partir de là où se trouve notre interlocuteur. Ainsi l’évangélisation sera-t-elle un véritable service d’amour, une authentique œuvre de charité.

« L’évangélisation comporte aussi un dialogue sincère, qui tente de comprendre les raisons et les sentiments d’autrui. En effet, on n’accède pas au cœur de l’homme sans gratuité, sans charité ni sans dialogue, de sorte que la parole annoncée ne soit pas seulement proférée mais qu’elle parvienne aussi de manière appropriée dans le cœur des destinataires. Cela exige de tenir compte des espérances et des souffrances, et des situations concrètes de ceux à qui on s’adresse. En outre, c’est justement à travers le dialogue que les hommes de bonne volonté ouvrent plus librement leur cœur et qu’ils partagent sincèrement leurs expériences spirituelles et religieuses. Ce partage, signe d’une amitié vraie, est une occasion précieuse pour le témoignage et l’annonce chrétienne »
(Note doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 14 décembre 2007).

7.
« D’autre part, cela nous interdit de regarder de haut ceux qui ne croient pas. Notre foi n’est pas la preuve d’une plus grande clairvoyance ou d’une meilleure compréhension de l’univers ou d’une plus grande ouverture aux signaux divins. Elle est un cadeau qui nous est fait. Rien de plus. Rien de moins. »

L’évangélisation est une terrible responsabilité, il est vrai. Elle est un service rendu à nos frères, un « partage » comme dit la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Mais le danger est grand pour l’évangélisateur de tomber dans l’orgueil spirituel – sans doute le péché le plus redoutable ; l’orgueil de celui qui sait, et qui vient avec ses connaissances apporter son « savoir » à celui qui ne sait pas – avec tout ce que cela peut avoir « d’écrasant » pour celui-ci. L’évangélisateur devrait sans cesse demander à Dieu la grâce de l’humilité. Car, nous interroge l’auteur de l’Imitation de Jésus-Christ :
« Que vous sert de raisonner profondément sur la Trinité, si vous n’êtes pas humbles, et que par là, vous déplaisiez à la Trinité ? Les discours sublimes ne font pas l’homme juste et saint, mais une vie pure rend cher à Dieu (…) Quand vous sauriez toute la Bible et toutes les sentences des philosophes, que vous servirait tout cela sans la grâce et la charité ? » (Livre I, Chapitre premier). Et l’auteur de l’Imitation de nous avertir : « Plus et mieux vous savez, plus vous serez sévèrement jugés si vous n’en vivez pas plus saintement » (Chapitre 2).


 

Pour approfondir le sujet :
Ø relire "La métaphysique au service de l'évangélisation" et "L'Epiphanie de Dieu dans la Création".

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Published by Matthieu BOUCART - dans Réflexions & Méditations
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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 00:23

Psaume 66
envoyé par KTOTV
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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 14:08

Extrait du Message du Pape Benoît XVI pour la Journée Mondiale 2008 du Migrant et du Réfugié.

Chers frères et sœurs,

Le thème de la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié invite cette année à réfléchir en particulier sur les jeunes migrants. En effet, les chroniques quotidiennes parlent souvent d’eux. Le vaste processus actuel de globalisation dans le monde porte avec lui une exigence de mobilité qui pousse notamment de nombreux jeunes à émigrer et à vivre loin de leurs familles et de leurs pays.

La conséquence en est que c’est souvent la jeunesse dotée des meilleures ressources intellectuelles qui quitte son pays d’origine, tandis que les règles en vigueur dans les pays qui reçoivent les migrants rendent difficiles leur insertion effective. De fait, le phénomène de l’émigration s’étend toujours davantage et touche un nombre croissant de personnes de toute condition sociale. A juste titre, par conséquent, les institutions publiques, les organisations humanitaires, ainsi que l’Eglise catholique, consacrent beaucoup de leurs ressources pour venir en aide à ces personnes en difficulté.

Les jeunes migrants ressentent particulièrement la problématique constituée par ce qu’on appelle la « difficulté de la double appartenance » : d’un côté, ils ressentent vivement le besoin de ne pas perdre leur culture d’origine, tandis que, de l’autre, émerge en eux le désir de s’insérer de façon organique dans la société qui les accueille, sans que cela comporte toutefois une assimilation complète, ni la perte des traditions ancestrales qui en découle (…).

Dans cette perspective, précisément, la question se pose : comment répondre aux attentes des jeunes migrants ? Que faire pour leur venir en aide ? Il faut certes viser en premier lieu au soutien de la famille et de l’école. Mais combien sont complexes les situations et nombreuses les difficultés que rencontrent ces jeunes dans leurs contextes familiaux et scolaires ! Au sein des familles, les rôles traditionnels qui existaient dans les pays d’origine ont disparu et l’on assiste souvent à un conflit entre parents demeurés ancrés dans leur culture et enfants rapidement acculturés dans les nouveaux contextes sociaux.

Il ne faut pas sous-évaluer non plus la difficulté que rencontrent les jeunes pour s’insérer dans les parcours éducatifs en vigueur dans les pays où ils sont accueillis. Le système scolaire lui-même devrait donc tenir compte de leurs conditions et prévoir pour les jeunes immigrés des itinéraires d’intégration spécifiques adaptés à leurs exigences. Il sera également important de s’efforcer de créer dans les salles de classe un climat de respect réciproque et de dialogue entre tous les élèves, sur la base des principes et des valeurs universels qui sont communs à toutes les cultures. Les efforts de tous – professeurs, familles et étudiants – contribueront certainement à aider les jeunes migrants à affronter de la meilleure façon le défi de l’intégration et leur offriront la possibilité d’acquérir ce qui peut profiter à leur formation humaine, culturelle et professionnelle (…).

L’Eglise regarde avec une attention particulière le monde des migrants et demande à ceux qui ont reçu une formation chrétienne dans leurs pays d’origine de faire fructifier ce patrimoine de foi et de valeurs évangéliques de façon à offrir un témoignage cohérent dans les différents contextes existentiels. A cette fin précisément, j’invite les communautés ecclésiales d’arrivée à accueillir avec sympathie les jeunes et très jeunes avec leurs parents, en cherchant à comprendre leurs vicissitudes et à favoriser leur insertion.

Il existe, par ailleurs, parmi les migrants, comme je l’ai écrit dans mon Message de l’an dernier, une catégorie à considérer d’une façon spéciale, à savoir celle des étudiants d’autres pays qui, pour des raisons d’études, se trouvent loin de chez eux. Leur nombre est en augmentation croissante : ces jeunes ont besoin d’une pastorale spécifique, car ce ne sont pas seulement des étudiants, comme tous les autres, mais aussi des migrants temporaires. Ils se sentent souvent seuls, sous la pression des études et parfois cernés aussi par des difficultés économiques. L’Eglise, dans sa sollicitude maternelle, les considère avec affection et cherche à mettre en œuvre des interventions pastorales et sociales spécifiques, qui tiennent compte des grandes ressources de leur jeunesse. Il faut faire en sorte qu’ils aient la possibilité de s’ouvrir au dynamisme de l’interculturalité, en s’enrichissant au contact des autres étudiants de cultures et de religions différentes. Pour les jeunes chrétiens, cette expérience d’étude et de formation peut être un domaine utile de maturation de leur foi, stimulée à s’ouvrir à l’universalisme qui est un élément constitutif de l’Eglise catholique.

Chers jeunes migrants, préparez-vous à construire, aux côtés des jeunes gens de votre âge, une société plus juste et fraternelle, en accomplissant scrupuleusement et sérieusement vos devoirs vis-à-vis de vos familles et de l’Etat. Soyez respectueux des lois et ne vous laissez jamais emporter par la haine et la violence. Cherchez plutôt à être dès à présent les artisans d’un monde où règnent la compréhension et la solidarité, la justice et la paix. A vous, en particulier, jeunes croyants, je demande de profiter de la période de vos études pour grandir dans la connaissance et dans l’amour du Christ. Jésus veut que vous soyez ses vrais amis et, pour cela, il est nécessaire que vous cultiviez constamment une intime relation avec lui dans la prière et dans l’écoute docile de sa Parole. Il veut que vous soyez ses témoins et, pour cela, il est nécessaire que vous vous engagiez à vivre courageusement l’Evangile, en le traduisant en gestes concrets d’amour de Dieu et de service généreux des frères. L’Eglise a aussi besoin de vous et compte sur votre apport. Vous pouvez jouer un rôle extrêmement providentiel dans le contexte actuel de l’évangélisation. Provenant de cultures diverses, mais ayant tous en commun l’appartenance à l’unique Eglise du Christ, vous pouvez montrer que l’Evangile est vivant et adapté à chaque situation ; qu’il s’agit d’un message authentique et toujours nouveau, d’une Parole d’espérance et de salut pour les hommes de toute race et culture, de tout âge et de toute époque.

A Marie, Mère de l’humanité tout entière, et à Joseph, son très chaste époux, tous deux réfugiés avec Jésus en Egypte, je confie chacun de vous, vos familles, tous ceux qui s’occupent de différentes façons de votre vaste monde de jeunes migrants, les volontaires et les agents pastoraux qui sont proches de vous par leur disponibilité et leur soutien amical. Que le Seigneur soit toujours à vos côtés et aux côtés de vos familles, afin qu’ensemble vous puissiez surmonter les obstacles et les difficultés matérielles et spirituelles que vous rencontrez sur votre chemin.

Du Vatican, le 18 octobre 2007


Lire le texte intégral du Message du Pape Benoît XVI

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 19:23

Extrait de l’Angelus du Pape Benoît XVI du 18 février 2007.

L’Evangile de ce dimanche contient l’une des paroles les plus typiques et les plus fortes de la prédication de Jésus : « Aimez vos ennemis » (Lc 6, 27). Elle est tirée de l’Evangile de Luc mais se trouve également dans celui de Matthieu (5, 44), dans le contexte du discours programme qui s’ouvre avec les célèbres Béatitudes. Jésus le prononça en Galilée, au début de sa vie publique, comme un « manifeste » présenté à tous, pour lequel il demande l’adhésion de ses disciples, en leur proposant son modèle de vie, en termes radicaux. Mais quel est le sens de cette parole ? Pourquoi Jésus demande-t-il d’aimer ses ennemis, soit un amour qui dépasse les capacités humaines ?

En réalité, la proposition du Christ est réaliste car elle tient compte du fait que dans le monde il existe trop de violence, trop d’injustice, et que par conséquent on ne peut dépasser cette situation qu’en lui opposant un plus d’amour, un plus de bonté. Ce plus vient de Dieu : c’est sa miséricorde, qui s’est faite chair en Jésus et qui seule peut « déséquilibrer » le monde du mal vers le bien, à partir de ce « monde » petit et décisif qu’est le cœur de l’homme.

Cet Evangile est à juste titre considéré comme la grande charte de la non-violence chrétienne, qui ne consiste pas à se résigner au mal – selon une fausse interprétation du « tendre l’autre joue » (cf. Lc 6, 29), mais à répondre au mal par le bien (cf. Rm 12, 17-21), en brisant ainsi la chaîne de l’injustice. On comprend alors que la non-violence pour les chrétiens n’est pas un simple comportement tactique, mais bien une manière d’être de la personne, l’attitude de celui qui est tellement convaincu de l’amour de Dieu et de sa puissance qu’il n’a pas peur d’affronter le mal avec les seules armes de l’amour et de la vérité.

L’amour de l’ennemi constitue le noyau de la « révolution chrétienne », une révolution qui n’est pas basée sur des stratégies de pouvoir économique, politique ou médiatique. La révolution de l’amour, un amour qui ne s’appuie pas en définitive sur les ressources humaines, mais qui est don de Dieu et s’obtient en faisant confiance uniquement et sans réserve à sa bonté miséricordieuse. Voilà la nouveauté de l’Evangile, qui change le monde sans faire de bruit. Voilà l’héroïsme des « petits », qui croient en l’amour de Dieu et le répandent même au prix de leur vie.

(…) Demandons à la Vierge Marie, disciple docile du Rédempteur, de nous aider à nous laisser conquérir sans réserve par cet amour, à apprendre à aimer comme Il nous a aimés, pour être miséricordieux comme est miséricordieux notre Père qui est aux cieux (cf. Lc 6, 36).



Lire le texte intégral de l'Angelus du Pape Benoît XVI

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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 18:59

Extrait du discours du Pape Benoît XVI au Corps diplomatique, le 7 janvier 2008.

[En faisant un tour d'horizon de la situation politique et économique des pays de tous les continents du monde], il apparaît clairement que la sécurité et la stabilité du monde demeurent fragiles. Les facteurs de préoccupation sont divers ; ils témoignent tous cependant que la liberté humaine n'est pas absolue, mais qu'il s'agit d'un bien partagé, dont la responsabilité incombe à tous. En conséquence, l'ordre et le droit en sont des éléments qui la garantissent. Mais le droit ne peut être une force de paix efficace que si ses fondements demeurent solidement ancrés dans le droit naturel, donné par le Créateur. C'est aussi pour cela que l'on ne peut jamais exclure Dieu de l'horizon de l'homme et de l'histoire. Le nom de Dieu est un nom de justice ; il représente un appel pressant à la paix.

Cette prise de conscience pourrait aider, entre autres, à orienter les initiatives de dialogue interculturel et inter-religieux. Ces initiatives sont toujours plus nombreuses et elles peuvent stimuler la collaboration sur des thèmes d'intérêt mutuel, comme la dignité de la personne humaine, la recherche du bien commun, la construction de la paix et le développement (…). Pour être vrai, ce dialogue doit être clair, évitant relativisme et syncrétisme, mais animé d'un respect sincère pour les autres et d'un esprit de réconciliation et de fraternité. L'Eglise catholique y est profondément engagée et il m'est agréable d'évoquer (…) la lettre que m'ont adressée, le 13 octobre dernier, cent trente-huit personnalités musulmanes et de renouveler ma gratitude pour les nobles sentiments qui y sont exprimés.

Notre société a justement enchâssé la grandeur et la dignité de la personne humaine dans diverses déclarations des droits, qui ont été formulées à partir de la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée il y a juste soixante ans. Cet acte solennel fut, selon l'expression du Pape Paul VI, l'un des plus grands titres de gloire des Nations unies. Dans tous les continents, l'Eglise catholique s'engage afin que les droits de l'homme soient non seulement proclamés, mais appliqués. Il faut souhaiter que les organismes créés pour la défense et la promotion des droits de l'homme consacrent toutes leurs énergies à cette tâche et, en particulier, que le Conseil des droits de l'homme sache répondre aux attentes suscitées par sa création.

Le Saint-Siège, pour sa part, ne se lassera pas de réaffirmer ces principes et ces droits fondés sur ce qui est permanent et essentiel à la personne humaine. C'est un service que l'Eglise désire rendre à la véritable dignité de l'homme, créé à l'image de Dieu. Et partant précisément de ces considérations, je ne peux pas ne pas déplorer une fois encore les attaques continuelles perpétrées, sur tous les continents, contre la vie humaine. Je voudrais rappeler, avec tant de chercheurs et de scientifiques, que les nouvelles frontières de la bioéthique n'imposent pas un choix entre la science et la morale, mais qu'elles exigent plutôt un usage moral de la science. D'autre part, rappelant l'appel du Pape Jean-Paul II à l'occasion du grand Jubilé de l'An 2000, je me réjouis que, le 18 décembre dernier, l'Assemblée générale des Nations unies ait adopté une résolution appelant les Etats à instituer un moratoire sur l'application de la peine de mort et je souhaite que cette initiative stimule le débat public sur le caractère sacré de la vie humaine. Je regrette une fois encore les atteintes préoccupantes à l'intégrité de la famille, fondée sur le mariage entre un homme et une femme. Les responsables de la politique, de quelque bord qu'ils soient, devraient défendre cette institution fondamentale, cellule de base de la société. Que dire encore ! Même la liberté religieuse, « exigence inaliénable de la dignité de tout homme et pierre angulaire dans l'édifice des droits humains » (Message pour la Célébration de la Journée mondiale de la Paix 1988, Préambule), est souvent compromise. Il y a en effet bien des endroits où elle ne peut s'exercer pleinement. Le Saint-Siège la défend et en demande le respect pour tous. Il est préoccupé par les discriminations contre les chrétiens et contre les fidèles d'autres religions.

La paix ne peut pas n'être qu'un simple mot ou une aspiration illusoire. La paix est un engagement et un mode de vie qui exigent que l'on satisfasse les attentes légitimes de tous comme l'accès à la nourriture, à l'eau et à l'énergie, à la médecine et à la technologie, ou bien le contrôle des changements climatiques. C'est seulement ainsi que l'on peut construire l'avenir de l'humanité ; c'est seulement ainsi que l'on favorise le développement intégral pour aujourd'hui et pour demain. Forgeant une expression particulièrement heureuse, le Pape Paul VI soulignait il y a quarante ans, dans l'Encyclique Populorum progressio, que « le développement est le nouveau nom de la paix ». C'est pourquoi, pour consolider la paix, il faut que les résultats macroéconomiques positifs obtenus par de nombreux pays en voie de développement en 2007 soient soutenus par des politiques sociales efficaces et par la mise en œuvre des engagements d'assistance des pays riches (…).

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, la diplomatie est, d'une certaine façon, l'art de l'espérance. Elle vit de l'espérance et cherche à en discerner même les signes les plus ténus. La diplomatie doit donner de l'espérance. La célébration de Noël vient chaque année nous rappeler que, quand Dieu s'est fait petit enfant, l'Espérance est venue habiter dans le monde, dans le cœur de la famille humaine. Cette certitude devient aujourd'hui prière : que Dieu ouvre le cœur de ceux qui gouvernent la famille des peuples à l'Espérance qui ne déçoit jamais !



Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI  

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 00:00

Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI sur l’esplanade de Montorso à Lorette au cours de la veillée de prière avec les Jeunes, le 1er septembre 2007.

Chers jeunes, qui constituez l'espérance de l'Eglise (…)! Je suis heureux de vous rencontrer dans ce lieu si particulier, au cours de cette soirée spéciale, riche de prières, de chants, de silences, emplie d'espérance et d'émotions profondes. Cette vallée, où, par le passé, mon bien-aimé prédécesseur a lui aussi rencontré un grand nombre d'entre vous, est devenue désormais votre "agorà", votre place sans mur ni barrière, d'où mille routes partent et convergent (…).

Dites à Jésus : voilà, je suis ici, je ne suis pas encore comme tu me voudrais ; je n'arrive pas non plus à me comprendre moi-même entièrement, mais avec ton aide, je suis prêt à te suivre. Seigneur Jésus, ce soir, je voudrais te parler, en adoptant l'attitude intérieure et l'abandon confiant de cette jeune femme qui, il y a plus de deux mille ans, prononça son "oui" au Père qui la choisissait pour être ta Mère. Le Père la choisit car elle était docile et obéissante à sa volonté. Comme elle, comme la petite Marie, que chacun de vous, chers jeunes amis, dise avec foi à Dieu : Me voici, "qu'il advienne de moi selon ta parole".

Quel magnifique spectacle de foi jeune et passionnant nous vivons ce soir! Ce soir, Lorette est devenue, grâce à vous, la capitale spirituelle des jeunes, le centre vers lequel convergent en esprit les multitudes de jeunes qui peuplent les cinq continents. En ce moment, nous nous sentons comme entourés par les attentes et les espérances de millions de jeunes du monde entier : en cette même heure, certains veillent, d'autres dorment, d'autres encore étudient ou travaillent ; il y a ceux qui espèrent ou se désespèrent, ceux qui croient et ceux qui ne réussissent pas à croire, ceux qui aiment la vie et ceux qui, au contraire, la gaspillent. Je voudrais que parvienne à tous cette parole : le Pape est proche de vous, il partage vos joies et vos peines, en particulier, il partage les espérances les plus profondes qui sont en vous et demande au Seigneur pour chacun de vous le don d'une vie pleine et heureuse, une vie riche de sens, une vraie vie.

Malheureusement aujourd'hui, une existence pleine et heureuse est souvent considérée par beaucoup de jeunes comme un rêve difficile (…), et parfois presque irréalisable. Un grand nombre de jeunes de votre âge regardent l'avenir avec appréhension et se posent de nombreuses questions. Ils se demandent préoccupés : comment s'insérer dans une société marquée par de nombreuses et graves injustices et souffrances? Comment réagir à l'égoïsme et à la violence qui semblent parfois prévaloir? Comment donner un sens plein à la vie? Avec amour et conviction, je vous répète à vous, jeunes ici présents, et à travers vous, aux jeunes de votre âge du monde entier : n'ayez pas peur, le Christ peut combler les aspirations les plus profondes de votre cœur!
Existe-t-il des rêves irréalisables lorsqu'ils sont suscités et cultivés dans le cœur par l'Esprit de Dieu? Notre enthousiasme peut-il être freiné lorsque nous sommes unis au Christ? Rien, ni personne, dirait l'apôtre Paul, ne pourra jamais nous séparer de l'amour de Dieu, dans le Christ Jésus, notre Seigneur (cf. Rm 8, 35-39).

Ce soir, laissez-moi vous répéter : chacun de vous peut accomplir de grandes choses s'il demeure uni au Christ. Voilà pourquoi, chers amis, vous ne devez pas avoir peur de rêver les yeux ouverts de grands projets de bien et vous ne devez pas vous laisser décourager par les difficultés. Le Christ a confiance en vous et désire que vous puissiez réaliser tous vos rêves les plus nobles et les plus élevés d'authentique bonheur. Rien n'est impossible à celui qui a confiance en Dieu et s'en remet à Lui.
Regardez la jeune Marie! L'Ange lui annonça quelque chose de véritablement inconcevable : participer de la façon la plus directe possible au plus grandiose des desseins de Dieu, le salut de l'humanité. Face à cette proposition, Marie, comme nous l'avons entendu dans l'Evangile, fut troublée, ressentant toute la petitesse de son être face à la toute-puissance de Dieu ; et elle se demanda : comment cela est-il possible? Pourquoi précisément moi? Toutefois, prête à accomplir la volonté divine, elle prononça promptement son "oui", qui changea sa vie et l'histoire de l'humanité tout entière. C'est grâce à son "oui" que nous nous retrouvons réunis nous aussi ici ce soir.

Je me demande et je vous demande : les questions que Dieu nous adressent, aussi exigeantes qu'elles puissent nous sembler, pourront-elles jamais égaler ce qui fut demandé à la jeune Marie? Chers garçons et filles, apprenons de Marie à prononcer notre "oui", car elle sut véritablement ce que signifie répondre généreusement aux questions du Seigneur. Chers jeunes, Marie connaît vos aspirations les plus nobles et profondes. Elle connaît bien, surtout, votre grand désir d'amour, votre besoin d'aimer et d'être aimés. En vous tournant vers elle, en la suivant docilement, vous découvrirez la beauté de l'amour, non pas d'un amour "jetable", passager et trompeur, prisonnier d'une mentalité égoïste et matérialiste, mais de l'amour véritable et profond. Au plus profond de son cœur, chaque garçon et chaque fille qui affronte la vie, cultive le rêve d'un amour qui donne un sens plein à son avenir. Pour de nombreuses personnes, cela se réalise dans le choix du mariage et dans la création d'une famille où l'amour entre un homme et une femme est vécu comme un don réciproque et fidèle, comme un don définitif, scellé par le "oui" prononcé devant Dieu le jour du mariage, un "oui" pour toute la vie. Je sais bien que ce rêve est toujours moins facile à réaliser aujourd'hui. Combien d'échecs de l'amour autour de nous! Combien de couples baissent la tête, renoncent et se séparent! Combien de familles brisées! Combien de jeunes, même parmi vous, ont assisté à la séparation et au divorce de leurs parents! A ceux qui se trouvent dans des situations si délicates et complexes, je voudrais dire ce soir : la Mère de Dieu, la communauté des croyants et le Pape sont proches de vous et prient afin que la crise qui marque les familles de notre époque ne devienne pas un échec irréversible. Puissent les familles chrétiennes, avec le soutien de la grâce divine, demeurer fidèles à l'engagement solennel d'amour pris avec joie devant le prêtre et la communauté chrétienne, le jour solennel du mariage.

Face à tant d'échecs, il n'est pas rare de se demander : serais-je meilleur que mes amis et mes parents qui ont essayé, et qui ont échoué? Pourquoi moi, précisément moi, devrais-je réussir là où tant d'autres renoncent? Cette peur humaine peut freiner également les esprits les plus courageux, mais en cette nuit qui nous attend, au seuil de sa Sainte Maison, Marie répétera à chacun de vous, chers jeunes amis, les paroles qu'elle-même entendit prononcer par l'Ange : Ne craignez rien! N'ayez pas peur! L'Esprit Saint est avec vous et ne vous abandonne jamais. Rien n'est impossible à celui qui a confiance en Dieu.
Cela vaut pour ceux qui sont destinés à la vie matrimoniale, et encore plus pour ceux auxquels Dieu propose une vie de détachement total des biens de la terre pour se consacrer à plein temps à son Royaume. Parmi vous, il y a certaines personnes qui ont entrepris la voie du sacerdoce, de la vie consacrée (…).
Chers jeunes, si le Seigneur vous appelle à vivre plus intimement à son service, répondez généreusement. Soyez-en certains : la vie consacrée à Dieu n'est jamais vécue en vain.

Chers jeunes, je termine ici, non sans vous avoir embrassés auparavant avec un cœur de père ; je vous embrasse et vous salue cordialement un par un (…). Je voudrais vous donner rendez-vous, chers jeunes, à Sydney, où dans un an se tiendra la prochaine Journée mondiale de la Jeunesse. Je sais, l'Australie est loin pour les jeunes italiens ; elle est littéralement à l'autre bout du monde... Prions pour que le Seigneur qui accomplit tout prodige accorde à un grand nombre d'entre vous d'y être présents. Qu'il me l'accorde à moi, qu'il vous l'accorde à vous. C'est l'un de nos nombreux rêves que cette nuit, en priant ensemble, nous confions à Marie.


Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 13:13

Chers amis lecteurs,

Il est d'usage dans certaines communautés chrétiennes de tirer au sort chaque année le nom d'un saint, qui sera notre compagnon de route tout au long de l'année.

Les saints sont des vivants auprès de Dieu. Le Catéchisme de l'Eglise catholique nous enseigne que "les témoins qui nous ont précédés dans le Royaume (cf. He 12, 1), spécialement ceux que l’Église reconnaît comme "saints", participent à la tradition vivante de la prière, par le modèle de leur vie, par la transmission de leurs écrits et par leur prière aujourd’hui.

"Ils contemplent Dieu, ils le louent et ne cessent pas de prendre soin de ceux qu’ils ont laissé sur la terre.

"
En entrant "dans la joie" de leur Maître, ils ont été "établis sur beaucoup" (cf. Mt 25, 21). Leur intercession est leur plus haut service du Dessein de Dieu. Nous pouvons et devons les prier d’intercéder pour nous et pour le monde entier." (CEC § 2683)

"Est-il bon et utile de recourir à l’intercession des Saints ? Il est très utile de prier les Saints et tout chrétien doit le faire. Nous devons prier particulièrement nos Anges Gardiens, la Vierge Marie, la Très Sainte Mère de Dieu, saint Joseph, Patron de l’Eglise, les saints Apôtres, les Saints dont nous portons le nom et les Saints Protecteurs du diocèse et de la paroisse.

"Quelle différence y a-t-il entre les prières que nous adressons à Dieu et celles que nous adressons aux Saints? Entre les prières que nous adressons à Dieu et celles que nous adressons aux Saints, il y a cette différence que nous prions Dieu afin que, comme auteur des grâces, il nous donne les biens et nous délivre des maux, et nous prions les Saints afin qu’ils intercèdent pour nous comme nos avocats auprès de Dieu.

Quand nous disons qu’un Saint a fait une grâce, que voulons-nous dire ? Quand nous disons qu’un Saint a fait une grâce, nous voulons dire que ce Saint l’a obtenue de Dieu."

(
Extraits du Catéchisme de St Pie X)

Ce sont les saints qui nous choisissent plus que nous ne les choisissons. Une pieuse tradition consiste à invoquer le Saint-Esprit par une hymne ou une prière spontanée, et à demander à Dieu de nous bénir par la puissante intercession des saints. Celui qui le désire peut alors tirer au sort le nom d'un saint qui sera son compagnon invisible de prière tout au long de l'année. Sous le nom du saint, on peut lire aussi une parole caractéristique le concernant -souvent tirée de l'Ecriture- ainsi qu'une intention de prière pour l'année. En recevant le nom du saint, chacun prend à coeur de mieux connaître la vie de son protecteur et compagnon pour l'année afin d'en tirer un profit spirituel et de développer une profonde amitié avec ce céleste ami.

Je viens pour ma part de tirer au sort mon saint patron pour l'année. Il s'agit de Saint Dominique Slavio - que je connais très mal (je crois me souvenir qu'il a été l'ami personnel de Saint Jean Bosco, mais je n'en sais guère plus...). La parole à méditer : "Un Saint triste est un triste saint". Tout un programme! L'intention de prière : prier pour les enfants dont les parents sont séparés...

Vous aussi, chers amis lecteurs, pouvez, si vous le souhaitez, tirer au sort un saint patron pour l'année. Vous pouvez le faire en ligne sur Internet à l'adresse suivante :
http://www.mariereine.com/un-saint-pour-Lannee.php3

Mais n'oubliez pas de le faire dans un esprit de prière afin que votre compagnon vous soit vraiment un don de Dieu pour cette nouvelle année 2009.

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 11:13
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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 00:00
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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 15:41

Chers amis lecteurs,

En cette nuit, une année s’achève pour laisser place à une autre. Comme chaque année, nous nous réunissons en ce soir de la Saint Sylvestre, en famille ou entre amis, pour célébrer la nouvelle année, avec tous les espoirs dont elle est porteuse pour chacun de nous de renouveau et de bonheur. Qui dit nouvelle année dit en effet nouvelle chance, nouveau départ. Tout redevient possible, et nous osons croire de nouveau en l’avenir. C’est sans doute la raison pour laquelle nous sommes dans la réjouissance et dans la fête. Les festivités – parfois un peu excessives ! – du réveillon du Nouvel An me paraissent révélatrice chez nos contemporains d’un immense acte de foi et d’espérance en l’avenir. Nous osons croire que les épreuves et difficultés de l’année passée sont derrière nous, et que l’année qui vient va nous sourire ; qu’elle sera bonne. En cette nuit du 31 décembre, nous accueillons dans notre cœur la Bonne Nouvelle d’un nouveau commencement, comme d’une nouvelle « naissance ». Et nous sommes dans la joie. Nous formulons les uns pour les autres des vœux de bonne santé, de réussite sociale, amoureuse et familiale. Nous appelons les uns sur les autres le bonheur et la paix.

« Appelez le bonheur sur Jérusalem :
Paix à ceux qui t’aiment !
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais ! »

(Psaume 121)

Je vous souhaite donc à titre personnel tous mes vœux de bonheur et de paix pour cette année 2009 qui commence. Mais au risque de vous surprendre, je ne vous souhaite pas d’abord d’être riche, en bonne santé, ou de trouver l’homme ou la femme de votre vie. Cela, je vous le souhaite aussi, mais je ne vous le souhaite pas d’abord, car le vrai bonheur est ailleurs. Le vrai bonheur – votre bonheur – ne dépend pas des circonstances extérieures de votre vie, qui vont, qui viennent ; qui un jour vous sont favorables, un jour défavorables – cette vérité, qui fut celle de l’année 2008 et des années précédentes, sera aussi, n’en doutons pas, celle de 2009 et de toutes les années à venir... L’année 2009 nous réserve ainsi de grands moments de joie et de vrai bonheur, mais aussi – nous le pressentons déjà –, des moments de peine et des épreuves... Il est donc vain et dérisoire de faire dépendre notre bonheur des circonstances heureuses de notre vie. Parce que ces circonstances heureuses, si elles surviennent – et je souhaite sincèrement aussi qu’elles surviennent pour chacun de vous –, ces circonstances heureuses passent, et ne durent pas.

Mon souhait le plus cher en ce début d’année, et pour chacun de vous, va au-delà du bonheur que la santé, l’argent ou l’amour humain peut procurer à un cœur d’homme. Ce que je vous souhaite à tous, c’est d’entrer dans le bonheur qui ne passe pas, et qui demeure par-delà les vicissitudes de nos existences ; des évènements, favorables ou défavorables, de notre vie.

Mais quel est donc ce bonheur qui ne passe pas ?

Le bonheur qui ne passe pas, ce n’est pas le bonheur lié aux évènements favorables et heureux de notre vie, qui passent ; c’est le bonheur d’un cœur enraciné dans l’Amour de Dieu qui, Lui, ne passe pas. Toutes les choses de ce monde passent ; seul l’amour de Dieu est éternel. Pour connaître le vrai bonheur sur cette terre, il faut planter sa tente dans l’Amour éternel de Dieu.

Le bonheur, c’est d’être en paix avec Dieu, c’est d’être réconcilié avec Lui. C’est découvrir qu’il est notre Père, et que nous sommes ses enfants. C’est faire l’expérience de son Amour miséricordieux pour chacun de nous, cet Amour miséricordieux qu’il nous a manifesté en son Fils Jésus-Christ. C’est apprendre de Lui qu’il est doux et humble de cœur, et qu’il veut notre bonheur. Qu’il ne nous a pas créé pour une existence misérable et malheureuse, mais pour le bonheur, le vrai bonheur, le bonheur qui ne passe pas. « Je sais les projets que j'ai formés sur vous, dit le Seigneur, projets de paix et non de malheur : je vais vous donner un avenir et une espérance. » (Jr 29. 11)

Ce que nous attendons de l’année nouvelle – le bonheur durable – l’année nouvelle ne pourra pas nous le donner, et nous le constaterons amèrement à la fin de l’année prochaine, comme à la fin de chaque année, et nous reporterons alors notre espérance sur l’année d’après. Mais ce que l’année nouvelle ne peut nous donner, nous pouvons le recevoir de Dieu ! « Ne vous y trompez pas, frères bien-aimés, les dons les meilleurs, les présents merveilleux, viennent d'en haut, ils descendent tous d'auprès du Père de toutes les lumières, lui qui n'est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses passagères. Il a voulu nous donner la vie par sa parole de vérité, pour faire de nous les premiers appelés de toutes ses créatures. » (Jc 1. 16-18).

De notre Père des Cieux, de qui vient toute bénédiction, nous pouvons recevoir la grâce d’un nouveau départ, d’une nouvelle vie, du vrai bonheur qui ne passe pas. En Lui, nous pouvons tout recommencer, nous pouvons tout espérer, qui que nous soyons, et où que nous en soyons dans notre expérience de vie – même si nous nous croyons incapables de faire quelque chose de beau avec notre vie, même si nous pensons qu’il est trop tard. Avec Dieu, tout redevient possible ! De Lui, nous pouvons recevoir la Bonne Nouvelle, la vraie Bonne Nouvelle qui nous vient de l’Evangile – qui signifie précisément « Bonne Nouvelle » –, et qui est cette intimité de vie avec le Dieu d’Amour, le Très-Haut qui s'est fait le Tout Proche en la personne de son Fils bien-aimé, Jésus-Christ. En Jésus-Christ, et par son sang versé pour nous sur la Croix, notre âme pacifiée et réconciliée peut connaître et goûter le vrai repos, la paix intérieure, et retrouver la capacité d’aimer – de s’aimer soi-même et d’aimer les autres. « Maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ. C’est lui, le Christ, qui est notre paix (…). Il voulait ainsi rassembler les uns et les autres en faisant la paix, et créer en lui un seul Homme nouveau. Les uns comme les autres, réunis en un seul corps, il voulait les réconcilier avec Dieu par la Croix : en sa personne, il a tué la haine. Il est venu annoncer la Bonne Nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches. » (Eph 2. 13-17)

Nous venons de vivre deux années mariales intenses : 2007, qui fut marquée par le 90e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Fatima, et 2008 qui fut l’année jubilaire du 150e anniversaire des apparitions de Lourdes. Je vous propose en ce début d’année 2009 que nous nous tournions de nouveau vers la Vierge Marie, elle que nous honorons dans la liturgie du 1er janvier comme la Mère de Dieu. Dans son important message du 25 décembre 2008 à Medjugorje, elle nous dit ceci :
« Chers enfants, vous courez, vous travaillez, vous amassez, mais sans la bénédiction. Vous ne priez pas ! Aujourd’hui je vous invite à vous arrêter devant la crèche et à méditer sur Jésus que je vous donne aujourd’hui encore, pour qu’Il vous bénisse et vous aide à comprendre que, sans Lui, vous n’avez pas d’avenir. C’est pourquoi, petits enfants, abandonnez vos vies entre les mains de Jésus afin qu’Il vous guide et vous protège de tout mal. Merci d’avoir répondu à mon appel. »

Je vous propose de garder ce message dans votre coeur tout au long de cette nouvelle année 2009, car
dans ce message se trouve le secret de votre bonheur.

Votre bonheur, nous dit Marie, se trouve en Dieu. Or, comment entre-t-on habituellement en relation avec Dieu ? Par la prière. Si nous voulons que quelque chose change dans notre vie, si nous voulons connaître le bonheur, le vrai bonheur, le bonheur durable et inaltérable qui se trouve en Dieu, alors nous devons prier. Comme disait le Padre Pio : « 
Dans les livres nous cherchons Dieu, dans la prière nous le trouvons. La prière est la clé qui ouvre le coeur de Dieu. » Saint Alphonse de Liguori ne disait pas autre chose, qui comparait aussi la prière à une clé : « la prière est la clef de tous les trésors divins ». « Chacun de nous peut tutoyer le Seigneur, disait le Pape Benoît XVI ; chacun peut l'appeler. Le Seigneur se trouve toujours à portée de voix. »

Prenons donc l’habitude de la prière. De nous « arrêter », comme dit Marie, « devant la crèche », ou devant une icône, un crucifix ; et de prier notre Père qui est là, dans le secret. Jésus nous dit qu’Il nous le revaudra (Mt 6. 6). Nous ne perdons pas notre temps quand nous prions ; nous enracinons notre vie dans le vrai bonheur. Nous ne nous en rendrons peut-être pas compte immédiatement, mais après quelques semaines, nous verrons les premiers fruits. Celui qui entre dans la vie de prière doit s’armer de patience, comme le cultivateur (Jc 5. 7). Et apprendre à aimer ces moments gratuits de présence à Dieu. Ne vous inquiétez pas à ce sujet du sentiment de répulsion que vous pensez avoir pour la prière : si la prière demande un effort personnel qui peut coûter au début, plus on prie et plus on aime prier. La prière vient en priant.

Cela dit, contrairement à la prière bouddhique, il ne s’agit pas dans la prière chrétienne de faire le vide en soi ; il s’agit tout au contraire de faire le plein ; de s’emplir d’une présence ; de la présence de Dieu manifestée dans l’humanité de Jésus. L’humanité de Jésus est le chemin qui nous conduit à Dieu. C’est pourquoi la Vierge Marie nous demande de « méditer sur Jésus ». Ouvrons pour cela notre Bible, et lisons les Evangiles qui sont le récit de la vie de Jésus et le recueil de ses Paroles. La Bible, nous le savons dans la foi, contient la Parole de Dieu. Il peut nous arriver parfois de nous plaindre du silence de Dieu. Mais combien de nous lisons habituellement la Bible ? « Ignorer les Ecritures, disait Saint Jérôme, c’est ignorer le Christ ». C’est donc ignorer aussi le bonheur et la paix que Dieu nous donne en son Fils.

Soyons conscient que la Parole de Dieu contenu dans la Bible est une nourriture. C’est ce que disait Jésus au démon dans le désert : « L’homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4. 4). De même que nous nourrissons notre corps plusieurs fois par jour avec de la nourriture terrestre, de même, il est important pour le déploiement de notre vie intérieure et… pour notre bonheur que nous nourrissions notre âme avec la Parole de Dieu. « 
Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, dit encore Jésus, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle. » (Jn 6. 27).

La prière donc, et la parole de Dieu.
Ajoutons encore les sacrements. Spécialement le Baptême et la Confirmation pour ceux qui ne les ont pas encore reçus ; la Confession et l'Eucharistie pour les autres. C’est dans les sacrements de l’Eglise que nous recevons de Dieu le pardon des péchés et le don de sa vie, son Esprit Saint, qui est le Principe de la vie nouvelle en Dieu ; de tout recommencement. « Recevez l’Esprit Saint, dit Jésus à ses Apôtres en répandant sur eux son souffle, le soir de sa Résurrection. Tout homme à qui vous remettrez leur péché, ils leur seront remis » (Jn 20. 23). Nous avons tous besoin de ce contact direct avec la Miséricorde de Dieu. Dans les sacrements, et par le ministère de ses prêtres, la main de Jésus vient nous toucher et nous purifier, comme le lépreux de l’Evangile (Mt 8. 2-3). Normalement, quand une personne saine vient toucher une personne atteinte d’une maladie contagieuse, elle se trouve contaminée par la maladie. Dans l’épisode du lépreux, c’est l’inverse qui se produit : le lépreux est purifié par la main de Jésus qui le touche. Eh bien, c’est exactement ce qui se passe dans les sacrements, qui sont les lieux où Dieu nous touche, nous infuse sa grâce et nous guérit de la lèpre du péché. En prenant l’habitude de fréquenter l’Eglise, de participer chaque dimanche à la messe, et de nous confesser régulièrement, nous « abandonnons notre vie entre les mains de Jésus », ainsi que nous le demande la Sainte Vierge. Nous confions notre existence à Dieu. Et nous fondons notre vie sur le roc ; nous construisons notre bonheur sur du solide, non plus sur du sable. Et quand surviendra la tempête, le temps de l’épreuve, notre « maison » tiendra debout, et nous garderons la paix intérieure parce que nous aurons construit sur du stable, du permanent, et non sur du passager et du fluctuant.

Les vœux que je forme pour chacun de vous sont donc, vous le voyez, extrêmement ambitieux. Je vous souhaite à tous en cette nouvelle année 2009 de rencontrer Dieu, de Le connaître intimement et personnellement ; de faire l’expérience de son Amour miséricordieux pour vous. Sachez que Dieu vous aime d’un amour éternel et de manière inconditionnelle, tels que vous êtes ; qu’il vous attend et vous espère en cette nouvelle année 2009 ; et qu’il vous donne rendez-vous dans la prière, dans sa parole, et dans les sacrements de son Eglise.

Si vous cherchez le bonheur, cherchez-le en Dieu ; vous ne le regretterez pas. Sachez que si les hommes vous ont déçu, Dieu, Lui, ne vous décevra pas.

Bonne et sainte année 2009 à tous et à chacun.

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