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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 11:40
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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 12:02

200 millions de chrétiens sont discriminés dans le monde, pour la seule raison qu’ils sont disciples du Christ. C'est la mission de l’AED (Aide à l’Eglise en Détresse) de témoigner en leur faveur et de les soutenir matériellement et spirituellement. Une fois par an, la fondation de droit pontifical souhaite rendre hommage, de manière particulière, à ceux qui ont payé de leur vie leur fidélité au Christ. Voilà pourquoi, depuis 2009, l'AED organise à Paris une grande veillée de prière : la Nuit des Témoins.

 

La Nuit des Témoins à Paris, aura lieu en la cathédrale Notre-Dame, le vendredi 25 mai 2012.

 

4SYD Paris   

Elle commencera par une messe à 18h30 et, se poursuivra par une veillée de prière et de témoignages (entre 20h et 21h30).

 

La messe sera présidée par Monseigneur Luigi Ventura, nonce apostolique. La veillée permettra d'écouter les témoignages du Cardinal Zen, évêque émérite de Hong-Kong et observateur privilégié de l'Eglise clandestine en Chine, de Monseigneur Kyrillos William, évêque d’Assiout en Egypte et vicaire patriarcal des coptes-catholiques, de Monseigneur Louis Sako, archevêque de Kirkouk en Irak, et de Paul Bhatti, responsable des minorités religieuses au Pakistan (Il remplace son frère Shabbaz Bhatti, ministre en charge des minorités religieuses, assassiné le 2 mars 2011).

 

Les noms des témoins récemment tués au Nigéria, en Colombie, en Egypte, au Pakistan, en Irak et bien d’autres pays ponctueront les temps de prière silencieuse, chants et témoignages de personnalités vivant les persécutions dans leurs pays.

 

La veillée s’articulera autour d’une méditation sur les fruits du martyre, « fil rouge » spirituel de la soirée, élaboré par le Père Daniel Ange.

 

Le “Jeune Choeur Liturgique”, de l’église Saint Roch, sera en charge de l’animation des chants.

 

Pour sa quatrième édition, la Nuit des Témoins se décline aussi en région. Afin de répondre à l’appel de Benoît XVI d’intensifier la mission en faveur des chrétiens persécutés, l’AED déploie une tournée en France : le 21 mai à Grenoble, le 22 à Bayonne et le 23 à Lille.

 

« Un homme sur deux vit dans un pays où la liberté religieuse n’est pas entièrement respectée. Ne baissons pas les bras. Notre prière à Paris pour nos frères chrétiens persécutés sera aussi une prière pour l’urgence de la liberté religieuse dans ce monde » déclare Marc Fromager, directeur de l’AED France, également présent le 25 mai prochain.

 

Le samedi 26 mai, la mobilisation de l’AED se poursuit par une journée en faveur de la liberté religieuse : « La Palme de la Liberté ». Le parvis de Notre Dame de Paris sera ainsi transformé en une immense oasis de la paix avec plus de cinquante palmiers et une impressionnante exposition évoquant les drames récents perpétrés contre des croyants de différentes confessions.

 


Communiqué de Presse de l'AED
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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 19:00

Mgr Jean-Pierre CattenozA deux jours du premier tour de l'élection présidentielle, un important message de Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d'Avignon.

 

En cette période de crise, et à la veille des élections présidentielles et législatives, je me réjouis des germes d’espérance présents dans les nombreuses propositions énoncées par les programmes des divers candidats. Mais, en même temps, je suis consterné par des déclarations qui portent en elles les germes d’une culture de mort pour notre société.

 

Certes, comme archevêque d’Avignon, je n’ai pas à prendre position pour l’un ou l’autre des candidats. De même, en intervenant, je n’entends nullement porter atteinte à la liberté politique des catholiques du Vaucluse. Je voudrais seulement les alerter, et alerter tous les hommes de bonne volonté, sur plusieurs points de la campagne électorale qui portent sur des "principes non négociables" pour l'avenir de notre société (Cf. Benoit XVI, discours aux participants au Congrès du Parti populaire européen, 30 mars 2006).

 

Nous vivons une crise économique grave et nous ne pouvons pas ne pas entendre le cri de tous ceux qui en sont les victimes : les chômeurs, les habitants des banlieues, les retraités et tous ceux dont le pouvoir d’achat stagne ou recule. Personne n’est capable de prédire ce que nous vivrons à l’échéance d’un an ou même de quelques mois : connaîtrons-nous la situation dramatique de la Grèce ou verrons-nous s’éloigner le spectre d’un nouveau crack boursier avec l’effondrement d’un système économique devenu fou ?

 

En même temps, comment fermer les yeux sur l’égoïsme qui est le nôtre dans nos pays du Nord ? Nous vivons au-dessus de nos moyens et refusons de voir que cet égoïsme entraîne la dégradation de la situation des populations du Sud. Une famine endémique continue à régner sur toute une partie du continent africain. L’augmentation du prix de la farine de blé et du riz a entraîné de nombreuses révoltes dans les capitales du Tiers-Monde ces dernières années et la misère continue de faire son œuvre de mort dans de nombreux pays en nous laissant trop souvent indifférents.

 

Certes, notre monde traverse une crise économique grave dont nul n’entrevoit la fin, mais nous traversons une autre crise, plus grave encore : nous voyons triompher un relativisme absolu qui mine notre société de l’intérieur. Chacun peut penser ce qu’il veut, vivre ce qu’il veut, du moment que cela lui semble bon : il est libre de ses choix, il est LIBRE ! La tolérance est devenue le leitmotiv des lobbys qui sont les maîtres de notre société. Mais – pour reprendre le titre d’une pièce de Jan Fabre jouée au festival d’Avignon – « l’orgie de la tolérance » dans l’ordre de l’argent, de la consommation, du sexe et de la violence, aboutit à la décomposition de notre « vivre ensemble ».

 

Il y a des « principes non négociables » sans lesquels toute société court à sa ruine et l’Histoire montre combien les fins de civilisations se répètent avec leurs lots de dépravations, de barbarie et de décomposition de l’homme dans sa dignité d’homme.

 

1- Le premier de ces "principes non négociables" est celui du respect de toute vie humaine, et spécialement celle des plus fragiles d'entre nous.

 

« L’homme est homme de l’utérus au sépulcre », selon les termes de Léon Bloy, et il ne nous appartient pas de porter atteinte à une vie humaine commencée ou à une vie humaine qui touche à son terme ici-bas.

 

N’ayons pas peur de rappeler la vision prophétique du pape Jean-Paul II s’appuyant sur les affirmations du Concile Vatican II. Parmi tous les crimes que l’homme peut accomplir contre la vie, l’avortement provoqué présente des caractéristiques qui le rendent particulièrement grave et condamnable. Le Concile Vatican II le définit comme « un crime abominable en même temps que l’infanticide » (Gaudium et spes, n°51). Aujourd’hui, la perception de sa gravité s’est progressivement obscurcie. L’acceptation de l’avortement dans les mentalités, dans les mœurs et dans la loi elle-même est un signe éloquent d’une crise très dangereuse du sens de la vie. L’homme est devenu incapable de distinguer entre le bien et le mal, même lorsque le droit fondamental à la vie est en jeu. Nous devons avoir le courage de regarder la vérité en face et appeler les choses par leur nom. « Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres ! » (Is 5, 20). La réalité demeure incontournable : « l’avortement provoqué est le meurtre délibéré et direct, quelque soit la façon dont il est effectué, d’un être humain dans la phase initiale de son existence, située entre la conception et la naissance » (Jean-Paul II, L’Évangile de la vie, n°58). 


Au moment de la mise en place d’une législation en faveur de l’avortement, nous avions assisté au développement d’une terminologie ambiguë qui tendait à en cacher la véritable nature et à en atténuer la gravité dans l’opinion publique. L’avortement est ainsi devenu une interruption volontaire de grossesse. Aujourd’hui, certaines déclarations des candidats opèrent la même dérive linguistique à propos de l’euthanasie, on emploie pudiquement l’expression « assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité », peut-être pour en cacher la véritable nature, et afin d’en faire un droit à inscrire dans la loi. Mais la vérité est là dans toute sa brutalité : les familles, aidées par le corps médical, pourront mettre un terme à la vie d’un de leurs proches âgés, vie devenue intolérable et insupportable pour eux. Les vieillards eux-mêmes pourront demander à se suicider dans la dignité. Nous touchons alors à une barbarie semblable à celles des régimes les plus odieux du siècle dernier. Le droit à l’euthanasie n’est en fait qu’une conséquence ultime, dans le temps, du droit à l’avortement. Ce prétendu droit ouvrirait également la porte au droit à faire mourir dans la dignité les enfants nés qui ne mériteraient pas de vivre aux yeux d’une société, dont les critères fondamentaux seraient l’eugénisme et les facteurs économiques. Bref, le droit à la vie est un principe non négociable, et porter atteinte à ce droit est le signe d’une civilisation en décomposition.

 

Nous avons en France une législation très précise concernant les soins palliatifs et le droit à refuser l’acharnement thérapeutique. Nous devons continuer à développer les équipes de soins palliatifs, sachant qu’aux dires mêmes des médecins, les demandes des patients d’en finir avec la vie deviennent extrêmement rares dans un environnement où les besoins physiques, psychologiques et spirituels sont pris en compte. De plus, demander à des médecins de participer activement à la mise à mort de patients provoquerait une remise en cause radicale de la finalité même de la médecine. Les soins palliatifs permettent à l’équipe soignante et au patient de marcher ensemble jusqu’à l’ultime exercice d’une liberté vitale et responsable, tandis que l’euthanasie laisse le malade seul avec l’illusion d’être libre de choisir la mort. Comment peut-on parler de compassion à propos de l’euthanasie, alors même que la compassion s’exprime pleinement au sein des équipes de soins palliatifs, qui ont pour mission d’aider les patients à vivre le mieux possible jusqu’à la mort ? Ces soins sont donnés quand la mort est inéluctable et dans le but de la rendre le moins pénible possible. Ils s’arrêtent avec la mort du patient. Les arrêter en provoquant la mort sciemment revient à nier les soins palliatifs. Comment parler de compassion en vue de soulager « non la famille mais la personne », alors que la même déclaration affirme que la famille et les médecins seraient consultés ? Comment être sûr qu’à aucun moment le désir de soulagement de la famille ou des médecins ne prendra le pas sur le bien du patient et sur le désir de vivre qui habite le cœur de tout homme ?

 

La manipulation des embryons et leur utilisation à des fins de recherche, proposées par certains candidats dans leur programme, fait également peser une lourde menace sur notre société. L’embryon est un être vivant qui possède un patrimoine génétique humain. Il est une personne humaine qu’il faut protéger car elle est membre à part entière de l’espèce humaine et mérite notre respect, à plus forte raison si l’embryon est malade. 

 

Les progrès de la science et de la technique peuvent se transformer en menace si l’homme perd le sens de ses limites. S’agissant de la recherche sur les cellules souches, il est aujourd’hui reconnu que les cellules du cordon ombilical possèdent les mêmes caractéristiques que celles de l’embryon. Elles peuvent être utilisées pour la recherche sans porter atteinte à l’embryon qui, lui, est et demeure une personne humaine en devenir. La chosification de l’embryon nous conduira tôt ou tard à l’eugénisme.

 

En effet, le dépistage prénatal a changé de nature, il n’est plus destiné à traiter mais bien souvent à supprimer. Un tel dépistage renvoie à une perspective terrifiante, celle de l’éradication. Ainsi, certaines recherches biotechnologiques toujours plus pointues visent à instaurer des méthodes d’eugénisme toujours plus subtiles, dans leur recherche de l’enfant parfait, fruit d’une sélection totalement contrôlée par des diagnostics cherchant à en assurer la sélection. Par leur maladie, leur handicap, ou plus simplement par leur présence même, ceux qui auraient le plus besoin d’amour, d’accueil, de soins, sont jugés inutiles et considérés comme un poids insupportable dont il faut se débarrasser. Nous voyons ainsi se déchaîner une véritable conspiration contre la vie.

 

2- Le second de ces "principes non négociables" touche à l'éducation et particulièrement à l'éducation sexuelle et affective des jeunes, et à la responsabilité première des parents en cette matière.

 

Or, parmi les déclarations des candidats, figure le projet de mise en place, dès le lendemain de l’élection présidentielle, d’un « forfait mineur contraception » garantissant l’anonymat et la qualité de la prise en charge pour une sécurité parfaite. Ce forfait repose sur un constat contestable : « Nous avons des jeunes filles mineures qui ne peuvent accéder à la contraception pour des raisons qui tiennent à la géographie, à des situations familiales, à des préventions psychologiques ». Il devrait être accompagné, au niveau des collèges et lycées, de séances d’éducation sexuelle, d’information des jeunes par rapport à ce qu’est la vie sexuelle et surtout la contraception. Enfin arrive la justification morale : « Nous devons faire en sorte que la liberté soit donnée avec la responsabilité : nous mettrons tous les moyens dans les établissements scolaires pour permettre aux jeunes d’avoir la sexualité qu’ils désirent sans les conséquences qu’ils ne désirent pas ».

 

Cet engagement, que bien d’autres candidats défendent plus ou moins dans les mêmes termes, est irrecevable pour trois raisons essentielles : tout d’abord la liberté d’un jeune est en devenir, il convient d’abord d’éduquer la liberté ; de plus, les parents ont leur mot à dire concernant l’éducation de leur enfant et il n’appartient pas à un candidat de décider à leur place de ce qui convient le mieux à leur enfant ; enfin, la sexualité ne saurait être séparée de la personne dont elle est une des composantes. 

 

La pulsion sexuelle est une réalité bonne en soi mais inséparable de la personne dont elle est une des dimensions vitales.

 

L’éducation vise, non pas à isoler une des dimensions de la personne comme une fin en soi, mais au contraire à intégrer l’ensemble des richesses de la personne pour lui permettre de découvrir et de déployer l’ensemble de ses virtualités. Ainsi, la sexualité doit-elle progressivement trouver sa dimension adulte, et pour cela une authentique éducation est-elle indispensable. L’homme n’est pas une bête qui pourrait assouvir ses passions sans les conséquences qu’il ne désirerait pas. Il est une personne humaine dont la sexualité est une dimension de son être personnel, elle lui permettra de découvrir sa vocation à s’unir à une personne de l’autre sexe et à vivre une unité dans la dualité. Chacun apporte à l’autre sa richesse propre et s’enrichit de celle de l’autre. Une complémentarité des sexes est inscrite dans le cœur de l’homme, comme une richesse qui lui ouvre le chemin d’une vie de couple et de famille.

 

Pousser les jeunes à vivre une sexualité débridée risque tout au contraire de les empêcher de découvrir et de mettre en place toute la richesse de leur être personnel, mais aussi de les empêcher d’apprendre que l’autre ne se limite pas à sa sexualité, mais est une personne dont je dois découvrir toute sa beauté et sa grandeur.


Par ailleurs, l’État n’a pas à se substituer à la responsabilité des parents en matière d’éducation sexuelle et affective. Il n’a pas à décider à la place des parents de ce qui est bien ou mal pour leurs enfants. L’école n’a pas pour mission de remplacer les parents dans leur rôle d’éducateur. Les parents chrétiens sont en droit, et ils ont même le devoir, de récuser de telles propositions. Elles risqueraient de conduire leurs enfants à ne plus percevoir l’importance en ce domaine d’une éducation qui prenne en compte l’ensemble des dimensions de la personne humaine dans son être sexué.

 

Enfin, il y a là un contresens sur la nature même de la liberté. Celle-ci ne consiste pas à se laisser aller à toutes les pulsions ou à tous les désirs qui peuvent m’habiter en pensant : « Je suis libre de faire ce que je veux ! » Au contraire la liberté authentique consiste à apprendre à maîtriser toutes ses pulsions et ses désirs pour prendre en main sa vie, en fonction du but que je me donne, après avoir mis en place toutes les richesses de ma personne. Les orientations proposées, et que prétend imposer ce candidat s’il était élu, ou d’autres, s’inscrivent en réalité dans le relativisme ambiant qui prétend devoir respecter la simple liberté de choix, en formulant des lois qui font fi des bases naturelles de l’anthropologie et de la richesse de la personne humaine. Comme si toutes les conceptions de la vie avaient une égale valeur. En s’appuyant de façon trompeuse sur la valeur de la tolérance, le candidat en question se montre indulgent envers certaines orientations culturelles ou morales et impose à une partie non négligeable des citoyens – et notamment aux catholiques – de renoncer à la conception de la personne et du bien commun qu’ils pensent humainement vraie et juste. L’Histoire du siècle dernier suffit à démontrer que les citoyens qui ont eu raison sont ceux qui ont jugé fausse la thèse relativiste selon laquelle il n’existe aucune norme morale supérieure enracinée dans la nature de l’homme.

 

La liberté politique n’est pas fondée et ne saurait l’être sur les bases d’un relativisme absolu selon lequel toutes les conceptions du bien de l’homme se valent, mais sur le fait que les activités politiques visent à la réalisation concrète du vrai bien humain et social dans un contexte historique et culturel déterminé.

 

3. Un troisième "principe non négociable" touche à la réalité humaine du couple et de la famille. Mais avant de l'aborder, je voudrais rappeler que je ne porte aucun jugement sur les personnes, car Dieu seul connaît le coeur de l'homme. Je veux seulement réfléchir sur le vrai bien de l’homme et de la société concernant la famille et le mariage.


Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’évangile de la vie. Or je constate combien, en fragilisant la famille, les déclarations de plusieurs candidats portent atteinte au patrimoine de l’humanité. La famille est le sanctuaire de la vie, une réalité décisive et irremplaçable pour le bien commun des peuples. Elle est la cellule vitale et le pilier de toute vie en société. L’avenir de l’humanité passe par la famille. Elle est le centre névralgique de toute société, une école d’humanisation de l’homme où il peut grandir et devenir pleinement homme. La famille est le lieu privilégié et irremplaçable où l’homme apprend à recevoir et à donner l’amour qui seul donne sens à la vie. Elle est le lieu naturel de la conception, de la naissance, de la croissance et de l’éducation des enfants. Elle est le milieu naturel où l’homme peut naître dans la dignité, grandir et se développer de manière intégrale.

 

L’institution du mariage, fondement de la famille, échappe à la fantaisie de l’homme ; le mariage plonge ses racines dans la réalité la plus profonde de l’homme et de la femme, il est l’union de l’homme et de la femme. Impossible de contester cette norme sans que la société n’en soit dramatiquement blessée dans son fondement. L’oublier signifierait fragiliser la famille, pénaliser les enfants et précariser l’avenir de la société.

 

Or, bien des programmes électoraux, loin de protéger et de promouvoir la famille fondée sur le mariage monogame entre l’homme et la femme, ouvrent la porte au mariage entre personnes du même sexe et à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Aucune autre forme de vie commune que l’union d’un homme et d’une femme ne peut lui être juridiquement assimilable ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale. Toute tentative de relativiser la famille fondée sur le mariage d’un homme et d’une femme est dangereuse pour notre société. De même, les tentatives de relativiser le mariage, en lui donnant le même statut que d’autres formes d’unions radicalement différentes, sont tout aussi dangereuses. Tout cela offense la famille et contribue à la déstabiliser en voilant sa spécificité et son rôle social unique.

 

Aucune idéologie ne saurait effacer de nos esprits cette certitude : le mariage n’existe qu’entre deux personnes de sexe différent qui, par le moyen du don d’eux-mêmes réciproque et exclusif, tendent à la communion. Le mariage n’est pas une union quelconque entre personnes humaines.

 

Il faut distinguer l’homosexualité comme fait privé et l’homosexualité comme relation sociale prévue et approuvée par la loi. La légalisation du mariage homosexuel finira par entraîner un changement de l’organisation sociale toute entière qui deviendra contraire au bien commun. Les lois civiles sont des principes structurants de l’homme au sein de la société pour le bien et pour le mal. Elles jouent un grand rôle dans la formation des mentalités et des habitudes.

 

Le nombre de séparations et de divorces s’accroît, rompant l’unité familiale et créant de nombreux problèmes aux enfants, victimes innocentes de ces situations. La fragilité des foyers monoparentaux devient très inquiétante. La stabilité de la famille est aujourd’hui menacée ; pour la sauvegarder, il ne faut pas avoir peur d’aller à contre-courant de la culture ambiante. Les diverses formes de dissolution du mariage, comme les unions libres ou les mariages à l’essai jusqu’au pseudo-mariage entre personnes de même sexe, sont l’expression d’une liberté anarchique qui se fait passer à tort pour une libéralisation de l’homme. Au contraire, reconnaître et soutenir l’institution du mariage est un des services les plus importants à apporter aujourd’hui au bien commun et au véritable développement des hommes et des sociétés, de même que la plus grande garantie pour assurer la dignité, l’égalité et la véritable liberté de la personne humaine.

 

Malheureusement, bien des projets contenus dans les programmes électoraux sur le mariage, le divorce, l’adoption, tiennent certes compte des désirs des adultes, mais oublient l’intérêt des enfants. Le droit à l’enfant semble prendre le pas sur le droit de l’enfant. 

 

Comme le montre unanimement l’expérience, l’absence d’une maman ou d’un papa au sein d’une famille entraîne bien des obstacles dans la croissance des enfants. Comment des enfants, insérés dans des unions homosexuelles où manquent la bipolarité sexuelle et l’expérience de la paternité et de la maternité, pourront-ils grandir et mûrir humainement sans porter les séquelles de cette absence ? Comment assurer l’équilibre de la structure psychologique sexuelle de l’enfant dans un couple où il n’y a qu’un sexe ?

 

La crise des banlieues a mis en lumière que la majorité des jeunes en difficultés sont issus de familles humainement et socialement fragilisées. L’affaiblissement de la cellule familiale est une des causes majeures des difficultés des jeunes. La crise de la famille est une cause directe du mal être des jeunes.

 

Les enfants et les jeunes ont des aptitudes formidables, mais ils ont besoin pour les épanouir de grandir dans un foyer où les parents pourront apporter leur complémentarité indispensable à toute croissance des enfants. Ainsi, entourés d’attention, de confiance, d’amour et de fermeté de la part de leurs parents, les enfants pourront découvrir les valeurs de la vie, de l’amour, du mariage et de la famille.

 

Nous devons proposer aux jeunes un chemin de vie qui débouche sur un authentique épanouissement humain.

 

4- Enfin, un dernier "principe non négociable" : la crise que nous traversons n'est pas d'abord économique, mais elle touche le coeur même de l'homme et de la société.

 

L’économie est au service de l’homme et non l’inverse. Le droit au travail, le droit à sa juste rémunération, l’accès aux soins, l’accès à la culture relèvent de la justice, mais ils ne trouveront leur juste place dans la société sans une prise de conscience des conséquences de l’individualisme et de l’égoïsme dans le cœur de l’homme. Les racines de notre société sont chrétiennes : toute vie en société est impossible si elle n’est pas fondée sur l’amour. Aujourd’hui encore, cette dimension essentielle de la vie de l’homme demeure indispensable pour construire notre monde.


Depuis trente ans, le droit consacre l’individualisme des droits. Le droit qui dicte et façonne les normes sociales, privilégie l’individu et la vie privée, il voudrait que les choix affectifs de chacun n’aient aucune conséquence sur les enfants et sur la vie civique, économique et sociale. Dans notre culture, la liberté de l’individu est exacerbée, comme si l’individu, sujet autonome, se suffisait à lui-même.

 

Beaucoup voudraient organiser la vie sociale seulement à partir des désirs subjectifs et changeants des personnes, sans référence à une vérité objective, en particulier la dignité de tout être humain au service de laquelle les responsables de notre société doivent se mettre. Ainsi naissent et prospèrent au gré des gouvernements, des politiques à caractère social destinées à pallier les effets de cet individualisme qui gangrène la société. Cette conception individualiste de la société soumet notre pays aux dérives d’une opinion aux repères brouillés et aux groupes de pression qui pèsent de tout leur poids en cette période électorale.

 

Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’évangile de la vie. Je ne peux fermer les yeux devant tant d’hommes et de femmes aujourd’hui en France qui se sentent blessés, exclus, mis sur le bord de la route pour de multiples raisons personnelles, économiques, sociales, politiques ou même religieuses.

 

Certes, il appartient aux politiques de gouverner, mais je ne peux m’empêcher de rappeler que l’économie se doit d’être au service de l’homme et du bien commun dans le respect de la justice sociale et de la solidarité humaine. La mondialisation des échanges commerciaux et la globalisation de l’économie semblent fonder une conception intégralement libérale de l’économie et de ses mécanismes. L’économie prime sur tout, l’individualisme et le libéralisme à tout crin dominent au détriment du respect de l’homme et de la solidarité.

 

Il y a dans notre pays une pauvreté de plus en plus grande : elle ne fait pas forcément beaucoup de bruit car les pauvres sont bien souvent sans voix - y compris électorale. Il y a bien sûr ceux qui se voient, les SDF, ceux qui fréquentent le Secours Catholique ou les autres institutions d'aide, voire ceux qui manifestent… Mais il y a toute une pauvreté cachée et muette : les femmes seules avec des enfants, les personnes âgées oubliées de tous, les gens sans logement qui dorment dans leur voiture, mais aussi les étudiants sans argent, les immigrés clandestins, les victimes du surendettement provoqué par les offres d'achat sans limites de nos grandes surfaces, tous ceux qui ne comptent pas aux yeux de notre monde : tous ceux qui sont handicapés d'une manière ou d'une autre par rapport à notre société d'efficacité qui n'aime pas les icones de l'échec. Voilà les pauvres selon l'Evangile, ceux qui sont les privilégiés du Seigneur parce que le Royaume des Cieux leur est grand ouvert. Quel poids ont-ils face à tous nos puissants en tous genres ?

 

Qui est prêt à opter pour un réel partage des richesses qui, on le sait, suffirait à remettre à flot une grande quantité de gens ? Qui est prêt à proposer à tous dans son programme une réelle baisse de notre niveau de vie personnel pour que le plus grand nombre puisse vivre décemment ? Voilà une vraie question.

 

Comment vivre une authentique fraternité humaine dans notre pays ? Comment respecter les plus pauvres ? Comment répondre au droit au logement ? Comment favoriser des logements qui n’accentuent pas la déstructuration de la cellule familiale ? Comment prendre en compte l’émigration comme un fait désormais structurel de notre société ? Comment accueillir de manière juste tout en étant généreux ? Comment lutter contre tous ceux qui exploitent les immigrés clandestins : les marchands de sommeil, les employeurs véreux ? Comment réfléchir à la question de l’emploi, du travail et de sa juste rémunération ? Comment prendre en compte les menaces écologiques ?

 

Autant de questions pour lesquelles nous attendons des réponses qui ne soient pas des promesses électorales trop souvent sans lendemain, mais des engagements clairement exprimés.

 

Où sont les priorités ? Sont-elles du côté de groupes de pression susceptibles d’apporter des voix le temps d’une élection, ou sont-elles vraiment au service de notre pays ?

 

A la veille de l'élection présidentielle et à la lumière de tout ce que j'entends, je ne peux qu'inviter les chrétiens et tous les hommes de bonne volonté à passer au crible de l'Evangile et de l'Evangile de la vie les propositions et le programmes avant de se déterminer dans leur choix.

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 21:53

Il y a environ un an, j’ai été invité à écrire un chapitre pour un ouvrage collectif portant sur la philosophie politique et les croyances religieuses, qui doit être publié l’an prochain par des presses universitaires. Mon chapitre est provisoirement intitulé : "Fides, ratio et juris : Comment certains tribunaux et certains juristes se font une idée fausse de la rationalité des croyances religieuses," et il traite des prétentions des tribunaux et des théoriciens juristes qui défendent la position selon laquelle les projets de politiques publiques d’inspiration religieuse n’ont pas leur place dans une démocratie libérale parce que les visions du monde religieuses d’où elles émanent sont fondamentalement non-raisonnables, puisqu’elles dépendent de croyances irrationnelles.

 

En préparant ce chapitre, j’ai lu et relu nombre d’actes de procès et de monographies académiques. Les opinions juridiques qui affirment pour la plupart, explicitement ou implicitement, l’irrationalité de la croyance religieuse, ne m’ont pas surpris, puisque les juristes qui les formulent n’ont souvent aucune connaissance de la littérature portant sur la rationalité des croyances religieuses, alors que celle-ci est pourtant au cœur de la philosophie anglo-américaine depuis presque cinq décennies.

 

La surprise est venue du côté des théoriciens du droit. Leur ignorance est confondante. Prenons par exemple l’affirmation d’un de ces chercheurs : "La science laïque et le libéralisme politique, tous deux dévouées au primat de la raison, affirment qu’il est nécessairement impossible d’avoir une vérité incontestable." Nous pouvons mettre cette affirmation sous la forme d’une proposition :

 

"A. La raison dénie nécessairement l’existence de vérités incontestables."

 

Qu’est-ce qu’une vérité incontestable ? Si la raison dénie nécessairement l’existence de vérités incontestables, et si cet auteur offre A comme canon de la raison, alors A n’est pas une vérité incontestable. Mais dans cette situation, il n’est pas incontestable que la raison dénie nécessairement l’existence de vérités incontestables. Par conséquent, la raison pourrait en fait affirmer l’existence de vérités incontestables.

 

D’un autre côté, si A est une vérité incontestable, et que l’auteur présente A comme un canon de la raison, alors il n’est pas avéré que la raison dénie nécessairement l’existence de vérités incontestables. En conséquence, la raison requiert que nous croyions au moins une vérité incontestable, selon laquelle la raison dénie nécessairement l’existence des vérités incontestables. Dans ce cas la raison est complètement non-raisonnable.

 

Mais il est possible de rejeter A parce que c’est une proposition que l’on appelle, dans le langage philosophique, contradictoire dans les termes, mais aussi parce que c’est tout simplement une proposition fausse. Prenons par exemple ces affirmations :

 

“B. Tous les hommes célibataires sont des mâles non-mariés.”

 “C. 2+2 = 4”

 “D. C = 2πr”

 

B, C, et D sont des vérités nécessaires. Elles sont vraies dans tous les mondes possibles. Pourtant les vérités nécessaires sont des vérités incontestables. S’il est raisonnable de croire en l’existence de vérités incontestables - et il semble que cela soit bien le cas, puisqu'elles sont en fait des "vérités" - alors il est non seulement faux que la raison dénie nécessairement l’existence de vérités incontestables, mais de plus, dans certains cas, la raison affirme la nécessité de l’existence de vérités incontestables.

 

Retour aux fondamentaux : les chrétiens doivent insister sur la compatibilité entre foi et raison.

 

Maintenant, considérons ces affirmations : “E. Il est toujours et partout immoral de torturer un enfant pour le plaisir.”

 “F. La finalité intrinsèque de l’esprit humain est l’acquisition de la sagesse.”

 “G. Les personnes humaines sont des êtres d’une valeur et d’une dignité incommensurables.”

 

E, F et G semble être des croyances parfaitement rationnelles. Elles sont, certes, non pas incontestables à la manière de B, C et D, mais elles semblent bien moins contestables que la théorie de la relativité d’Einstein, théorie scientifique bien établie s’il en est une. Cependant, il est facilement concevable que la théorie d’Einstein puisse être réfutée, alors qu’il est difficile de concevoir comment les propositions E, F, et G pourraient être fausses. En conséquence, il semble qu’il y ait des croyances que personne ne doit réfuter ou prouver et qui sont néanmoins parfaitement rationnelles, n’ayant pas besoin d’argumentaire ou de preuve.

 

Les théoriciens du droit que j’ai consultés se prétendent tous experts en loi et en religion et leurs travaux paraissent dans des journaux de droit publiés par des universités prestigieuses. Pourtant, je n’ai pas trouvé chez eux la moindre référence, même superficielle, à l’abondante littérature traitant de la religion et de la rationalité qui est produite par des penseurs, souvent philosophes, religieux ou non, depuis cinquante ans.

 

Il n’y avait aucune mention d’Alvin Plantinga, de William Lane Craig, de Robert C. Koons, de John Haldane, de William Alston, de J.P. Moreland, de Brian Leftow, de Nicholas Wolterstorff, de Linda Zabzebski, de Charles Taliaferro, de C. Stephen Evans, de Dallas Willard, de Richard Swinburne, de John Polkinghorne, d’Eleanore Stump, de John E. Hare, ou de N. T. Wright.

 

Ces chercheurs contemporains, parmi de nombreux autres, ont publié des argumentaires parmi les plus sophistiqués et ciselés concernant des aspects importants de la foi chrétienne, notamment sur la rationalité de la foi en Dieu, sur l’échec du matérialisme philosophique, sur l’existence de l’âme, sur le réalisme moral, sur l’incohérence du scientisme, sur l’historicité de la résurrection du Christ, et sur la coexistence entre Dieu et le mal.

 

Alors même que ces écrits sont complètement absents des articles juridiques que j’ai consultés, leurs auteurs affirment pourtant avec certitude que toutes les croyances religieuses sont sans aucun lien avec l’exercice de la preuve et la confrontation aux étalons ordinaires de la raison.

 

Nous ne devrions donc pas être surpris si, à l’occasion des conflits politiques entre l’Etat et l’Eglise, les élites médiatiques et académiques considèrent le point de vue de l’Eglise comme s’il s’agissait de l’émanation irrationnelle d’un corps étranger à la culture contemporaine. Comme j’ai fini par le réaliser à mon grand regret, ceux-ci n’y connaissent rien, puisque leur éducation les a isolés de points de vue contraires à l’hégémonie laïciste omniprésente dans leur formation intellectuelle.

 

Cela signifie que nous autres chrétiens - protestants, catholiques ou orthodoxes - ne pouvons nous résigner à une simple attitude de tolérance culturelle (ou au simple droit d’expression) sans en même temps défendre la position selon laquelle notre foi, avec tout ce qu’elle comporte et présuppose, est compatible avec la raison. Comme le disait le pape Jean-Paul II, "La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité."


Francis J. Beckwith

Source : France Catholique

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 10:57

J’ai suggéré antérieurement (...) que ce que nous croyons — le contenu de la Foi — est important, non parce qu’il faut obtenir un examen de théologie pour gagner le Ciel, mais parce que la Foi chrétienne est une réponse à une personne, et que l’amour, de par sa nature même, désire connaître le bien-aimé.

 

J’en ai eu un exemple instructif l’autre jour. Un ami professeur de philosophie lisait avec sa classe Le commentaire littéral de la Genèse, ouvrage de saint Augustin notoirement complexe, quand un des ses étudiants a demandé (dans le langage habituel aux étudiants) : « mouais, mais qu’est-ce que ça peut bien foutre ? »

 

A quoi mon ami a répliqué : « — Aimez-vous Dieu ? » « — Oui » a répondu l’étudiant, un peu interloqué. « — Eh bien, écoutez, a dit mon ami. un jour arrivera où vous aurez le bonheur de vous marier. Si ce jour arrive, vous pourriez vous retrouver en discussion avec votre femme, parce qu’elle aurait dit quelque chose et que vous auriez répondu  : « Je ne comprends pas ». Alors, elle essaierait de s’expliquer, et vous diriez probablement quelque chose du genre : « Est-ce cela que tu veux dire ? », et elle : « Non, ce n’est pas du tout ce que je voulais dire ».

 

« Et là, a finalement dit mon ami à son étudiant, là, vous avez un choix à faire. Vous pouvez choisir de dire : "mouais, qu’est-ce que ça peut bien foutre ?" ou vous pouvez choisir de ne pas être idiot. Croyez-moi, c’est important. »

 

C’est pour des raisons comparables que Saint Augustin a essayé sans relâche -à quatre différentes reprises -d’écrire un bon commentaire littéral de la Genèse. Y parvenir avait vraiment de l’importance pour lui, indubitablement parce qu’il croyait que la Genèse était la Parole de Dieu, et ce que Dieu essayait de dire à travers ces mots faisait toute la différence. Ainsi donc, si comme catholiques nous croyons que l’Esprit Saint continue de nous enseigner par les paroles du Magistère de l’Eglise, alors nous devrions prendre garde à comprendre convenablement ces paroles.

 

Dans mon travail de professeur de théologie, je rencontre plein de gens qui ont ce que j’appelle des "pseudo-réponses" à l’enseignement de l’Eglise. Il y en a de plusieurs types.

 

Le premier type est fondé sur une ignorance complète. Quelqu’un vous dit : je suis en désaccord complet avec l’enseignement de l’Eglise sur X !" "Avez-vous lu l’un ou l’autre des documents traitant de cette question ?" "Bien sûr que non, puisque je suis sûr d’être en désaccord."

 

Vraiment ? Combien de fois avez-vous fait l’expérience de rencontrer quelqu’un qui a seulement entendu parler de vous, par des gens parlant dans votre dos ? "Je n’aime pas ce que vous dites et faites", vous déclarent-ils. Puis, après un bref échange, il apparaît que vous n’avez rien dit ni fait de ce qu’ils s’imaginaient. Ils ont haï une chimère, une illusion. De même avec l’Eglise. Fréquemment, quand les gens me décrivent un enseignement de l’Eglise qu’ils détestent, j’ai à leur dire que l’Eglise n’enseigne pas ça du tout. J’ai eu des gens qui n’étaient pas catholiques, qui admettaient ne rien connaître du catholicisme, et qui soutenaient mordicus que l’Eglise avait dit X, Y ou Z quand elle n’en avait rien fait. Les préjugés ont la vie dure.

 

La seconde sorte de pseudo-réponse à l’enseignement de l’Église est basée sur une ignorance partielle et conduit la personne à tordre l’enseignement de l’Église dans une direction donnée.

 

L’Église enseigne que la propriété privée est un élément important de l’épanouissement humain. Ils entendent : l’Église enseigne que la propriété privée doit être protégée en toute circonstance. Non. L’Église enseigne la destination universelle des ressources nécessaires à l’homme. Oui. Ils comprennent : l’Église dit que les programmes d’Etat de redistribution des richesses sont une obligation morale. Non. En réalité, l’Église enseigne à la fois la valeur de la propriété privée et la destination universelle des ressources nécessaires à l’homme.

 

Vous pouvez soit infléchir l’enseignement de l’Église pour le faire cadrer avec vos propres prédispositions, soit essayer de comprendre ce que l’Église essaie réellement de dire. Cela demande un effort. Les préjugés ont la vie dure.

 

Dans ce pays, si vous êtes conservateur, vous aurez tendance à dire oui à l’enseignement de l’Église en matière de morale sexuelle, et non à l’enseignement de l’Église sur la justice sociale. Si vous êtes libéral, vous direz oui à l’enseignement sur la justice sociale et non à l’enseignement sur la morale sexuelle. Quand le Magistère affirme ce que vous aimez, il est "prophétique". Quand il enseigne ce que vous n’aimez pas, ce n’est qu’une poignée de vieillards à côté de la plaque.

 

Les gens demandent : « — Quest-ce qu’une poignée de prêtres peut bien connaître à propos de X » Remplacez l’inconnue par ce qui vous chante : sexe, économie, guerre, politique, science et technologie, comment bombarder une ville, etc. Eh bien, laissez-moi vous dire que leur clairvoyance collective est à l’image de celle de votre mère, bien plus profonde que vous ne l’imaginez. Mais nous ne croyons pas à la claivoyance des évêques per se ; nous croyons à la promesse du Christ d’être avec son Eglise jusqu’à la fin des temps et d’envoyer son Esprit-Saint pour la guider et la protéger.

 

Si vous aimez votre mère, vous vous efforcez de comprendre ce qu’elle vous dit. Et vous êtes attentif à la façon dont elle le dit pour découvrir ses véritables intentions. Si elle insiste sur le fait que quelque chose est vraiment important, vous ne le considérez pas comme un simple conseil, et quand elle dit "ce serait bien", vous n’en faites pas un commandement divin. De même avec l’Église, si vous êtes réellement à l’écoute, parce que vous vous préoccupez de ce qu’elle enseigne, vous ne considérerez pas l’avortement, par exemple, comme juste un choix de vie parmi d’autres, et ne traiterez pas des énergies renouvelables comme d’un commandement de Dieu. Non plus que, si vous aimez votre mère, n’est-ce pas, et que vous êtes avisé, vous n’allez pas lui tapoter la tête quand elle vous fait part de sa sagesse et lui disant : « Oui, oui, mère, comme vous êtes délicieusement vieux jeu ».

 

Nous écoutons souvent sélectivement et nous n’entendons que ce que nous avons envie d’entendre. Mais si le Verbe fait toute la différence dans nos vies, alors ce qu’Il nous enseigne doit tout aussi bien devenir important à nos yeux. L’amour désire connaître le bien-aimé.



Randall Smith, professeur de théologie à l’université Saint-Thomas, à Houston.

 Source : France Catholique

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 23:00
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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 12:47

Suite de la lettre apostolique du Pape Jean-Paul II sur le sens chrétien de la souffrance humaine (Salvifici Doloris, le 11 février 1984).

 

27. C'est bien de cette joie que l'Apôtre parle dans sa lettre aux Colossiens : « Je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous » (Col 1. 24). Surmonter le sentiment de l'inutilité de la souffrance, impression qui est parfois profondément enracinée dans la souffrance humaine, devient une source de joie. Non seulement la souffrance ronge intérieurement la personne, mais elle semble faire d'elle un poids pour autrui. Cette personne se sent condamnée à recevoir l'aide et l'assistance des autres et, en même temps, il lui apparaît à elle-même qu'elle est inutile. La découverte du sens salvifique de la souffrance en union avec le Christ transforme ce sentiment déprimant. La foi dans la participation aux souffrances du Christ porte en elle-même la certitude intérieure que l'homme qui souffre « complète ce qui manque aux épreuves du Christ » et que, dans la perspective spirituelle de l'oeuvre de la Rédemption, il est utile, comme le Christ, au Salut de ses frères et soeurs. Non seulement il est utile aux autres, mais, en outre, il accomplit un service irremplaçable. Dans le Corps du Christ, qui grandit sans cesse à partir de la Croix du Rédempteur, la souffrance, imprégnée de l'esprit de sacrifice du Christ, est précisément, d'une manière irremplaçable, la médiation et la source des bienfaits indispensables au Salut du monde. Cette souffrance, plus que tout autre chose, ouvre le chemin à la grâce qui transforme les âmes. C'est elle, plus que tout autre chose, qui rend présentes dans l'Histoire de l'humanité les forces de la Rédemption. Dans ce combat « cosmique » entre les forces spirituelles du bien et celles du mal, dont parle la lettre aux Ephésiens, les souffrances humaines, unies à la souffrance rédemptrice du Christ, constituent un soutien particulier pour les forces du bien, en ouvrant la route au triomphe de ces forces salvifiques.

 

C'est pourquoi l'Eglise voit dans tous les frères et les soeurs souffrants du Christ comme un sujet multiple de sa force surnaturelle. Que de fois les pasteurs de l'Eglise ont recours à eux, précisément parce qu'ils cherchent près d'eux aide et soutien! L'Evangile de la souffrance est écrit sans cesse, et il s'exprime sans cesse dans cet étrange paradoxe : les sources de la force divine jaillissent vraiment au coeur de la faiblesse humaine. Ceux qui participent aux souffrances du Christ conservent dans leurs propres souffrances une parcelle tout à fait particulière du trésor infini de la Rédemption du monde, et ils peuvent partager ce trésor avec les autres. Plus l'homme est menacé par le péché, plus sont lourdes les structures du péché que le monde actuel porte en lui-même, et plus est éloquente la souffrance humaine en elle-même. Et plus aussi l'Eglise éprouve le besoin de recourir à la valeur des souffrances humaines pour le Salut du monde.

 

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 17:42

Suite de la lettre apostolique du Pape Jean-Paul II sur le sens chrétien de la souffrance humaine (Salvifici Doloris, le 11 février 1984).

 

26. Si le premier grand chapitre de l'Evangile de la souffrance est écrit au cours des générations par ceux qui souffrent des persécutions pour le Christ, en même temps que lui un autre grand chapitre de cet Evangile se déploie tout au long de l'Histoire. Il est écrit par tous ceux qui souffrent avec le Christ, en unissant leurs souffrances humaines à sa souffrance salvifique. En eux s'accomplit ce que les premiers témoins de la Passion et de la Résurrection ont dit et ont écrit à propos de la participation aux souffrances du Christ. En eux, par conséquent, se réalise l'Evangile de la souffrance, et en même temps, d'une certaine façon, chacun d'eux continue à l'écrire ; chacun l'écrit et le proclame au monde, l'annonce à son propre milieu de vie et à ses contemporains.

 

A travers les siècles et les générations humaines, on a constaté que dans la souffrance se cache une force particulière qui rapproche intérieurement l'homme du Christ, une grâce spéciale. C'est à elle que bien des saints doivent leur profonde conversion, tels Saint François d'Assise, Saint Ignace de Loyola, etc. Le fruit de cette conversion, c'est non seulement le fait que l'homme découvre le sens salvifique de la souffrance, mais surtout que, dans la souffrance, il devient un homme totalement nouveau. Il y trouve comme une nouvelle dimension de toute sa vie et de sa vocation personnelle. Cette découverte confirme particulièrement la grandeur spirituelle qui, dans l'homme, dépasse le corps d'une manière absolument incomparable. Lorsque le corps est profondément atteint par la maladie, réduit à l'incapacité, lorsque la personne humaine se trouve presque dans l'impossibilité de vivre et d'agir, la maturité intérieure et la grandeur spirituelle deviennent d'autant plus évidentes, et elles constituent une leçon émouvante pour les personnes qui jouissent d'une santé normale.

 

Cette maturité intérieure et cette grandeur spirituelle dans la souffrance sont certainement le fruit d'une conversion remarquable et d'une coopération particulière à la grâce du Rédempteur crucifié. C'est lui-même qui agit au vif des souffrances humaines par son Esprit de vérité, son Esprit consolateur. C'est lui qui transforme, en un sens, la substance même de la vie spirituelle, en donnant à la personne qui souffre une place à côté de lui. C'est lui – comme Maître et Guide intérieur – qui enseigne à ses frères et à ses soeurs qui souffrent cet admirable échange, situé au coeur même du mystère de la Rédemption. La souffrance, en soi, c'est éprouver le mal. Mais le Christ en a fait le fondement le plus solide du bien définitif, c'est-à-dire du bien du Salut éternel. Par ses souffrances sur la Croix, le Christ a atteint les racines mêmes du mal, c'est-à-dire celles du péché et de la mort. Il a vaincu l'auteur du mal qu'est Satan, et sa révolte permanente contre le Créateur. A ses frères et sœurs souffrants, le Christ entrouvre et déploie progressivement les horizons du Royaume de Dieu : un monde converti à son Créateur, un monde libéré du péché et qui se construit sur la puissance salvifique de l'amour. Et, lentement mais sûrement, le Christ introduit l'homme qui souffre dans ce monde qu'est le Royaume du Père, en un sens à travers le cœur même de sa souffrance. La souffrance, en effet, ne peut être transformée par une grâce venant du dehors, mais par une grâce intérieure. Le Christ, de par sa propre souffrance salvifique, se trouve au plus profond de toute souffrance humaine et peut agir de l'intérieur par la puissance de son Esprit de vérité, de son Esprit consolateur.

 

Et ce n'est pas tout : le divin Rédempteur veut pénétrer dans l'âme de toute personne qui souffre par l'intermédiaire du coeur de sa très sainte Mère, prémices et sommet de tous les rachetés. Comme pour prolonger cette maternité dont il avait reçu la vie par l'oeuvre du Saint-Esprit, le Christ, au moment de mourir, a conféré à Marie toujours Vierge une maternité nouvelle – spirituelle et universelle – à l'égard de tous les hommes, afin que chacun, dans le cheminement de la foi, Lui reste, avec elle, étroitement uni jusqu'à la Croix et que toute souffrance, régénérée par la force de cette Croix, de faiblesse de l'homme qu'elle était, devienne puissance de Dieu.

 

Mais un tel processus intérieur ne se développe pas toujours de la même manière. Bien souvent il commence et il s'établit avec difficulté. Déjà le point de départ est différent : c'est avec des dispositions différentes que les hommes abordent leur souffrance. On peut cependant affirmer d'emblée que chaque personne entre presque toujours dans la souffrance avec une protestation tout à fait humaine et en se posant la question : « pourquoi ? ». Chacun se demande quel est le sens de la souffrance et cherche une réponse à cette question au plan humain. Il adresse certainement maintes fois cette interrogation à Dieu, et il l'adresse aussi au Christ. En outre, la personne qui souffre ne peut pas ne point remarquer que celui auquel elle demande une explication souffre Lui-même et qu'Il veut lui répondre de la Croix, du plus profond de sa propre souffrance. Pourtant, il faut parfois du temps, et même beaucoup de temps, pour que cette réponse commence à être perçue intérieurement. Le Christ, en effet, ne répond ni directement ni de manière abstraite à cette interrogation humaine sur le sens de la souffrance. L'homme entend sa réponse salvifique au fur et à mesure qu'il devient participant des souffrances du Christ.

 

La réponse qui vient ainsi dans cette participation, tout au long de la rencontre intérieure avec le Maître, est à son tour quelque chose de plus que la simple réponse abstraite à la question sur le sens de la souffrance. Elle est en effet, par-dessus tout, un appel. Elle est une vocation. Le Christ n'explique pas abstraitement les raisons de la souffrance, mais avant tout il dit : « Suis-moi »! Viens! Prends part avec ta souffrance à cette oeuvre de Salut du monde qui s'accomplit par ma propre souffrance! Par ma Croix! Au fur et à mesure que l'homme prend sa croix, en s'unissant spirituellement à la Croix du Christ, le sens salvifique de la souffrance se manifeste davantage à lui. L'homme ne découvre pas cette signification au niveau humain, mais au niveau de la souffrance du Christ. Mais, en même temps, de ce plan où le Christ se situe, ce sens salvifique de la souffrance descend au niveau de l'homme et devient en quelque sorte sa réponse personnelle. C'est alors que l'homme trouve dans sa souffrance la paix intérieure et même la joie spirituelle.

 

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 11:15

Suite de la lettre apostolique du Pape Jean-Paul II sur le sens chrétien de la souffrance humaine (Salvifici Doloris, le 11 février 1984).

  

 

VI - L'EVANGILE DE LA SOUFFRANCE

 

 

25. Les témoins de la Croix et de la Résurrection du Christ ont transmis à l'Eglise et à l'humanité un Evangile spécifique de la souffrance. Le Rédempteur lui-même a écrit cet Evangile avant tout par sa propre souffrance assumée par amour, afin que l'homme « ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (Jn 3. 16). Sa souffrance, avec la parole vivante de son enseignement, est devenue une source abondante pour tous les hommes qui ont pris part aux souffrances de Jésus dans la première génération de ceux qui ont été ses disciples et qui ont proclamé leur foi en lui, puis dans les générations qui se sont succédé au cours des siècles.

 

Il est réconfortant tout d'abord – et cela correspond à la vérité évangélique et historique – de noter qu'auprès du Christ, à la toute première place à côté de lui et bien en évidence, se trouve toujours sa très sainte Mère, car par toute sa vie elle rend un témoignage exemplaire à cet Evangile particulier de la souffrance. En elle, les souffrances innombrables et intenses s'accumulèrent avec une telle cohésion et un tel enchaînement que, tout en montrant sa foi inébranlable, elles contribuèrent à la rédemption de tous. En réalité, dès son entretien secret avec l'ange, elle a pressenti que sa mission de mère la « destinait » à partager d'une manière absolument unique la mission même de son Fils, et très vite elle en a eu la confirmation, que ce soit par les événements qui ont accompagné la naissance de Jésus à Bethléem, par les paroles claires du vieillard Syméon lui annonçant qu'une épée acérée lui transpercerait le coeur, ou par les angoisses et les privations subies lors de la fuite précipitée en Egypte à cause de la cruelle décision d'Hérode.

 

Et après les vicissitudes de la vie cachée et publique de son Fils, qu'elle partagea sans aucun doute avec une sensibilité aiguë, ce fut encore sur le Calvaire que la souffrance de Marie, auprès de celle de Jésus, atteignit un sommet difficilement imaginable du point de vue humain mais, certes, mystérieux et surnaturellement fécond au plan du Salut universel. Sa montée au Calvaire, sa présence au pied de la Croix avec le disciple bien-aimé ont été une participation tout à fait spéciale à la mort rédemptrice de son Fils, de même que les paroles qu'elle a pu recueillir de ses lèvres ont été comme une remise solennelle de cet Evangile particulier, destiné à être annoncé à toute la communauté des croyants.

 

Témoin de la Passion de son Fils par sa présence, y participant par sacompassion, Marie la très Sainte a apporté une contribution singulière à l'Evangile de la souffrance, et elle a réalisé avant l'heure ce qu'affirmait Saint Paul dans les paroles citées au début de ces pages. Oui, vraiment, à des titres tout à fait spéciaux, elle peut affirmer qu'elle « complète en sa chair – comme elle l'a déjà fait dans son coeur – ce qui manque aux épreuves du Christ ».

 

A la lumière de l'incomparable exemple du Christ, qui se reflète avec une évidence singulière dans la vie de sa Mère, l'Evangile de la souffrance, à travers l'expérience et la parole des Apôtres, devient source inépuisable pour les générations toujours nouvelles qui se relaient au long de l'Histoire de l'Eglise. L'Evangile de la souffrance, cela veut dire non seulement la présence de la souffrance dans l'Evangile comme l'un des thèmes de la Bonne Nouvelle, mais également la révélation de la force salvifique et du sens salvifique de la souffrance dans la mission messianique du Christ et, ensuite, dans la mission et la vocation de l'Eglise.

 

Le Christ ne cachait pas à ceux qui l'écoutaient la nécessité de la souffrance. Très clairement, il disait : « Si quelqu'un veut venir à ma suite..., qu'il se charge de sa croix chaque jour » (Lc 9. 23), et à ses disciples il posait des exigences de nature morale, dont la réalisation est possible seulement à condition de « se renier soi-même » (Lc 9. 23). La route qui conduit au Royaume des cieux est « étroite et resserrée » et le Christ l'oppose à la route « large et spacieuse » qui, elle, « mène à la perdition »  (Mt 7. 13-14). Bien des fois, le Christ disait aussi que ceux qui seraient ses disciples et confesseraient la foi auraient à subir de nombreuses persécutions, ce qui — on le sait — est arrivé non seulement dans les premiers siècles de la vie de l'Eglise au temps de l'empire romain, mais n'a cessé de se produire au cours des différentes périodes de l'Histoire, et encore à notre époque.

 

Voici quelques phrases du Christ à ce sujet : « On portera la main sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon nom, et cela aboutira pour vous au témoignage. Mettez-vous donc bien dans l'esprit que vous n'avez pas à préparer d'avance votre défense : car moi, je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire. Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos proches et vos amis ; on fera mourir plusieurs d'entre vous, et vous serez haïs de tous à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra. C'est par votre constance que vous sauverez vos vies! » (Lc 21. 12-19).

 

L'Evangile de la souffrance parle d'abord en différents endroits de la souffrance « pour le Christ », « à cause du Christ », et cela à travers les paroles mêmes de Jésus ou de ses Apôtres. Le Maître ne cache pas à ses disciples et à ceux qui le suivent la perspective d'une telle souffrance. Au contraire, il la révèle très franchement tout en annonçant les forces surnaturelles qui les accompagneront au milieu des persécutions et des tribulations subies « à cause de son nom ». Celles-ci seront en même temps comme un test particulier de ressemblance au Christ et d'union avec lui. « Si le monde vous hait, sachez que moi, il m'a pris en haine avant vous... ; mais parce que vous n'êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison, le monde vous hait... Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, vous aussi, ils vous persécuteront... Mais tout cela, ils le feront contre vous à cause de mon nom, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé » (Jn 15. 18-21). « Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage! J'ai vaincu le monde » (Jn 16. 33).

 

Ce premier chapitre de l'Evangile de la souffrance, qui parle des persécutions, c'est-à-dire des tribulations à cause du Christ, contient en lui-même un appel particulier au courage et à la force, soutenu par le fait éloquent de la Résurrection. Le Christ a vaincu définitivement le monde par sa Résurrection ; toutefois, parce que sa Résurrection est liée à sa Passion et à sa mort, il a vaincu en même temps ce monde par sa souffrance. Oui, la souffrance a été insérée de façon particulière dans cette victoire sur le monde, manifestée dans la Résurrection. Le Christ garde dans son corps ressuscité les traces des blessures causées par le supplice de la Croix, sur ses mains, sur ses pieds et dans son côté. Par la Résurrection, il manifeste la force victorieuse de la souffrance, il veut enraciner dans le coeur de ceux qu'il a choisis comme Apôtres, et de ceux qu'il continue de choisir et d'envoyer, la conviction que cette force existe. L'Apôtre Paul dira : « Tous ceux qui veulent vivre dans le Christ avec piété seront persécutés ».

 

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 23:00

Lettre apostolique Salvifici Doloris sur le sens chrétien de la souffrance humaine, du Pape Jean-Paul II, donnée le 11 février 1984.

 

Jean Paul II

 

I - INTRODUCTION 

1. La joie vient de la découverte du sens de la souffrance

2. La souffrance manifeste la profondeur de l'homme

3. L'Eglise, née de la Croix du Christ, a le devoir de rencontrer l'homme souffrant

4. L'homme, dans sa souffrance, reste un mystère inaccessible

 

 

II - LE MONDE DE LA SOUFFRANCE HUMAINE 

 

 

III - RECHERCHE DE LA REPONSE A LA QUESTION SUR LE SENS DE LA SOUFFRANCE
 

12. La valeur éducative et pénitentielle de la souffrance

13. La réponse à la question de l'homme sur le sens de la souffrance a été donnée par Dieu dans la Croix de Jésus-Christ  

 

 

IV - JESUS-CHRIST : LA SOUFFRANCE VAINCUE PAR L'AMOUR
 

 

 

VII - LE BON SAMARITAIN

 

  (à suivre...)

 

 

 

Source - Dieu et le mystère du mal Ecouter le Pape Jean-Paul II

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