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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 14:19

Texte de la Newsletter n°8 (publiée le 18 août 2010) du Groupe Facebook consacré à l'oeuvre de Claude Tresmontant, l'un des plus grands métaphysiciens du siècle passé – qui réfuta magistralement l'athéisme.

 

Les métaphysiciens monistes – qui professent que l’Univers physique n’est qu’une illusion, une apparence, et que seul l’Un existe véritablement (ou le Brahman, ou la Substance) – doivent affronter une difficulté, une difficulté majeure, admirablement présentée par Plotin en ces termes : « Comment donc, à partir de l’Un, qui est tel que nous disons que l’Un est, – comment donc peut-il y avoir une existence quelconque, soit une multiplicité, soit une dualité, soit un nombre ? Et pourquoi donc l’Un n’est-il pas demeuré tranquille en lui-même ? Pourquoi donc une multiplicité s’est-elle précipitée hors de, arrachée, retirée hors de l’Un, – cette multiplicité qui se voit dans les êtres de notre expérience ? Et comment pensons-nous ramener cette multiplicité vers l’Un ? » (Ennéades, V, 1, 6).

 

Telle est la grande question qui se pose à la métaphysique idéaliste. Si l’Un, seul, existe, si notre Univers et tous ses composants – dont chacun de nos êtres personnels – sont une apparence, il reste à expliquer… le fait même de cette apparence.

 

« Le problème posé est simple. Nous constatons dans notre expérience qu’il existe une multiplicité d’êtres singuliers, qui se prennent eux-mêmes pour des êtres singuliers et distincts les uns des autres ! S’il est vrai qu’en réalité l’Un seul existe (…), alors l’expérience a tort. Elle se trompe, elle nous trompe. Elle n’est qu’une illusion ou une apparence (…). Il reste à comprendre l’existence de cette multiplicité d’êtres. Si cette multiplicité est déclarée au fond illusoire et purement apparente, il reste à expliquer l’existence de cette illusion cosmologique. » (Claude Tresmontant, Les Métaphysiques principales, François-Xavier de Guibert, p. 173).

 

Si l’on cherche une explication à l’existence même de ce grand mirage qu’est la multiplicité des êtres dans l’Univers, on ne peut la trouver que du côté… de l’Un, puisque lui seul existe ! Seul l’Un peut être à l’origine de cette multiplicité apparente des êtres. Qui d’autre cela pourrait-il être, puisque l’Un est, selon le Credo moniste, le seul Être existant ?

 

« Si la multiplicité des êtres est une apparence et une illusion, si la souffrance du monde n’est qu’un rêve, un mauvais rêve, un cauchemar ; si le tortionnaire et le torturé au fond ne sont qu’UN ; si le massacreur et le massacré ne font qu’UN ; si l’oppresseur et l’opprimé ne font qu’UN, – il reste que cette douleur du monde qui n’est qu’une apparence est le fait de l’Un, de l’unique Substance, puisque de fait, la Substance est unique. On aura beau dire que la souffrance du torturé, du massacré, de l’opprimé n’est qu’une illusion et une apparence, cette apparence-là est bien l’œuvre de l’Un, puisqu’en réalité il est seul. Il faut donc admettre ou tout au moins supposer que quelque chose ne va pas bien au sein de l’Un, au sein de l’Unique Substance, puisqu’il rêve les horreurs que nous voyons dans notre monde des apparences » (Claude Tresmontant, op.cit., p. 179).

 

« L’illusion de l’existence individuelle, singulière, personnelle, est partagée par la plupart des humains. La plupart des torturés s’imaginent à tort être autres que, être distincts de leurs tortionnaires. Les massacrés s’imaginent être distincts de leurs massacreurs, et ainsi de suite. Cette illusion de l’existence individuelle, qui est notre fait à nous les paysans, les mineurs de fond, les prisonniers, les affligés, les esclaves, – cette illusion est le fait de l’Unique Substance, puisqu’en réalité la Substance est unique » (Claude Tresmontant, op.cit., p. 179).

 

Dès lors, si « le paysan, le docker, le mineur de fond et en somme toute l’humanité (…) s’imaginent qu’ils sont des êtres distincts les uns des autres, et [s’ils] ne savent pas qu’en réalité, Dieu, ils le sont – non seulement, ils ne le savent pas, mais si on le leur dit, ils ne le croient pas », c’est qu’il s’est produit une tragédie à partir de l’Un, et même à l’intérieur de l’Un : « il faut (…) admettre qu’au sein de l’Un, il y a eu et il y a une sorte de catastrophe qui engendre cette illusion de la multiplicité des êtres qui ont l’illusion, et parfois très fort, de souffrir… » (Claude Tresmontant, op.cit., p. 179).

 

 

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 09:12

Logo Terre SainteExtrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI au Cénacle à Jérusalem le 12 mai 2009, dans le lieu où le Christ a célébré la dernière Cène.

 

Chers Frères Évêques,

Révérend Père Custode,

 

Je vous salue avec grande joie, vous les Évêques de Terre Sainte, en cette Chambre Haute où le Seigneur ouvrit son cœur aux disciples qu’il s’était choisis et où il célébra le Mystère pascal. Je remercie le Père Pizzaballa pour les paroles chaleureuses de bienvenue qu’il m’a adressées en votre nom. Vous représentez les communautés catholiques de Terre Sainte, lesquelles, par leur foi et leur ferveur, sont comme des chandelles allumées qui illuminent les lieux saints chrétiens sanctifiés par la présence de Jésus, notre Seigneur, le Vivant. Ce privilège unique vous donne, à vous-mêmes et à vos fidèles, une place particulièrement chère dans mon cœur de Successeur de Pierre.

 

« Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin » (Jn 13, 1). La Chambre Haute évoque pour nous le souvenir de la dernière Cène de notre Seigneur avec Pierre et les autres Apôtres, et l'Église y est invitée à une contemplation priante. C’est dans ces sentiments que nous nous rassemblons, le Successeur de Pierre avec les successeurs des Apôtres, en ce lieu même où Jésus révéla, dans l’offrande de son corps et de son sang, les nouvelles profondeurs de l’Alliance d’amour établie entre Dieu et son peuple. Dans la Chambre Haute, le mystère de la grâce et du Salut, dont nous sommes les bénéficiaires en même temps que les hérauts et les ministres, ne peut s’exprimer que par l’amour. C’est parce que, le premier, il nous a aimés et qu’il continue à le faire, que nous pouvons répondre avec amour (cf. Deus caritas est, n. 2). Notre vie de chrétiens n’est pas simplement un effort humain pour vivre les exigences de l’Évangile comme des devoirs qui nous seraient imposés. Dans l’Eucharistie, nous sommes entraînés dans un mystère d’amour divin. Nos vies se transforment alors en une acceptation pleine de reconnaissance, docile et agissante de la puissance d’un amour qui nous est donné. Cet amour transformant, qui est grâce et vérité (cf. Jn 1, 17), nous pousse, comme individus et comme communautés, à dépasser la tentation de nous retourner sur nous-mêmes dans l’égoïsme ou la paresse, dans l’isolement, les préjugés ou la crainte, et à nous donner généreusement au Seigneur et aux autres. Il nous engage, comme communautés chrétiennes, à être fidèles à notre mission, avec assurance et courage (cf. Ac 4, 13). Dans la figure du Bon Pasteur qui donne sa vie pour son troupeau, dans celle du Maître qui lave les pieds de ses disciples, vous trouvez, mes chers Frères, le modèle de votre propre ministère pour le service de notre Dieu qui promeut l’amour et la communion.

 

L’appel à la communion d’esprit et de cœur, si étroitement lié au commandement de l’amour et au rôle central et unifiant de l’Eucharistie dans nos vies, est particulièrement ressenti en Terre Sainte. Les différentes Églises chrétiennes que l’on trouve ici représentent un patrimoine spirituel riche et diversifié, et elles sont le signe qu’existent de multiples formes d’interaction entre l’Évangile et les différentes cultures. Elles nous rappellent aussi que la mission de l'Église est de prêcher l’amour universel de Dieu et de rassembler tous ceux qui, au loin ou plus près de nous, sont appelés par lui afin que, avec leurs traditions et leurs talents, ils arrivent à former l’unique famille de Dieu. Depuis le deuxième Concile du Vatican, en particulier, un nouveau dynamisme spirituel vers la communion dans la diversité a vu le jour à l’intérieur de l'Église catholique ainsi qu’une nouvelle conscience œcuménique. L’Esprit meut nos cœurs avec douceur vers l’humilité et la paix, vers l’acceptation mutuelle, la compréhension et la coopération. Cette disposition intérieure vers l’unité sous la motion de l’Esprit Saint est d’une importance décisive si nous voulons que les Chrétiens soient capables de remplir leur mission dans le monde (cf. Jn 17, 21).

 

C’est dans la mesure où le don de l’amour est accepté et qu’il grandit dans l'Église, que la présence chrétienne en Terre Sainte et dans les régions voisines peut être une présence ardente. Et elle est d’une importance capitale pour le bien de la société toute entière. Les paroles sans équivoque de Jésus sur le lien intime entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain, sur la miséricorde et la compassion, sur la douceur, la paix et le pardon, sont un ferment capable de transformer les cœurs et de modeler nos actions. Les Chrétiens au Moyen-Orient, avec toutes les personnes de bonne volonté, apportent leur contribution, en tant que citoyens responsables et loyaux, à la promotion et au renforcement d’un climat de paix dans la diversité, et cela en dépit des difficultés et des restrictions. Je désire leur redire ce que j’affirmais dans mon message de Noël 2006 aux Catholiques du Moyen-Orient : « J’exprime avec affection ma proximité personnelle dans la situation d’insécurité humaine, de souffrance quotidienne, de peur et d’espérance que vous êtes en train de vivre. Avant tout, je répète à vos communautés les paroles du Rédempteur : ‘Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père s’est complu à vous donner le Royaume’ (Lc 12, 32) » (Message du Pape Benoît XVI aux Catholiques vivant au Moyen-Orient, 21 décembre 2006).

 

Chers Frères Évêques, vous pouvez compter sur mon soutien et sur mes encouragements tandis que vous faites tout votre possible pour permettre à vos frères et sœurs chrétiens de rester ici sur la terre de leurs ancêtres et à être des messagers et des promoteurs de la paix. J’apprécie vos efforts pour leur proposer, comme à des citoyens responsables et conscients, des valeurs et des principes d’action qui puissent les aider à jouer leur rôle dans la société. Par l’éducation, la formation professionnelle et d’autres initiatives économiques et sociales, leurs conditions de vie pourront être assurées et améliorées. Quant à moi, je renouvelle mon appel à nos frères et sœurs du monde entier afin qu’ils apportent leur soutien aux communautés chrétiennes de Terre Sainte et du Moyen-Orient, se souvenant d’elles dans leurs prières. Et dans ce contexte, je veux exprimer combien j’apprécie le service qui est rendu aux innombrables pèlerins et visiteurs qui viennent en Terre Sainte pour y chercher inspiration et renouveau de vie sur les pas de Jésus. Les récits de l’Évangile, contemplés dans leur environnement historique et géographique, prennent une coloration vivante et l’on en reçoit une compréhension plus claire de la signification des paroles de notre Seigneur et de ses gestes. Bien des expériences mémorables de pèlerins de la Terre Sainte ont été possibles grâce aussi à l’hospitalité et à l’aide fraternelle qui leur ont été offertes par vous, en particulier par les Franciscains de la Custodie. Pour ce service, je tiens à vous exprimer la reconnaissance et la gratitude de l'Église universelle.

 

 

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 13:45

 

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 12:19

Logo Terre SainteExtrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI aux Grands Rabbins de Jérusalem, le 12 mai 2010.

 

Messieurs les Grands Rabbins,

 Chers Amis,

 

(…) C’est une source de grande satisfaction pour moi, depuis le début de mon pontificat, de voir les fruits produits par le dialogue en cours entre la Délégation de la Commission du Saint-Siège pour les Relations religieuses avec les Juifs et le Grand Rabbinat de la Délégation d’Israël pour les Relations avec l’Église catholique (…). Notre rencontre, aujourd’hui, est une occasion des plus appropriées de remercier le Tout-Puissant pour les nombreuses bénédictions qui ont accompagnées le dialogue conduit par la Commission bilatérale, et pour envisager avec confiance les prochaines sessions. La bonne volonté des délégués à discuter ouvertement et patiemment non seulement sur les points de convergence, mais aussi de désaccord, a déjà ouvert la voie à une collaboration plus effective dans la vie publique. Juifs et Chrétiens sont concernés de la même manière pour assurer le respect de la nature sacrée de la vie humaine, le caractère central de la famille, une éducation solide des jeunes, et la liberté de religion et de conscience dans une société saine. Ces thèmes de dialogue ne sont toutefois que les phases initiales de ce qui, nous le croyons, sera un cheminement continu et progressif vers une compréhension mutuelle plus grande.

 

Une indication du potentiel de ces rencontres peut être facilement aperçue à travers notre commune préoccupation face au relativisme moral et aux violations qu’il engendre contre la dignité de la personne humaine. En abordant les questions éthiques les plus urgentes de notre époque, nos deux communautés sont confrontées au défi d’engager les hommes de bonne volonté à se placer au niveau de la raison, tandis que simultanément, elles doivent mettre en évidence les fondements religieux qui soutiennent le mieux les valeurs morales ultimes. Puisse le dialogue qui a commencé, continuer à susciter des idées sur la manière dont les Chrétiens et les Juifs peuvent travailler afin que grandisse l’estime de la société envers la contribution remarquable de nos traditions religieuses et éthiques. Ici, en Israël, étant donné que les Chrétiens ne constituent seulement qu’une petite portion de la population totale, ils attachent une valeur particulière aux occasions de dialogue avec leurs voisins juifs.

 

La confiance est sans aucun doute un élément essentiel du dialogue véritable. Aujourd’hui, m’est offerte la possibilité de répéter que l’Église catholique est engagée de façon irrévocable sur le chemin choisi par le Concile Vatican II en faveur d’une réconciliation authentique et durable entre les Chrétiens et les Juifs. Comme Nostra Aetate le dit clairement, l’Église continue de valoriser le patrimoine commun aux Chrétiens et aux Juifs et désire une compréhension mutuelle et un respect toujours plus profonds à travers les études bibliques et théologiques comme à travers les dialogues fraternels.

 

(…) Chers amis, je vous exprime à nouveau ma profonde appréciation pour l’accueil que vous m’avez réservé aujourd’hui. Je suis sûr que notre amitié continuera d’être un exemple de confiance dans le dialogue entre Juifs et Chrétiens à travers le monde. En regardant les réalisations accomplies jusqu’à présent, et en tirant notre inspiration des Saintes Écritures, nous pouvons regarder l’avenir avec confiance concernant la coopération toujours plus ardente entre nos communautés – ainsi qu’avec toutes les personnes de bonne volonté – afin de dénoncer la haine et les persécutions à travers le monde. Je prie pour que Dieu, qui cherche nos cœurs et connaît nos pensées (Ps 139, 23), continue à nous éclairer de sa Sagesse, afin que nous puissions suivre ses commandements de l’aimer de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos forces (cf.Dt 6, 5), et d’aimer notre prochain comme nous-mêmes (Lv 19, 18).

 

 

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 11:41

 

Logo Terre SainteA la fin de son discours sur l’esplanade des Mosquées, le 12 mai 2009, le Pape Benoît XVI a été conduit au Mur occidental du Temple de Jérusalem, appelé communément « Mur des lamentations ». Il y a été accueilli par le rabbin Capo et par le président de la fondation qui gère ce lieu sacré. Le rabbin Capo a lu un psaume en hébreu, puis le Pape en a lu un en latin avant de se recueillir en silence devant le Mur.

Mur des lamentations

Puis, comme le veut la coutume, le Saint Père a déposé dans une fente du Mur un petit papier sur lequel était écrite la prière suivante :

 

Dieu de toute éternité,

au cours de ma visite à Jérusalem, la « Ville de la Paix »,

patrie spirituelle pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans,

je te présente les joies, les espérances et les aspirations

les épreuves, la souffrance et la peine de tout ton peuple répandu à travers le monde.

Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, 

entends le cri de l’affligé, de qui a peur, du désespéré ;

envoie ta paix sur cette Terre Sainte, sur le Moyen-Orient,

sur la famille humaine tout entière ;

éveille le cœur de tous ceux qui invoquent ton nom

afin qu’ils marchent humblement sur le chemin de la justice et de la compassion.

« Le Seigneur est bon pour qui se tourne vers lui,

pour celui qui le recherche » (Lm 3, 25) !

 

Mur des lamentations 2

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 11:41

Notre-Dame Libératrice,

 

Prends en pitié tous nos frères défunts,

 Spécialement ceux qui ont le plus besoin de la miséricorde du Seigneur.

 

Intercède pour tous ceux qui nous ont quittés,

 afin que s’achève en eux l’œuvre de l’Amour qui purifie.

 Que notre prière, unie à celle de toute l’Église, 

 leur obtienne la joie qui surpasse tout désir et apporte, ici-bas,

 consolation et réconfort à nos frères éprouvés ou désemparés.

 

Mère de l’Église,

 Aide-nous, pèlerins de la terre à mieux vivre, chaque jour,

notre passage vers la Résurrection.

Guéris-nous de toute blessure du cœur et de l’âme.

Fais de nous des témoins de l’Invisible,

Déjà tendus vers les biens que l’œil ne peut voir,

Des apôtres de l’Espérance, semblables aux veilleurs de l’aube.

 

Refuge des pécheurs et Reine de tous les saints,

Rassemble-nous tous un jour, pour la Pâque éternelle,

dans la communion du Père avec Jésus, le Fils, dans l’Esprit Saint,

pour les siècles des siècles,

Amen.

 

 

Notre-Dame de Montligeon, priez pour les âmes du Purgatoire

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 11:14

Logo Terre SainteExtrait du discours du Pape Benoît XVI à la communauté musulmane sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem (Israël), le 12 mai 2009.

 

Chers Amis Musulmans,

As-salámu ‘aláikum ! La paix soit avec vous !

 

(…) Le dôme du Rocher invite nos cœurs et nos esprits à réfléchir sur le mystère de la Création et sur la foi d’Abraham. Ici, les chemins des trois grandes religions monothéistes du monde se rencontrent, nous rappelant ce qu’elles ont en commun. Chacune croit en un Dieu unique, Créateur et régissant toute chose. Chacune reconnaît en Abraham un ancêtre, un homme de foi auquel Dieu accorda une bénédiction spéciale. Chacune a rassemblé de nombreux disciples tout au long des siècles et a inspiré un riche patrimoine spirituel, intellectuel et culturel.

 

Dans un monde tristement déchiré par les divisions, ce lieu sacré sert de stimulant et met aussi les hommes et les femmes de bonne volonté au défi de travailler afin que soient dépassés les malentendus et les conflits du passé et que soit ouvert le chemin d’un dialogue sincère destiné à construire un monde de justice et de paix pour les futures générations.

 

Puisque les enseignements des traditions religieuses concernent, en fin de compte, la réalité de Dieu, le sens de la vie et la destinée commune de l’humanité – c’est-à-dire, tout ce qu’il y a de plus sacré et de plus précieux pour nous –, on peut être tenté ici de s’engager dans un tel dialogue avec crainte et doute quant aux possibilités de succès. Néanmoins, nous pouvons commencer par nous appuyer sur la foi au Dieu unique, source infinie de justice et de miséricorde, puisqu’en lui ces deux qualités existent dans une parfaite unité. Ceux qui croient en son Nom ont le devoir de s’efforcer inlassablement d’être justes en imitant son pardon, car les deux qualités sont orientées intrinsèquement vers la coexistence pacifique et harmonieuse de la famille humaine.

 

Pour cette raison, il est de la plus haute importance que ceux qui adorent le Dieu Unique puissent montrer qu’ils sont à la fois enracinés dans et orientés vers l’unité de la famille humaine tout entière. En d’autres termes, la fidélité au Dieu Unique, le Créateur, le Très-Haut, conduit à reconnaître que les êtres humains sont fondamentalement en relation les uns avec les autres, puisque tous doivent leur existence véritable à une seule source et tous marchent vers une fin commune. Marqués du sceau indélébile du divin, ils sont appelés à jouer un rôle actif en réparant les divisions et en promouvant la solidarité humaine.

 

Cela fait peser sur nous une grande responsabilité. Ceux qui honorent le Dieu Unique croient qu’il tiendra les êtres humains responsables de leurs actions. Les Chrétiens affirment que le don divin de la raison et de la liberté est à la base de ce devoir de répondre de ses actes. La raison ouvre l’esprit à la compréhension de la nature et de la destinée communes de la famille humaine, tandis que la liberté pousse les cœurs à accepter l’autre et à le servir dans la charité. L’amour indivisible pour le Dieu Unique et la charité envers le prochain deviennent ainsi le pivot autour duquel tout tourne. C’est pourquoi nous travaillons infatigablement pour préserver les cœurs humains de la haine, de la colère ou de la vengeance.

 

Chers amis, je suis venu à Jérusalem pour un pèlerinage de foi. Je remercie Dieu de cette occasion qui m’est donnée de vous rencontrer comme Évêque de Rome et Successeur de l’Apôtre Pierre, mais aussi comme fils d’Abraham, en qui « seront bénies toutes les familles de la terre » (Gn 12, 3 ; cf. Rm 4, 16-17). Je vous assure que l’Église désire ardemment coopérer au bien-être de la famille humaine. Elle croit fermement que la réalisation de la promesse faite à Abraham est universelle dans son ampleur, embrassant tout homme et toute femme, sans considération pour sa provenance ou pour son statut social. Tandis que Musulmans et Chrétiens poursuivent le dialogue respectueux qu’ils ont entamé, je prie pour qu’ils cherchent comment l’Unicité de Dieu est liée de façon inextricable à l’unité de la famille humaine. En se soumettant à son dessein d’amour sur la Création, en étudiant la Loi inscrite dans le Cosmos et gravée dans le cœur de l’homme, en réfléchissant sur le don mystérieux de l’auto-révélation de Dieu, puissent les croyants continuer à maintenir leurs regards fixés sur la bonté absolue de Dieu, sans jamais perdre de vue la manière dont elle se reflète sur le visage des autres !

 

Avec ces sentiments, je demande humblement au Tout-Puissant de vous apporter la paix et de bénir l’ensemble des populations bien-aimées de cette région. Puissions-nous nous efforcer de vivre dans un esprit d’harmonie et de coopération, rendant témoignage au Dieu Unique en servant généreusement les autres !

 

 

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 14:00

 

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"Qui supporterait que le dernier mot de l’aventure de sa vie soit : rien ?

Les millions d’années où nos ancêtres avançaient à tâtons vers plus d’humanité !... rien ?

Les défis incessants lancés pour survivre,

l’invention laborieuse du silex taillé et du feu ! rien ?

La lutte pour la survie pied à pied contre le froid, la peste, la famine !

Les longues marches des peuples vers la liberté, la solidarité, la fraternité ! rien ?

L’insurrection contre la barbarie au risque de la torture ! rien ?

Les cris de bonheur dans les bras d’un être aimé ! rien ?

La joie d’une jeune maman dont le bébé répond à son sourire ! rien ?

Que célébrons-nous aux obsèques d’un être aimé : le départ de rien vers rien ?"

 
(Stan Rougier)

 



PREAMBULE
 : EXISTE-T-IL DES RAISONS DE CROIRE?
 
 


1- Existe-t-il des preuves de l'existence de Dieu?
2- Les limites de la démarche scientifique 
3- La foi chrétienne : une expérience personnelle ancrée dans une Histoire 

Annexe 1 : Peut-on croire en la Résurrection du Christ?
Annexe 2 : Foi et mathématiques
Annexe 3 : L'athéisme, une croyance? (Débat avec Miky)
Annexe 4 : La théologie naturelle (Débat avec Miky)
Annexe 5 : Ce que nous enseignent les sciences de la nature (Débat avec Miky et le Pasteur Eric Georges)
Annexe 6 : Est-il raisonnable de croire?




AVANT-PROPOS : "Nier Dieu est devenu moins rationnel que de croire en lui"



INTRODUCTION : DIEU OU LE NEANT?



PREMIERE PARTIE
 : DIEU ET LA CREATION

I - L'infiniment grand

1. "Lever la nuit les yeux sur le ciel"

2. La Terre

3. Le Soleil

4. La Lune

5. Notre Galaxie : la Voix Lactée

6. L'univers


II - L'infin
iment petit

1. Le monde des atomes

2. La danse des électrons

3. La révolution quantique (et ses mystères)

4. L'orientation biocentrique de la matière


III - Le monde animal et végétal

1. Un immense point d'interrogation



IV - L'homme

1. Le cerveau

2. L'oeil

3. La main

4. Le coeur et diverses autres choses

5. La structure intelligente de l'univers


IV - Le commencement du monde et l'ordre cosmique

1. Le Big Bang

2. La question du hasard


Conclusion sur la Première partie


DEUXIEME PARTIE
 : DIEU ET LA RAISON


1. Introduction

2. Une foi trans-rationnelle

3. Les preuves de l'existence de Dieu (1/2)

4. Les preuves de l'existence de Dieu (2/2)



Conclusion sur la Deuxième partie


TROISIEME PARTIE
 : DIEU ET LA REVELATION




(à suivre...)

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 09:01

Logo Terre SainteExtrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI aux organisations engagées dans le dialogue interreligieux, au Centre Notre Dame de Jérusalem, le 11 mai 2009.

 

« Dieu dit à Abram, ‘Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai’ … Abram partit… et prit sa femme Saraï avec lui » (Gn 12, 1-5). L’appel soudain de Dieu, qui marque le début de l’Histoire de nos traditions de foi, a retenti au cœur de l’existence quotidienne ordinaire d’un homme. Et l’Histoire qui s’est ensuivie, se modela, non pas de façon isolée, mais à travers la rencontre avec les cultures égyptienne, hittite, sumérienne, babylonienne, perse et grecque.

 

La foi est toujours vécue à l’intérieur d’une culture. L’Histoire des religions montre qu’une communauté de croyants avance progressivement dans la foi en Dieu, prenant appui sur la culture qu’elle rencontre et la modelant. Le même mouvement se retrouve pour chaque croyant des grandes traditions monothéistes : en syntonie avec la voix de Dieu, tout comme Abraham, nous répondons à son appel et nous nous mettons en marche cherchant l’accomplissement de ses promesses, désireux de nous soumettre à sa volonté, et traçant une voie dans notre culture propre.

 

De nos jours, presque 4.000 ans après Abraham, la rencontre des religions avec la culture n’advient pas simplement sur un plan géographique. Certains aspects de la mondialisation et particulièrement tout ce qui concerne Internet ont fait naître une vaste culture virtuelle dont la valeur est tout aussi diverse que ses innombrables manifestations. Il ne fait pas de doute que l’on est parvenu à créer en bien des cas une certaine impression de proximité et d’unité au sein de l’ensemble de la famille humaine. Pourtant, en même temps, la série illimitée de portails qui sont mis à la disposition des gens pour leur donner accès facilement à toutes sortes de sources d’information peut facilement devenir un instrument de fragmentation sociale croissante ; l’unité de la connaissance vole en éclats et les aptitudes complexes à la critique, au discernement et au jugement, acquises grâce aux savoirs académiques et éthiques sont souvent délaissées ou comptées comme négligeables.

 

La question qui vient alors spontanément à l’esprit est de savoir quelle est la contribution que la religion apporte aux cultures du monde devant les effets d’une mondialisation rapide. Dès lors que nombreux sont ceux qui soulignent volontiers les apparentes oppositions entre les religions, il nous revient, en tant que croyants, de relever le défi de présenter clairement ce que nous partageons ensemble.

 

Les premiers pas d’Abraham sur le chemin de la foi, et les pas que nous faisons pour aller ou revenir de la synagogue, de l’église, de la mosquée ou du temple, battent le sentier de notre unique Histoire humaine, et ouvrent, au fur et à mesure, la route vers la Jérusalem éternelle (cf. Ap 21, 23). De la même manière, toute culture, avec sa capacité interne de donner et de recevoir, est un signe de l’unité de la nature humaine. Pourtant, l’individu n’est jamais pleinement exprimé à travers sa propre culture mais au contraire il la transcende dans sa constante recherche de quelque chose qui la dépasse. Dans cette perspective, chers amis, nous voyons la possibilité d’une unité qui n’est pas dépendante de l’uniformité. Tandis que les différences que nous individualisons dans le dialogue interreligieux peuvent parfois apparaître comme des barrières, il ne faut pas pour autant qu’elles jettent une ombre sur le sens commun d’adoration et de respect pour l’Universel, l’Absolu et la Vérité qui pousse les membres des religions à se parler entre eux en premier lieu. En effet, c’est la conviction commune que ces réalités transcendantes ont leur source dans le Tout-Puissant, et qu’elles en portent les traces, que les croyants professent les uns devant les autres, devant nos institutions, notre société, notre monde. C’est ainsi que, non seulement nous enrichissons la culture, mais nous lui donnons forme : des vies faites de fidélité religieuse font écho à la présence envahissante de Dieu et forment de cette manière une culture qui n’est pas définie par des limites de temps ou d’espace mais qui se modèle fondamentalement sur des principes et des actions qui résultent de la foi.

 

La croyance religieuse présuppose la Vérité. Quelqu’un qui croit est quelqu’un qui cherche la Vérité et en vit. Bien que le moyen par lequel nous comprenons la découverte et la communication de la Vérité soit en partie différent d’une religion à l’autre, cela ne devrait pas nous détourner de nos efforts en vue de témoigner du rayonnement de la Vérité. Ensemble, nous pouvons proclamer que Dieu existe et qu’on peut le connaître, que la terre est sa Création, que nous sommes ses créatures, et qu’il appelle tout homme et toute femme à vivre de manière à respecter son dessein sur le monde. Chers amis, si nous croyons que nous avons un critère de jugement et de discernement qui est d’origine divine et qui est valable pour toute l’humanité, alors nous ne devons pas nous lasser de faire en sorte que cette connaissance puisse avoir une influence sur la vie civile. La Vérité devrait être proposée à tous ; elle est au service de tous les membres de la société. Elle éclaire les fondements de la morale et de l’éthique, et elle insuffle à la raison la force de dépasser ses propres limites pour donner forme aux aspirations les plus profondes que nous avons en commun. Loin d’être une menace pour la tolérance vis-à-vis des différences culturelles ou du pluralisme (culturel), la Vérité rend possible un consensus et permet au débat public de rester rationnel, honnête et solide, elle ouvre enfin le chemin de la paix. Encourager la volonté d’obéir à la Vérité, permet en fait d’élargir notre conception de la raison et son champ d’application et rend possible le dialogue authentique entre cultures et religions qu’il est si urgent de développer aujourd’hui.

 

Chacun de nous ici sait bien que, malgré tout, la voix de Dieu se fait entendre moins clairement aujourd’hui, que la raison elle-même en bien des cas devient sourde au divin. Toutefois, ce « vide » n’est pas celui du silence. Bien au contraire, c’est la cacophonie des requêtes de l’égoïsme, des promesses vaines et des fausses espérances, qui le plus souvent envahissent les espaces mêmes où Dieu nous cherche. Pouvons-nous dès lors créer des lieux, – des oasis de paix et de méditation profonde – où la voix de Dieu puisse de nouveau être entendue, où sa Vérité puisse être découverte au cœur de la raison universelle, où chaque individu, quelles que soient son origine, son appartenance ethnique ou politique, ou sa croyance religieuse, puisse être respecté comme une personne, comme un semblable ? En cet âge d’accès immédiat à l’information et marqué par des tendances sociales qui engendrent une forme de monoculture, une réflexion approfondie sur la présence permanente de Dieu pourra enhardir la raison, stimuler le génie créatif, faciliter une évaluation critique des pratiques culturelles et renforcer la valeur universelle de la croyance religieuse.

 

Chers amis, les institutions et les groupes que vous représentez vous engagent dans le dialogue interreligieux et la promotion d’initiatives culturelles à des niveaux très divers. Depuis des institutions académiques (…) à des groupes de parents affligés ; depuis des initiatives musicales ou artistiques à l’exemple courageux donné par des pères ou des mères de famille ordinaires ; depuis des groupes organisés de dialogue aux organismes caritatifs, vous démontrez votre conviction que notre devoir envers Dieu ne s’exprime pas seulement à travers le culte que nous lui rendons mais aussi dans l’amour et le souci que nous avons pour la société, pour la culture, pour notre monde et pour tous ceux qui vivent sur cette terre. Certains voudraient nous faire croire que nos différences sont nécessairement une cause de division et donc, ne doivent être au plus que tolérées. Quelques autres affirment même que nous devrions être réduits au silence. Mais nous savons que nos différences ne doivent jamais être dénaturées au point d’être considérées comme une cause inévitable de friction ou de tension soit entre nous, soit avec la société dans son ensemble. Au contraire, elles fournissent une merveilleuse opportunité pour les personnes des différentes religions de vivre ensemble dans un profond respect, dans l’estime et la considération, s’encourageant les unes les autres sur les chemins de Dieu. Avec l’aide du Tout-Puissant et éclairés par sa vérité, puissiez-vous continuer d’avancer avec courage, en respectant tout ce qui nous rend différents et en promouvant tout ce qui nous unit comme créatures bénies par le désir d’apporter l’espérance à nos communautés et au monde ! Que Dieu nous guide tout le long de ce chemin !

 

 

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 11:07

Logo Terre SainteDès le premier jour de sa visite en Israël, le 11 mai 2009, le Pape Benoît XVI s’est rendu au mémorial de Yad Vashem où il est fait mémoire des victimes de l’Holocauste. En présence du Président Shimon Peres, du président de la Knesset (Parlement) Reuven Rivlin et du rabbin Israel Meir Lau, président du Conseil de Yad Vashem, le Pape a participé à une cérémonie, ravivé la flamme et déposé une couronne de fleurs. Puis il a rencontré six survivants de la Shoah. Il a alors pris la parole et prononcé le discours suivant.

 

Mémorial de Yad Vashem

 

« Je leur donnerai dans ma maison et dans mes remparts un monument et un nom (…) ; je leur donnerai un nom éternel qui jamais ne sera effacé » (Is56, 5).

 

Ce passage du Livre du prophète Isaïe offre les deux mots simples qui expriment solennellement le sens profond de ce lieu vénéré : yad « mémorial » ; shem« nom ». Je suis venu pour rester en silence devant ce monument, érigé pour honorer la mémoire de millions de juifs tués dans l’horrible tragédie de la Shoah. Elles ont perdu leurs vies mais elles ne perdront jamais leurs noms, car ils sont profondément gravés dans le cœur de ceux qui les aiment, de leurs compagnons de détention qui ont survécus et de tous ceux qui sont déterminés à ne plus jamais permettre qu’une telle atrocité déshonore à nouveau l’humanité. Plus que tout, leur nom est à jamais inscrit dans la mémoire du Dieu Tout-puissant.

 

Il est possible de dérober à un voisin ce qu’il possède, son avenir ou sa liberté. Il est possible de tisser un réseau insidieux de mensonges pour convaincre les autres que certains groupes ne méritent pas d’être respectés. Néanmoins, quoique vous fassiez, il est impossible d’enlever son nom à un être humain.

 

L’Écriture Sainte nous enseigne l’importance du nom pour conférer à une personne une mission unique ou un don spécial. Dieu appelle Abram, « Abraham », car il va devenir le « Père d’une multitude de nations » (Gn 17, 5). Jacob fut appelé « Israël » car il avait « été fort contre Dieu et contre les hommes et il l’avait emporté » (cf. Gn 32, 29). Les noms inscrits dans ce sanctuaire auront toujours une place sacrée parmi les descendants innombrables d’Abraham. Comme lui, leur foi a été éprouvée. Comme Jacob, ils ont été plongés dans le combat pour discerner les desseins du Très-Haut. Que les noms de ces victimes ne périssent jamais ! Que leur souffrance ne soit jamais niée, discréditée ou oubliée ! Et que toutes les personnes de bonne volonté demeurent attentives à déraciner du cœur de l’homme tout ce qui peut conduire à de telles tragédies !

 

L’Église catholique, professant les enseignements de Jésus et attentive à imiter son amour pour tous les hommes, a une profonde compassion pour les victimes dont il est fait mémoire ici. De même, elle se fait proche de tous ceux qui, aujourd’hui, sont objet de persécution à cause de leur race, de leur couleur, de leur condition de vie ou de leur religion – leurs souffrances sont les siennes, et sienne est leur espérance de justice. En tant qu’Évêque de Rome et Successeur de l’Apôtre Pierre, je réaffirme l’engagement de l’Église à prier et à travailler sans cesse pour faire en sorte que cette haine ne règne plus jamais dans le cœur des hommes. Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est le Dieu de la paix (cf.Ps 85, 9).

 

Les Écritures enseignent que nous avons le devoir de rappeler au monde que ce Dieu est vivant, même s’il nous est parfois difficile de comprendre ses chemins mystérieux et impénétrables. Il s’est révélé lui-même et il continue d’agir dans l’Histoire humaine. Il est le seul à gouverner le monde avec justice et à se prononcer sur toutes les nations avec droiture (cf. Ps 9, 9).

 

En regardant les visages qui se reflètent à la surface de la nappe d’eau immobile à l’intérieur de ce mémorial, on ne peut pas ne pas se rappeler que chacun d’eux porte un nom. Je peux seulement imaginer la joyeuse attente de leurs parents alors qu’ils se préparaient avec impatience à accueillir la naissance de leurs enfants. Quel nom donnerons-nous à cet enfant ? Qu’adviendra-t-il de lui ou d’elle ? Qui pouvait imaginer qu’ils auraient été condamnés à un sort aussi déplorable !

 

Tandis que nous sommes ici, en silence, leur cri résonne encore dans nos cœurs. C’est un cri élevé contre tout acte d’injustice et de violence. C’est le reproche continuel du sang innocent versé. C’est le cri d’Abel montant de la terre vers le Très-Haut. En professant fermement notre foi en Dieu, nous faisons monter ce cri en utilisant les mots du Livre des Lamentations qui sont si pleins de sens pour les Juifs comme pour les Chrétiens.

 

« Les faveurs du Seigneur ne sont pas finies,

 ni ses compassions épuisées ;

 elles se renouvellent chaque matin,

 grande est sa fidélité !

 Ma part, c’est Dieu ! dit mon âme,

 c’est pourquoi j’espère en lui.

 Le Seigneur est bon pour qui se fie à lui,

 Pour l’âme qui le cherche.

 Il est bon d’attendre en silence

 le Salut de Dieu ».

 (Lm 3, 22-26).

 

Chers amis, je suis profondément reconnaissant envers Dieu et envers vous de cette occasion qui m’a été donnée de m’arrêter ici, en silence : silence pour se souvenir, silence pour prier, silence pour espérer.

 

Mémorial de Yad Vashem 2

 

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