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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 17:09



Extrait de l’homélie prononcée par le Pape Benoît XVI au Yankee Stadium de New York devant 57.000 fidèles, le 20 avril 2008.



Chers frères et sœurs dans le Christ,

Dans l'Evangile que nous venons d'entendre, Jésus dit à ses apôtres de placer leur foi en lui, parce qu'il est "le chemin, la vérité et la vie" (Jn 14, 6). Le Christ est le chemin qui conduit au Père, la Vérité qui donne un sens à l'existence humaine, et la source de cette vie qui est joie éternelle avec les Saints dans le royaume des cieux. Prenons le Seigneur au mot! Renouvelons notre foi en lui et plaçons notre espérance dans ses promesses!

Avec cet encouragement à persévérer dans la foi de Pierre (cf. Lc 22, 32; Mt 16, 17), je vous salue tous avec une grande affection (…). Pendant cette messe, l'Eglise aux Etats-Unis célèbre le 200e anniversaire de la création des sièges de New York, Boston, Philadelphie et Louisville, à partir du démembrement du siège "mère" de Baltimore. La présence du successeur de Pierre à cet autel, de ses confrères évêques et prêtres, des diacres, des religieux, des religieuses, et des fidèles laïcs des cinquante Etats de l'Union, manifeste de façon éloquente notre communion dans la foi catholique qui nous vient des apôtres.

Notre célébration d'aujourd'hui est aussi le signe de la croissance impressionnante dont Dieu a béni l'Eglise de votre pays au cours des deux cents dernières années. C'est à partir du petit troupeau, tel qu'il est décrit dans la première lecture, que l'Eglise s'est construite en Amérique, dans la fidélité au deux commandements de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain. Dans ce pays de liberté et d'opportunités, l'Eglise a réuni des troupeaux très différents, dans la profession de foi et, à travers ses nombreuses œuvres d'éducation, de charité et d'assistance sociale, elle a aussi contribué de façon significative à la croissance de la société américaine dans son ensemble.

Ce grand résultat ne s'est pas fait sans défis. La première lecture d'aujourd'hui, tirée des Actes des Apôtres, parle des tensions linguistiques et culturelles, déjà présentes dans la communauté de l'Eglise primitive. En même temps, cela montre la puissance de la Parole de Dieu, proclamée avec autorité par les Apôtres et reçue dans la foi, pour créer une unité qui transcende les divisions qui sont le fruit des limites et des faiblesses humaines. Ici, nous est rappelée une vérité fondamentale : l'unité de l'Eglise n'a pas d'autre base que la Parole de Dieu, faite chair en Jésus Christ notre Seigneur. Tous les signes extérieurs d'identité, toutes les structures, les associations et les programmes, aussi valables et même essentiels soient-ils, n'existent, en définitive, que pour soutenir et favoriser l'unité profonde qui, dans le Christ, est le don indéfectible de Dieu à son Eglise.

La première lecture indique aussi clairement, comme nous le voyons de l'imposition des mains aux premiers diacres, que l'unité de l'Eglise est aussi "apostolique". C'est une unité visible, fondée sur les apôtres que le Christ a choisis pour être les témoins de sa résurrection, et elle est née de ce que les Ecritures appellent "l'obéissance de la foi" (Rm 1, 5; cf. Ac 6, 7).

"Autorité"... "obéissance". Pour être francs, ces paroles ne sont pas faciles à prononcer aujourd'hui. De tels mots représentent une "pierre d'achoppement" pour beaucoup de contemporains, spécialement dans une société qui donne à juste titre une valeur élevée à la liberté personnelle. Cependant, dans la nuit de notre foi, en Jésus Christ, - "le chemin, la vérité et la vie" - nous voyons peu à peu la signification, la valeur, et même la beauté de ces paroles. L'Evangile nous enseigne que la vraie liberté, la liberté des enfants de Dieu, ne se trouve que dans l'abandon de soi qui appartient au mystère de l'amour. Ce n'est qu'en se perdant soi-même, nous dit le Seigneur, que nous nous trouvons vraiment nous-mêmes (cf. Lc 17, 33). La liberté véritable fleurit lorsque nous nous détournons du fardeau du péché qui embrume nos perceptions et affaiblit nos résolutions, pour trouver la source de notre bonheur ultime en celui qui est l'amour infini, la liberté infinie, la vie infinie. "Dans sa volonté nous trouvons la paix".

La liberté véritable est alors un don gratuit de Dieu, le fruit de la conversion à sa vérité, la vérité qui nous rend libre (cf. Jn 8, 32). Et cette liberté dans la vérité apporte dans son sillage une façon nouvelle et libératrice de regarder la réalité. Lorsque nous revêtons "l'esprit du Christ" (cf. Ph 2, 5), de nouveaux horizons s'ouvrent à nous! A la lumière de la foi, dans la communion de l'Eglise, nous trouvons aussi l'inspiration et la force de devenir dans le monde un levain de l'Evangile. Nous devenons la lumière du monde, le sel de la terre (cf. Mt 5, 13-14), auquel est confié "l'apostolat" de rendre nos vies et le monde où nous vivons, toujours plus conformes au dessein de salut de Dieu.

La magnifique vision d'un monde transformé par la vérité libératrice de l'Evangile se reflète dans la description de l'Eglise que l'on trouve dans la deuxième lecture de ce jour. L'Apôtre nous dit que le Christ, ressuscité des morts, est la clef de voûte d'un grand temple qui se construit aujourd'hui encore dans l'Esprit. Et nous, en tant que membres de ce corps, par le baptême, nous sommes devenus des "pierres vivantes" de ce temple, participant par grâce à la vie de Dieu, bénis par la liberté des enfants de Dieu, et ayant le pouvoir d'offrir des sacrifices spirituels qui lui plaise (cf. 1 P 2, 5). Et quelle est cette offrande que nous sommes appelés à faire, sinon de diriger toutes nos pensées, nos paroles et nos actions vers la vérité de l'Evangile et de mobiliser toutes nos énergies au service du Royaume de Dieu? Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons construire avec Dieu, sur l'unique fondation qui est le Christ (cf. 1 Co 3, 11). Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons construire quelque chose qui durera vraiment. Ce n'est qu'ainsi que nos vies peuvent trouver une signification ultime et porter un fruit éternel (…).


Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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