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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 12:54

 

[Nous poursuivons notre lecture du Grand Moyen de la Prière de Saint Alphonse de Liguori]

CHAPITRE I
NÉCESSITÉ DE LA PRIÈRE

 

Ce fut déjà une erreur des Pélagiens de prétendre que la prière n'est pas nécessaire pour parvenir au salut. L'impie Pélage, leur maître, disait que : « L'homme ne se perd que pour autant qu'il néglige d'apprendre les vérités qu'il est nécessaire de connaître ». Mais chose curieuse, disait saint Augustin, « Pélage dispute de tout plutôt que de la prière ». Pélage voulait traiter de tout, sauf de la prière qui est l'unique moyen, comme le pensait et l'enseignait le saint Docteur, d'acquérir la science des saints, selon ce que saint Jacques écrivait : « Si l'un de vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu ; il donne à tous généreusement, sans récriminer ». (Jc 1, 5).

Les textes de la Sainte Ecriture, qui nous montrent la nécessité où nous sommes de prier, si nous voulons assurer notre salut sont trop clairs : « Il leur fallait prier sans cesse, et ne pas se décourager » (Lc 18,1). « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation » (Mt 26, 41). « Demandez et l'on vous donnera » (Mt 7, 7).

Ces termes : « Il faut, Priez, Demandez », selon l'opinion commune des théologiens, impliquent un commandement, une obligation. Pour Wiclef, ces termes n'étaient pas à entendre de la prière mais uniquement de la nécessité des bonnes oeuvres. D' après lui, prier n'était rien d'autre que bien agir. Ce fut là de sa part une erreur et il fut condamné expressément par l'Eglise. Aussi le savant Léonard Lessius a-t-il écrit qu'on ne pouvait nier sans errer dans la foi que la prière soit nécessaire aux adultes pour faire leur salut, car il est évident que, selon les Saintes Ecritures, la prière est l'unique moyen d'obtenir les secours nécessaires au salut : « Il faut, dit-il, tenir comme de foi, que la prière est nécessaire aux adultes pour leur salut, ainsi qu'il ressort des Saintes Ecritures, parce que la prière est le moyen sans lequel on ne peut obtenir le secours nécessaire au salut »

La raison en est claire. Sans le secours de la grâce nous ne pouvons faire aucun bien : « Hors de moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5). Saint Augustin note à propos de cette phrase que Jésus n'a pas dit : « Vous ne pouvez rien parfaire, mais rien faire ». Notre Sauveur nous donne ainsi à entendre que, sans la grâce, nous ne pouvons même pas commencer à faire le bien. L'Apôtre Paul va jusqu'à écrire que de nous-mêmes nous ne pouvons même pas en avoir le désir : « Et si nous avons tant d'assurance devant Dieu grâce au Christ, ce n'est pas à cause d'une capacité personnelle dont nous pourrions nous attribuer le mérite. Notre capacité vient de Dieu » (2 Co 3, 5). Si donc nous ne pouvons même pas penser au bien, encore moins pouvons-nous le désirer.

Beaucoup d'autres textes de la Sainte Ecriture expriment la même idée : « C'est le même Dieu qui opère tout en tous » ( 1 Co 12,6). « Je ferai que vous marchiez selon mes lois et que vous observiez et pratiquiez mes coutumes » (Ez 36, 27). Aussi saint Léon Ier a-t-il pu écrire : « L'homme ne fait aucun bien sans que Dieu lui donne de le faire ». Nous ne faisons aucun bien en dehors de celui que Dieu nous fait réaliser par sa grâce. Aussi le Concile de Trente a-t-il déclaré dans sa sixième Session, can. 3 : « Si quelqu'un dit que, sans l'inspiration prévenante et l'aide du Saint-Esprit, l'homme peut croire, espérer, aimer, ou se repentir comme il faut, pour que la grâce de la justification lui soit accordée, qu'il soit anathème ».

L'Auteur de l'Ouvrage Imparfait dit, à propos des animaux, que le Seigneur a donné aux uns la faculté de courir, à d'autres des griffes, à d'autres des ailes, pour qu'ils puissent ainsi préserver leur vie, mais ensuite il a formé l'homme de telle manière que Dieu seul soit toute sa force. Ainsi l'homme est de fait complètement incapable d'assurer par lui-même son salut, parce que Dieu a voulu que tout ce que l'homme a et peut avoir, il le reçoive du seul secours de sa grâce.

Mais, ce secours de la grâce, le Seigneur, selon sa Providence ordinaire, ne l'accorde qu'à ceux qui prient, selon la célèbre formule de Gennade : « Nous croyons que personne n'aspire au salut sans y être appelé par Dieu ; aucun appelé ne fait concrètement son salut sans y être aidé par Dieu ; personne n'obtient cette aide si ce n'est pas la prière ». Si donc sans le secours de la grâce nous ne pouvons rien ; si, par ailleurs, Dieu ne donne ordinairement ce secours qu'à ceux qui prient, n'est-il pas clair, en conséquence, que la prière nous est absolument nécessaire pour le salut ? Il est vrai que les premières grâces qui nous viennent sans aucune coopération de notre part, comme l'appel à la foi ou à la pénitence, Dieu les accorde, selon saint Augustin, même à ceux qui ne prient pas, mais le saint n'en tient pas moins pour certain que les autres grâces (spécialement le don de la persévérance) ne sont accordées qu'à ceux qui prient : « Il y a des grâces, cela est certain, que Dieu a préparées à ceux-là mêmes qui ne les demandent pas, comme le commencement de la foi, mais il en est d'autres qu'il réserve à ceux qui les demandent, comme la persévérance finale ».

De là vient que les théologiens enseignent communément avec saint Basile, saint Jean Chrysostome, Clément d'Alexandrie et d'autres, comme le même saint Augustin, que la prière est nécessaire aux adultes, non seulement de nécessité de « précepte », comme nous l'avons vu, mais de nécessité de « moyens ». Cela veut dire que, selon la providence ordinaire, il est impossible qu'un fidèle, sans se recommander à Dieu et sans lui demander les grâces nécessaires au salut, puisse se sauver.

Saint Thomas enseigne la même chose : « Après le baptême, pour que l'homme entre au ciel, la prière continuelle lui est nécessaire. Sans doute, par le baptême, les péchés sont remis ; pourtant, il reste le foyer de concupiscence qui nous combat à l'intérieur, et le monde et les démons qui luttent contre nous de l'extérieur ». La raison donc qui convainc, selon le Docteur Angélique, où nous sommes de prier, la voici en bref : Pour faire notre salut nous devons lutter et vaincre. « L'athlète ne reçoit la couronne que s'il a lutté selon les règles » (2 Tm 2, 5). Mais, sans le secours divin, nous sommes incapables de résister aux attaques d'ennemis si nombreux et si puissants. Or, ce secours divin ne s'obtient que par la prière. Donc, sans la prière pas de salut possible.

Que la prière soit l'unique moyen ordinaire de recevoir les grâces de Dieu, le même saint Docteur le confirme plus nettement encore dans un autre passage : selon lui toutes les grâces que le Seigneur a résolu éternellement de nous accorder, il ne veut nous les donner que par la prière. Saint Grégoire écrit de même : « Par leurs demandes les hommes méritent de recevoir ce que le Dieu tout-puissant a dès toujours résolu de leur donner ». Ce n'est pas, dit saint Thomas qu'il soit nécessaire de prier afin que Dieu connaisse nos besoins, mais afin que nous comprenions, nous, la nécessité où nous sommes de recourir à Dieu pour recevoir de lui les secours nécessaires à notre salut, et qu'ainsi nous le reconnaissions comme l'unique auteur de tous nos biens. Ce sont les paroles de saint Thomas : « C'est pour nous faire entendre à nous-mêmes qu'en pareil cas on doit recourir au secours de Dieu, et nous faire reconnaître en Lui l'auteur de nos biens ». De même que le Seigneur a fixé que nous nous procurions du pain en semant du blé, et du vin en plantant des vignes, ainsi a-t-il voulu que nous recevions par le moyen de la prière les grâces nécessaires au salut : « Demandez et l'on vous donnera, cherchez et vous trouverez » (Mt 7,7).

Bref, nous ne sommes que de pauvres mendiants, qui n'avons rien d'autre que ce que Dieu nous donne en aumône : « Je ne suis qu'un pauvre et un mendiant » (Ps 40. 18). Le Seigneur, dit saint Augustin, désire et veut nous dispenser ses grâces, mais il ne veut les donner qu'à ceux qui les lui demandent : « Dieu veut donner, mais il ne donne qu'à celui qui demande ». N'a-t-il pas affirmé : « Demandez et l'on vous donnera ? » Oui, cherchez et vous recevrez ! Donc, conclut sainte Thérèse, qui ne cherche pas ne reçoit pas.

Comme la sève est nécessaire pour que les plantes vivent et ne se dessèchent pas, ainsi dit saint Jean Chrysostome, la prière est nécessaire à notre salut. Ce même saint dit ailleurs : Comme l'âme donne la vie au corps, ainsi la prière maintient l'âme en vie : « De même que le corps ne peut vivre sans l'âme, ainsi sans la prière l'âme est morte et sent mauvais ». « Elle sent mauvais » parce que celui qui néglige de se recommander à Dieu commence aussitôt à puer le péché. La prière est aussi appelée nourriture de l'âme, parce que le corps ne peut se soutenir sans nourriture, et de même, dit saint Augustin, l'âme ne peut se conserver en vie sans la prière. « De même que le corps se nourrit d'aliments, ainsi l'âme se nourrit de prières ».

Toutes ces comparaisons employées par les Saints Pères nous montrent bien l'absolue nécessité où nous sommes tous, selon eux, de prier pour faire notre salut.

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