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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 22:08

Extrait de l’homélie prononcée par le Pape Benoît XVI lors de sa visite pastorale à Naples, le 21 octobre 2007.

En méditant sur les lectures bibliques de ce dimanche et en réfléchissant à la réalité de Naples, je suis touché par le fait qu'aujourd'hui, la Parole de Dieu a pour thème principal la prière, et même la nécessité "de prier sans cesse" comme le dit l'Evangile (cf. Lc 18, 1). A première vue, cela pourrait paraître un message peu pertinent, peu incisif par rapport à une réalité sociale qui connaît tant de problèmes comme la vôtre. Mais en y réfléchissant, on comprend que cette Parole contient un message certainement à contre-courant, mais qui est toutefois destiné à illuminer en profondeur la conscience de votre Eglise et de votre ville. Je le résumerais ainsi : la force, qui en silence et sans bruit change le monde et le transforme en Royaume de Dieu, c'est la foi – et l'expression de la foi, c'est la prière. Lorsque la foi se remplit d'amour pour Dieu, reconnu comme Père juste et bon, la prière se fait persévérante, insistante, elle devient un gémissement de l'esprit, un cri de l'âme qui pénètre le cœur de Dieu. De cette façon, la prière devient la plus grande force de transformation du monde. Face à des réalités sociales difficiles et complexes, comme l'est certainement la vôtre, il faut renforcer l'espérance, qui se fonde sur la foi et s'exprime en une prière inlassable. C'est la prière qui garde allumée la flamme de la foi.

Jésus demande, comme nous l'avons entendu à la fin de l'Evangile : "Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?" (Lc 18, 8). C'est une question qui nous fait réfléchir. Quelle sera notre réponse à cette interrogation préoccupante? Aujourd'hui, nous voulons répéter ensemble avec un humble courage : Seigneur, ta venue parmi nous dans cette célébration dominicale nous trouve rassemblés avec la lampe de la foi allumée. Nous croyons et nous nous en remettons à toi! Fais grandir notre foi!

Les lectures bibliques que nous avons écoutées nous présentent certains modèles dont nous inspirer dans notre profession de foi, qui est toujours également une profession d'espérance, car la foi est espérance, elle ouvre la terre à la foi divine, à la force du bien. Ce sont les figures de la veuve que nous rencontrons dans la parabole évangélique et celle de Moïse dont nous parle le livre de l'Exode. La veuve de l'Evangile (cf. Lc 18, 1-8) fait penser aux "petits", aux derniers, mais également à tant de personnes simples et droites, qui souffrent des violences, qui se sentent impuissantes face à la permanence du malaise social et qui sont tentées de se décourager. Jésus répète à celles-ci : observez avec quelle ténacité cette pauvre veuve insiste et obtient à la fin l'attention d'un juge inique! Comment pourriez-vous penser que votre Père céleste, bon et fidèle, et puissant, qui ne désire que le bien de ses enfants, ne vous rende pas justice le moment venu? La foi nous assure que Dieu écoute notre prière et nous exauce au moment opportun, même si l'expérience quotidienne semble démentir cette certitude. En effet, devant certains faits divers ou les nombreuses difficultés quotidiennes de la vie, dont les journaux ne parlent même pas, s'élève spontanément de notre cœur la supplique de l'antique prophète : "Jusques à quand, Yahvé, appellerai-je au secours sans que tu écoutes, crierai-je vers toi : "A la violence!" sans que tu sauves?" (Ha 1, 2). Il n'y a qu'une seule réponse à cette invocation angoissée : Dieu ne peut pas changer les choses sans notre conversion, et notre véritable conversion commence avec le "cri" de l'âme, qui implore le pardon et le salut. La prière chrétienne n'est donc pas l'expression du fatalisme et de l'inertie, elle est même le contraire d'une fuite de la réalité, d'un intimisme consolateur : elle est une force d'espérance, la plus haute expression de la foi dans la puissance de Dieu qui est Amour et qui ne nous abandonne pas. La prière que Jésus nous a enseignée, qui a atteint son sommet au Gethsémani, possède le caractère de la "compétition", c'est-à-dire de la lutte, car elle se range de manière décidée aux côtés du Seigneur pour combattre l'injustice et vaincre le mal par le bien ; elle est l'arme des petits et des pauvres d'esprit, qui refusent tout type de violence. Ils répondent même à celle-ci par la non violence évangélique, en témoignant ainsi que la vérité de l'Amour est plus forte que la haine et que la mort.

Cela ressort également de la première Lecture; il s'agit du célèbre récit de la bataille entre les Israélites et les Amalécites (cf. Ex 17, 8-13a). Ce qui détermina l'issue de ce dur conflit fut précisément la prière adressée avec foi au vrai Dieu. Alors que Josué et ses hommes affrontaient les adversaires sur le champ de bataille, Moïse était sur la cime de la colline avec les mains levées, dans la position de la personne en prière. Ces mains levées du grand condottiere garantirent la victoire d'Israël. Dieu était avec son peuple, il en voulait la victoire, mais son intervention était conditionnée par les mains levées de Moïse. Cela semble incroyable, mais c'est ainsi : Dieu a besoin des mains levées de son serviteur! Les bras levés de Moïse font penser à ceux de Jésus sur la croix : les bras ouverts et cloués avec lesquels le Rédempteur a vaincu la bataille décisive contre l'ennemi infernal. Sa lutte, ses mains levées vers le Père et ouvertes sur le monde demandent d'autres bras, d'autres cœurs qui continuent à s'offrir avec son même amour, jusqu'à la fin du monde.

Je m'adresse particulièrement à vous, chers Pasteurs de l'Eglise qui est à Naples, en faisant miennes les paroles que saint Paul adressa à Timothée et que nous avons écoutées dans la deuxième Lecture : demeurez fermes dans ce que vous avez appris et dont vous êtes convaincus. Annoncez la parole, insistez en chaque occasion, à temps et à contretemps, admonestez, avertissez, exhortez avec une patience inlassable et le souci d'instruire (cf. 2 Tm 3, 14.16; 4, 2). Et comme Moïse sur la montagne, persévérez dans la prière pour et avec les fidèles confiés à vos soins pastoraux, pour qu'ensemble, vous puissiez affronter chaque jour le bon combat de l'Evangile.



Lire le texte intégral de l'homélie du Pape Benoît XVI

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commentaires

Yves 31/12/2008 14:16

Très beau texte ! Cela est d'ailleurs en parfaite résonance avec la vie du Saint Curé d'Ars dont je suis en train, ces jours-ci, de lire la biographie écrite par Mgr Trochu. Un régal pour l'âme !

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