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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 23:00



Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît XVI lors de la rencontre et célébrations des vêpres avec les Evêques du Brésil, le 11 mai 2007.

 



Bien-aimés frères dans l'épiscopat !

Cette rencontre est un grand événement ecclésial qui s'inscrit dans le cadre de l'effort missionnaire que l'Amérique latine devra assumer, précisément à partir d'ici, du sol brésilien. C'est pourquoi j'ai tout d'abord voulu m'adresser à vous, Evêques du Brésil, en évoquant ces paroles riches de contenu de la Lettre aux Hébreux : "Bien qu'il soit le Fils, il a pourtant appris l'obéissance par les souffrances de sa Passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel" (He 5, 8-9). Possédant une signification très riche, ces versets parlent de la compassion de Dieu à notre égard, exprimée dans la passion de son Fils ; et ils parlent de son obéissance, de son adhésion libre et consciente aux desseins du Père, explicitée de manière particulière dans la prière au mont des Oliviers : "Pas ma volonté, mais la tienne" (Lc 22, 42). Ainsi, c'est Jésus lui-même qui nous enseigne que la véritable voie du salut consiste à conformer notre volonté à celle de Dieu. C'est précisément ce que nous demandons dans la troisième invocation de la prière du Notre Père : que la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au Ciel, car là où règne la volonté de Dieu, le Royaume de Dieu est présent. Jésus nous attire par sa volonté, par la volonté du Fils, et de cette manière, il nous guide vers le salut. En allant à la rencontre de la volonté de Dieu, avec Jésus Christ, nous ouvrons le monde au Royaume de Dieu.

Nous, Evêques, sommes convoqués pour manifester cette vérité centrale, car nous sommes liés directement au Christ Bon Pasteur. La mission qui nous est confiée, comme Maîtres de la foi, consiste à rappeler, comme l'Apôtre des Nations l'écrivait lui-même, que notre Sauveur "veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité" (1 Tm 2, 4-6). Telle, et aucune autre, est la finalité de l'Eglise : le salut des âmes, une par une. C'est pourquoi le Père a envoyé son Fils, et "de même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie", est-il dit chez saint Jean (Jn 20, 21). C'est à partir de là que commence le mandat d'évangéliser : "Allez donc! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils et Saint-Esprit; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde" (Mt 28, 19-20). Ce sont des paroles simples et sublimes, dans lesquelles sont indiquées l'obligation de prêcher la vérité de la foi, l'urgence de la vie sacramentelle et la promesse de l'aide permanente du Christ à son Eglise. Il s'agit de réalités fondamentales et elles se réfèrent à l'instruction dans la foi et dans la morale chrétienne, ainsi qu'à la pratique des sacrements. Là où Dieu et sa volonté ne sont pas connus, là où n'existe pas la foi en Jésus Christ et dans sa présence lors des célébrations sacramentelles, manque également l'essentiel pour résoudre les problèmes sociaux et politiques urgents. La fidélité au primat de Dieu et de sa volonté, connue et vécue en communion avec Jésus Christ, est le don essentiel que nous, Evêques et prêtres, devons offrir à notre peuple (cf. Populorum progressio, n. 21).

Le ministère épiscopal nous pousse ainsi au discernement de la volonté salvifique, dans la recherche d'une pastorale qui éduque le Peuple de Dieu à reconnaître et à accueillir les valeurs transcendantales, dans la fidélité au Seigneur et à l'Evangile.

Il est vrai que l'époque actuelle est difficile pour l'Eglise et un grand nombre de ses fils affrontent des épreuves. La vie sociale traverse actuellement une période d'égarement déconcertante. On attaque impunément la sainteté du mariage et de la famille, en commençant à faire des concessions face aux pressions en mesure d'influencer négativement les processus législatifs ; on justifie certains délits contre la vie au nom des droits de la liberté individuelle ; on porte atteinte à la dignité de l'être humain ; on diffuse la blessure du divorce et des unions libres. Plus encore, lorsqu'au sein de l'Eglise est remise en question la valeur de l'engagement sacerdotal comme don total à Dieu à travers le célibat apostolique et comme disponibilité totale à servir les âmes, et que l'on accorde la préférence à des questions idéologiques et politiques, liées à des partis, la structure de la consécration totale à Dieu commence à perdre sa signification la plus profonde. Comment ne pas ressentir de la tristesse dans notre âme ? Mais ayez confiance : l'Eglise est sainte et incorruptible (cf. He 5, 27). Saint Augustin disait : "l'Eglise vacillera si son fondement vacille ; mais le Christ peut-il vaciller? Etant donné que le Christ ne vacille pas, l'Eglise restera intacte jusqu'à la fin des temps" (Enarrationes in Psalmos, 103, 2, 5; PL 37, 1353).

Parmi les problèmes que doit affronter votre sollicitude pastorale se trouve, sans aucun doute, la question des catholiques qui abandonnent la vie ecclésiale. Il semble clair que la cause principale de ce problème, parmi d'autres, peut être attribuée au manque d'une évangélisation dans laquelle le Christ et son Eglise se trouvent au centre de toute explication. Les personnes les plus vulnérables au prosélytisme agressif des sectes – qui constituent un juste motif d'inquiétude – et incapables de résister aux assauts de l'agnosticisme, du relativisme et du laïcisme sont en général les baptisés qui ne sont pas suffisamment évangélisés, facilement influençables, car ils possèdent une foi fragile et parfois confuse, vacillante et naïve, même s'ils conservent une religiosité innée. Dans l'Encyclique
Deus caritas est, j'ai rappelé qu'"à l'origine du fait d'être chrétien il n'y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive" (n. 1). Il est donc nécessaire de lancer l'activité apostolique comme une véritable mission dans le cadre du troupeau constitué par l'Eglise qui est au Brésil, en promouvant une évangélisation méthodique et ramifiée en vue d'une adhésion personnelle et communautaire au Christ. Il s'agit, en effet, de ne pas épargner les efforts pour aller à la recherche des catholiques qui se sont éloignés et de ceux qui ne connaissent que peu ou pas du tout Jésus Christ, à travers une pastorale de l'accueil les aidant à percevoir l'Eglise comme le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu, et au moyen d'un parcours catéchétique permanent (…).

Si les personnes rencontrées vivent dans une situation de pauvreté, il faut les aider comme le faisaient les premières communautés chrétiennes, en pratiquant la solidarité pour qu'elles se sentent vraiment aimées. Les personnes pauvres des banlieues urbaines ou de la campagne ont besoin de sentir la proximité de l'Eglise, que ce soit à travers l'aide pour les nécessités les plus urgentes, ou la défense de leurs droits et la promotion commune d'une société fondée sur la justice et sur la paix. Les pauvres sont les destinataires privilégiés de l'Evangile, et l'Evêque, formé à l'image du Bon Pasteur, doit être particulièrement attentif à offrir le baume divin de la foi, sans négliger le "pain matériel". Comme je l'ai souligné dans l'Encyclique
Deus caritas est, "l'Eglise ne peut pas négliger le service de la charité, de même qu'elle ne peut négliger les Sacrements ni la Parole" (n. 22).

La vie sacramentelle, en particulier à travers la Confession et l'Eucharistie, prend ici une importance de premier ordre. C'est à vous, Pasteurs, que revient la tâche principale d'assurer la participation des fidèles à la vie eucharistique et au sacrement de la Réconciliation ; vous devez veiller à ce que la reconnaissance et l'absolution des péchés soient individuelles, de la même façon que le péché constitue un fait profondément personnel (cf. Exhort. apos.
Reconciliatio et paenitentia, 31, III). Seule l'impossibilité physique ou morale exempte le fidèle de cette forme de confession, qui peut dans ce cas obtenir la réconciliation par d'autres moyens (cf. can. 960; cf. Compendium du Catéchisme de l'Eglise catholique, n. 311). Il est donc opportun d'inculquer aux prêtres la pratique de la disponibilité généreuse à accueillir les fidèles qui ont recours au Sacrement de la miséricorde de Dieu (cf. Lett. apost. Misericordia Dei, n. 2).



Lire le texte intégral du discours du Pape Benoît XVI

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