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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 10:58

Extrait de l’Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis du Pape Benoît XVI, donnée à Rome en la fête de la Chaire de Saint Pierre Apôtre, le 22 février 2007.


Le lien intrinsèque entre Eucharistie et Sacrement de l'Ordre découle des paroles mêmes de Jésus au Cénacle : « Faites ceci en mémoire de moi » (Lc 22, 19). En effet, Jésus, à la veille de sa mort, a institué l'Eucharistie et fondé en même temps le sacerdoce de la Nouvelle Alliance. Il est prêtre, victime et autel : médiateur entre Dieu le Père et le peuple (cf. He 5, 5-10), victime d'expiation (cf. 1 Jn2, 2; 4, 10) qui s'offre elle-même sur l'autel de la croix. Personne ne peut dire « ceci est mon corps » et « ceci est la coupe de mon sang » si ce n'est au nom et en la personne du Christ, unique souverain prêtre de la nouvelle et éternelle Alliance (cf. He 8-9). (…) [C’est pourquoi] le lien entre l'Ordre sacré et l'Eucharistie est visible précisément dans la Messe présidée par l'Évêque ou par le prêtre au nom du Christ-Tête.

La doctrine de l'Église fait de l'ordination sacerdotale la condition indispensable pour la célébration valide de l'Eucharistie
.
En effet, dans le service ecclésial du ministre ordonné, c'est le Christ lui-même qui est présent à son Église en tant que Tête de son Corps, Pasteur de son troupeau, grand prêtre du sacrifice rédempteur. De façon certaine, le ministre ordonné agit aussi au nom de toute l'Église lorsqu'il présente à Dieu la prière de l'Église et surtout lorsqu'il offre le sacrifice eucharistique. Il est donc nécessaire que les prêtres aient conscience que, dans tout leur ministère, ils ne doivent jamais se mettre au premier plan, eux-mêmes ou leurs opinions, mais Jésus Christ. Toute tentative de se poser soi-même comme protagoniste de l'action liturgique contredit l'identité sacerdotale. Le prêtre est plus que jamais serviteur et il doit s'engager continuellement à être le signe qui, en tant qu'instrument docile entre les mains du Christ, renvoie à Lui. Cela se traduit particulièrement dans l'humilité avec laquelle le prêtre guide l'action liturgique, dans l'obéissance au rite, en y adhérant de cœur et d'esprit, en évitant tout ce qui pourrait donner l'impression d'une initiative propre inopportune. Je recommande donc au clergé d'approfondir toujours la conscience de son ministère eucharistique comme humble service rendu au Christ et à son Église. Le sacerdoce, comme le disait saint Augustin, est amoris officium, est l'office du bon pasteur, qui offre sa vie pour ses brebis (cf. Jn 10, 14-15).

Les Pères synodaux ont voulu souligner que le sacerdoce ministériel requiert, à travers l'ordination, l'entière configuration au Christ. Tout en respectant les pratiques différentes et la tradition orientale, il convient de rappeler le sens profond du célibat sacerdotal, justement considéré comme une richesse inestimable et confirmé aussi dans la pratique orientale pour les candidats à l'épiscopat. Dans un tel choix, en effet, le dévouement qui conforme le prêtre au Christ et l'offrande exclusive de lui-même pour le Règne de Dieu trouvent une expression particulière. Le fait que le Christ lui-même, prêtre pour l'éternité, ait vécu sa mission jusqu'au Sacrifice de la croix dans l'état de virginité constitue le point de référence sûr pour recueillir le sens de la tradition de l'Église latine sur cette question. Il n'est donc pas suffisant de comprendre le célibat sacerdotal en termes purement fonctionnels. En réalité, il est une conformation particulière au style de vie du Christ lui-même. Ce choix est avant tout sponsal ; il est identification au cœur du Christ Époux, qui donne sa vie pour son Épouse. Unie à la grande tradition ecclésiale, au
Concile Vatican II et aux Souverains Pontifes mes prédécesseurs, je redis la beauté et l'importance d'une vie sacerdotale vécue dans le célibat comme signe exprimant le don de soi total et exclusif au Christ, à l'Église et au Règne de Dieu, et j'en confirme donc le caractère obligatoire pour la tradition latine. Le célibat sacerdotal vécu avec maturité, joie et dévouement est une très grande bénédiction pour l'Église et pour la société elle-même.

À propos du lien entre Sacrement de l'Ordre et Eucharistie, le Synode s'est arrêté sur la situation difficile qui apparaît dans divers diocèses lorsqu'on doit faire face à la pénurie de prêtres. Cela se produit non seulement dans certaines zones de première évangélisation, mais également dans de nombreux pays de longue tradition chrétienne. Une plus juste répartition des prêtres contribuera certainement à la solution du problème. Un travail de large sensibilisation est donc nécessaire. Les Évêques impliqueront dans les nécessités pastorales les Instituts de Vie consacrée et les nouvelles réalités ecclésiales, dans le respect de leur charisme propre, et ils solliciteront tous les membres du clergé à une plus grande disponibilité pour servir l'Église là où il en est besoin, même au prix de sacrifices. En outre, au cours du Synode, on a aussi discuté des attentions pastorales à mettre en œuvre pour favoriser, surtout chez les jeunes, l'ouverture intérieure à la vocation sacerdotale. Une telle situation ne peut trouver de solution par de simples moyens pragmatiques. Il faut éviter que les Évêques, poussés par des préoccupations fonctionnelles bien compréhensibles à cause du manque de prêtres, n'effectuent pas le discernement vocationnel qui convient et qu'ils admettent à la formation spécifique et à l'ordination des candidats qui ne possèdent pas les caractéristiques nécessaires pour le service sacerdotal. Un clerc qui n'est pas suffisamment formé, admis à l'ordination sans le discernement requis, pourra difficilement offrir un témoignage capable de susciter chez les autres le désir de répondre avec générosité à l'appel du Christ. En réalité, la pastorale vocationnelle doit impliquer toute la communauté chrétienne dans toutes ses composantes. Évidemment, ce large travail pastoral comprend également la sensibilisation des familles, souvent indifférentes si ce n'est ouvertement opposées à l'hypothèse de la vocation sacerdotale. Qu'elles s'ouvrent avec générosité au don de la vie et qu'elles éduquent leurs enfants à être disponibles à la volonté de Dieu. En résumé, il faut surtout avoir le courage de proposer aux jeunes la radicalité de la vie à la suite du Christ, en en montrant l'attrait.



Lire le texte intégral de l'Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis du Pape Benoît XVI

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commentaires

Certains 28/06/2008 07:50

Tu dépasses vraiment tout ce que je pensais, cher Matthieu !
Je savais qu'il y avait des cathos plus papistes que le Pape, mais je ne pensais pas en trouver un d'un aussi grand cru !
Admettre qu'on s'est trompé fait aussi partie des vertus chrétiennes.
Moi, je me suis trompé en pensant trouver ici un animateur ayant une parfaite honnêteté intellectuelle. Et je le reconnais humblement...

Matthieu 27/06/2008 19:57

"Certains", je me réjouis de ton enthousiasme pour un texte du Magistère! Beaucoup de catholiques devraient prendre exemple sur toi...Je renvoie mes lecteurs au texte "incriminé" : http://totus-tuus.over-blog.com/article-1921936.html.

Certains 27/06/2008 18:31

Oui, mais ce texte existe ET A RAISON :
La pratique de la continence parfaite et
perpétuelle pour le royaume des cieux a été recommandée par le Christ
Seigneur (Cf. Mt. 19,12.) ; tout au long des siècles, et de nos jours encore,
bien des chrétiens l'ont acceptée joyeusement et pratiquée sans reproche. Pour
la vie sacerdotale particulièrement, l'Eglise l'a tenue en haute estime. Elle
est à la fois signe et stimulant de la charité pastorale, elle est une source
particulière de fécondité spirituelle dans le monde (Cf. Conc.Vat.II, Const.
dogm. de Ecclesia, n.42). Certes, elle n'est pas exigée par la nature du
sacerdoce, comme le montrent la pratique de l'Eglise primitive (Cf.
Timothée 3,2-5, dit le texte mais il s’agit de 1 Timothée ! ; Tite
1,6) et la tradition des Églises orientales. Celles-ci ont des prêtres qui
choisissent, par don de la grâce, de garder le célibat - ce que font les
évêques -, mais on y trouve aussi des prêtres mariés dont le mérite est grand ;
tout en recommandant le célibat ecclésiastique, ce saint Concile n'entend
aucunement modifier la discipline différente qui est légitimement en vigueur
dans les Églises orientales.
DÉCRET SUR LE MINISTÈRE ET LA VIE DES PRÊTRES (PRESBYTERORUM
ORDINIS) 7 décembre 1965.
Matthieu, tu as passé beaucoup de temps à essayer de me démontrer que le célibat sacerdotal était incontournable car il  découlait des paroles de Jésus et des écrits de Paul.
Tu ne m'as pas convaincu car cela est faux ! Sinon Benoît se ferait un plaisir de le dire haut et fort.
Le célibat sacerdotal est une INVENTION  de l'Eglise latine, qui a renoncé à l'imposer aux églises orientales (ce qu'elle aurait sûrement fait avec allégresse si elle avait une assise solide !)
TU AS TOUT FAUX SUR CE DOSSIER.je n'en démordrai pas !

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