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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 22:36

Cher Tiago,

 

Je vous propose de commencer notre disputatio sur la foi chrétienne et sur l’Eglise – en cette belle fête (catholique) des Saints Apôtres Pierre et Paul.

 

Pour mes lecteurs qui n’auraient pas suivi nos débats, je rappelle que vous êtes intervenu sur le fil consacré à la Sola Scriptura, et que vous avez soulevé un certain nombre de questions concernant l’Eglise catholique, coupable selon vous de « dénaturer » et « souiller » la « pureté de l’Evangile » : « La tradition et les dogmes catholiques en général, contraires aux précieux enseignements de la Bible, représentent les enfants illégitimes d'une église qui a sombré dans l'apostasie et le reniement de la foi transmise aux saints une fois pour toutes. » (Com 24).

 

« Rome utilise certaines des méthodes propres aux sectes exclusivistes/apocalyptiques dont une des marques de fabrique est d'affirmer que Dieu leur a donné plus de vérité – une vérité que ne possède aucune autre église – et qu'en-dehors d'elle, point de salut. In fine, il s'agit d'une stratégie pour garder le pouvoir sur les âmes ; de les asservir au lieu de les servir comme Jésus-Christ le demande. » (Com 25).

 

« La Tradition catholique contredisant la parole de Dieu, il est tout aussi évident qu'elle ne prend pas sa source en Dieu mais dans des traditions, des coutumes, humaines contraires à la volonté de Dieu car Dieu ne Se contredit pas (…). L'Evangile a été jusqu'au jour où je vous écris ces quelques lignes, occulté, dénaturé, par la religion romaine papale dans laquelle vous mettez toute votre confiance. » (Com 46).

 

« Comment se fait-il que, sur ordre de l'église catholique de très nombreux exemplaires de la Bible aient été détruits par Rome ? Autrement dit, comment se fait-il que des papes, soi-disant vicaires et infaillibles serviteurs de Christ – Parole incarnée de Dieu – lorsqu'ils parlent ex-cathedra, ont pu ordonner de brûler des Bibles – parole écrite de Dieu – et que maintenant Rome invite les catholiques à lire la Bible ? » (Com 51).

 

« Il est un fait avéré que la Tradition catholique contredit très clairement la parole écrite de Dieu (…). Etant donné que les papes seraient les successeurs de Pierre, tous vicaires de Christ, comment expliquez-vous la vie dissolue qu'ont menée certains d'entre eux et plus particulièrement Alexandre VI ? L'Esprit-Saint a-t-Il vécu dans cet homme ? Si oui, pourquoi, comment ? Comment expliquez-vous, à la lumière du « Sermon sur la Montagne » le comportement de plusieurs papes envers les non-catholiques (croisades, inquisition) ? Je vous demande une réponse, sachant que Rome a décrété infaillibles les décisions papales.

 

« Comment expliquez-vous le dogme catholique lié aux indulgences ? Le célibat des prêtres à la lumière de 1 Cor. 9V5 ? Le culte des reliques, des saints, de Marie ? Les sacrements dont le baptême des enfants ? (…) Ce qui oppose le catholicisme et le christianisme biblique, c'est la grâce par la foi seule en l'œuvre rédemptrice de Jésus-Christ seul (vérité biblique) et la contrefaçon, l'imitation, de salut que Rome et sa théologie frelatée ont mis en place. C'est, en fait, un tout autre évangile que Rome enseigne. Cet évangile-là (…) est voué à la destruction (Gal. 1V8-9). (…)

 

« Jésus-Christ nous enseigne que l'on reconnaît l'arbre à son fruit. Les fruits que le catholicisme a portés pendant des siècles, est un fruit qu'il est impossible de confondre avec le christianisme biblique. La France, « fille aînée » de l'église catholique, est dans un état de ruine spirituelle avancée malgré 1500 ans de domination catholique. La plus importante contribution du catholicisme romain à la France ont été l'ignorance de masse, la superstition et l'idolâtrie. Cette contribution est directement le fruit de l'enseignement inique (= contraire, opposé, à l'enseignement biblique) propagé par Rome et contre lequel se sont insurgés les protestants avec raison. Il y a incompatibilité inhérente, fondamentale, viscérale, entre les enseignements catholiques et ceux de la Bible. » (Com 52)

 

« Je prie pour vous Matthieu et pour tous ceux qui, comme vous, sont prisonniers d'une organisation qui n’a cessé, au cours des siècles, d'œuvrer afin de dominer et d'enchaîner les âmes au lieu de les libérer » (Com 53).

 

« La succession apostolique romaine est basée sur un mensonge, une escroquerie spirituelle, une supercherie extra-biblique. Puisque la papauté est la cheville ouvrière de toute l'organisation de l'Eglise Catholique, ce sont toutes les prétentions de la Rome papale qui sont discréditées, vouées à la destruction et, par voie de conséquence, la religion qu'elle véhicule. Matthieu, il faut vous rendre à l'évidence : le pape romain est coupable devant Dieu et devant les hommes d'usurpation identitaire caractérisée, lui et toute l'Eglise Catholique que son organisation a enfantée. L'Eglise Catholique doit se repentir d'avoir usurpé le beau nom de Jésus et d'avoir participé à jeter le discrédit sur le nom de Dieu (Rom. 2v24) par ses pratiques/œuvres sanguinaires, criminelles, immorales, superstitieuses et blasphématoires. » (Com 57).

 

Ouf ! Les lecteurs apprécieront votre sens de la mesure…

 

Mais je comprends en un sens votre colère. Si vous êtes vraiment persuadé de ce que vous dites, alors vous ne pouvez réagir autrement. A votre place, je ferais de même. Je ne vous jette donc pas la pierre. Bien au contraire, je veux commencer par louer cet amour ardent pour Jésus-Christ que vous manifestez, et qui vous amène à déployer vos efforts pour combattre ce qui vous paraît une grave erreur dans l’ordre de la foi.

 

Pour entrer dans le débat cependant, je vous invite à dépasser l’aspect passionnel de tout ce qui peut nous diviser. Et à considérer d’abord ce qui nous unis. Vous et moi avons en commun d’aimer Jésus-Christ par-dessus tout ; nous l’adorons comme notre Dieu et Sauveur parce qu’il est le Fils éternel et bien-aimé du Père envoyé sur la terre pour sauver les hommes de la mort éternelle et du péché. Vous et moi adorons un Dieu unique en trois personnes (Père, Fils et Saint Esprit) ; vous et moi affirmons qu’il n’est pas d’autre nom sous le ciel que celui de Jésus par lequel nous puissions être sauvés (cf. Ac 4. 12). Voilà ce qui nous rassemble ; voilà ce qui nous unis ; voilà ce qui nous permet de nous regarder comme des frères ; voilà ce qui est premier.

 

C’est donc dans un esprit fraternel que je vous invite à entrer dans cette disputatio, en cultivant cette amitié en Christ, et en portant nos échanges dans la prière. Je ne doute pas que le Seigneur bénira notre partage ; je lui demande aussi de bénir tous ceux qui voudront bien y prendre part – tout le monde est invité !

 

Je voudrais engager le débat en commençant par répondre à votre dernier commentaire à l’article sur la Sola Scriptura (Com 51 et suivants).

 

Vous m’interrogez sur le premier Concile de Jérusalem en relevant que la décision prise « a été mise par écrit (donc préservée dans l'Ecriture). Pourquoi a-t-elle été mise par écrit si la « Tradition orale » pouvait convenir ? »

 

En raison sans doute de la particulière solennité de la décision prise et de son caractère impératif pour tout le peuple chrétien ; de sa dimension catholique, universelle (il fallait informer toutes les Eglises : quoi de plus approprié qu’un document écrit pour communiquer aux différentes communautés la réponse donnée à un problème susceptible de se poser partout ?). Notez bien au passage que l’Eglise a toujours conservé cette pratique des Conciles au long des siècles, et qu’elle a toujours consigné par écrit les décisions qu’elle entendait imposer au peuple de Dieu lorsque le dépôt de la foi était menacé.

 

C’est lorsque la Tradition est menacée qu’un texte écrit d'autorité s’impose (et cela vaut en partie pour le Nouveau Testament). La fonction de l’écrit est alors la préservation de la Tradition qui pré-existe à l’écrit. La Tradition est première ; elle existait déjà avant d’être mise par écrit. L'écriture ne fait qu'en rendre compte.  Ce n’est pas l’écrit qui fait exister la Tradition, mais la Tradition qui fait exister l’écrit. L’écrit est dépendant de la Tradition ; voilà pourquoi il est dangereux et nuisible de vouloir séparer l’Ecriture de la Tradition qui la porte.

 

« Actes 16v4 : ce passage fait référence aux décisions prises par les apôtres, les anciens et toute l'Eglise dans Actes 15 et que Paul, Silas et Timothée recommandaient aux chrétiens d'observer. Une fois encore, cette démarche, cette façon d'enseigner, d'instruire, de communiquer les « traditions » de l'Eglise, est consignée par écrit dans la Sainte Parole de Dieu. » L’Ecriture Sainte témoigne en effet de l’existence de ce premier Concile. Mais nulle part il n’est écrit que ce premier Concile serait le dernier… Nulle part il n’est écrit que « cette façon d'enseigner, d'instruire, de communiquer les « traditions » de l'Eglise » n’aurait pas à se perpétuer dans la suite des siècles. Et l’Histoire montrera que l’Eglise sera très vite contrainte de réagir par la voie conciliaire aux fortes contestations portant sur la divinité de Jésus-Christ ou celle de l’Esprit Saint – contribuant ainsi à forger, concile après concile, la doctrine catholique de la Sainte Trinité.

 

« Comme je vous l'ai déjà dit, l'expression « trinité » ne se trouve nulle part dans les Ecritures sacrées mais elle constitue le fondement même de la foi chrétienne. » C’est donc bien la preuve qu’il n’y a pas de Sola Scriptura, puisqu’un « fondement » de la foi chrétienne peut ne pas être énoncé explicitement dans la Bible !

 

La foi en la Trinité vous apparaît – avec juste raison – comme une évidence, et une évidence biblique. Mais force est de constater que ce n’est pas le cas pour tout le monde. Ca ne l’était pas au 4e siècle pour Arius et de nombreux évêques. Ca ne l’est pas encore aujourd’hui pour des communautés qui se revendiquent de la Bible, et qui nient ouvertement la Trinité au nom même de la fidélité aux Ecritures (cf. les unitariens ou les Témoins de Jéhova…) ! La foi en la Trinité implique donc que l’on s’approprie la Tradition catholique qui s’est élaborée à ce sujet au cours des premiers siècles de l’Eglise à l’occasion des 4 premiers conciles œcuméniques – ce que vous faites, ce dont je me réjouis.

 

On voit bien dès lors que l’Ecriture n’est pas suffisante ; qu'elle ne peut pas être "seule". Elle est nécessaire, ça oui. Absolument nécessaire. Mais elle n’est pas suffisante. Ce que vous reconnaissez vous-même lorsque vous me posez cette question, capitale entre toutes : « Comment peut-on lire la Bible sans l'interpréter? » Il me semble que tout est suggéré là, dans cette simple question. Si on ne peut pas lire la Bible sans l’interpréter, c’est donc que la Bible ne suffit pas – il faut encore se rattacher à une école d’interprétation, une « tradition ». Si l’on s’en tient à la lettre seule des Ecritures, alors on peut leur faire dire tout et n’importe quoi – tout, et le contraire de tout (voyez Satan au désert, qui cherche à tenter Jésus… avec la Bible !). Pour lire convenablement l’Ecriture, il faut aller au-delà du texte écrit : il faut en rechercher l’esprit.

 

Mais où trouver l’esprit du texte ? Dans mon intelligence ? Oui, mais cela ne suffit pas – sauf à considérer que je suis plus intelligent que les unitariens et les Témoins de Jéhova (ce que je suis en droit de penser – comme eux sont en droit de penser le contraire).

 

Plus fondamentalement, nous savons – dans la foi – que l’Esprit de Dieu a été répandu sur les disciples au jour de la Pentecôte. C’est donc dans l’Eglise que nous trouvons l’esprit des Ecritures – car c’est en elle qu’il demeure depuis cet évènement fondateur de la Pentecôte ; c’est l’Eglise qui peut nous livrer la juste interprétation des Ecritures – ou à tout le moins nous préserver de toute erreur d’interprétation ; des fausses pistes et autres impasses.

 

Vous allez me dire : oui, mais l’Eglise, c’est vous, c’est moi ! Ce qui est vrai... et pas vrai en même temps. C’est vrai que comme baptisés, nous sommes des ceps greffés sur la vigne et que nous pouvons recevoir ainsi la sève vivifiante de l’Esprit. Mais c’est vrai aussi que nous sommes pécheurs, et que nous pouvons nous tromper. N’oublions pas que l’Esprit de Pentecôte a été répandu sur une communauté rassemblée. Il faut donc toujours confronter notre lecture personnelle des Ecritures avec celle de la communauté, et spécialement de ceux qui sont chargés de l’enseigner. Il faut sans cesse revenir à l’esprit des Ecritures, à cet Esprit qui aime à se déployer parfois hors des cadres de l’Eglise, c’est entendu, mais qui se trouve à coup sûr dans l’Eglise. On ne peut donc lire l’Ecriture sans écouter ce qu’en dit l’Eglise – sans interroger sa Tradition dont elle (l’Ecriture) est l’émanation.

 

Vous allez sans doute encore m’objecter : oui, mais dans l’hypothèse où il y aurait divergence de vue à l’intérieur de l’Eglise sur tel ou tel point d’interprétation, comment trancher ? A cela je répondrai qu’il faut distinguer. OU BIEN il s’agit d’un conflit d’interprétation sur un point essentiel de la foi (ou de la morale) qui provoque de graves dissensions au sein de l’Eglise, auquel cas il existe en dernier ressort la possibilité d’avoir recours à un Concile (qui tranche alors définitivement la question, puisque dans la foi nous savons que c’est l’Esprit Saint qui s’y exprime – cf. Ac 15. 28 ; sur les conflits d’interprétation passés, on consultera avec profit les décisions des Conciles passés qui s’inscrivent dans la Tradition apostolique). OU BIEN, il s’agit d’un conflit d’interprétation sur un point non essentiel, auquel cas les chrétiens seront libres de penser ce qu’ils veulent (par ex. Jésus ressuscité est-il apparu en premier à sa mère ou à Marie-Madeleine ?)

 

Vous citez Jacques Blocher : « … le document écrit a, par nature, le privilège de rester inaltérable, invariable. Une institution construite avec des hommes a la fragilité de l'humaine nature, elle peut dévier. Pour savoir si elle est restée conforme à ce qu'elle était au commencement, il faut la comparer aux intentions de ses fondateurs, généralement formulées dans un document écrit qui fait autorité. »

 

Je n’ai pas dit tout d’abord que la Bible ne faisait pas autorité ; je dis qu’elle n’est pas notre seule autorité. Ce que dit Jacques Blocher explique assez bien pourquoi les chrétiens ont mis par écrit leur témoignage de foi. Mais il ne rend pas compte du petit problème que vous soulevez, à savoir : qu’on ne peut pas lire la Bible sans l’interpréter. En paraphrasant notre auteur, on pourrait tout aussi bien dire qu’une interprétation de l’Ecriture élaborée par les hommes « a la fragilité de l’humaine nature, elle peut dévier ». On en revient donc à cette nécessité d’interroger l’Eglise, que le Seigneur a instituée précisément pour pallier les fragilités de l’humaine nature, pour éviter aux hommes de « dévier ». C’est à elle que Jésus a confié les paroles de la vie éternelle – c’est elle qui est chargée de les porter au monde – c’est elle qui a reçue de la bouche même du Seigneur l’assurance que les portes de l’enfer ne l’emporteront pas sur elle (Mt 16.18).

 

(à suivre…)

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commentaires

Matthieu 11/07/2010 11:50



Cher Tiago,


 


Vous trouverez ma réponse à vos commentaires ci-dessus dans ce nouvel article que
je viens de publier.



armel h 06/07/2010 08:49



Par certains côtés cette discussion évoque les questions sur l'éducation et la morale - ceux qui pensent que c'est à chacun de découvrir naturellement et spontanément les lois morales en lui-même
et par lui-même, et ceux qui constatent que c'est impossible sans l'éducation, donc la transmission et l'acquisition de connaissances morales et de vertus morales par les éducateurs et le milieu.



armel h 06/07/2010 01:28



@ Tiago


Lorsqu'un différent/litige survient entre vous et votre employeur, qu'est-ce qui fait foi ? Les termes, le
contenu du contrat que les deux parties ont signé avant de s'engager mutuellement dans cette relation professionnelle. Voyez-vous, l'alliance nouvelle que tout homme est invité à conclure avec le
seul vrai Dieu – Celui qui Se révèle en Jésus-Christ – est basée sur le même principe même si le contenu, cela va de soi, est complètement différent.


 


Mais il se trouve que l'on peut avoir avec son patron des accords verbaux, basés sur la confiance mutuelle. C'est mon cas. C'est le cas dans certains métiers. Ces accords ne remlacent pas le
contrat écrit nécessaire selon le droit du travail, certes, mais ils ajoutent des accords, des mises au point ; un contrat moral.


Vous me direz, cela suppose une confiance réciproque. Oui, je suis d'accord.


 


D'ailleurs, à votre avis, qu'est-ce qui est le plus grand signe d'une réelle confiance réciproque :


. la nécessité de s'en tenir à un contrat écrit, en ne confiant surtout rien d'autre, aucune précision ni aucun accord par oral ;


. ou la possibilité d'ajouter, au contrat écrit de base, des accords moraux passés par oral et consentement mutuel ?


 


Si donc vous nous dites que d'après vous l'alliance nouvelle entre chaque Homme et Dieu est basée sur ce même principe, est-ce que cela ne semble pas donner de Dieu l'image d'un "patron"
considéré uniquement comme patron et des rapprts entre Dieu et chaque Homme dans lesquels ne règne que la lettre de la loi ?


Alors qu'il existe, même entre humains seulement, des accords meilleurs que cela, fondés sur la confiance mutuelle.



armel h 06/07/2010 01:19



@ Tiago


. Vous serez d'accord, je pense, pour dire qu'on ne peut se permettre de décrire et de juger de façon péremptoire et  catégorique ce qu'on ne connaît pas ou peu.


Par exemple, si je prétendais me mettre à vous expliquer ce qu'est la religion bouddhiste sans jamais avoir rien lu de ce qu'ont pu écrire de grands personnages de cette religion et sans jamais
m'être renseigné sur ce qu'elle enseigne, vous auriez le droit de ne pas prêter attentio à ce que je dis.


 


Or, affirmer que l'Église catholique ne met pas en avant la relation personnelle à Dieu, c'est ne pas connaître cette religion du tout, puisque c'est tout de même être passé à
côté de St Bernard, St Jean de la Croix, Ste Thérèse d'Avila, Ste Thérèse de l'enfant Jésus - et bien d'autres. Le titre "saint" avant chacun de ces noms signifie ni plus ni moins que l'Église
catholique propose ces personnes en exemple à tous... or, elle les donne en exemple pour leur relation personnelle à Dieu.


Or, parler de l'église catholique sans connaître ces exemples et en étant passé complètement à côté et les avoir totalement passé sous silence, c'est à peu près comme parler de la guerre des
Gaules sans avoir jamais entendu parler de Jules César.


 


Autrement dit, tous ce que vous pouvez affirmer sur l'église catholique, sa théologie, ce qu'elle propose et ce qu'elle dit,


semble bien nul et non avenu, s'agissant de propos tenus par quelqu'un qui avoue ne pas du tout connaître ce dont il parle.


 


Il vaudrait mieux, dans ce cas, que vous vous en teniez au débat originel, sans nous proposer en digressions vos jugements sur une religion que vous ne connaissez pas du tout.



Tiago 04/07/2010 22:29



Matthieu, ce qui fait le succès, très relatif je l'avoue, de l'EC, c'est celui d'une église institutionnelle et
multitudiniste. Une église où l'accent n'est pas mis sur une relation personnelle, intime, profonde, avec le seul vrai Dieu théiste, personnel, proche, de la Bible qui Se révèle en Jésus-Christ
mais une église qui met en avant ses sacrements, ses rituels, sa liturgie, son faste, sa pompe, son cérémoniel, ses coutumes, ses traditions humaines et son prestige. En cela, l'EC est une église
qui met l'accent sur les œuvres, ce qui est extérieur au détriment de la vie spirituelle intérieure. Cette dernière ne doit pas être comprise comme ne représentant qu'une profonde introspection,
comme un voyage au fond de soi-même. Ce ne serait, en réalité, qu'une forme d'auto-suggestion. Une vie spirituelle chrétienne authentique ne peut être menée qu'en Jésus-Christ, lorsque Dieu
Lui-même vient faire Sa demeure en nous par Son Esprit (Jean 14v24; Rom. 5v5, 8v9); lorsque, par l'action de Son Saint-Esprit, Il écrit les lois de Son insondable amour, non plus sur des tables
de pierre mais sur les tables de chair de notre cœur. Posez-vous, Matthieu, la question, à mon sens très pertinente : pourquoi le catholicisme ne transforme-t-il que si peu de gens
(comparativement au nombre de personnes qui se réclament de l'EC) ? Parce que l'EC n'enseigne pas 1) la repentance personnelle en Jésus-Christ 2) la conversion personnelle en Jésus-Christ 3) la
justification personnelle en Jésus-Christ et 4) la sanctification personnelle en, pour et par Jésus-Christ. L'EC ne transforme pas ceux qui croient en elle car elle n'annonce pas le véritable
Évangile, l'Evangile biblique. L'Evangile authentique, c'est le salut pour quiconque croit au Fils de Dieu afin qu'il ne périsse pas mais ait la vie éternelle en Son nom et par les mérites de Son
sacrifice expiatoire à la croix. Le Dieu catholique est un Dieu déiste, lointain, inaccessible si ce n'est par le biais d'intermédiaires (saints, Marie, …). Le chrétien peut appeler
affectueusement et respectueusement Dieu, le Créateur des cieux et de la Terre, Abba, Père (Rom. 8v15). En Jésus-Christ, nous avons la certitude de notre salut car nous l'avons acquis
gratuitement, par la foi, en Lui et Lui seulement sans aucune œuvre, de quelle que nature que ce soit.


 


Matthieu, Dieu ne change pas. Il est le même, hier, aujourd'hui et éternellement (Hébr. 13V8). Les termes de Son
Alliance ne changent pas non plus. Le dépôt de la foi est terminé, achevé, clôturé. Libre à vous de croire aux enseignements anti-bibliques que l'EC dispense à ses ouailles depuis des siècles.
Sachez cependant une chose : lorsque vous paraîtrez devant le seul et unique Juge, Jésus-Christ, vous ne pourrez pas prétexter l'ignorance. Maintenant Matthieu vous connaissez, vous savez et ce
que vous décidez de faire ou de ne pas faire avec ce que vous savez, relève de votre responsabilité devant Dieu. Puisse Dieu vous éclairer et, vous, vous laisser éclairer par Dieu, dans votre
choix.


 


Tiago


 



Tiago 04/07/2010 22:29



Je pense même pouvoir ajouter un autre argument, de nature plus juridique et logique que les précédents : Matthieu,
admettons que vous soyez salarié dans une entreprise. Qu'est-ce qui régit les rapports professionnels entre votre employeur et vous ? Votre contrat bien sûr ! Ce contrat, vous êtes supposé
l'avoir signé avant de commencer votre activité salariée. Lorsqu'un différent/litige survient entre vous et votre employeur, qu'est-ce qui fait foi ? Les termes, le contenu du contrat que les
deux parties ont signé avant de s'engager mutuellement dans cette relation professionnelle. Voyez-vous, l'alliance nouvelle que tout homme est invité à conclure avec le seul vrai Dieu – Celui qui
Se révèle en Jésus-Christ – est basée sur le même principe même si le contenu, cela va de soi, est complètement différent. Vous devez savoir Matthieu que, lorsqu'une alliance est conclue, signée
en quelque sorte, plus rien ne peut être ajouté a posteriori au document initial et avant de conclure une alliance, toute personne raisonnable va d'abord se renseigner, s'informer, quant
aux termes, aux conditions, de cette alliance avant de décider si oui ou non elle souhaite conclure cette alliance. Ces conditions nous sont décrites dans toute la Bible en général, et dans la
Nouvelle Alliance/Nouveau Testament, en particulier. Pour savoir si c'est le seul vrai Dieu qui Se révèle en Jésus-Christ qui me demande de faire et/ou de croire quelque chose, je me réfère
logiquement à la seule, l'unique et suffisante source d'autorité en matière de foi et c'est la Bible. D'où l'expression Sola Scriptura qui, contrairement à ce que vous affirmez, est solidement
étayée dans la Bible.



Tiago 04/07/2010 22:28



Que faut-il donc
comprendre ? Jusqu'à l'apparition et la circulation publiques des premiers écrits des apôtres et évangélistes, les enseignements de Jésus-Christ avaient été transmis oralement, verbalement, de
bouche à oreille, conformément à la culture/tradition orale juive dans laquelle Jésus naquit et grandit. Comme l'imprimerie n'existait pas encore, à une période donnée – les premières décennies
suivant la naissance de l'Eglise le jour de la Pentecôte de l'an 33 – l'enseignement oral initial, originel, cohabitait, pour ainsi dire, avec l'enseignement écrit (= l'enseignement oral qui
avait déjà été mis par écrit). Les apôtres, conscients de leurs responsabilités devant Dieu et poussés par le Saint-Esprit, copièrent/firent copier les manuscrits originels autant de fois que
possible pour disséminer l'Evangile à travers l'Empire romain. A un moment donné – la fin du premier siècle ap. JC – tous les enseignements qui avaient préalablement existé
sous une forme purement orale, avaient été mis par écrit et, par conséquent, la tradition orale s'éteignit progressivement au fur et à mesure qu'apparut la tradition écrite. Autrement dit, la
tradition orale dont il est question, e.a. dans 2 Thes. 2V15, n'est rien d'autre que ce qui allait, ultérieurement, devenir les écrits formant le canon néo-testamentaire. La tradition orale
persista jusqu'à ce que la tradition écrite prenne la relève, car Dieu, dans Sa sagesse, avait prévu un véhicule de transmission plus sûr, moins soumis aux aléas de la nature humaine. L'erreur
que vous commettez Matthieu, est de croire à et de défendre l'idée que, la tradition orale vient compléter, éclairer, la tradition écrite alors que la tradition écrite, comme elle nous est
parvenue sous la forme des écrits néo-testamentaires, est l'aboutissement, la fin, de la tradition orale.


 


Cela pose la question épistémologique : qu'est-ce que la vérité ? Je ne fais pas uniquement allusion à Jean 14v6;
17v17. Je veux dire par là, quelle est l'aune, quel est l'étalon, le calibre, le gabarit, avec lequel nous devons mesurer, peser et vérifier si ce que l'on nous dit est la vérité ? Autrement dit,
comment pouvons-nous savoir, pouvons-nous déterminer, vous et moi Matthieu, que ce que nous croyons et professons/déclarons est vrai ? Etant donné que l'Ecriture sacrée représente
l'aboutissement, l'achèvement, la clôture, de la phase orale de la tradition apostolique initiale, j'affirme catégoriquement, péremptoirement que, la seule, l'unique et suffisante autorité, en
matière de foi christique, est l'Ecriture comme elle nous a été transmise par le don du Saint-Esprit. 



Tiago 04/07/2010 22:25



"Mais il ne faut pas négliger non plus la
deuxième grande source de la Révélation, qui est la Tradition (dont parle la Bible, à la différence de la Sola Scriptura...). La Tradition (avec un grand T pour la distinguer des traditions
humaines) est ce grand courant qui nous vient des Apôtres, qui"porte la Parole de Dieu, confiée par le Christ Seigneur et par l'Esprit Saint aux apôtres, et la transmet intégralement à leurs
successeurs pour que, illuminés par l'Esprit de Vérité [dont parle Jésus dans ce fameux passage de Jn 16. 12-13, NDLR], en la prêchant, ils la gardent, l'exposent et la
répandent avec fidélité" (CEC 81).


 


Voilà
pourquoi "l'Eglise, à laquelle est confiée la transmission et l'interprétation de la Révélation, ne tire pas de la seule Ecriture Sainte sa certitude sur tous les points de
la Révélation" et que "l'une et l'autre [la Tradition et l’Ecriture
Sainte] doivent être reçues et vénérées avec égal sentiment d'amour et de respect" (CEC 82).


 


Cela dit, si ces deux sources diffèrent
quant à leur nature, "elles sont reliées et communiquent étroitement entre elles. Car toutes deux jaillissent d'une source divine identique, ne forment pour ainsi dire qu'un tout et
tendent à une même fin" (CEC 80). On aurait donc tort de chercher à les opposer. L'une est au service de l'autre (et réciproquement)."


 


 


Matthieu, il ne sert à rien de me fournir comme
"preuve" que la "Tradition catholique" est "vraie" en me citant le CEC. Je vous l'ai déjà dit, cela relève du raisonnement circulaire. C'est comme si un adepte des Témoins de Jéhovah voulait me
faire croire que ce qu'il dit est vrai parce que cela est indiqué dans un des traités de la multinationale de la contrefaçon située à Brooklyn, New York.


 


En ce qui concerne le terme "tradition", je vais
devoir me répéter, je le crains. Le terme grec paradosin signifie tout simplement enseignement(s), instruction(s) apostolique(s). Lire ma com.
46, que je recopie ci-après pour clarifier mes propos et les situer dans leur contexte :


 


"2 Thess.
2V15 : le terme "traditions" (v. de
Jérusalem) est synonyme de "instructions" ou "enseignements". Paul nous exhorte donc à ne pas abandonner ses instructions mais à les suivre fidèlement. Ses instructions, ses enseignements, que
les chrétiens avaient pu recevoir par écrit ou oralement. Comme vous le savez Matthieu, l'imprimerie n'existait pas encore et la culture juive - dont Paul était issu - était une culture orale où les enseignements, instructions,
traditions, étaient transmis de bouche à oreille et par mémorisation. Seulement un petit groupe de disciples d'un rabbin était chargé de consigner par écrit les paroles du maître et à la mort de
ce dernier la communauté des fidèles s'attendaient à ce que le petit groupe de disciples choisis par le maître perpétue/répande son enseignement. C'est exactement ce qui s'est passé avec
Jésus-Christ, dans le respect de la culture orale juive. Certains enseignements avaient été transmis oralement en attendant d'être mis par écrit. Il est évident que les enseignements oraux ne
pouvaient pas contredire les enseignements écrits. La Traditions catholique contredisant la parole de Dieu, il est tout aussi évident qu'elle ne prend pas sa source en Dieu mais dans des
traditions, des coutumes, humaines contraires à la volonté de Dieu car Dieu ne Se contredit pas." (fin de citation de ma com 46).


 


Que faut-il donc
comprendre ? Jusqu'à l'apparition et la circulation publiques des premiers écrits des apôtres et évangélistes, les enseignements de Jésus-Christ avaient été transmis oralement, verbalement, de
bouche à oreille, conformément à la culture/tradition orale juive dans laquelle Jésus naquit et grandit. Comme l'imprimerie n'existait pas encore, à une pé



Tiago 04/07/2010 19:37



Matthieu,


 


J'aimerais revenir sur le concept de la Sola Scriptura car ce chapitre n'est pas encore clos, pas en ce qui me
concerne.


 


Com. 27 :


 


"Parce que quand Paul parle des écrits
chrétiens faisant autorité dans l'Eglise, il ne dit pas : "rien de plus que ce qui est écrit". Au contraire, quand il évoque ces dernières sources, il
renvoie en même temps à d'autres sources, orales celles-ci, ayant même
autorité que les écrits. Ainsi en 2 Th. 2. 15, quand Paul exhorte les fidèles à tenir bon et à garder fidèlement "les traditions que vous avez apprises de nous, de vive voix
ou par lettre". Dans ce passage, Paul ne demande pas aux chrétiens de s'en tenir aux seuls écrits : il les invite à demeurer fidèle à la tradition reçue de lui. Cette
tradition a été transmise par la parole et par l'écriture, non par l'écriture seulement. Le christianisme n’a jamais été une religion du Livre. "


 


 


Vous dites que Paul ne dit pas, et je vous cite, "rien de plus que ce qui est écrit",
fin de citation. Comparons maintenant vos propos avec ceux de Paul "… ne pas aller au-delà de ce qui
est écrit..."(1 Cor. 4V6b) ? Quelle différence faites-vous entre "rien de plus que ce qui est écrit" et "… ne pas aller au-delà de ce
qui est écrit..."(1 Cor. 4V6b) ?


 


"La référence au canon des Ecritures me paraît un anachronisme, puisque Paul
n'avait nullement conscience qu'il y aurait un jour une Bible "canonique" comparable à la nôtre, regroupant en un Livre unique les Ecritures de l'Ancienne Alliance et les écrits chrétiens
postérieurs (dont certaines de ses lettres). Vous ne trouverez donc aucune trace de la « Sola Scriptura » dans la Bible pour la bonne raison que votre conception de la
« Scriptura » n'est pas biblique – ce n'est pas la Bible qui a fixé le canon des Ecritures ; ce n’est donc pas elle qui peut dire : " seulement ces
Ecritures".


 


Qu'est ce qui vous autorise à dire que l'apôtre Paul n'avait nullement conscience
qu'il y aurait un jour une Bible (Ecritures de l'Ancienne Alliance et celles de la Nouvelle Alliance) ? C'est vous Matthieu qui ne voulez pas trouver la moindre trace de la Sola Scriptura dans la
Bible. Je rappelle les passages bibliques que j'ai déjà cités et auxquels vous n'avez offert qu'une défense extrêmement faible : 1 Cor. 4V6b, Jude 3 et Apoc. 22V18-19 (je pourrais également
ajouter Prov. 30V5-6). Ces passages bibliques ne constituent pas une liste exhaustive. J'attends toujours une réponse argumentée sérieuse et solide de votre part à ces enseignements bibliques. Si
vous voulez dire que c'est l'EC qui a fixé le canon des Ecritures, vous vous trompez. C'est le Saint-Esprit, par Son rôle de Consolateur, de Gardien et d'Enseignant, qui a déterminé quels
seraient les écrits qui allaient être nécessaires à l'enseignement, l'exhortation, la consolation et le développement de Son Eglise.


 


"Mais il ne faut pas négliger non plus la
deuxième grande source de la Révélation, qui est la Tradition (dont parle la Bible, à la différence de la Sola Scriptura...). La Tradition (avec un grand T pour la distinguer des traditions
humaines) est ce grand courant qui nous vient des Apôtres, qui



Matthieu 03/07/2010 16:15



« Faites votre disputatio si vous le souhaitez. On peut disserter à l'envi de la façon de chacun de voir les
choses. Essayez juste de ne pas oublier votre humilité dans votre poche : oui, vous pensez que votre foi est Vérité, qu'elle seule pourra sauver le monde. Essayez juste de comprendre que d'autres
peuvent avoir d'autres avis, et que comme chacun est différent, peut-être cela nous permettra-t-il tous d'accéder à Dieu dans Son immense bonté ? »


 


Je suis sincèrement étonné du peu d’intérêt que vous manifestez envers cette disputatio (quoique vous y participiez, ce dont je vous remercie !), vous qui écriviez sur votre blog que « partager la Bible,
discuter autour de ces textes fondateurs, c'était fonder les bases pour commencer un chemin côte à côte. ». Telle est mon ambition pourtant : fonder les bases pour commencer un chemin côte à côte. Cela passe par le dialogue, l’écoute,
l’échange ; un partage fraternel de nos pensées et expériences respectives – dans leur similarité, mais aussi leur irréductible différence.


 


Je ne connais pas d’autres moyens personnellement que le dialogue pour entrer en relation avec ces « autres » qui « peuvent
avoir d’autres avis » et qui sont « différents ». Il me paraît important quand on est différent (et a fortiori quand on est proche sur
l’essentiel !) de se parler. Même si les paroles échangées ne changeront peut-être rien dans le cœur de l’un et de l’autre (mais qui peut en préjuger ?), au moins aurons-nous appris à
nous regarder avec respect, à nous estimer réciproquement, à mieux nous connaître.


 


J’essaie d’être humble dans mes objectifs, et de rallier mes interlocuteurs sinon à la cause de l’Eglise catholique, du moins à celle de la
charité. Si nous ne pouvons pas nous comprendre et adhérer d’un seul cœur à la même pensée, du moins pouvons-nous nous aimer (cela devrait être possible pour des disciples du Christ !). En
faisant grandir l’amour dans nos cœurs, nous nous rapprocherons de la Vérité. Car Dieu est Amour et Vérité : l’amour et la vérité sont donc
faits pour se rencontrer (cf. Ps 84. 11). Tôt ou tard.



Matthieu 03/07/2010 16:14



Réponse au Commentaire n°4 de Tigreek


 


« Matthieu, vous dites : "Si on ne peut pas lire la Bible sans l’interpréter, c’est donc que la Bible ne suffit pas – il faut encore se rattacher à une école
d’interprétation, une « tradition »." Je pense que sur ce point vous faites une erreur (…). Que veut dire "interpréter" les textes bibliques ? A mon sens, c'est d'abord les remettre dans
leur contexte pour les comprendre de façon juste. Ces textes ont été écrits par des gens d'un autre temps, parfois repris et enrichis, avec un public précis, parfois mal connu aujourd'hui, et
avec un but théologique précis. Il y a des dizaines de bouquins pour discuter des visées théologiques de chaque évangile par exemple... Cela ne constitue pas pour autant une Tradition, au sens où
l'entend l'Eglise catholique. »


 


Mais dans l’interprétation d’un texte biblique, il n’y a pas que le sens littéral qui importe – même s’il est premier
(« Tous les sens de la Sainte Ecriture trouvent leur appui dans le sens littéral » disait Thomas d’Aquin). Il y a aussi le sens spirituel, qui inclut
le sens allégorique, le sens moral et le sens anagogique (cf. CEC § 117) ; qui nous donne accès à la Parole de Dieu dans toute sa richesse et profondeur ; et qui était sans cesse
recherché par les Apôtres (les exemples sont nombreux dans le Nouveau Testament).


 


Ainsi, vous ne tirerez pas de la littéralité du texte du livre de l’Exode la considération selon laquelle la traversée de la mer Rouge était un signe
annonciateur de la victoire du Christ sur la mort et le péché ; un signe du baptême (cf. 1 Co 10. 2). Pour recevoir cette interprétation, il faut la recevoir de la Tradition qui la porte. Si
vous supprimez la référence à la Tradition, vous vous trouvez seul et démuni en face de la Bible. Vous avez certes l’Esprit Saint en vous qui vous donnera de bonnes intuitions ; mais vous
avez aussi le péché en vous et la présence du Tentateur qui risqueront de vous faire dévier. La fidélité à la Tradition apostolique est la garantie d’une lecture des Ecritures conforme au sens
qu’a voulu leur donner l’Esprit qui les a inspiré.


 


« Les grands dogmes affirmés par la Tradition catholique ne concernent d'ailleurs pas la Bible. »


 


La Bible étant une émanation de la Tradition catholique, il ne peut y avoir contradiction entre l’une et l’autre. Les dogmes catholiques sont ainsi en
résonance avec l’Ecriture – même s’ils n’y sont pas explicitement exposés : ainsi en est-il par exemple de la Trinité, de l’Eucharistie, de la dévotion mariale ou du Purgatoire…


 


« Idem pour Marc (commentaire précédent) : les citations des Actes ou des lettres pauliniennes parlent de
"tradition", mais cela ne concerne précisément pas des points bibliques, cela concerne la vie en communauté pour les premiers chrétiens. »


 


Si Saint Paul nous invite en 2 Thess. 2. 15 à « garder fermement » les traditions enseignées
par les Apôtres et à « tenir bon », c’est que ces traditions concernent la « vérité de l’Evangile » (Ga 2. 14) – et non simplement
des normes subalternes de vie en communauté. Reprenez ce passage de 2 Thess 2. 15 et considérez le contexte : le verset 14 qui le précède immédiatement
(« c’est à cela que Dieu vous a appelés par notre proclamation de
l’Evangile, pour que vous entriez en possession de la gloire de notre Seigneur
Jésus-Christ. Ainsi donc, etc. »), puis l’ensemble du chapitre 2 qui évoque la
question du retour du Seigneur et la manière évangélique de se comporter dans cette attente. Un peu plus loin dans cette
même lettre (2 Thess. 3. 6), Paul englobe les traditions écrites et orales dans une unique
expression, « tradition » au singulier, qui semble bien désigner la manière de vivre selon l’Evangile dans l’attente du Jour du Seigneur (ce que St Paul
appelle « marcher droit selon la vérité de l’Evangile » en Galates 2. 14).


 


Il m’apparaît dès lors difficile de relativiser la portée de la « tradition » enseignée par
les Apôtres, que l’on ne saurait confondre avec les « traditions
humaines » visées en Colossiens 2. 8, lesquelles ne jouissent pas de la moindre autorité doctrinale qui pourrait justifier qu’on les« garde fermement » et que l’on « tienne
bon » pour les maintenir.



Xavier 02/07/2010 14:53



Cher Matthieu,


Je loue votre patience et votre douceur. Pour m'y être frotté, je sais à quel point le débat avec des protestants peut être passionnel. On a souvent le droit, plutôt qu'à un argumentaire posé et
rationnel, à une débauche de griefs anti-catholiques plus ou moins issus de préjugés sans fondement.


Cependant, une chose m'a toujours surpris : la haine de certains protestants envers l'Église. On a souvent le droit à des calomnies, des mensonges (dits consciemment ou pas). Alors qu'en face,
l'Église catholique demande officiellement aux fidèles d'oeuvrer à l'unité des chrétiens.


Fraternellement,



Marc 01/07/2010 17:02



Je repasse brièvement pour vous faire partager la lectudre de cet article d'Olivier : 





L’interprétation de l’Écriture chez les Pères de
l’Église


;)






Tigreek 01/07/2010 11:29


Matthieu, vous dites : "Si on ne peut pas lire la Bible sans l’interpréter, c’est donc que la Bible ne suffit pas – il faut encore se rattacher à une école d’interprétation, une « tradition »." Je
pense que sur ce point vous faites une erreur. Les grands dogmes affirmés par la Tradition catholique ne concernent d'ailleurs pas la Bible. Idem pour Marc (commentaire précédent) : les citations
des Actes ou des lettres pauliniennes parlent de "tradition", mais cela ne concerne précisément pas des points bibliques, cela concerne la vie en communauté pour les premiers chrétiens. Que veut
dire "interpréter" les textes bibliques ? A mon sens, c'est d'abord les remettre dans leur contexte pour les comprendre de façon juste. Ces textes ont été écrits par des gens d'un autre temps,
parfois repris et enrichis, avec un public précis, parfois mal connu aujourd'hui, et avec un but théologique précis. Il y a des dizaines de bouquins pour discuter des visées théologiques de chaque
évangile par exemple... Cela ne constitue pas pour autant une Tradition, au sens où l'entend l'Eglise catholique. D'ailleurs, au fil des recherches certaines hypothèses sont reprises ou au
contraire, remaniées, révisées, à la lumière de nouveaux éléments. Faites votre disputatio si vous le souhaitez. On peut disserter à l'envi de la façon de chacun de voir les choses. Essayez juste
de ne pas oublier votre humilité dans votre poche : oui, vous pensez que votre foi est Vérité, qu'elle seule pourra sauver le monde. Essayez juste de comprendre que d'autres peuvent avoir d'autres
avis, et que comme chacun est différent, peut-être cela nous permettra-t-il tous d'accéder à Dieu dans Son immense bonté ?


Marc 30/06/2010 14:34



Pour répondre à la "com 46" notre ami nous dit que la Tradition va à l'encontre de la Parole de Dieu, mais comme le souligne Matthieu la Tradition a donné naissance aux écritures ! Et la
Tradition orale est plus que lisible dans les évangiles comme par exemple ici :


1 Co 11, 2 : « Je vous félicite de ce qu’en toutes choses vous vous souvenez de moi et gardez les traditions comme je
vous les ai transmises. »


2 Thess 2, 15 : « Dès lors, frères, tenez bon, gardez fermement les traditions que vous avez apprises de nous, de
vive voix ou par lettre. »


2 Thess 3, 6 : « Or nous vous prescrivons, frères, au nom du Seigneur Jésus Christ, de vous tenir à distance de tout frère qui mène une
vie désordonnée et ne se conforme pas à la tradition que vous avez reçue de nous. »


Les mouvements issus du dardyisme et de dispentiationnalites on retraduit le mot par "instructions" mais si nous observons le mot grec "παραδοσις" (paradosis) comme par exemple "Vous
abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes." (Mr 7, 8) (LSG) nous voyons qu'ici pour le même mot grec nous avons deux traductions française différentes.
C'est ce que l'on appel une "orientation de l"écriture". Les évangéliques ont tendance à nous prendre pour les juifs du temps de Jésus sans comprendre que l'Esprit Saint à été confié aux apôtre
et ceux qui leur ont succédé et ce pour toujours (Jn 14, 16). Que cet Esprit Saint promit dans le livre de Joël et confirmé par Pierre dans le livre des actes : "Alors, dans les derniers
jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles seront prophètes, vos jeunes gens auront des visions, vos vieillards auront des songes" (Ac 2, 17) Nous a
promis d'avoir un enseignement par "des prophètes", "des visions" et "des songes" (Jn 14, 26). Qui ne sont bien évidement pas présent dans la bible en dehors de l'apocalypse. Néanmoins tout ceci
figure bien dans la Tradition.


Avant de juger il est nécéssaire de faire une recherche tout à fait impartiale (je l'ai faite et d'évangélique suis devenu catholique) afin de trouver ce qui y est écrit et non ce que nous
voudrions y voir écrit.



Marc 30/06/2010 08:10



Je dois partir travailler, je n'ai donc pas encore lu tout l'article mais de ce que j'ai lu je rend également gloire à Dieu de ce qu'Il produit un si gand Amour (Rm 5, 5). La passion qui nous
pousse à défendre la Vérité tel que nous la percevons est un gage au final de sanctification (1Co 11, 19). Merci Matthieu et à bientôt ;)


Marc.



Jérémy 30/06/2010 01:28



Je me permets d'accompagner ce brillant échange qui s'annonce en m'arrêtant sur les condamnations qu'on fait habituellement à l'Eglise.


"Supposons que l'Eglise à un moment ou à un autre de son histoire - et cela est arrivé souvent - soit infidèle elle-même au message qu'elle est chargée de garder et de communiquer avec les
nations païennes. Nous constatons alors qu'elle est persécutée, souvent au nom même de ces parcelles de vérité dont elle avait la charge et auxquelles elle a été infidèle. Si elle est
infidèle au soin de la justice dont elle a la charge, des hommes, des révolutionnaires, vont lui rappeler cette charge qui est la sienne, mais en la persécutant.  Ils vont reprendre ces
exigences abandonnées ou négligées, ils vont s'en saisir, s'ils vont les défendre, mais en se retournant contre l'Eglise qui en avait la charge et qui s'en est dessaisie. Ils vont considérer
cette Eglise comme ennemie, elle qui avait la charge de ces parcelles de vérité dont ils se sont emparés. Cela se retrouve, cela se vérifie dans plusieurs ordres, aussi bien politiques que
philosophiques. Si le christianisme orthodoxe abandonne une part de son héritage, de la vérité dont il a la charge, d'autres s'en emparent, comme si la Vérité ne voulait pas être abandonnée sur
la Terre. Mais ceux qui se sont emparés des parcelles de vérités abandonnées ou négligées par l'Eglise, se tournent contre elle et la persécutent, comme s'ils lui reprochaient de ne pas avoir
gardé précieusement cette part de vérité dont ils se sont emparés. La persécution produit un jour la conversion, le retour à la fidélité à l'intérieur de l'Eglise. Et tel est sans doute
le sens, la raison d'être de la persécution : la conversion de l'Eglise à la vérité dont elle a la charge. C'est ainsi que nous comprenons la dialectique de l'histoire qu'enseignent les prophètes
hébreux. Il s'agit en réalité d'un problème de pédagogie créatrice. Les nations païennes qui persécutent le peuple hébreu comme elles vont persécuter l'Eglise dans les siècles ultérieurs, jouent
un rôle, exercent une fonction, dans l'économie de l'histoire de la création dont Dieu l'unique est de toute manière le maître absolu."
"Le prophétisme hébreu", Claude Tresmontant (page. 75/79)



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