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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 13:22

Note de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

sur la banalisation de la sexualité

à propos de certaines interprétations de "Lumière du monde" 

 

A l'occasion de la publication du livre d'entretiens de Benoît XVI, Lumière du monde, ont été diffusées diverses interprétations erronées, qui ont semé la confusion au sujet de la position de l'Église catholique sur certaines questions de morale sexuelle. La pensée du Pape a été souvent instrumentalisée à des fins et à des intérêts sans lien avec le sens de ses paroles, alors qu'elle se comprend très bien quand on lit dans leur intégralité les chapitres où il est fait allusion à la sexualité humaine. L'intention du Saint-Père est claire : retrouver la grandeur du dessein de Dieu sur la sexualité, en évitant sa banalisation aujourd'hui courante.

  

Certaines interprétations ont présenté les paroles du Pape comme des affirmations en contradiction avec la tradition morale de l'Église ; cette hypothèse a été saluée comme un tournant positif par certains ; d'autres, en revanche, ont manifesté leur inquiétude, comme s'il s'agissait d'une rupture avec la doctrine sur la contraception et avec l'attitude de l'Église dans la lutte contre le SIDA. En réalité, les paroles du Pape qui font allusion en particulier à un comportement gravement désordonné, en l'occurrence la prostitution (cf. Lumière du monde, pp.159-161), ne modifient ni la doctrine morale, ni la pratique pastorale de l'Église.

  

Comme il ressort de la lecture du passage en question, le Saint-Père ne parle ni de morale conjugale, ni même de norme morale sur la contraception. Cette norme, traditionnelle dans l'Église, a été reprise en des termes très précis par le Pape Paul VI au n°14 de l'encyclique Humanae vitae, quand il écrit : « Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation ». L'idée qu'on puisse déduire des paroles de Benoît XVI qu'il est licite, dans certains cas, de recourir à l'usage du préservatif pour éviter les grossesses non désirées, est tout à fait arbitraire et ne correspond ni à ses paroles ni à sa pensée. À ce sujet, le Pape propose au contraire des chemins humainement et éthiquement viables, sur lesquels les pasteurs sont appelés à travailler « plus et mieux » (Lumière du monde, p. 194), c'est-à-dire des chemins qui respectent pleinement le lien insécable du sens unitif avec le sens procréatif de chaque acte conjugal, grâce au recours éventuel aux méthodes naturelles de régulation de la fécondité en vue d'une procréation responsable.

 

En ce qui concerne le passage en question, le Saint-Père se référait au cas totalement différent de la prostitution, comportement que la morale chrétienne a toujours considéré comme un acte gravement immoral (cf. Concile Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et spes, 27 ; Catéchisme de l'Église Catholique, 2355). Au sujet de la prostitution, la recommandation de la tradition chrétienne tout entière – et pas seulement la sienne –, peut se résumer dans les paroles de saint Paul : « Fuyez la fornication » (1 Co 6, 18). La prostitution doit donc être combattue, et les organismes d'aide de l'Église, de la société civile et de l'État, doivent travailler pour libérer les personnes impliquées.

 

A ce propos, il convient de relever que la situation qui s'est créée, par suite de la propagation actuelle du SIDA dans de nombreuses régions du monde, a rendu le problème de la prostitution encore plus dramatique. Celui qui se sait infecté par le VIH et donc susceptible de transmettre l'infection, commet non seulement un péché grave contre le sixième commandement, mais aussi un autre contre le cinquième, puisqu'il met sciemment en danger la vie d'une autre personne, ce qui a également des répercussions sur la santé publique. À cet égard, le Saint-Père affirme clairement que les préservatifs ne constituent pas la « solution véritable et morale » au problème du SIDA et aussi que « la seule fixation sur le préservatif représente une banalisation de la sexualité », parce qu'on ne veut pas faire face à l'égarement humain qui est à la base de la transmission de la pandémie. Par ailleurs, il est indéniable que celui qui recourt au préservatif dans le but de diminuer le risque pour la vie d'une autre personne, entend réduire le mal lié à son comportement désordonné. En ce sens, le Saint-Père note que le recours au préservatif, « dans l'intention de réduire le risque de contamination, peut cependant constituer un premier pas sur le chemin d'une sexualité vécue autrement, une sexualité plus humaine ». Cette observation est tout à fait compatible avec l'autre affirmation du Saint-Père : « Ce n'est pas la véritable manière de répondre au mal que constitue l'infection par le virus VIH. »

 

Certains ont interprété les paroles de Benoît XVI en recourant à la théorie de ce qu'on appelle le « moindre mal ». Cette théorie, toutefois, est susceptible d'interprétations déviantes de caractère proportionnaliste (cf. Jean Paul II, Encyclique Veritatis splendor, nn. 75-77). Une action mauvaise par son objet, même s'il s'agit d'un moindre mal, ne peut être licitement voulue. Le Saint-Père n'a pas dit que la prostitution avec recours au préservatif pouvait être licitement choisie comme un moindre mal, comme certains l'ont soutenu. L'Église enseigne que la prostitution est immorale et doit être combattue. Celui qui, pourtant, en la pratiquant, tout en étant infecté par le VIH, s'emploie à réduire le risque de contamination, y compris par l'utilisation du préservatif, peut accomplir un premier pas vers le respect de la vie des autres, même si le mal de la prostitution demeure dans toute sa gravité. Ces jugements sont en harmonie avec tout ce que la tradition théologico-morale de l'Église a soutenu aussi par le passé.

 

En conclusion, dans la lutte contre le SIDA, les membres et les institutions de l'Église catholique savent qu'ils doivent rester proches des personnes, en soignant les malades ; ils savent aussi qu'ils doivent former tout le monde à vivre l'abstinence avant le mariage et la fidélité au sein de l'alliance conjugale. À cet égard, il faut également dénoncer les comportements qui banalisent la sexualité, car comme le dit le Pape, ils sont justement à l'origine d'un phénomène dangereux : bien des personnes ne perçoivent plus dans la sexualité l'expression de leur amour. « C'est la raison pour laquelle le combat contre la banalisation de la sexualité est aussi une partie de la lutte menée pour que la sexualité soit vue sous un jour positif, et pour qu'elle puisse exercer son effet bénéfique dans tout ce qui constitue notre humanité » (Lumière du monde, p. 160).

 

 

Source + Nos débats à ce sujet

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commentaires

RV 29/12/2010 19:44



Après le ski : juste un dernier exercice de gymnastique spirituel.


 


Oui, je comprends pourquoi tu as cru que j'avais un problème avec la zone noire.


C'est parce que j'ai dit que celui qui utilisait un préservatif (contaminé ou pas) créait de facto une dissociation entre procréation et création (et que cela était un mal).


  


Mais il faut bien voir comment les choses fonctionnent à l'intérieur de moi :


1-Le pape ayant dit que la prostitution conctituait un cas particulier, je le crois, je lui fais confiance, je ne vais pas contre lui.


Je reconnais donc l'existence de cette "zone noire".


  


2-Mais le chrétien que je suis a bien conscience que le Pape a dit cela parce que le coeur de l'homme est dur. La solution auxquelle rêve le Pape est l'abstinence et la chasteté.


Utiliser un préservatif n'est pas une vraie solution. Et le Pape le sait très bien, parce qu'elle met qq dans une situation "bancale" (elle crée une rupture entre et ceci procréation et
création).


Et c'est pour cela qu'il y a en moi aussi une partie qui essaye de voir plus haut - c'est à dire de voir l'idéal chrétien - et qui se désole de ce que les gens ne soient sensibles qu'à la
"solution" du préservatif (qui n'est pas une vraie solution).


 


Donc, on dit : oui, la prostitution est un cas particulier.... mais comme la "réponse" que la dureté du coeur de l'homme nous force à apporter est imparfaite !!!


Si imparfaite qu'il y a des moments où je me demande si je pourrais moi-même la conseiller... 


RV






RV 29/12/2010 19:29



En fait, pour résumer, mon problème concerne surtout :


1-Les personnes infectées non-prostituée


2-Les personnes non-infectées (dont tu parles dans la zone grise).


 


RV






RV 29/12/2010 19:25



Non, en fait, c'est bien la zone grise qui me posait problème.


Le fait qu'il existe une zone noire (c'est à dire des cas où l'usage du préservatif peut se concevoir), cela ne me pose pas de problème puisque le Pape lui-même en parle en citant le cas de la
prostitution.


Donc, je lui fait confiance. S'il pense que le cas de la prostitution est particulier, je le crois.


  


Simplement, il y a deux interprétations possibles :


1-certains disent que la prostitution est la seule exception (et il est vrai que l'on peut comprendre cela en lisant la note de la CDF qui rappellent souvent que le Pape ne parlait que de la
prostitution).


2-d'autres disent que la prostitution est juste un exemple parmis d'autres cas : cas des débauchés, cas des personnes non-infectées voulant éviter les risques... (et il est vrai que certains
passages de la note de la CDF, pris hors contexte, peuvent aussi laisser entendre cela).


 


Donc, mon problème, ce n'est pas de savoir s'il existe une zone noire. Je suis convaincu que cette zone existe : la prostitution.


Mon problème est juste de savoir si cette zone doit s'élargir ou pas, et si oui : jusqu'où.


  


RV





PS j'arrête pour aujourd'hui car j'ai atteint la zone noire en matière de consommation d'internet !



Matthieu 29/12/2010 18:55



Je suis heureux, mon cher RV, de t'offrir gratuitement ces vacances au ski! Tu vois que tu n'as pas fait le
voyage pour rien! 


 


"Plus sérieusement, tes zones ont qqch avec quoi je suis assez d'accord.


Et je vois que tu considère toi aussi que la zone grise est délicate. C'est surtout cela qui me pose problème."


 


En fait, j'avais plutôt l'impression que c'est la "zône noire" qui te posait problème, puisque c'est d'elle (et d'elle seule) dont il est question dans le texte du Pape et la note de la CDF.


 


Si l'on met de côté la "zône grise" qui peut être matière à débat, la question (qui était sous-jacente au malaise que tu exprimais plus haut) est : existe-t-il une "zône noire" à
l'intérieure de laquelle il n'est pas douteux que la personne doive mettre un préservatif? Et si oui, n'y trouve-t-on que les prostitués, ou au-delà : tous ceux qui se savent infectés et
qui transmettraient à coup sûr le virus mortel du SIDA à leur partenaire s'ils ne mettaient un préservatif?


 


Tu vois bien ici qu'il ne s'agit nullement de remettre en cause Humanae Vitae, ni de qualifier positivement l'acte impur à l'origine du recours au préservatif, ni de considérer
impossible le choix en faveur de la chasteté (ceux qui, se sachant malades, auraient l'héroïsme de demeurer continent, se trouveraient alors de facto dans la "zône blanche"), mais de
reconnaître qu'il existe des situations (dramatiques, regrettables, tristes, affligeantes... la fameuse "zône noire") où ne pas avoir recours au préservatif serait synonyme d'assassinat.



RV 29/12/2010 17:43



Ce qui est bien, sur Totus tuus, c'est qu'on fait du sport cérébral (on réfléchit beaucoup) mais aussi du sport physique (du ski : zone blanche, zone, noire, zone grise...).


  


Plus sérieusement, tes zones ont qqch avec quoi je suis assez d'accord.


Et je vois que tu considère toi aussi que la zone grise est délicate. C'est surtout cela qui me pose problème.


  


Mais je réponds sur un point :


Ce qui est "mal" (et nous empêche de grandir dans notre humanité) - et ce que l'Eglise ne permet en aucun cas -, c'est d'avoir une relation sexuelle illicite qui nous
mette en situation de danger et nous oblige (moralement) à mettre un préservatif.


    


J'ai bien peur que la plupart des relations qui obligent à mettre un préservatif soient malheureusement des relations illicites (relations vécues hors mariage, relations adultérines, et surtout
relations homosexuelles...).


Donc, quand on parle de mettre un préservatif, je pense qu'on est déjà dans des cas (le plus souvent, du moins) où nous n'avons pas affaire à un couple marié religieusement, fidèle, catholique
pratiquant, baptisé et confirmé...


Et l'on retrouve bien là le problème de la "dureté de coeur" dont je parlais plus haut, et qui m'invite à penser que le Pape ne s'exprime pas sur le préservatif de "gaité de coeur", mais parce
qu'il voit que les gens sont sourds (si je puis dire !).


  


RV






Matthieu 29/12/2010 17:24



"je te tiendrai au courant de la réponse de "mon"
archevêque..." Avec grand plaisir, mon cher RV! 



Matthieu 29/12/2010 17:11



"Celui qui est infecté met peut-être un préservatif pour empêcher de donner la mort...
mais peut-être que le fait de ne pas donner la vie l'arrange bien aussi... tout cela se mêle, je pense, au fond de la personne. Les deux intentions sont présentes."


 


En fait, on peut imaginer trois cas. Le cas où il est évident que le préservatif ne s'impose pas
("Zone blanche") - par exemple, dans un couple marié vivant la fidélité dans le mariage. Là, la question du préservatif ne se pose que du point de vue de la contraception : c'est
donc Humanae Vitae qui s'impose.


 


2e situation : le cas où il est évident que le préservatif s'impose ("Zone noire") - par
exemple, le prostitué (ou le débauché, de mon point de vue) infecté par le virus qui va avoir une relation sexuelle illicite avec une personne qui sera contaminée s'il ne se "protège" pas : ici,
ce sont les récents propos du Pape et la note de la CDF qui font autorité.


 


La 3e situation, plus délicate (selon moi) à qualifier sur le plan moral ("Zone grise") :
c'est celle où le préservatif peut être utilisé par prudence, lors d'une relation sexuelle illicite "à risque" (entre partenaires dont l'un ne sait pas si l'autre a le SIDA). La prudence
est une vertu, et il est sans doute "bon" que l'homme marié, par exemple, qui a une malheureuse "aventure extra-conjugale" avec une inconnue (cela peut arriver...) mette un préservatif pour ne
pas risquer de se contaminer lui-même et de contaminer son épouse. Mais là, tu as raison : la mentalité préventive anti-SIDA peut se mêler subtilement à la mentalité contraceptive, et la personne
peut alors trouver un double intérêt (plus ou moins avoué) - dont l'un pourrait être considéré légitime et l'autre non - à mettre un préservatif. C'est à chacun d'examiner loyalement sa
conscience et de sa placer en vérité devant son acte. Sachant que l'homme pécheur a plus de
risques de se torturer la conscience que l'homme vertueux, et que cela n'est peut-être pas... une mauvaise chose. Rien que pour cela, la vertu est certainement plus désirable que le
péché. 


 


Maintenant, je le répète, il ne faut pas se tromper de cible : ce qui est mal -
fondamentalement mal, je veux dire - ce n'est pas de mettre un préservatif dans une relation sexuelle illicite. C'est la relation sexuelle illicite elle-même. (On imagine mal un
homme adultère pleurer sa faute et gémir sur lui-même en se disant: "Mais pourquoi donc ai-je mis un préservatif?"... Il y a plus de "chances" qu'il se lamente sur son infidélité en se disant en
lui-même : "Mais pourquoi donc ai-je trompé mon épouse?"...)



Matthieu 29/12/2010 16:24



"en mettant un préservatif, on se place dans une situation bancale car on
crée de facto une dissociation entre procréation et création (ce qui est mal). Cela, c'est vrai dans tous les cas de figures (contaminés, non-contaminés...). Ce n'est donc pas
une situation qui est "le top"." En fait, c'est le virus du SIDA qui n'est pas "le top"...  C'est lui qui nous oblige à un effort de réflexion supplémentaire - qui n'existait pas à l'époque d'Humanae Vitae.
Quand tu dis que "la dissociation entre procréation et création" est un mal : c'est vrai sur le plan objectif. Mais cette dissociation peut être le résultat d'un acte qui, lui, trouve sa
légitimité sur le plan subjectif - selon le Pape et la CDF - et qui peut être considéré en un sens comme un "bien" (ce que j'appelle ici un "moindre bien") dans la mesure où il met une limite au
mal et participe de l'émergence chez l'homme pécheur d'une conscience que l'on ne peut pas tout sacrifier à son désir égoïste (et surtout pas la vie d'autrui). Le fait de
mettre un préservatif n'est donc pas un mal en soi (fût-il un "moindre mal", et nonobstant la "dissociation création-procréation" qu'il engendre - si j'ose dire...), car alors,
l'Eglise ne le permettrait en aucun cas. Ce qui est "mal" (et nous empêche de grandir dans notre humanité) - et ce que l'Eglise ne permet en aucun
cas -, c'est d'avoir une relation sexuelle illicite qui nous mette en situation de danger et nous oblige (moralement) à mettre un préservatif.



RV 29/12/2010 15:19



PS :


Dans le cas de l'avortement quand la vie de la mère est en danger, tu as dit que l'Eglise ne condamnait pas la mère.


Il n'en reste pas moins que la solution la plus "héroïque" serait que la mère donne sa vie (accepte la mort) pour permettre la vie de son enfant.


C'est là toute l'histoire de Sainte Gianna Beretta Molla.


 


Je me dis, en pensant à elle, que l'acte héroïque que celui qui est infecté pourrait poser, c'est de renoncer à son désir sexuel (donc, de pratiquer l'abstinence) pour ne mettre personne en
danger et ne pas créer de dissociation entre procréation et création.


  


Mais je comprends que c'est complexe car l'homme n'est pas toujours héroïque...


 


De toute façon, je te tiendrai au courant de la réponse de "mon" archevêque...


 


RV






RV 29/12/2010 15:13



Hum...


De toute façon, une chose est sûre : en mettant un préservatif, on se place dans une situation bancale car on crée de facto une dissociation entre procréation et création (ce qui
est mal).


Cela, c'est vrai dans tous les cas de figures (contaminés, non-contaminés...).


Ce n'est donc pas une situation qui est "le top".


 


Dans un précédent post, Matthieu, tu as dit (je résume) : "Tout dépend de l'intention : si on met un préservatif pour empêcher de donner la vie, c'est pas bien. Si on en met un pour empêcher de
donner la mort, c'est bien".


Le problème, c'est que je ne vois pas comment on peut objectivement juger cela. Celui qui est infecté met peut-être un préservatif pour empêcher de donner la mort... mais peut-être que le fait de
ne pas donner la vie l'arrange bien aussi... tout cela se mêle, je pense, au fond de la personne. Les deux intentions sont présentes.


 


D'où, encore une fois, la complexité de la question... d'où mon attitude très peu libérale sur ce sujet.


Mais je reconnais que c'est complexe...


 


RV





 



Matthieu 29/12/2010 11:52



Un texte du Pape Benoît XVI qui peut nous fournir une clef d'interprétation de ses récents propos sur le préservatif : http://totus-tuus.over-blog.com/article-le-dialogue-avec-les-athees-et-agnostiques-63905943.html.



RV 28/12/2010 18:03



Cher RV, je ne crois pas pertinent d'apprécier la qualité d'une position quelconque de l'Eglise
au regard de sa réception instantanée par "des laïcs, des théologiens, des
prêtres, des évêques..." qui, pour aussi nombreux qu'ils soient, ne représentent pas le peuple de Dieu dans son entier (ni l'Eglise en son essence).


   


Ca m'a paru intéressant de le faire. De la même manière, j'avais trouvé "marrant", il y a quelques années, de
voir que les évêques français n'avaient pas du tout été favorables au film "La Passion du Christ" alors que les conférences épiscopales d'autres pays avaient encensé ce film (pour moi un chef
d'oeuvre).


La manière dont nous sentons les choses, en tant que pays, est très révélateur de ce qu'est la foi dans le
pays, je pense.


Et en ce qui concerne les propos du pape et l'interpétation du texte de la CDF, il est clair que nous avons,
nous français, quelque chose de très "permissif" dans nos propos.


    


Mais, pour ma part, je résumerais les choses ainsi :


1-Humanae vitae est le texte de référence, pour tous les
catholiques, en matière de sexualité.


2-L'époque dans laquelle nous vivons étant complètement folle, le Pape
peut être amené (comme Moïse avec l'affaire des lettres de répudiation) à laisser entendre qu'il "peut y avoir" certaines "exceptions" à certaines règles (les guillemets montrent que les mots
sont peut-être mal choisis, de ma part).


3-Les propos de Benoît XVI sur le préservatif et le texte de la CDF
montrent que la prostitution peut être considéré comme un "cas particulier", mais je ne suis absolument pas convaincu par l'interpétation trop "libérale" de certains. Les propos du
pape me paraissent avoir un sens très très très particulier et non pas général.


Mais j'avoue être un peu "dans le flou" sur ce dernier point. C'est
pourquoi j'ai écrit à un archevêque en qui j'ai toute confiance pour qu'il me donne son opinion.


S'il m'en donne l'autorisation, je publierai sa réponse sur "Chère
Gospa".


 


A bientôt !


RV






Matthieu 28/12/2010 14:24



Désolé jamy, ton commentaire n'est pas passé (Penser à cliquer droit et copier vos commentaires avant envoi - c'est plus prudent).



jamy 28/12/2010 14:11



je suisd



Matthieu 28/12/2010 13:02



Mon cher RV, je te remercie sincèrement de ta participation à ce débat. Ce sont tes remarques qui l'ont rendu
intéressant. J'ai des scrupules de t'avoir entraîné sur Internet pendant tes vacances. On pourra reprendre cette discussion après si tu veux (à moins que tu penses que l'on ait fait le tour de la
question).


 


Pour l'heure, j'ai envie de te dire : "Va, et ne bêche plus"! 



Matthieu 28/12/2010 12:56



Cher RV, je ne crois pas pertinent d'apprécier la qualité d'une position quelconque de l'Eglise au regard de
sa réception instantanée par "des laïcs, des théologiens, des prêtres, des
évêques..." qui, pour aussi nombreux qu'ils soient, ne représentent pas le peuple de Dieu dans son entier (ni l'Eglise en son essence). Car alors, il aurait fallu
s'affliger particulièrement des décisions du Concile Vatican II (dont la réception a été une véritable catastrophe dans les années qui ont immédiatement suivi)!


 


En revanche, ton rapprochement avec l'évangile de Marc est vraiment très intéressant, car l'on voit bien que parfois, Dieu peut prescrire des choses qui tiennent compte de l'endurcissement du
coeur des hommes (idem pour la Sainte Vierge à Medjugorje au sujet du jeûne) "pour qu'au moins nous avancions un peu". Ce n'est certes pas la volonté
première de Dieu - mais c'est quand même une prescription qui vient de Lui (et qui ne remet nullement en cause son dessein initial - Humanae vitae conserve ainsi toute sa
vigueur et n'est absolument pas concernée, diminuée ou affectée de quelque manière par les propos du Pape et la dernière note de la CDF).



RV 28/12/2010 10:11



Encore un eptit PS au sujet de la Vierge de Medjugorje :


 


A ma connaissance, la Vierge n'a pas parlé de jeûne aux fruits et à l'eau.


Toutefois, elle a dit que ceux qui ne pouvaient pas jeûner devaient jeûner d'une autre manière (en faisant des "sacrifices" : jeûne de télé ou d'Internet...).


  


Mais ce qu'il faut bien comprendre (et je rejoins ici mes propos sur le pape), c'est que la Vierge ne dit pas cela de gaité de coeur.


La Vierge voudrait que tout le monde jeûne au pain et à l'eau.


Simplement, elle voit notre lenteur, notre dureté de coeur... et elle compose avec ça pour qu'au moins nous avancions un peu.


 


RV






RV 28/12/2010 09:35



PS : Si mes trois messages précédents sont apparus en gros caractères, c'est que j'ai fait un copier-coller avec Word. Ce n'est pas que je voulais qu'ils soient plus "visibles".


RV






RV 28/12/2010 09:27



Cher Matthieu,


 


Je voulais essayer de passer cette dernière semaine de vacances avec moins d'Internet, mais je vois que tu m'entraînes dans une conversation intéressante. Allez, continuons encore un peu...


    


Au sujet du jeûne aux fruits et à l'eau : non, la Vierge n'a pas dit cela (peut-être un animateur de pèlerinage... ou alors la Vierge l'a dit dans un message qui n'a pas été rendu publique...).


    


En ce qui concerne le reste, je t'apportes une précision supplémentaire concernant ma manière de sentir les propos du Pape et le texte de la CDF :


  


Je ne crois pas trahir l'esprit de l'Eglise de France en disant que, dans notre pays, les propos du pape sur le préservatif ont été accueillis avec beaucoup de joie.


En effet, on a entendu beaucoup de chrétiens (des laïcs, des théologiens, des prêtres, des évêques...) dire des choses dans le style : "Je me réjouis de ces propos", "Enfin l'Eglise ose vivre
avec son temps", "Le dialogue avec les jeunes va être facilité"...


En les écoutant, on a eu l'impression que quelque chose d'extrêmement positif était en train de se passer dans l'Eglise : enfin l'Eglise brisait un tabou, enfin un vent de renouveau se levait,
enfin un souffle de liberté et de bon sens se faisait sentir...


  


Et bien tu vois, c'est cela qui m'énerve. Le fait que nous avons accueilli les propos du Pape en leur donnant un sens qu'ils n'avaient pas.


Pour moi, les propos du Pape m'ont rappelé un célèbre passage de l'Evangile (Marc 10 1-12) :


Des pharisiens viennent vers Jésus et lui disent que Moïse leur a donné l'autorisation d'écrire des lettres de répudiation pour leur femme.


Jésus leur répond alors : "C’est à cause de votre dureté de cœur qu’il a écrit pour vous cette loi. Mais, au commencement de la création, Dieu les fit mâle et femelle".
  


J'ai le sentiment que les propos du Pape sont de la même veine. Le Pape n'a sûrement pas parlé de la prostitution et du préservatif de gaité de coeur. Il n'a sûrement pas pris du plaisir à parlé
de ces sujets-là.


Simplement, je crois que, comme Moïse, iil voit que le monde est dur et que les hommes sont sourds à Humanae Vitae. Alors, voyant cela, il est amené à dire ce genre de choses.


Mais si nous avions vraiment l'esprit de l'Evangile, je ne pense pas que nous aurions accueilli les propos du Pape avec autant de joie. Avec le pape, nous nous serions attristé de la dureté du
coeur des hommes.


 


Voilà ce que je pense vraiment.


  


RV





PS : au sujet de l'avortement, quand il a lieu dans des cas où la vie de la mère est en jeu, il n'en reste pas moins que l'enfant est quand même bien tué. L'enfant n'a pas moins souffert sous
prétexte que c'est la vie de sa mère qui était menacé.


Alors peut-être que l'Eglise est plus clémente vis à vis de la mère, mais il n'en reste pas moins qu'une période de deuil doit s'ensuivre. Ce n'est donc sûrement pas facile pour la mère.


 



Matthieu 27/12/2010 14:20



Dernière remarque : tu dis que celui qui met un préservatif pour protéger son partenaire se met aussi en
situation de ne pas donner la vie - car le préservatif reste un contraceptif. Il tombe donc, de toutes les façons, sous le coup de la condamnation d'Humanae vitae.


 


Et bien, la CDF apporte une réponse à cela : tout dépend du but recherché. Si le but poursuivi par celui qui met un préservatif est de rendre impossible la procréation, alors le
moyen est illicite. Si le but poursuivi est de diminuer le risque pour la vie d'une autre personne, alors le moyen est licite - même s'il a pour conséquence seconde (inévitable) de rendre
impossible la procréation.


 


Notons au passage que l'Eglise use d'un raisonnement similaire au sujet de l'avortement. Celui-ci est un mal absolu - puisqu'il s'agit du meurtre d'un petit enfant (un "crime
abominable"). Mais "si la conservation de la vie de la future mère, indépendamment de son état de grossesse, requerrait d'urgence une opération
chirurgicale ou une autre action thérapeutique qui aurait pour conséquence accessoire, nullement voulue ou cherchée mais inévitable, la mort de l'embryon, un tel acte ne pourrait plus être
qualifié d'attentat direct à une vie innocente" (Pie XII).



Matthieu 27/12/2010 13:57



Pour revenir sur le
préservatif : il faut bien comprendre que la pensée du Pape se développe en deux temps - comme les deux étages d'une fusée. Premier étage (l'étage du haut) : l'exigence morale de la chasteté et
l'enseignement d'Humanae vitae. Ce premier étage s'inscrit dans la Tradition de l'Eglise ; il n'est absolument pas remis en cause par les derniers propos du Pape - ce que dit très bien
la CDF. Et loin de moi l'idée de vouloir le contester, d'aucune manière! Je suis aussi attaché que toi à la splendeur de la vérité, à la beauté de l'amour humain, à la bonté de la sexualité
humaine vécue selon le Dessein de Dieu (qui est un dessein bienveillant, un dessein de bonheur).


 


Deuxième étage (l'étage inférieur, celui du bas) : l'exigence du respect de la vie pour ceux qui refusent (quelle qu'en soit la raison) de vivre selon les exigences morales du premier étage. Cela
ne signifie pas qu'ils ne doivent pas rejoindre le premier étage! - car la santé physique n'est pas tout dans la vie de l'homme : il y a aussi la recherche du bonheur, de la paix intérieure, de
la réconciliation (avec Dieu et avec sa vocation personnelle)! Comme disait Jean-Paul II au Parc des Princes en 1980 : 

Matthieu 27/12/2010 13:05



Petite remarque sur le jeûne à Medjugorje. Je crois me souvenir que la Sainte Vierge a proposé le jeûne aux fruits et à l'eau à ceux qui trouveraient trop difficile le
jeûne au pain et à l'eau... Ne confondons pas la fin et les moyens : ce n'est pas l'homme qui est fait pour le jeûne, mais le jeûne qui est fait pour l'homme. "Mais si on dit ça, personne ne
jeûnera!" sembles-tu dire. A ceci je répondrais : à Medjugorje, la liberté est laissée aux pèlerins de jeûner ou de ne pas jeûner - et la plupart jeûnent. C'est donc bien qu'on peut leur faire
confiance pour discerner ce qui est bon, et le choisir librement. Si tu veux inciter les gens à jeûner, il n'y a qu'un seul moyen : le témoignage personnel. Si tu expliques aux gens ce que le
jeûne au pain et à l'eau t'apporte dans ta vie spirituelle (et si cela se voit, si tu en rayonnes), ils t'écouteront et te suivront. Si malgré tout, certains ne te suivent pas,
il faut leur faire comprendre alors ce qu'ils manquent... Mais ils demeurent libres de ne pas t'écouter, de ne pas te croire, de ne pas te suivre. L'important, c'est que leur liberté s'exerce en
pleine connaissance de cause - et qu'ils sachent à côté de quoi ils passent. Peut-être qu'un jour, ils s'en souviendront...



RV 27/12/2010 10:55



(...) il est illicite d'utiliser un préservatif pour entraver volontairement la venue de la vie ; mais il est licite
de l'employer pour protéger la vie.


  


Le problème de ta dernière phrase, Matthieu, c'est que celui qui est infecté et qui met un
préservatif se situe dans les deux cas de figure en même temps !


D'un côté il entrave la venue d'une vie qui devrait normalement naître de son rapport sexuel
(mais, visiblement, le but de ce rapport n'est pas de donner la vie mais de se donner uniquement du plaisir), et, de l'autre côté, il empêche la transmission du
Sida.


D'où la complexité extrême de cette question. D'où la raison pour laquelle je ne suis
personnellement pas "libérale" sur cette question. D'où la raison pour laquelle je préfère insister sur "l'exigence" plutôt que sur la "liberté".


Vaut-il mieux refuser de donner la vie que d'accepter de donner la mort
?


Pour moi, c'est là un choix impossible dont il n'est possible de sortir que d'une seule manière
: la chasteté et l'abstinence.
D'où mon attachement à "Humanae Vitae",  seul texte qui donne les vraies clefs pour se sentir en harmonie avec l'Eglise de manière parfaite.


Allez, ce coup-ci, j'arrête.


  


Bonne vacances à tous !


   


RV






RV 27/12/2010 09:46



Dans les cas où la personne ignore si elle est infectée (après un rapport "à risque"), le préservatif peut apparaître
prudent. De même si la personne a une relation illicite avec une personne dont elle ne sait rien... (pour préserver sa vie, ou celle de son épouse par exemple). Sur ces derniers points cependant,
je ne fais qu'exprimer mon opinion.


 


Voilà, et bien c'est exactement sur ce point précis que ça achoppe et que je me sens le moins à
l'aise (moins que pour le cas de la prostitution et des gens qui sont vraiment infectés).


Comme je l'ai dit plus haut, ça pose aussi un problème au niveau des couples catholiques mariés
religieusement dans lesquels il y a un doute (suspicion d'adultère avec qq qui pourrait être contaminé, par exemple. Les périodes de crise de confiance, ça existe).


Dans ce cas, pourquoi l'Eglise ne drait-elle pas qu'il peut y avoir des exceptions aussi dans les
couples catholiques ? (quitte à écouter certains, autant écouter tout le monde).


 


Mais ce que je veux dire depuis le début, c'est ceci (je résume ici ma pensée d'une manière
différente) :


Si l'Eglise passe son temps à prendre en compte ce que chacun veut (ou ne veut pas), peut (ou ne
peut pas), souhaite (ou ne souhaite pas), "croit" (ou ne croit pas)... alors "Humanae vitae" va être de plus en plus perçu comme une "option" réservée à quelques uns (ceux qui "veulent",
ceux qui "peuvent", ceux qui "souhaitent", ceux qui "croient"...) et non pas comme une vérité exigeante - et venant de Dieu - qui s'adresse à tous les hommes.


   


-le message est alors vidé de son sens universel.


-l'appel est vidé de sa force et de son "urgence".


    


Et c'est ainsi que l'on en arrive à bâtir une société où chacun - quoi qu'il fasse (qu'il utilise
le préservatif ou pas) - peut dire qu'il se sent "en harmonie avec l'Eglise".


    


Et puisque tout le monde se sent "en harmonie avec l'Eglise", alors personne ne veut
changer.


Là est le danger, je pense, d'une interprétation trop "libérale" des propos du Pape sur le
préservatif.


C'est surtout cela, le fond de mon propos.


  


RV


  


PS : C'est d'ailleurs ce qui se passe avec le jeûne alimentaire, à Medjugorje. Le jeûne est la
recommandation de la Vierge qui est la plus difficile.


Voyant qu'ils n'y arrivent pas facilement, nombreux sont les gens (et notamment les animateurs de
pèlerinages) qui disent aux pèlerins : "La Vierge ne vous oblige pas", "La Vierge ne vous force pas", "La Vierge vous comprend", "La Vierge n'impose jamais rien", "La Vierge vous aime comme vous
êtes", "La Vierge ne veut pas aller contre vous"...


Tout cela est vrai, bien sûr, mais à trop vouloir insister sur la "liberté" plutôt que sur
"l'exigence", on conforte les gens dans leur désir de ne pas changer leurs habitudes. Et le résultat est que les gens ne jeûnent pas.


Il en va de même pour la sexualité.



Matthieu 27/12/2010 00:05



Cher RV, je trouve que la note de la CDF répond admirablement à tous tes questionnements. Elle fait bien la distinction entre un usage "immoral" du préservatif et un usage "légitime". La CDF
explique bien que la position du Pape ne remet nullement en question la doctrine traditionnelle de l'Eglise et notamment, l'enseignement d'Humanae Vitae ("le Saint-Père ne parle ni de morale conjugale, ni même de norme morale
sur la contraception
(...). L'idée qu'on puisse déduire des paroles de Benoît XVI qu'il est
licite, dans certains cas, de recourir à l'usage du préservatif pour éviter les grossesses non désirées, est tout à fait arbitraire et
ne correspond ni à ses paroles ni à sa pensée.") Ce dont il est question ici, c'est de la gestion des cas "limites" : que dire aux gens qui commettent des actes gravement
immoraux tels que la prostitution, dans le contexte de la prolifération mondiale du virus mortel du SIDA? Le Pape répond : "il faut dire 2 choses : 1°) que votre débauche sexuelle ne
vous autorise pas à tuer votre prochain et que vous devez prendre les moyens de réduire les risques de contamination ; 2°) que vous devez remettre
en cause votre comportement sexuel désordonné, car c'est bien lui qui est la principale cause du SIDA. Non seulement le préservatif n'est pas une solution, mais le présenter comme la seule et
unique solution au SIDA reviendrait à réduire la sexualité au péché d'impureté, donc à la banaliser et finalement, à entretenir les causes même de la
pandémie".


 


Voilà comment j'entends la position de l'Eglise
exprimée par Benoît XVI et la CDF. On est loin, on le voit, d'un quelconque éloge en faveur du préservatif - qui n'est pas considéré comme une "faveur", mais comme une nécessité vitale
dans tous les cas où l'Evangile est piétiné et l'amour bafoué.


 


Il me paraît vain d'envisager une liste des
comportements qui "légitimeraient" le recours au préservatif (imagine la "tête" de la liste!...) Chacun est renvoyé ici à sa conscience. Dans les cas où la personne se sait infecté, les choses me
paraissent évidentes (que l'on soit prostitué ou non : je ne vois pas, encore une fois, pourquoi le débauché malade du SIDA commettrait un péché s'il mettait un préservatif pour protéger son
partenaire d'une contamination? Je vois bien en revanche quel péché il commettrait si sciemment, il décidait de ne pas en mettre...). Dans les cas où la personne ignore si elle est
infectée (après un rapport "à risque"), le préservatif peut apparaître prudent. De même si la personne a une relation illicite avec une personne dont elle ne sait rien... (pour préserver sa vie,
ou celle de son épouse par exemple). Sur ces derniers points cependant, je ne fais qu'exprimer mon opinion. Ma pensée au sujet du préservatif (à la lumière des dernières déclarations du Pape et
de la CDF), je la résumerais ainsi : il est illicite d'utiliser un préservatif pour entraver volontairement la venue de la vie ; mais il est
licite de l'employer pour protéger la vie. C'est la vie qui reste au fond la valeur de référence.



RV 26/12/2010 22:49



Mon cher Matthieu,


  


Je poste un dernier message sur ce fil car je pense que j'ai dit à peu près tout ce que je
pensais sur cette question, et je ne voudrais pas qu'on commence à "tourner en rond".


 


Je résumerais simplement ce qui me met "mal à l'aise", dans ton interprétation, en posant une
question :


-Si l'Eglise "tolère" le préservatif non pas seulement dans le cas de la prostitution mais aussi
dans tous les cas de personnes infectées par le virus du Sida,


-Si l'Eglise "tolère" le préservatif non pas seulement dans tous les cas de personnes infectées
par le virus du Sida, mais aussi dans tous les cas de personnes qui ne souhaitent pas s'abstenir (on entend souvent cela) pour avoir une "sexualité libre"...


 


Alors, dans ce cas, pourquoi l'Eglise ne ferait-elle pas d'autres exceptions et ne
tolèrerait-elle pas aussi le préservatif au sein d'un couple catholique marié religieusement (quand un mari suspecte sa femme de le tromper avec qq qui pourrait être infecté, quand un couple
trouve après coup que les recommandations de l'Eglise sur la régulation des naissances sont trop dures à suivre, quand un couple ne se sent pas prêt à changer ses vieilles habitudes, quand on
couple ne comprend pas pourquoi le Pape ferait des "faveurs" aux autres et pas à eux...).


   


Et si toutefois l'Eglise fait aussi des exceptions pour les couples catholiques mariés
religieusement, alors pourquoi Paul VI a-t-il écrit Humanae Vitae ?


   


RV






Matthieu 26/12/2010 20:47



J'aimerais comprendre ce qui te mets mal à l'aise RV. Les choses me paraissent claires personnellement :
l'Eglise commande la chasteté à tous les hommes (l'abstinence pour les célibataires, la fidélité pour les époux) comme un authentique chemin d'épanouissement et de liberté (de bonheur, disons le
mot). Et à ceux qui ne veulent pas vivre la chasteté (quelle qu'en soit la raison), elle demande qu'il ne soit pas attenté à tout le moins à la vie des hommes - car la vie est un don sacré,
fût-elle celle du dernier pécheur.


 


Tout malade du SIDA a donc la responsabilité morale de ne pas détruire la vie de celui (ou celle) avec qui il choisit d'avoir une relation
impure. Je ne vois pas pourquoi cette obligation morale devrait être réservée aux prostitués - et pourquoi les débauchés devraient en être exemptés. Cela n'amoindrit nullement la
première partie du message de l'Eglise (l'appel universel à la chasteté) - et c'est le mérite de la note de la CDF de le souligner. Mais cela tient compte du fait que tous les hommes ne vivent
pas selon l'Evangile, et que certains comportements peuvent entraîner la mort - sauf à employer des moyens comme le préservatif qui ne sont certes pas absolument satisfaisant sur le plan moral ni
fiables à 100 % sur le plan technique (et qui ne suppriment donc pas totalement la dangerosité de l'acte - ni le problème de fond que pose le SIDA à l'humanité), mais qui manifestent déjà
un premier souci de l'homme pécheur, qui est comme l'éveil d'un sentiment de responsabilité, d'une conscience qu'il n'est pas "juste" et
"bon" que la satisfaction de son désir égoïste aille jusqu'à la destruction de son (ou ses) partenaire(s). C'est parce que l'usage du préservatif dans cette perspective "a pour but de diminuer le risque pour la vie d'une autre personne" et "entend réduire le mal lié à [un] comportement
désordonné" que l'Eglise se reconnaît le droit de le recommander aux pécheurs qui n'ont pas un comportement chaste - et qui se savent infectés par le virus -, tout en condamnant
par ailleurs leur péché d'impureté qui, s'il n'a pas de conséquence sur le plan physique, en a un (très profond) sur le plan spirituel, puisqu'il les sépare de l'amitié avec Dieu qui est le bien
le plus précieux (et ce à quoi ils aspirent profondément, même s'ils ne le savent pas).



RV 26/12/2010 19:14



Oh mais ne t'inquiète pas. Les différences ne changent rien à l'amitié. De toute façon, j'ai toujours pensé qu'on ne pouvait pas être heureux dans l'Eglise si on n'aimait pas la contradiction et
l'opposition.


Simplement, la question du préservatif est une question avec laquelle je suis mal à l'aise.


Tu interpête les propos du Pape et le texte de la CDF d'une certaine manière. Et tu le fais de bonne foi.


Mais je connais beaucoup de gens qui sont eux aussi de très bonne foi (et de très bons chrétiens), et qui ne l'interpêtent pas de la même façon.


 


Je trouve que ça vaudrait la peine que l'Eglise soit encore plus claire en répondant aux deux questions que j'avais postées plus haut :


1-Le cas de la prostitution est-il le seul cas où l'usage du préservatif est "imaginable".


2-Si d'aventure il y a d'autres cas, quels sont-ils exactement (il faut une liste exhaustive pour éviter, justement, le problème des interprétations multiples).


   


RV






Matthieu 25/12/2010 19:20



« En fait, il y a une différence : dans la prostitution, il y a une idée de
contrainte beaucoup plus forte (...). Dans le cas d'un jeune "débauché" qui court les boites de nuit, il y a une idée non pas de "contrainte" mais "d'inconscience" qui est plus
forte ». Peut-être, mais je ne vois pas ce que cela change du point de vue du risque de la transmission du virus mortel du
SIDA. Que l’on soit client d’un prostitué ou partenaire d’un soir d’un « débauché » sexuel, on est exposé au même risque de contamination.
Or, c’est précisément ce risque qu’il s’agit de juguler.


 


Sur l’argument de l’« inconscience » du débauché : je dirais que c’est justement parce que le « débauché » est plus
« inconscient » que le prostitué (que l’on peut supposer plus « contraint »), que celui-là (le « débauché ») a un besoin plus urgent (sur le plan moral) de poser un
premier acte de responsabilité. Car s’il joint à l’inconscience de son comportement sexuel le mépris de la vie de celui à qui il se livre illicitement, il est coupable d’un double péché très grave que met bien en évidence la note de la CDF. Un premier pas vers l’humanisation de sa sexualité consisterait pour ce
« débauché » à respecter au moins la vie de son partenaire.


 


« Je précise pour terminer que le cardinal Burke, dans son analyse, a aussi
interprété les propos du pape comme ne concernant que le cas de la prostitution... » Je rappelle cependant
qu’une note de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a une portée doctrinale plus grande que l’opinion personnelle d’un évêque, fût-il cardinal. C’est donc cette nouvelle note de la CDF qui
fait autorité désormais.


 


Voilà, j’espère que ce petit point de désaccord qui nous opposes depuis quelques semaines n’entamera notre belle amitié
spirituelle dans le Seigneur et le Cœur immaculé de la Gospa ! Pardonne-moi, cher RV, si j’ai pu te blesser par une parole maladroite ou mal "sentie".


 


A toi aussi je souhaite un très Saint et joyeux Noël, ainsi qu’à tous les membres du groupe de prière Marie Reine de la Paix. Priez pour moi ! Priez pour
mes chers lecteurs.



RV 25/12/2010 09:55



En souhaitant un bon anniversaire à Jésus (2010 ans aujourd'hui) et un bon anniversaire à Totus tuus (5 ans), je rebondis sur la dernière remarque de Matthieu :


    


Or, je ne vois pas la différence entre un prostitué qui se sait atteint par le virus du SIDA et qui attend son prochain client, et un jeune débauché qui se sait aussi malade et qui va en
boîte en quête de sa prochaine proie...


    


En fait, il y a une différence : dans la prostitution, il y a une idée de contrainte beaucoup plus forte (pression ou menaces d'un proxénète, obligation de se soumettre au règles d'un milieu qui
nous a accaparé et dont on ne parvient pas à s'extraire...).


Dans le cas d'un jeune "débauché" qui court les boites de nuit, il y a une idée non pas de "contrainte" mais "d'inconscience" qui est plus forte, d'où une priorité qui doit être donnée à la
"pédagogie" : éducation à l'abstinence et à la chasteté.


 


Je précise pour terminer que le cardinal Burke, dans son analyse, a aussi interpété les propos du pape comme ne concernant que le cas de la prostitution... Mais, voyant que tout le monde ne fait
pas la même lecture, je me demande si ça ne vaudrait pas la peine que l'Eglise reprécise encore plus les choses.
 


Si toutefois qq de la CDF passe sur ce blog...


  


A bientôt et un joyeux Noël à tout le monde.


RV






Matthieu 25/12/2010 08:27



Voulez-vous dire que la CDF se serait trompée?? C'est bien elle en effet qui évoque le manquement au 6e
commandement ("la pureté observeras, en tes actes soigneusement"). Croyez-vous que ce commandement ne désigne que la prostitution?


 


L'Eglise n'est pas fondamentaliste. Elle n'interprète jamais l'Ecriture ni aucun texte des Papes littéralement, mais selon l'esprit qui a présidé à leur rédaction. Et de ce point de vue, la note
de la CDF est vraiment bienvenue (quoique j'aurais personnellement attendu que Noël passe pour la publier...). Or, je ne vois pas la différence entre un prostitué qui se sait atteint par le virus
du SIDA et qui attend son prochain client, et un jeune débauché qui se sait aussi malade et qui va en boîte en quête de sa prochaine proie...



Noëlly 24/12/2010 23:17



Moi je ne suis pas d'accord. Si le pape avait voulu parler de tous ceux qui commettent le péché de fornication, il ne serait pas aller chercher l'exemple si particulier et si précis de la
prostitution.


Il aurait dit : "Ce que je dis est valable pour tous ceux qui commettent le péché de fornication".


S'il a été si précis dans son exemple, c'est que ses propos n'ont pas un sens général.


 



Matthieu 24/12/2010 15:57



"Le passage que tu cites ne sous-entend pas du tout que le Pape fait allusion à d'autres cas." Je n'ai pas dit cela, cher RV : je n'ai pas dit que le Pape
faisait allusion à d'autres cas (ou alors je me suis mal exprimé) ; je te confirme qu'il ne vise dans son livre que le seul exemple de la prostitution. Ce que je
dis, c'est qu'il n'est pas juste d'inférer des propos du Pape (et a fortiori de la note de la CDF) que la prostitution puisse
être le seul cas concerné, puisque la prostitution est considérée ici en tant qu'elle est un "comportement gravement désordonné". Or, qu'y a-t-il de gravement désordonné dans
la prostitution ? La CDF répond : "Au sujet de la prostitution, la recommandation de la
tradition chrétienne tout entière – et pas seulement la sienne –, peut se résumer dans les paroles de saint Paul : « Fuyez la fornication » (1 Co 6, 18)." C'est donc bien du péché de fornication dont il est question ici à travers cet exemple particulier de la prostitution. Ce n'est certes pas
dit explicitement par le Pape dans son dernier livre (il n'est pas allé si loin dans le détail) ; mais c'est ce que dit aujourd'hui explicitement la CDF (et
qui était contenu implicitement dans les propos du Pape).


 


Les choses me paraissent donc bien
claires - mais elles l'ont toujours été en vérité dans le monde catholique (qui pratique depuis des années, sur le terrain, la politique de prévention dite "ABC") : les paroles du Pape s'adressent à tous ceux qui vont commettre le péché de
fornication et qui se savent infectés par le virus du SIDA.



RV 24/12/2010 09:44



Petites précisions :


"les paroles du Pape qui font allusion en particulier à un comportement gravement
désordonné, en l'occurrence la prostitution (cf. Lumière du monde, pp.159-161), ne modifient ni la doctrine morale, ni la pratique pastorale de l'Église".


  


En lisant cette phrase, je ne comprends pas qu'il peut y avoir d'autres cas. "(...) allusion en particulier à un comportement désordonné (...)",
pour moi, cela veut dire que le Pape vise un seul comportement désordonné.


 


"Il est indéniable que celui qui recourt
au préservatif dans le but de diminuer le risque pour la vie d'une autre personne, entend réduire le mal lié à son comportement désordonné".


    


Pour moi, le "celui" dont il est question est la personne qui se prostitue. Cette phrase ne
peut pas être isolée de ce qui précède. Le texte est un tout.


 


RV





 


 



RV 24/12/2010 09:28



Quand tu dis que les propos du Pape ne concernent pas uniquement la prostitution, je pense que que tu fais une interpétation personnelle car, d'après ma manière de sentir ce texte, le passage que
tu cites ne sous-entend pas du tout que le Pape fait allusion à d'autres cas.


D'autant moins que le texte dit bien (tu l'as d'ailleurs mis en caractère gras) :


En ce qui concerne le passage en question, le Saint-Père se référait au cas
totalement différent de la prostitution, comportement que la morale chrétienne a toujours considéré comme un acte gravement immoral.


   


RV





  


PS : Ceci dit, pour que les choses soient très claires pour tout le monde, je trouve que l'Eglise devrait répondre de manière extrêmement précise aux deux questions suivantes :


1-Le cas de la prostitution est-il la seule exeption.


2-Si d'aventure il y a d'autres cas, quels sont-ils ? (là, il faut donner une liste exhaustive car n'importe qui peut se dire : "moi, je suis une exeption, mon cas est à part"...).



Matthieu 23/12/2010 19:06



Cher RV,


 


Je n’ai pas la même lecture que toi de cet important document.


 


 Tu dis : « 1-Les propos du Pape concernent uniquement le cas de la prostitution. » Ce n’est pas exact. Le cas de prostitution est un « exemple » cité par le Pape. Mais il en existe
d’autres. « Les paroles du Pape,
dit la CDF, font allusion en particulier à un comportement gravement désordonné, en l'occurrence la
prostitution. » Mais le contexte général qui
est visé, ce n’est pas celui de la « prostitution » (qui n’est cité ici qu’à titre d’exemple particulier) ; c’est celui
d’un « comportement gravement désordonné ».La CDF évoque ainsi explicitement le péché de « fornication »
auquel la prostitution est assimilée, mais dont tu reconnaîtras
volontiers qu’il se manifeste aussi de bien d’autres manières…


 


 Les propos du Pape me semblent donc concerner tous les cas où un individu est en situation
de commettre le péché de fornication (prostitué – selon l’exemple retenu par le Saint Père dans son livre –
ou non : car le problème se pose dans les mêmes
termes que la personne « monnaye ses charmes » ou pas).


 


Ce qui te gène, semble-t-il, c’est que les propos du Pape puissent concerner des « gens qui ne peuvent pas
s'abstenir » ; ou plus exactement : que l’Eglise puisse reconnaître
implicitement qu’il est des cas où il n’est pas possible de s’abstenir. Mais cette interprétation me paraît excessive. L’Eglise parle très clairement ici de péché. Les personnes visées sont donc au premier chef des « gens qui ne veulent pas
s’abstenir. »


 



Maintenant, je suis d’accord avec toi pour dire que les propos du Pape concernent une personne
« qui
se sait infecté par le VIH et [qui est] donc susceptible de transmettre l'infection » (pour reprendre les termes employés par la CDF). Là encore toutefois, je n’irais pas
jusqu’à dire que c’est le « seul » cas de figure possible – même si, pour le coup, la CDF n’évoque que celui-là. Si l’on s’en tient aux paroles du Pape telles qu’elles sont rapportées
dans la note de la CDF, le recours au préservatif constitue « un premier pas sur le chemin d'une sexualité plus
humaine » lorsqu’il a pour « intention de réduire le risque de
contamination ».C’est donc
cette « intention » qu’il s’agit d’évaluer moralement pour qualifier l’acte – étant entendu que Dieu seul sonde les reins et les cœurs, et que ce n’est pas à nous de juger de
l’intentionnalité de telle personne dans telle circonstance.



RV 23/12/2010 11:03



La note de la CDF est très importante car elle précise bien deux choses :


1-Les propos du Pape concernent uniquement le cas de la prostitution.


2-Les propos du Pape concerne une personne prostituée qui se sait infectée.


 


Ces derniers temps, dans l'Eglise, beaucoup de gens ont laissé entendre la chose suivante :


1-Les propos du Pape concernent les gens qui ne peuvent pas s'abstenir


2-Les propos du Pape ne concernent pas uniquement ceux qui se savent infectés mais ceux qui veulent éviter le risque de contracter la maladie.


 


Voilà, je pense que j'ai bien résumé l'histoire...


 


RV


 



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