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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 18:21

Le 26 février 2009, le pape Benoît XVI a rencontré les curés et les prêtres du diocèse de Rome, comme il le fait chaque année en début du carême. Les prêtres ont posé plusieurs questions sur différents thèmes dont celle-ci.

Question –
Le père Pietro Riggi, salésien a déclaré : « Le Concile Vatican II a apporté beaucoup de changements très importants dans l'Eglise, mais il n'a pas aboli ce qui existait déjà. Il me semble que plusieurs prêtres ou théologiens voudraient faire passer comme l'esprit du Concile ce qui au contraire n'a rien à voir avec le Concile lui-même. Par exemple, les indulgences. Il existe le Manuel des indulgences de la Pénitencerie apostolique ; à travers les indulgences, on puise au trésor de l'Eglise et on peut prier pour les âmes du Purgatoire. Il existe un calendrier liturgique qui précise quand et comment il est possible d'obtenir les indulgences plénières, mais de nombreux prêtres n'en parlent plus, empêchant ainsi de faire arriver des prières importantes aux âmes du Purgatoire. Ensuite, les bénédictions. Il existe le Manuel des Bénédictions, dans lequel est prévue la bénédiction de personnes, de lieux, d'objets et même de nourriture. Mais de nombreux prêtres ne connaissent pas tout cela, et d'autres les considèrent comme pré-conciliaires, et renvoient ainsi les fidèles qui demandent ce qui devrait leur revenir de droit.

« Les pratiques de piété les plus connues. Les premiers vendredis du mois n'ont pas été abolis par le Concile Vatican II, mais de nombreux prêtres n'en parlent plus, ou encore en parlent mal. Aujourd'hui, il existe un sentiment d'aversion à l'égard de tout cela, car on les considère comme antiques et nuisibles, comme des choses anciennes et préconciliaires ; je pense au contraire que toutes ces prières et pratiques chrétiennes sont très actuelles et très importantes, qu'elles doivent être reprises et expliquées de façon adéquate au Peuple de Dieu, dans un juste équilibre et dans la vérité complète de Vatican II »
.

Benoît XVI – Il s'agit de réalités dont le Concile n'a pas parlé, mais qu'il suppose être des réalités de l'Eglise. Celles-ci vivent dans l'Eglise et se développent. Ce n'est pas le moment ici d'entrer dans le vaste thème des indulgences. Paul VI a réformé ce thème et nous a indiqué le fil pour le comprendre. Je dirais qu'il s'agit simplement d'un échange de dons, c'est-à-dire de ce qu'il existe de bon dans l'Eglise, ce qui existe pour tous.
Avec cette clé de l'indulgence, nous pouvons entrer dans cette communion des biens de l'Eglise. Les protestants s'opposent en affirmant que l'unique trésor est le Christ. Mais pour moi, ce qu'il y a de merveilleux, c'est que le Christ – qui est réellement plus que suffisant dans son amour infini, dans sa divinité et dans son humanité – voulait ajouter à ce qu'il a fait également notre pauvreté. Il ne nous considère pas uniquement comme des objets de sa miséricorde, mais il fait de nous des sujets de sa miséricorde et de son amour pour Lui, comme si – même si ce n'est pas de façon quantitative, mais au moins de façon mystérieuse – il voulait nous ajouter au grand trésor du Corps du Christ. Il voulait être la Tête avec le Corps. Et il voulait qu'avec son Corps soit complété le mystère de sa rédemption. Jésus voulait avoir l'Eglise comme son Corps, dans lequel se réalise toute la richesse de ce qu'il a fait. De ce mystère résulte précisément qu'il existe un thesaurus ecclesiae, que le Corps, comme la Tête, donne beaucoup et que nous pouvons recevoir l'un de l'autre et donner l'un à l'autre.

Et cela vaut également pour les autres choses, par exemple, les vendredis du sacré Cœur : il s'agit d'une chose très belle dans l'Eglise. Ce ne sont pas des choses nécessaires, mais qui ont mûri dans la richesse de la méditation du mystère. Ainsi, le Seigneur nous offre ces possibilités dans l'Eglise. Je ne pense pas que ce soit ici le lieu d'entrer dans tous les détails. Chacun peut plus ou moins comprendre ce qui est important ou non ; mais personne ne devrait mépriser cette richesse, développée au fil des siècles comme un don et comme une multiplication des lumières dans l'Eglise. La lumière du Christ est unique. Elle apparaît dans toutes ses tonalités et offre la connaissance et la richesse de son don, l'interaction entre la Tête et le Corps, l'interaction entre les membres, afin que nous puissions être véritablement ensemble un organisme vivant, dans lequel chacun donne à tous et tous donnent le Seigneur, qui nous a donné son être tout entier.


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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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