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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 12:07

Suite de la lettre apostolique du Pape Jean-Paul II sur le sens chrétien de la souffrance humaine (Salvifici Doloris, le 11 février 1984).

 

16. Dans son activité messianique au sein d'Israël, le Christ s'est sans cesse fait proche du monde de la souffrance humaine. « Il est passé en faisant le bien », et son action le portait en premier lieu vers ceux qui souffraient et ceux qui attendaient de l'aide. Il guérissait les malades, consolait les affligés, donnait à manger aux affamés, délivrait les hommes de la surdité, de la cécité, de la lèpre, du démon, de divers handicaps physiques, trois fois il a rendu la vie à un mort. Il était sensible à toute souffrance humaine, tant du corps que de l'âme. En même temps, il enseignait ; et au centre de son enseignement se trouvent les huit béatitudes, qui sont adressées aux hommes éprouvés par différentes souffrances dans la vie temporelle. Ce sont ceux qui ont « une âme de pauvre » et « les affligés », « les affamés et assoiffés de la justice » et « les persécutés pour la justice », ceux que l'on insulte, que l'on persécute, contre lesquels on dit faussement toute sorte de mal à cause du Christ... Ceci selon saint Matthieu ; Luc mentionne encore explicitement ceux qui ont « faim maintenant ».

 

De toute façon, le Christ s'est fait proche du monde de la souffrance humaine surtout en prenant sur lui-même cette souffrance. Durant son activité publique, non seulement il a éprouvé la fatigue, l'absence de maison, l'incompréhension, même de ses plus proches, mais, par-dessus tout, il a été de plus en plus hermétiquement enfermé dans un cercle d'hostilité, et les préparatifs pour le faire disparaître du monde des vivants sont devenus de plus en plus manifestes. Le Christ en est conscient et bien souvent il parle à ses disciples des souffrances et de la mort qui l'attendent : « Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes; ils le condamneront à mort et le livreront aux païens, ils le bafoueront, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront, et après trois jours il ressuscitera ». Le Christ va au devant de sa Passion et de sa mort en pleine conscience de la mission qu'il doit accomplir précisément de cette manière. C'est précisément par cette souffrance qu'il doit faire en sorte « que l'homme ne périsse pas mais ait la vie éternelle ». C'est précisément par sa Croix qu'il doit atteindre les racines du mal enfoncées dans l'Histoire de l'homme et dans l'âme humaine. C'est précisément par sa Croix qu'il doit accomplir l'oeuvre du Salut. Cette oeuvre, dans le dessein de l'Amour éternel, a un caractère rédempteur.

 

Et c'est pourquoi il reprend sévèrement Pierre lorsque celui-ci veut lui faire abandonner ses pensées sur la souffrance et sur la mort en croix. Et quand le même Pierre, au moment de l'arrestation à Gethsémani, tente de le défendre par l'épée, le Christ lui dit : « Rentre ton épée... Comment alors s'accompliraient les Ecritures d'après lesquelles il doit en être ainsi? ». Et il dit aussi : « La coupe que m'a donnée le Père, ne la boirai-je pas? ». Cette réponse – comme d'autres qui reviennent en divers points de l'Evangile – montre combien le Christ était profondément pénétré de la pensée qu'il avait déjà exprimée lors de son entretien avec Nicodème : « Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ». Le Christ s'achemine vers sa propre souffrance, conscient de sa force salvifique ; il va, obéissant à son Père, mais surtout il est uni à son Père dans l'amour même dont le Père a aimé le monde et l'homme dans le monde. Et c'est pourquoi Saint Paul écrira du Christ : il « m'a aimé et s'est livré pour moi ». 

 

 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Salvifici Doloris
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