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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 18:42

Suite de la lettre apostolique du Pape Jean-Paul II sur le sens chrétien de la souffrance humaine (Salvifici Doloris, le 11 février 1984).

 

8. La souffrance humaine constitue en soi comme un « monde » spécifique qui existe en même temps que l'homme, qui apparaît en lui et qui passe, et qui parfois au contraire ne passe pas mais s'établit et s'approfondit en lui. Ce monde de la souffrance, étendu à de nombreux, de très nombreux sujets, existe pour ainsi dire dans la dispersion. Tout homme, par sa souffrance personnelle, constitue une petite partie de ce « monde » ; mais aussi ce « monde » est en lui comme une entité finie et unique. Toutefois, la dimension inter-humaine et sociale va de pair avec cela. Le monde de la souffrance possède comme une solidarité qui lui est propre. Les hommes qui souffrent se rendent semblables les uns aux autres à cause de l'analogie de leur situation, de l'épreuve de leur destinée, ou à cause du besoin de compréhension et d'attention, et peut-être surtout à cause du problème persistant du sens de la souffrance. Bien que le monde de la souffrance existe dans la dispersion, il est donc aussi par lui-même un singulier appel à la communion et à la solidarité. Nous essaierons de répondre à cet appel dans la présente réflexion.

 

En pensant au monde de la souffrance dans sa signification personnelle et en même temps collective, on ne peut enfin éviter de noter aussi que ce monde, à certaines époques et dans certains espaces de l'existence humaine, prend pour ainsi dire une densité particulière. Cela se produit, par exemple, dans les cas de calamités naturelles, d'épidémies, de catastrophes et de cataclysmes, de divers fléaux sociaux : que l'on pense entre autres au cas d'une mauvaise récolte et, en lien avec elle – à moins qu'il ne soit dû à diverses autres causes –, au fléau de la faim.

 

Pensons enfin à la guerre. J'en parle avec quelque insistance. Je parle des deux dernières guerres mondiales, dont la seconde a fauché un total beaucoup plus élevé de vies et entraîné une accumulation plus lourde de souffrances humaines. A son tour, la deuxième moitié de notre siècle – comme en proportion des erreurs et des transgressions de notre civilisation contemporaine – porte en soi une menace si horrible de guerre nucléaire que nous ne pouvons penser à cette période qu'en termes d'accumulation incomparable de souffrances jusqu'à l'éventualité d'une auto-destruction de l'humanité. De cette façon, ce monde de souffrance, qui, en définitive, a son sujet en chaque homme, semble se transformer à notre époque – peut-être plus qu'à aucun autre moment – en une particulière souffrance du monde : du monde qui est plus que jamais transformé par le progrès grâce à l'action de l'homme, et qui, en même temps, est plus que jamais en danger à cause des erreurs et des fautes de l'homme. 

 

 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Salvifici Doloris
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