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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 09:32

Cher Tiago,

 

Je reviens à notre disputatio sur la Bible et l’Eglise.

 

Vous revenez dans vos commentaires à mon précédent article sur la question de la Sola Scriptura. C’est une question qui a été longuement débattue dans ces colonnes, et je renvois mes lecteurs aux articles et débats qui se sont développés sur ce thème :

 

1. La Sola Scriptura est-elle bibliquement fondée ?

2. La Sola Scriptura, ou tradition contre Tradition

3. La Sola Scriptura à l’épreuve des Ecritures.

 

1. Vous m’opposez une phrase que j’ai écrite (« Paul ne demande pas aux chrétiens de s’en tenir aux seuls écrits ») à une parole de Saint Paul en 1 Co. 4. 6 qui nous exhorte à « ne pas aller au delà de ce qui est écrit » (selon votre traduction qui n’est pas la mienne, mais passons).

 

Et bien entendu, entre Matthieu Boucart et Saint Paul, votre cœur ne balance pas… 

 

Mais si vous aviez lu la phrase en son entier, vous vous seriez aperçu que moi aussi, je faisais allusion à Saint Paul, en 2 Thess. 2. 15, lorsqu’il nous invite à tenir bon et à garder fidèlement « les traditions que vous avez apprises de nous, de vive voix ou par lettre ». « Dans ce passage, écrivais-je (dans ce passage, Tiago), Paul ne demande pas aux chrétiens de s’en tenir aux seuls écrits ».

 

Ce n’est donc pas Matthieu Boucart qu’il faut confronter à Saint Paul, mais… Saint Paul lui-même !

 

Vous pourrez peut-être voir une contradiction dans les propos de Paul, entre 2 Thess 2. 15 et 1 Co 4. 6. Mais en réalité, il n’y en a pas : car « ne pas aller au-delà des Ecritures » signifie aussi entendre 2 Thess. 2. 15 ; et recevoir les deux sources de la Tradition apostolique évoquées par Saint Paul (orales et écrites) ; consentir par conséquent, au nom même des Ecritures, à ce qu’il n’y ait pas seulement les Ecritures.

 

La Sola Scriptura n’est pas biblique parce que nulle part dans la Bible il n’est affirmé qu’il n’y ait que les Ecritures ; que l’Ecriture seule suffit. C’est pourquoi la Sola Scriptura va « au-delà des Ecritures ». Même 1 Co 4. 6, voyez-vous, condamne la Sola Scriptura…

 

Je suis donc d’accord avec Saint Paul pour dire : « rien de plus que ce qui est écrit ». Reste maintenant à examiner ce qui est écrit… particulièrement en 2 Thess 2. 15.

 

2. Vous allez me dire que je pousse le bouchon un peu trop loin. Qu’il n’y a pas de meilleur fondement à la Sola Scriptura qu’un texte de l’Ecriture affirmant la nécessité de ne pas aller au-delà de ce qui est écrit.

 

Pourtant, il faut nous interroger sur la nature même de ces écrits au-delà desquels il ne faut pas aller. De quels écrits Saint Paul parle-t-il ? De notre Bible actuelle ? Non pas ! Elle n’existait pas en sa version définitive à l’époque où Saint Paul écrivait sa lettre… Alors… de quels écrits peut-il donc s’agir ? Eh bien : des seuls Ecrits faisant autorité pour un Juif, à savoir : la Loi, les Prophètes, les Livres de Sagesse et les Psaumes ; autrement dit : la Bible hébraïque – notre Ancien Testament.

 

Dès lors : OU BIEN la parole de Saint Paul en 1 Co 4. 6 fonde la Sola Scriptura – et dans ce cas, il faut reconnaître qu’elle s’applique aux seuls textes de l’Ancien Testament : le Nouveau Testament doit donc être rejeté au nom même de la Sola Scriptura, en ce qu’il va au-delà (ô combien !) des Ecritures hébraïques. OU BIEN : la parole de Saint Paul en 1 Co 4. 6 ne fonde pas la Sola Scriptura…

 

En affirmant que 1 Co 4. 6 fonde la Sola Scriptura au sens où ce principe s’étendrait à l’ensemble de notre Bible actuelle, vous faites dire à Saint Paul ce qu’il n’a pas dit : vous sur-interprétez ses propos et faites dire à l’Ecriture plus qu’elle n’en dit : vous allez donc « au-delà » des Ecritures. Ce qu’il ne faut pas faire, selon St Paul.

 

3. Sur Jude 3 et Apocalypse 22. 18-19 : je vous renvoie au commentaire n°25 de mon premier article sur la Sola Scriptura. Vous dites que j’oppose à ces textes une « défense extrêmement faible » : les lecteurs jugeront. Ils relèveront en tous les cas votre tendance à extrapoler les paroles des auteurs sacrés – et à leur faire dire autre chose qu’ils n’ont voulu dire.

 

4. « Si vous voulez dire que c'est l'Eglise Catholique qui a fixé le canon des Ecritures, vous vous trompez. C'est le Saint-Esprit, par Son rôle de Consolateur, de Gardien et d'Enseignant, qui a déterminé quels seraient les écrits qui allaient être nécessaires à l'enseignement, l'exhortation, la consolation et le développement de Son Eglise. »

 

Le Saint Esprit ? Fort bien ! Nous sommes entièrement d’accord. Mais de quelle manière ? Selon quelles médiations humaines ? Vous allez sans doute me dire : aucune. Mais la Bible n’est pas un aérolite descendu tout fait du ciel. Elle a été écrite de mains d’hommes, après une longue histoire ; elle est destinée à être lue et interprétée par des hommes ; et ce sont des hommes qui ont eu à reconnaître les livres qui la composent comme inspirés de Dieu, pour les proposer comme tels à d’autres hommes. On ne peut donc séparer l’Esprit Saint et les hommes puisque l’Esprit Saint agit à travers des hommes.

 

D’où vient que l’Evangile de Matthieu a été considéré comme inspiré, et non pas l’Evangile de Thomas ? Et comment se fait-il que l’Evangile de Marc a été reçu comme Parole de Dieu, au contraire de l’Evangile de Pierre ? Les rédacteurs des Evangiles dits apocryphes, eux aussi pourtant, revendiquaient l’inspiration divine pour eux-mêmes ! Comment le tri s’est-il donc fait entre des textes authentiquement inspirés et d’autres qui ne l’étaient pas ? La réponse est : par l’Eglise. C’est l’Eglise qui a autorité pour reconnaître et discerner ce qui vient de l’Esprit Saint et ce qui lui est étranger, parce que c’est sur l’Eglise que l’Esprit Saint est descendu au jour de la Pentecôte. Depuis ce jour béni, l’Eglise est devenue la demeure du Saint Esprit, en sorte que quiconque trouve l’Eglise du Christ trouve l’Esprit Saint. Comment s’étonner que l’Esprit qui habite Jésus habite aussi l’Eglise, qui est son Corps ? « L'Église est l'accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude » nous dit Saint Paul (Ep 1. 23). C’est donc l’Eglise, unie à son Maître duquel elle reçoit la sève vivifiante de l’Esprit, qui a autorité pour enseigner au nom du Christ, reconnaître l’inspiration des textes sacrés, leur donner la juste interprétation et apprécier leur exacte portée.

 

Le Canon des Ecritures a été fixé de fait par l’Eglise très tôt dans son histoire, porté par une tradition orale avant d’être fixé de droit par écrit, à l’occasion de décisions conciliaires (cf. Carthage 4e siècle ; Florence 15esiècle ; Trente 16e siècle).

 

C’est donc par l’Eglise que nous recevons la Bible. Sans l’Eglise, il est impossible de savoir infailliblement ce qui est inspiré et ce qui ne l’est pas. Sans l’autorité de l’Eglise, nous sommes abandonnés à nos propres préjugés, et ne pouvons dire avec certitude si ces préjugés nous mènent dans la bonne direction. « Je ne croirais pas à l’Evangile, disait Saint Augustin, si l’autorité de l’Eglise catholique ne me poussait pas à le faire ».

 

Un protestant en revanche ne possède aucun moyen sûr de savoir quels livres appartiennent à la Bible… Il ne peut faire appel à la Bible pour prouver quoi que ce soit – puisque la Bible elle-même ne définit pas son contenu. Il n’y a aucune façon pour lui de savoir quels sont les livres inspirés… La Sola Scriptura en laquelle il croit dur comme fer, et qui influence tant sa manière d’interpréter les Ecritures, repose donc, on le voit, sur des bases extrêmement fragiles...

 

5. « Matthieu, il ne sert à rien de me fournir comme "preuve" que la "Tradition catholique" est "vraie" en me citant le CEC. Je vous l'ai déjà dit, cela relève du raisonnement circulaire. »

 

Quand j’use de références au catéchisme de l’Eglise catholique, ce n’est pas pour vous imposer un argument d’autorité, mais un argument d’intelligence, car le Catéchisme exprime mieux que je ne saurai le faire la doctrine catholique. Et compte tenu de votre méconnaissance du catholicisme (qu’a pointée fort justement Armel dans ses commentaires à l’article précédent), il ne me paraît pas tout à fait inutile d’y avoir recours. Mais il semble que vous soyiez foncièrement allergique à la pensée catholique, au point que vous considériez toute citation catholique (du CEC ou du Pape Benoît XVI) nulle et non avenue. Si les seules sources recevables pour vous sont celles du protestantisme, il va être difficile de dialoguer…

 

6. « A un moment donné – la fin du premier siècle ap. JC – tous les enseignements qui avaient préalablement existé sous une forme purement orale, avaient été mis par écrit et, par conséquent, la tradition orale s'éteignit progressivement au fur et à mesure qu'apparut la tradition écrite. »

 

Je serais curieux de savoir d’où vous tirez cette information. Certainement pas de l’Ecriture en tout cas ! Car rien dans la Bible ne plaide en faveur d’une substitution de la source écrite à la source orale, et d’une disparition progressive de la tradition orale.

 

Votre raisonnement montre bien que la Sola Scriptura est fondée sur une certaine interprétation de l’histoire ; et d’une interprétation erronée, compte tenu de ce que nous avons dit plus haut au sujet de la Bible canonique – qui a longtemps été portée par une tradition orale ; et même, selon la théologie protestante (qui ne reconnaît pas les Conciles catholiques), par une tradition seulement orale. La Sola Scriptura elle-même est une doctrine qui provient d’une tradition orale d’origine protestante – qui n’existait pas avant la Réforme et qui n’a jamais été la doctrine de l’Eglise issue de la Pentecôte.

 

« L'erreur que vous commettez Matthieu, est de croire à et de défendre l'idée que, la tradition orale vient compléter, éclairer, la tradition écrite alors que la tradition écrite, comme elle nous est parvenue sous la forme des écrits néo-testamentaires, est l'aboutissement, la fin, de la tradition orale. »


C'est vous qui le dites Tiago. Mais cette affirmation n’a aucune justification dans les Ecritures. Nulle part dans la Bible il n’est indiqué que l’écrit est « l’aboutissement, la fin de la tradition orale ». Si tel était le cas, on se demande bien pourquoi Jésus n’a rien écrit. Si Dieu avait voulu faire prédominer l’écriture sur les traditions orales, il avait un moyen très simple à sa disposition : c’est de demander à son Fils incarné d’écrire lui-même son propre Evangile.

 

Rien donc dans la Bible ne confère à l’écriture le statut que vous lui conférez. Bien au contraire, l’Ecriture atteste elle-même qu’elle ne suffit pas. Ainsi, dans le livre des Actes des Apôtres, nous voyons un eunuque, haut fonctionnaire de la reine d'Ethiopie, lisant le prophète Isaïe. « Comprends-tu vraiment ce que tu lis ? » lui demande Philippe. Réponse de l’eunuque : « Comment pourrais-je comprendre s’il n’y a personne pour me guider ? » (Actes 8. 30-31) Dans le récit évangélique des pèlerins d’Emmaüs, on voit Jésus expliquer et faire comprendre les Ecritures à ses interlocuteurs (Lc 24. 27 et 32).

 

L’Ecriture elle-même nous révèle donc… que l’Ecriture ne suffit pas ; il faut encore quelqu’un pour guider le lecteur ; pour expliquer et faire comprendre ses textes. Ce quelqu’un, c’est Jésus lui-même. Et depuis son Ascension et l’évènement fondateur de la Pentecôte : c’est l’Eglise, en tant qu'elle est son Corps habité par son Esprit ; en tant qu'elle est « l'accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude » (Ep 1. 23). La même Eglise qui authentifie la Bible, qui en définit infailliblement le canon et qui garantit l’inspiration de ses livres, est donc aussi l’autorité établie (et conduite) par Jésus-Christ pour guider les hommes dans leur lecture, leur expliquer et leur faire comprendre le sens et la véritable portée de ses textes.

 

7. « Cela pose la question épistémologique : qu'est-ce que la vérité ? Je ne fais pas uniquement allusion à Jean 14v6; 17v17. Je veux dire par là, quelle est l'aune, quel est l'étalon, le calibre, le gabarit, avec lequel nous devons mesurer, peser et vérifier si ce que l'on nous dit est la vérité ? Autrement dit, comment pouvons-nous savoir, pouvons-nous déterminer, vous et moi Matthieu, que ce que nous croyons et professons/déclarons est vrai ? Etant donné que l'Ecriture sacrée représente l'aboutissement, l'achèvement, la clôture, de la phase orale de la tradition apostolique initiale, j'affirme catégoriquement, péremptoirement que, la seule, l'unique et suffisante autorité, en matière de foi christique, est l'Ecriture comme elle nous a été transmise par le don du Saint-Esprit. »

 

Je vous confirme en effet que c'est une affirmation… péremptoire. Car depuis les premiers temps de l’Eglise, la seule manière de savoir si ce que nous croyons/professons/déclarons est vrai, est de vérifier si cela est conforme ou non à la pensée de l’Eglise – c’est-à-dire à la pensée du peuple de Dieu en communion avec les Apôtres et leurs successeurs, eux-mêmes unis à Saint Pierre et à ses successeurs. La vérité est dans la communion, et c’est une chose excellente, car on ne peut avoir raison seul contre le monde entier : l’Eglise de ce point de vue est une véritable école d’humilité pour l’homme. La vérité est dans l’Eglise, puisque c’est sur elle qu’a été répandue l’Esprit de Vérité au jour de la Pentecôte. La colonne de la vérité – son pilier et son soutien –, ce n’est pas la Bible – de l’aveu même de la Bible! ; c’est l’Eglise (cf. 1 Tim 3. 15).

 

La seule, l’unique et suffisante autorité en matière de foi chrétienne (je préfère ce terme à celui de « christique ») est l’Eglise en laquelle a été répandue la plénitude des dons de l’Esprit au jour de la Pentecôte, et qui nous présente la Bible – sa Bible – comme l’authentique Parole de Dieu à garder et à méditer dans la communion de la foi.

 

8. Je passe sur vos considérations sur l’Eglise catholique, qui ne mettrait pas selon vous l’accent « sur une relation personnelle, intime, profonde, avec le seul vrai Dieu théiste, personnel, proche de la Bible » ; mais qui ferait passer « en avant ses sacrements, ses rituels, sa liturgie, son faste, sa pompe, son cérémoniel, ses coutumes, ses traditions humaines et son prestige. » Armel vous a exactement répondu ce qu’il convenait. La vie spirituelle est essentielle dans la vie chrétienne. Elle est au cœur de la vie de l’Eglise. Les Saints canonisés attestent de ce primat de la vie intérieure : il n’en est pas un (je dis bien : pas UN) qui n’ait été une « bête » de prière (si vous me passez l’expression). Même parmi les plus « actifs » : je pense à une Mère Térésa, ou à un Saint Vincent de Paul qui passait 3 heures par jour à adorer le Seigneur dans le St Sacrement avant d’œuvrer en faveur des plus pauvres et des plus miséreux. Sans parler de la vie consacrée et du monachisme, tout entier basés sur la prière et la contemplation du mystère de Dieu.

 

« Il est nécessaire d'apprendre à prier, recevant pour ainsi dire toujours de nouveau cet art des lèvres mêmes du divin Maître, comme les premiers disciples : « Seigneur, apprends-nous à prier! » (Lc 11. 1). Dans la prière se développe ce dialogue avec le Christ qui fait de nous ses intimes : « Demeurez en moi, comme moi en vous » (Jn 15. 4). Cette réciprocité est la substance même, l'âme, de la vie chrétienne et elle est la condition de toute vie pastorale authentique. » (Jean-Paul II, Novo Millennio Ineunte, n°32).

 

9. « Posez-vous, Matthieu, la question, à mon sens très pertinente : pourquoi le catholicisme ne transforme-t-il que si peu de gens (comparativement au nombre de personnes qui se réclament de l'EC) ? Parce que l'EC n'enseigne pas 1) la repentance personnelle en Jésus-Christ 2) la conversion personnelle en Jésus-Christ 3) la justification personnelle en Jésus-Christ et 4) la sanctification personnelle en, pour et par Jésus-Christ. »

 

Les catholiques qui liront ses lignes n’en croiront pas leurs yeux. Avez-vous lu ne serait-ce qu’une seule vie de saint ? Avez-vous songé au nombre (considérable et croissant !) de saints que l’Eglise canonise ? Vous êtes-vous intéressé à ce que fut leur rayonnement et la fécondité de leur vie dans l’histoire du monde et de l’Eglise ? Connaissez-vous autant d’exemples de vies transformées dans le monde protestant ? Bref, savez-vous vraiment ce que vous dites ??? On en doute, à lire la suite de votre prose.

 

Vous dites que l’Eglise catholique n’enseigne pas la repentance personnelle en Jésus-Christ ? Mais c’est faux !

Que l’Eglise catholique n’enseigne pas la conversion personnelle en Jésus-Christ ? Mais c’est faux !

Que l’Eglise catholique n’enseigne pas la justification personnelle en Jésus-Christ ? Mais c’est encore faux !

Que l’Eglise catholique n’enseigne pas la sanctification personnelle en, pour et par Jésus-Christ ? Mais c’est toujours faux !

 

Du coup Tiago, je me pose une question. Est-ce bien de l’Eglise catholique que vous faites le procès, ou de l’image déformée (jusqu’à la caricature) que vous vous en faites, et en laquelle aucun catholique ne se reconnaîtra ?

 

10. « Le Dieu catholique est un Dieu déiste, lointain, inaccessible si ce n'est par le biais d'intermédiaires (saints, Marie, …). Le chrétien peut appeler affectueusement et respectueusement Dieu, le Créateur des cieux et de la Terre, Abba, Père (Rom. 8v15). »

 

Le Dieu catholique est un Dieu proche, qui s’est incarné en Jésus-Christ et ce faisant, s’est uni à tout homme. Au point que chaque homme est devenu en quelque sorte un sacrement de la présence de Jésus-Christ. « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger… » dit Jésus à ses interlocuteurs éberlués. « Quand avais-tu faim et t’avons-nous donné à manger ? » l’interrogent-ils. « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à MOI que vous l’avez fait » leur répond Jésus (cf. Mt 25. 35 ; 37 ; 40) « Pourquoi ME persécutes-tu » dira encore le Seigneur à Saul de Tarse qui martyrisait… les chrétiens !

 

Notre Dieu n’est donc pas lointain dans son Ciel inaccessible : il est présent sur la terre ; présent dans le cœur des croyants ; présent dans l’Eglise et dans l’Eucharistie qu’elle célèbre ; présent dans la personne des plus pauvres ; présent en chaque homme.

 

Cette proximité de Dieu dont l’Eglise catholique a grande conscience explique la grande confiance qu’elle a – par delà la faiblesse de ses membres – en son infaillibilité doctrinale : parce qu’elle sait bien que son Seigneur est vivant et qu’il gouverne l’Eglise – et qu’il le fait de telle manière que « les portes de l’enfer ne l’emporte pas sur elle » (Mt 16. 18).

 

11. « Matthieu, Dieu ne change pas. Il est le même, hier, aujourd'hui et éternellement (Hébr. 13V8). Les termes de Son Alliance ne changent pas non plus. Le dépôt de la foi est terminé, achevé, clôturé. Libre à vous de croire aux enseignements anti-bibliques que l'EC dispense à ses ouailles depuis des siècles. »

 

C’est vrai Tiago : le dépôt de la foi est terminé, achevé, clotûré. Mais… il reste aux hommes à en saisir toute la compréhension et la richesse de sens.

 

Dieu nous a tout donné, c’est entendu ; cela ne signifie pas que l’on ait tout compris – notre disputatio en est le témoignage. L’Ecriture atteste que Dieu se révèle progressivement dans l’histoire, avec grande pédagogie ; et qu’il répugne à révéler à quiconque des vérités qu’il ne peut porter (cf. Jn 16. 12). Ce sont nos humaines maturations qui sont lentes, et qui font que l’on n’entre pas de plain-pied dans le mystère de Dieu et des vérités révélées.

 

Alors oui : Dieu nous a tout dit. Mais nous avons encore beaucoup de choses à découvrir. Et c’est rassurant au fond : car cela témoigne que la Parole de Dieu est infinie ; qu’elle n’est pas simplement d’origine humaine, mais qu’elle vient bien de Dieu.

 

 

(à suivre…)

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Published by Matthieu BOUCART - dans Questions sur la foi
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commentaires

Théodore 16/04/2014 12:26


Bonjour,


juste un passage d'un frère "séparé" (luthérien) pour dire qu'il approuve totalement cet article. Prenez garde, frères catholiques, à ne pas confondre ces évangéliques qui ne jurent par la Bible,
et ont jeté la Tradition à la poubelle, avec les protestants traditionnels (luthériens, anglicans, calvinistes) qui la tiennent en haute estime et n'osent, quand ils sont orthodoxes, s'en écarter
d'un seul petit pas.


Pax vobiscum ! :)

Bruno 24/07/2010 21:29



Je faisais référence à cette phrase:


"Si quelqu’un dit que le rite de l’Eglise romaine, selon lequel une partie du canon et les paroles de la consécration sont prononcées à voix basse, doit être condamné; ou que la messe ne
doit être célébrée qu’en langue vulgaire"


 



Matthieu 24/07/2010 20:11



"s'il n'y avait pas eu le dernier "motu proprio" de Benoit XVI sur la modalité extraordinaire du rite
romain, on pourrait presque penser que les pères conciliaires de Vatican 2 devraient être frappés d'anathèmes." Peut-être parce que vous leur faites dire ce qu'ils n'ont jamais
dit? 


 


"aucun dogme, par définition du mot, ne peut jamais être remis en cause. Les évêques réfractaires au motu
proprio de Benoit XVI - nombreux en France - devraient-ils être excommuniés?" Personnellement, je ne connais aucun évêque français qui remette en cause ouvertement le dogme catholique. Le
motu proprio ne proclame aucun nouveau dogme. Et les règles qu'il édicte sont confiées à la "prudence pastorale" des évêques qui conservent leur autorité et qui demeurent
les "modérateurs" de la liturgie dans leur propre diocèse.



Bruno 24/07/2010 16:35



Vatican 2 et Concile de Trente.


Merci à Mattthieu pour ses commentaires et ses liens, fort intéressants. Ainis, pour le "dogme" de la présence réelle du Christ dans les saintes espèces, difficile d'être plus clair que le
concile de Trente (il est vrai que là où je ne voyais qu'un seul dogme, les pères conciliaires du concile de Trente ont en vu une dizaine).


 


Cela étant dit, s'il n'y avait pas eu le dernier "motu proprio" de Benoit XVI sur la modalité extraordinaire du rite romain, on pourrait presque penser que les pères conciliaires de Vatican 2
devraient être frappés d'anathèmes, si je cite (cf. paragraphe 9):


Canons sur le très saint sacrifice de la messe


1. Si quelqu’un dit que, dans la messe, n’est pas offert à Dieu un véritable et authentique sacrifice ou qu’´ être offert ª ne signifie pas autre chose que le fait que le Christ nous est donné en
nourriture : qu’il soit anathème.


2. Si quelqu’un dit que par ces mots : Faites ceci en mémoire de moi17, le Christ n’a pas institué les apôtres prêtres, ou qu’il n’a pas ordonné qu’eux et les autres
prêtres offrent son corps et son sang : qu’il soit anathème.


3. Si quelqu’un dit que le sacrifice de la messe n’est qu’un sacrifice de louange et d’action de grâces, ou simple commémoration du sacrifice accompli sur la Croix, mais n’est pas un sacrifice
propitiatoire ; ou qu’il n’est profitable qu’à celui-là seul qui reçoit le Christ et qu’il ne doit pas être offert pour les vivants et les morts, ni pour les péchés, les peines, les satisfactions
et les autres nécessités : qu’il soit anathème.


4. Si quelqu’un dit que, par le sacrifice de la messe, on commet un blasphème contre le très saint sacrifice du Christ accompli sur la Croix ou qu’il en constitue un amoindrissement : qu’il soit
anathème.


5. Si quelqu’un dit que c’est une imposture de célébrer la messe en l’honneur des saints et pour obtenir leur intercession auprès de Dieu, comme l’entend l’Église : qu’il soit anathème.


6. Si quelqu’un dit que le canon de la messe contient des erreurs et qu’il doit être abrogé : qu’il soit anathème.


7. Si quelqu’un dit que les cérémonies, les vêtements et les signes extérieurs dont l’Église se sert dans la célébration de la messe sont plutôt des dérisions de l’impiété que des marques de
piété : qu’il soit anathème.


8. Si quelqu’un dit que les messes où seul le prêtre communie sacramentellement sont illicites et doivent donc être abrogées: qu’il soit anathème.


9. Si quelqu’un dit que le rite de l’Eglise romaine, selon lequel une partie du canon et les paroles de la consécration sont prononcées à voix basse, doit être condamné; ou que la messe ne doit
être célébrée qu’en langue vulgaire; ou que l’eau ne doit pas être mêlée, dans le calice, au vin que l’on doit offrir, parce que cela est contraire à l’institution du Christ : qu’il soit
anathème.


1 He 7, 11, 19. 2 Cf. He 7, 27 ; 9, 12 ,26, 28. 3 1 Cf. 1 Co 11, 23. 4 Cf. Ps 109, 4; He 5, 6. 5 Lc 22, 19; 1 Co 11, 24. 6 Cf.
Col 1, 13. 7 Cf. Ml 1, 11. 8 Cf. 1 Co 10, 21. 9 He 4, 16. 10 Cf. Augustin, Contra Faustum X-X, 21 (PL 42, 384 ; CSEL 25, 562). 11 Cf-
messe romaine, prière Suscipe sancta Trinitas dite par le prêtre qui se lave les mains. 12 Cf. Ambroise, De sacram. IV, 6 (PL 16, 464 ; SC 25) ; c. 6 X. 111 41 (Fr. 2,
636). 13 Cf. Conc. de Carthage 111 (397), c. 24 (Msi 3, 884 ; Bruns 1, 126) et IIe Conc. Braga (572), c. 55, extrait des synodes orientaux (Bruns 2, 54 ; cf. H-L 3, 195), cc. 4-5
et 7 D. II de cons. (Fr. 1, 1315). 14 Cf. Jn 19, 34. 15 Cf. Ap 17, 15. 16 Cf. Lm 4, 4. 17 1 Co 11, 25.


 


 


Mon interrogation est donc la suivante: aucun dogme, par définition du mot, ne peut jamais être remis en cause. Les évêques réfractaires au motu proprio de Benoit XVI - nombreux en France -
devraient-ils être excommuniés?


 


B.L.


 



Matthieu 24/07/2010 00:37



C'est donc vers Lui que vous devez tourner votre regard...