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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 11:47

Le dimanche 20 juillet 2008, à 8 heures 30, le pape Benoît XVI est monté à bord d’un hélicoptère afin de survoler l’hippodrome de Randwick où l’attendaient 400.000 personnes, dont les jeunes qui, le samedi soir, avaient participé à la veillée. Avant de conférer le sacrement de la confirmation à 24 jeunes, le Saint Père a prononcé l’homélie, dont voici un extrait.




Chers amis,

« Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous » (Ac 1, 8). Nous avons vu cette promesse réalisée ! Comme nous venons de l’entendre dans la première Lecture, le jour de la Pentecôte, le Seigneur ressuscité, assis à la droite du Père, a envoyé l’Esprit sur les disciples réunis au Cénacle. Par la force de cet Esprit, Pierre et les Apôtres sont partis pour prêcher l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre. À tout âge et en toute langue, l’Église continue de proclamer dans le monde entier les merveilles de Dieu et appelle toutes les nations et tous les peuples à accueillir la foi, l’espérance et la nouvelle vie dans le Christ.

Ces jours-ci, je suis venu moi aussi, en tant que Successeur de saint Pierre, sur cette magnifique terre de l’Australie. Mes jeunes frères et sœurs, je suis venu pour vous confirmer dans la foi et pour ouvrir vos cœurs au pouvoir de l’Esprit du Christ et à la richesse de ses dons. Je prie pour que cette grande assemblée, qui unit des jeunes « de toutes les nations qui sont sous le ciel » (Ac 2, 5), devienne un nouveau Cénacle. Puisse le feu de l’amour de Dieu descendre pour remplir vos cœurs, pour vous unir toujours plus au Seigneur et à son Église et vous envoyer, comme une nouvelle génération d’Apôtres, pour porter le monde au Christ !

« Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous » (Ac 1, 8). Ces paroles du Seigneur ressuscité ont une signification particulière pour les jeunes qui seront confirmés, marqués par le don de l’Esprit Saint, au cours de cette Messe. Mais ces paroles sont aussi adressées à chacun d’entre nous, à tous ceux qui ont reçu de l’Esprit le don de la réconciliation et de la vie nouvelle au Baptême, qui l’ont accueilli dans leurs cœurs comme leur soutien et leur guide à la Confirmation et qui, chaque jour, grandissent dans ses dons de grâce par la Sainte Eucharistie. En effet, à chaque Messe, l’Esprit Saint, invoqué par la prière solennelle de l’Église, descend de nouveau non seulement pour transformer nos offrandes, le pain et le vin, dans le Corps et le Sang du Seigneur, mais aussi pour transformer nos vies, pour faire de nous, par sa puissance, « un seul corps et un seul esprit dans le Christ ».

Mais quel est donc ce « pouvoir » de l’Esprit Saint ? C’est le pouvoir de la vie Dieu ! C’est le pouvoir de l’Esprit lui-même qui se répandit sur les eaux à l’aube de la Création et qui, dans la plénitude des temps, releva Jésus de la mort. C’est le pouvoir qui nous conduit nous et le monde vers l’avènement du Royaume de Dieu. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus annonce qu’une nouvelle ère a commencé, dans laquelle l’Esprit Saint sera répandu sur l’humanité entière (cf. Lc 4, 21). Jésus lui-même, conçu de l’Esprit Saint et né de la Vierge Marie, est venu parmi nous pour nous donner cet Esprit. Comme source de notre vie nouvelle dans le Christ, l’Esprit Saint est aussi, d’une manière très réelle, l’âme de l’Église, l’amour qui nous lie au Seigneur et entre nous et la lumière qui ouvre nos yeux pour voir les merveilles de la grâce de Dieu autour de nous.

Ici, en Australie, ce « Grand Sud de l’Esprit Saint », nous avons tous expérimenté de manière inoubliable la présence et la puissance de l’Esprit dans la beauté de la nature. Nos yeux se sont ouverts pour voir le monde autour de nous tel qu’il est vraiment : « plein de la grandeur de Dieu » comme dit le poète, rempli de la gloire de son amour Créateur. Ici aussi, dans cette grande assemblée de jeunes chrétiens venant du monde entier, nous avons fait la vive expérience de la présence et de la puissance de l’Esprit dans la vie de l’Église. Nous avons vu l’Église telle qu’elle est réellement : le Corps du Christ, vivante communauté d’amour, comprenant des personnes de toute race, nation et langue, de tout temps et tout lieu, dans l’unité née de notre foi dans le Seigneur ressuscité.

La puissance de l’Esprit ne cesse jamais de remplir l’Église de vie ! À travers la grâce des Sacrements de l’Église, cette force pénètre profondément en nous, comme une rivière souterraine qui nourrit l’esprit et nous attire toujours plus près de la source de notre vraie vie, qui est le Christ. Saint Ignace d’Antioche, qui est mort martyr à Rome, au début du deuxième siècle, nous a laissé une description splendide de la puissance de l’Esprit qui demeure en nous. Il parle de l’Esprit comme d’une fontaine d’eau vive qui jaillit dans son cœur et murmure : « Viens, Viens au Père ! » (cf. Rm 6, 1-9).

Cependant, cette force, la grâce le l’Esprit, n’est pas quelque chose que nous pouvons mériter ou acquérir, mais nous pouvons seulement la recevoir comme un don. L’amour de Dieu peut répandre sa puissance uniquement quand nous lui permettons de nous transformer intérieurement. Nous devons lui permettre de traverser dans la dure carapace de notre indifférence, de notre lassitude spirituelle, de notre conformisme aveugle à l’esprit de notre temps. Alors seulement nous pouvons lui permettre d’enflammer notre imagination et de façonner nos désirs les plus profonds. Voilà pourquoi la prière est si importante : la prière quotidienne, la prière personnelle, dans le silence de notre cœur et devant le Saint Sacrement ainsi que la prière liturgique en Église. Elle est réceptivité pure de la grâce de Dieu, amour en acte, communion avec l’Esprit qui demeure en nous et nous conduit, à travers Jésus, dans l’Église, à notre Père céleste. Par la puissance de son Esprit, Jésus est toujours présent en nous, attendant tranquillement que nous nous mettions en silence à côté de Lui pour écouter sa voix, demeurer dans son amour et recevoir la « force qui vient d’en-haut », force qui nous rend capables d’être sel et lumière pour notre monde. 

 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Benoit XVI
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